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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 15 juin 2026 37 min

Qui veut la peau de Parcoursup ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Si vous avez des enfants qui passent le bac ou si vous sortez de votre bac philo, jeunes gens, vous êtes concernés ce soir et pour tout dire, même vous êtes cernés. Si on vous avait donné 2 euros à chaque fois que vous avez prononcé le mot parcours sup ces dernières semaines, vous seriez probablement riche. Le stress, c'est ce qui revient tout le temps quand on parle de ce moment où il faut faire ses voeux. Le stress de l'attente, ensuite le stress quand on n'a pas ses choix préférés, ce sentiment d'échec. Ce qui n'était évidemment pas l'idée de départ. Et puis cette période en ce moment, la phase complémentaire alors que la phase principale n'est pas finie.

Et en plus, il faut attendre la fin des épreuves du bac. Il y a donc les soulagés, ceux qui sont déjà casés, ouf. Il y a les semi-soulagés, semi-ouf, qui ont autre chose mais qui attendent quand même de voir si quelque chose se débloque dans leur choix préféré. Il y a les méga-stressés qui n'ont rien, les spécialistes de parcours sup vous répondront que rares sont les jeunes qui restent intégralement sur le carreau. Mais quand on est dans une filière non choisie, quelles sont réellement les chances de réussite ? Quand on n'a pas ce qu'on voulait, est-ce que c'est parce qu'on a mal fait ses choix ? Tous les élèves, après tout, n'ont pas des parents derrière eux pour les aider.

Ou des lycées avec des conseillers d'orientation qui peuvent prendre en charge des élèves. Quand on n'a pas ce qu'on voulait, est-ce que c'est parce qu'on n'a pas les spécialités que demande le supérieur ? Mais ça veut dire que le système interdit de se tromper à 15 ans, à l'entrée du lycée. Face à ça, qu'est-ce qu'on fait ? Y a-t-il quelque chose dans le système qu'on peut améliorer ? Souvenons-vous quand même d'APB, les admissions post-bac, dans les filières en tension, ont départagé les candidats en les tirant au sort. C'était pas mieux, parcours sup a 8 ans. Peut-on imaginer donc un système plus juste ?

À moins que parcours sup soit à l'orientation, ce que la démocratie est à Winston Churchill, c'est-à-dire le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres. C'est le téléphone son, les amis, soyez les bienvenus. Voici Victor, bienvenue Victor, et bonsoir à vous.

2:03
Auditeur

Bonsoir.

2:04
Présentateur

On vous écoute, Victor.

2:07
Auditeur

Je vous appelle parce qu'aujourd'hui, j'ai 19 ans, je passais deux fois par parcours sup au total, cette année et l'année dernière, et aujourd'hui, je considère que j'ai un beau dossier. J'ai un diplôme binational en poche, et donc je me suis orienté vers les sciences politiques, mais c'est une filière qui est très bouchée, c'est très sélectif, parce que c'est beaucoup de concours. Donc évidemment, j'ai dû prendre des choix de secours, et j'ai eu tout faux, on va dire. Et aujourd'hui, je me retrouve avec aucune formation qui a été validée.

2:41
Présentateur

Ça veut dire que les choix de secours, Victor, étaient plus simples, selon vous ? C'était l'idée, en tout cas plus accessible, et ces choix de secours, là, ont été refusés aussi ?

2:52
Auditeur

C'est ça, et il y a beaucoup de problèmes à ça. Moi, je trouve que Parcoursup, aujourd'hui, a une manière d'analyser les dossiers qui est très aléatoire, et qui n'est pas du tout transparente. Sur beaucoup de formations que j'ai demandées, j'ai eu absolument aucun retour, alors que des fois, il faut sortir la carte bleue pour payer, ça monte facilement au-delà de 100 euros pour certaines formations, il faut remplir des lettres de motivation au mot prêt, il faut envoyer des fichiers, des choses comme ça. Donc c'est quelque chose qui, pour les étudiants, est très stressant, et qui demande beaucoup, et on n'a, oui, aucun retour, quoi.

3:32
Présentateur

Qu'est-ce que vous avez fait, Victor, entre l'année dernière et cette année ? Est-ce que la première année de fac, vous l'avez abandonnée, en fait, puisque ça ne vous convenait pas ? Ou est-ce que votre plan B, c'est de faire une deuxième année, même si ce n'est pas votre filière favorite ? C'est quoi, votre situation ?

3:46
Auditeur

Ah, mais totalement. Moi, j'étais parti en fac d'histoire, là, pour un an, mais ce n'est pas fait pour moi. Moi, je suis quelqu'un qui demande à travailler plus, et aujourd'hui, je me retrouve un peu le cul entre deux chaises, si je peux parler comme ça, à ne pas savoir du tout ce que je peux faire. Et sur les formations, du coup, moins sélectives que j'avais demandé, j'avais demandé une formation sur Lyon, et là, je n'ai pas été accepté, parce que même sur ce type de formation, il y a des barrières académiques. Et moi, qui viens de Nîmes, je ne suis pas de la région, au vernis Ronal, et du coup, je me retrouve à ne pas être choisi.

Donc aujourd'hui, je n'ai absolument aucune formation qui vaut de moi, entre guillemets, sur ce genre de filière.

4:35
Présentateur

Oui, je comprends. Et histoire, du coup, vous avez abandonné, ou parce que l'autre option, c'est de finir la licence d'histoire, et vous réorienter en sciences politiques en deuxième cycle, en master ?

4:44
Auditeur

Mais moi, je ne peux pas continuer en histoire. On ne peut pas forcer un élève qui veut faire quelque chose à lui dire, tu vas faire ça, parce que le reste ne veut pas de toi. Surtout quand on ne sait pas. Déjà, on a l'impression de partir avec un sentiment d'injustice, que moi, je traîne depuis deux ans maintenant. Et surtout, ça ne donne pas des citoyens qui sont productifs dans leur travail, si c'est ce que l'État cherche, ou qui sont heureux dans leur vie. Là, aujourd'hui, je ne sais pas du tout ce que je vais faire demain. En plus, je regarde, du coup, parce que je dois passer par la phase complémentaire, je pars de zéro.

Et c'est quand même dingue qu'aujourd'hui, on a des gens comme moi, avec des dossiers qui sont quand même un type de binationals. J'ai l'équivalent du bac allemand, et je me retrouve à ne pas savoir ce que je veux faire. Alors que j'ai demandé énormément de formation, quoi. C'est dingue.

5:35
Présentateur

Et on comprend ce stress, Victor, et ça doit être effectivement un sacré stress. On vous souhaite bon courage, une grosse déception aussi. On vous souhaite bon courage, on croise les doigts pour vous, pour que quelque chose qui vous convienne puisse se développer, pour discuter ensemble jusqu'à 20h dans le téléphone sonne. Avec nous, il y a Julie Mliechko. Bonsoir. Bonsoir. Directrice de la rédaction de StudiRama. Vous êtes spécialiste des questions d'orientation. Vous avez écrit notamment Parcoursup. Je n'ai rien obtenu. Et après, vous allez peut-être pouvoir donner un petit conseil à Victor, aux éditions StudiRama. C'était l'année dernière. Il y a Alban Mizy qui est là aussi. Bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes sociologue, docteur de l'université de Bordeaux, spécialiste des inégalités scolaires et des politiques d'orientation. Vous avez écrit, vous, Parcoursup, la grande épreuve aux éditions du Bordeaux. Ça vient juste de sortir. Et vous avez suivi, pendant un an, 27 lycéens avant et après la procédure. Vous avez aussi suivi des enseignants, des universitaires chargés de classer les candidatures. Jérôme Teilhard, qui est le chef de projet de la plateforme Parcoursup, nous rejoindra dans un petit instant dans ce téléphone sonne. Je commence avec vous, Julie Mlechko. Qu'est-ce qu'on lui dit à notre ami Victor ?

6:41
Invité

Je comprends la déception de Victor. En effet, il n'est pas le seul. Tous les ans, je veux dire, des étudiants se retrouvent le bec dans l'eau, en effet, comme lui. Et lui, c'est la deuxième année. Donc, c'est des choses qui arrivent. Je ne vais pas vous dire que le système Parcoursup est forcément juste. Il y a de l'injustice, c'est certain. Maintenant, je pense que Victor, s'il a un bon dossier, comme il le dit, doit rebondir, peut-être en maturant son projet d'orientation, peut-être passer une année à l'étranger ou trouver un job, un stage. Si vraiment, il veut retenter l'année prochaine parce qu'il a le droit son dossier Parcoursup, je serai lui.

Alors maintenant, je ne sais pas si les formations vont toutes répondre, mais je demanderai pourquoi je n'ai pas été pris. Qu'est-ce qui pêche dans mon dossier et qu'est-ce que je peux finalement travailler ?

7:24
Présentateur

Est-ce qu'on peut le demander à chaque formation qui vous répond non ? Est-ce qu'on peut demander pourquoi on a répondu non ? Et surtout, pardon, mais ça arrive à quel délai ? C'est ça le problème. Alors, vous avez entièrement le droit. S'il apprend au mois d'avril la raison pour laquelle il a échoué, ça va lui faire une belle jambe.

7:39
Invité

Je pense en effet que les formations ne répondront pas immédiatement puisqu'elles sont complètement dans le jus, les établissements. Donc, est-ce qu'ils ont un peu plus d'été, pardon, est-ce qu'ils ont un peu plus de temps cet été ? Je ne suis pas sûre. Je pense plutôt à la rentrée. Donc, ne pas hésiter, j'ai envie de dire, à les harceler pour vraiment avoir ce motif qui est très important pour pouvoir rebondir et retravailler.

7:58
Présentateur

Après, je me mets à la place de Victor. Donc, une année déjà perdue. Une deuxième année, s'il va faire un stage, un service civique ou à l'étranger. Donc, ça veut dire une première année. Enfin, à la fin, il arrive sur le marché du travail. Il a 30 ans et c'est compliqué pour un garçon comme Victor. Oui,

8:15
Invité

alors là, on va dire que pour l'instant, je pense qu'il a une vingtaine d'années. On ne l'a pas demandé. J'espère que Victor peut-être a bénéficié de l'AKS qui sont les commissions d'accès à l'enseignement supérieur et qui sont censées proposer une aide finalement, un accompagnement pour trouver la formation qui finalement ressemblerait à ce que vous voulez, à ce que vous voulez Victor, qui ne serait pas complètement la même mais qui pourrait le rapprocher de son objectif qui a l'air assez bien dessiné en effet. Donc, ça, c'est une aide dont il ne faut pas se passer, je pense.

8:42
Présentateur

Alban Mizzi, moi, j'ai l'impression, là, on en a beaucoup des Victor autour de nous.

Il y a une dame qui nous écrit aussi, c'est pour ça que je citais les services civiques sur WhatsApp et qui nous dit moi, ma fille s'est plantée effectivement la première année, elle a fait une licence de LEA, elle en est partie parce que ça ne l'intéressait pas donc elle fait un service civique donc elle trouve sa voie dans le service civique sauf que du coup, la voie qu'elle a trouvée et qu'elle veut faire ne correspond pas, ne correspond plus aux options qu'elle a prises en rentrant au lycée seconde, première, terminale et résultat, si elle se représente à Parcoursup, de toute façon, elle ne correspondra pas aux bons critères.

Qu'est-ce qu'on fait pour ces élèves-là et qu'est-ce qu'on fait pour ces cas particuliers-là ? Moi, j'ai l'impression qu'il y en a plein, ça n'est qu'une foule de cas particuliers cette histoire, Alban Mizy.

9:26
Invité

Bien sûr, c'est une foule de cas particuliers et vu que c'est une foule de cas particuliers qui passent sur une plateforme nationale codifiée, stratégique, etc., c'est le capital culturel qui va faire la différence. déjà, moi aussi, je souhaite bon courage à Victor qui est seul face à la grande épreuve Parcoursup. Victor a surtout l'air d'avoir besoin d'accompagnement. Déjà qu'il n'est plus dans un environnement lycéen, donc voilà, moi je considère à Victor quand même de chercher au mieux un accompagnement. Vous parliez des CAES et vous avez raison, mais la CAES, il faut déjà savoir que ça existe, il faut savoir comment la saisir, etc. Parcoursup, c'est des codes, c'est des codes.

10:05
Présentateur

Vous pouvez nous décrypter CAES, Alban Mizy, qu'est-ce que ça veut dire d'abord si on déplie le sigle et comment ça marche ?

10:13
Invité

Les CAES, ce sont des commissions d'accès à l'enseignement supérieur qui sont des commissions de recours lorsque les élèves sont sans solution et quand on entend sans solution au sens de Parcoursup, c'est uniquement des refus. Il y aura un bouton directement sur Parcoursup, je crois que c'est le 1er juillet, mais je ne veux pas dire de bêtises, mais je crois que c'est à partir du 1er juillet que les élèves pourront le saisir directement sur les fiches de formation Parcoursup. Mais encore une fois, il faut être accompagné pour tout ça.

10:40
Présentateur

La question que je me pose, moi, c'est parce qu'on va parler des critères tout à l'heure dans un instant et encore une fois, on n'en dira pas que du mal parce qu'il faut aussi imaginer comment pourrait fonctionner un autre système. La question que je me pose, par exemple, pour un cas comme celui de Victor, pour celui de cette jeune femme qui a fait un service civique au milieu, qu'est-ce qui se passe, Alban Mizy, vous l'avez vu de vos yeux, qu'est-ce qui se passe avec la lettre de motivation ?

C'est-à-dire, si je n'ai pas exactement les bons critères, mais que je suis tellement motivé que je l'écris, est-ce que j'ai une chance de monter sur la pile ou ma chance de monter sur la pile est extrêmement mince ?

11:14
Invité

Les lettres de motivation, c'est très subjectif aux formations. Par contre, tendanciellement, les formations, elles ont tendance à mobiliser ce qu'on appelle des outils d'aide à la décision, qui sont des algorithmes, qui leur permettent de faire le gros du travail de tri des candidatures. Elles le font avec des algorithmes et les formations n'ont pas vraiment le choix parce que quand on a trois semaines pour regarder parfois plus de 15 000 dossiers et qu'on ait un, deux ou trois pour le faire, on a besoin de ces algorithmes pour le faire. Et un algorithme, ça ne lit pas les lettres de motivation. Donc souvent, elles passent en second plan ou elles sont lues à la marge.

Ça dépend des formations, ça dépend du temps qu'on y met, ça dépend de la bonne volonté et du dévouement. Et d'ailleurs, c'est grâce au dévouement de ces agents que l'université et l'enseignement supérieur tiennent en France. Donc, il y a bien des algorithmes sur Parcoursup, mais ils contraignent lourdement le travail des professeurs, sans même parler du fait qu'ils ne soient pas publics. Ils contraignent lourdement le travail des professeurs et ça va les inciter à mobiliser certains critères plutôt que d'autres. Donc, la lettre de motivation, on n'est jamais trop sûr qu'elle soit lue.

Si bien que chaque année, dans la presse, on voit beaucoup de cas de recettes de cuisine, de pâtisserie ou de listes de ballons d'or qui ont permis une affectation.

12:20
Présentateur

On va revenir à un cas particulier, c'est celui d'Ariane et puis on élargira évidemment juste après. Bonsoir Ariane. Bonsoir. On vous écoute Ariane.

12:29
Invité

Alors, je dois déjà dire que j'ai téléphoné plus par rapport au cas général que par rapport à ma petite fille parce qu'elle a été prise dans une licence, une double licence très demandée. Ok. Mais ce qui m'a posé problème et ce qui a posé problème à ses professeurs, c'est que elle a postulé pour faire une licence d'économie à la fac de Valence et un élève qui est dans sa classe avec le même professeur qui habite Valence donc tous les critères sont identiques a été pris en économie.

13:06
Présentateur

Avec une moins bonne moyenne j'imagine.

13:08
Invité

Avec 8 de moyenne en économie, avec pas de maths, avec des appréciations négatives et ma petite fille avait 17,5 de moyenne, 19 en SES et des maths complémentaires, elle a été classée 721ème. Donc il y a quand même un problème. Je ne sais pas ce que les algorithmes regardent parce que là, sur tous les niveaux, la prof principale le disait, il y a vraiment quelque chose qui n'a pas fonctionné. Donc c'est très inquiétant pour les élèves qui ont des dossiers moins brillants et qui risquent d'être mal traités.

13:46
Présentateur

Merci. Merci Ariane pour ce témoignage. Et c'est vrai, Julie Mlechko, qu'il peut y avoir des trous dans la raquette, qu'il peut y avoir des choses incompréhensibles, mais c'est précisément ça qui est compliqué en fait pour les gens. Ça s'explique ce que nous dit Ariane ou c'est juste un trou dans la raquette ?

14:01
Invité

Non mais alors, c'est un trou dans la raquette mais je trouve que c'est quelque chose qui se produit de plus en plus. C'est-à-dire qu'en fait, de très bons étudiants, le disait 17 de moyenne je crois, sa petite fille n'ont pas les vœux de leur choix. Donc, doucement, je suis en train de me demander si en effet on ne se dit pas que... Alors là, je pense qu'elle parlait d'une licence, elle voulait entrer en licence. Est-ce qu'on ne laisserait pas la licence à d'autres profils d'étudiants en estimant que cette jeune fille peut aller faire autre chose ? Donc là, on ne tient plus compte des choix. Bon là, je... Vous extrapolez, mais c'est vrai que celle qui est très bonne,

14:34
Présentateur

elle aura un autre choix. Celui-là n'en aura forcément pas un autre

14:37
Invité

avec une moyenne de 8. Donc du coup, on lui dit oui. J'aimerais bien savoir. C'est vrai que ce n'est pas la première fois qu'on entend parler de ça. Souvent de très bons étudiants. Donc, je pense que là, il faudrait se pencher. Peut-être l'autre invité qui, lui, fait partie des jurys pourrait nous en dire plus finalement sur... Est-ce que c'est quelque chose qu'il a observé aussi ? Alors,

14:57
Présentateur

pas partie des jurys Alban Missy, mais vous, vous les avez observés et vous les voyez. Est-ce que ça existe quand on est jury de se dire celui-là, je ne l'aurais pas pris mais je sais que contre un autre qui a une très bonne moyenne, l'autre, de toute façon, aura forcément un autre choix. Donc, je prends celui-ci.

15:14
Invité

Oui, déjà, Dieu merci, je ne fais pas partie de ces jurys parce que ça a l'air d'être un travail vraiment long et fastidieux et pénible à faire et encore une fois qui se repose vraiment sur du dévouement. maintenant, vous me demandez est-ce que j'aurais préféré ce dossier par rapport à un autre, etc. Mais on est tellement dans des considérations massives. On parle de dizaines de milliers de dossiers. On n'a pas le temps de les comparer au dossier prêt, à la lettre de motivation prêt, etc. On laisse les algorithmes faire le prêt-tri. C'est ça le problème, c'est qu'on en dépend des algorithmes, encore une fois. Donc, le problème, ce n'est pas qu'il y ait des algorithmes.

Ça facilite le travail, des algorithmes, etc. Le problème, c'est qu'ils ne sont pas publics. et Ariane, dont je partage le désarroi, nous demandait qu'est-ce que les algorithmes regardent. C'est bien le problème, on ne sait pas. On ne sait pas ce que les algorithmes regardent. La Cour des comptes a demandé, il y a maintenant plusieurs années, au gouvernement de rendre ces algorithmes locaux publics. Ça a été refusé par le gouvernement.

16:08
Présentateur

Cela dit, ça pose une autre question, ce que nous dit Ariane Alban-Mizi, le collègue de sa fille ou de sa petite-fille qui a une mauvaise moyenne, enfin une mauvaise moyenne, mais qui a son bac, qui a le droit d'aller postuler et de faire des demandes sur Parcoursup. Celui-là, de toute façon, a toutes les chances de se retrouver sur le carreau et de faire partie de ceux qui n'ont pas de formation. Qu'est-ce qu'on fait avec ces élèves-là qui, encore une fois, ont le bac, donc ont le droit aux études supérieures ?

16:37
Invité

On les laisse aller aux études supérieures puisqu'ils ont le bac, donc ils ont le niveau institutionnel pour accéder aux études supérieures. Vous savez, si je prends mon cas personnel, si j'avais connu Parcoursup quand j'étais au lycée, je n'aurais pas été pris à la fac. Je n'étais pas très très bon au lycée. Pourtant, à la fac, j'ai aimé ça et je me suis mis au travail et j'ai beaucoup aimé, j'ai été très bon, je suis allé jusqu'au doctorat. Donc, moi, j'aurais plutôt tendance à dire laissez-les étudier, laissez-les tenter leur chance. S'ils n'y arrivent pas, ils n'y arrivent pas. On leur aura prévenu que c'est compliqué.

Mais leur refuser de tenter leur chance, sachant que c'est un droit qui est censé être garanti dans la loi, je ne sais pas vraiment quel message ça envoie à la jeunesse.

17:12
Présentateur

Sauf si ça fabrique des gens qui, à la fin, abandonneront dès la première année Julie Mlechko. Et ça, on a l'impression que c'est le serpent de mer depuis toujours et depuis très longtemps. Et c'est bien la raison d'ailleurs pour laquelle on a inventé Parcoursup au départ. Le taux d'échec qui était très haut en première année de fac. Le problème, c'est que le taux d'échec très haut en première année de fac a-t-il vraiment bougé avec Parcoursup ?

17:35
Invité

Non. Il a très peu évolué. Le travail vient de la part des universités qui, elles, mettent en place des choses, des accompagnements pour les étudiants pour que chacun réussisse. Mais il faut savoir qu'en effet, à l'université, comme dit M. Misi, on peut leur laisser leur chance. Mais du coup, les profils... Alors moi, je rencontre beaucoup de présidentes et de présidents d'universités et ils nous disent tous qu'ils sont d'accord pour accueillir et même pousser les murs. Parfois, même en septembre, on leur demande encore de pousser les murs pour accueillir des gens. Mais les profils sont tellement hétéroclites.

On a des gens qui ont, comme vous parliez, des spécialités, des spécialités complètement différentes, qui viennent de milieux différents. C'est difficile pour l'université de réussir à gérer et les accompagner. Ils font tout ce qu'ils peuvent. Mais c'est vrai qu'on a du mal à enrayer ce taux d'échec.

18:19
Présentateur

Je vous entends. J'ai l'impression que ça parle de problèmes non réglés qui finissent par arriver jusqu'à Parcoursup et qui auraient peut-être dû être réglés bien avant dans la scolarité des enfants. On va y venir. Je voudrais d'abord qu'on écoute Karine qui est avec nous. Bonsoir Karine. Oui, bonsoir. On vous écoute.

18:33
Invité

En fait, moi, Parcoursup, c'est vrai que c'est vraiment une usine à gaz qui a des problèmes dans Parcoursup. Mais moi, je me souviens quand j'ai passé le bac, c'était l'horreur pour trouver une filière. Il y avait des gros classeurs énormes dans les CDI. On passait des heures entières. On avait une CPE qui promouvait que la filière math ou la filière physique. Ceux qui étaient des pensées scientifiques, ils avaient droit au reste. Souvent, on ne connaissait même pas les filières qui venaient de sortir ou les nouvelles écoles même dans notre propre quartier qui existaient. Et c'était vraiment un petit bonheur à la chance.

Si on avait de la chance d'avoir une bonne CPE ou quelqu'un de bien au CDI, on avait plus de chances d'avoir une filière. Maintenant, moi, j'ai fait trois fois Parcoursup pour mes enfants et j'ai trouvé que c'était cet avantage-là d'avoir au moins un visuel sur toutes les filières et surtout, c'était les mêmes contraintes. Avant, on faisait un dossier par papier, il fallait faire une aide de motivation, il fallait envoyer dix enveloppes timbrées et il fallait attendre après le bon vouloir du facteur pour envoyer la réponse. Et c'est vrai qu'on ne savait toujours pas non plus là-bas avant comment c'était, pourquoi on était refusé, pourquoi on était admis.

Il y a toujours la voisine qui avait une meilleure note que nous et qui n'était pas pris.

19:49
Présentateur

Et on ne savait pas plus pourquoi. Et on ne savait pas plus

19:52
Invité

pourquoi et c'était impossible de le savoir. Et moi, ce que je trouve surtout bien dans Parcoursup, c'est vraiment ce visuel-là qu'on a des filières, malgré l'inconvénient énorme, c'est que si on est en réorientation, on sait qu'on a au moins 40% de chances en moins d'obtenir une réponse favorable. Alors que, je veux dire, on a fait une année en plus et qu'on pourrait, même si c'est une réorientation parce que ça ne nous a pas plu ou quoi, on pourrait quand même avoir les mêmes chances que les autres. Donc ça, c'est vraiment un inconvénient. Moi, je trouve qu'il y a des avantages quand même par contre.

20:21
Présentateur

Merci beaucoup. Merci pour votre question, Karine. Et en même temps que vous l'avez posé au standard, vous avez donné votre date de naissance, vous êtes un peu plus jeune que moi, pas beaucoup plus. Moi, je me souviens de cette période où on courait à la fague avec notre collante à la main pour pouvoir s'y inscrire. Donc, on arrive quand même de très loin. Je disais tout à l'heure que dans le système d'APB juste avant Parcoursup, dans les filières en tension, il y avait un tirage au sort. Donc, je reviens à la question que je posais tout à l'heure en introduction. Alban Misi, est-ce que Parcoursup, ce n'est pas aussi le pire des systèmes à l'exception de tous les autres ?

Est-ce qu'il n'y a pas un moyen de le conserver parce que c'est quand même meilleur que ce qu'on faisait avant tout en en corrigeant les choses qui sont parfois incompréhensibles pour les bacheliers, non ?

21:03
Invité

Écoutez, déjà, les dossiers papiers, moi, je n'ai pas fait Parcoursup et je n'ai pas connu ça. Les dossiers papiers, quand on a inventé Parcoursup, ça faisait quand même 20 ans que ça existait déjà plus. Ce n'est pas Parcoursup qui nous a sauvés des dossiers papiers. Il ne faut pas se mettre à la peau dure, mais non, on a inventé les e-mails et les... Non, mais il y a eu Ravel avant, il y a eu Minitel, il y a eu l'APB, etc. Mais ce que nous dit... Rendez-vous compte, même sur Minitel, on avait déjà des procédures qui... Mais ce que nous dit Karine,

21:28
Présentateur

c'est que les critiques qu'on fait aujourd'hui à Parcoursup, il y en a eu d'autres et qui étaient pires parce que c'était encore plus impossible de savoir pourquoi on était admis ou pourquoi on n'était pas admis ici et là avant Parcoursup. Parcoursup n'a pas inventé l'inégalité avant d'entrer en études supérieures,

21:44
Invité

c'est ce que je voulais dire. Oui, bien sûr que non, mais Parcoursup prétendait régler ces problèmes-là. Donc on a parlé des taux d'échec en première année et on met des gros guillemets à échec, mais on a vu qu'ils étaient stables donc Parcoursup n'a pas réglé ce problème-là. Parcoursup n'a pas réglé le problème d'opacité. Parcoursup n'a pas non plus réglé les repères qu'ils donnent aux lycéens. Par contre, on peut donner un bon point à Parcoursup sur l'information et ça, Madame a raison, Parcoursup, c'est une très bonne source d'informations. Les jeunes savent aller chercher des informations de toute façon, à l'ère du numérique, ils savent très bien.

Mais ce que Parcoursup ne donne pas quand ils donnent beaucoup d'informations, c'est des repères justement. Ces informations, il faut être capable d'en faire quelque chose, de les mettre en perspective, de les ordonner. Et ça, c'est ce que je disais à Victor en début d'émission, c'est l'accompagnement qui est décisif. Les élèves, tout seul, c'est compliqué.

22:31
Présentateur

Bonsoir Jérôme Teilhard. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous, le chef de projet de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur, donc Parcoursup et celui qui connaît tous ces méandres, c'est vous. Et en effet, encore une fois, elle a raison, notre ami Karine, les problèmes n'ont pas commencé avec Parcoursup, mais du coup, est-ce qu'on peut prendre le problème dans l'autre sens si on veut l'améliorer aujourd'hui et on a entendu des gens parler d'opacité et aussi de gros stress, est-ce qu'il y a quelque chose à faire dans ces directions-là et notamment celle de la transparence ?

23:04
Invité

Alors oui, il y a toujours quelque chose à faire mais je ne voudrais pas laisser simplement à penser qu'il n'y a rien déjà aujourd'hui. Je pense qu'il y a énormément de progrès parce que Parcoursup, chaque année, évolue en écoutant les usagers, en écoutant les fédérations de parents d'élèves avec qui on travaille beaucoup pour améliorer la transparence. Je vais donner deux exemples. Par exemple, nous avons entendu la demande des lycéens qui était je voudrais pouvoir tester Parcoursup avant que ça commence. Aujourd'hui, il y a un site d'entraînement sur Parcoursup qui permet précisément de se rendre compte de comment va fonctionner Parcoursup.

La deuxième chose, les lycéens nous ont dit est-ce que l'on peut savoir en avance, en fonction du parcours que j'ai au lycée, quelles sont les possibilités d'être admis ? Nous avons développé déjà depuis deux ans un outil qui est mis à disposition des lycéens pour les aider à voir l'éventail des possibles. Je vous donne simplement un chiffre. Cette année, cet outil-là, il est utilisé à 20 millions de fois par les lycéens. Donc, vous voyez que ce sont des éléments.

24:05
Présentateur

Je comprends, mais ça parle aussi de crainte. Si on utilise l'outil avant, ça parle de crainte pour la presse sur la transparence de l'algorithme et sur ce qu'il regarde. Qu'est-ce qu'on peut essayer d'améliorer pour que ce soit extrêmement clair pour tout le monde ?

24:21
Invité

Alors, déjà, il faut le rappeler, ça n'est jamais Parcoursup qui examine les candidatures. Donc, quand on dit Parcoursup m'a tué ou Parcoursup m'a pas classé ou m'a refusé, ça n'est pas exact. Ce sont des enseignants, des formations qui font ce travail-là. Chaque année, nous leur demandons de faire toujours plus en termes de transparence, d'être plus explicite, pas simplement transparent, compréhensible. Parce que je crois que ceux qui nous écoutent, que ce soit Victor, Ariane ou Karine, ce dont ils ont besoin d'entendre, c'est qu'on comprend et qu'eux-mêmes comprennent finalement les raisons qu'ils ont pu expliquer, qu'ils ne soient pas retenus ici, qu'ils soient acceptés là.

Je crois que c'est ça qu'on doit tous faire collectivement. C'est un travail qui concerne évidemment la plateforme Parcoursup et qui concerne nos premiers chefs, les enseignants, ceux qui font cette admission. Et nous leur demandons chaque année de faire mieux, de faire plus pour être plus explicite. Pourquoi ? Parce que c'est à la fois répondre à ceux que nous avons entendus, ces auditeurs, mais c'est aussi permettre que finalement, l'accompagnement à l'orientation en amont de Parcoursup se prépare mieux et se fasse mieux dans les lycées.

25:24
Présentateur

Vous disiez tout à l'heure, et y compris d'ailleurs les jeunes qui vont sur le simulateur, qu'il faut comprendre ce qui correspond le mieux, au fond, au parcours qui est le leur au lycée avec les spécialités qu'ils ont choisies. Je comprends ce que vous nous dites, Jérôme Teilhard, mais ces choix-là, ils ont été faits à l'entrée au lycée. Qu'est-ce qui se passe avec un gamin qui, une fois arrivé en terminale, comprend ce qu'il veut faire, ce qui était moins clair pour lui lorsqu'il est en seconde, si bien qu'effectivement, ces choix ne correspondent pas forcément désormais à ce qu'il veut faire, donc il sait qu'en allant sur la plateforme, il ne sera pas pris.

Et c'est là qu'on se dit si tu lis ma lettre de motivation, tu vas trouver à m'aider. Mais si sa lettre de motivation n'est pas lue, il n'a aucune chance. Et il aura choisi à 15 ans et demi. Et c'est peut-être là devient le problème, non ?

26:16
Invité

Alors, en fait, je pense qu'il faut aussi relativiser cela. Quand on fait des études, on s'aperçoit que pour les formations, c'est davantage la question du niveau scolaire que le choix des spécialités qui importe. Ça, c'est une vraie réalité. La deuxième chose, c'est que, précisément, vous avez mis le doigt sur le sujet important, c'est que cet accompagnement-là, on doit le commencer dès la seconde.

Non pour obliger à faire des voeux, il ne s'agit pas de cela, mais nous travaillons, par exemple, avec l'ONICEP pour faire en sorte que dans les classes, il y ait des activités pédagogiques qui permettent d'éveiller, en quelque sorte, les chakras, d'ouvrir les chakras, de s'interroger sur les formations, ce qui m'intéresse, ce qui ne m'intéresse pas. Voilà, ce travail doit commencer suffisamment tôt, non pas pour stresser et pour enfermer dans des choix, mais au contraire pour les ouvrir. Et je crois que c'est important. Dernier élément, je crois que c'est important aussi de dire que la réorientation, ça existe. Alors, j'ai bien écouté le témoignage de Victor.

Néanmoins, je le dis, sur Parcoursup, cette année, c'est 206 000 candidats étudiants en recherche d'une réorientation. Cette réorientation, c'est un droit et qui est un droit qui est plutôt concrétisé par Parcoursup par rapport à la situation antérieure. Donc, on peut changer. Il ne faut pas laisser à croire pour les lycéens qu'un choix fait à 15 ans vous condamne irrémédiablement à un avenir et à en fermer d'autres portes. Je pense qu'il y a beaucoup de possibles. Je vous dis, moi, parce que le témoignage de Victor m'a interpellé. Alors, j'ai fait des études d'histoire et en études d'histoire, on peut travailler beaucoup. Voilà, c'est un petit message comme ça.

Ce qui est important, c'est qu'on peut se réorienter sur Parcoursup. On peut changer de voie de formation et c'est pas que la lettre de motivation et même, c'est parfois, il y a certaines formations parce qu'il ne faut pas caricaturer et généraliser. Voyez, moi, je travaille beaucoup avec les directeurs des écoles d'infirmières, ce qu'on appelle les instituts de formation aux infirmiers. C'est la deuxième formation la plus demandée sur Parcoursup.

Ils attachent une importance cardinale à la lecture de ces lettres de motivation et dans leur formation, il y a souvent beaucoup plus d'étudiants en recherche d'une réorientation parce que ce qu'ils ont besoin pour ces métiers-là, c'est des gens peut-être un peu plus aguerris, peut-être plus mûrs, plus matures que des lycéens qui viennent de sortir avec leur baccalauréat.

28:21
Présentateur

Vous allez rester avec nous, Jérôme Teilhard. On va demander à Alban Mizzi sur ces inégalités-là ce qu'ils en pensent. Mais pardon, M. Teilhard, juste un autre exemple au-delà de celui de Victor, celui que je posais aussi tout à l'heure, de cette lycéenne qui n'est pas bien dans son LEA, qui fait un service civique, qui trouve sa voie dans le service civique. On a l'impression que ça, c'est exactement ce qu'on leur demande en plus aux étudiants d'aller s'ouvrir l'esprit, d'aller faire un tour ailleurs si effectivement dans le cadre de leurs études c'est compliqué. Sauf que désormais, elle a un dossier scolaire qui ne correspond plus à ce qu'elle a fait et l'expérience qu'elle a.

Comment elle existe encore dans Parcours Sud au milieu des 600 000 lycéens qui vont arriver en même temps qu'elle, elle se réoriente ?

29:01
Invité

Alors, elle existe parce qu'elle n'est pas toute seule à se réorienter. Je disais, c'est 206 000 personnes qui se réorientent et parmi elles, il y a à la fois des gens qui souhaitent changer de parcours et puis il y a des gens qui vont le faire parce que c'est une échec ou un autre parcours. On essaye à travers, c'est la lettre de motivation mais aussi c'est une rubrique que chacun peut renseigner qui s'appelle activité centre d'intérêt de donner à voir ce qui n'est pas que les résultats scolaires parce que je crois que c'est important et moi je souscris à cette approche-là. On ne peut pas demander à toute la jeunesse d'être complètement formatée avec uniquement des aspects scolaires.

Il faut tenir compte aussi d'autres éléments. Ça vaut pour tous les étudiants. Après, un parcours en service civique ne vous garantit pas forcément de pouvoir vous réorienter là où vous le souhaitez mais néanmoins, ça doit rester un capital que vous avez formé que vous pouvez évoluer pour aller trouver des formations. Moi, franchement, il y a aussi beaucoup de formations, je pense, dans la phase complémentaire. Je le dis aussi pour Victor qui a témoigné tout à l'heure. Vraiment, il y a des places de disponible.

Quand j'entends les formations que vous citez, Fabienne Synthès, sur des formations en lettres, je peux vraiment vous garantir, vous pouvez le voir sur la plateforme Parcoursup, il y a dans ce type de formation de vraies possibilités d'accès à un parcours d'enseignement supérieur.

30:12
Présentateur

Alors, Victor, c'était Sciences Po, pauvrette, j'espère vraiment qu'il va s'en sortir. Alban Mizy, là-dessus, sur cette inégalité-là, en fait, et à ce moment-là, vous, qu'est-ce que vous avez vu dans votre enquête ?

30:24
Invité

Moi, ce que j'ai vu dans ce travail, c'est que Parcoursup, en fait, va individualiser la procédure. En fait, ce que Parcoursup produit, fondamentalement, c'est une épreuve individuelle qui fait porter aux lycéens la responsabilité de tout ça en fonction de leur tactique, de leur stratégie, etc. M. Teilhard a raison de dire qu'il y a une plateforme d'entraînement sur Parcoursup. Et justement, ça, ça dit les choses. C'est peut-être que c'est suffisamment technique pour qu'il y ait besoin de s'entraîner à déchiffrer un peu tout ça. C'est une compétition qui est explicite, qui est généralisée, qui est organisée par une plateforme.

On a le droit de penser que c'est bien de mettre les jeunes en compétition, mais ça produit quand même des effets. Surtout, ce sont des choix politiques et des choix politiques qui sont documentés par la recherche. Je pense à Agnès Van Zanten, Julien Gossat, qui a d'ailleurs travaillé sur le choix des spécialités et qui dit que c'est plus important d'après les résultats de recherche que le niveau scolaire intrinsèque. Et puis, les rapports qui s'accumulent, défenseurs des droits, cours des comptes, observateurs de la vie étudiante, collectifs de nos services publics, quatre rapports parlementaires d'horizon d'hiver depuis 2021.

Et puis, les rapports aussi du comité éthique sur Parcoursup qui sont internes au ministère.

31:38
Présentateur

J'aime les choses, ça va ? Parce que vous avez une quinte de tout pour expliquer. Je suis désolée. Non mais je vous en prie, je voudrais juste que vous ne vous étouffiez pas au micro. Vous, avec Studi Rama, vous savez que le plan B, pour certains, c'est de s'orienter vers le privé, en fait. Bien sûr. Et on a envie de dire, heureusement que ça existe, et en même temps, on a aussi envie de dire, quel dommage. Oui, il y en a certains même

32:01
Invité

qui diraient que du coup, Parcoursup pousse les gens ou les jeunes à aller vers ces formations privées parce qu'ils n'ont rien. Alors, moi je n'en suis pas certaine parce que ça fait plus de 20 ans maintenant que je suis dans ce domaine et les formations privées, elles ont toujours existé. Moi j'ai passé mon bac, je me suis inscrite sur Ravel, comme vous parliez, le Minitel. J'avais choisi des facs, mais les écoles de journalisme que je visais, privées, existaient déjà. Oui, bien sûr. D'accord ? Donc, je ne pense pas que ça pousse. C'est une solution de repli éventuellement, mais qui évidemment a un coût.

Maintenant, oui, heureusement, en effet, qu'elles existent, même si c'est pareil, on n'est pas obligé d'y aller.

32:35
Présentateur

On va écouter Simon qui nous attend depuis un moment. Pardon Simon, on vous écoute ? Pas de problème. Bonsoir Simon.

32:42
Auditeur

Bonsoir. Je me retrouve assez dans tout ce qui a été dit et je trouve ça super utile qu'on en parle. En fait, c'est comme beaucoup de choses qui créent de la frustration. Si on n'explique pas, on a les petits débats en interne, en famille, entre nos ados. Et puis, on n'a pas forcément les informations qui permettent de prendre du recul. Et j'en viens à ce qui m'inquiète, c'est que la défiance envers Parcoursup alimente un début de complotisme chez pas mal d'ados, même certains qui ne verseraient pas là-dedans à la base.

Et j'aurais voulu savoir, ça rejoint le premier intervenant qui était Victor, je crois, qui dit, est-ce que c'est ça qu'on veut, faire des gens qui ne sont pas satisfaits de leurs études, qui ne seront pas satisfaits de leur job, qui ne seront pas satisfaits de leur vie ? Mais en fait, il y a plein de choses qu'on peut faire dans la vie. Il n'y en a pas qu'une. Et voilà, j'aurais voulu savoir, ce qu'on pense aux intervenants sur à la fois la forme de complotisme et puis le côté, voilà, c'est un système qui gère en quelque sorte l'intérêt général, pas le vœu rêvé de chacun.

33:45
Présentateur

Merci Simon pour cette intervention. J'aimerais bien avoir votre avis, Jérôme Teilhard, là-dessus, sur cette espèce de dérive qui pourrait laisser à penser que, alors sans effectivement entrer dans le mot complotisme, comme le souligne intelligemment Simon, mais enfin se demander si quand c'est flou, il y a un loup et qu'on finit par en tirer des conclusions qu'on ne devrait pas en tirer. Mais c'est la frustration qui crée ce genre de choses.

34:11
Invité

Peut-être, moi je reprends le sujet du baccalauréat ce matin, peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? Croyez-moi, nous sommes très attachés à améliorer en permanence le système. À la fois pour dire la vérité, comme l'a dit Simon, il faut apporter aussi des données. Peut-être que tout le monde ne peut pas faire la même formation. Il faut trouver des possibilités de parcours variés, de parcours divers. Il faut être à la fois ambitieux et garder cette ambition. Et puis je le dis aussi pour tous parce que ça a été évoqué par notre interlocuteur tout à l'heure et puis relayé par M.

Mizi, il y a bien une vraie responsabilité de l'État pour accompagner ceux qui n'ont pas de proposition. Ne laissons pas dire que les jeunes sont laissés tout seuls sans accompagnement. À partir du 1er juillet, nous appellerons individuellement chacun des lycéens qui se retrouvent sans proposition d'admission. On les appelle, vraiment, parce que c'est important d'avoir ce dialogue direct comme vous nous le permettez d'avoir ce soir pour dialoguer vraiment, peut-être pour ne pas laisser un jeune s'enfermer dans une situation ou dans des croyances, c'est ce que venait de nous dire Simon, et puis pour ouvrir des perspectives.

Parfois, c'est un déclic en ayant une discussion, peut-être qui permet de repositionner son projet, d'avoir de nouvelles perspectives. Donc, moi, je crois beaucoup à ce dialogue, je crois beaucoup à l'action de proximité dans les lycées, dans les rectorats. Vraiment, on peut présenter Parcoursup comme une machine froide. Ça n'est pas la réalité quotidienne de Parcoursup. Ce sont beaucoup d'hommes et de femmes qui agissent au quotidien avec l'intérêt des élèves et des futurs étudiants comme seul point de visée. Je crois que c'est ça que moi, je veux aussi faire passer comme message.

On est aussi là pour ces jeunes, on est là pour les accompagner, on est là aussi pour dire que ce n'est pas leur dernier choix et donc de se préparer peut-être à un éventail de solutions pour que chacun puisse trouver sa voie parce qu'il y a une voie pour chacun.

36:01
Présentateur

Voilà, accrochez-vous. Je voudrais juste vous donner le message d'Emmanuel pour terminer. Julie Mlechko, ça répond à la question que vous aviez sur qu'est-ce qu'on fait avec les gens qui ont des mauvaises notes et comment ça se fait qu'on les retrouve. Elle nous donne la réponse, elle dit je suis enseignante en BTS et je vous confirme que parfois nous ne prenons pas les meilleurs dossiers car dans 99% des cas ils seront pris ailleurs et ne viendront pas dans nos formations. Nous faisons donc un premier tri avec un paramétrage fin de l'algorithme, nous dit-elle et puis nous lisons 1600 dossiers, 200 dossiers par personne. C'est un travail parfois déshumanisant dit-elle.

c'est aussi un travail difficile. On comprend que c'est un travail difficile et surtout on souhaite bonne chance à tous ceux qui sont toujours en train d'attendre et on croise les doigts pour ceux qui sont en train de passer le bac.