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ChroniqueCNEWS (sur YouTube)· 1 septembre 2026 10 minAutoproduitMixte

L'édito de Mathieu Bock-Côté : «Et si Édouard Balladur l'avait emporté en 1995...»

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Alors, première remarque, j'ai l'occasion d'en parler hier avec quelques quelques amis. Ah, il était encore vivant. Donc, on ne savait plus.

L'homme avait 97 ans, c'est quand même sérieux. J'espère me rendre là. Donc, le type était encore vivant.

Bon, or, il participait encore à la vie publique. Il ces textes, des textes brillants, doctrinaux, intelligents é paru il y a quelques années à peine. L'an passé, il y en avait un, il y a 2 ans, il y en avait un autre.

Donc, l'homme avait encore toute sa tête. Ça vaut la peine de le dire. Donc il continuait de contribuer à la vie publique.

J'ajouterai que la petite nostalgie mélancolique que j'ai entendu hier, c'est-à-dire on est peut-être passer à quel à côté de quelqu'un d'important, on l'entendait depuis longtemps. Et je me permets de me prendre comme témoin ici parce que j'ai commencé à entendre cette petite musique pour moi-même il y a des années déjà. 1995, je me souviens, j'ai 14 ans à ce moment-là et je suis passionné par Chirak.

Je me dis formidable. De mon côté de l'Atlantique, Chirak c'est notre homme. Il y a un côté insurrectionnel, il est charismatique, il est guilleur.

C'est l'homme, c'est le rebelle du moment contre la fracture sociale. Il est flanqué sur sa gauche de Philippe Séin, sur sa droite d'Alain Madelin. C'est celui qui envoie pêtre le système. [rires] C'est celui qui dit "La politique a ses droits." Non, à l'esprit technocratique.

Vive Chirac, on était passé du tch au chi. Bon, Baladur dans les circonstances qui est-il ? C'est l'homme du cercle de la raison, de la rationalité gestionnaire, l'homme de la pensée unique, le candidat des satisfaits, l'homme qui semble avoir une certaine morgue et qui regarde de haut avec une distance aristocratique le commun des mortels.

Donc, on se dit à ce moment-là la la possibilité d'une insurrection démocratique, républicaine, tout ce qu'on veut, c'est contre Baladure. Être capable de défier le système, c'est battre Baladure. Et c'est ce qui se passe.

Chirac l'emporte et je me permets de dire, il y avait chez lui une vraie guille. On a une forme de nostalgie chirakienne un peu bizarre. Aujourd'hui, elle porte peut-être moins sur son bilan que sur le personnage.

Il était charismatique, il aimait la tête de Vaau, il aimait les femmes. Il y avait même des formules qui étaient liées à ça de tr minutes de je comprise. Euh c'était c'était un homme autrement dit qui était profondément vivant, un peu dépressif apparemment cela dit parce que c'était un homme qui adorait conquérir le pouvoir mais l'exercer l'ennuyait.

C'était d'une certaine manière un conquérant vigoureux et un roi fénéant. Donc c'était quelqu'un qui ayant pris le pouvoir ne savait pas exactement qu'en faire. D'ailleurs, quand on fait le bilan des années chirakiennes, on se dit "Mais finalement, il y a pas fait grand-chose sauf ses opposés aux Américains en 2003." Ah, ça c'était bien.

Mais pour le reste, c'est quoi le bilan ? C'est une France qui com qui en fait la question de l'endettement était commencé sous Miteran mais endettement accéléré, l'assistana, la submersion était là et aussi soit en passant une France politiquement paralysée. On regarde les années Chirak et on se dit "Mais à quoi ça a servi tout ça ?" Le type était charismatique mais était charismatique à la manière de d'une forme de grand impuissant.

Et on regarde ça aujourd'hui avec quelques tristesses. Donc devant cela, certains se disent "Mais il y avait qu'un autre candidat 95." Non, pas Josepin, on s'en fout lui. [rires] Baladure.

C'était qui ce type qui a continué à participer à la vie publique pendant des années ? Et on commence à se demander si la guille chirakienne on n pas on préfér par exemple l'élégance la courtoisie l'intelligence le sens de la décision de baladur et on redécouvre je le dis ce paradoxe les vertus nécessaires pour la conquête du pouvoir en démocratie ne sont pas les vertus nécessaires à son exercice redécouverte baladure. Alors que se serait-il passé et ne se pense-ton pas à les mêmes questions aujourd'hui peut-être pour François Fillon ?

Ah ben je crois que ça fait partie de la liste des occasions manquées, probablement plus à droite qu'à gauche. Don j'ai l'impression que la gauche ne pleure pas le l'inachèvement des doirs baladur [rires] mais une certaine droite qui a l'habitude de perdre en toute circonstances. Je crois que c'est des termes qui viennent ensemble défaite droite.

En échange on dit qu'on a de l'honneur. Donc oui, on a de l'honneur mais on est des perdants mais on a de l'honneur. À gauche on peut-être pas d'honneur mais il ont de pouvoir c'est mieux. [rires] Quoi qu'il en soit imaginons que baladure l'emporte en 95 je précise he c'est pas l'homme charismatique et l'homme providentiel qui aurait tout changé.

C'est pas de Gaul 2, mais c'est quand même une autre trajectoire historique qui s'annonce. Donc probablement que la France aurait un petit coup de blues quand même. L'insurrection chirakienne aurait échoué, le pouvoir se serait maintenu, les installés auraient conservé le pouvoir mais cela dit, le résultat de la gouvernance aurait été probablement différent.

Premier élément, je pense que la question des finances publiques, il y a une gestion beaucoup plus rigoureuse des finances publiques dans un esprit libéral nécessaire. On recevra Saraknafo dans un instant. Elle se veut libérale.

Et bien Baladur était quelqu'un pour qui le libéralisme est une technique de gouvernement intelligente pour permettre à un pays de respirer, de ne pas être écrasé sous l'étatisme. Donc il lui-même se réclamait de ce libéralisme à la française. Donc probablement un pays plus vigoureux économiquement, moins écrasé par la dette, moins écrasé par les impôts, moins écrasé par la fonction publique.

Donc premier élément. Deuxième élément peut-être le plus important, la France aurait évité la dissolution de 1997. Ah oui, ça ça ve je ne l'imagine mal avoir Dominique de Villepin à ses côtés comme conseiller lui dire Édouard Édouard, il faut tout dissoudre, faut tout faire exploser et tu gagneras tout.

Bravo, le résultat est merveilleux. Euh quand on regarde le bilan de la cohabitation 972, c'est probablement une des périodes d'accélération de la décadence dans l'histoire récente de la France. Cette cohabitation a été catastrophique.

Pensons seulement au 35 he pensons globalement à l'état d'esprit de ces 5 ans de cohabitation jospinienne. Je ne suis pas certain que ça la France avait absolument besoin de traverser cela. Je ne dis pas si Badure l'avait emporté euh que la France aurait évité toutes les tendances sociétales, culturelles, économiques qui poussent partout les sociétés occidentales à la décadence aujourd'hui.

Mais probablement qu'elle serait en meilleure situation. Elle n'aurait pas pris l'habitude de l'engourdissement et de la paralysie chirakienne. Euh, vous avez posé autre chose, si je peux me permettre qui est bien importante, on sait Jacques Chirac avait une forme d'allergie physique devant la droite nationale.

Il la détestait quand en 2002 il est en débat, il devrait débattre avec Jean-Marie Le Pen pour la présidentielle. Il considère qu'il n'accepte pas le choix des Français qui le poussent à débattre avec lui. Il dit "Je ne débattrai pas avec Jean-Marie Le Pen." Donc il y avait un mépris tel qu'il n'acceptait pas le choix des électeurs.

Il n'y avait pas chez Baladur, lui qui n'était pas un homme de la droite nationale, il n'y avait pas ce mépris à l'endroit du Front National. Donc probablement que le cordon sanitaire qui s'est développé, qui s'est radicalisé et bien il n'en aurait pas été partisan. Ça je pense que ça aurait changé la trajectoire française notamment quand vient le temps de parler d'immigration.

Ben pour François Fillon, posons-nous la question aussi hein, c'est un peu plus tardif. Voilà un moment où la droite conservatrice pouvait prendre le pouvoir, avait un programme en matière d'identité, de lutte contre l'islamisme, de restauration d'un certain conservatisme. Il a échoué et qu'est-ce qu'on voit avec l'échec de Fillon ? l'abolition du clivage gauche-droite ensuite et le remplacement du clivage gauche- droite par le clivage entre les progressistes et les mondialistes, entre le bloc central et les extrêmes.

Je ne suis pas certain que la démocratie s'en tire mieux aujourd'hui. Poussons la réflexion, si Zéour l'avait emporté en 2022, peut-être que le combat contre l'immigration massive serait déjà engagé. L'histoire de la 5e République est une histoire d'occasion manquée.

Et quel est donc l'héritage de d'Edouard Baladi ? Bah, il a tout fait pour qu'on le sache, hein. Donc, des textes au Figaro 2024-2026 assez euh 202 Oui. 24 26 je crois, assez remarquable.

Premier élément, mise en garde dans une grand texte du Figaro contre l'endettement désastreux. Il nous dit aucune hausse d'impôts de main, nous devons réduire les dépenses publiques. C'est une question de survie de salut public, donc contre l'endettement maladif de et fou furieux qu'on connaît aujourd'hui.

Donc faut par ailleurs, faut euh rappeler, il faut il faut couper dans le nombre de fonctionnaires. Euh c'était très important ça, il le disait. Autre élément parce qu'on va en parler, c'est quand même important dégraisser la fonction publique et quand on croit avoir suffisamment dégraissé, il faut dégraisser encore on en parle avec Sarakna.

Deuxème élément, l'Europe Baladure passe pour un européiste convaincu. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Même mon souvenir était trouble là-dessus.

Oui, il a voté Ma Strich, mais il dit "L'Europe a dérivé. L'Europe a connu une dérive fédérale. L'Europe a confisqué les pouvoirs.

L'Europe a véritablement détourné des pouvoirs qui n'étaient pas les siens. Nous devons restaurer la souveraineté française dans tant de domaines. Nous devons dire non au fédéralisme.

Nous devons dire non à la supranationalité et nous devons soit ditant passant ramener tous les pouvoirs qui touchent à l'immigration en France. pas dans les machins bruxellois cryptosoviétiques en France et je cite s'agissant de la réglementation de l'immigration c'est à la France de déciser souverainement qui est compétent pour se faire cela ne peut être que le peuple français auteur exclusif de nos institutions. En la matière, il n'y a de légitimité que la sienne.

La décision revient au référendum afin de modifier la constitution et de préciser les pouvoirs de chacun. Ah ça je pense qu'on le traiterait d'antirépublicain et d'extrême pour avoir dit ça aujourd'hui. Contre le gouvernement des juges aussi.

Il s'opposait à la prise de pouvoir démesuré du Conseil constitutionnel et voulait le ramener dit-il à sa compétence naturelle. Autrement dit le ramener la conseil constitution à sa véritable vocation qui n'est pas celui d'un gouvernement des juges surveillant tout encadrant interdisant finalement confisquant la souveraineté. Et plus encore réflexion finale je terminerai avec cela.

Dis quel est l'enjeu pour la France aujourd'hui ? Quel est l'enjeu ? Finalement, de quoi s'agit-il ?

De l'âme même de la France ? Voilà 15 siècles qu'elle existe. He pas 1789.

Qu'elle symbolise aux yeux du monde entier malgré son affaiblissement actuel quelque chose d'unique s'agissant de la pensée, de l'art, de la culture, de l'organisation de la paix dans le monde. Quel français, quel que soit son origine, souhaiterait y renoncer ? De ce point de vue, il y a véritablement un héritage, un testament d'Edouard Baladur et je suis de ceux qui regrettent aujourd'hui qu'il n'est pas gagné en 95.

Triste victoire que celle de Chirak.