Gérard Larcher : "Les valeurs de la France, c'est être aux côtés de ceux qui sont persécutés"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du Sénat dans le grand entretien du 7-9. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Gérard Larcher, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. On va commencer par l'Afghanistan après 20 ans de guerre. L'armée américaine a donc quitté Kaboul cette nuit, 24 heures avant la date butoir qu'avait fixé le président américain Joe Biden.
La France a d'ores et déjà accueilli 2630 Afghans grâce à un pont aérien qui s'est déroulé, on le sait, dans des conditions chaotiques, dramatiques, après la décision des Etats-Unis de se retirer, pardon, brutalement du pays. Dans ce contexte-là, Gérard Larcher, estimez-vous que la France n'a pas à rougir de son action, et qu'Emmanuel Macron a fait tout ce qu'il pouvait, tout ce qu'il devait faire ?
Ça vient d'être dit, c'est quand même la débâcle de la première puissance mondiale, les Etats-Unis d'Amérique. Une puissance mondiale qui appartient à la démocratie, je suis j'ose dire au mot du camp démocratique. Quelles sont les conditions du retrait américain ? On en a vu des images à la fois dramatiques, et au fond, il a mis les alliés, les alliés des Etats-Unis, les alliés de l'OTAN, dans une situation singulière. En fait, aucune concertation, nous avons subi, et je dois dire que la France, comme l'Allemagne, a tenté de faire du mieux possible. Elle a tenu son rang ? Oui, elle a tenu son rang, et notre ambassadeur particulièrement, David Martidon.
Je vais d'ailleurs adresser un message, au moment les plus difficiles, a tenu son rang. Aujourd'hui, les conséquences quand même. Les conséquences, c'est bien sûr le risque terroriste et de déstabilisation de la région, qui d'ailleurs inquiète Vladimir Poutine. C'est bien sûr la question migratoire qui va se poser, et je l'avais évoqué avec le président Chaubleu, au mois de juillet à Strasbourg. Et puis il y a aussi le risque pour ces femmes et ces hommes sur place, qui croient en un certain nombre de valeurs. La situation des femmes, des enfants, on en parle très peu.
On en parle beaucoup quand même, mais est-ce qu'on doit les accueillir ? L'ONU disait cette nuit qu'il y aurait potentiellement jusqu'à 500 000 personnes réfugiées d'Afghanistan. Combien la France doit en accueillir ? Comment la France doit prendre sa part ?
D'abord, nous devons appliquer les valeurs qui sont les nôtres sur le droit d'asile, pour celles et ceux qui ont accompagné, notamment nos forces, notre ambassade. Et nous devons, sur ce sujet, vraiment, se dire que les valeurs de la France, c'est autour des femmes et des hommes, des enfants, qui sont persécutés et qui souffrent. En même temps, on ne peut pas se retrouver dans une situation comme nous l'avons connue en Syrie. Il faut donc anticiper, organiser, organiser cela, pour savoir, on ignore dans quelles conditions les talibans vont prendre le pouvoir, est-ce qu'il y aura un gouvernement de coalition ? Il faut sortir de la tête que les talibans seraient nos alliés.
Il faut leur parler ou il ne faut pas leur parler les talibans ?
Bien sûr qu'il faut parler, mais ce ne sont pas nos alliés. Ils ont des valeurs...
Ce ne sont pas nos alliés, ça c'est certain. Est-ce qu'on doit les reconnaître ? Est-ce qu'on doit reconnaître ce gouvernement ?
Non, je ne suis pas favorable à cette dimension. On va déjà voir les comportements et voir, par exemple, s'ils respectent cet engagement pris au Conseil de sécurité, cette nuit, d'assurer une forme de liberté de sortie. Et dans quelles conditions ?
Au sujet de l'Afghanistan, Emmanuel Macron s'est refusé, je le cite, à confondre les risques terroristes et le phénomène des migrations. Il y a parfois des liens, a dit le Président de la République. Pour autant, je distingue ces deux notions de manière très claire. Vous aussi, Gérard Larché ?
Oui, je les distingue de manière très claire, mais c'est quand même lié au phénomène migratoire. L'assassinat de Stéphanie Monfermé dans ma ville, ce qui s'est passé en Vendée, trois obligations à quitter le territoire français qui ne sont pas exécutées. On voit bien qu'il y a entre violence, terrorisme, des liens. Naturellement, on ne fait pas de sigma, comme dirait les mathématiciens, entre migration et terrorisme.
Une dernière question, on l'a entendue la semaine dernière, Xavier Bertrand dit que si les présidents veulent interdire le salafisme, est-ce que cette proposition d'interdire une idéologie est crédible à vos yeux ? Ou est-ce que c'est totalement irréalisable et démagogique de dire ça ?
En tous les cas, je ne sais pas comment on interdit le salafisme ou comment on interdit les formes d'intégrisme. Je crois qu'il faut répandre en tous les cas les valeurs d'ouverture, de partage, de tolérance, dans le respect des religions et dans le respect de croire et de pas croire, on revient à la laïcité de la française.
Donc, à vos yeux, ça ne veut rien dire de dire que je veux interdire le salafisme ?
En tous les cas, je ne sais pas comment faire, si ce n'est que d'affirmer la laïcité.
Allez, venons-en au chapitre économique. A ce micro, hier, Bruno Le Maire se félicitait de la reprise de l'économie française. Croissance à 6%, chômage qui a retrouvé son niveau d'avant le Covid, consommation toujours soutenue chez les Français. D'un côté, on note donc un certain optimisme de l'exécutif et de l'autre, on voit tous les week-ends des manifestations contre le pass sanitaire et les syndicats qui se mobilisent et se mobiliseront début octobre. Comment jugez-vous, Gérard Larcher, le climat social en cette rentrée ? Êtes-vous inquiet ou plutôt confiant ?
D'abord, activité économique, nous allons retrouver à 1% près le niveau d'activité d'avant Covid. Le quoi qu'il en coûte a coûté 240 milliards. D'ailleurs, au Sénat, nous avons voté les projets de loi finances rectificatives. Il faut aujourd'hui que les choses s'achèvent. Ça ne peut pas devenir une manière de fonctionner parce qu'il y a des réalités. On a 220 milliards de déficits budgétaires, on ne cesse de le répéter, mais c'est la réalité. 2 850 milliards de dettes, donc il faut en sortir. En même temps, vous évoquez cette ambiance dans le pays. Moi, je résume l'ambiance dans le pays quand même.
À 41 millions de Français qui ont reçu les deux vaccins, les deux injections, près de 50 millions qui sont aujourd'hui dans le processus vaccinal ou qui l'ont achevé, et 200 000 personnes qui manifestent. Je ne traite pas ça par le mépris. Mais pour vous, c'est quoi ?
C'est une mini-mini-minorité ?
Non, le pass sanitaire est indispensable car il nous permet de préserver un équilibre entre la liberté de circuler, la liberté de se réunir et la protection de la santé de nos concitoyens. Et je dis à ceux qui manifestent, au-delà de ceux qui ont des arrière-pensées politiques ou populistes, regardez ce qui se passe dans nos Outre-mer. Regardez ce qui se passe dans nos Outre-mer. Un décès sur trois du Covid aujourd'hui dans ce pays provient de Martinique et de Guadeloupe qui représentent ensemble, et je me sens tellement solidaire d'eux, 1% de la population. Je crois que tout simplement, nous devons faire cet effort de pédagogie, mais je leur demande de regarder ça.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, n'exclut pas d'étendre le pass sanitaire au-delà du 15 novembre. Est-ce que vous, est-ce que le Sénat est d'accord avec ça ?
D'abord, c'est le Sénat qui a imposé le 15 novembre, parce que nous pensons qu'en matière de restriction des libertés, il faut à chaque fois revenir devant le Parlement. Le Parlement et notamment le Sénat garant des libertés. Nous verrons la situation à ce moment-là, et nous aurons un débat, nous aurons d'ailleurs un débat, on en parle très peu, la semaine prochaine, sur la situation dans les Outre-mer. Ce sera l'occasion de faire le point sur, j'allais dire, l'usage du pass sanitaire, et les progrès de la vaccination. Il y a aussi des sujets. On a obligation vaccinale pour les soignants, faire le point où on en est pour les enseignants, me dit 80% aujourd'hui, où on en est pour les enfants.
Puis il y a la question aussi, et je l'ai posée au Premier ministre, obligation vaccinale pour les pompiers, couilles des policiers, voilà des sujets, dont je ne doute pas, qui vont revenir.
Vous savez, j'ai dit... Pardon, l'obligation vaccinale pour les policiers, vous y êtes favorable ?
Je suis plutôt favorable, parce que ce n'est pas possible que des policiers qui contrôlent dans une brasserie, ne soient pas eux-mêmes porteurs d'un pass sanitaire.
Mais le pass sanitaire, dans toutes les entreprises, Gérard Larcher, comme on peut le voir ici et là, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne...
Ça va être le cas progressivement. Vous pensez ? Moi, je pense que c'est une de vos consoeurs qui disait, le pass sanitaire, c'est un accélérateur de vaccination. Et on l'a vu derrière le discours du Président de la République.
Puisque la reprise économique est là, Gérard Larcher, est-ce que c'est le moment de faire la grande réforme des retraites qui a été décalée à cause de l'épidémie de Covid, ou est-ce qu'il faut attendre la présidentielle ?
Écoutez, il nous reste 8 mois. Il n'y aura pas ces grandes réformes qui n'ont pas été faites. Ce qui n'a pas été fait pendant 4 ans ne sera pas fait en 8 mois. Que ça soit la réforme structurelle qui porte sur les retraites, c'est un point extrêmement important. Et on sait que la réforme systémique que personne n'avait compris a été abandonnée. Je dis au Président de la République, s'il veut la faire avant, il reprend tout simplement le texte que le Sénat a voté, c'est-à-dire une réforme paramétrique, mais qui prend en compte la pénibilité des métiers et les réalités financières. Je pense que ça sera un sujet de la présidentielle.
Mais vous dites qu'elle ne se fera pas.
Non. Elle devra se faire, elle est nécessaire. Mais elle ne se fera pas avant la présidentielle. Il a encore une fenêtre, le projet de loi de finances sur la sécurité sociale.
Emmanuel Macron doit se rendre à Marseille, après un été marqué par des violences et des règlements de comptes liés au trafic de drogue. Certains, même à droite, Gérard Larcher, préconisent la dépénalisation du cannabis. Est-ce une solution forcément condamnable
ou mérite-t-elle tout de même réflexion ? Ce n'est pas par ça qu'on va faire disparaître la violence dans un certain nombre de quartiers. Il faut reconquérir les territoires perdus de la République. Et pour reconquérir les territoires perdus de la République, il faut une réponse policière, il faut une réponse pédale, il faut casser un certain nombre de circuits de la drogue, il faut aussi retrouver le contact avec une jeunesse dans certains quartiers qui, à 80%, est hors de toute vie sociale, qui est au chômage. C'est autour de ça. Et quand j'entends des propositions...
Mais vous ne répondez pas à la question de Nicolas. Est-ce que c'est forcément, il y a des députés de droite qui disent pour casser le trafic, pour casser le trafic de drogue, il faut dépénaliser le cannabis ?
Non, parce que ce serait le signe de notre échec, de notre abandon, je n'y suis pas favorable. Pardonnez-moi, je ne m'en ai pas répondu aussi directement, mais j'en profite pour le faire en conclusion.
C'est clair.
Voilà qui nous amène à la situation chez vous, à droite, Gérard Larcher.
Ce n'est pas le cannabis qui nous emmène à droite.
On a l'impression qu'il y a tous les jours un nouveau candidat issu de vos rangs. Il y en a eu deux le même jour la semaine dernière, à la surprise générale Éric Ciotti, qui a dit qu'il en serait. Michel Barnier sera également au rendez-vous. Avant d'entrer dans les détails, rassurez-nous pour commencer, Gérard Larcher. Vous, vous n'êtes pas candidat, vous n'avez pas ressenti cet été un appel, une voix qui vous a dit « Vas-y Gérard, c'est le moment ».
Non, je n'ai pas eu cet appel, et de toute façon, j'y aurais résisté. Le seul appel que je veux porter avec d'autres, c'est que nous devons, aux Français, nous devons à la France, d'avoir un seul ou une seule candidate pour démocratiquement, j'allais dire, porter en quelque sorte la parole et le projet de la droite et du centre. Et puis les Français, ils choisiront.
Ça, c'est la bonne parole. Mais maintenant, dans les faits, la rentrée politique de la droite, c'était à la boule pour Bruno Retailleau, à Nice pour Éric Ciotti, à Brive-la-Gaillard pour Valérie Pécresse, au Montmézinque pour Laurent Wauquiez. Il y a quasiment autant d'étapes qu'autour de France. La droite, elle n'est pas divisée là, elle est vaporisée carrément.
Elle n'est pas vaporisée. La pluralité de candidatures, elle est légitime, cette pluralité de candidatures. Et quand il y a pluralité de candidatures, je ne connais qu'une seule méthode, c'est de départager entre ces candidats. C'est ce que nous devons mettre maintenant en place de manière effective. Nous avons un calendrier, nous avons une méthode, et nous choisirons un candidat ou une candidate, et nous le soutiendrons ensuite.
Vous persistez donc, Gérard Larcher, à dire qu'il faut départager les ambitions, une primaire, enfin en tout cas un mécanisme de départage. Xavier Bertrand, de son côté, vous le savez, persiste à dire qu'il n'en veut pas. Ce matin, dans le Figaro, vous rappelez que vous devez rencontrer Xavier Bertrand en septembre, et que vous êtes serein, c'est le mot que vous employez, serein pour quoi, Gérard Larcher ? Vous pensez qu'il va changer d'avis ? Non, parce que tout le monde est d'accord.
Xavier Bertrand, le premier, pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat ou une seule candidate. Et donc, d'ici la fin du mois de novembre, je pense que les choses vont s'éclaircir et que le processus de départage va éclairer. Il y aura sans doute ensuite un débat et nous soutiendrons le ou la candidate qui sortira de la primaire.
Je vais essayer de faire de l'exégèse de ce que vous dites, parce que pour beaucoup de Français, ce n'est pas clair. En clair, ce que vous nous dites ce matin, c'est que la primaire aura lieu. Elle opposera Valérie Pécresse, Éric Ciotti, Michel Barnier, Éric Ciotti, Philippe Juvin, et peut-être d'autres. Peut-être d'autres. Il faut qu'ils aient les deux sens. Donc, elle aura lieu quoi qu'il arrive. À l'issue de ce départage, en novembre, il y aura un ou une candidate. Et à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ? Cette candidate ou ce candidat va discuter gentiment avec Xavier Bertrand pour lui dire, tu te retires parce que moi, c'est ça qui va se passer à droite ?
Attendez, vous venez de décrire un processus qui a été validé par le bureau politique des Républicains et que nous avons partagé aussi avec un certain nombre d'amis centristes, des formations centristes. Donc, fort de cela, en fonction de la décision qui sera prise par le Congrès des Républicains le 25 septembre, Jean-Léonetti prépare ce processus. Pendant cette période, tout le monde continuera à discuter et le faire sereinement. Il faut que nous conduisions à une primaire de rassemblement.
Par l'opération du Saint-Esprit, Xavier Bertrand va se retirer, mi-novembre, pour laisser la place à Valérie Pécresse ou un autre ?
Je note simplement qu'il dit un seul candidat ou une seule candidate. On mettra les uns et les autres devant leur responsabilité.
Allez, on file au standard. Il y a des questions d'ailleurs sur ce processus de départage. Bonjour André.
Bonjour. Bienvenue.
On vous écoute.
Ben voilà, la question est simple. En 2016, au moins, il y avait des stars. Un ancien président de la République, deux anciens premiers ministres, M. Copé également. Aujourd'hui, sans être vexants, ce ne sont pas tout à fait des stars. En 2016, il y avait un accord général de tous les candidats droites. Là, il y a au moins un, si non plus, de dissidents. Votre président, le président de votre parti, ne cache pas lui-même qu'il est extrêmement sceptique. Autrement dit, ça avait déjà plutôt capoté en 2016, 2017. est-ce que ça ne va pas encore plus capoter là ? Et est-ce qu'on n'assiste pas à un enterrement de première classe de ces primaires avant même qu'elles soient finalisées ?
Merci André pour cette question.
Gérard Larcher vous répond. Non, ça n'a pas capoté en 2016. Ce qui a capoté, c'est 2017, mais pour d'autres raisons. La primaire avait alors été un processus assez remarquable. Souvenez-vous, plus de 4 millions de votants. Je ne suis pas, moi, un fanatique pour être un fanatique de la primaire, mais je ne connais pas d'autres processus. quand il y a des candidats légitimes et qui ont des qualités, vous dites, on n'avait pas les stars, mais on a des candidats, le président de la région des Hauts-de-France, la présidente, par exemple, de la région Île-de-France, l'ancien commissaire européen, l'homme du Brexit, un professeur de médecine, un député très engagé.
Nous avons des hommes et des femmes qui sont légitimes pour être candidats.
Avec tout notre respect pour tous ces candidats, c'est vrai que vous n'avez pas l'auditeur Adil de Star, mais en tout cas de personnalité qui s'impose clairement comme l'était Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon.
Bien sûr, mais c'est bien pour ça. Nous avions dit si une candidature s'impose, peut-être nous n'aurons pas besoin du processus de départage. Ça n'est pas le cas aujourd'hui.
Rachida Dati désingue la primaire et vous appelle à vous réveiller à ne pas faire cette primaire. Ce qui me frappe, dit-elle, c'est que l'on n'apprend pas de notre expérience et de nos erreurs passées, les haines, les divisions et les frondes et elle dit tous ceux qui sont passés par la primaire ont mal fini.
Écoutez, moi je dis à ceux qui ne sont pas favorables à la primaire, je respecte. Proposez-nous autre chose.
Raphaël, sur l'application France Inter, la solution n'est-elle pas qu'Edouard Philippe se présente ? Il pourrait réunir tout le monde et les partisans de Xavier Bertrand et les déçus d'Emmanuel Macron. Qu'en pensez-vous ?
Je n'ai pas noté qu'Edouard Philippe soit candidat. Il s'apprête, paraît-il, à écrire un livre. Il rassemble un certain nombre de maires mais je n'ai pas noté qu'il soit candidat.
Au standard, Michel nous attend. Bonjour, bienvenue sur Inter.
Bonjour à vous, je suis une fidèle de l'émission.
C'est gentil.
C'est déjà une pensée pour le peuple afghan. Quelle tristesse. Monsieur Larcher, votre groupe Les Républicains fera appel à un institut de sondage afin d'être départagé votre candidat à la présidente de la République et la primaire également. Cela prouve la faiblesse de Christian Jacob et l'égo surdimensionnée de certains. Monsieur Rétaillot, Juvin, Ciotti qui n'a qu'une... qu'un pas à franchir pour rejoindre tout simplement Marine Le Pen.
Alors, quelle est votre question, Michel, à Gérard Larcher ?
Alors, tout simplement, ils n'ont aucune idée qui est considérée et c'est bien regrettable. Nous avons besoin d'une opposition constructive pour une démocratie. Voilà.
D'accord.
Et c'est tout à fait regrettable. Pas d'idée. Je n'y vais pas jusqu'à dire « Vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y,
c'est un sacré slogan que vous lui proposez là. Merci, Michel. Sur le fond, pas d'idée chez les Républicains et besoin dans une démocratie d'une opposition constructive. Voilà les deux reproches. Gérard Larcher vous répond.
Les idées, vous verrez à l'occasion de la réunion des jeunes Républicains ce week-end, de l'avant-projet qui a été travaillé par les Républicains et qui sera présenté par Olivier Marlex et Christine Lavard une sénatrice. Vous verrez qu'il y a des idées qui sont portées. L'enquête, ce n'est pas une manière de choisir, c'est pour éclairer le choix. L'enquête, elle va porter sur les attentes des Françaises et des Français sur un certain nombre de sujets. Elle va aussi mesurer en quelque sorte quel est le regard qu'il porte sur ceux qui sont candidats à la candidature.
Et puis, peut-être confirmant un sondage paru dimanche, les électeurs de la droite et du centre sont-ils favorables à une procédure de départage ou est-ce qu'ils en suggèrent une autre ? Tout ça est très intéressant avant le congrès du 25 septembre. Puisque vous parlez
des sondages, une enquête IFOP sur l'électorat d'Emmanuel Macron montre une vraie mutation. 61% des électeurs d'Emmanuel Macron sont désormais à droite contre 39% à gauche. Ce n'était évidemment pas le cas en 2017. Clairement, son électorat est désormais à droite. N'est-il pas le candidat naturel de la droite ?
Non, parce que je le dis ce matin dans un grand quotidien qui s'appelle Le Figaro, ce n'est pas un homme qui peut incarner les valeurs de la droite et du centre. Et je vais prendre un exemple. Gouvernance verticale d'Emmanuel Macron. La droite est le centre. Aujourd'hui, nous pensons qu'on ne redresse le pays que par les libertés locales, que par la décentralisation. Un État qui s'occupe de l'essentiel. Et nous avons la verticalité intégrée. C'est, à droite et le centre, aujourd'hui, une politique de maîtrise des dépenses publiques. Et je vais prendre des chiffres anti-Covid. Plus 80 milliards de dépenses publiques dans les trois premières années du mandat d'Emmanuel Macron.
La question de la sécurité que nous évoquions pour Marseille a flambé en matière de sécurité. Tout cela fait qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron n'incarne pas les valeurs de la droite et du centre.
Ce n'est pas une différence de nuance uniquement ?
Ce n'est pas une affaire de nuance, la décentralisation ou la verticalité. Est-ce que vous pensez que c'est une nuance ? C'est une organisation. Vous savez, la décentralisation, ce n'est pas simplement une gestion locale. C'est une vision de la société. C'est l'alliance quelque part d'une société qui retrouverait la confiance par la proximité. On a une crise de confiance majeure dans la parole publique. On aurait pu l'évoquer pour les vaccins.
Je vous écoute. Vous donnez les idées à notre auditrice. J'entends la défense et la sécurité. J'entends la décentralisation, la maîtrise des dépenses publiques. Ça, c'est des idées classiques de la droite. Je n'entends pas l'écologie. Ça ne vient pas spontanément ?
Vous auriez été à ma petite rentrée dans le Sud-Yvelines. J'ai abordé l'écologie du concret. L'écologie de la proximité. Celle qui est d'ailleurs portée par le terrain et le territoire. C'est à ce niveau-là parce que le combat pour le climat est un combat extrêmement important.
Beaucoup de questions sur ce thème. Je vais vous lire Paul sur l'application d'Inter. Comptez-vous sortir de votre mutisme au sujet des graves faits de harcèlement, harcèlement au travail qui se sont déroulés et se déroulent probablement encore au Sénat ? Allez-vous transmettre au parquet les dossiers de harcèlement dont vous avez connaissance ? Je précise que le quotidien Libération publie ce matin une double page d'enquête sur ces faits présumés de harcèlement au travail. L'enquête de Libé montre que la cellule anti-harcèlement du Sénat ne fait pas son travail et que les assistants parlementaires sont donc contraints de saisir la justice. Que répondez-vous ?
Je vous le dis, la question revient souvent ce matin. Que répondez-vous à Paul ?
Eh bien, qu'il faut utiliser les voies de justice quand les justiciables l'estiment nécessaire. Nous avons mis en place cette cellule. Cette cellule, elle existe. Le comité de déontologie travaille. Je n'ai pas jugé bon de transmettre le dossier auquel il est fait référence. Pourquoi ? Parce que j'ai estimé en mon âme et conscience que je n'avais pas à le faire. Mais il y a des voies de justice et j'en profite pour dire que l'immunité parlementaire ce n'est pas l'impunité parlementaire. Et donc, des parlementaires peuvent répondre en justice. Il faut se dire qu'il y a le droit.
Mais alors à quoi sert la cellule que vous avez mise en place au Sénat si vous répondez
à l'injustice ? Et à entendre, à transmettre, à accompagner. Et là, me semble-t-il, il fait un travail extrêmement important.
Dans l'Ibé, il y a une des plaignantes qui dit c'est une machine, cette cellule est une machine à couvrir les faits, pas les dénoncer.
Écoutez, son rôle, ce n'est pas de les dénoncer, c'est d'accompagner les gens qui viennent la voir. De les accompagner, de les éclairer, de les aider, de les guider. Mais je rappelle qu'au fond, sur le harcèlement, il y a une législation, il y a du droit et c'est à la justice de trancher.
Dernière question, s'il y a une primaire à droite, Éric Zemmour pourra-t-il y participer ?
Non, parce que nous ne partageons pas les mêmes valeurs.
Il ne peut pas participer à la primaire, il ne peut pas être candidat.
Nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Je rappelle, nous préparons un engagement sur les valeurs, nous n'avons pas les mêmes valeurs. C'est-à-dire ? Nous n'avons pas les mêmes valeurs sur le regard sur la société. Il suffit d'écouter votre confrère. Il n'a pas les mêmes valeurs que moi.
Donc, il ne peut pas être candidat. Même s'il a les 250 signatures d'élui, il ne sera pas candidat.
C'est non.
Pour moi, c'est non. Merci, Gérard Larcher, d'avoir été à notre micro ce matin.
Gérard Larcher