Pouvoir d’achat : le boulet de Macron -Les questions SMS #cdanslair 17.02.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13RelanceÉludée
Vous voulez toujours des réformes, mais qu'elles ne vous impactent pas ?
- 0:40OuverteRéponse partielle
Le cursus de 1200 euros était-il le bon ?
- 1:59ComplaisanteRéponse directe
Puis-je ajouter quelque chose qui sera très impopulaire ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Le pouvoir d'achat des classes moyennes augmente-t-il ?
- 4:42OuverteRéponse directe
La baisse des cotisations est-elle une tromperie pour les travailleurs ?
- 6:31OuverteRéponse directe
Peut-on concilier restrictions budgétaires et hausse du pouvoir d'achat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06InvitéFait
« Des retraités ont vu leur pouvoir d'achat diminuer à cause de la CSG. »
- 2:04InvitéFait
« L'inflation est incroyablement basse dans notre pays. »
- 7:20PrésentateurChiffre
« 20% des jeunes au chômage. »
Temps de parole
- Présentateur31 %
- Invité21 %
- Invité 220 %
- Invité 316 %
- Invité 411 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Allez, on va reparler des retraités. Des retraités ont vu leur pouvoir d'achat diminuer à cause de la CSG. Ont-ils été trompés ? Fanny Quinochet.
Un certain nombre, c'est toujours pareil, vous voulez toujours qu'il y ait des réformes qui soient faites, mais qu'elles ne vous impactent pas. Un certain nombre de retraités disaient au moment de l'élection présidentielle « On a envie que ce pays change, on a bien conscience que pour nos petits-enfants, il faut faire des réformes, ça ne peut plus durer ». Et puis, quand six mois après, vous vous rendez compte que ça vous impacte, effectivement, il y a une déception. Et c'est vrai que sur la politique du gouvernement, le cursus qui a été mis, 1200 euros, est-ce que c'était le bon cursus ? Ça, on peut en débattre, enfin le bon curseur plutôt.
Est-ce que vous vivez quand même difficilement avec 1200 euros par mois et c'est un curseur qui peut-être aurait pu être relevé ?
Je suis enseignante et mon salaire a baissé en janvier. Et pourquoi ? Les enseignantes, normalement… C'était les enseignantes dans le privé et pas dans le public, mais normalement, ça n'aurait pas du dit. Si c'est dans le public, ça ne doit pas avoir lieu. À quand un grenelle du pouvoir d'achat et de la consommation, mes factures, transports, énergie, frais bancaires ne cessent de grimper ?
C'est la difficulté de l'augmentation des prix. En plus, on n'en a pas parlé, mais il y a une loi alimentation qui va se mettre en place. Et là, pour le coup, vous avez le gouvernement qui veut éviter, on l'a vu avec l'affaire du Nutella, qui veut éviter que les producteurs, en tout cas qu'un certain nombre d'acteurs de la filière, perdent de l'argent en face des ventes à perte. Et regardez, Michel-Édouard Leclerc dit, attention, à côté, il va y avoir des hausses de prix des biens de consommation alimentaire. Et à côté de ces hausses de prix, c'était du pipi de chat, si je puis me permettre de reprendre une expression qu'utilise Emmanuel Macron.
La hausse des APL, c'était du pipi de chat à côté. Vous allez voir, ça va faire mal au panier de la ménagère.
Puis-je ajouter quelque chose qui sera très unpopulaire auprès de nos téléspectateurs ? Mais j'ai bien peur néanmoins d'avoir raison. L'inflation est incroyablement basse dans notre pays. Donc les problèmes de pouvoir d'achat ne viennent pas des prix. Ils viennent des salaires. Oui, mais regardez la question suivante, qui rebondit sur ce qu'avait dit Fanny Kinochet d'ailleurs. Je vis à Paris, mon loyer représente 35% de mes revenus. Comment pourrais-je consommer et faire progresser la croissance dans ces conditions ? J'entends bien, mais les loyers, là encore, pardonnez-moi, j'ai le mauvais rôle de l'expert qui regarde les chiffres, les loyers diminuent.
Sans doute pas à Paris, j'entends bien. Mais vraiment, je crois que c'est très important qu'on fasse cette pédagogie-là. Et là, même avec mon ami Thomas Porcher, nous avons des accords, je pense qu'on sera d'accord. La clé, c'est les salaires, c'est-à-dire vraiment l'augmentation du pouvoir d'achat, c'est de quelle façon les salaires vont redémarrer. Les prix sont sages en France, même les loyers. Le pouvoir d'achat des classes moyennes augmente-t-il ? Est-ce qu'on sait ça ? Moins.
C'est-à-dire qu'on n'a pas toujours de statistiques précises, mais enfin, ce qu'on arrive à deviner en regroupant des indices, c'est que là où ça augmente le moins, voire là où ça baisse, c'est en effet plutôt pour les classes moyennes et plutôt pour les familles avec plus de deux enfants. La croissance enrichit-elle le pays et si oui, qui en profite ? Justement, la croissance, elle est très inégalitaire. Vous regardez, même sur la croissance des revenus, vous regardez des chiffres sur ces 30, 30, 40 dernières années, les 1% ont vu leur revenu qui a augmenté de 100%. Les 90 autres pourcents, ça n'a augmenté que de 25%.
Donc vous voyez, vous avez une croissance des revenus qui a profité à un petit nombre d'individus plus qu'au reste de la population. Et c'est pareil pour la création de valeur qui est créée dans les grandes entreprises. Vous regardez le 4,40, alors je sais que le 4,40, ce n'est pas toutes les sociétés, mais vous avez quand même aujourd'hui 30% des salariés qui bossent dans des entreprises de plus de 5 000 salariés, donc des grosses entreprises. Vous regardez, il y a une richesse qui est créée, très forte, mais cette richesse, 60% de ce bénéfice est capté par les actionnaires. Et ce qui revient aux salariés, c'est à peine 10% en moyenne.
Donc vous voyez, il y a clairement cette question des salaires et de comment on redistribue cette espèce de valeur qui est créée pour que les salaires augmentent et que le pouvoir d'achat augmente.
– Après, juste pour compléter, il faut quand même se méfier parce qu'en France, on a le sentiment qu'on est une société inégalitaire. On est très, très sensibles à la question de l'équité. Il n'y a pas de raison que mon voisin s'en sorte mieux que moi. Mais il faut le rappeler, au niveau macroéconomique, on est parmi les pays les plus égalitaires du monde. Les différences que Thomas Porcher vient de dénoncer, elles sont 10 fois, 20 fois, 30 fois plus fortes dans d'autres pays de l'OCDE. Vous regardez aux Etats-Unis, vous regardez au Royaume-Uni, vous regardez dans de nombreux autres pays, c'est beaucoup plus important.
– La baisse des cotisations de salaire, est-ce que c'est une énorme tromperie pour les travailleurs ? Roland Quairol, on évoquait tout à l'heure tous ceux qui étaient mécontents. Mais même ceux qui travaillent dans le privé, est-ce qu'ils n'ont pas le sentiment d'être un peu trompés ? – Oui, c'est clair qu'on est dans un moment, encore une fois, le climat est celui-là. Et le climat, en le disant au début d'émission, dès l'instant que les choses vont mieux, tout le monde a le sentiment que ça ne va pas si bien que ça. Et la pression, elle est immédiatement sur ces histoires de pouvoir d'achat.
Et moi, je me demande si le problème n'est pas aussi un problème de climat politique global et de communication gouvernement. les inégalités en France, ce n'est pas seulement les inégalités de revenus, c'est les inégalités dans l'éducation, c'est la capacité de notre système à fabriquer encore un modèle républicain qui donne une chance aux uns et aux autres. Et par rapport à ça, on a le sentiment qu'on a un pouvoir politique qui essaye de tout résoudre en même temps, en essayant de faire à la fois attention à la dette, au déficit, aux comptes publics, tout en essayant progressivement que ça aille mieux du côté des salaires, mais ça sera plus lent.
Et on a le sentiment que la variable de l'égalité, en tout cas de la lutte pour la justice sociale, n'est pas un des clignotants qu'il prend en compte. Il faut qu'on lui en parle pour que de temps en temps, il dise qu'on va s'en occuper. Et je crois qu'il manque à la communication gouvernementale une dimension de ce type. Alors je ne veux pas plaider pour une politique particulière, mais il me semble que les gens ressentent cette absence de promesses, au sens du marketing, de promesses en matière de lutte contre les inégalités. Peut-on concilier restrictions budgétaires et hausse du pouvoir d'achat ? Eh bien, c'est une équation un peu compliquée. Enfin, oui, on le peut.
Alors on en revient toujours à la même chose. Si on a une situation économique qui accélère avec des salaires qui augmentent, il y aura une amélioration du pouvoir d'achat. Mais en revanche, le fait d'être dans une période de restriction budgétaire, elle interdit de baisser fortement les impôts ou elle interdit d'augmenter fortement les revenus de transfert et les revenus sociaux. Donc il n'y a pas de possibilité rapide d'augmenter le pouvoir d'achat dans une période de restriction budgétaire. Le problème du pouvoir d'achat ne concerne-t-il pas surtout les jeunes ?
Les jeunes, c'est surtout l'accès à l'emploi. C'est surtout ça. Et là, pour le coup, on ne peut pas... Le gouvernement a vraiment ça en ligne de mire. On a vu des mesures, par exemple, sur l'apprentissage qui ont été dévoilées. C'est un des points noirs de notre économie, 20% des jeunes au chômage. La difficulté qu'ils ont à accéder à un emploi durable, que ce ne soit pas forcément une succession de CDD ou de contrats précaires. Ça, c'est la vraie difficulté. Et c'est, pour le coup, le gouvernement, là, en ligne de mire, du côté des jeunes, il va falloir prendre de vraies mesures.
Ce qui nous sauve, nous, frontaliers de l'Espagne, c'est de pouvoir faire nos courses là-bas. Comment en est-on arrivé là ? Alors là, effectivement, on traverse la frontière, on va au supermarché, on paye 20, 25% moins cher.
Oui, mais peut-être qu'on paye 25% moins cher, mais quand même, en France, la situation de l'Espagne a été difficile ces dernières années. Et je pense que les dernières années, on a mieux vécu en France qu'on a vécu en Espagne, parce qu'en Espagne, il y a eu des mesures très, très dures. Non, mais il y a eu des mesures d'austérité réelles, pour le coup.
Mais là, je pense que c'est vraiment des courses... Oui, c'est la fiscalité sur les carburants qui est moins chère, etc. Les niveaux de vie ne comptent pas les mêmes. Mais encore une fois, les prestations sociales que l'on touche en France sont bien plus élevées qu'en Espagne. Donc là, c'est quelqu'un qui va jouer ce qu'on appelle un passager clandestin en économie. Voilà. Je suis retraité depuis 19 ans en francs. Je faisais des économies en euros. Je ne jouais plus les deux bouts. Ça n'a rien à voir avec... Ce téléspectateur est sans doute beaucoup plus victime de l'augmentation de la CFG que de l'euro et du franc. Non, là, il faut arrêter avec cette histoire d'euro.
L'euro a eu un tout petit impact inflationniste sur le moment quand on est passé à l'euro. Mais depuis, on n'a pas d'inflation et c'est la fiscalité sans doute qui pénalise cette personne retraitée. Qui seront les 20% de Français qui devront s'acquitter de la taxe d'habitation ? Pour 80%, c'est fini ? C'est les plus riches, tout simplement. C'est les plus riches. Dans chaque commune, c'est comme ça que ce sera calculé. Elle va être supprimée pour tout le monde. Voilà ce que j'ai dit. Là, à la fin du...
À la fin, ça va être les plus riches. Mais au final, normalement, la suppression, elle est pour tout le monde.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission en direct. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Dans un instant, Ali Badou pour Célèbdo. Ce soir, la redif, 23h55. Demain, ne manquez pas, c'est politique. 18h30 avec Karim Rissouli qui recevra notamment le sociologue Jean Viard. Lundi, retour de Caroline Roux. Très bonne soirée sur France 5.