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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 18 juin 2024 24 min

"Les visions de l'extrême droite et de l'extrême gauche sont des visions du chaos" dénonce Rachida Dati

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Iaël Gauze, nous recevons ce matin la ministre de la Culture dans le grand entretien du 7-10. Questions et réactions, 01-45-24-7000 et l'application de France Inter. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin, alors qu'a démarré la campagne législative la plus courte de la Vème République. On parlera dans un instant du programme du camp présidentiel, des questions aussi sur la culture qui est votre portefeuille ministériel, au moins jusqu'au 7 juillet. Mais pour commencer, un mot du climat dans lequel la dissolution a plongé le pays depuis le 9 juin.

Nicolas Sarkozy, dont vous avez été la garde des Sceaux et dont vous restez proche, pointe, je le cite, un risque majeur, un chaos dont la France aurait les plus grandes difficultés à sortir. C'était dans le JDD. Les mots sont graves dans la bouche de l'ancien président. Est-ce que vous les reprenez ce matin ?

1:06
Rachida Dati

Parce que la situation est grave quand vous appelez les Français à choisir leur destin, quand vous appelez les Français à avoir une clarté sur leur choix, d'une vision de la société. Quelle société souhaitent les Français aujourd'hui ? Et dans cette interview de Nicolas Sarkozy, il dit effectivement que c'est un moment important et un moment grave pour le pays.

1:30
Présentateur

Il y a un risque de chaos, c'est ça ce qu'il prend.

1:31
Rachida Dati

Mais il dit aussi que, par exemple, dans cette interview, il y a un appel à ma famille politique de venir aux côtés de la majorité présidentielle pour poursuivre les réformes dont le pays a besoin. Parce qu'aujourd'hui, le sujet, c'est est-ce qu'on veut remettre en cause une orientation, une vision pour le pays ? Moi, je ne vous dis pas que c'est le chaos ou nous. Je vous dis que souhaitons-nous pour la France ? Est-ce qu'on doit poursuivre les mesures en faveur du pouvoir d'achat ? Qui sont évidemment, regardez, le retour des heures supplémentaires défiscalisées. On va revenir au programme, pour l'instant, on est sur le moment politique que l'on vit. Je vais vous dire, moi je suis surprise.

Vous avez vu M. Glucksmann, samedi ou vendredi, le gars, il a déroulé pendant... c'était un meeting. M. Jospin, hier, vous pouvez me laisser finir trois phrases. Voilà, c'est terminé, allez-y. Donc juste laissez-moi finir trois phrases. Ils sont interviewés de la même manière que vous. Non, non, j'invite les auditeurs à bien écouter. Ils ont déroulé sans que personne les relance. Allez-y, allez-y. Donc je vous dis, aujourd'hui, le choix pour les Français, c'est un choix de société. Est-ce qu'on veut une société avec des valeurs profondes qu'on défend qui sont la France ? La valeur travail, la valeur du mérite, la valeur évidemment aussi de la sécurité, de la protection des Français ?

Ou est-ce qu'on veut le chaos ? Est-ce qu'on veut le chaos dans les finances publiques ? Le chaos dans notre société, dans notre société économique ? Est-ce que vous voulez le chaos, l'explosion, une fracture, une dislocation de notre société ? Donc on en revient à vous le chaos en fait ? Non, en opposant les Français les uns aux autres. Je peux vous détailler le programme de l'extrême droite comme le programme de l'extrême gauche. Et donc, je vous dis, ces deux visions, ce sont des visions du chaos.

3:10
Présentateur

Comment expliquez-vous la dynamique électorale de l'extrême droite ? Qu'est-ce qui en est le moteur depuis maintenant 20 ans, au point que le RN parvienne aujourd'hui à incarner une possible force d'alternance ?

3:25
Rachida Dati

Moi, je veux vous dire, c'est un témoignage très personnel aussi que je veux vous dire. On en est là aussi aujourd'hui, parce que pendant très longtemps, on n'a pas voulu se préoccuper de questions majeures. En cela, je vous renvoie à la tribune d'Ariane Mouchkine, qui dit les choses avec des mots très justes. Et vous savez très bien, nous ne sommes pas sur des visions politiques semblables. Pas du tout. Que dit-elle ? Elle dit, c'est vrai, que nous, l'élite, on n'a pas voulu voir ce que les Français voyaient, on n'a pas voulu entendre ce que les Français nous disaient, et on n'a pas voulu reconnaître ce que les Français vivaient. On en est là aujourd'hui.

Moi, je me souviens que dans les années 80-90, j'étais encore chez mes parents, à la cité du bout du lac à Châlons-sur-Saône. Il y avait des problèmes d'insécurité. Que disait la gauche ? Elle disait, non, ça n'est pas un problème d'insécurité, c'est un problème de sentiment d'insécurité. Sur la maîtrise des flux migratoires, on nous disait, non, il n'y a pas de problème. On ne doit pas maîtriser les flux migratoires. On a favorisé le communautarisme. À quoi ça a conduit le communautarisme ? À la radicalisation. Et la radicalisation, ça a conduit à quoi ? Parfois, dans certains cas, au terrorisme. La différence, c'est que c'est vous qui êtes en fonction.

C'est vous qui gouvernez, c'est vous qui avez rejoint le gouvernement à terre. Oui, bien sûr. Mais moi, je veux vous dire, quand en 2007, Nicolas Sarkozy est élu, le Front National n'a jamais été aussi bas. Pourquoi ? Parce qu'on a pris à bras-le-corps des sujets qui minaient la société.

4:54
Invité

Alors, on suit votre raisonnement. Donc, Emmanuel Macron et Gabriel Attal n'ont pas pris à bras-le-corps les sujets.

4:58
Rachida Dati

Et justement, Emmanuel Macron, je veux vous dire, c'est le seul président qui a battu deux fois Marine Le Pen. Citez-moi une seule personnalité de gauche aujourd'hui qui est capable de battre le Rassemblement National. Citez-moi une seule personne. Personne n'est en capacité de le dire. Hier, quand j'entendais M. Jospin ici dire « Oui, les divisions m'ont fait perdre ». Non, ce n'est pas les divisions, c'est les Français qui l'ont fait perdre. Parce que, souvenez-vous d'un vauteur. Il dit « Je n'ai pas pris conscience du niveau d'insécurité dans notre pays ». C'est les Français qui l'ont fait perdre. C'est quand même le premier homme politique. Et là, on parle du présent.

31,5% le RN dimanche 9 juin. On le paye très cher, M. Gauze. On le paye très cher. Parce que personne n'a voulu, à un moment donné, prendre conscience des problèmes qui fracturent notre société. Quand je vois le programme de l'extrême-gauche qui dit « Dès lors où ils prendraient le pouvoir, ils abrogeraient la loi sur le séparatisme ». Vous savez ce que ça veut dire ? C'est un signal qu'on donne à l'islam politique. Moi, je ne veux pas que l'islam politique prenne le pouvoir dans ce pays.

5:53
Présentateur

Rachida Dati, que dites-vous à ceux qui pensent que l'ERN est le seul parti qu'on n'a pas essayé ? On entend beaucoup ces expressions-là dans divers reportages que ça ne pourra pas être pire que ce qui existe aujourd'hui ou a pu exister par le passé. J'imagine que vous croisez des Français qui doivent vous dire ça. Vous leur dites quoi ?

6:18
Rachida Dati

Mais M. Domorand, c'est plus facile de défaire que de faire. En 1983, on a désindustrialisé le pays. On a mis 40 ans à recréer de l'emploi industriel. Donc défaire, c'est plus facile que refaire. Quand on a disloqué le pays, qu'on a favorisé le communautarisme, vous avez vu, on en est aujourd'hui. On en est à devoir dire « Je ne veux pas d'un modèle de société infiltré, gangréné par l'islam politique ». Voilà où on en est. On en est à se battre pour l'égalité homme-femme dans notre pays. On en est à constitutionnaliser les VG parce qu'on a peur que ce droit acquis, en 1974, soit remis en cause. Voilà où on en est. Voilà où on en est.

Alors quand vous voyez Jordan Bardella s'adresser aux Françaises. Aujourd'hui, quand on est... On a tous une responsabilité collective. Vous n'en avez pas une, vous, les journalistes ? Vous ne vous mettez pas en cause ?

7:03
Invité

Pour l'instant, on vous pose des questions. Non, parce que ça nous concerne tous. Là, je ne suis pas en train de vous dire... Vous parliez des femmes.

7:08
Rachida Dati

M. Gauze, je ne suis pas en train de vous dire « Votez pour moi ». Je vous dis « Vous, vous n'avez pas de responsabilité ».

7:13
Invité

Le sujet ce matin, c'est « Qu'est-ce que vous faites face à l'extrême-droite ? » Le président du RN, Jordan Bardella, s'est justement adressé aux Françaises. Hier, dans une vidéo, vous parliez de la constitutionnalisation de l'IVG. Demain, disait-il dans cette vidéo, hier après-midi, « Je serai le Premier ministre qui garantira de manière indéfectible à chaque fille et à chaque femme de France ses droits et ses libertés ». Comment vous recevez ce message ? En 2024, le président du RN qui dit « C'est moi qui protégerai les libertés des femmes ».

7:38
Rachida Dati

Moi, je les ai entendus à l'Assemblée nationale de dire finalement « On peut vous essentialiser » comme le fait d'ailleurs l'extrême-gauche. Certains le font sur l'origine, sur la religion, au-delà de votre nationalité, votre citoyenneté. Ils vous essentialisent à une religion ou une identité qui n'est pas forcément la vôtre. On veut vous enfermer dans une identité. Les autres, ils veulent vous confiner à quoi ? À la maternité ? À la femme au foyer ? On l'a entendu à l'Assemblée nationale ? Moi, je ne me laisse pas leurrer par ça. Ça se saurait. Regardez, ils ont voté contre la constitutionnalisation de l'IVG. Les votes ont été marines ne pas n'a voté pour.

Et moi, je vais vous dire, il y a certains, nous avons, dans notre pays, il y a certaines femmes qui ne peuvent pas y accéder. Donc, ce droit, demain, peut être mis en cause. Moi, je vais vous dire, on a acquis, des femmes ont acquis leur liberté contre toutes les formes de totalitarisme. L'islam politique, ces gens qui veulent nous confiner à la maternité, qui ne veulent pas qu'on travaille en disant qu'on est aussi, je l'ai entendu, une cause du chômage.

8:32
Invité

Alors, comment vous expliquez qu'il y a quasiment autant de femmes que d'hommes, désormais, qui votent RN ? Ça, c'est une grande nouveauté dans l'électorat de 2024.

8:39
Rachida Dati

Ce n'est pas une grande nouveauté, c'est une lame de fond. Moi, je prends toujours comme exemple, lorsque j'habitais chez mes parents, nous avions une délinquance, nous avions des violences urbaines, on brûlait les voitures, on cassait les voitures, on cassait les boîtes aux lettres, rappelez-vous, on disait, on ne peut pas passer dans un hall d'immeuble. Moi, je me souviens, il y avait des jeunes qui habitaient dans les caves, donc on était dans une violence visible et bruyante. Et subitement, c'est devenu silencieux. C'est devenu très silencieux, pas souterrain, silencieux. On a eu l'arrivée du trafic de stupes. On a eu l'arrivée des grands frères. Merci la gauche.

On a eu l'arrivée de ces grands frères qui devaient faire la morale et s'occuper de ces jeunes dans certains quartiers. Et tout le monde s'est fermé les yeux. Tout le monde a fermé les yeux. Je ne veux pas d'une société de grands frères. Je ne veux pas d'une société où on nous enferme dans une identité qu'on nous essentialise à une condition ou à une identité qu'on ne veut pas. Quand j'entends l'extrême gauche qui dit finalement c'est une liberté de porter la baïa, vous avez rencontré des jeunes filles. Vous pensez qu'elles disent oui ma liberté mon émancipation c'est le porter une abaya ou le foulard. Je ne suis pas d'accord avec cette société.

Je vais vous dire moi je vais vous dire ces deux extrêmes sont dangereux pour le pays. Il y a une équivalence

9:52
Présentateur

pour vous entre les deux extrêmes je mets la question des femmes que posait Yael de côté. Entre un parti. En soi Gabriel Attal dit qu'il veut éviter au pays la catastrophe des extrêmes. Donc nouveau Front Populaire Rassemblement National il y a équivalence pour vous ?

10:09
Rachida Dati

Moi je vais vous dire vous allez vous-même faire égal pas égal entre un parti qui trie les français qui les trie vous êtes français ou pas vous êtes vrai français ou pas ou raciste et un parti qui dit l'antisémitisme c'est un détail et qui vous renvoie à une identité une religion que vous ne voulez pas qui vous enferme.

Hier j'entendais un responsable de la France Insoumise qui disait on a eu des candidats qui sont du quartier populaire ils vont s'occuper des quartiers populaires ils vont rester dans leur quartier c'est ça l'intégration c'est ça la citoyenneté regardez leurs photos de famille elle est où la diversité dont ils se gargarisent elle est où l'inclusion c'est tous des bobos d'où la question suivante d'où la question suivante qu'est-ce que vous ferez c'est un club et moi je vous dis qu'est-ce que vous ferez en cas de second tour François Hollande je le connais bien je le connais bien j'ai honte qu'il fasse campagne avec des antisémites ou des fiches

11:00
Invité

vous pouvez pas le taxer d'antisémitisme

11:01
Rachida Dati

il fait campagne avec des antisémites il fait campagne avec des fiches S mais monsieur Gauze quand j'entends monsieur Jospin qui dit c'est pas très grave d'avoir un fiches S il sera noyé dans la masse monsieur Gauze demain vous aurez un journaliste ou un collègue qui sera fiches S vous voulez travailler avec lui je crois pas donc une personne fiches S c'est un danger y compris pour la protection donc si on vous suit

11:20
Invité

si on vous suit c'est le nini en cas de deuxième tour de duel RN Front Populaire vous êtes confortable non non non c'est très important ça sera la clé du scrutin et de la suite

11:29
Rachida Dati

la clé c'est d'appeler à la responsabilité des français quel est le modèle de société que vous voulez moi je fais campagne jusqu'à la dernière seconde et puis peut-être que le lendemain vous m'inviterez mais cette clarification est nécessaire vous ne choisissez pas entre les deux la clarification c'est de dire quel est votre modèle de société est-ce que vous voulez qu'on préserve nos valeurs c'est revaloriser le travail c'est réduire les inégalités l'égalité homme-femme qu'on puisse protéger notre société avoir de la sécurité qu'on puisse avoir une maîtrise effilibratoire voilà est-ce que c'est ce modèle-là que les français veulent ou est-ce qu'ils veulent le chaos est-ce qu'ils veulent une dislocation de notre société qu'on oppose les français les uns aux autres vous ne m'écoutez pas là vous regardez non non

12:08
Invité

on prépare la question suivante

12:09
Présentateur

c'est normal

12:09
Rachida Dati

donc vous n'écoutez pas la réponse

12:11
Présentateur

sur le plan économique

12:13
Rachida Dati

non c'est vous qui résumez arrêtez monsieur Gauze c'est confort vous êtes confort allez dire ça aux techniciens de votre radio et aux secrétaires et tous les gens que je salue tous les jours à chaque fois quand ils seront privatisés allez leur dire dans votre petit confort alors c'est Nini vous attendez quoi la bonne phrase moi je suis sur le fond je défends mon pays je défends ses valeurs je défends le pays qui m'a permis d'être en face de vous aujourd'hui voilà ce que je défends

12:37
Présentateur

vous défendez également un programme quelle est la mesure phare du programme de la majorité présidentielle du camp présidentiel dans cette élection selon vous Rachida Dati

12:49
Rachida Dati

la force d'Emmanuel Macron c'est qu'il n'a pas augmenté les impôts sur les classes moyennes c'est qu'il a remis le travail au centre de son projet politique c'est-à-dire les heures supplémentaires défiscalisées c'est bien travailler plus pour gagner plus quel français peut croire que vous allez travailler moins et gagner plus c'est un leurre là on se moque des français réduire les inégalités les écoles les classes dédoublées les études dirigées vous voulez dire là en ce moment il y a la révision du brevet du bac de pouvoir accueillir des enfants où les parents ne peuvent pas accueillir dans leur appartement ou dans leur maison où ils n'ont pas évidemment le temps de pouvoir s'en occuper d'accueillir des enfants pour les aider à réviser voilà c'est ça la promotion et l'ascension et l'ascenseur social et puis de la même manière moi je pense à tous ces profs qui vont prendre leur fonction à la rentrée où leur salaire a été augmenté de 150 à 200 euros par mois je pense à tout ce personnel soignant qui bénéficie du moins de montants en termes d'augmentation voilà ce qu'on voudrait amplifier donc si votre camp gagne

13:47
Présentateur

ce sera la continuité c'est ça

13:49
Rachida Dati

c'est amplifier c'est de pouvoir amplifier c'est pour ça que moi je pense qu'en 2022 les français quand ils ont donné une majorité relative au président de la république ils ont pensé qu'on était capable de faire des compromis

14:00
Invité

donc il aurait fallu faire une coalition avec la droite LR que vous incarniez à l'époque

14:03
Rachida Dati

dès 2022 mais nous on l'a appelé je ne suis pas la seule Jean-François Copé et d'autres républicains responsables on l'a appelé à ça parce que nous notre rôle nous sommes une famille politique de gouvernement nous ne sommes pas dans l'opposition stérile on n'est pas pour la politique du pire nous on aime la France et les français voilà on aime tous ceux qui vivent en France

14:23
Invité

quelques mots justement sur votre ancienne famille politique 62 candidats ont été investis sous la bannière des amis d'Éric Ciotti c'est le terme allié au RN avec un micmac d'étiquettes dont on ne sait plus si on doit les qualifier de LR ou pas c'est la confusion sur les affiches qui se ressemblent toutes imaginez-vous possible imaginez-vous possible un tel vaudeville à droite dans la famille politique de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy

14:47
Rachida Dati

je suis tellement triste cette famille qui a fondé la 5ème république cette famille gaulliste qui a donné les grands présidents de la république c'est un parti de responsabilité et de gouvernement je suis tellement triste de tout cela

14:58
Invité

vous lui avez dit à Éric Ciotti vous lui avez parlé vous êtes amie dans la vie oui

15:02
Rachida Dati

vous savez j'ai de l'amitié et pour lui je lui ai dit je suis triste de tout ça

15:08
Invité

il vous répond quoi ?

15:09
Rachida Dati

il est convaincu il est convaincu de sa ligne il est convaincu de cela mais rappelez-vous on avait eu déjà une petite fracture entre nous quand il est sur le deuxième tour où il avait dit qu'il appellera à voter Zemmour plutôt qu'Emmanuel Macron voilà vous connaissez vous savez très bien comment Éric Zemmour m'a traité a traité ma famille et a traité ma fille donc ça n'est pas ça n'est pas ma vie c'est pas mon engagement politique là aujourd'hui moi j'en appelle aux français à la responsabilité moi je veux un pays où il y a on remette un peu de fraternité pas d'opposition pas une extrême gauche qui vous renvoie à des origines ou à une identité dont vous n'êtes jamais prévalu ou un parti qui trie qui dit il y a des vrais français pas de vrais français voilà les projets politiques

15:55
Présentateur

c'est communautarisme ou racisme à vous entendre c'est ça on peut le formuler comme ça

16:00
Rachida Dati

qui amène à la radicalisation c'est ça moi qui me fait peur vous savez je vais vous donner un autre exemple c'est pour ça que moi j'ai eu de la peine d'entendre vous savez très bien que j'écoute votre radio j'ai eu de la peine d'entendre hier Lionel Jospin mais pourquoi ? j'ai eu de la peine pourquoi de la peine ? rappelez-vous son déplacement d'ailleurs quant au moment du conflit israélo-palestinien vous vous souvenez ?

des images il était caillassé ça quand vous êtes un homme d'état ça vous fait réfléchir dans sa formation la formation qu'il soutient il dit le Hamas ils disent le Hamas c'est un mouvement de résistance mais attendez attendez je termine juste là-dessus c'était avant l'accord du Front Populaire pardon mais les choses ont changé non alors monsieur Gouze écoutez massacre terroriste du Hamas c'est écrit noir sur blanc lutte contre l'antisémitisme c'est écrit noir sur blanc ils commettent des actes terroristes ils ne veulent pas dire que c'est une organisation terroriste et madame Pannot a dit c'est une organisation organisation aussi de résistance

16:53
Invité

massacre terroriste c'est écrit sur l'accord

16:55
Rachida Dati

l'organisation elle est qualifiée de terroriste ou pas ? théocratique et ça ne vous gêne pas ?

16:59
Invité

les massacres sont terroristes ça ne vous gêne pas je vais vous dire

17:01
Rachida Dati

non non on ne va pas vous faites comme si on ne va pas ce n'est pas grave on les nourrit ce n'est pas grave je vais vous dire pourquoi vous mettez tout dans le même sac non j'ai été magistrat vous savez au moment à un moment donné Daesh on avait dit que c'était une organisation humanitaire nombre de jeunes qui se sont retrouvés nombre de jeunes filles qui se sont retrouvées prises au piège prisonnières qu'on retrouve aujourd'hui dans nos prisons françaises ces filles-là elles sont détruites ce sont des bombes à retardement pour notre société française oui vous dites on met tout dans le même sac je veux dire ce qu'il y a dans ce sac dans ce sac il y a des bombes à retardement pour la société française et moi

17:34
Présentateur

je veux donner la parole aux auditeurs de France Inter Rachida Dati Jean-Pierre bonjour bonjour France Inter beaucoup d'émotion de vous entendre ce matin et juste je voudrais dire qu'hier l'interview de monsieur Jospin elle était audible aujourd'hui c'est difficilement audible et j'entends beaucoup beaucoup de rancœur donc je voudrais dire à madame Dati je vois votre parcours vos zigzags politiques tout ce que vous avez dit contre Macron avant de faire partie de son gouvernement vous veniez des républicains et maintenant comment voulez-vous nous qui avons voté à gauche qui avons toujours voté à gauche et plusieurs fois j'arrive plus à les compter trois ou quatre fois on nous a dit votez Macron parce qu'il va faire barrage au Front National et donc aujourd'hui vu les zigzags politiques que vous avez fait je ne peux difficilement entendre ce que vous avez à dire à ma personne mais surtout à tous les gens de gauche qui ont mis leur mouchoir sur leurs idées pour faire barrage au Front National Merci Jean-Pierre pour cette question importante et la promesse est donnée garantie que la réponse sera audible

18:47
Rachida Dati

Monsieur j'entends ce que vous dites en disant effectivement vous avez voté pour Emmanuel Macron certains pour faire barrage au Rassemblement National et d'autres par conviction sur son projet moi je n'ai jamais fait zigzag vous savez ma vie elle est cohérente moi je suis pour la France du mérite la France du travail la France de la protection la France de l'ascenseur social je n'ai pas bougé d'un iota moi je quitte un parti qui dit effectivement à un moment donné on peut voter Eric Zemmour au deuxième tour je quitte un parti où François-Xavier Bellamy sur des questions de société il était totalement en désaccord avec ce que j'incarne sur l'égalité homme-femme sur évidemment sur le respect des identités des uns et des autres je n'étais pas d'accord avec cela mon parcours il n'y a pas de zigzag il y a de la cohérence et de la conviction aujourd'hui Monsieur Jospin moi ça me gêne qui disent que d'être faire campagne avec un fiché S ça n'est pas un problème de faire campagne avec quelqu'un qui dit la police tue ça n'est pas un problème de faire campagne avec des gens qui ont revendiqué un antisémitisme c'est pas un problème voilà ce que je reproche à Monsieur Jospin j'aurais pensé que effectivement celui qui nous a amené Jean-Marie Le Pen au deuxième tour en 2002 aurait pris un peu de recul et de la hauteur et moi je vais vous dire j'ai des respects pour les hommes d'Etat quelles que soient leurs convictions politiques et leurs formations politiques mais là hier il m'a beaucoup déçu de dire que travailler avec un fiché S ça n'est pas grave et que des antisémites ça n'est pas grave voilà ce qui me gêne ça effectivement c'est pas un zigzag c'est de la démagogie qui est épouvantable voilà à quoi voilà dans quel bras on pousse la France c'est pas ma France

20:17
Présentateur

Question sur l'application elle revient à plusieurs reprises donc je vous la pose est-il vrai que vous projetez d'abroger le statut d'intermittent du spectacle ?

20:26
Rachida Dati

Pas du tout j'ai été très claire là-dessus ce statut a été mis en danger et quand je suis arrivée j'ai reçu les organisations syndicales j'ai reçu les représentants des intermittents du spectacle et je leur ai dit avec moi votre statut est protégé et vous serez protégé moi je ne peux pas mettre en précarité des gens qui permettent justement accéder à la culture pour le plus grand nombre

20:46
Invité

Avant l'annonce de la dissolution Rachidati vous portiez une réforme de l'audiovisuel public holding puis fusion des entreprises si vous retrouvez une majorité et que vous restez en poste est-ce que ce projet sera toujours d'actualité ?

20:57
Rachida Dati

Moi je veux vous dire il y a trois projets possibles la privatisation et plus de budget pour l'audiovisuel public deuxième le statu quo et c'est l'affaiblissement et la disparition de l'audiovisuel public et sinon moi je veux un audiovisuel public fort et vous le savez sur cette radio ça répond à l'auditeur précédent je n'ai jamais varié là-dessus moi je suis pour l'audiovisuel public fort rassemblée justement dans un contexte très agité et évidemment où vous avez des groupes privés qui se structurent et s'organisent et aussi avec les plateformes et dans un contexte aussi avec une forte désinformation et vous savez très bien que j'avais obtenu ce qui n'était pas gagné la sanctuarisation notamment d'un financement pour un audiovisuel public fort rassemblée indépendante et pluraliste et tout ça s'est écroulé

21:41
Invité

avec la dissolution

21:42
Rachida Dati

il a été adopté en commission donc si si les français nous font confiance ce projet ira à son terme

21:49
Présentateur

vous l'avez dit on sait que le rassemblement national veut privatiser l'audiovisuel public question posée à la ministre de la culture est-ce techniquement faisable en combien de temps et avec quelles conséquences sur le secteur entier ?

22:06
Rachida Dati

dans le texte nous avions la création d'une holding exécutive au 1er janvier 2025 et puis la société unique au 1er janvier 2026 moi j'ai reçu l'ensemble des organisations syndicales j'ai reçu

22:17
Présentateur

ma question était sur le vous me demandez le calendrier

22:21
Rachida Dati

la faisabilité

22:21
Présentateur

non non la faisabilité de ce que dit le rassemblement national à savoir la privatisation de l'audiovisuel public

22:28
Rachida Dati

moi je ne suis pas favorable moi je ne suis pas favorable pour une privatisation on a des groupes privés voilà là en tous les cas on sait ce que ça peut être moi je suis vous savez moi je crois au service public je crois au service public de la culture et moi je vais vous dire sur la culture de la même manière soit vous aurez une culture dirigée et dirigiste c'est l'extrême gauche soit vous aurez la disparition du service public de la culture moi je pense que le service public de la culture c'est la liberté de création avec un soutien fort de l'état

22:56
Invité

voilà toute dernière question le 2 juillet la cour d'appel de Paris rendra sa décision concernant votre requête on parle de l'affaire Carlos Ghosn dans laquelle vous êtes toujours mis en examen en clair la justice veut savoir si vous avez vraiment effectué un travail en échange d'un versement de 900 000 euros de la part de Renault est-ce que vous redoutez cette échéance du 2 juillet

23:12
Rachida Dati

moi je ne redoute rien du tout voilà ma vie moi je fais confiance à la justice cette décision je l'accepterai telle qu'elle sera voilà nous sommes encore dans un état de droit monsieur Ghosn

23:24
Invité

bien sûr quelques questions rapides pour finir les JO approchent les organisateurs se demandent si la scène sera assez propre pour accueillir les épreuves de nage en eau libre vous avez ironisé hier sur le coût de l'assainissement non j'ai pas ironisé et le rendez-vous reporté d'Anne Hidalgo qui promettait de se baigner dans la scène est-ce que c'est du JO bashing

23:40
Rachida Dati

non mais attendez mais c'est pas j'ai ironisé c'est un milliard 4 pour rendre

23:45
Présentateur

c'est de l'argent mal dépensé

23:47
Rachida Dati

non mais c'est pour rendre la scène baignable 1 milliard 4 donc j'espère qu'elle sera baignable

23:52
Invité

pour les JO olympiques une fois par siècle

23:54
Rachida Dati

et les nageurs doivent prendre un traitement avant pendant et après c'est pour ça que j'ai pas ironisé 1 milliard 4 c'est l'argent des français

24:03
Présentateur

pour ne pas dire

24:04
Rachida Dati

des parisiens

24:05
Présentateur

merci Rachida Dati d'avoir été au micro d'Inter ce matin c'est toujours un grand plaisir il est 8h48

24:12
Rachida Dati

vous le savez c'est l'argent