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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 août 2023 18 min

Inflation, JDD, "l'intiative politique d'ampleur" voulue par Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de Richard Ramos

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Richard Ramos, on vous connaît comme franc-tireur de la majorité présidentielle, vous étiez notamment clairement contre la réforme des retraites, on va y revenir, vous êtes aussi très impliqué sur les questions agroalimentaires. Le panier France Info se stabilise pour le deuxième mois consécutif, seulement 2 centimes de hausse sur 37 produits du quotidien. Le plus dur est passé ou bien c'est une parenthèse ?

0:26
Richard Ramos

C'est une parenthèse, ça veut dire qu'on voit bien qu'aujourd'hui on est très interdépendant, on voit bien que sur le riz par exemple dans les mois qui viennent, les études montrent que peut-être c'est un produit de base qui pourrait augmenter et donc on est en stabilisation. Mais il va falloir faire très attention parce que ceux qui nous écoutent et qui ont le moins d'argent en France, aujourd'hui à quelques euros près n'arrivent plus à faire leur course. Ça veut dire que ça aujourd'hui on a une stabilisation, mais c'est que momentané, donc il faut faire très très attention. Je pense que le coût de l'alimentation coûtera plus cher en France.

0:58
Présentateur

Vous aviez voté la proposition de la NUP au printemps dernier sur le blocage des prix des produits de première nécessité, vous continuez de réclamer cette mesure-là ?

1:06
Richard Ramos

Oui, moi vous savez, je me fiche de savoir droite-gauche, j'ai été avec la NUPES, j'ai mené des combats avec François Ruffin, je pense qu'il faut faire quelque chose pour les plus humbles en France. Parce qu'il ne faut pas l'oublier, quand on achète des produits bas de gamme, c'est les pauvres qui trinquent. La courbe de l'obésité suit la courbe de la pauvreté. Et quand on a vu ceux qui sont morts sur la Covid, c'est les plus pauvres, les plus fragiles. Et donc moi, je suis pour qu'on donne aux plus pauvres les moyens de manger correctement. Et ça aura un coût et il faut qu'on l'assume.

1:35
Locuteur non identifié

Et sur quels produits, par exemple, vous voulez bloquer le prix ?

1:40
Richard Ramos

Il faut les produits de première nécessité, c'est-à-dire le pain, c'est-à-dire les pâtes, c'est-à-dire le riz, c'est-à-dire le jambon blanc quand on a des gosses, c'est-à-dire tous les produits de première nécessité. Je pense qu'il faut inventer, comme à l'après-guerre, une sécurité sociale de l'alimentation. C'est-à-dire qu'il faut protéger les pauvres. Parce que qu'est-ce qui se passe ? Quand je n'ai plus les moyens de manger, regardez chez des marques très connues, dans des supermarchés, chez M. Leclerc, qu'est-ce qui se passe ? On se rue sur les éco-plus, sur les prix les plus bas. Mais quand on achète des produits, quand on est pauvre en France, les plus bas, qu'est-ce qui se passe ?

Il se passe qu'on a des produits qui ont plus de sel, plus de sucre, plus de gras. Et donc qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ? Des prix qui montent et des gens qui vont aller sur des produits qui sont dangereux pour leur santé.

2:24
Locuteur non identifié

Alors vous êtes membre de la commission d'affaires économiques de l'Assemblée nationale, donc ce sont des sujets que vous suivez de près. Richard Ramos se pose quand même, en vous entendant la question à nouveau du chèque alimentaire. Il avait été promis par Bruno Le Maire. Est-ce que vous en avez des nouvelles ? On nous en avait dit que ce serait donné aux plus défavorisés au mois de juillet. On n'a rien vu venir. Et vous ?

2:41
Richard Ramos

Non, on n'a rien vu venir non plus à l'Assemblée nationale. Mais le chèque alimentaire, pardon, on peut des fois faire un chèque dans l'urgence. Aujourd'hui, il y en a marre des urgences. Il faut construire demain une alimentation qui permette de nourrir les Français. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'avant, on avait cette fameuse théorie économique de Ricardo. Toi, tel pays, tu vas fabriquer ça. Toi, tel autre, tu vas fabriquer ça. Et comme ça, on produit en masse et on a des coûts qui sont plus faibles. Non, aujourd'hui, la souveraineté alimentaire dans un monde perturbé fait que si on veut produire en France, ça coûtera plus cher. Et donc, c'est ça qu'il faut donner aux Français.

Et moi, je ne suis pas pour le chèque alimentaire. Je vous l'ai dit, je suis pour une... Ce n'est pas tout à fait la même chose, une sécurité sociale alimentaire.

3:24
Locuteur non identifié

Oui, mais ça prendra du temps d'installer cette sécurité sociale dans l'immédiat. Qu'est-ce qu'il faut faire justement pour que les Français qui ont le plus de difficultés à acheter des produits qu'ils veulent acheter aient les moyens de le faire ?

3:36
Richard Ramos

Il faut que quand les gens travaillent, et notamment les travailleurs pauvres, on augmente les salaires. C'est-à-dire que moi, je ne suis pas pour qu'on baisse toujours les prix de l'alimentation. Parce que si on baisse les prix de l'alimentation, on aura des produits qui ne valent rien. Regardez autrefois, nous les bobos que nous sommes parisiens, on bouffe aujourd'hui des légumes et les riches et les pauvres mangent de la viande. Autrefois, les riches mangeaient de la viande et les pauvres des légumes. Aujourd'hui, c'est l'inverse. C'est-à-dire qu'il faut orienter une vraie politique à 20 ans d'une alimentation saine, sûre, durable pour les plus pauvres.

4:05
Locuteur non identifié

Mais une augmentation des salaires, c'est-à-dire de combien ? Et ce n'est pas l'État qui le décide ? Non, non, ce n'est pas l'État. Vous avez l'impression d'entendre un insoumis quand vous parlez à quelqu'un qui est un rouge, comme on dit. C'est-à-dire, comment vous faites ?

4:16
Richard Ramos

Je ne sais pas si c'est un insoumis ou un rouge. Monsieur, si vous allez dans les endroits où c'est plus pauvre, où moi, dans ma circonscription, hier, il y avait des femmes qui avaient leurs gosses à garder parce qu'elles étaient en garde alternée et qu'elles ne pouvaient pas aller leur faire les courses, même chez Lidl. Je ne suis pas un rouge, monsieur. Je fais attention aux plus pauvres, aux plus humbles. Dans la circonscription, ils n'ont pas les moyens de mettre de l'essence pour aller dans le supermarché. Et donc, je crois aujourd'hui. Je ne suis pas un rouge. Mon père était communiste. Mais moi, je ne suis pas un rouge, monsieur.

Je pense simplement que dans ma circonscription, là où il y a de la misère, dans une France qui est riche, on ne peut pas laisser cette misère-là s'installer.

4:49
Présentateur

En tout cas, les prix au supermarché ne vont pas revenir aux prix d'avant-crise. C'est ce qu'on comprend avec ce phénomène d'inflation, même si là, il y a une stabilisation. Qu'est-ce qu'il faut faire aussi ? Mettre la pression sur les industriels, les distributeurs ?

5:01
Richard Ramos

Alors, on a plusieurs éléments. Vous avez vu le panier, votre panier, le panier France Info. Il était stagnant. On a vu qu'il était stagnant. Votre panier, je crois que c'est sur 60 produits. Il n'y a que produits qui vont augmenter. Il faut à la fois, sur certains industriels, notamment les plus gros, faire attention. Parce que là, il y a des gens qui se goinfrent. Là, on a quand même des gens qui sont en train de penser qu'on va se servir de la hausse des prix et de l'autre côté, on va pouvoir augmenter les prix. Ce ne sont pas les PME françaises. Les PME françaises, elles ont eu des surcoûts de matières premières et des surcoûts également d'énergie.

Mais les grandes multinationales sont en train de jouer sur le dos des Français. Donc là, il va falloir faire très attention aux industriels, à leur dire attention, on va vous surveiller. Et puis, la grande distribution, elle doit prendre sa part. Elle ne doit pas uniquement essayer de faire baisser sur les prix à marque distributeur, mais en augmentant les produits, ce qu'on appelle à marque, que certains Français aiment bien. Et donc, il faut regarder tout ça et essayer que les gens se mettent d'accord dans l'intérêt des Français.

5:56
Locuteur non identifié

Mais il faut taxer leurs bénéfices davantage à ces distributeurs, s'ils ne jouent pas le jeu, par exemple ?

6:01
Richard Ramos

Non, parce que sur la grande distribution, il y a des montages financiers qui font que si je suis propriétaire de ma SCI et de mon centre commercial, vous ne verrez pas de bénéfice en fin d'année. Et donc, si vous augmentiez l'impôt sur le bénéfice de ces gens-là, vous ne le verriez pas. Ce qu'il faut regarder, c'est la réalité des prix et les obliger à faire en sorte que les marges soient plus courtes pour elles.

6:22
Locuteur non identifié

Richard Ramos, vous parliez des salaires, pardon, mais c'est-à-dire, ça c'est important, s'il doit y avoir un signal pour cette augmentation, c'est l'augmentation du SMIC. Le gouvernement doit-il donner un coup de pouce au SMIC qu'il n'a pas donné ?

6:31
Richard Ramos

Oui, il le doit, il le doit, exactement. Alors, je ne sais pas, je ne sais pas, il y a des négociations avec les syndicats. Moi, ce que je crois, c'est que c'est très important sur une radio ou une chaîne publique comme la vôtre, c'est très important, il faut des politiques à long terme. Aujourd'hui, manger demain coûtera plus cher parce qu'il faudra produire en France, d'accord ? Et parce que ça coûtera plus cher, il ne faut pas non pas baisser les prix des produits parce que sinon, on aura des produits de mauvaise qualité pour une mauvaise santé pour les plus pauvres. Il faudra donner aux gens les moyens d'acheter des produits qui sont corrects.

Il n'y a que deux façons de le faire, deux façons de le faire. Augmenter les salaires et pour des gens qui sont sur le bord de la route, pas comme on l'entend les assister, mais des gens qui ont eu des problèmes de travail, de problèmes de santé qui ne peuvent pas travailler, qu'on doit quand même assister, il faut une sécurité alimentaire.

7:19
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il faut un grenelle des salaires aussi ou pas ? Est-ce qu'il faut un grenelle des salaires ? Est-ce que le gouvernement doit réunir le patronat, les syndicats, pour faire en sorte que les entreprises augmentent les salaires ?

7:28
Richard Ramos

Bien évidemment, vous avez vu que le Modem, mon président Jean-Paul Matéi, c'est ce qu'il réclame à Bruno Le Maire, pour l'instant il ne l'a pas fait, eh bien il faudra qu'on le fasse. Il faut s'occuper des salaires. Je veux dire, aujourd'hui quand vous entendez les gens, moi en tout cas en circonscription, j'ai pris le temps pendant les vacances d'arpenter, je suis allé dimanche dernier faire un concours de pétanque, il y avait 150 joueurs, on a joué ensemble, donc ça dure une heure une partie de pétanque en petite compétition. On a le temps de discuter avec les gens.

En fait, ce qu'ils veulent eux, les Français, c'est avoir les moyens de manger, pouvoir se chauffer, et pouvoir avoir un petit reste à vivre pour faire leur loisir, par leur travail. Et il ne faut pas qu'on oppose les Français, parce que c'est ça qui va arriver, entre des gens qui vont pouvoir travailler et se nourrir, et ceux qui ne pourront pas se nourrir.

8:09
Présentateur

Richard Ramos, vous vous étiez aussi opposé à la réforme des retraites, on l'a rappelé tout à l'heure, une réforme, je vous cite, préparée par des technocrates qui ne comprennent rien aux Français. Vous continuez de penser désormais que c'est une mauvaise réforme ?

8:21
Richard Ramos

Ah oui, oui, mais moi je trouve que c'est une mauvaise réforme. Je veux dire, on aurait dû rester sur la réforme à point.

Des gens, vous voyez, je jouais, je parlais de la pétanque, je jouais dans un petit concours de pétanque dans un village, et un gars qui vient me voir, il me dit, monsieur le député, moi j'ai fait 15 ans aujourd'hui comme déménageur, ça fait 10 ans aujourd'hui que je livre des meubles en kit pour un grand magasin, mais comme je suis livreur, je ne suis pas dans la pénibilité, alors que c'est moi qui porte au quatrième étage les meubles, et bien aujourd'hui je suis cassé, je ne peux pas faire ces deux ans de plus, et donc il faut faire très attention sur les seniors, et sur les femmes, je le dis, il faudra qu'on change cette loi, et la prochaine présidentielle devra faire en sorte qu'on rétablisse celui ou celle qui a travaillé pendant 35 ans, et qui s'élevait tous les matins, on a enlevé un an de chômage, on a rajouté deux ans de travail, elle ne se retrouve pas ou il ne se retrouve pas au RSA.

Je pense que, moi vous savez, je suis fils de travailleur ouvrier, pourquoi ça se passait bien dans les cités autrefois ? Parce que nous avions la fierté de la classe ouvrière, mon père était fier de se lever le matin en 3-8, pour que moi, mes frères et ma sœur, par l'école, on puisse accéder à certains postes, et donc c'est ça qu'il faut faire, aider par le travail, mais il faut le faire réellement.

9:28
Présentateur

Vous restez avec nous, Richard Ramos, député Modem du Loiret, et on vous retrouve dans un instant après le Fil Info, à 8h42, avec Elia Bergel. C'est terrible qu'ils soient morts, mais ils se sont mis en danger, eux-mêmes, estiment sur France Info, Émile Roger-Lomberti, maire Les Républicains de Limoges, après la mort de deux jeunes à Scooter, suite à un refus d'obtempérer, ils ont percuté un véhicule ce week-end, après avoir pris la fuite à la vue d'une voiture de la BAC, qui a renoncé à la course poursuite, en raison de la vitesse du deux-roues, selon le parquet. L'ultimatum des pays d'Afrique de l'Ouest est arrivé à sa fin à minuit.

Au Niger, la junte n'a pas rétabli le président Bazou, mais ferme son espace aérien face à la menace d'une intervention de ses voisins. Un premier concert pour l'homme pâle hier soir, alors que le rappeur est sous le coup d'une enquête pour viol, l'artiste qui conteste cette accusation s'est produit à Cannes, au Festival des Plages Électroniques. Un dernier match pour la première journée de Ligue 2 de foot ce soir. Pau accueille Bordeaux à 20h45, les Bordelais qui sont passés tout proche de la montée, en Ligue 1 l'an dernier. France Info.

10:33
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info. Benjamin Sportouche. Agathe Mahuet. On est toujours avec Richard Ramos, député Modem du Loire. Richard Ramos, après 40 jours de grève, le journal du dimanche a de nouveau paru hier avec à sa tête Geoffroy Lejeune, un nouveau directeur de la rédaction classée à l'extrême droite, avec dans ses pages une interview d'un membre du gouvernement, en l'occurrence la secrétaire d'Etat à la ville, Sabrina Agresti-Roubache. Une initiative qui a été vivement critiquée par la gauche, qui y voit une banalisation de l'extrême droite par la Macronie. C'était une bonne idée de la part de la ministre d'accepter cette interview ?

11:03
Richard Ramos

C'était sa liberté, en tout cas. Vous l'auriez fait ? Comment ? Je pense que je l'aurais fait. Mais je l'aurais fait avec la même liberté que je pourrais dialoguer avec vous. Quand les questions sont d'extrême droite, vous avez des chaînes concurrentes comme CNews, j'y suis déjà allé. Quand la question est d'extrême droite, je lui dis, mais monsieur, votre question est d'extrême droite. C'est-à-dire que moi, il faut faire attention, il faut faire le débat. Je pense qu'elle voulait ne pas être la censeur de la presse, même si, effectivement, la loi est mal faite parce qu'on aurait dû empêcher dans la loi le rachat du journal du dimanche. On aurait dû l'empêcher. Mais comment ?

Eh bien, vous avez une possibilité contre le trust de ne pas pouvoir avoir beaucoup, beaucoup de journaux. Simplement, là, comme c'est un hebdomadaire, la loi permet de le faire alors que si ça avait été un quotidien, le patron n'aurait pas pu le racheter.

11:51
Locuteur non identifié

Et c'est-à-dire que vous voulez aussi

11:52
Richard Ramos

supprimer les aides publiques, par exemple, à des hebdos comme celui-là ? Non, pas du tout. Je ne dis pas ça. Je ne dis pas les aides publiques. Je dis simplement qu'on ne peut pas avoir des monopoles médiatiques dans les mains d'industriels et de riches comme M. Lagardère. Et donc, là, si on regarde la loi à la loupe, si M. Lagardère n'aurait pas pu racheter un quotidien, mais on parle bien de quotidien et pas d'hebdomadaire, je pense qu'il faudra changer la loi pour qu'aujourd'hui, les médias ne soient pas aux mains, je dirais, de ces puissances-là.

Et c'est pour ça, et je le dis, et ce n'est pas parce que je suis sur cette antenne-là, on a besoin de chaînes d'informations publiques libres. On a besoin de journaux libres. C'est la démocratie qui nous le permet. Sinon, il ne faut pas rêver. Quand sur certaines chaînes, Michel-Édouard Leclerc, on ne sait pas s'il n'est pas lui l'animateur parce qu'il y a tous les matins, c'est parce qu'il déverse des tonnes de publicité. Et donc, il y a bien une collusion entre l'argent qu'on déverse dans les médias et finalement les lignes éditoriales.

12:46
Présentateur

Alors, Richard Ramos, le grand projet d'Emmanuel Macron pour la fin de l'été, c'est une initiative politique d'ampleur, c'est-à-dire une série de rencontres proposées à ce qu'il appelle les forces politiques de l'arc républicain. Donc, tendre la main à LR et au PS en quelque sorte. Et ça, ça peut marcher d'après vous ?

13:02
Richard Ramos

Non, ça ne peut pas marcher. Ça ne peut pas marcher parce que tout ça, c'est de la combine politique. Il faut s'appuyer sur du fond. Moi, vous avez vu, il m'est arrivé au Parlement, vous disiez tout à l'heure en blaguant le rouge, mais moi, j'ai fait des lois avec 100% de votants dans cette année-là. Quand j'ai fait la libre circulation des animaux sauvages, on enlève tous les grillages, j'ai eu à la fois la France insoumise avec moi et à la fois la droite avec moi. Moi, je pense que c'est sur des projets, ce n'est pas sur des rencontres politiques.

Et puis, je le dis au président de la République ce matin, vous savez que je mène un combat contre les nitrites dans la charcuterie en France, des milliers de morts, ça fait 5 ans que je mène ce combat-là, tout le monde a reconnu le combat que je mène. J'ai écrit au président de la République sans réponse et une réponse n'est pas voir le président de la République. Alors, toutes ces grandes choses, je suis un peu sceptique.

13:51
Présentateur

Vous allez vous-même organiser des débats ruraux cet automne, n'est-ce pas ? Vous avez l'intention de convier différents politiques

13:58
Richard Ramos

tous les bords ? Oui, je vais mener dans la ruralité, dans les petits bistrots dans la ruralité, les agoramos, c'est-à-dire des rencontres avec des gens dans la ruralité. Natacha Polony m'a dit qu'elle viendrait, François Ruffin m'a dit qu'il viendrait et donc vous voyez que c'est bien des gens de tous les bords.

14:11
Locuteur non identifié

Mais aussi le Rassemblement national ou pas ? Parce que le président de la République dans son interview, il parle de l'arc républicain, il semble exclure et la NUPES d'un côté et le Rassemblement national de l'autre et vous dans ce que vous allez organiser localement.

14:22
Richard Ramos

Je n'aurai pas de Front national, je n'arrive pas à dire Rassemblement national dans mes débats. Voilà. Moi, je combats le Front national durement, durement, durement dans les débats. Je les respecte. Tout à l'heure,

14:33
Locuteur non identifié

vous venez de nous dire qu'il fallait laisser la place aussi à toutes les idées, l'expression de toutes les idées dans la presse notamment.

14:37
Richard Ramos

Mais vous avez raison. Pardon, quand c'est moi qui invite, j'ai le droit d'inviter qui je veux. Quand vous invitez des gens à table discuter avec vous, vous allez inviter les gens que vous avez envie. Là, les agoramos, c'est à mon initiative. Je considère que la gauche, même la gauche dure, n'est pas la même chose que le Front national. Mais vous regrettez

14:56
Présentateur

que le président n'invite pas tout le monde à la fin de l'été ? Oui,

14:58
Richard Ramos

moi je pense qu'il faut inviter tout le monde. Parce que si c'est dans sa fonction, les élus du Front national sont dans la République. Moi, si demain, il y a un amendement du Front national auquel je pense qu'il est dans l'intérêt du peuple français, je le voterai.

15:12
Locuteur non identifié

Richard Ramos, vous êtes très social, vous avez une fibre très sociale que vous exprimez ce matin. Mais vous êtes en même temps un fervent partisan de Gérald Darmanin. Est-ce que vous auriez aimé qu'il soit nommé à Matignon à la place d'Elisabeth Borne ?

15:21
Richard Ramos

Oui, bien sûr. Je l'ai dit, j'aurais voulu que Gérald Darmanin soit à Matignon à la place d'Elisabeth Borne. Pourquoi ? Parce qu'il y a chez Gérald Darmanin une énergie et c'est un fils du peuple. Sa mère, comme la mienne, elle faisait des ménages.

15:33
Locuteur non identifié

Elisabeth Borne ne comprend pas les Français.

15:35
Richard Ramos

Comment ? Elisabeth Borne ne comprend pas les Français. Je ne dis pas que Elisabeth Borne ne comprend pas les Français. Elisabeth Borne, pour moi, est plus d'une technocrate que Gérald Darmanin qui a cette fibre sociale du peuple. Alors, certains ne comprennent pas pourquoi j'apprécie Gérald Darmanin. C'est l'un des seuls ministres quand on lui écrit qui nous répond rapidement. L'un des seuls. Vous pourrez demander aux députés. Et c'est quelqu'un qui par son parcours personnel, Gérald Darmanin peut incarner

15:57
Locuteur non identifié

les couches populaires. Et Gérald Darmanin est très attaché à la loi sur l'immigration qui doit être discutée dans les prochains mois. Elle est toujours en préparation. Et dans cette interview au Figaro dont on parlait, Emmanuel Macron défend une vision ouverte de la France, un pays d'immigration et qui continuera de l'être. Il plaide pour une politique de peuplement, c'est-à-dire une répartition des nouveaux arrivants dans les territoires ruraux que vous connaissez bien puisque vous êtes dans le Loire. Et vous êtes sur la même ligne qu'Emmanuel Macron sur cette question de l'immigration ?

16:20
Richard Ramos

Oui. Alors moi, vous savez, j'accompagne et je parraine en France. Et je vais aller avec le consulat pour pouvoir les faire venir. Il faut un équilibre des choses. Moi, je suis pour que nos étudiants étrangers, nos étrangers qui veulent venir travailler en France, on leur facilite la vie. Aujourd'hui, contrairement à ce qu'on raconte, c'est le calvaire pour obtenir légalement des documents administratifs. Il vaut presque mieux venir clandestinement en France. Donc moi, je suis pour un équilibre. C'est-à-dire, oui, la France, c'est une chance. L'immigration est une chance pour la France.

16:56
Locuteur non identifié

Surtout... C'est pas tout ce que... J'imagine que c'est pas ce que vos concitoyens vous disent sur les marchés. Vous leur dites quoi quand ils vous disent le contraire ? C'est vrai,

17:02
Richard Ramos

mais c'est très compliqué cette affaire-là. C'est très compliqué parce que quand vous commencez à leur dire mais un vitriologe qui est-ce qui tient l'épicerie sur laquelle s'est ouvert le dimanche ? C'est bien. Afaïologe, qui est-ce qui tient ? Un Algérien. Là, un Marocain. Donc arrête de me dire que l'immigration, c'est des gens qui viennent profiter. Et donc quand on commence à faire le débat, on arrive à dialoguer avec les Français. Alors, c'est vrai que c'est compliqué. Moi, je me mets de temps en temps en déséquilibre sur ce sujet-là. Mais quand on va sur le fond, eh bien, je pense qu'on peut convaincre les Français.

17:32
Locuteur non identifié

Juste pardon sur l'augmentation des salaires. Très rapidement, vous disiez, il faut les augmenter mais là, je vois des chefs d'entreprise qui disent mais moi, je n'ai pas les moyens d'augmenter les salaires. On ne peut pas me forcer la main. Je n'ai pas les moyens de le faire sinon dans l'entreprise, elle coule.

17:42
Richard Ramos

Alors, vous avez raison, c'est ça qui est très compliqué. Les petits artisans. Mais aujourd'hui, vous aurez quelques tweets ou quelque chose comme ça mais aujourd'hui, dans la circonscription, ce n'est pas d'augmenter un peu les salaires la difficulté des entrepreneurs. C'est de trouver des salariés. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a un problème de trouver des salariés formés. Et aujourd'hui, nos maçons, nos artisans, nos boulangers, ce n'est pas d'augmenter qui est le problème. C'est pour ça qu'il ne faut pas tirer les prix vers le bas. Il faut qu'on tire la société vers le haut. Et ça, c'est très important.

18:09
Présentateur

Richard Ramos, député Modem du Loiret, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de France Info ce matin.