🔴 FIN DE VIE : POURQUOI JE NE VOTERAI PAS LE TEXTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 40 %Défensif 50 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Marine Le PenFait
« Je ne voterai pas la loi sur la fin de vie. »
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Chers amis, bonjour. Euh, j'ai résolu aujourd'hui de vous expliquer le sens du vote que je réaliserai dans quelques semaines à l'occasion du débat parlementaire sur les propositions de loi relatives à la fin de vie. Je le fais à titre personnel, à titre politique aussi, mais en tant qu'homme de conviction. Marine Le Pen a donné aux députés du Rassemblement national toute liberté de vote sur une sur une question qui engage l'éthique personnelle et les convictions profondes de chacun. Je vais vous expliquer donc ce que sera mon vote. Je précise que je le fais sans remettre en cause l'honnêteté intellectuelle ou la sensibilité ou ou même les convictions de ceux qui ne sont pas de mon avis.
Je les respecte et ils me respectent. Mais j'estime qu'il est dans mon devoir de dire publiquement ce que je vais faire et pourquoi je vais le faire. Je ne voterai pas la loi sur la fin de vie. Je voterai la première loi sur les soins palliatifs évidemment qu'il faut développer car ils ont été scandaleusement oubliés par le gouvernement depuis la création des soins palliatifs il y a plusieurs dizaines d'années. Ceci ne pose aucun problème. La deuxième proposition de loi concerne l'euthanasie, la fin de vie assistée euh qui peut être appelée aussi euthanasie. et je ne la voterai pas pour plusieurs raisons.
D'abord parce que je suis troublé par une forme de ce que j'appellerais une manipulation sémantique qui est à l'œuvre dans la présentation de cette loi. Cette manipulation sémantique à mes à mes yeux détourne le sens de concepts essentiel comme la dignité humaine, comme le droit à mourir. Elle le fait mise l'euthanasie car ce nom ce mot n'est jamais prononcé et elle modifie le concept de soin. Voyez-vous, la dignité d'un homme, d'un être humain n'est en rien atteinte ou réduite parce qu'il se trouve dans une situation de dépendance ou en raison de son grand âge ou en raison des souffrances qui l'endurent.
La dignité est consubstantielle à l'être humain quel qu'il soit et n'est pas réductible à son autonomie ou à sa perte d'autonomie. Donc l'idée de mourir dans la dignité me semble déjà une façon biaisée d'aborder le problème. Nous sommes tous dignes à tout moment et quand nous cessons de l'être, nous en rendons compte dans les tribunaux. Ça n'est pas le sujet. Quand quant au droit à mourir, pour moi, c'est un concept vide de sens. La mort n'est pas un droit. La mort est un fait qui s'impose à tout à tout le vivant et aux êtres humains évidemment en l'occurrence en particulier. Donc instaurer un droit à mourir, c'est pour moi c'est une absurdité.
La mort ne saurait être administrée dans les deux sens du terme par l'État ou par la collectivité. La mort c'est la mort. Ensuite donner la mort. On appelle c'est euphémisé sous le terme aider à mourir, donner la mort. Aider à mourir. Euthanas pour moi c'est un homicide. Ça n'est pas un acte de charité. C'est l'exacte inverse d'un acte de charité. Et pour moi, la charité consiste à accompagner le mourant et nous serons tous mourants s'il en a besoin et à sa demande le plus loin possible pour lui éviter les souffrances, la détresse, la solitude et laisser faire l'ordre naturel des choses qui veut que chacun d'entre nous un jour meur.
Injecter une solution létale, ça n'est pas guérir la souffrance, c'est tuer le malade. Donc je m'y refuse absolument. Je vois également dans cette loi une rupture anthropologique car dans toutes les civilisations, quelle qu'elle soit, la vie est le bien, la vie et le bien le plus précieux. Elle n'appartient pas du à celui qui la reçoit au fond par ses parents, hein. Elle est délivrée par par la mère euh après un acte euh comment dirais-je de reproduction, un acte d'amour souvent. et elle n'appartient pas celui qui enfin la vie ne nous appartient pas vraiment en propre, c'est pas une propriété privée. D'ailleurs, la liberté de son corps est une notion absurde.
Il est interdit, il est interdit de s'automutiler. Par exemple, vous ne pouvez pas demander à un médecin de vous ôter un doigt parce que ça vous gêne ou parce que ou et cetera. Les mutilations sexuelles sont totalement interdites. Le corps est un le corps est un lieu sacré. La vie est quelque chose de sacré dans toute civilisation. Pour pour moi, la vie n'entre pas dans le champ de l'administration, la vie et la mort n'entre pas dans le champ de l'administration des hommes et des choses par la cité. Elle est un bien sacré.
Et le fondement de cette conviction qui m'est personnel mais que je partage avec évidemment des des millions de personnes, c'est le 5e commandement du nature à point qui date de 3000 ans. Je vois également dans cette affaire de fin de vie une rupture éthique. De très nombreuses associations de soignants considèrent que cette proposition de loi vide de sens ou modifie radicalement au fond le serment d'Hippocrate.
Le serment d'Hippocrate, vous le savez, c'est ce qui est prononcé par chaque médecin au moment où il devient médecin, docteur en médecine, dispose dans une de ces dans un de ces paragraphes que le médecin ne portera jamais atteinte à la vie de son patient, même si celui-ci le lui demande. Voyez ? autoriser les médecins, autoriser les médecins même sur la base du volontariat évidemment à injecter une solution létale, c'està -dire à tuer, soyons parlons français, à tuer un patient à sa demande mais à tuer un patient est totalement contraire à l'esprit même de la fonction soignante et de la fonction médicale. Donc ceci pour moi est un obstacle absolu au fait que je puisse voter cette loi.
Bon, maintenant regardons si cette loi était adoptée, ce qui se produirait dans les pays où elle a été adoptée, le Canada, le Québec en particulier, mais le Canada, le les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique, tout a commencé en étant relativement strictement encadré. Il était question que des phases terminales de maladies totalement incurable avec des souffrances atroces. C'est c'est ce qu'on nous dit encore aujourd'hui. Sauf que la situation d'aujourd'hui, c'est que euh dans ces dans dans ces pays, les choses ont complètement dérapé. Au Québec, 7,5 % des décès constatés relèvent de l'euthanasie. Désormais, en Belgique, on euthanasie des des jeunes gens de 25 ans.
On envisage d'euthanasier des mineurs pour mal-être, dépression, lassitude de la vie et cetera. Donc si vous voulez voter cette loi, pour moi, c'est mettre le le pied dans la porte et permettre des dérives que nous ne serons pas maîtriser, pas plus que les que les Hollandais, les Belges ou les Québécois et les Canadiens n'ont pu maîtriser l'emballement des choses. Dans tous ces pays, les soins palliatifs ont diminué de manière drastique. Drastique. Et pourquoi ? Et bien parce que les soins palliatifs sont lents, pas très coûteux mais plus coûteux qu'une injection, c'est sûr, n'est-ce pas ?
Et alors qu'une injection létale, elle est faite rapidement, elle coûte quelques centaines d'euros et d'une certaine manière, elle est beaucoup plus expéditive. Donc les gens qui sont dans la détresse, qui n'ont plus envie de vivre, qui ont envie de mourir, au lieu de se laisser mourir naturellement avec l'accompagnement des spécialistes de des soins palliatifs qui abolissent la souffrance et qui organise beaucoup plus que ça, hein, ça n'est pas que de la chimie, c'est beaucoup plus profond que ça qui a qui au fond organise autour de celui qui va mourir de l'agonisant un un tissu d'humanité et de fraternité.
les les gens les gens qui ne font pas cela qui qui n'ont pas l'occasion de le faire parce qu'il n'y a pas de soin palliatif euh évidemment sont seront tentés par une solution beaucoup plus expéditive et c'est pour ça qu'on voit une inflation extraordinaire de de d'euthanasie de de de suicide assisté aux eeuthanasie dans les pays qui ont commencé petitement comme on nous propose de le faire. Donc ce risque existe et moi je ne peux pas m'y résoudre. Je ne veux pas que ceci arrive à notre civilisation, à notre pays. Alors certes euh notre cette PPL c'est c'est c'est encore beaucoup de temps devant elle.
Le temps parlementaire est un temps long là en l'occurrence puisqu'il faut qu'elle aille au Sénat, qu'elle en revienne et qu'elle y retourne et qu'elle en revienne. Bref, il y a ce qu'on appelle la navette parlementaire et tout ça dans un temps qui est très contraint puisque tout s'arrêtera forcément avec la dissolution qui demandera pas de se produire en 2027 après l'élection présidentielle. Donc cette loi n'est pas encore euh totalement d'actualité. Simplement je je pense que désormais, il va falloir trancher quand même. Et donc les gens qui promeent cette loi sont tétanisés devant la souffrance et la mort qui sont l'humaine condition et qui au fond donnent un sens à la destinée de chacun.
C'est parce que nous savons que nous allons mourir, que nous voulons donner un sens à notre vie en étant, je sais pas, créatif, en ayant des enfants, en faisant bien son travail, en remplissant sa vie de joie, de plaisir, de bonheur que l'on donne aux autres et à soi-même. Donc c'est parce qu'il y a la souffrance et la mort qui sont les mêmes conditions que notre vie a un sens. Et donc à ce sans se donner à la vie par la fatalité de la mort, essaions-nous d'échapper, nous civilisation européenne par la technique, par le droit et par des procédures ? Est-ce vraiment là une civilisation qui mérite qu'on la défende puisqu'elle ne croit plus à la vie ?
Donc cette question à mon avis, elle se pose à chacun d'entre nous avec gravité. En tout cas, pour ma part, j'ai résolu d'y répondre clairement. Je ne voterai pas l'autorisation de tuer. Je vous remercie. M.
Roger Chudeau