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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 12 février 2021 7 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & famille

Eric Zemmour et la tentation présidentielle - C à Vous - 11/02/2021

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Chapitres

Questions et réponses

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  • 0:00OuverteÉludée

    Éric Zemmour cherche-t-il simplement à susciter le désir ou envisage-t-il sérieusement de se jeter dans l'arène politique ?

  • 0:07OuverteÉludée

    Trois mois d'enquête, vous pensez quoi ? Que ce n'était qu'une plaisanterie encore il y a quelques années, mais c'est en train de devenir une réalité ?

  • 0:16ComplaisanteÉludée

    Ce que j'ai découvert lors de cette enquête, c'est qu'Éric Zemmour a changé.

  • 0:33OuverteÉludée

    Il interroge, toi à ma place, tu ferais quoi pour la présidentielle ? Comment on récolte les fameuses signatures pour y aller ?

  • 1:47OuverteÉludée

    Vous citez Xavier Bertrand, qui déjeune avec Éric Zemmour en terrasse et qui trouve que l'essayiste, le polémiste se soucie un peu trop du regard des autres pour être honnête, entre guillemets, en tout cas pour ne pas avoir une idée derrière la tête.

  • 2:36OuverteÉludée

    Il est en campagne ou quoi ? C'est ce qu'a cru déceler Xavier Bertrand ? Il a cru déceler une envie manifeste d'y aller.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:19PrésentateurChiffre
    « Si on reçoit plus de 200 000 signatures, ça permet d'amorcer une dynamique. »
  • 3:39InvitéFait
    « Les primaires ont dégagé absolument tous les grands chefs des grands partis de gouvernement qui sont devenus tous absents du second tour. »
  • 5:01InvitéFait
    « Moi, je l'appelle ça une crise patrimoniale, le patrimoine immatériel, la culture, le chez-soi, le haïmat, le monde familier. »

Temps de parole

  • Invité58 %
  • Présentateur31 %
  • Invité 212 %

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0:00
Invité

Éric Zemmour cherche-t-il simplement à susciter le désir ou envisage-t-il sérieusement de se jeter dans l'arène politique ? C'est la question que vous posez dans cette enquête. Trois mois d'enquête, vous pensez quoi ? Que ce n'était qu'une plaisanterie encore il y a quelques années, mais c'est en train de devenir une réalité ?

0:16
Présentateur

Oui, ce que j'ai découvert lors de cette enquête, c'est qu'Éric Zemmour a changé. En tout cas, c'est ce que ses amis racontent. Là où c'était un rêve, c'était de certains, c'était un fantasme pour beaucoup à droite. Depuis quelques semaines, quelques mois, ces questions se font beaucoup plus précises. Il interroge, toi à ma place, tu ferais quoi pour la présidentielle ? Comment on récolte les fameuses signatures pour y aller ? Comment on gère les financements ? Avec qui fait-on alliance ? Est-ce que Michel Onfray me soutiendrait par exemple publiquement ? Est-ce que Marion Maréchal m'apporterait son soutien ? Ce sont des questions qu'il pose de plus en plus.

On sort du domaine du fantasme, il assiste aussi à des réunions très concrètes où on parle comité de soutien, où on parle pétition. C'est notamment cette pétition lancée normalement au mois de mars. Intitulée ? Je vote Éric Zemmour 2022 ? Oui. Je dis ça de mémoire, mais je crois que c'est je vote Éric Zemmour 2022. Une pétition qui a pour but de lancer sa candidature, un peu comme Jean-Luc Mélenchon l'avait fait. Si on reçoit plus de 200 000 signatures, ça permet d'amorcer une dynamique. Éric Zemmour est au courant de toutes ces initiatives. Il laisse faire, à aucun moment il a dit ça ne me regarde pas, etc. Il le sait.

Il laisse s'organiser ses proches et des soutiens comme par exemple Robert Ménard, le maire de Béziers, mais aussi le maire d'Orange, Jacques Bompard, qui s'organise pour activer un réseau pour qu'une fois qu'il prenne sa décision, tout soit prêt pour qu'il puisse se lancer.

1:47
Invité

Vous citez Xavier Bertrand, qui déjeune avec Éric Zemmour en terrasse et qui trouve que l'essayiste, le polémiste se soucie un peu trop du regard des autres pour être honnête, entre guillemets, en tout cas pour ne pas avoir une idée derrière la tête.

2:02
Présentateur

Oui, parce qu'à ce moment-là, Éric Zemmour, c'est vrai qu'il est reconnu. Xavier Bertrand en parle, mais il y a beaucoup de gens qui ont remarqué que lors de déjeuner avec Éric Zemmour, à l'époque où les restaurants avaient encore des terrasses, c'est vrai qu'il est souvent interpellé par des passants qui viennent le voir et qui lui disent « on vous a vu à la télé, continuez, on adore ce que vous dites, on adore votre franc-parler ». Et Éric Zemmour, ça le touche énormément. Et Xavier Bertrand le remarque et dit « mais ce n'est pas possible pour… » Il s'est passé quelque chose chez lui pour s'intéresser tellement au regard des gens, au regard qu'on porte sur lui.

2:36
Invité

Il est en campagne ou quoi ? C'est ce qu'a cru déceler Xavier Bertrand ? Il a cru déceler une envie manifeste d'y aller. Pourquoi Dominique Rény, une partie de l'extrême droite, veut-elle visiblement faire monter une autre candidature que celle de Marine Le Pen ? Ils ont le sentiment sans doute qu'elle n'y arrivera pas, que décidément ça n'est pas possible, qu'elle n'est pas assez à droite. D'ailleurs Éric Zemmour, vous le dites dans l'Express, ne cesse de répéter qu'en réalité elle est de gauche auprès de ses amis.

En fait, moi je trouve que ce sujet Éric Zemmour, on peut le prendre dans l'autre sens, il n'y a pas si longtemps dans ce pays, c'était quelque chose qui n'aurait pas été pris au sérieux un quart de seconde. Je suppose que beaucoup y ont songé dans le passé, parce qu'ils avaient une notoriété, parce qu'on pense toujours qu'en étant un tout petit peu connu, ça suffit ou qu'on peut en faire un usage politique. Mais simplement ça ne se faisait pas. Éric Zemmour, il est devenu, je trouve, le signe d'un délitement continu de notre système politique.

Déjà, 2016, on s'en souvient, les primaires ont dégagé absolument tous les grands chefs des grands partis de gouvernement qui sont devenus tous absents du second tour, c'est quand même extraordinaire. Et depuis, en fait, ça ne s'est pas réparé. Le paysage est dynamité, aucune idée, aucun chef, rien ne s'est reconstruit. Et bien sûr, pour Emmanuel Macron, qui est au pouvoir, le pouvoir c'est difficile, ce n'est pas comme cela que vous gagnez beaucoup de lauriers, on est à la peine au bout de 5 ans, déjà au bout de 4 ans, on le voit. Et donc cette idée qu'au fond, il n'y a rien, c'est très liquide. Et donc pourquoi pas moi, pourquoi pas tenter quelque chose, puisqu'il n'y a plus rien ?

Il est le signe de ça, je crois. Il ne faut pas confondre l'état de dérédiction dans lequel se trouve le système politique français et la puissance qu'il y aurait derrière la candidature de quelqu'un comme Éric Zemmour. Même s'il y a une réalité qui est, je crois, moi, liée, alors je ne sais pas si c'est le moment d'en parler là, mais il y a une réalité qui est, je crois, liée à tout ce que le système politique et médiatique n'arrive pas à faire et ne veut pas faire depuis des années, qui est de représenter correctement et dignement toutes les souffrances que ce pays ressent, que les Français ressentent, et qui ne sont pas jugées au fond recevables.

Il y a, par exemple, une souffrance identitaire. Alors on peut trouver ça répugnant, parçoit, etc., mais elle est très répandue. Moi, je l'appelle ça une crise patrimoniale, le patrimoine immatériel, la culture, le chez-soi, le haïmat, le monde familier. Il y a aussi une crise du patrimoine matériel, très concrète. Mais comme elle n'est pas prise en considération, quand elle est traitée, elle est traitée sur un mode de réprobation, comme quelque chose dont il faudrait se guérir, qui n'est pas audible, qui est méprisée. Qui est méprisée. Et ça fait beaucoup de Français, ça.

Et donc, quand vous avez quelqu'un qui déboule, comme Éric Zemmour, et qui dit « moi, je vais parler de ça, je vais être cette France-là », il n'est pas tout seul à le dire, c'est un peu aussi le crédo de Marine Le Pen, mais il y a chez Marine Le Pen une forme d'usure, parce que malgré tout, elle est dans le système depuis longtemps maintenant.

5:41
Présentateur

Une normalisation.

5:42
Invité

Depuis 1974, on a des Le Pen à la présidentielle. Ça commence à faire... Les jeunes qui nous écoutent doivent dire « comment ? » Ça commence à faire beaucoup. Eh bien, là, il y a quelqu'un qui déboule, qui est lui-même disruptif, qui est lui-même une espèce de dégagiste, et qui dit sans cesse, au fond, à cette France-là, « moi, je te comprends, et je parle pour toi, et je suis le seul à parler pour toi.

» Il y a un paradoxe, je trouve, assez étonné d'un phénomène Zemmour, quand on est dans une situation qui prépare ce phénomène-là, c'est-à-dire, au fond, de forclusion de ces souffrances, ou alors de cette façon de dire à des compatriotes qui écoutent comme ça des émissions ou au discours des politiques, « votre expérience, elle n'est pas bonne. » L'expérience de votre vie, ce n'est pas ça. Je vais vous dire comment vous vivez réellement, et vos souffrances, en fait, elles n'existent pas ou elles ne sont pas légitimes. Je vais vous dire comment vous vivez,

Eric Zemmour et la tentation présidentielle - C à Vous - 11/02/2021 · Pourquijevote