Conseil national du 27 juin 2023 | Discours du Premier secrétaire Olivier Faure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous allez comprendre pourquoi. D'abord parce que j'ai reçu un message de Daniel Lerouge, Premier fédéral des Tardennes, qui nous a demandé de saluer la mémoire de Jacqueline Vetticoz, que vous ne connaissez peut-être pas. Beaucoup la connaissent aussi, mais Jacqueline a été une militante depuis fort longtemps, qui avait rencontré le socialisme quand elle avait 17 ans, en 65, et qui est donc décédée. Et elle a été longtemps membre du service d'ordre du Parti socialiste et donc vous connaissez notre attachement à ce service d'ordre qui est tellement dévoué à ce que nous sommes et sans lequel nous ne pourrions pas tenir nos réunions, nos manifestations, etc.
Et donc je voulais évidemment qu'on puisse saluer sa mémoire en introduction à ce Conseil national. Et puis, à Parti, ce sont des militants, et puis quelques permanents, pas assez malheureusement, mais vous dire que ce soir, nous allons avoir, non pas le départ immédiat, mais dans quelques jours, de deux permanents, qui ont consacré une part de leur vie aussi à nos travaux. D'abord, saluer Romaric Bullier, qui est là, et Romaric, ça fait 10 ans qu'il nous supporte. Donc il part vers d'autres... j'allais dire d'autres suenons, d'autres... à un endroit de l'avenir, puisque, je ne sais pas si on peut le dire, mais enfin, il intègre, donc, la troisième voie de l'ENA, et donc il va... Voilà.
Comme quoi, même les socialistes peuvent... Enfin, même le Parti socialiste peut conduire aux meilleures carrières. Et donc, saluer aussi Marie Audeguin, Marie qui est là depuis deux ans et demi, et Marie, vous la connaissez forcément moins, mais elle est celle qui s'est notamment occupée de nos réseaux sociaux et de la communication avec toute l'équipe, et donc lui dire aussi notre gratitude. Voilà, chers camarades, ce que je voulais dire avant de commencer mon propos.
Bon, nous sommes presque six mois après le congrès de Marseille, et nous avons un premier bilan à tirer d'un parti au travail, à l'offensive, et je veux aussi commencer ce discours en évoquant le secrétariat national et remercier toutes celles et ceux qui s'y consacrent à titre bénévole et qui, depuis plusieurs mois maintenant, ont repris nos travaux.
Ça, ce n'est pas toujours visible, même si quelques-uns ont déjà pratiqué des auditions publiques, des réunions avec les militantes et les militants, et même si c'est parfois moins visible que les trois conventions auxquelles nous nous consacrons actuellement, je veux aussi leur dire ma gratitude et leur dire à quel point le travail qu'ils ont engagé est un travail précieux parce qu'il s'incarnera dans les prochains mois aussi à travers des conventions, des colloques, des réunions publiques qui permettront, là, sur tous les sujets qu'ils traitent, d'avancer et de verser au pot commun de la gauche et de faire en sorte que nous puissions être inspirants, comme nous le voulons l'être depuis toujours.
Trois conventions, donc, qui s'achèveront entre le mois d'octobre et le mois de décembre. Convention sur la révolution féministe, le temps des femmes, convention européenne, qui sera la première, d'ailleurs, qui s'achèvera en octobre, et puis la convention Retrouver le peuple, consacrée aux classes populaires et à notre lien avec les classes populaires.
Convention qui ont déjà marqué assez largement les esprits à travers les rencontres dans les fédérations, à travers les innovations, le questionnaire qui accompagne la convention sur le temps des femmes et que je vous invite à remplir et à faire remplir par, non pas seulement les militants, mais très au-delà, et d'aller à la rencontre des Françaises et des Français sur ce thème qui devrait être un thème, là aussi, inspirant.
Et puis, ce Tour de France, entamé par Sarah et par Philippe, Sarah Kérich et Philippe Brun, qui ont, l'un et l'autre, entamé un tour de France, notamment de tous ces territoires qui ont basculé du côté du RN et qui sont considérés comme des territoires perdus de la République et que nous voulons reconquérir nous-mêmes et que nous n'abandonnons évidemment pas. Et donc, là aussi, saluer cette initiative que je crois doit prospérer.
Bon, nous aurons dans quelques semaines, dans quelques, oui, dans quelques semaines, la cité de Blois, qui sera à la fois une université de la FNESER, et je salue sa nouvelle présidente, Hélène Geoffroy, qui a pris à bras le corps avec son président délégué, Benoît Arrivée, la question de la FNESER, ce n'est pas une simple affaire, et je dois lui dire aussi la remercier pour l'engagement qu'elle y a mis et la volonté qu'elle y met, qu'elle donne pour pouvoir reconstruire une fédération des élus qui est dans un État qui n'est pas celui dans lequel il devrait être, et j'en reste là, l'euphémisme suffira.
remercier aussi celles et ceux qui préparent l'Institut d'été de Blois, ce sera une belle édition, je crois, et remercier enfin celles et ceux qui, avec le secteur fédération et élection, s'occupent de l'élection sénatoriale qui doit être un grand cru, en tout cas, c'est ce que nous faisons, nous espérons, et sur la quoi nous travaillons, et donc les remercier aussi de ce qu'ils réalisent. Bon, j'ai dit un parti au travail, et un parti au travail dans de bonnes conditions, dans un climat que j'ai trouvé ce soir excellent. Nous avons des différences, des divergences, même parfois, mais du respect aussi, et c'est certainement la meilleure façon d'avancer ensemble.
Mais ce travail commun ne compense pas, malgré tout, ce que nous venons de vivre après 5 mois de débat social, 5 mois soldés, malheureusement, par une défaite, car nous n'avons pas réussi à obtenir ce que nous cherchions en tenir avec l'État syndical, unis pour une fois, c'est-à-dire le retrait de ce projet de réforme des retraites. 14 journées de grève, 14 journées de mobilisation, 5 mois pendant lesquels, de manière incessante, les uns et les autres ont plaidé. Un débat parlementaire, première et seconde lecture, qui s'est soldé par un 49-3.
Un retour de ce texte sous une forme un peu différente, avec l'initiative prise par le groupe Liotte qui avait repris notre proposition de loi d'abrogation, mais qui n'a pas pu aller à son terme, et malheureusement, au bout du compte, une réforme qui rentrera en vigueur dès le mois de septembre. La provocation ne s'est pas arrêtée là, puisque ce jour même, Emmanuel Macron, en séjour à Marseille, vient de déclarer la chose suivante, je vous lis sa déclaration, sa petite phrase, qui, comme toujours, est une provocation et elle seule. Respecter les gens, ce n'est pas forcément leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre.
Voilà ce que dit le président de la République ce soir à Marseille, en contradiction complète avec ce qu'est l'idée que nous nous faisons de la démocratie. Et nous sommes aujourd'hui, et je veux m'y arrêter un instant, face à une vraie crise démocratique. crise démocratique qui n'est pas seulement liée à ces petites phrases, mais qui est d'abord liée à ce qui s'est passé lors de la réforme des retraites. L'usage, j'allais dire, complet, total, de tous les instruments du parlementarisme rationalisé.
Article 47-1, tiré de sa vocation initiale, texte budgétaire, pour en faire un texte sur la réforme des retraites, 44-3, pour le vote bloqué, notamment au Sénat, 49-3, pour empêcher le vote en deuxième lecture, article 40, quand il s'agit de bloquer une proposition de loi qui permettrait la progression du texte qui avait été passé en force quelques semaines plus tôt. Et ça doit nous interroger sur ce qu'est notre conception à nous, des institutions. Le débat, il a commencé et il ne s'arrêtera pas.
tous les mouvements sociaux, depuis les gilets jaunes jusqu'à la question de la réforme des retraites, ont tous abouti sur une réforme, enfin sur une réforme, sur une revendication qui est une revendication démocratique. Et si nous sommes véritablement des sociodémocrates, des socialistes démocratiques, comme nous disions autrefois, eh bien nous devons nous emparer complètement de ce sujet-là. Nous ne pouvons le laisser à aucun moment de côté. Il n'est pas secondaire.
Quand dans un pays, vous avez le sentiment, pas seulement le sentiment, quand vous avez dans un pays comme le nôtre, un pays qui se glorifie d'être un grand pays démocratique, un président qui pense qu'il peut gouverner seul, qui peut défier le Parlement, qui peut mépriser l'opinion, qui peut contourner le monde syndical, eh bien il y a quelque chose de profondément choquant. Et nous devons prononcer notre indignation et ne pas laisser passer. Parce que la jurisprudence ouverte par le président de la République, elle a quelque chose d'extrêmement dangereux.
Imaginez, pas trop longtemps, mais quelques instants seulement, ce qui se passerait si l'extrême droite venait à conquérir le pouvoir par la présidence de la République. Et que même s'il n'avait pas la majorité absolue au Parlement, parce que les Français, dans leur grande sagesse, pourraient ne lui accorder qu'une majorité relative, imaginez ce qu'il pourrait se passer s'il réutilisait exactement les mêmes instruments que ceux qui sont utilisés actuellement par le président de la République. Et donc, le débat sur la 6e République, entamé il y a fort longtemps dans nos rangs, dans nos rangs, et non pas dans les rangs de partis qui nous sont aujourd'hui partenaires dans la NUP.
Mais n'oublions pas que ce débat-là est né chez nous. Et ce débat-là ne mérite pas d'être méprisé non plus. Et moi, je souhaite que nous puissions le conduire et que dans l'une des conventions prochaines, nous puissions aller au terme de ce débat. Il a eu lieu un peu quand nous avons adopté le projet pré-présidentiel en 2021. Mais la réalité, c'est que nous devons aller jusqu'au bout de ce débat et nous poser la question enfin de savoir quel est le régime auquel nous voulons appartenir, dans quel régime nous voulons vivre. Je ne refais pas l'histoire de la 5e, chacun en connaît, y compris la Genèse.
Mais nous ne pouvons pas éternellement considérer que ce qui est né d'un conflit, d'un quasi-coup d'État en Algérie en 1958 devrait s'imposer pour la nuit des temps aux socialistes. Et même, je dirais, que l'une des questions qui est posée à la gauche depuis trop longtemps qui est cette question de l'incarnation pollue complètement le débat et est un sujet de discorde permanent alors même que sur un débat qui serait simplement de nature parlementaire, j'imagine que la question que nous nous posons aujourd'hui du leadership se poserait très différemment et serait certainement beaucoup plus facile à régler que dans le cadre que nous connaissons aujourd'hui.
Bon, ce que je voulais dire aussi, c'est que malheureusement, ça ne s'est pas arrêté à la question de la réforme des retraites. Nous sommes actuellement en débat sur l'accord national interprofessionnel. Débat qui nous amène à parler du partage de la valeur. Débat passionnant, en réalité. Mais que s'est-il passé ?
Plutôt que d'ouvrir le débat sur le partage de la valeur, ils ont ouvert un débat sur la simple transcription transcription de l'accord interprofessionnel pour cadenasser le débat, faire en sorte que cette fois-ci l'article 45 de la Constitution soit mobilisé et que tous les amendements que nous pouvons éventuellement déposer, notamment sur les salaires, sur une conférence salariale, sur tout ce qui permettrait de faire bouger la question salariale, eh bien, est bloqué, tous ces amendements étant considérés comme des cavaliers. Et c'est là qu'on voit qu'ils utilisent absolument toutes les possibilités qui leur sont offertes pour brider le débat parlementaire et empêcher, en fait, le débat.
Et le débat sur les salaires, il faut l'avoir. Nous devons, nous, le porter sur la place publique. Là aussi, l'heure est tardive, et donc je ne vais pas m'étendre, mais enfin, tout le monde a compris qu'y compris quand on parle de l'inflation, qu'on parle de moyenne, qu'on parle de 5 % cette année, 6 % l'an passé, on ne parle que de moyenne. Et que pour les gens qui vivent essentiellement, qui ont une existence, ce qui se limite malheureusement sur le plan financier, à parler logement, mobilité, transport, et évidemment alimentation, pour ces gens-là, l'inflation n'est pas de 5 ou 6 %. Pour celui qui achète dans la même semaine un yacht et des pâtes, effectivement, l'inflation, c'est 6 %.
Pour celui qui n'a acheté que des pâtes, pris de l'essence et qui a payé son loyer, l'inflation est très au-delà, et vous l'avez toutes et tous, bien entendu, en tête. Et donc, nous devons parler salaire. Nous devons parler salaire et nous devons aussi parler partage de la valeur.
Même le FMI nous donne raison aujourd'hui, quand il explique que l'inflation n'est pas en réalité liée à une spirale prix-salaire, comme c'est souvent expliqué pour celles et ceux qui voudraient figer le débat, mais cette fois-ci, parce qu'il y a des gens qui ont cherché à utiliser les crises que nous subissons pour faire des bénéfices et qui ont été chercher une marge des profits qui sont très largement supérieurs à ce qu'ils ont subi dans la crise, notamment énergétique. Et donc, il y a là, évidemment, un débat que nous devons construire et que nous devons mener. Je reviens à la crise démocratique. Ce n'est pas simplement une crise qui serait liée à la question parlementaire.
Quand le ministre de l'Intérieur explique que la Ligue des droits de l'homme verra ses subventions conditionnées à ce qu'elle peut dire, nous sommes là dans une dérive qui est très grave. Les contre-pouvoirs ne sont pas faits pour complaire au pouvoir. Ils sont faits, au contraire, pour l'équilibrer, arrêter le pouvoir partout où il doit l'être.
Quand nous avons la dissolution cette semaine des soulèvements de la terre, on peut ne pas être d'accord ni avec leur mot d'ordre et nous ne partageons pas, par exemple, leur volonté de mettre fin aux travaux du Lyon-Turin, mais nous ne pouvons pas accepter non plus que celles et ceux qui lancent l'alerte sur la question écologique soient criminalisés comme ils le sont, qu'on puisse les faire passer pour des éco-terroristes et accepter l'idée que désormais, il faudrait mettre dans le même sac ceux que l'on dissout parce qu'ils sont d'extrême droite, qu'ils tiennent des groupuscules identitaires, fascisants, qui ont vocation à les faire le coup de poing très régulièrement et les mélanger avec des gens qui sont malheureusement présents parce que le gouvernement français ne fait pas ce qu'il faut et qu'il est condamné régulièrement pour une action climatique.
Troisième exemple, malheureusement, de contre-pouvoir qui est à la peine aujourd'hui, je pense évidemment à un anticorps que nous devons soutenir. Bien sûr que la justice, bien sûr qu'il s'agit d'une décision de justice, mais nous savons toutes et tous ici ce qu'anticorps a apporté au débat démocratique.
Nous savons toutes et tous ce qu'il porte et même s'il y a certainement des choses à revoir dans leur propre transparence, dans leur gestion, etc., je souhaite, nous souhaitons que Matignon, que la Première ministre, réaccorde cet agrément qui est indispensable pour que cette association puisse continuer à se porter partie civile dans les procès qui sont en cours et dans lesquels ils ont eux une parole à faire valoir parce que la corruption des élites comme des élus ne peut pas être admissible et que c'est une des conditions aussi pour le retour de la confiance de nos concitoyens.
J'en viens évidemment à ce qui, ce soir, occupe une partie du monde médiatique et qui est aussi la question de la concentration des pouvoirs. accepter ou pas le fait que se bâtisse progressivement un empire dans le domaine de la presse. Nous n'avons pas dit grand-chose pour Canal+, nous avons un peu fermé les yeux pour ITV devenu CNews, nous avons laissé le battleur Hanouna sur C8 agiter les esprits comme il sait le faire à l'instar de ce que lui demandait son propre patron. Nous avons dans une relative indifférence accepté ce qui se passait à Europe 1, ce qui se passait à Paris Match, à chaque fois le même phénomène.
On nomme quelqu'un qui à la direction ensuite provoque, fait le ménage et des journalistes qui s'en vont progressivement plus ou moins avec fracas, parfois sur la pointe des pieds, mais tous dépités par ce que deviennent leurs rédactions qui sont toutes au service, non pas simplement. Moi je comprends qu'il y ait des gens qui investissent dans la presse et il est nécessaire qu'il y ait des gens qui continuent à investir dans la presse, mais pas au prix de l'infléchissement de la ligne éditoriale.
Et c'est la raison pour laquelle, après les travaux qui ont été réalisés au Sénat, notamment par le groupe socialiste qui était à l'initiative de la tête qui nous faisons une enquête sur la concentration dans la presse, eh bien nous devons nous exiger une chose simple, c'est le fait que désormais dans toute rédaction il y ait un droit de veto des journalistes pour l'arrivée d'un directeur de la rédaction qui ne serait pas conforme à la ligne éditoriale portée par ce journal et conforme à son identité.
Et donc, bien sûr, en notre nom à tous, je veux saluer les grévistes, leur dire que nous sommes évidemment avec eux, à leur côté, et que nous soutenons le mouvement qu'ils ont inspiré et dont nous savons qu'il est très difficile parce qu'eux aussi connaissent les précédents de Vincent Bolloré.
Et le monstre doux, je ne sais pas si il est doux d'ailleurs, mais enfin c'était pour reprendre une expression qui avait été utilisée autrefois à propos de Berlusconi, et bien ce monstre doux ne se limite pas d'ailleurs à la seule question de la presse mais aussi de l'édition et je voudrais attirer notre attention collective sur le fait qu'il a aujourd'hui 60% de l'édition entre ses mains, 85% de l'édition scolaire et je voudrais que chacun ait en tête ce que cela représente. 85% des livres scolaires aujourd'hui sont édités, publiés par la maison Bolloré. Et donc nous ne pouvons pas là aussi fermer les yeux, accepter que demain une ligne idéologique s'impose progressivement.
Vincent Bolloré est aussi celui qui a inspiré la campagne d'Éric Zemmour, qu'il a promu. Il n'est pas un acteur neutre. Je ne mélange pas tous les milliardaires. Je sais que parfois c'est un peu rapide de dire que 11 milliardaires concentrent à eux seuls 60% de la presse aujourd'hui. C'est vrai. Mais je ne confonds pas ceux qui dirigent aujourd'hui l'actionnariat du Monde ou des Échos qui ont, eux, accepté l'idée que leur rédaction avait un droit de veto. Je ne mélange pas ce qui se passe à Libération où là aussi il y a un droit de veto qui existe pour la direction de la rédaction. Et donc je souhaite que nous puissions légiférer.
Et je regrette que cet après-midi, dans une question posée au gouvernement, Olivier Véran, jamais à l'abri d'un reniement, viennent expliquer de manière à peine subliminale le fait que le gouvernement n'a aucune intention de légiférer, qu'il ne veut rien faire et qu'il laissera faire là aussi Vincent Bolloré. Donc nous serons-nous dans les prochaines semaines à nouveau à l'offensive sur ce sujet-là. Bon, cette affaire de l'extrême droite Bolloré, c'est évidemment une affaire qui n'est pas uniquement une affaire de presse et une affaire d'édition. C'est aussi une affaire politique.
En France, bien sûr, où maintenant tous les drames sont instrumentalisés, où toutes les bavures sont justifiées et où nous nous habituons à l'horreur. Ces migrants qui, il y a quelques jours, ont péri au milieu de la Méditerranée, ça a été dit avant moi, je crois que c'était Céline qui en a parlé, mais nous ne nous habituons pas à l'insupportable et nous ne nous habituons pas à l'idée non plus qu'il y aurait des vies qui voudraient plus que d'autres.
Le parallèle qui a été beaucoup fait et que je reprends à notre compte, qui est celui entre le Titan avec ses cinq milliardaires au fond de l'eau cherchant l'aventure en retrouvant les traces du Titanic et ce drame est un drame humain qui est évidemment un drame pour lequel nous devons avoir évidemment la plus grande empathie, mais accepter l'idée que pendant une semaine complète, tous les médias se focalisent sur ce qui se passe dans le Titan, qu'on compte les minutes qui restent d'oxygène à ses cinq occupants et qu'on passe en quelques minutes, voire quelques secondes sur le drame humain qui s'est joué dans la Méditerranée, que seul le journal Libération ait mis à sa une ce drame qui venait de se nouer sous nos yeux sur notre territoire.
Et bien là, il y a quelque chose de profondément choquant et inhumain et dans le débat sur l'immigration qui vient, nous devrons nous porter aussi ce drapeau-là, rappeler nos valeurs, rappeler ce que nous sommes, ne pas laisser la droite et l'extrême droite tenir le haut du pavé, ne pas laisser penser qu'ils seraient les seuls à penser la question migratoire et c'est la raison pour laquelle dans quelques jours au mois de juillet avec nos groupes parlementaires à la fois nationaux et européens et bien sûr le parti, nous présenterons après un débat ultime au bureau national nos premières propositions sur la question migratoire pour ne pas laisser le terrain libre, le champ libre uniquement à la droite extrémisée et à l'extrême droite.
Mais le débat ne se limite pas, vous l'aurez compris, je reviens progressivement au sujet de ce soir, à la France mais aussi évidemment à l'Europe. En Europe, le coup de tonnerre, même si là aussi il est assez peu entendu, il est venu d'Allemagne avec l'AFD. L'AFD qui vient de gagner une petite communauté de communes, celle de Sonnberg en Thuringe. Le symbole est pourtant puissant. Thuringe, cette région d'Allemagne est celle qui a vu les premiers succès électoraux des nazis. C'est là que pour la première fois ils avaient conclu un accord avec les conservateurs et qu'ils ont pris le pouvoir.
Et quand on entend aujourd'hui celui qui finalement est le président au Parlement de Thuringe de l'AFD, pas le président du Parlement, le président du groupe AFD au Parlement de Thuringe qui s'appelle Björn Höck qui parle aujourd'hui sans honte d'homogénéisation ethnique de l'Union européenne. Je répète, homogénéisation ethnique de l'Union européenne qui trouve qu'il y a un scandale à maintenir un mémorial de la Shoah à Berlin et que les Allemands n'ont pas à être repentants. Voilà ce qu'est l'extrême droite allemande.
Dans ce pays pourtant qui porte en son cœur une blessure, un remords et qui, après-guerre, avait fait ce travail justement de sortir complètement, de se dénazifier et de voir qu'à nouveau il y a des gens qui n'ont pas peur des bruits de bottes. Alors évidemment, quand on dit ça, on a le sentiment qu'on exagère, qu'on est toujours dans une forme de... Voilà, qu'on réactive les vieux réflexes qu'on veut faire peur, etc. Je ne veux faire peur à personne. Je dis simplement qu'il y a des dynamiques qui sont à l'œuvre aujourd'hui en France et en Europe et qui sont profondément inquiétantes. J'en reste là. Mais je sais ce qui se passe à chaque fois, même en France.
Quand vous avez 88 députés du Rassemblement national à l'Assemblée, je vois ce qui se passe dans nos territoires. Je vois ce qui se passe avec tous ces groupuscules qui reviennent semaine après semaine, les uns après les autres. Le travail que fait Ninoué Descamps chaque semaine de veille sur ce que fait l'extrême droite. Regardez ce qu'est le tweet. Regardez tous les messages qu'elle poste. Regardez ce qu'est l'extrême droite partout en France. Regardez ces gens qui n'ont plus peur de se sentir chez eux et qui pensent qu'à nouveau, ils ont la possibilité d'exprimer ce qui était inexprimable depuis des décennies.
Et donc, quand je vois ce qui se passe en Allemagne, quand je vois ce qui se passe en Espagne, notre camarade Pedro Sanchez qui courageusement provoque le scrutin contrairement à Emmanuel Macron qui lui, considérant qu'il y a une forme de légitimité qui est en cause et qui souhaite retrouver une légitimité à travers les urnes et qui a provoqué des élections pour le 28 juillet en Espagne et qui se retrouve face à une droite qui n'hésite plus à s'allier à Vox et donc à l'extrême droite, c'est valable dans les communes, c'est valable dans les régions, peut-être demain au niveau du Parlement. Eh bien, c'est cela qui se produit aujourd'hui.
Quand je vois qu'au Parlement européen, le groupe PPE, le Parti populaire européen qui regroupe toutes les droites pour celles et ceux qui n'auraient pas compris, c'est le groupe dans lequel on retrouve nos républicains nationaux. Eh bien, aujourd'hui, ce groupe cherche à intégrer, après avoir conservé le Hongrois Orban, veut intégrer désormais Giorgia Meloni, l'Italienne. Voilà ce qui se passe sous nos yeux. Voilà la fusion progressive que nous observons entre la droite et l'extrême droite et qui doit nous inquiéter fortement parce qu'on sait très bien ce qui se produit dans ces cas-là.
la surenchère et quand on arrive au pouvoir par ce biais-là, on sait aussi ce qu'il faut alimenter au fur et à mesure. On va mettre du charbon dans la machine pour ne pas perdre les élections suivantes et aller toujours plus loin. Toujours répondre à celles et ceux qui vous ont fait confiance dans un premier temps et qui avaient espéré plus de vous que ce que vous faites. Moi, je ne pense pas qu'il va y avoir des camps qui vont s'ouvrir de présentation tout de suite. Je ne pense pas que Marine Le Pen a prévu d'éliminer les juifs ou même les musulmans. Je ne le pense pas.
Mais ce que je sais, c'est que les dynamiques qui s'enclenchent quand l'extrême droite arrive au pouvoir sont terrifiantes et qu'elles peuvent conduire effectivement au pire. Et c'est la raison pour laquelle nous avons, nous, intérêt à penser aussi dans ce contexte à ce que doit faire la gauche et comment la gauche doit se rassembler. Parce que si la gauche ne se rassemble pas alors que la droite et l'extrême droite se rassemblent, alors je ne donne pas la chaire de nos pots. Nos pots, à la limite, ce ne serait pas grand-chose. Mais pas grand-chose, y compris de l'esprit républicain que nous avons nourri depuis plus d'un siècle.
Et donc, j'en viens au débat stratégique sur l'Union européenne puisque vous l'avez introduit et sur le fond, j'ai observé beaucoup de convergences donc je n'y reviens pas. Le débat stratégique sur l'Union européenne, je comprends qu'il est lieu dans nos murs et il est très important. Mais ce que je veux dire quand même d'entrée de jeu, c'est que d'abord l'enjeu existe face à la droite et à l'extrême droite, même si je comprends ce que dit Gabriel sur la comptabilisation et sur la façon dont on va arriver à avoir le plus grand nombre de parlementaires européens pour consolider le groupe social-démocrate, pour consolider la gauche au Parlement européen.
et donc j'entends ce qui est dit mais je souhaite aussi qu'on se rappelle de ce que nous avons nous-mêmes affronté dans nos propres rangs sur le débat européen. Sur le débat européen, nous avons été, après le TCE, extrêmement brutaux les uns envers les autres. Nous avons mis du temps à nous retrouver. Pour la première fois en 2018, nous avons voté à l'unanimité un texte programmatique sur l'Union européenne. C'était la première fois depuis 2005. La première fois. Ça faisait donc, faites le calcul, ça faisait 13 ans. Et si on devait revenir à Maastricht, c'était tout ce qui nous a opposés. Nous avons été parfois irréconciliables. Mais nous avons aussi su nous retrouver.
Nous avons aussi su avancer les uns envers les autres. Bernard Cazeneuve avait voté non. Nicolas Mayer-Rossignol avait voté non. Moi, j'avais voté oui. et je n'estime pas qu'ils sont moins européens que moi. J'estime que nous avons progressé les uns vers les autres. J'estime que nous devions le faire. D'abord parce que l'Europe libérale, eh bien, c'est une Europe qui mérite que... Enfin, l'Europe libérale mérite qu'on s'y oppose, bien sûr.
Et ce combat-là méritait aussi que les partisans du oui soient moins aveugles sur les traités, moins aveugles sur le libre-échange, moins aveugles sur la concurrence et que nous sachions retrouver aussi dans le discours sur la souveraineté européenne une part de ce qui nous manquait et ne pas être dans l'eurobiatitude. Et je pense que nous avons trouvé un équilibre aujourd'hui que nous devons, qui doit inspirer le reste de la gauche. Et moi, je ne désespère jamais de convaincre. et j'aimerais en réalité que le débat sur la question européenne, sur l'occasion d'un débat avec les autres, est de faire en sorte d'évolution sur le reste de la gauche.
Parce que notre vocation, ça n'est pas simplement d'être d'accord avec nous-mêmes, ce qui est des fois déjà en soi un exploit. Mais ça ne suffit pas. Et donc, il faut bien entendu chercher à convaincre les autres, faire en sorte qu'à travers le projet que nous défendons, nous puissions avoir des alliances qui soient les plus larges possibles. Alors, en même temps, je m'arrête là pour dire que ce sera le projet qui fera l'alliance et non pas l'alliance qui fera le projet. L'alliance, quelle est-elle ? L'alliance, c'est celle que nous avons nouée au mois de juin. Mais je rappelle les conditions dans lesquelles cet accord a été passé. On l'oublierait presque. Il n'y a pas eu un accord.
Il y a eu trois accords. Trois accords parce qu'aucun d'entre nous n'a signé avec tous les autres. Nous avons tous signé avec la France insoumise. Et du coup, nous n'avons pas signé le même accord. Nous n'avons pas signé le même accord que les communistes, pas signé le même accord que les écologistes. Nous avons signé un accord qui nous est spécifique et ça a été rappelé notamment sur la question de la désobéissance européenne. Nous n'avons pas signé un accord sur la désobéissance européenne parce que nous n'étions pas en... Nous ne convergeons pas sur ce point-là. Et donc, nous devons continuer ce débat.
Et je rappelle aussi que si ce débat-là n'a pas été un des débats majeurs au sein de la NUPES, c'est aussi parce que nous étions dans une situation très particulière. Nous avions déjà perdu l'élection présidentielle. Emmanuel Macron était déjà président de la République. Et donc, si nous avions gagné les élections législatives, nous aurions été en cohabitation. Et que Jean-Luc Mélenchon lui-même avait reconnu le fait que... ou avait admis le fait que la France ne pouvait pas s'exposer à l'extérieur de ses frontières en parlant à plusieurs voix. Et donc, il avait dit que la France parlerait d'une seule voix à la fois au plan européen et au plan international.
Il avait même dit sur la question de l'OTAN que la question ne serait pas posée par lui parce qu'il considérait que c'était une question qui relevait davantage du président de la République que de celle du Premier ministre. Et donc, c'est ce contexte-là qui a noué l'accord de l'ANUPS et qui a permis de faire ce que nous avons fait depuis. Donc, le débat n'est pas clos sur cette question-là. Et il n'est pas illogique que nous le reprenions. Et c'est le désaccord que j'ai avec les Insoumis quand ils disent mais nous avons déjà un projet et nous avons déjà signé. Oui, nous avons un projet que nous avons signé sur les questions nationales.
C'est un fait, même si nous avons perdu et que ça suppose d'y revenir et de chercher maintenant à convaincre plus que nous l'avons convaincu la dernière fois. Mais sur la question spécifiquement européenne, internationale, nous avons là évidemment un sujet de débat qui doit continuer à être une confrontation amicale, fraternelle, mais une confrontation malgré tout parce que nous ne pensons pas exactement la même chose sur la question européenne. Comment je le définirais à mon tour puisque ça a beaucoup été évoqué ? Pour moi, la différence fondamentale n'est pas tellement sur la désobéissance. Pardon de le dire mais la désobéissance est assez partagée en réalité.
Emmanuel Macron est très désobéissant. Nous avons été très désobéissants. Nous n'avons jamais respecté le pacte de stabilité. On se félicite qu'il ne soit plus dans le marbre depuis la question Covid mais la réalité c'est que nous ne l'avons jamais respecté. Nous n'avons pas respecté non plus le fait de privatiser nos barrages hydroélectriques hydroélectriques parce que nous considérions que c'était une part de notre souveraineté énergétique que nous considérions que c'était l'argent des Français qui allait financer ces barrages et que nous devions conserver la maîtrise et ne pas la laisser filer dans le privé.
Donc la désobéissance pour moi n'est pas l'essentiel du désaccord avec les insoumis ou avec les écologistes qui ont eux-mêmes parlé de désobéissance. Je renvoie au livre qu'avait écrit Julien Bayou sur le même sujet ou les communistes. Pour moi, le sujet est un peu différent. ça a été dit tout à l'heure par Christophe. Nous avons et ce n'est pas simplement une question identitaire par substitution aux rêves socialistes que Mitterrand aurait imposé au cours de son second septennat. Nous sommes profondément européens non pas parce que ce serait en fait un idéal d'évidence et immédiat. Nous sommes profondément européens parce que nous pensons que c'est un levier.
Nous pensons que si nous voulons réussir toutes les grandes tâches de ce XXIe siècle, nous ne pouvons le réussir qu'à la condition de l'Union européenne, que nous ne pouvons le réussir qu'à la condition de le faire non pas dans un seul pays mais à 27 pour pouvoir même inspirer au-delà de ces 27 pays, inspirer le monde. Et au fond, le débat que nous avons avec le reste de la gauche, c'est le débat que nous avons eu nous-mêmes dans les années 70 quand... Mais ça devait même être à Alfortville. Ça devait être à Alfortville le débat où le socialisme dans un seul pays où la question européenne est posée par François Mitterrand qui fait trancher les socialistes. C'est manuelé ? Bon, ben voilà.
Il faut toujours un historien dans la salle. Et donc, alors désolé, c'était pas si loin malgré tout. Oui, exact. Bon, ben je réviserai mon catéchisme socialiste. Et donc, effectivement, ça n'était pas Alfortville, donc dommage pour le parallèle avec le MGS. Mais ça n'est pas grave. Je ne voudrais pas parler du MGS, je voudrais parler de nous tous et dire que, effectivement, ce débat-là, nous l'avions tranché. Et ce débat-là, il existe avec le reste de la gauche. D'ailleurs, quand il parle de désobéissance européenne, il parle essentiellement de cela.
Parce que le reste de la gauche voit souvent l'Europe essentiellement comme une contrainte qui pèse sur les politiques que nous voulons mener en France. Et nous, nous pensons au contraire que si nous voulons mener durablement les politiques que nous entendons mener en France, il faut convaincre le reste de l'Europe de les conduire avec nous. Sur la question écologique, c'est une évidence. Sur la question énergétique, c'est une évidence. Sur la question de la défense, c'est une évidence. Donc voilà comment nous attrapons ce sujet-là. Et nous avons du coup des approches qui sont en fait des approches qui parfois se croisent et au Parlement européen elles se croisent régulièrement.
Nous votons 8 fois sur 10 ensemble. Mais cette aspiration fait que nous sommes quand même malgré tout différents. Et je souhaite que cette confrontation puisse continuer à avoir lieu, que nous puissions nous frotter les uns aux autres. Parce que si cette fois-ci nous n'arrivons pas à être d'accord, j'espère bien qu'un jour nous convaincrons l'ensemble de la gauche de suivre une politique commune sur la question européenne. Et question européenne que nous devons évidemment approfondir. J'entends ce qui a été dit par le TO1 à travers la voix de Philippe sur la question du budget européen et du budget de la défense européenne.
J'entends le fait qu'on ne puisse pas, comme l'a dit Chloé, être à la fois contre l'OTAN et contre la défense européenne. Ça n'aurait aucun sens. Nous n'avons aucun intérêt à rester dans une forme d'alignement perpétuel sur nos alliés américains. Nous sommes des alliés, mais nous ne sommes pas des soumis, pour reprendre un vocabulaire que tout le monde connaît ici et qui a beaucoup servi ces derniers temps. Donc nous sommes alliés, évidemment, aux États-Unis et nous avons en même temps la volonté d'une autonomie stratégique. Et donc la défense européenne est le moyen d'y parvenir.
Et je reviens, l'impasse dans laquelle d'autres à gauche sur ce sujet-là cherchent une voie, ni OTAN, ni défense européenne. Ça veut dire qu'on fait prêter tout l'effort sur la seule défense nationale, ce qui est absolument inenvisageable, inimaginable, sauf à considérer que c'est le doigt sur la puissance nucléaire qui nous autorise à peu près à toutes les fantaisies et à considérer que notre défense serait assurée simplement par la défense, par le bouton nucléaire. Alors, comme je vois qu'on me dit que je suis trop long, comme toujours, je m'achemine vers ma conclusion. Le débat européen a évolué et là aussi, je vais aller très vite pour dire que nous avons une opportunité historique.
Parce que c'est vrai que même avec un Parlement qui n'est pas un Parlement de gauche, ce qui est apparu progressivement dans le débat des dernières années, c'est que la crise qu'on dépeignait comme étant une crise des sociodémocrates est en fait une crise du monde libéral. Et s'il y a une crise de social-démocratie, c'est d'avoir été parfois dans l'accompagnement des politiques libérales, d'avoir accepté, d'avoir trop accepté ce que disaient les libéraux. Parce que toutes les crises qui sont devant nous sont des crises du monde libéral.
Et la seule réponse possible aujourd'hui sur la crise sanitaire, sur la question de la souveraineté alimentaire, sur la question de la crise énergétique, sur la question de la crise climatique, sur toutes les questions que vous avez toutes et tous évoquées, à chaque fois, le libéralisme présente une impasse à nos yeux. Et la seule façon d'avancer, c'est effectivement de retrouver une voie qui est une voie socialiste, socialiste-écologiste, social-démocrate, appelez-la comme vous voudrez. Mais en réalité, l'impasse, elle est libérale. Et c'est ce que nous devrons maintenant marteler dans la campagne des élections européennes.
Rappelez aussi qu'à l'instar de ce qui a été dit par beaucoup d'entre vous, l'Europe, ce n'est pas seulement des traités, ce n'est pas seulement un outil de construction, c'est aussi un mode de vie, des valeurs que nous défendons et que nous défendons d'abord, évidemment, en Ukraine, mais que nous ne devons pas seulement défendre en Ukraine. Quand, tout à l'heure, nous avons parlé de l'Iran, moi, je souhaite que l'Europe ne soit pas la grande absente du débat sur l'Iran, que nos lâchetés, que nos improvisations géostratégiques nous amènent parfois à terre en fait ce qui est notre ADN. Et l'évidence même, c'est que l'Europe a un devoir par rapport au reste du monde.
Si l'Europe est regardée en Ukraine aujourd'hui, mais à travers le monde comme un espace de paix, de liberté, c'est parce qu'elle a su aussi s'élever à un niveau qui est le niveau de l'universel. Et c'est la raison pour laquelle nous ne devons lâcher aucun bout de la chaîne. Des Ouïghours jusqu'aux femmes afghanes en passant par le peuple iranien, eh bien nous devons être partout à l'offensive, n'accepter jamais aucun recul, être à chaque fois dans la défense de nos valeurs, défense de ce que nous sommes, défense d'un idéal qui est un idéal que nous devons partager le plus largement possible.
Et si, chers camarades, nous croyons à tout ce que nous avons dit, si nous croyons à tout ce que nous portons ensemble, si nous croyons aussi au fait que nous devons être à nouveau, comme je l'ai beaucoup entendu dans toutes les bouches depuis plusieurs mois, si notre vocation à nous, c'est d'être à nouveau la force motrice de la gauche, eh bien rappelons-nous que chaque mot dans cette phrase compte force, notre unité n'est pas indifférente, motrice, donc avoir le projet qui permet de rassembler et force motrice de la gauche, c'est chercher à rassembler toute la gauche.
Je ne sais pas si nous y parviendrons, mais beaucoup a été dit et chacun a bien compris que le débat aujourd'hui sur une liste commune de la NUPES était un débat qui était très compliqué, pour ne pas dire qu'il était déjà très limité par les prises de position des uns et des autres, mais nous devons chercher toujours, constamment, à entraîner l'ensemble de la gauche sur nos positions, ne jamais abandonner le discours qui est le nôtre. Vouloir l'unité, ça n'est jamais vouloir le renoncement. Vouloir l'unité, c'est d'abord vouloir convaincre.
Et, chers camarades, moi, je ne renonce pas à vous convaincre toutes et tous du fait que dans l'élection européenne, difficilement, mais dans les élections qui suivront et dans l'élection présidentielle, il n'y a qu'un seul chemin pour empêcher la droite ou même l'extrême droite de conquérir le pouvoir. C'est de retrouver d'abord l'idée d'un projet commun et puis ensuite une incarnation commune. Et ce sera la condition pour notre victoire. L'autre chemin, je ne le connais pas. Et je dois dire que ce n'est pas le débat du jour et je ne veux pas m'étendre là-dessus.
Mais si quelqu'un arrive à me convaincre que sans unité nous pouvons avancer, que sans unité nous pouvons réussir à conquérir à nouveau le pouvoir, alors je m'y plierai. Mais ce débat, comme ce soir, je souhaite que ce soit un débat qui soit un débat lucide, un débat éclairé, un débat honnête entre nous, un débat où personne ne se fie dans une posture. Nous devons chercher à nous convaincre mutuellement. Vous arrivez parfois à me convaincre. Ce n'est pas impossible et même c'est régulier.
Et j'espère que nous allons continuer dans cet état d'esprit-là parce que je trouve que ce soir, il était le bon et que c'est celui qui peut nous permettre d'être à nouveau effectivement une grande force et une force dont le pays et l'Europe ont besoin. Merci. Merci.