L'invité d'Apolline Matin : Pouvoir d’achat, l’inquiétude des Français ! - 10/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteÉludée
Comment on fait pour s'adapter ?
- 2:36OuverteÉludée
Est-ce que les conséquences peuvent être aussi sociales ?
- 4:47OuverteÉludée
La question de la ruralité qui est plus exposée.
- 5:50OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous sentez dans l'état d'esprit des gilets jaunes ?
- 6:43OuverteRéponse directe
Est-ce que vous voyez les élections comme un moment pour exprimer vos choix ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18PrésentateurChiffre
« 2,30 euros en moyenne le litre de gasoil. »
- 0:21PrésentateurChiffre
« 2,12 pour le sans-plomb, ça c'est la moyenne. »
- 0:42InvitéChiffre
« Avec le prix du carburant de 2021, on avait 10% des Français qui consacraient à l'essence plus d'un mois de leur revenu annuel. »
- 0:52InvitéChiffre
« Avec les prix du printemps 2026, et on était autour de 80 dollars, on passe à 20% des Français qui consacrent au carburant plus d'un mois de leur salaire. »
- 1:59InvitéFait
« À 2 euros, les gens chez nous, donc en Moselle et dans l'Eure, à 2 euros le litre, les gens ne peuvent pas vivre. »
- 4:12InvitéChiffre
« Dans nos études, on a encore 60% des Français qui se disent soit gilets jaunes, soit soutien des gilets jaunes. »
Temps de parole
- Présentateur36 %
- Invité26 %
- Auditeur17 %
- Invité 210 %
- ?5 %
- Invité 35 %
≈ 22,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez
RMC.
Les
carburants qui battent des records, les fruits et légumes qu'il va falloir payer plus cher. Vous êtes de plus en plus nombreux à vous serrer la ceinture. Bonjour Philippe Moiti.
Bonjour.
Vous êtes économiste et cofondateur de l'Observatoire Société et Consommation. Les chiffres ce matin sont inouïs. 2,30 euros en moyenne le litre de gasoil. 2,12 pour le sans-plomb, ça c'est la moyenne. Et le gouvernement qui a annoncé hier qu'il n'y aurait ni baisse des taxes, ni plafonnement des prix. Ça veut dire qu'il va falloir vivre avec ces prix très élevés. Comment on fait pour s'adapter
?
On se sert la ceinture.
Il
s
'est
assorti hier une étude très intéressante
sur
la base de données de 2021. Il nous disait qu'avec le prix du carburant de 2021, on avait 10% des Français qui consacraient à l'essence plus d'un mois de leur revenu annuel. Avec les prix du printemps 2026, et on était autour de 80 dollars, on passe à 20% des Français qui consacrent au carburant plus d'un
mois de leur salaire.
Donc c'est considérable. On a déjà eu une augmentation de la pauvreté les années précédentes. On risque d'avoir
une explosion de la pauvreté. Ça va être
mécanique. Il y aura un changement aussi de comportement, forcément ?
Ah bah oui, on a vu qu'on essaye de rouler moins, et puis surtout on se sert la ceinture. On a posé une question à un échantillon de Français. 27% des Français nous disent avoir été très impactés par les conséquences de la guerre en Iran, et avoir beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts. Et c'est 27%, quand on regarde dans le détail, qui est le plus impacté ? Sans surprise, ça va être quoi ? Les personnes qui vivent en zone rurale ou périurbaine, avec des revenus qui sont faibles. Et là, vraiment, on a une zone de fragilité de la société française.
Arthur Chevalier.
Hier, pendant votre émission à Pauline de 9h à 10h sur BFM,
il
y avait à la fois Philippe Brun, député PS de l'Eure, et Laurent Jacobelli, qui est député RN de la Moselle, qui était d'accord sur un point. À 2 euros, les gens chez nous, donc en Moselle et dans l'Eure, à 2 euros le litre, les gens ne peuvent pas vivre. C'est impossible. Donc on se demande ce que fait un peu le gouvernement, parce que c'est une forme de suicide social, là. C'est fou. Un suicide
social. Le gouvernement
n'a plus les moyens d'agir. Il n'a plus
les moyens d'agir.
Il
faut
rappeler Philippe, pour resituer la période. Philippe Moëtti. 2025-2026,
c
'est la pire période pour le pouvoir d'achat depuis la Deuxième Guerre mondiale, à part la période 2012-2013, et 83-84, au moment où on avait serré les vis, au moment du tournoi de la rigueur de la gauche. Donc c'est une période extrêmement difficile.
Est-ce que les conséquences peuvent être aussi sociales ? Suicide social, disait à l'instant Arthur, Chevalier. On a entendu plusieurs auditeurs depuis ce matin. Margot, qui a 28 ans, qui est plongeuse dans un restaurant en Moselle, qui, elle, dit au fond qu'elle commence à arbitrer, à faire des choix, à peut-être renoncer à se soigner. On a Gaëtan tout à l'heure, qui lui était en Espagne, gros rouleur, puisqu'il est lui-même à la tête de son camion. Et il dit avec nos collègues, on en parle, la colère est immense désormais. Est-ce qu'il va y avoir des conséquences ? En même temps, il disait, moi j'ose plus sortir, parce que je n
'ose
plus sortir dans la rue, disait-il, parce qu'on a des emprunts à rembourser. Donc c'est une colère presque pire, j'allais dire, qui est rentrée.
Oui,
tout à fait. Ces personnes qui se disent très affectées par les conséquences de la guerre en Iran, quand on leur demande comment ils ont réagi,
en
fait, ils sont obligés de taper dans toutes les dépenses plaisir. Les sorties, le restaurant, le cinéma, etc. Ce qui met du sel dans la vie. Mais on a même 25% d'entre eux qui nous disent avoir renié sur l'alimentation. Alors, quand on est obligé de renier sur l'alimentation, quand on fait ses courses en comptant à l'europrès, si vous voulez, ça,
ça
crée un sentiment de colère, ça crée du ressentiment. Rappelez-vous, les gilets jaunes. C'était l
'essence déjà. C'était déjà une question d'essence. C'était déjà l
'essence. Et surtout qu'en parallèle, on sait, je ne
sais
pas si le commun des mortels a ça à l'esprit, que les inégalités ont augmenté, que la pauvreté s'est accrue ces dernières années. Donc ça, ça peut créer de la colère. Il faut un catalyseur. Sans catalyseur, ça ne partira pas. Mais les braises sont chaudes. Dans nos études, on a encore 60% des Français qui se disent soit gilets jaunes, soit soutien des gilets jaunes. On est au même étiage qu'au cœur de la crise des gilets
jaunes.
Ce qui est compliqué aussi,
c
'est que l'écart d'inflation auquel les Français sont confrontés est considérable.
Si vous êtes un
ménage urbain, vous n'avez pas de voiture, etc., vous ne fumez pas, vous avez une inflation qui est à 1,5-2%. Si vous êtes un ménage qui vit effectivement dans une maison qui a du carburant à payer, etc., vous pouvez être confrontés à une inflation de 9 à 10%. C'est pour ça qu'à la fois, les Français épargnent beaucoup, globalement, mais qu
'il
y
en
a aussi beaucoup.
Avec
cette question que vous disiez à l'instant, qui est aussi la question de la ruralité qui est évidemment plus exposée. Thomas nous appelle de Seine-et-Marne. Bonjour Thomas.
Vous
êtes agent administratif et je crois justement que vous vous faites beaucoup de routes. Vous faites jusqu'à 100-130 km par jour, c'est ça ?
Oui, c
'est ça. 130 km par jour, oui.
Alors, comment vous faites
?
On rogne sur d'autres dépenses, comme vous l'avez dit précédemment. Au restaurant, ça fait des années avec ma femme qu'on n'en a pas fait. Les courses, on achète du premier prix. Alors, on nous dit qu'il faut manger sainement, des choses comme ça, des fruits et des légumes.
on
voit le prix que ça coûte, c'est hors de prix. Regardez un exemple tout bête. Pour mon fils, on a acheté des kiwis parce qu'il aime bien les kiwis. 1,20€, le kiwi. Le kiwi ? Non mais le kiwi. Oui, le kiwi. Donc, on nous demande de manger sainement mais en fait, c'est hors de prix pour nous, pour les classes moyennes. est
-ce
que Thomas, au-delà de cette vie quotidienne où chaque jour, vous êtes en train de regarder évidemment le prix du kiwi et de devoir renoncer, est-ce que vous vous dites qu'il va falloir à un moment qu'on arrive à l'exprimer, est-ce que vous vous sentez, comme posait la question à l'instant mon invité, est-ce que vous vous sentez dans l'état d'esprit des gilets jaunes d
'il
y
a
quelques années
?
Oui, c'est sûr. Moi, j'ai l'intime conviction et je l'espère fortement qu'un jour ou l'autre, ça va péter. Ça va péter très sérieusement parce que
dans
l'histoire de la France, c'est ce qui est arrivé, les révolutions, les choses comme ça et là, en fait, les gouvernements successifs sont en train de faire monter la sauce
et
tout le monde, à l'heure actuelle, effectivement, est un peu résigné. On essaye de faire face mais voilà, à chaque
fois que... J'espère que ça va
péter. Thomas, je peux vous poser une question. Il va y avoir des élections cette année. Est-ce que vous vous dites, bon, comme il
y
a des élections, à la limite,
ça
permet aussi que ce soit à ce moment-là qu'on exprime nos choix. Est-ce que vous voyez les élections comme une sorte, justement, de moment où vous pourrez exprimer votre décision en choisissant le candidat qui vous conviendra
?
Pas du tout. Pas du tout. La
vie démocratique ne répond
pas à cette colère pour vous
?
Non, parce que pour nous, Français, ils sont tous pareils.
Ils
sont tous pareils.
C
'est juste que la place est bonne à prendre
et
que les Français, ils n
'en
ont rien à foutre.
Thomas, merci de
votre témoignage.
N
'hésitez pas à revenir régulièrement. Je crois que c
'est
la première fois que je vous accueille à l'antenne et c'est important aussi d'entendre ce genre de témoignage. Merci à vous, Philippe Moati. Je rappelle que vous êtes le cofondateur de l'Observatoire Société et Consommation. Ce que vous avez exprimé, on l'a ensuite entendu vraiment illustré aussi par le propos de Thomas. Merci à vous.