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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 27 janvier 2026 45 min

Interdire les réseaux aux - de 15 ans : un combat perdu d'avance ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir. Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue, c'est sens public, débat, chronique, reportage et expertise de nos invités.

C'est ce que l'on vous propose tous les jours à 18h et 22h pour donner du sens à l'actualité et aux mutations de notre société. Et justement, notre premier thème concerne l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Les députés l'ont voté cette [musique] nuit. trend avec les réseaux sociaux et ça m'a empêché d'être attentive à l'école.

Tu sais, c'était nuit et jour sur les réseaux même encore maintenant hein, j'ai 17 ans mais je suis encore tout le temps sur mon téléphone. Des fois mes parents ils me parlent, j'écoute même pas, je suis sur mon téléphone et ouais franchement ce serait bien pour les moins de 15 ans. Moi, j'aurais préféré ne pas avoir de réseau avant avant 15 ans.

Cette mesure déjà mise en place en Australie est-elle efficace ? Quels sont les dégâts provoqués sur les adolescents ? Le procès qui s'est ouvert aujourd'hui en Californie peut-il changer la donne ?

C'est un enjeu de santé publique qu'on décortique dans une minute. Et puis dans la seconde partie de notre émission, la suite de nos débats sur les élections municipales. On analyse les enjeux du scrutin pour les principales familles politiques après le rassemblement national.

Zoom sur la stratégie des républicains. Peuvent-ils conquérir Paris, Lyon et Marseille ? Vont-ils subir la concurrence du Rassemblement national dans les campagnes et dans les villes moyennes ? sont-ils divisés sur la perspective d'une union des droits réponse dans 3/4 d'heure comme tous les jours, vous le savez, vous pouvez participer à ce sens public en flashant notre QR code.

Je poserai vos questions à nos experts notamment sur cette interdiction des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Flora Sauvage. Interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans, c'est le sens de la proposition de loi adoptée lundi par les députés.

Plusieurs textes visaient le même objectif. Si la proposition de loi renaissance est définitivement adoptée par le Parlement, la France deviendra le premier pays d'Europe à se doter d'une législation aussi restrictive. On est tous là dans le même objectif qui est de protéger nos jeunes et de pouvoir faire en sorte que la France soit moteur sur ce sujet.

Ça fait des années que la France est moteure. En effet, le président de la République, Gabriel Atal, lorsqu'il était ministre, maintenant en tant que patron de notre groupe à l'Assemblée nationale, en fait, on est tous engagés sur le sujet. Donc, il y a eu des discussions en effet pour aboutir à l'écriture qui soit la plus conforme possible encore une fois au droits de l'Union européenne, à notre Constitution française.

Le gouvernement souhaite aller vite avec une interdiction mise en œuvre dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes et une vérification d'âge pour tous les utilisateurs, y compris les comptes existants d'ici au 1er janvier 2027. Mais WhatsApp devrait échapper à l'interdiction. passer 3h, 4h, 5h par jour à scroller sur des vidéos qui sont parfois des vidéos violentes.

Évidemment que ça a un impact sur euh le la santé mentale et globalement sur le développement des jeunes. Mais au-delà de ça, c'est un enjeu aussi d'indépendance pour nous, pour le cerveau de nos enfants. Parce que derrière ces plateformes, il y a des puissances qui utilisent aussi ces plateformes bah pour quelque part coloniser un peu les esprits.

Alors qu'un adolescent sur deux passe entre 2 et 5 he par jour sur son smartphone. Less alerte dans son dernier rapport sur les risques que font peser les réseaux sociaux sur la santé des jeunes. Est-ce un combat perdu d'avance ?

Quels sont les leviers les moyens les plus efficaces ? Le levier législatif, le levier judiciaire ? Voilà ce dont on va parler tout de suite avec mes invités.

Catherine Morin de Sailli. Bonsoir. Bienvenue.

Vous êtes sénatrice de la scène maritime et membre de la commission de la culture, vice-président de la commission des affaires européennes ici au Sénat. Sylvie Chacron, bonsoir, bienvenue. Vous êtes neuropsychologue, directrice de recherche au CNRS et vous publiez plonger dans votre cerveau.

C'est au presse de la cité. Justine Atlant, bonsoir et bienvenue à vous aussi. Vous êtes directrice de l'association I-enfance également de ce numéro national 318 contre le harcèlement et les violences numériques.

On on vous rappelle que vous pouvez intervenir si vous êtes témoin, si vos enfants, vos petits-enfants sont victimes. On expliquera en fin de de débat quelle prise en charge est est possible. Et j'accueille également Michael d'Armond.

Bonsoir Michael, éditorialiste pour Sens Public. Alors, il y a beaucoup de thèmes à aborder. Je commence par ce qui a été voté dans la nuit à l'assemblée ce texte Catherine Morin de Sailli.

Comment vous l'évaluez ? Est-ce que le Sénat doit le modifier, l'améliorer ? Bah, d'abord, si on considère que ce qui a été voté, c'est l'interdiction des réseaux sociaux, j'ai envie de vous dire que non, on se méprend puisque c'était quelque chose que le Conseil d'État avait de toute façon euh pointé du doigt comme étant incompatible avec la législation européenne.

Ce qui a été voté en réalité, c'est la possibilité pour le gouvernement de censurer en fait un certain nombre de plateforme surprosition de la l'autorité de régulation l'ARCOM et que l'accès à ces plateformes ne peut se faire que sans l'autorisation des parents. Je rappelle que le 18 décembre dernier ici au Sénat, nous avons voté un principe d'accès aux réseaux sociaux entre 13 et 16 que s'il y a l'autorisation explicite avérée des parents. Finalement, si c'est ça l'interdiction des réseaux sociaux, elle a déjà été votée au Sénat le 18 décembre dernier et à l'unanimité à sortie d'un certain nombre de mesures éducative, sanitaire, préventive d'information et de formation.

On y reviendra peut-être tout à l'heure. Oui, on y reviendra et puis on va essayer d'évaluer ensemble l'efficacité des des mesures notamment législatives, des lois qui peuvent être votées. Elle permet quoi cette loi ?

Je d'abord peut-être d'informer, d'alerter déjà ces à celles et ceux qui nous regardent. Exactement. Vous l'avez dit en introduction, en fait, on a vraiment là un problème de santé publique qui a peut-être pas été évalué à sa juste valeur jusqu'à maintenant.

Le fait qu'il y ait cette interdiction qui soit proposée et cette discussion qui soit ouverte, bah ça permet de prendre conscience à la fois de l'effet un peu transversal de ces réseaux sociaux. C'est un problème qui est à la fois un problème de santé physique, morale, cognitive. C'est un problème aussi évidemment juridique, sociétal, démocratique, démocratique, on peut le dire.

Et donc finalement, on a là un problème qui concerne à peu près voilà tout le champ de la société. Oui, pas seulement les jeunes hein, on peut tous se regarder en face sur le temps qu'on passe sur les surphones études là sur les seigniors et euh les inquiétudes sont aussi grandes que chez les enfants. Et donc, je dirais que au-delà de voilà de cette discussion pour ou contre une interdiction, est-ce que une interdiction ne peut pas être contournée, on va en discuter.

Et au-delà de ça, ça permet vraiment de prendre la mesure de l'ampleur du problème et d'informer aussi les les les personnes qui sont les plus concernées, c'est-à-dire les jeunes mais aussi les adultes. Ouais, effectivement. Est-ce qu'il faut forcément Justine Atlant une nouvelle loi renforcer l'arsenal existant ?

Pas nécessairement. Effectivement, comme Catherine de l'a souligné, c'est vrai qu'on a un arsenal juridique en France qui est assez finalement complet depuis un certain nombre d'années, qu'on a surtout une régulation européenne qui est à la mesure finalement de ces enjeux qu'on vient d'évoquer qui sont multinationaux, internationaux et seul l'Europe en fait, on l'a bien vu jusqu'à maintenant, a cette capacité à vraiment tenir tête au au aux grandes plateformes, qu'elle soit américaine ou chinois d'ailleurs. Donc, c'est vrai que c'est pas forcément nécessaire.

En tout cas, d'un point de vue effectivement juridique et et régulation, maintenant il y a un signe fort qui est donné à la société, c'est peut-être finalement une mesure plus symbolique, donc pas dire qu'elle sera inutile, bien au contraire, mais symbolique en terme de message. Je pense que la puissance première de cette loi est sans doute ce message dont on est en train de parler. Et on voit bien que ça espace ça occupe beaucoup l'espace médiatique et donc ça va atteindre sans doute sa cible que sont les les parents et les jeunes.

Selon les les chiffres de santé publique France 50 % des troupes psychiatriques arrivent avant l'âge de 14 ans. Cicho c'est c'est pas forcément lié aux réseaux sociaux. C'était déjà vrai avant ou c'est encore pire depuis voilà le la prise de place des réseaux sociaux dans nos Vous vous posez bien la question.

On on sait qu'il y a un lien. Euh alors à titre d'exemple, il y a une étude qui a été faite aux États-Unis euh chez des jeunes filles, des jeunes adolescentes qui utilisaient les réseaux et on leur a demander de réduire uniquement de 10 minutes Instagram, Snapchat et Facebook seulement 10 minutes par jour chaque réseau, donc 30 minutes au total et on a observé des effets significatifs sur les signes d'anxiété et de dépression. Donc évidemment, ça a pas valeur de lien de cause à effet, mais malgré tout, on sait bien que pour toutes les problématiques d'imagidéalisation de la vie des autres, même d'anxiété, de dépression qui sont communes à l'adolescence, on sait bien que les réseaux sociaux, c'est comme une caisse de résonance et que ça peut majorer tous ces troubles là.

Alors évidemment, ce sont pas les réseaux sociaux qui causent tous les troubles de santé mentale chez les jeunes, mais on sait bien que le lien malheureusement est établi ne serait-ce qu'avec ces mesures qui nous montrent bien l'effet positif avec alors il y a évidemment beaucoup de de d'effets de ces réseaux sociaux. Il y en a un. Alors là encore, le harcèlement existe depuis toujours à l'école si j'ose si j'ose dire, mais peut-être qu'il y a là une caisse de résonance, le fait que ça ne s'arrête plus à la porte de l'école comme ça pouvait exister auparavant.

Je vous propose d'écouter le témoignage d'un avocat, Pierre de Buisson, qui est avocat de famille, d'enfants victimes justement de cyberharcèlement. Ça fait des années que j'interviens pour défendre des familles et notamment des enfants qui sont victimes de cyberharcèlement. Euh ça fait des années que les pouvoirs politiques, les ministres nous disent et me disent que la situation va s'améliorer et elle ne fait qu'empirer.

Elle ne fait qu'empirer. Aujourd'hui, c'est un drame collectif. C'est un enjeu sociétal catastrophique.

Ce cyberharcèlement qui ne touche d'ailleurs pas que les les mineurs, qui touchent toutes les franches de la population et aussi des stars, des personnes connues. Est-ce que c'est le phénomène peut-être le plus massif le cyberharcèlement lié aux réseaux sociaux hein ? aussi la cyberpédopornographie qui est un phénomène extrêmement grave qu'on a tenté de de réguler dans la loi sécurisée, réguler l'espace numérique.

Il y a la désinformation et la manipulation de l'information aussi, c'est les jeunes qui est extrêmement importante. Donc en réalité tous ces phénomènes ont déjà existé. seulement euh ils prennent une ampleur particulière face au modèle de ces plateformes qui est un modèle toxique et pervers, le jeu des algorithme qui amplifie démesurément tous ces méfets.

Donc le vrai sujet c'est aussi de se poser la question du statut des plateformes. On n'a pas été assez loin dans le règlement sur les services numériques des SAA et on doit reprendre la copie Oui. doit reprendre la copie et exiger qu'il y a un véritable statut des plateformes, une véritable responsabilité, ça commence par là et que ces plateformes, elles commencent aussi par vérifier si les parents ont bien donné leur autorisation pour que leurs enfants s'inscrivent sur les réseaux sociaux.

Ce sont des positions que nous avons déjà faites ici en évaluant le règlement sur les services numériques qu'évoquait Justine tout à l'heure. Je crois qu'il faut être d'une intransigence totale sur ces sujets car le modèle est toxique et perf. Il faut aussi réfléchir à peut-être des alternatives positives d'autres modèles de plateformes et de réseaux sociaux.

Il est temps de réfléchir à ces questions. Beaucoup de spécialistes le préconisent. Ouais.

Avec quelques chiffres euh on s'est concentré là sur TikTok. C'est un rapport du Sénat d'ailleurs qui nous dit ça. Les 4 18 ans, comment ça 4 ans ? 4 18 ans passent en moyenne 1h47 par jour sur TikTok.

Et alors là où c'est intéressant, c'est Newsard qui nous dit ça. Il ne faut que 40 minutes pour être exposé à de fausses informations sur TikTok. Il y a des fausses informations Justine, il y a des contenus dangereux aussi.

Alors je je on va pas faire une liste, mais de quel contenu on parle ? En fait, d'abord, il y a effectivement tout contenu puisque comme l'a évoqué à Tri Moran on a un problème de statut juridique de ces plateformes qui pour sont pas responsables mais comme les réseaux sociaux qui sont absolument qui sont pas considérés comme des éditeurs de journaux de médias donc ils sont pas responsables de ce qui est publié finalement ils sont qu'hébergeurs comme des tuyaux qui ne sont pas censés voir ce qui passe par leur par le tuyau jusqu'à ce que il y a un drapeau rouge qui sorte du tuyau. C'est-à-dire un signalement qui soit fait et qui leur disent attention là il y a quelque chose d'illégal qui passe et donc vous devez intervenir rapidement sans sans trop donner de délai d'ailleurs.

Donc donc c'est vrai qu'il théoriquement il ne voit pas du coup factuellement n'importe qui peut poster absolument n'importe quoi, donc des contenus illégaux et qui vont circuler jusqu'à ce que soit signé. Alors bien entendu, ils ont un certain nombre d'algorithmes qui sont quand même capables de trier a priori ce qui fait d'ailleurs qu'on don donc bien face à des éditeurs. Mais bon donc voilà donc on a ce jeu-là.

Maintenant, vous avez tout contenu illégaux qui peut circuler. Ça va effectivement de la pédocriminalité au prédateur sexuel en passant par des fausses informations, par des contenus d'incitation au suicide, par d'incitation à l'anorexie et cetera, ce qui sont un vrai problème sur TikTok qui a été évidemment très bien mis en valeur par différents rapports et notamment le dernier effectivement de la commission TikTok à l'Assemblée nationale avec l'or Miller mais aussi Arthur de la porte. Et donc voilà, on voit bien qu'il y a des contenus extrêmement préjudiciables des jeunes, surtout ceux effectivement qui ont des problématiques déjà préexistantes de santé mentale et qui vont être encore plus exposés parce qu'ils vont aussi chercher sur les réseaux sociaux encore plus que d'autres et ça va remplir une classe encore plus importante et ces fameux algorithmes qui sont extrêmement pervers vont simplement continuer à vous reproposer ce sur quoi vous avez passé le plus de temps.

Donc si vous êtes effectivement un peu attiré par des contenus qui vont entretenir chez vous une forme de mélancolie ou de recherche de voilà de terminologie sur maigrir, sur comment suicider et cetera, bah vous allez vous allez effectivement être d'autant plus enfermé dans ce ce trop de lapin comme on dit en anglais qui va vous suggérer que ça et c'est là où où c'est extrêmement dangereux et je reviens juste sur ce qu'a dit qui est important c'est que ces réseaux sociaux effectivement doivent impérativement renoncer renoncer à leur modèle économique d'économie de la tension et d'algorithme quand il s'adressent aux mineurs il faut le modèle parce qu'à 15 ans il se passe quoi 15 ans qu'à 15 ans c'est autorisé donc entre 15 et 17 ans si on reste mineur on a quoi c'est l'enjeu d'un procès qui s'ouvrait là ce matin en Californie dont on va parler tout à l'heure mais vous évoquez effectivement ces ces bulles cognitives ces ces ces boucles qui nous enferment et qui enferment aussi nos enfants ou nos petits-enfants. C'est exactement ce que raconte la maman de Clément. son fils avait 15 ans quand il s'est suicidé. 80 % des messages qui lui sont envoyés sont des messages mélancolique de tristesse euh voire même on va dire d'incitation très clairement à la mort lui disant que ben voilà il compte pour personne aujourd'hui donc finalement les gens s'apercevront qu'il comptera pour quelqu'un qu'il sera plus là.

C'est juste trop grave. On a découvert clairement sur son fil TikTok, le fameux fil pour toi que TikTok savait. TikTok savait qu'il allait pas bien.

TikTok n'a rien fait et TikTok ne nous aide pas à trouver la vérité. Clément qui était également victime de cyber harcèlement. Sylvie Chacerron, il y a il y a des enfants, des adolescents plus fragiles que d'autres.

C'est c'est peut-être ça qu'il faut mettre en avant aussi. Bien sûr, il y a des adolescents plus d'abord l'adolescence est une période de fragilité à la fois sur le plan mental, moral, psychique, mais aussi sur le plan cognitif parce qu'on n pas encore les il faut savoir que les capacités de jugement critique, elles arrivent à maturation entre 18 et 20 ans. Et donc bah forcément avant 18 20 ans, c'est d'ailleurs pour ça que la majorité dans la plupart des pays est à cet âge là.

Mais avant 18 20 ans, notre lob frontale qui est à l'avant du cerveau qui nous permet de réguler notre comportement, de pouvoir raisonner, de pouvoir exercer notre jugement critique, il est pas mature. Et donc si on expose des jeunes qui ont une fragilité soit sur le plan psychique, soit sur le plan cognitif parce qu'on parle pas beaucoup des enfants qui ont des troubles du neurodéveloppement, les enfants les enfants qui ont des troubles de l'attention, des troubles de l'interaction, des troubles cognitifs, bah ces enfants-là, vous les exposez et vous les enfermez dans une problématique sur les réseaux sociaux et là du coup forcément vous les mettez en danger. Et donc on entendait la maman de Clément qui disait "Tiktok était au courant." Hm.

Euh effectivement, si vous vous confiez sur un réseau social votre fragilité sur le plan psychique, dans le quart d'heure qui suit, vous allez recevoir des notifications qui vont dans le même sens que votre problème. Dépression, anxiété, trouble de l'image du corps, trouble du comportement alimentaire, peu importe. Et il y a même visiblement des réseaux sociaux sur lesquels on vous propose non seulement de mettre en valeur ben éventuellement votre suicide, mais même de le valoriser.

Et donc là, ça devient presque de l'incitation. Donc ça va au-delà de ce qu'on peut imaginer. Ouais.

Avec beaucoup de réactions déjà sur euh sur notre antenne grâce à notre QR code. Je vais je vais en citer trois. Je vais commencer par celle de Christophe qui nous écrit de Sèvre.

Question qui est très générale. Est-ce qu'on interdit parce qu'on ne sait pas réguler ? Ça va finalement on va en permanence un peu répondre à cette question dans notre débat.

Ça rejoint l'autre réaction d'Olivier qui nous écrit de Grandville. Est-ce que le gouvernement a prévu comment contrôler, comment sanctionner les plateformes si elles ne respectent pas l'interdiction ? On va y venir évidemment et puis je termine avec Per qui nous écrit de Limoge qui dit et je trouve que c'est intéressant, je n'y avais pas pensé pourquoi il n'y a pas plus d'information de santé publique sur les réseaux des pubs, des messages préventifs qui s'afficheraient par exemple à chaque ouverture d'un réseau un peu comme un paquet de cigarettes dans lequel on nous dit attention fumer tu quoi.

C'est ce qu'on a proposé dans notre texte de loi au Sénat ici voté le 18 décembre. Voilà une information et formation continue sur l'ensemble des écrans sur les paquets euh qui conditionnent les écrans y compris quand ce sont des jouets. Il faut former et informer.

Il faut une campagne massive qui associe le ministère de l'éducation nationale de la santé et du numérique. On a fait toutes ces propositions. Voilà.

Mais moi ce que je voulais dire c'est que ça renvoie aussi plus largement à notre hygiène numérique aussi celle des adultes adultes parce que en fait les jeunes bah ils copissent ce que font leurs parents quand ils sont toute la journée sur leur écran à scroller bah ils font la même chose et nous-mêmes nous sommes victimes de ces des méfets des réseaux sociaux nous-mêmes nous pouvons être entraînés dans des comportements vraiment très délétaires. Donc je crois que plus largement c'est une grande question de société, de civilisation, de devenir de nos sociétés du cerveau humain. Veut-on avilir peut-être intentionnellement le cerveau humain ?

Certains disent des observateurs du système de l'écosystème disent que et bien comme ces plateformes se sont elles sont produites par des États extraeuropéens qui ne veulent pas toujours du bien, c'est que il y a une volonté presque assumée, voilà, d'affaiblir nos sociétés occidentales à travers notre jeunesse. Donc le programme, il est vraiment très grave et je terminerai en disant les enquêtes sont possibles. Justine l'a rappelé puisqueon a le règlement sur les services numériques qui désormais permet à l'ARCOM de déclencher immédiatement des enquêtes.

Nous avons fait un rapport d'évaluation là-dessus ici au Sénat. Si les plateformes ne se conformment pas et ne se conforme pas à ce qui ne va pas et qu'and on leur dit qu'on leur signale et ben on suspend on suspend tout simplement les plateformes. Pour l'instant ça ça n'est pas arrivé.

Voilà plutôt que d'interdire au mieux suspendre les plateformes. Voilà. Ouais, parce qu'en fait on on ce qu'on est en train de vivre et ce qu'on comprend avec le début de ce débat, c'est la véritable rupture anthropologique et politique.

C'est-à-dire que la le projet de d'un puisque c'est un terme souvent utilisé égaludé d'un grand remplacement au fond de la de la culture de l'humain passe face à la à la culture technumérique qui vient effectivement au fond vouloir avilir et asservir. Et ça c'est intéressant on est tous tomb ce qui me c'est que nous avons nous avons chaque semaine j'ai j'ai le commission d'enquête facile depuis quelques années. Il y a le réflexe un problème une commission d'enquête.

Peut-être faudrait-il aussi essayer de de de se demander pourquoi la somme que l'on que l'on perçoit depuis longtemps et encore ce soir la somme des connaissances en amont depuis le l'avènement de cette civisation numérique, pourquoi n'a-t-elle pas été au fond mieux captée par nos gouvernants ? Pourquoi la puissance publique a l'air d'être sans arrêt sur la défensive ? Alors, on va revenir, on va on va prendre deux exemples.

Il y a l'exemple australien qui a été le premier pays à interdire. Alors, c'est au moins de 16 ans, on va voir si ça commence. Alors, c'est récent mais on va voir si ça commence à marcher ou pas.

Et puis effectivement, alors ça c'est le levier législatif dont on a déjà un peu parlé, puis a le levier judiciaire, je vous en parlais avec ce ce procès euh en en Californie. En fait, ça fait suite à à la plainte d'une jeune femme dont on ne euh connaît pas de de le le nom, il y a juste ses initiales, qui a décidé avec ses avocats d'attaquer exactement sur l'économie de l'attention. attaque contre la maison mère de TikTok, Meta la maison mière d'Instagram et Facebook ou Google Alphabet maison mère de YouTube.

Il y a eu aussi Snapchat TikTok qui a et c'est l'information de ces dernières minutes qui a conclu un accord pour clore les poursuites avant l'ouverture du procès. On sait pas la somme versée mais c'est c'est assez intéressant de en fait on parle Justine Atlant de l'économie de l'attention. C'est c'est de ça dont on parle. ce que vous décriviez tout à l'heure, ces ces boucles là cognitives dans lesquelles on s'enferme, l'algorithme est créé pour ça.

C'est ce qu'il faut bien comprendre pour qu'on passe le plus de temps sur le réseau social. Ce qu'il faut entendre, c'est les deux mots économie et attention. C'est d'abord on est face à des entreprises.

Oui. Donc en fait, on leur demande là depuis le début du débat et depuis quelques années maintenant de prendre en charge intérêt général. Elles ne sont absolument pas faites pour ça.

Ce sont des entreprises qui sont là pour générer du profit et verser des dividendes à leurs actionnaires et point. Donc effectivement, elles n'ont à aucun moment dans leur axe de développement l'intérêt des mineurs de l'intérêt général, de bon état de notre cerveau et cetera et tout. Elles peuvent éventuellement être utilisé par les états qui les abritent, pourquoi pas ?

Mais même à la base, même sans mauvaise volonté, elles n'en ont pas de bonne non plus. Elles ont juste une volonté de profit. Et effectivement, leur économie pour qu'on se donne complètement accro à ces entreprises, c'est de nous les proposer entre guillemets gratuitement.

C'est quand même le ça a été ça quand même le miracle absolu, c'est que on a l'impression qu'on ne paye jamais rien. Donc on y passe un temps infini qui ne coûte pas notre porte-monnaie. Mais alors qu'est-ce qu'on donne en échange ?

Effectivement notre temps, notre développement de notre cerveau quand on est plus ou moins jeune. Et effectivement ça, on se rend compte aujourd'hui que c'est dramatique puisque ça a des conséquences sur notre bien-être physique, mental et cetera et tout. Voilà.

Donc c'est une économie réelle. Donc c'est pour ça que les gens effectivement ont tendance à dire ça me coûte rien si ça nous coûte extrêmement cher maintenant, pour après et encore plus tard. Mais voilà et l'attention oui parce que ils vendent notre temps de cerveau disponible.

Il y en a d'autres qui le faisaient à la télévision maintenant on le fait sur ses réseaux sociaux. C'est notre temps de cerveau disponible pour effectivement à terme devenir des consommateurs parce qu'on reste dans une économie capitaliste libérale où c'est quand même ça effectivement qui qui est en jeu. Tout à fait.

Je le dis parce que ici on a auditionné Francis Ogan qui était la lanceur d'alerte ingénieur chez Facebook avait claqué la porte de Facebook qui est venu nous alerter. a fait un tour d'Europe sur euh la toxiquité de ces plateformes en disant ils privilégont toujours la la le profit à la sécurité des enfants. Elle est venue nous le dire ici.

So Zubov, professeur Harvard, il y a 5 ans, elle publie un livre qui s'appelle le capitalisme de surveillance. Elle nous alerte nous européens sur justement le modèle toxique de ces plateformes. On peut pas dire qu'on pas été informé.

D'accord. Mais mais donc ça veut dire que il est perdu d'avance ce combat. C'est notre titre puisqu'on narrive pas à les à les interdire ou à empêcher ces réseaux sociaux de nuire.

Est-ce que je peux répondre très rapidement ? On on n pas parlé de la question des conflits d'intérêt, ils sont nombreux dans le domaine et normalement on devrait tous déclarer si on a des conflits d'intérêt ou pas. Je n'en ai pas avec l'industrie du numérique.

Ensuite, on a pas parlé du fait aussi qu'à chaque fois qu'on a dénoncé les effets des écrans et des réseaux, on a été taxé de réactionnaires parce que il y avait cette crainte de l'électronisme laisser sur le côté de la route des gens qui du coup ne pourraient pas utiliser les nouvelles technologies qu'il fallait vivre avec son temps. Ça c'est extrêmement important. Et puis aussi on nous a invoqué que il y avait pas encore de grandes études sur le sujet.

Or, on sait comment fonctionne le cerveau, on sait ce que font les écrans. Quand on parle d'économie de la tension, c'est pas simplement qu'on est captif et qu'on passe du temps, c'est que toutes nos données, tout ce qu'on laisse, toutes les traces qu'on laisse vont nourrir ces entreprises. C'est bien, on parle de l'Australie dans un instant.

Euh Justine Atlant, il y a il y a Google, méta qui font partie des messes de votre association. Je pense qu'il faut à ce moment du débat expliquer pourquoi parce que ça peut ça peut sembler sur une logique pollue payeur qu'on assume parfaitement depuis 15 ou 20 ans maintenant. Euh nous opérons le numéro 318 qui gère tous les jours euh des problèmes que les adolescents ont sur leur plateforme.

Donc on fait de la prémodération euh euh ce qui est une partie de leur travail et donc on considère qu'il faut impérativement qu'ils participent au financement de notre numéro comme de les homologues européens puisqu'on a des homologues dans chaque pays et d'ailleurs ça fait partie de notre ployer qu'on porte au niveau de la Commission européenne de demander à prévoir un modèle de de contribution taxation. Voilà, il faut trouver le le modèle fiscal où il contribuent tous au financement de nos homologues européens de notre numéro d'appel. Effectivement, ça fait partie de leur responsabilité, on fait leur service après-vente malheureusement et donc ils doivent absolument nous soutenir économiquement.

Et voilà. Encore un mot, ensuite, on parle de l'Australie. Oui.

Ce que je voudrais dire, bon là, on noircit vraiment le le tableau mais que les écrans en tant que tel, ils sont pas mauvais s'ils sont euh regardés de façon modérée et raisonné avec des avec des contenus de valeur. On peut aussi consulter des œuvres d'art sur internet, être en communication, c'est ce qu'aiment les jeunes avec leur pères. Donc ça a des effets positifs.

C'est plutôt les mfet des réseaux dis sociaux ou de mauvais contenus que l'on trouve sur ces écrans. D'abord, c'est apprendre à se servir des écrans, apprendre à s'en passer. Il y a un temps à ne pas voilà dépasser.

Et c'est aussi avoir des alternatives positives aussi de contenu sur ces écrans. Nous sommes dans un monde digital, c'est une réalité. Donc interdire aux adolescents d'aller sur les écrans, c'est pas mon avis très réaliste.

En revanche, les accompagner et leur apprendre et responsabiliser tout le monde autour des jeunes et les jeunes eux-mêmes avec leurs parents sur comment bien utiliser écran, ça c'est l'enjeu. Il faut que tout le monde éduque les enfants, c'està-dire pas que les parents, les plateformes aussi qu'il participent à cette montée en en puissance. rappat et sces publ on diffuse aussi nos débats sur YouTube des extraits sur les différents réseaux sociaux mais enfin on se dit que on se dit que c'est pas on se dit que c'est pas plus mal de de proposer un contenu qui est un contenu voilà travaillé par des journalistes on espère où les invités sont respectueux respectueuses les les uns des autres et où il y a un peu de complexité intellectuelle qui s'exprime.

Et comme promis, l'Australie tout de suite avec Quentin Calmet puisque Bonsoir Quentin, bienvenue à vous. Avant la France, l'Australie est donc le premier pays à avoir adopté une législation très restrictive pour les mineurs sur les réseaux sociaux. Voilà, c'était le 10 décembre dernier.

L'Australie interdit les réseaux sociaux au moins de 16 ans. Une première mondiale se félicite alors le premier ministre du pays, Anthony Albanis. C'est l'Australie qui montre qu'elle en a assez, dit-il.

Il s'agit pour nos familles de reprendre le contrôle. C'est ce qu'il affirme le jour de l'entrée en vigueur des mesures. On voit ce qui s'est passé sur Facebook, Instagram, YouTube, TikTok, Snapchat, Redit, mais aussi les plateformes de streaming Kick et Twitch ainsi que les réseaux sociaux Threads et X.

Ils ont eu alors l'interdiction de conserver ou de permettre la création de comptes pour les utilisateurs en Australie âgés de moins de 16 ans. Et on voit le message qui s'est affiché lorsque et bien la loi s'est mise en place. Les sociétés désignées, elles sont donc au total 10 et celles qui ne se conformeraient pas à cette loi et bien elle s'exposaiit à une amende de 49,5 millions de dollars australiens.

Ça représente 27,5 million d'euros. Alors on peut faire un premier bilan un mois plus tard. Oui.

Voilà. On a lu dans le journal Libération les témoignages de pas mal de jeunes Australiens et ce constat, ils sont tous restés sur Snapchat car ici 4,7 millions de comptes ont bien été désactivés. De nombreux jeunes ont trouvé la parade Thomas.

Ils utilisent la carte d'identité de leurs parents, frères ou sœurs qui eux ont plus de 16 ans. Ou alors même, ils utilisent LIA afin de changer leur date de naissance sur leur documents d'identité. Autre solution ? utiliser un réseau social qui n'est pas dans la liste des plateformes interdites.

De nombreux adoss se sont déportés vers des réseaux plus obscurs comme Lemon Yop, Red Notes ou Chain. De nouveaux apparaissent chaque jour, c'est que s'explique une chercheuse citée dans Libération. Les adultes ont du mal à suivre sans parler de la loi et même moi, je vais vous dire les réseaux sociaux nommés ici, je ne les connaissais pas.

Ouais. Moi non plus. Les plateformes en ligne on ont appelé le gouvernement australien à revenir sur sa décision.

Voilà. notamment MTA, la maison mère de Facebook et d'Instagram dans un communiqué. Ils ont appelé le gouvernement australien à collaborer de manière constructive avec l'industrie afin de trouver une meilleure solution.

Par exemple, en incitant l'ensemble du secteur à relever le niveau de matière en matière de sécurité, de protection de la vie privée et d'expérience en ligne adaptée à l'âge plutôt que d'imposer des interdictions générales. En tout cas, cette interdiction, elle intéresse les pays voisins de l'Australie comme la Nouvelle-Zélande et la Malaisie. et aussi en Europe, on parlait du Danemark et de l'Espagne qui réfléchissent aussi à une introduction comme celle-ci.

Merci beaucoup Quentin avec cette impression euh je commence avec vous Justine Atlant que la que la loi ou ou même nous parents grand on a toujours un un métro de retard quoi en fait. Oui, ça c'est le principe de la loi en général. Elle courte un peu derrière même les parents alors voilà, je vais dire à mon agaman de 12 ans, bah non, je veux pas absolument pas que tu ailles sur les réseaux sociaux, il va trouver une une parade quoi.

Oui. Bah de toute façon, les jeunes ont besoin d'espace qui leur sont réservés. il les crée en général même parce que c'est l'adolescence fait partie de ce moment-là où on a besoin d'avoir des espaces qui échappent au regard des des parents et ça effectivement si c'est plus celui-là bah ça sera un autre.

D'ailleurs, c'est pour ça aussi que les réseaux sociaux qui a un moment sont trop occupés par les adultes, sont abandonnés par les adolescents qui vont effectivement en chercher un autre. Ça a été l'histoire de Facebook puis d'Instagram puis de Snapchat voilà TikTok maintenant mais qui est trop adulte aussi. Donc ils vont bien trouver autre chose.

Donc ça ça effectivement c'est normal. Pour autant effectivement, il faut quand même envoyer des messages forts à l'adolescent puisque de toute façon il va taper le cadre, il va aller il va aller le chercher effectivement. Donc c'est pas pour autant qu'il faut pas fixer des règles évidemment.

Donc et d'ailleurs il compte sur nous là-dessus hein. C'est ce qui est souvent assez déstabilisant pour les adolescents, c'est quand les parents, les adultes ne posent pas de règles et et ne les tiennent pas. Donc c'est en ça où cette interdiction effectivement fait sens parce que c'est un message très fort et effectivement les parents vont pouvoir se dire mais tu vois c'est pas nous, c'est la société en général c'est qui s'est mis d'accord là-dessus.

Maintenant, c'est vrai que cet âge de 15 ans pose question et regarde ça parce que d'abord on a les 13 ans des réseaux sociaux et et encore une fois on a besoin d'apprendre aux jeunes à utiliser les réseaux sociaux et donc là vraiment il faut plutôt essayer de travailler aussi maintenant à comment on leur propose petit à petit par étape de comprendre ce que c'est carocial comprendre ce qu'on y fait d'avoir des fonctionnalités des paramétrages qui vont évoluer en fonction de l'âge pour arriver finalement à au réseau social adultes qu'on a tous le problème qu'on a aujourd'hui et c'est pour ça sans doute qu'on se retrouve face à à être obligé de poser cette fait on a une offre unique en réalité de réseaux sociaux qui est la même qu'on est 12 ans, 18 ans ou 45 ans. Et ça c'est un problème effectivement et ça c'est un échec des réseaux sociaux parce que pour autant ils ont construit des paramétrages mais ils ont jamais été en capacité eux-mêmes de vérifier les sages et de les proposer de façon appropriée en fonction des âges. Deux deux autres réactions question Valérie de Saint-Cast le guidau le guildo pardon pour la peut-être mauvaise prononciation on interdit l'accès mais on fait quoi pour les enfants qui sont déjà on coupe tout du jour au lendemain alors on a vu avec l'exemple australien que normalement ceux qui ont moins de 16 ans et qui y sont censés en en sortir et puis autre question Laurence qui nous écrit de Brest pourquoi 15 ans pourquoi pas 13 16 ou 18 c'est quoi la logique derrière derrière cet âge ?

Est-ce qu'il y a un un âge euh avant lequel il faudrait surtout pas donner un téléphone, un smartphone à ce à ses enfants ? Mais en fait à tous les âges, on a des problématiques différentes. Moi, je voudrais revenir sur les parents parce que ils sont vraiment dans l'impuissance actuellement.

Ils sont très démunis, il faut les soutenir. Ces enfants sont pas des enfants sauvages. Ils grandissent pas dans la forêt, ils grandissent avec nous.

Ils nous ont comme modèle. H il faut savoir quebellement le premier objet qu'il essaie d'attraper c'est un téléphone. Ben oui, parce qu'on a tous on l'a tous à la main de de ses parents et euh et donc du coup, moi je pense que c'est un c'est c'est très important d'éduquer à la fois les parents pour eux-mêmes, d'éduquer les parents pour qu'ils guident et qu'ils éduquent le mieux possible leurs enfants et d'éduquer les enfants au fonctionnement cérébral et au fonctionnement cognitif et au risque des réseaux sociaux.

Pourquoi on s'inquiète ? Je l'ai dit d'abord parce que le cerveau n'est pas mature avant 18 20 ans et que donc toutes les expériences qu'on va faire avant cet âge vont modifier la maturation cérébrale. Et donc je l'avais dit sur ce plateau mais je vais le répéter parce que c'est important.

Les réseaux sociaux de type TikTok qui vous rendent captif qui vous présentent des contenus. Vous êtes totalement passif, vous ne les choisissez pas. Donc il y a pas vous n'exercez ni choix ni raisonnement.

C'est de la perception très rapide avec des émotions de base. Ça ça ne permet pas de développer le cerveau comme il devrait se développer. Ça ne permet pas de développer le jugement critique.

Ça ne permet pas de développer les capacités de contrôle. Et donc on a l'impression qu'il y a des sujets différents comme les réseaux sociaux d'un côté et l'augmentation de la consommation de cocaïne de l'autre. Ces sujets-là sont pas différents.

D'accord. les l'utilisation, le mésusage et l'hyperusage des écrans diminuent nos capacités de contrôle de manière générale. Et donc l'impact, il faut l'expliquer aux jeunes, il est sur l'ensemble de la vie mentale, physique, cognitive.

Alors tiens, moi je je je livre euh l'expérience d'un de mes neveux qui est aussi mon fillu qui a des enfants qui ont une 10 douzaine d'années. Quand il rentre du boulot, il pose son téléphone. Je sais que je peux pas l'appeler Benjamin après 20h parce que de toute façon il a posé son téléphone.

Donc d'une certaine façon, ses enfants le voient moins avec un téléphone à la main. Voilà, je livre cette idée à celles et ceux qui nous qui nous regardent. la famille met qui sait ça peut peut-être il faut aider de toute façon il faut aider les gens à s'ar nous aider et aider les parents.

Moi les miens bon ils sont beaucoup plus âgés. Il y a il y a une question il y a un enjeu démocratique évidemment qui est très important. On se tourne je me tourne vers vous Michel parce que cette interdiction au moins de 15 ans, c'est un combat du président de la République.

Pourquoi Emmanuel Macron est comme ça vend debout contre les les réseaux sociaux ? Alors, a priori, il faut se souvenir que c'est quand même très étonnant comme démarche parce que souvenez-vous le candidat Emmanuel Macron en 2017 disait "Je ferai la révolution de la civilisation numérique hein." Il était le candidat de la société de l'échange de la circulation des données sur les autoroutes de l'information qui était ses routes tracées vers l'émancipation.

Son grand discours. Et puis élu, il arrive au pied de la pyramide et là tout change. Il était le candidat 2.0, il devient le président un point, c'est tout.

C'est-à-dire [rires] pas question pour lui de ne pas mettre sous contrôle ses réseaux sociaux, non pas par réflexe autoritaire mais par conviction politique. Il est persuadé que les plateformes ont profondément désorganisé le fonctionnement de la démocratie. Oui.

Et c'est vrai que depuis son arrivée à l'Élysée, il y a une forme de cohérence avec ce projet et même une forme, on va dire de de de résilience et de résistance. Il a dû subir durant la campagne ce qu'on appelé les Macroniqu, souven-vous hein, la la diffusion voilà en get continu des des mails parfois les plus les plus confidentiels de sa campagne et puis l'is épouse Brigitte a été également la cible d'un complot sur qui perd du sur son genre. Dans la vision d'Emmanuel Macron, les réseaux détruisent la médiation, accélèrent le temps politique et produisent des effets nocifs parce que l'émotion remplace le débat, parce que l'instantané écrase le temps bref, la fameuse pensée complexe qu'il avait mise en avant et qui avait tellement été au fond brocardé et bien c'est celle qui est mise à mal par on vient de l'entendre par donc la la l'offensive permanente donc des réseaux sociaux, rumeur, campagne de haine, violence déclenchée qu'en ligne.

Pour le président, ces phénomènes ne sont pas marginaux mais ils sont structurels. Et évidemment, on l'a on l'a déjà dit, il a il a pas toujours détesté utiliser lui-même les réseaux sociaux phase B. On sait très bien que et on sait que depuis le début de sa présidence, toute sa présidence est sur Instagram.

Vous avez un un un film continu de la présidence deel Macron sur Instagram. C'est le président Insta, le président du selfie et puis il a fait venir aussi, souvenez-vous, les influenceurs à l'Élysée, c'était leur grand moment, McFly et Carlito pour une interview extrêmement complaisante, mais c'était à ce moment-là le le parangon de la de la modernité. En attendant, les ingénieurs du chaos ont continué leur travail et là maintenant estime que la la démocratie, la souveraineté démocratique ne peut pas survivre si des espaces aussi puissants échappent comme on l'entend à la règle commune.

Réguler voir interdire, ça n'est pas restreindre la liberté d'expression mais sauver les conditions de la poursuite de son exercice. ses adversaires, évidemment, il voit une confusion des gens entre gouverner, contrôler, on l'a compris, même à chaque fois qu'on interdit, il y aura de toute façon d'autres d'autres moyens de contourner l'interdiction. Mais derrière cette position alors sur le mode un peu trop peu trop tard he quand même du président et glob globalement de l'écosystème de nos gouvernants, on sent quand même une crainte, celle d'un une crainte très contemporaine, celle du monde politique où le monde politique n'arbitre plus mais subit.

H merci beaucoup Michel. Catherine. Ça y est.

Oui, tout ça est très paradoxal parce que cela fait des années que nous alertons sur la perte de notre autonomie stratégique en matière de numérique. Enfin, le président de la République a parlé à Bernardin de souveraineté numérique mais il est pas trop tard. Mais pourquoi n'a-t-il jamais mené une politique industrielle globale et enfensive ?

Pourquoi les données de nos administrations ont continué à être confiées à des acteurs extraeuréens, notamment les les GAFAM ? récemment les données du ministère de l'intérieur sont toujours confié à lentil filial de la NSA. Donc il y a un paradoxe à vouloir en effet bah du coup réglementer réguler et en même temps pas se donner les moyens de cette autonomie qui est devenue nécessaire.

C'est encore possible de rat rapper parce que ce retard il y a de telles enfin voilà la puissance de ces de ces géants d'internet dont on parle. C'est encore possible parce que je crois aussi que il y a une prise de conscience justement que le monde dans lequel nous sommes en passe d'évoluer est un monde délétaire et je crois qu'il peut y avoir aussi une forme de lassitude par rapport au modèle finalement de société et de communication qui nous sont proposés. Je crois aussi très très euh beaucoup en la capacité la créativité française, l'innovation française.

Nous formons 50000 ingénieurs t tous les ans qui sortent de nos écoles. Donc il faut aider notre entreprise. Il faut une politique industrielle.

Il faut une politique industrielle massive au niveau européen sur ces sujets. C'est peut-être la nouvelle donne géopolitique qui nous donne l'occasion de le faire. Espérons-le.

Alors, il y a il y a on a parlé des États-Unis, de la Californie, de l'Australie, tiens, on va aller en Grande-Bretagne puisque c'est aussi un pays qui réfléchi à des solutions pour protéger notamment les enfants et les adolescents. On écoute la ministre britannique de la technologie. Nous allons lancer une consultation de 3 mois sur les mesures à prendre pour assurer la sécurité des mineurs en ligne.

Cela incluraité d'interdire les réseaux sociaux au moins de 16 ans et de relever l'âge du consentement numérique afin d'empêcher les entreprises d'utiliser les données des mineurs sans leur consentement ou celui de leurs parents. La consultation portera également sur d'autres options telles que la mise en place d'un couvre-feu nocturne, l'instauration de pause pour mettre fin à une utilisation excessive, les moyens de vérifier l'âge et les mesures à prendre contre des VPN utilisés pour contourner des protections importantes. Je je voulais qu'on écoute sur le le couvre-feu numérique, votre avis là-dessus ?

Est-ce que c'est plus facile, plus difficile à à mettre en place Justine Atlant ? Bah, le Conseil d'État a déjà a considéré que de toute façon, c'était euh anticonstitutionnel. Donc, je pense qu'il faut passer trop de temps là-dessus.

Maintenant, il faut il faut d'ord c'est c'est on peut pas le faire quoi. Non, c'est un un peu au-delà des prérogatives. Oui, quand même par libert mais mais il n'en demeure pas moins que typiquement ce qu'on disait tout à l'heure, c'est que les plateformes elles-mêmes peuvent proposer ce type de couvre-feu numérique aux jeunes si justement on donne son vrai âge sur Instagram, TikTok, Snapchat, il y a une capacité de contrôle parental intégré qui fait que vous pouvez pas effectivement avoir de notifications et vous connecter la nuit.

Et c'est des choses qu'il faut promouvoir encore une fois parce que il y a les interdictions d'un côté mais il y a aussi encore une fois un encadrement, un accompagnement qu'il faut absolument on peut plus rester encore une fois dans cette offre unique. Il faut impérativement de toute façon que effectivement elle mettent au service finalement de la protection des mineurs sur leur plateforme toute l'ingénierie absolument extraordinaire qu'elles ont, toutes ces algorithmes, toute cette faculté effectivement de proposer autre chose au service de communication permanente, au service de fonctionnalité de paramétrage extrêmement adapté et effectivement pouvoir empêcher un adolescent de se connecter la nuit. Je pense que c'est tout à fait à leur porter et que ça effectivement il faudrait tout à fait le faire pour aider à nouveau les parents qui essayent de mettre des choses en place mais qui ont l'impression d'avoir dans la chambre effectivement un un alors un dealer de cocaïne dopamine en tout cas certainement.

Et et et ça c'est vrai que c'est très important de se sentir un peu sous. Je vais vous laisser abonder mais je je je veux quand même que avant la fin de ce débat on lise la réaction d'Antoine de Nant. On parlait de l'exemplarité des adultes.

Bah il met les pieds dans le plat. Exemple, les députés ou membres du gouvernement en séance publique sur votre chaîne sur la chaîne parlementaire sont le nés dans leur téléphone pendant que le Premier ministre parle. Bon, c'est vrai qu'on a on a tous une part on a sur tous une part de responsabilité.

Allez-y. Non, alors justement, je voulais revenir sur cette questionl parce que il faut pas demander à un enfant ou à un adolescent de contrôler lui-même le temps qu'il passe sur les écrans de manière générale ou sur les réseaux parce que ces réseaux et ces écrans ont été construits pour vous faire perdre la notion du temps. C'est c'est bien là leur objectif. c'est de ça dont on parle et ça fait tr quart d'heure qu'on est dessus, on s'en est pas rendu compte et puis là on se dit mais qu'est-ce que je retiens de des tr quart d'heure écoulé du coup voilà les enfants et les adolescents eux-mêmes ne pourront pas faire la police eux-mêmes du temps passé par contre vous avez tous remarqué que quand vous êtes au soleil vous avez un petit message à un moment de votre téléphone qui vous dit qu'il peut plus fonctionner parce qu'il a trop chaud on pourrait très bien imaginer des messages d'alerte parce qu'on a passé trop de temps sur tel réseau, parce que on est allé sur trop longtemps ou trop souvent sur tel type de contenu et que ça présente un risque.

Et donc du coup, je pense que il faut réfléchir comme vous le disiez à des moyens de protéger les adolescents qui viennent de l'outil lui-même parce que c'est c'est comme ça qu'on sera le plus efficace parce que par définition on altère ces outilsl altèrent le choix le jugement critique. Donc on peut pas demander aux jeunes à la fois effectivement il y a une logique économique qui pourrait empêcher ce genre d'initiative. En revanche, si on si on transpose sur ce qu'on le connaît dans le territoire traditionnel des médias, il y a un service public des médias euh dans les médias qui lui propose justement de la critique, de la de la distance, de la régulation.

Peut-être paradoxalement au lieu d'interdire, faudrait-il peut-être plutôt créer un service public des réseaux sociaux. On est en plein dans l'ité offre alternative dont on parlait tout à l'heure, pardon. On est en pleine actualité la puisque il y a l'ouverture d'une information judiciaire qui vise la plateforme kick.

C'est le parquet de Paris qui l'ouvre. Après vous le savez la mort d'un d'un streamer qui avait été filmé en direct sur cette sur cette plateforme. Bon ben voilà, il y a des leviers euh législatifs, des leviers judiciaires qui sont activés.

Espérons que on va réussir à rentrer dans l'air de l'efficacité. Un mot du 3018 pour pour terminer. Qu'est-ce qu'on trouve si on là aujourd'hui j'ai il y a peut-être des gens qui nous regardent disent mais oui je pense que le voisin il est victime de cyberharcèlement qu'est-ce qu'il peuvent faire et b ils peuvent contacter le 318 par téléphone ou sur l'application 318 quand on a un adolescent il y a un chat c'est sans doute plus accessible il y a des psychologues et des juristes derrière le 318 7 jours sur 7 qui répondent aux appels, prennent en charge et surtout signal signal aux réseaux sociaux pour les informer qu'effectivement ils doivent bloquer supprimer des contenus des comptes qui sont préjudiciables à un mineur signaler à l'éducation nationale si effectivement c'est scolaire signaler aux services sociaux, parfois il faut le faire.

Signaler à la police. Voilà, on a des protocoles avec effectivement toutes les institutions responsables et les réseaux sociaux auprès desquels on est signaleur de confiance. Donc grâce au DSA, ils ne peuvent pas ne pas traiter nos signalements, ils sont obligés de le faire et de nous répondre.

Donc voilà, donc une action concrète. Donc les jeunes comme les parents peuvent nous contacter tous les jours. Et il faut pas oublier que plus on passe du temps sur un réseau social, plus on est isolé dans la dans la vraie vie.

Donc les réseaux sociaux isolent des interactions réelles. Donc il faut vraiment soutenir, reprendre de la socialisation. Merci à tous et à toutes d'avoir participé à ce débat, votre livre Sylvie Choceron, plongé dans votre cerveau.

C'est au presse de la cité. Je vous dis à bientôt sur sur Public Sénat. Yeah.