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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 16 juin 2026 38 min

PAIX OU FRAGILITÉ : ce que cache l’accord IRAN‑USA

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les États-Unis et l'Iran sont parvenus à un accord la nuit dernière. Celui-ci a été signé électroniquement avant une signature formelle a priori en Suisse vendredi prochain. Depuis cette annonce, de nombreuses déclarations diplomatiques ont fait part de leur soulagement à travers le monde et le contenu de l'accord qui n'est pas public est divulgué depuis ce matin sous la forme de fuites organisées par des responsables américains et par l'agence de presse iranienne d'État. farce reste que de nombreuses zones d'ombre subsistent et des désaccords apparaissent notamment sur le futur du contrôle du D3 d'Ormous devenu l'enjeu stratégique principal et immédiat de cette guerre déclenchée en février.

Autre élément d'incertitude, la capacité des États-Unis et de l'Iran à faire respecter le cesser le feu alors qu'Israël a déclaré vouloir maintenir ses positions au Liban où elle affronte le esbola. Alors, quelles sont les conditions de la paix annoncé ? Peut-on parler de victoire diplomatique de l'Iran d'une défaite stratégique des États-Unis qui profite de cet accord Israël ?

Va-t-il en accepter les conditions ? Voici quelques-unes des questions que nous poserons à nos deux invités de ce soir. Éloïse Faillet, bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes chercheuse à l'Ifri, spécialiste des questions nucléaires et de la politique étrangère de l'Iran. Et à votre côté, à votre vis-à-vis se trouve Florian Louis.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes quant à vous historien, spécialiste des relations internationales et membre de la rédaction. du grand continent.

Merci à vous deux d'avoir accepté notre invitation. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 19h. Aujourd'hui, le monde a fait un pas historique vers la paix.

Après les ténèbres de la guerre, le soleil de la paix s'est levé. L'Iran et les États-Unis ont par la grâce de Dieu annoncé la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les front y compris Olibo. C'est une très bonne nouvelle et nous croisons les doigts pour que cet accord soit signé vendredi parce que tout le monde a besoin que le D3 d'Ormous soit ouvert et en fait que cette guerre s'arrête.

Donc c'est vraiment bienvenu et nous espérons que cela durera. La Chine se félicite que les États-Unis et l'Iran soient parvenus à un accord et se tient prête à coopérer avec la communauté internationale pour continuer à jouer un rôle constructif en vue de rétablir dès que possible la paix et la stabilité dans la région du Golfe au Moyen-Orient. Voilà pour les voies de Chefbas Sharif, premier ministre pakistanais, Kajakala, chef de la diplomatie de l'Union européenne et l'indian, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères.

Florient Louis, est-ce que la guerre est finie entre les États-Unis et l'Iran ? Dur à dire. En tout cas, ça dépend de quelle guerre on parle en fait parce que les États-Unis et l'Iran, ils sont en guerre, ils sont en froid, ils sont en hostilité depuis 1979.

Là, l'accord dont on est en train de parler, au mieux, il refermera une parenthèse très courte de cette longue histoire qui s'est ouvert en février. Mais les deux les deux pays resteront malgré tout dans une relation hostile avec sans doute d'autres accès de fièvre qui finiront par arriver tôt ou tard. et et rien ne dit que ce ne soit pas très tôt parce que il y a tellement, on va en parler aujourd'hui, d'incertitude qui planent autour de cet accord à commencer par le fait qu'il soit vraiment signé d'ici la fin de la semaine que le pire est enfin tout est possible y compris le pire.

Louise Faillet, pourquoi maintenant pourquoi l'accord est signé maintenant ? Est-ce qu'on on a des raisons de de des compréhensions des éléments d'analyse là-dessus ? Alors déjà, ça fait quand même plusieurs semaines euh que l'Iran et les et les États-Unis négociait effectivement sur un accord que j'ai tendance à qualifier effectivement d'accord intérière euh voire de memorand of of understanding qui est le terme anglais employé employé par les États-Unis avec des tentatives de médiation successivement par la Chine, le Pakistan.

Là, il semblerait que ce soit le Pakistan qui a joué un rôle déterminant dans l'accord parce que justement, on va en reparler, il y avait quand même énormément de points bloquants en fait à négocier et donc c'est ce genre de choses prennent du temps. D'autant plus qu'en fait là, il y a encore d'autres points qui doivent être doivent être traités et c'est pour ça que ce MOIU ouvre en fait une nouvelle période de 60 jours pour de nouvelles négociations notamment sur le nucléaire et surtout la levée des sanctions. Alors on on va effectivement en parler des éléments malgré malgré tout sont déjà sortis.

L'un d'entre eux qui a l'air de concentrer euh l'attention notamment américaine, c'est euh l'ouverture du D3 euh Dormouse. Je ce n'est pas le genre de la maison, mais je vous propose si vous voulez bien de faire un commentaire de texte de cette publication de Donald Trump sur son réseau social. L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais réglé, écrit-il.

Félicitations. Par la présente, j'autorise pleinement l'ouverture sans péage du D3 d'Ormous et simultanément, j'autorise la levée immédiate du blocus naval américain. Navire du monde entier, mettez vos moteurs en marche que le pétrole coule à flot.

Un commentaire s'il vous plaît Fran Louis et puis Eloïse Fayet. On voit effectivement l'oubrice qui est celle de Donald Trump he qui se prend pour le le roi du monde qui donne des autorisations ou qui interdit des choses. Est-ce qu'il a la capacité de décider de l'ouverture du D3 ?

Évidemment non. Évidemment non, puisque s'il en avait la capacité militaire déjà, il l'aurait réouvert depuis longtemps. Et on voit bien que précisément s'il a été acculé finalement à conclure cet accord un peu bancal qui est en train de de se de se préparer, c'est précisément parce que ce D3 d'ormous était comme un caillou dans sa chaussure qui dont il n'arrivait pas à se défaire et dont il a cherché à se retirer le plus vite possible.

Et et comme on le voit bien déjà dire on rouvre le des trormous très bien mais il y a des mines qui ont été lâchées donc il va falloir les enlever ce qui fait que ça va forcément prendre du temps coûter de l'argent qui va payer. Il précise bien dans son message que les navires circuleront sans péage mais on peut faire payer les navires des choses qu'on appelle pas péag mais qui reviennent au même. Donc la question c'est si cet accord entre en vigueur, est-ce que mettons dans un mois les navires circuleront exactement comme avant notamment en terme de coût ou est-ce que ils devront prendre d'autres itinéraires, faire des escales techniques payantes dans des infrastructures iraniennes ou je ne sais quoi ?

Bon, le diable est dans les détails et en l'occurrence, on peut s'attendre au pire parce que Donald Trump n'est pas vraiment en position de force lorsqu'il signe cet accord. Et donc sans doute que les Iraniens eux qui sont finalement en position de force sur cette question précise du D3 d'Ormous, peut-être pas sur la le rapport de force globale avec les États-Unis mais sur cette question précise du D3 d'Ormous vont fort naturellement chercher à en tirer parti et notamment tirer un parti sonnant et trébuchchant. Ils ont plus que jamais besoin d'argent, ils ont là une opportunité d'en récupérer.

Il serait naïf et un peu bête de ne pas en profiter. Loï Fet. Oui, on peut voir quand même le côté assez comique voire ironique de la chose.

Nous rappelons que c'est quand même Donald Trump euh avec Netianyaho qui a lancé la nouvelle vague d'hostilité donc à partir de février euh du 28 février 2026 et que euh la plupart en fait des experts américains en contact avec l'administration de Trump ont compris que il n'avaient absolument pas anticipé justement le que l'Iran allait bloquer le D3 d'Ormouse. Et c'est ensuite les Américains eux-mêmes et Trump l'explique dans son message qui avait qui ont ordonné une sorte de surblocus euh du D3 d'Ormous où en fait les les Américains empêchaient les navires de passer une fois que ceux-ci avait en fait euh était d'accord avec les conditions iraniennes et avait payé en fait le passage le passage iranien. C'est sûr qu'aujourd'hui Donald Trump tout seul avec la US Navy ne peut pas en fait rouvrir le D3 à lui seul.

C'est un tweet essentiellement essentiellement performatif et c'est notamment pour cela que des marines européennes notamment la France et le Royaume-Uni œuvre en fait depuis plusieurs semaines à un mécanisme de coordination qui permettrait d'escorter les navires commerciaux qui le qu'il le demandent avec une expérience qui a déjà été constatée par exemple dans les des opérations Agord et Aspidè donc déjà dans le golfe Persique et puis et puis en mer rouge. Mais comme le disait Floriant, c'est quelque chose qui va prendre énormément de temps et on peut douter en fait du fait que les armateurs et les assurances soient justement rassuré par ce simple message en fait de Trump étant donné la présence de batterie côtières iraniennes, de mines de mines iraniennes et puis du volume en fait de navires qui sont encore bloqués dans la région. Et on voit qu'il y a là aussi euh un débat euh sur les mots euh pas de taxes de l'Iran, mais alors l'Iran parle justement de faire payer des frais de service.

Euh et Loï FA, à quoi ça correspond des frais de services et quelle est la différence ? Parce que justement Emmanuel Macron est intervenu là-dessus aujourd'hui euh lors du G7 qui se tient en ce moment à Évian où il a dit voilà, ils sont en train de jouer sur les mots, il ne faut pas faire payer, il faut ouvrir le D3. Tout à fait.

Alors, on peut faire là une comparaison le canal de Suèze, même si évidemment les le l'aspect en droit international maritime est pas le même étant donné que le canal de Suèse est propriété de l'État égyptien, mais par exemple, il n'est pas possible de passer le canal de Suè sans présence de navigateurs égyptiens à bord du bateau. Donc, un service qui est facturé évidemment au navire. On peut imaginer peut-être un système similaire pour le D3 d'Ormouse.

On peut imaginer aussi une escorte iranienne payante pour des raisons environnementales par exemple. C'est une piste qui avait été évoquée par plusieurs experts à la fois à la fois iraniens et américains ou tout simplement une présence sécuritaire en fait parce qu'on imagine peut-être que la marine iranienne sait où sont placées les fameuses mines qui sont là ou qui ne sont pas là. Euh c'est toujours pas c'est toujours pas extrêmement clair, mais je pense qu'on peut malheureusement faire confiance aux Iraniens pour être extrêmement créatif euh en la en la matière et essayer effectivement de de tirer une manne financière en fait d'un des trois qu'il contrôle euh entièrement euh grâce en fait effectivement à l'impréparation américaine.

Alors le régime iranien a insisté pour que cet accord l'accord futur de paix définitive soit sécurisé par le conseil sécurité de l'ONU. C'est-à-dire que sera le régime souhaite s'en ramener au droit et à la communauté internationale. Est-ce que ce serait légal du point de vue du de du droit et de l'histoire des des relations internationales de créer des taxes comme ça sur sur un un D3, pardonnez-moi ?

Florient Louis ? Pour ce qui concerne la circulation dans les espaces maritimes, il y a la fameuse conférence de Montégobé qui régule tout ça et qui ne prévoit pas dans un des trit du type de celui d'Ormous la possibilité pour l'un des pays riverins d'imposer un péage. La circulation tant qu'elle n'est pas évidemment hostile et doit être libre et donc ce serait illégal du point de vue du droit international.

Maintenant le ce serait pas les premiers à ne pas respecter le droit international. Après, je pense que il y a aussi bon des questions de temporalité, mais il ne faudrait pas non plus qu'il tue la poule aux si je veux dire, parce que évidemment les armateurs et les autres, enfin les les compagnies euh et les pays producteurs, ils vont quand même ils ont quand même déjà commencé à se dire qu'il faut développer des alternatives et je pense que même s'il y a un accord de paix là, ils vont continuer très très vite à chercher à développer des alternatives notamment via des oléoduc et des gazoduc pour pouvoir évacuer les hydrocarbures et et différentes productions de du golfe persic autrement que par le D3 d'Ormouse. Donc si l'Iran joue trop avec le feu, certes, peut-être dans un premier temps, il pourra raquetter finalement les les navires qui passent là parce qu'ils n'auront pas d'autres alternatives, mais il va accélérer la mise en place d'alternative parce que il faudra forcément en trouver et et plus passer le D3 d'ormous coûtera cher à la fois financièrement et même au sens, on va dire métaphorique du terme, plus ça va inciter à mettre les moyens, à mettre le paquet si j'ose dire pour trouver des alternatives.

Il y en a déjà qui existent, elles sont sous-dimensionnées, mais ça peut aller relativement vite. Enfin quel en une décennie, on peut quand même si on y met les moyens développer sans doute pas tout mais des infrastructures en terme d'oléoduc notamment qui permettrai de se désengager de cette dépendance au D3 d'Ormouse. On a vu hein Florient Louis que dans les réactions internationales que ce soit les réactions chinoises australiennes que c'est encore le D3 d'Ormous continue de concentrer comme si c'était à la fois la principale conséquence de ce conflit et en même temps le principal élément de cet accord de paix ce qui est un peu un serpent qui se mort la queue.

Est-ce qu'on peut espérer que cet accord et la réouverture d'Ormous puisse stabiliser l'économie mondiale, stabiliser les prix du pétrole ? Sans doute, en tout cas à court terme. Mais le problème justement c'est que on en vient à comme disait Loïse à célébrer enfin à se réjouir et de fait on a raison de ça mais ça c'est un problème qui n'existait pas avant que Trump le crée.

Et le problème qui existait et qui existe toujours, c'est notamment le programme balistique, le programme nucléaire iranien. Ça c'est quand même le plus lourd problème pour la région et pour le monde. Et sur ça a priori, on aura aucune avancée vraiment concrète dans cet accord.

Donc finalement que de temps perdu et et que de diversion qui nous écartent du vrai sujet. Alors justement, venons-y au vrai sujet. Loï Faillet, quels sont les points que l'on connaît aujourd'hui de cet accord en dehors donc de ce des trois d'ormous ?

Alors aujourd'hui, il y a pas de version publique de cet accord. vous l'avez rappelé dans le lancement dans le lancement de l'émission mais ce qu'on sait effectivement c'est sur des points en fait qui sont considérés comme on va dire bloquant et chaud pour la région voir l'ordre l'ordre international donc il n'y a rien pour l'instant sur le nucléaire et rien sur le balistique mais comme je disais cela ouvre en fait un temps de 60 jours pour des négociations sur le programme nucléaire et balistique iranien 60 jours c'est extrêmement court. On se rappelle que il avait fallu 9 ans entre donc 2006 donc date d'ouverture en fait des négociations sur le nucléaire iranien et 2015 la fameux accord de Vienne donc le le GISPOE avec un accord intérimaire entre les deux donc en 2000 en 2013 donc GCPOE dont Donald Trump était sorti en 2018 et qui a été l'un des premiers dominaux en fait jetés qui à mon avis a conduit jusqu'à la crise euh que l'on connaît aujourd'hui et qui a débuté en réalité en juin euh 2025. 5 avec les premières frappes israéliennes sur le territoire iranien avec la justification claire de limiter voir de détruire partiellement le programme nucléaire iranien.

Donc en 60 jours en réalité il y a pas beaucoup d'espoir d'arriver à un accord aussi complet que l'était le GPOA. D'abord parce que l'administration Trump 2 ne connaît rien au nucléaire iranien et ils n'ont pas d'experts en fait dans leur dans leur délégation et que surtout en fait on est dans une situation extrêmement différente par rapport à 2015. Euh l'Iran n'a plus aucune confiance envers les États-Unis, ni même en la communauté internationale, à part peut-être envers la Russie et vers la Chine.

Et rappelons justement que le disp avait été signé par six États plus l'Iran, donc les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Aujourd'hui, dans le contexte actuel de la guerre en Ukraine qui se poursuit des tensions géopolitiques entre la Russie, la Chine et les États-Unis, il est très improbable de revoir une si belle photo de famille avec six États plus l'Iran qui avait réussi à trouver effectivement une solution certes temporaire mais efficace au au nucléairs. Avant cela, je tiens à le préciser.

Euh c'est pendant les négociations entre les États-Unis et l'Iran sur le nucléaire iranien qui a été déclenché le conflit en février et le 8 avril lorsque Donald Trump avait annoncé un cessé le feu de 2 semaines une rouverture complète et sûre et immédiate du D3 Dormous, les négociations finalement n'avaient pas pu aboutir et on connaît la suite des événements. Quels avaient été Floriant Louis les arguments de Donald Trump en 2018 pour sortir du nucléaire iranien et est-ce que aujourd'hui il est en train de tendre vers une un petit 2015 s'il fallait le l'appeler l'appeler ainsi ? Donc la sortie, un des accords qui avait été conclus pour euh encadrer et résorber la crise nucléaire avec l'Iran, Donald Trump, lui, dans son discours officiel expliquait que ses accords, loin de ralentir l'Iran, au contraire, lui pavaient la voix parce que les inspections n'étaient pas assez crédibles et parce que les les la pression n'était pas assez maintenue sur ce pays.

Dans les faits, tout le monde a bien compris et lui-même l'a plus ou moins dit à demi mots que ce qui le gênait principalement dans cet accord, c'est que c'était pas lui qui l'avait fait et qui plusait. En plus, c'était Barack Obama. Donc c'était une double raison pour laquelle cet accord était mauvais.

De fait, si j'ai envie de dire que au début, il y a il y a quelques semaines, quelques mois, dans les experts, on disait finalement tout ça pour ça, on va en revenir au GCPOE, à cet accord de 2015. Mais en fait là, on va le chemin qu'on prend, c'est qu'on va être à bien pire que ça. Donc c'est c'est encore plus grave, si j'ose dire, parce que à l'heure actuelle finalement, on pourrait presque se réjouir si on en arrivait à revenir à l'accord qu'on avait conclu en 2015 qui était bien sûr imparfait mais qui était bien meilleur que ce qui semble se profiler aujourd'hui.

Donc du point de vue des États-Udit quoi ? C'est un moratoire sur l'enrichissement d'uranium. C'est pas quelle destination par exemple des fameux 440 kg d'uranium enrichi à 60 % que sont ensevel sous les bombes comme ce qui est différent enfin ce qui me semble le plus important et c'est ce qu' a très bien dit Éloïe à l'instant c'est pas tant qu'est-ce qu'il va y avoir dans le texte même si ce sera important que la confiance qu'il y aura entre les principes entre les signataires du texte parce que un accord surtout sur des questions comme nucléaires ça suppose des contrôles et qui peuvent sont pas forcément infaillibles et donc ça suppose surtout de la confiance ça suppose qu'on les signe avec un minimum de sincérité bien sûr il y a toujours des arrières-pensées.

Mais là, le problème c'est que la confiance pour les raisons qu'on a expliqué étant à zéro, même si on a un très beau texte entre guillemets sur le papier, il y aura beaucoup de gens qui seront sceptiques à juste titre quant au fait que cet accord sera réellement appliqué. On a l'impression que Eloï Fille, il y a énormément de points économiques dans cet accord, des mesures économiques qui concernent avant tout le désenclavement de l'Iran. Pouvez-vous nous rappeler quelles sont-elles ?

Est-ce que l'Iran est arrivé avec cet avantage de pouvoir exiger du point de vue des États-Unis qu'il desserrent les taux économiques qu'il tenait autour d'eux ? Alors, c'est vrai que en fait l'ouverture du enfin la réouverture du marché iranien au monde occidental qu'il avait pu connaître justement entre 2015 et 2018 euh grâce aux GCPO, euh c'est l'un des points principaux portés euh par le gouvernement iranien euh ne serait-ce que pour éviter en fait la situation que l'Iran a connu euh donc en en décembre-janvier euh donc 2025-2026. On se souvient des très importantes manifestations qui étaient notamment motivées en fait par la crise économique extrêmement profonde que connaît l'Iran depuis depuis plusieurs années.

En plus évidemment d'une répression euh d'une répression sanguinaire euh par le par le régime. L'Iran a quand même réussi, il faut le se rappeler, à trouver un petit peu des voies détournées, hein, de déjà pour continuer à exporter à exporter son pétrole également pour continuer à commercer par exemple avec la Russie et avec la Chine. Mais c'est certain que oui, il cherche en fait à avoir un nouveau accès à un marché beaucoup plus à beaucoup plus large et puis surtout à la levée des sanctions.

Alors, on ne sait pas de spécifiquement de quelle sanction il s'agit. Est-ce que ce sont les sanctions qui ont été réimposées justement par Donald Trump en 2018 ? Est-ce que ce sont aussi les sanctions de l'ONU qui ont été spécifiquement liées au nucléaire iranien qui ont été réimposés à l'automne 2025 lorsque la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne activé un mécanisme spécifique qui s'appelle le le snapback.

Donc ça fait pas partie d'une sorte de package assez large de de sanctions. Mais euh paradoxalement en fait cette idée de négociation contre lever des sanctions notamment à des fins humanitaires parce qu'en fait vous pouvez lever les sanctions dans des domaines extrêmement spécifiques par exemple pour que les hôpitaux iraniens puissent refonctionner ce genre de choses. Ça avait déjà été proposé par l'administration Biden.

À l'époque, les Républicains évidemment avaient complètement critiqué cette idée en disant que ça n'allait que permettre de maintenir le régime en place. Bon ben maintenant, c'est Trump qui le propose et bizarrement les Républicains sont tout à fait d'accord avec ce que Trump propose. Donc on revient effectivement à cette idée que en fait là Trump, il va proposer quelque chose qui est bien moins bon que le GPOE parce qu'il n'a pas la compétence technique pour le faire aussi parce que le programme nucléaire iranien est malheureusement beaucoup plus avancé aujourd'hui en 2026 qu'en 2015 parce qu'ils ont eu à peu près et bien 6 ans non 8 ans entre 2018 et 2026 pour voilà le retrait américain est maintenant pour continuer l'enrichissement pour construire des des sites d'enrichissement de production encore plus secret qu'auparavant.

Il n'y a pas eu d'inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique depuis juin 2025 et donc en fait effectivement il va probablement se glorifier d'avoir trouvé un accord mais qui ne sera qu'un accord de papier. Mais c'est assez impressionnant lorsqu'on lit cette liste d'accords. Je précise qu'elle a été publiée et mise en ordre par le Grand Continent.

Donc vous faites partie de la rédaction Florient Louis. mise en place d'un programme de reconstruction et développement de l'Iran de 300 milliards de dollars. Les États-Unis débloqueraient 25 milliards de dollars de fonds iraniens gelés dans les jours à venir.

Est-ce que ce n'est pas pour l'Iran aussi un moyen de se réarmer pour un éventuel pour une éventuelle reprise du conflit ? Ça pourrait mais je pense que ce sera surtout un moyen pour le régime de se réarmer. C'estd qu'on a un régime qui à genoux, le régime iranien et qui est un régime d'ailleurs assez différent de celui qu'on avait avant la guerre puisque les têtes ont changé.

C'est un régime qui est moins pour le dire vite cl issu de du clerger que désormais vraiment des gardiens de la révolution. Donc c'est un régime qui va nous qui va nous falloir apprendre à connaître. On décrypte et on le comprend encore assez mal.

Les autorités américaines les décrivent comme des pragmatiques vis-à-vis de de des précédents tenants du régime. Alors on verra. En tout cas, ce qui cet argent, ils vont surtout en avoir besoin pour reconstruire l'appareil d'État pour calmer autant que faire ce peu peut la population qui est dans un grand besoin et qui donc on l'a vu en janvier et ça reviendra forcément manifeste des revendications légitimes.

Donc voilà, je pense que cet argent ils en ont effectivement ils ont mis des questions financières les Iraniens au cœur de ces négociations parce qu'ils ont besoin d'argent mais ils ont bien sûr besoin d'argent pour assurer leur dissuasion mais d'abord pour assurer leur protection et peut-être leur dissuasion vis-à-vis de leur propre population. Il y a un un la question essentielle celle du récit politique qui va être de ça. On voit que Trump est en train de se glorifier comme ayant été le grand architecte de cet accord.

On voit que du côté iranien, il l'agence d'État Farce présente cet accord comme une victoire. Est-ce que on peut parler d'un point de vue objectif d'une déroute d'une défaite stratégique des États-Unis ? Eloï Fayer ?

Alors, c'est compliqué de de parler de défaites quand les objectifs américains n'avaient jamais été extrêmement clairs euh par rapport en fait aux à l'offensive menée euh à partir de fin de fin février 2026. Il y a eu un objectif temporaire, on va dire, de changement de régime qui lui a très clairement échoué et on le sait, les bombardements aériens seuls sans action au sol ne suffisent pas à provoquer un changement de régime. Donc ça pas été très surprenant en fait que ce changement n'aboutisse pas, même si là aussi en fait le récit américain a bien été celui d'un changement de régime étant donné que les têtes ont changé.

Sauf que comme on l'a dit, c'est des têtes qui sont probablement pire que celles qui étaient présentes avant. Et en plus, ce sont des personnes avec lesquelles on a moins l'habitude en fait d'échanger euh en en en Occident. Sur le fait de réduire la menace iranienne, la menace militaire, c'est un objectif qui a été partiellement atteint.

Euh mais on voit encore en fait l'Iran qui est capable de faire en fait des frappes sur des bases aériennes des bases américaines au Moyen-Orient. Pareil réseau en fait de proxy de milice au Moyen-Orient continue à être assez assez puissant qui ne serait pas inclus dans cet accord par ailleurs. C'est impossible à inclure en fait dans cet accord.

Vous pouvez pas contraindre en fait un état sur le plan du droit international de l'empêcher en fait de financer des groupes dans dans la région. Vous pouvez le contraindre sur son programme nucléaire notamment vis-à-vis du traité de non prolifération. Vous pouvez éventuellement le contraindre sur son programme balistique sur l'empêcher effectivement de financer des groupes.

C'est quand même beaucoup plus complexe. C'est impossible à surveiller à tracer. Donc ça c'est quelque chose qui peut très très difficilement euh être inclus euh être inclus dans dans un accord.

Mais euh c'est certain que voilà, vu que Trump est à l'origine euh de cette de cette guerre, c'est logique, il en revendique en fait une sorte de victoire partielle du côté iranien. Là aussi, c'est une victoire stratégique. Enfin, en tout cas dans le en tout cas dans le récit, vu que maintenant bah ils ont le contrôle en fait du D3 du T3 d'Ormose, ils ont réussi à résister, je reprends là évidemment le vocabulaire iranien à la fois aux États-Unis et Israël et en fait à mon sens le perdant de l'histoire effectivement alors que c'était eux à l'origine à la fois de l'opération de de juin 2025 et de mars 2026 et ben c'est c'est Israël qui n'est pas du tout satisfait hein de de l'accord et qui à mon sens un peu malheureusement l'électron libre dans la région avec Il a aussi un Ubris extrêmement extrêmement puissant qui je pense le peut le pousser à prendre des décisions inconsidéré voire escalatoire et ça on le voit depuis octobre 2023.

Et Kazem Carry Babadi le le vice ministre des affaires étrangères iraniens a mis en avant à la télévision d'État iranienne la fin immédiate et définitive de la guerre y compris au Liban. C'est là que vous vous soulignez l'aspect israélien de l'affaire. Depuis un drone israélien a fait un mort au Liban Sud.

Mais on voit bien que cette question de l'inclusion du Liban dans les négociation était un point essentiel pour le régime iranien. Florient Louis, c'est un point essentiel pour le régime iranien. Mais de même, même si c'est pas la même logique, que l'Iran ne peut pas s'engager pour les actes du Esbola ou des outils, de même les États-Unis peuvent toujours prendre des engagement au nom du gouvernement israélien.

Mais le gouvernement israélien est libre de ses actions. Certes, les États-Unis ont des moyens de faire pression sur lui, mais si les Israéliens estiment qu'il y a une menace existentielle pour leur existence et pour leur état incarné par l'Iran, ils n'hésiteront évidemment pas à agir de la manière qu'ils estimeront nécessaire avec la Val des États-Unis si possible sans si ce n'est pas possible. Et de ce point de vue-là, effectivement la la position israélienne va être ce qui va être très intéressant à observer dans les mois à venir.

Jeancerai un petit peu d'ailleurs ce que disait Louis, c'est-à-dire que je sais plus si va employer exactement le mot de défaite pour Israël mais en fait effectivement ça se termine pas très bien cette séquence pour Israël. Maintenant pour Israël là encore, il faut remettre dans le temps plus ou moins long. La séquence elle commence en fait avec les attaques du 7 octobre 2023.

Et si on compare à la situation d'Israël le 6 octobre 2023 à celle d'aujourd'hui quand même, ils ont très sérieusement affaibli le Hamas, le Esbola. Ils ont fait s'effondrer le régime de Bachar Elassad. J'en oublie quelques-uns tellement il s'est passé des choses en 2 ans.

Donc certes, la situation n'est pas optimale mais ils sont quand même aujourd'hui plus forts, plus dissuasifs, je pense à l'égard de leurs adversaires régionaux qu'il ne l'était avant le 7 octobre 2023. Donc la partie est loin d'être gagnée pour eux. C'est précisément le problème, c'est que ça va repousser si on reprend les métaphores qu'ils affectionnent dans les milieux stratégiques israéliens d'aller tondre la pelouse, tondre le gazon, c'est-à-dire de faire des opérations comme ça régulières dans le voisinage pour éliminer les différentes menaces.

Aujourd'hui, malgré tout, ils ont quand même bien dégagé le terrain. Ils ont certes pas réussi, ils ont été au bord finalement de faire tomber la pièce maîtresse de cet axe de la résistance qui s'opposait à eux. Ils n'y sont pas parvenus.

C'est évidemment pour eux un vrai problème. D'autant plus qu'effectivement si les États-Unis veulent à tout prix avoir la paix, alors ils vont les dissuader de de continuer la pression au risque de voir l'Iran redresser précisément la tête. On a déjà des réactions en Israël vis-à-vis de cet accord.

Florient Louis. Oui. J'ai lu qu'un certain nombre de responsables, y compris, ont dit précisément que eux ne se sentaient pas engagés par cela et qu'ils n'hésiteraient pas à continuer à frapper là où ils estimaient être nécessaire de le faire.

Bon, il faut dire aussi que il va y avoir des élections aux États-Unis et en Israël et que des deux côtés ça peut changer beaucoup de choses parce que autant que la relation israélo-américaine, ce qui est en jeu là, c'est la relation Nethania Trumpienne, si j'ose dire. Il suffit que l'un des deux pions disparaisse de l'échiquier ou que l'un ou les deux se retrouvent affaiblis par les échéances électorales à l'avenir et sans doute que pas mal de choses pourraient changer. Est-ce que de l'autre côté le Esbola va euh on peut imaginer que le Esbola va jouer le jeu ? plutôt dans son intérêt, n'est-ce pas Louis Faet ?

Oui. Alors après, on voit quand même une une reconstruction effectivement du vestbola depuis quelques quelques mois avec notamment en fait la présence avérée, le retour en fait avéré de conseillers militaires iraniens qui étaiit plus qui avait plutôt disparu en fait après le après le 7 octobre. On a eu une période effectivement d'affaiblissement extrêmement fort du Vbola avec évidemment les frappes ciblées notamment contre son contre son son secrétaire général donc par par Israël et donc une personne une un passage un peu avide euh du Hzbola entre on va dire 2020 2024 2025 une tentative en fait de reprise du contrôle effectivement des zones dirigées par le Hbola par le gouvernement libanais.

Un gouvernement libanais toujours un peu à bout de souffle he porté par la communauté internationale notamment portée par la France. On sait que la France a énormément d'initiatives diplomatiques justement et de relations avec le avec le Liban. Et là, oui, en fait, c'est un peu un un jeu un jeu dangereux peut jouer le Hbola.

Donc soit effectivement, il décide un peu de se ranger pendant une un certain nombre de mois en disant voilà, on a atteint nos objectifs en fait, on est on est content des dommages qu'on a pu exercer envers envers euh la population israélienne du nord en fait enfin tout le monde n'est pas encore complètement revenu revenu chez eux. Ou alors il considèrent en fait au coup contraire vu qu'Israël continuera peut-être à les taper sans que eux ne soient l'initiative de l'attaque, il se garde en fait le droit de le droit de riposter. Mais il y a à mon sens une autre échéance qui arrive à la fin de l'année quand on parle du Liban, c'est l'expiration du mandat de la finule.

Donc c'est la la mission de l'ONU justement au Liban. Le mandat fait a fait l'objet énormément de débat et de critique par Israël et par le et par les États-Unis. C'était l'une des moyens d'action justement de l'ONU notamment de la France. euh pour surveiller en fait les activités à la fois du Hzbola et à la fois d'Israël avec des militaires français qui ont payé le prix hein récemment d'être d'être déployé sur le terrain et là aussi en fait elle expire le 31 décembre 2026 et donc en 2027 il va y avoir cette ce vide en fait potentiellement laissé par la finule avec toute une présence internationale à repenser au sud de Liban.

Je précise que le Liban n'a pas été informé des négociations ni de l'accord entre les États-Unis et l'Iran. Eloï Fayet, est-ce que selon vous Israël peut se passer des États-Unis, pourrait agir sans le soutien américain dans la région aujourd'hui ? Ça dépend pour quoi faire.

Pour en fait effectuer une nouvelle opération de très grande envergure contre l'Iran comme celle de juin 2025 ou celle encore plus massive de mars 2026, ça semble très compliqué. Ils ont quand même besoin d'un soutien militaire américain en terme de renseignement, en terme de ravitailleurs, en terme de munition, d'intercepteur aussi hein pour protéger en fait le territoire les territoires israéliens, pour protéger aussi les pays du golf qui n'ont quand même pas très bien vécu le fait d'être ciblé par les Iraniens pour une guerre en fait qui a été lancée par les États-Unis et par Israël. Et donc c'est pour ça en fait que je parlais en fait quand même de défaites partielles israéliennes.

Alors certes, ils ont pu imposer en fait un peu leur loi euh au pays de la région mais en fait au prix d'une dégradation quand même nette euh des relations, notamment par exemple avec les Émirats arabes unis alors avec lesquels ils avaient quand même signé les accords d'Abraham en 2000 en 2020 et puis surtout en fait une dégradation des relations avec les États-Unis. Euh là, le mouvement Maga en fait, ils sont il y a quand même un très fort courant anti-isélien euh voire aussi enfin très mixé en fait d'anti d'antisémitisme euh qui vise en fait je pense à reconsidérer les relations américano-israéliennes en considérant que les États-Unis, les militaires américains, l'industrie défense américaine n'a pas en fait à payer le prix des aventures politico-stratégiques de Netaniau. Florient Louis.

Oui. Donc effectivement, il il y a cette remise en question de ce qui semblait une alliance indéfectible entre les États-Unis et Israël qui s'inscrit, à vrai dire, dans une remise en question plus générale au sein d'une partie de l'établissement et de la base politique aux États-Unis, des engagements des États-Unis vis-à-vis du reste du monde. Ça vaut aussi pour nous européens.

Donc ça impose à tout le monde, à nous européens comme à eux israéliens de repenser leur stratégie. Et finalement, là encore, on est sur du temps plus long, mais c'est un petit peu l'équivalent de ce que je disais pour le D3 d'ormouse. Si j'étais les Israéliens et je pense qu'ils m'ont pas attendu pour y penser, je me dirais qu'il est maintenant très important que je sois capable de produire moi-même avec ma propre industrie de défense un certain nombre d'armements, de munitions et cetera pour lesquels ils sont actuellement dépendants des États-Unis.

Parce que Mais aujourd'hui, vous pensez qu'Israël peut s'autonomiser du sans doute pas. Bon est une meilleure spécialiste que moi des armements et je pense que ça prend beaucoup de temps et que c'est sans doute pas possible sur tous les types d'armement mais je pense en tout cas qui comme nous européens quand on parle d'autonomie stratégique je sais pas si c'est le cas en Israël mais il devrai en tout cas songer eux aussi à développer leur autonomie stratégique parce que comme nous pour des raisons totalement différentes bien sûr mais il voit bien que ce qui pouvait paraître comme un allié et un protecteur indéfectible ne l'est plus. Un accord qui a été trouvé entre les États-Unis et l'Iran, dont je me félicite, qui doit permettre la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris le Liban, qui doit permettre la réouverture du D3 d'Ormous et que s'engage une négociation globale permettant la restauration de la stabilité dans la région, ce qui suppose que l'Iran puisse coexister pacifiquement avec son environnement régional et que soit encadré son programme nucléaire, son programme de missile, que soit mis fin à son soutien à des groupes terroristes.

Ce qui se propose également que le peuple iranien qui a tant souffert de la répression et de la guerre puisse construire librement son avenir. Il faut y croire, il faut il faut tout faire pour le mettre en œuvre. Et donc cet accord est une bonne chose parce que c'est ce que nous appelons de nos vœux depuis des semaines.

Nous nous allons tout faire d'abord pour que cet accord soit une réalité et donc pour que Hormous puisse se rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre. Nous, notre priorité c'est qu'il y a un accord solide et sérieux qui soit finalisé. Voilà, la voix du président d'Emmanuel Macron est juste avant lui celle de Jean-Noël Barre, ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Tous deux se trouvent à éviant où se tient le G7. Euh est-ce que ce cet accord, ce moment de faiblesse en tout cas passager des Américains sur dans cette négociation peut être utilisé par les anciens, par les partenaires disons historiques des États-Unis un peu en en désaccord, en conflit avec les États-Unis ? ces derniers mois sur les questions de l'OTAN, sur les questions de l'aide sur le conflit iranien, sur les questions du multilatéralisme.

Est-ce que on peut voir là ce G7 qui arrive à ce moment précis comme une occasion pour les partenaires américains de reprendre un petit peu l'ascendant dans dans les rapports entre les États-Unis et ses et ses partenaires ? Florian Louis, c'est leur espoir. Je pense qu' cet espoir risque d'être assez vite douché par le fantasque Donald Trump, on va le voir.

Mais là, dans les deux sons qu'on vient d'écouter, c'était assez cruel finalement. Et c'est pas de la faute de ces personnes, c'est la faute de ce qui se passe. Mais c'est assez cruel quoi, parce qu'en fait, ils sont ils en sont réduit à être des commentateurs, à être des spectateurs de ce qui se passe, à commenter un accord dont on ne connaît même pas vraiment les contours.

Là où comme c'était rappelé tout à l'heure, la France, elle était autour de la table lors du précédent accord qui avait été négocié avec les Iraniens. Elle a posé sa signature sur cet accord. Aujourd'hui, la France et pas qu'elle et bien en est réduit à commenter, à espérer, à proposer son aide.

C'est évidemment quelque chose qui dit beaucoup de l'évolution de notre monde vers de moins en moins de multilatéralisme, de plus en plus de rapport de force, de bilatéralisme et et les difficultés que ça pose à des puissances moyennes comme nous le sommes aujourd'hui à à évoluer dans ce nouvel environnement stratégique. Et Fayet ? Oui.

Après moi ça me surprend pas qu'effectivement c'est à nouveau c'est un conflit en tout cas pour la partie de juin à mars 2026 qui a été lancé en fait par les États-Unis et Israël. Donc je trouve pas ça choquant en fait que la France n'a effectivement pas sa signature sur le papier et justement je trouve que la France a proposé en fait des initiatives notamment pour escorter des navires dans les trois d'Ormous en partenariat avec les Britanniques où là on a une véritable expertise qui a été développée depuis plusieurs années en fait dans dans la région et donc effectivement la la question c'est à quel point on on peut lutter contre se faire imposer en fait des déstabilisations stratégiques majeures par les États-Unis ou par encore leur leurs alliés dans la région comme comme Israël. Mais je pense que pour le coup, la France a réussi à trouver en fait un peu des niches diplomatiques et stratégiques.

Donc voilà, le soutien au Liban, la présence enfin l'escorte dans le D3 d'Ormo dont elle peut tirer je pense des bonnes des bonnes conséquences au lieu en fait d'avoir soutenu et je trouve que c'est une très bonne chose de ne pas avoir soutenu effectivement dès le début les États-Unis dans cet aventurisme militaire qui n'a quand même fait que dégrader la situation région. Lis Fillet cette ces escortes dans le TR d'ormous dont on parle beaucoup serait contraire à l'intention iranienne de conserver le contrôle des circulations sur le D3 et de faire payer des services ? Est-ce que on peut craindre un risque de déplacement là du conflit ?

Non, je pense que ça peut se négocier pour le coup. Avant en fait le cette MOU il y a quelques semaines, il y avait effectivement des pistes en fait d'échange direct entre la France et l'Iran, par exemple pour autoriser la mise en place de cette de de ces escortes là. Donc je pense que ça se négocie afin que justement qu'il y ait pas de dimension de dimension escalatoire et que la France avec d'autres pays parvienne à faire respecter le droit international maritime et là rouvre d'une façon un petit peu plus pacifique euh le des trois d'ormous.

Florient Louis juste pour conclure, est-ce que vous voulez bien nous rappeler euh les échéances à venir ? D'abord une signature vendredi et puis ben théoriquement donc une signature ce weekend et ensuite 60 jours pour se mettre d'accord. Sachant que dans 60 jours, on sera plus très loin des élections midtermes aux États-Unis.

Donc même si on s'est pas mis d'accord, je vois mal Donald Trump allait s'engager dans une nouvelle guerre forcément a priori impopulaire et qui mettrait en avant précisément l'échec de son prétendu succès. Donc ça donne là encore beaucoup de cartes en main aux Ianiens pour jouer la montre et il y a fort à parier que dans 60 jours, on se retrouvera et qu'on aura pas vraiment conclu un accord définitif sur la question. Bon écoutez, merci merci beaucoup à tous les deux pour vos lumières.

Florian Louis, je rappelle que vous êtes historien, spécialiste des relations internationales, membre de la rédaction du grand continent. Éloïse Fayer, chercheuse Alifri, spécialiste des questions nucléaires et de la politique étrangère de l'Iran. Merci également à l'équipe de questions du soir.

Première partie, Mathias Mégi, Dianne de Vancet, Juliette Moi, Antoine Eral et le stagiaire de la semaine com Créw. Quant à nous rester à l'écoute, on se retrouve dans quelques minutes seulement après le point info pour la deuxème partie de cette émission. Nous parlerons 6 mois après la capture de Nicolas Maduro des recompositions politiques au Venezuela.