Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSud Radio (sur YouTube)· 19 août 2025 16 min

Frédéric Leturque : "Les maires sont fatigués"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour à vous et et bienvenue Frédéric le Turc. Bonjour à vous. Vous êtes le maire centriste d'A, président de la communauté urbaine, conseiller régional des Haut-Fance, également vice-président de l'AMF, l'association des Mes de France, Frédéric le Turc, bien loin de de Washington.

Quel aura été le quotidien du maire d'Aras durant l'été et ses priorités ? Bah, écoutez, je pense qu'un un maire euh comme tous les maires de France reste branché euh connecté sur le terrain, proche de sa population. Euh c'est souvent l'occasion d'organiser beaucoup de festivités, beaucoup de moments conviviaux parce que tous les habitants ne partent pas en vacances et et que l'idée en fait c'est autant de pouvoir accueillir les enfants dans des centres de loisirs, de pouvoir accueillir des jeunes dans des activités éducatives et positives et puis aussi d'être proche des familles, proche de du terrain, c'est finalement le quotidien des mères et et même si on est loin de Washington comme vous le dites, on regarde aussi l'actualité dans le monde.

Ça nous intéresse, ça nous concerne. Verdict le turc, l'actualité au cœur de l'été nous ramène au souvenir douloureux du drame qu' a traversé à Race et tout le pays il y a moins de 2 ans. Il se trouve que trois détenus de la prison de Strasbourg mois de juillet là ont été soupçonnés de tentatives d'évasion et parmi eux figure Mohamed Mogouchov, c'est ce russe de 20 ans auteur de l'assassinat le 13 octobre 2023 de de Dominique Bernard professeur agrégé de lettrre de 57 ans au lycée Gambetta Carnau d'Aras. tuer, souvenons-nous de plusieurs coups de couteau.

Ce drame reste aujourd'hui pour vous un choc Frédéric Lurc, une blessure qui qui ne s'est pas refermé, hein. Ah bah, exactement. Je pense qu'on a été euh tout choqué par ce qui est arrivé.

D'autant plus que c'est une famille qui n'était pas d'Aras mais qui résidait sur Aras. Euh ce jeune avait été scolarisé au lycée Gambétin et c'est toute la communauté éducative qui a été euh qui a été frappée. on travaille depuis 2 ans au côté de son épouse pour essayer de de marcher en sur un chemin de de résilience qui n'est pas obligatoirement très très simple mais qui nous conduit euh à fédérer la population, à essayer en fait de dépasser finalement ce choc et et surtout à défendre une certaine idée du vivre ensemble parce que je pense que cet acte là ne doit pas nous faire dévier d'une certaine idée en fait de ce que doit être la communauté rageoise et d'une manière générale le monde.

Oui. les une certaine idée de la République également. L'auteur de l'attentat Mogouchov avait prêté, souvenons-nous à les gens au groupe État islamique.

Ça était un ancien élève he de l'établissement que nous avons cité. Il était il a dit aux enquêteurs mu par une haine de la France, il y avait une cette vague d'émotion nationale. Le procès euh qu'en est-il Frédéric le Turc ?

Il va démarrer ? Le procès est engagé. Donc je vous ferai pas de commentaire sur sur le le sujet, mais en tout état de cause, c'est quelque chose que l'on regarde attentivement et et qui nous rappelle finalement deux ou trois choses.

Un, c'est qu'il faut savoir être accueillant accueillant. Je pense qu'on est un pays d'accueil naturel, mais en même temps, il faut qu'on sache en fait être vigilant parce queon ne peut pas non plus en fait laisser se développer dans le pays toute une série de d'actes et de comportements qui sont en dehors des clous de ce que la République nous offre au quotidien. Alors justement Frédéric le Turc à Aras, vous revendiquez un engagement total sur les questions de sécurité.

D'ailleurs, vous vous préférez l'expression tranquillité publique ? Est-ce que c'est une façon d'euphémiser le réel ? voilà de fémiser le le réel nom en tout cas de l'adoucir de de considérer en fait qu'on ne vit pas dans une ville aux violences quotidiennes que l'on a su en fait depuis ces 30 dernières années construire un certain nombre de d'actions qui finalement par la vidéo protection par une équipe de police municipale sur le terrain armée par une coopération avec la police nationale par une relation avec aussi des acteurs sociaux qui travaillent dans la proximité, qui sont sur le terrain avec des éducateurs de rue.

On a su construire finalement une communauté qui avance plutôt intelligemment, mais en fait on est vigilant, on est conscient de ce que la société aujourd'hui peut connaître comme dérive. Donc on est acteur de la sécurité. On essaie de mobiliser aussi les habitants parce que je pense que la sécurité ne peut pas passer euh par une sorte d'indifférence de l'opinion publique.

Donc c'est un travail en commun que l'on fait au quotidien. Vous êtes un des premiers à avoir signé ce ces fameux CSI les les contrats de sécurité sécur intégré. Oui.

Oui. C'est-à-dire c'est que ça qui en fait bah qui globalement engageait autant la ville avec la police municipale que la police nationale avec l'État et qui conduisait à ce que on marche ensemble sur un chemin de tranquillité publique et de sécurité et qui est pas en fait une sorte de débordement ou de dép d'un certain nombre de de d'actions de de police de la police nationale sur la police municipale. Je pense que c'est un travail collectif et qui ne doit pas en fait démonétiser la place et l'importance que représente la police nationale et la gendarmerie sur notre territoire.

Vous estimez, Frédéric Lurc, que l'État n'a plus les moyens aujourd'hui de protéger nos villes, euh nos communes, que les communes, que les villes doivent euh justement euh s'armer euh avec des polices municipales haut niveau. L'État est en train de de reculer. Dire que l'État recule, en fait, c'est ça serait faux. dire que l'évolution de la société conduit à ce qu'on soit dans une un engagement collectif, c'est plutôt le sens de mon de mon propos.

Je pense qu'on a on est dans une société en fait qui a besoin de de travailler plus collectivement, qui évolue rapidement avec des faits de société qui sont de plus en plus lourds, qui nécessitent d'être regardé, je dirais au quotidien. Euh c'est pour ça en fait que euh la vidéoprotection euh les caméras qui étaient quelque chose je dirais de regarder avec euh beaucoup de distance il y a 30 ans en fait ici sur Aras euh est devenu un un élément euh présent dans le quotidien. On a 600 caméras qui sont développées sur le territoire.

On a un projet de centre de supervision plus important avec 1000 caméras d'ici 2028 et sans être dans une société ultra sécuritaire, je pense qu'on a besoin en fait de travailler ces questions-là parce que ce sont des priorités et des questions que se posent aussi nos concitoyens. Donc on se doit leur apporter des réponses rassurantes. Quand vous voyez certains responsables politiques qui parlent justement de démonter les caméras en question, qu'est-ce que vous leur dites ? que c'est nul euh que quelque part en fait il faut avoir conscience euh que euh ce sont des outils qui viennent au service euh d'hommes et de femmes qui assurent la sécurité au quotidien et que celles et ceux en fait qui euh tournent le dos à ce type de euh d'outils sont certainement des personnalités qui n'ont pas compris en fait que ces outils étaient là pour aider le travail des hommes et des femmes qui veillent sur notre sécurité.

Frédéric Lurc, vous avez déclaré que l'éducation était un sujet majeur, que vous vouliez investir dans l'éducation des jeunes. Est-ce que c'est une déclaration cosmétique ou est-ce que vous vraiment vous engagez des actions concrètes sur le terrain ? Qu'en est-il ?

C'est une c'est un engagement, c'est une conviction. C'est ce qui m'anime depuis depuis 30 ans, depuis que je suis engagé. Ça correspond à concrètement Frédéric le tur.

Bah concrètement, ça veut dire en fait essayer de considérer que la société elle est elle est multiple, que en fonction de son lieu de naissance, en fonction de son lieu de de vie, en fonction de son lieu de scolarisation, les capacités de réussite ne sont pas obligatoirement toujours les mêmes. Il faut les accompagner, faut les aider, il faut les pousser. Il faut considérer en fait que l'avenir d'une société, l'avenir d'un pays, l'avenir d'une ville passe par la réussite de sa jeunesse, par la manière dont elle prend confiance en elle, dont elle voit que l'on lui fait confiance aussi pour réussir des projets, des actions et on pousse au maximum tous les moyens que l'on peut pour essayer de faire que autour des enfants, avec les familles, avec les enseignants qui font un un remarquable travail, on puisse essayer de de faire réussir un un maximum de jeunes et et et ces jeunes sont la fierté finalement d'une commune et et la fierté d'un pays.

Si on veut construire l'avenir, il faut en fait que l'on puisse mettre encore plus de moyens sur l'éducation. Vous dites que c'est un début de réponse à ce à quoi nous assistons aujourd'hui dans sur l'ensemble du pays, quelle que soit la taille des communes, des villes, hein, c'est-à-dire des des jeunes gens qui qui versent dans le narcotrafic, dans la délinquence. Bah, c'est une manière en fait de de tendre la main à toute une jeunesse qui a besoin en fait de retrouver le chemin de la rigueur, de l'espoir, de la définition d'un projet personnel, d'un projet familial.

C'est une manière de montrer que la réussite, l'ascenseur social ou l'escalier sont toujours possibles pour tous et finalement en fait le pays est confronté à des temps de difficultés aujourd'hui qu'on a l'impression que il y a certes les discours peut-être que vous agissez sur Aras mais on a l'impression qu'il y a une forme d'abandon national de ces de cette dynamique là. Non non, je suis pas d'accord avec c avec ça en fait. Je pense qu'il y a pas d'abandon.

Il y a simplement en fait un besoin de revisiter, je pense nos modèles, nos convictions, la manière dont on pensait en fait bien de faire les choses il y a quelques décennies avec l'accélération du monde, avec les réseaux sociaux, avec le la digitalisation de la société, avec l'évolution en fait de la vie, on a besoin de revisiter nos fondamentaux en les cadrant en fait sur des bases fortes que sont les valeurs de la République, mais en faisant finalement que on s'adapte et on donne en fait à à ces jeunes une capacité de réussir en fait parce que ce sont eux qui inventent finalement la société de demain. Faut leur faire confiance en fait et il faut arrêter de d'être en défiance par rapport à toute cette jeunesse qui est a plein de capacités, plein de ressources, plein d'énergie et et plein de plein plein plein d'idées pour innover parce que notre société elle avance résolument et elle avance rapidement. Frédéric le Turc Aras, c'est tout à fait autre chose.

Aura souffert, j'imagine, de la canicule comme partout en France. Où est-ce que vous en êtes dans la lutte contre le changement euh climatique ? Très concrètement, vous faites quoi ?

Vous vétalisez à race ? On végétalise à race ? Oui et non puisqueon on est on a la chance d'être une ville moyenne en plein cœur de campagne.

On est entouré en fait d'espace vert de de forêt de d'un tissu agricole qui est assez fort. Mais ce qu'il faut en fait, c'est que dans cette ville qui a été très minérale, qui a été construite avec des places monumental organisé autour en fait des pavés et de la pierre en fait, on puisse végétaliser. Végétaliser, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire les cours d'école. Ça veut dire ramener de la nature en ville, ça veut dire planter des arbres. On plante ici dans la communauté urbaine à peu près 40000 sujets par an, c'est-à-dire autant de tiges que l'on a d'habitants sur la ville d'Aras.

Donc c'est un engagement qui est fort. On a démultiplié les mobilités douces. On essaie en fait de faire que on vive dans un environnement qui soit apaisé, qui qui gagne en fraîcheur, qui gagne aussi en économie d'énergie. euh et nos écoles et nos écoles sont notamment un sujet concret puisque quand on végétalise une cour d'école, on redonne en quelque sorte un rapport à la nature différent euh de ce que l'on essayait de développer il y a 40 ans en bétonnisant, en goudronnant les cours parce qu'il fallait que les enfants aient les pieds propres pour rentrer dans les classes.

Mais avec quel moyen Fréctur dans un contexte de déficit et d'économie et on va dire les les penseurs de Ber qui cherchent à trouver 44 milliards d'économie à la rentrée ? Ah, vous avez raison. avec des moyens qui sont de plus en plus euh difficiles, qu' de plus en plus contractés, on essaie en fait d'inventer des solutions économes.

Euh on est aussi fatigué et ça je pense que vous l'entendez de la part de tous les maires euh de ces penseurs en fait à l'intérieur du périphérique qui finalement ne regardent pas le pays et les territoires tels qu'ils sont. Et si je pense on veut réussir dans notre en France, il faut en que nos nos décideurs nationaux pense à travailler, à coopérer autrement avec les îlus locaux qui sont, comme dit certains à porté de bave des concitoyens, mais sont surtout sur le terrain, vivent le quotidien des habitants, connaissent en fait ce qu'ils peuvent mettre dans leur assiette et finalement savent ce qui est attendu et et les investissements et les efforts que l'on fait, les services que l'on ne sont pas en fait des sujets superflus, ce sont en fait des choses concrètes qui font partie du quotidien des habitants. Vous aviez suivi l'UDF jadis et au modè François Baou, vous êtes parti, vous êtes allé chez Jean-Louis Borlot, vous êtes centriste, tout court maintenant Frédéric Lurc Baou à Maton, c'est crédible, vous êtes d'accord avec son tour de vis ?

Je regrette en fait que le dialogue avec les collectivités locales ne soit pas plus affirmé euh par en fait un premier ministre qui lui-même est maire d'une ville, la ville de Peau et qui je pense sait comment fonctionne le pays peut en fait comprendre à partir de ce que les maires expriment, de ce que les élus locaux le chemin qui peut être conduit et qui peut-être je dirais juste Pour pour ce pays, je pense qu'il faut pas se laisser enfermer par ces grands décideurs de Bercy en fait qui imposent un certain nombre de lignes de conduite qui sont complètement décalées par rapport à la vie des gens, par rapport aux attendus. Il suffit de regarder la manière dont il s'exprime dans les dans les sondages et dans les enquêtes d'opinion. On voit bien qu'il y a un gros décalage euh entre la ligne de conduite nationale même si c'est François Baou qui essaie de la tenir et puis les élus locaux et et les partenaires en fait de la société civile dont je suis.

Ultime question courte, réponse courte si vous le pouvez Frédéric Lurc fait hein, élu réélu au premier tour depuis 2011, vous y retournez, vous y repiquez l'an prochain. Oui. Oui. parce que je pense que je n'ai pas terminé à à travailler autour du projet que j'anime depuis quelques années parce que avec les les maires de la communauté urbaine, on a délibéré le projet communautaire il y a quelques il y a quelques mois et et parce qu'on a encore beaucoup de choses à faire, ARAS c'est une ville dynamique et et j'ai bien l'intention de continuer à à l'animer et puis à la à la faire vivre et surtout avec les habitants et avec les élus qui m'entourent parce que ça c'est le plus beau. travail que l'on peut faire quand on est élu dans ce beau pays la France et c'est dit avec vous ce matin sur l'antenne de sud radio.

Merci Frédéric Lurc, maire centriste d'Aras dans le Pas de Calé, qui était l'invité politique de Sud Radio. [Musique]