Réchauffement climatique, grand âge, prestations sociales... Ce qu'il faut retenir de l'interview du "8h30 franceinfo" de Jean-Christophe Combe
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez qu'on va pouvoir atteindre ces objectifs sans bousculer le quotidien des Français ?
- 1:27RelanceRéponse directe
On peut vraiment courir tous ces lièvres à la fois ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Quelles conséquences dès cet été sur votre secteur, sur les crèches, sur les EHPAD ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Comment ça va se passer ? Vous allez mobiliser des travailleurs sociaux qui vont passer chez des personnes qui sont identifiées ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Est-ce qu'elle va revenir ? Il y aura une loi sur le grand âge, finalement, ou pas ?
- 5:04RelanceRéponse directe
Et c'est une feuille de route et une loi grand âge ou alors, cette feuille de route, un plan grand âge va remplacer l'idée d'une grande loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurFait
« Il faut doubler le rythme actuel si on veut tenir nos objectifs d'ici 2030. »
- 0:13PrésentateurFait
« L'objectif est de demander un peu aux petits et beaucoup aux gros, explique Matignon. »
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« On a fait des projections à plus de 2 degrés. »
- 1:04Invité politiqueFait
« On en fait aussi à plus de 4 degrés. »
- 6:22Invité politiqueFait
« lorsque le président de la République a créé la cinquième branche pour pouvoir financer justement l'accompagnement de la perte d'autonomie, il a prévu une trajectoire financière dynamique. »
- 6:29Invité politiqueChiffre
« On va passer de 32 milliards en 2021 à 42 milliards en 2020, s'ils soient 10 milliards supplémentaires. »
- 6:49InvitéPromesse
« il promet aussi 50 000 postes supplémentaires dans les EHPAD. »
- 10:02InvitéPromesse
« Son nouvel engagement, c'est 200 000 places de crèche supplémentaires d'ici 2030. »
- 11:30Invité politiqueFait
« l'étude du Credoc, elle montre une augmentation de la précarité alimentaire dans notre pays entre juillet et novembre 2022. »
- 12:31Invité politiqueChiffre
« On a augmenté sur un an de 5,6% les prestations sociales, c'est-à-dire du niveau et du montant de l'inflation. »
- 12:41Invité politiqueChiffre
« On a multiplié par 3 le soutien aux associations d'aide alimentaire. On est passé de 56 millions d'euros en 2021 à 156 millions en 2023. »
- 15:06Invité politiqueChiffre
« c'est 34% par exemple de non-recours sur le RSA. »
- 15:15Invité politiqueChiffre
« Non c'est quelques unités de milliards. »
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Bonjour Jean-Christophe Combe. Bonjour. Elisabeth Borne détaillera demain, lors d'un conseil national de la transition, la stratégie pour atteindre les objectifs de baisse de CO2. Il faut doubler le rythme actuel si on veut tenir nos objectifs d'ici 2030. L'objectif est de demander un peu aux petits et beaucoup aux gros, explique Matignon. Est-ce que vous pensez qu'on va pouvoir atteindre ces objectifs sans bousculer le quotidien des Français ?
Il le faut. Je pense qu'il va falloir qu'on change effectivement nos habitudes. On a beaucoup de choses à faire partout, y compris dans un secteur comme le mien, dans le secteur des solidarités. Je pense qu'on peut faire à la fois pour réduire notre impact sur l'environnement, mieux isoler les bâtiments, les crèches, les EHPAD.
Il faut électrifier le transport, notamment les véhicules des particuliers, explique Matignon. Ça coûte cher de passer à l'électrique.
Ça coûte cher, c'est un investissement extrêmement important, mais il est nécessaire si on ne veut pas que le climat change de façon beaucoup plus rapide qu'on l'imagine. On a fait des projections à plus de 2 degrés. On en fait aussi à plus de 4 degrés. Déjà, à plus de 2 degrés, l'impact du climat sur la santé des personnes va être extrêmement important. Donc, il faut qu'on fasse tout pour limiter le changement climatique.
La justice sociale, l'efficacité face au changement climatique. Il y a aussi les normes européennes environnementales à mettre en pause, d'après Emmanuel Macron, pour servir l'industrie du continent face aux Chinois, face aux Américains. On peut vraiment courir tous ces lièvres à la fois ?
Là aussi, il le faut. Je ne crois pas dans l'écologie de la décroissance. Non, je pense qu'on peut répondre à ces enjeux climatiques tout en continuant à développer notre économie. Mais il faut effectivement qu'on change nos habitudes, qu'on soit moins consommateur, qu'on travaille sur la sobriété. Et puis qu'on protège aussi les plus faibles. Vous l'avez dit, il y a une double injustice aujourd'hui. C'est que les plus fragiles d'entre nous, ils sont à la fois les moins porteurs de ce changement climatique parce qu'ils ont un impact carbone qui est beaucoup plus moins important que ceux qui consomment plus. Et en même temps, ils ont le moins la capacité de se protéger.
Et donc, il faut qu'on fasse un effort pour pouvoir protéger les plus faibles d'entre nous.
Ça, c'est la trajectoire à long terme. Il y a aussi les impératifs à très court terme avec potentiellement des vagues de chaleur dès cet été. Votre collègue Christophe Béchut de la transition écologique veut présenter un plan pour gérer les vagues de chaleur. Quelles conséquences dès cet été sur votre secteur, sur les crèches, sur les EHPAD ? Qu'est-ce qui est prévu pour éviter le sinistre souvenir de l'épisode de la canicule de 2003 ?
On a beaucoup appris en 2003 avec la canicule.
Qu'est-ce qui va changer dans les crèches, les EHPAD dès cet été ?
Eh bien, il va falloir qu'on continue à travailler pour renforcer la climatisation de ces établissements. Donc, la clim partout ? Il y a un impact beaucoup plus fort sur les enfants, sur les personnes âgées, sur les personnes fragiles de la canicule. Il va falloir qu'on travaille sur l'isolement social. On a découvert en 2003 que l'isolement social des personnes âgées y tuait. Le nombre de personnes âgées qu'on a retrouvées décédées à domicile du fait de la canicule. Et donc, on va travailler fortement sur la lutte contre l'isolement social.
J'ai d'ailleurs inscrit des mesures dans la proposition de loi sur le bien-veillir à l'Assemblée nationale dans ce sens, pour qu'on puisse mobiliser un certain nombre de fichiers et aller à la rencontre des personnes âgées.
Comment ça va se passer ? Vous allez mobiliser des travailleurs sociaux qui vont passer chez des personnes qui sont identifiées ?
Exactement. D'abord, il faut les repérer. C'est pour ça que l'utilisation des fichiers est extrêmement importante. C'est les mairies qui vous aident en la matière ? On va les appeler les CCAS, exactement. Les centres d'action commune ? Les centres communaux d'action sociale, qui sont au plus près des personnes, qui vont appeler les personnes âgées isolées pour prendre régulièrement de leurs nouvelles. On va aussi passer un certain nombre de consignes, comme rester au frais, comme s'hydrater, etc. Enfin, des choses très concrètes, mais surtout, travailler sur le lien social pour que personne ne soit isolé à domicile et connaisse un impact important de la canicule.
Vous évoquez cette loi bien-vieillir qui a été débattue à l'Assemblée nationale, mais le débat a été interrompu par les vacances parlementaires. Est-ce qu'elle va revenir ? Il y aura une loi sur le grand âge, finalement, ou pas ?
Cette proposition de loi a la vocation à continuer à être discutée dans les semaines qui viennent. Ce sera une première loi sur le grand âge. Moi, je l'ai dit, ce que je souhaite pour porter notre ambition, c'est présenter une feuille de route complète interministérielle à la fin du mois de juin sur cette question du bien-vieillir, qui portera des mesures législatives, mais aussi des mesures réglementaires de façon globale.
Qu'est-ce que ça veut dire une feuille de route interministérielle ?
En fait, ce que je dis, c'est que le défi du vieillissement de la population, c'est un défi qui est tel qu'il doit être pris de façon sociétale. C'est-à-dire qu'il va changer, il va impacter l'ensemble des dimensions de notre société, les transports, le logement, la santé. Et que, de fait, on ne peut pas aborder cette question que de façon médico-sociale, que de penser vieillissement en adaptant ou en améliorant la qualité d'accueil dans les EHPAD ou même à domicile, que c'est l'ensemble de la société qui doit changer. Et c'est pour ça que je porte une feuille de route pour embarquer l'ensemble des politiques publiques dans cet objectif d'adaptation.
Et c'est une feuille de route et une loi grand âge ou alors, cette feuille de route, un plan grand âge va remplacer l'idée d'une grande loi ?
Mais la loi, c'est juste un véhicule, c'est juste un support. Comme je vous l'ai dit, il y a des mesures législatives, elles seront dans cette proposition de loi, elles seront aussi inscrites dans les lois de financement de la sécurité sociale d'ici à la fin de l'année. On a aussi inscrit dans cette proposition de loi une loi de programmation qui nous permettra de programmer les moyens pour nous adapter aux vieillissances de la population.
Il faudra dire, tous les 5 ans, combien vous mettez sur le sujet du grand âge ?
Exactement. Et c'est même tous les ans qu'on va se dire, dans 5 ans, qu'est-ce qu'on veut faire ? Combien on veut mettre ? Combien de places d'EHPAD il faut créer ? Combien de logements il faut adapter pour permettre de vieillir à domicile ? Pas combien de places il faut créer dans les services de soins infirmiers à domicile, dans l'aide à domicile, etc. Et combien d'argent il faut mettre ? Combien d'argent on est prêt à mettre ? Il faut que la représentation nationale se prononce sur la mobilisation de la solidarité ou de financement privé pour pouvoir financer l'accompagnement de la perte d'autonomie dans notre pays.
Les socialistes qui essayent de vous prendre en quelque sorte de vitesse sur le sujet, une proposition de loi a été déposée, 160 articles qui recouvrent tout un tas de champs et qui proposent 10 milliards d'euros par an pour le grand âge. Est-ce que le plan que vous comptez présenter, c'est ces ordres de grandeur ?
Ça tombe bien, puisque en 2020, lorsque le président de la République a créé la cinquième branche pour pouvoir financer justement l'accompagnement de la perte d'autonomie, il a prévu une trajectoire financière dynamique. On va passer de 32 milliards en 2021 à 42 milliards en 2020, s'ils soient 10 milliards supplémentaires. Et donc, il faudra qu'on discute pour voir si cette trajectoire est suffisante, mais elle est déjà extrêmement ambitieuse pour pouvoir faire face à cette transformation de notre société.
Et puisqu'on évoque les promesses d'Emmanuel Macron, il promet aussi 50 000 postes supplémentaires dans les EHPAD. Où est-ce que vous allez trouver les personnels qualifiés ?
C'est un vrai challenge, parce qu'aujourd'hui, on manque cruellement de professionnels dans le secteur. d'infirmières, d'aides-soignantes, d'intervenants aussi à domicile. Donc, notre première des priorités, c'est de travailler sur l'attractivité des métiers. Ça vaut pour l'ensemble des champs dont j'ai la responsabilité, de la petite enfance jusqu'au grand âge. Il faut qu'on augmente les salaires, il faut qu'on travaille sur les parcours professionnels, sur la formation, sur la qualité du vie au travail. Il y avait une piste immigration, mais qui semble aujourd'hui
refermée par les Républicains, qui veulent proposer un projet de loi en disant qu'on n'a pas besoin d'amener des gens d'autres pays dans les métiers en tension.
La proposition qui a été faite, ce n'était pas d'aller chercher des gens à l'extérieur. C'était de se dire, on a des personnes aujourd'hui sur notre territoire qui souhaitent travailler, qui souhaitent travailler, pour emploi en tension, mais pour des personnes qui sont déjà aujourd'hui sur le territoire et qui veulent s'insérer dans la société française et qui voulaient travailler. Mais ça, c'est juste une toute petite mesure. L'attractivité des métiers, c'est beaucoup plus large que ça.
C'est de rendre ces métiers attractifs, de donner envie aux jeunes de s'y engager, de rendre ces métiers aussi moins pénibles, de les rendre plus conciliables entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Bref, c'est vraiment...
Ce qui limite les embauches, 50 000 recrutements pour les EHPAD, c'est l'ambition d'Emmanuel Macron. Vous savez combien on en a embauché, par exemple, pour 2023 ? Combien on va pouvoir en embaucher ?
On en avait inscrit 3 000 dans la trajectoire pour 2023. On ne les a pas encore tous embauchés. On a encore du travail pour le faire, mais on tiendra cette trajectoire des 50 000 d'ici à la fin du quinquennat.
Le 830 France Info, mail à la trousse, Jules Dethys.
Toujours avec Jean-Christophe, ministre des Solidarités de l'Autonomie et des personnes handicapées, vous évoquiez à l'instant le besoin de redonner de l'attractivité à ces métiers du soin. Ça vaut pour les personnels aidants des EHPAD, ça vaut pour les personnels aussi en crèche. Ça passera par des augmentations de salaires. Combien et à partir de quand ?
Ça, c'est aux partenaires sociaux de s'accorder sur ce sujet. Lorsque je suis arrivé en juillet, j'ai annoncé qu'on allait ouvrir des négociations salariales dans le secteur. Les négociations sont en cours. Elles sont facilitées d'ailleurs par l'État. J'ai nommé une inspectrice générale des affaires sociales pour pouvoir accompagner ces négociations des partenaires sociaux. Ça veut travailler à la mise en place d'un socle social commun à l'ensemble des salariés du secteur. Et donc l'État accompagnera financièrement ces augmentations salariales. C'est un secteur qui n'a pas pu bénéficier du fameux Ségur de la santé.
Les 183 euros par mois qui ont touché un certain nombre de professionnels dans les secteurs du soin, du lien et de l'accompagnement. Et donc j'espère que ces négociations, elles aboutiront bientôt.
Et il faudra que ce soit des augmentations conséquentes ?
Il faut des augmentations conséquentes parce qu'on a un retard assez important en matière de salaire dans ce secteur-là. Et c'est à eux de déterminer ce montant. Et donc je ne veux pas me substituer au dialogue social dans la branche.
Et d'un mot, on parlait des places en EHPAD. Il y a aussi la question des places en crèche. En 2017, Emmanuel Macron s'était engagé sur 30 000 places en crèche supplémentaires. On a vu que ça a été extrêmement difficile à faire. Il y a à peu près la moitié qui a pu être réalisée en un quinquennat. Son nouvel engagement, c'est 200 000 places de crèche supplémentaires d'ici 2030. Est-ce que là aussi, vous dites, l'engagement sera tenu ?
L'engagement, on va essayer de le tenir. Vous avez dit qu'il y avait un certain nombre de challenges, notamment celui de l'attractivité des métiers. Pour pouvoir ouvrir ces places, il faut trouver des professionnels. Aujourd'hui, 60 % de l'offre est couverte par des assistantes maternelles. On a aussi un vrai sujet de recrutement des assistantes maternelles. De nombreuses d'entre elles partent en retraite. Il va falloir qu'on arrive à en recruter. C'est un véritable tour de force. Mais l'objectif derrière cette mise en place d'un service public de la petite enfance, c'est ça la promesse du président de la République.
Ce n'est pas qu'une question de quantité, c'est aussi une question de qualité. Quand on sait combien ces trois premières années de la vie d'un enfant sont extrêmement déterminantes pour son développement, pour son éducation, pour la création aussi d'une société beaucoup plus égalitaire, c'est de lutter contre les inégalités de destin, c'est permettre à des enfants aussi très tôt de pouvoir bénéficier de cet accompagnement collectif dans les crèches. Cette dimension qualitative, elle est au cœur du service public de la petite enfance.
Jean-Christophe Combes, plus d'un Français sur six, aujourd'hui, dit ne pas pouvoir manger à sa faim. C'est ce que montre une étude du Credoc dévoilée par France Info cette semaine. La part des Français qui se privent de nourriture ou qui ne mangent pas exactement ce qu'elles souhaiteraient manger, augmente d'année en année. Comment on en est arrivé là ? Est-ce que ce n'est pas un énorme constat d'échec ?
Écoutez, l'étude du Credoc, elle montre une augmentation de la précarité alimentaire dans notre pays entre juillet et novembre 2022. Elle vient montrer une situation qu'on connaissait. Moi, au quotidien, je travaille avec les associations notamment d'aide alimentaire dans le pays et qui nous disent effectivement qu'il y a une augmentation forte des besoins. C'est l'impact direct de l'inflation de l'alimentation.
Le gouvernement n'a pas su de l'inflation de l'alimentation. C'est lancé totalement pour toutes ces personnes.
Je crois que ce qu'on a fait a permis d'éviter une explosion de la pauvreté dans notre pays. On a fait plusieurs choses. On a essayé d'abord de travailler à limiter l'inflation à la source avec le bouclier énergétique, avec le trimestre anti-inflation, maintenant avec l'ouverture de négociations du côté des industriels pour travailler sur la maîtrise des prix.
Mais malgré tout ça, on en est là, ces Français qui se prisent. Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui ? Est-ce que vous allez faire plus ?
On a quand même une augmentation effectivement des prix. C'est pour ça que dès juillet, on a pris un certain nombre de mesures pour favoriser le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes dans notre pays avec l'allocation exceptionnelle de solidarité. On a augmenté sur un an de 5,6% les prestations sociales, c'est-à-dire du niveau et du montant de l'inflation. Donc on soutient les ménages les plus modestes. On a multiplié par 3 le soutien aux associations d'aide alimentaire. On est passé de 56 millions d'euros en 2021 à 156 millions en 2023.
Et puis, on travaille pas seulement sur la qualité mais aussi sur la quantité parce qu'on sait qu'on a un enjeu de santé publique derrière cet accès à une alimentation saine, durable, équilibrée.
La question du chac alimentaire par exemple, je la pose sur le débat parce que Bruno Le Maire avait annoncé une expérimentation à venir lancée, disait-il, dans les tout prochains mois de ce chèque alimentaire. Il avait dit ça en mars. Où est-ce qu'on en est ?
Eh bien, aujourd'hui, on travaille, je viens de lancer un appel à projet national pour travailler justement à la mise en place de chèques alimentaires, de paniers, d'ateliers aussi locaux donc avec les associations d'aide alimentaire, avec les collectivités, on parlait des centres communaux d'action sociale, avec les producteurs aussi sur les territoires pour permettre un accès à une alimentation saine, durable et de qualité pour les ménages les plus modèles.
Mais vous me dites que c'est pour cette année.
C'est en cours. En fait, on a décidé de répondre au cahier des charges de la Convention citoyenne sur le climat qui le réclamait
en 2020.
Réclamait notamment comme outil ce chèque alimentaire mais l'objectif derrière c'est de permettre aux gens d'accéder à une nourriture de qualité durable avec un impact environnemental maîtrisé.
Donc ce qu'on fait c'est qu'on va on a débloqué un fonds de 60 millions d'euros cette année 40 millions d'euros pour permettre aux grandes associations d'aides alimentaires d'acheter des fruits des légumes et des produits sous label de qualité pour permettre justement un accès à ces personnes à une alimentation de qualité et au niveau local 20 millions d'euros pour développer des actions qui pourront viser à fournir des chèques alimentaires sous forme de cartes prépayées ou de chèques d'accompagnement personnalisé à des ménages les plus modestes
Et justement ces aides le chèque alimentaire ou d'autres toutes ces aides sociales il y avait l'idée de les donner directement aux personnes qui peuvent en bénéficier parce qu'il y a beaucoup de non-recours beaucoup de personnes en difficulté qui ne demandent pas leurs aides qui ne savent parfois d'ailleurs même pas qu'elles y ont droit c'est pour quand ça le versement à la source de ces aides sociales
Alors ça c'est un autre sujet effectivement c'est le projet de solidarité à la source
ça a été annoncé
et tout à fait et bien c'est en cours l'idée c'est qu'aujourd'hui on a toute une partie de la population qui devrait pouvoir bénéficier de prestations sociales qui ne les demandent pas c'est 34% par exemple de non-recours sur le RSA
On sait combien de milliards ça représente à peu près on est de l'ordre de quelques unités de milliards ou quelques dizaines de milliards ?
Non c'est quelques unités de milliards mais en face c'est-à-dire qu'en même temps qu'on va travailler avec la solidarité à la source sur la lutte contre le non-recours on va aussi sécuriser le système c'est-à-dire qu'on va éviter les indus et il y en a beaucoup vous avez vu le récent rapport de la Cour des Comptes ce qui est assez considérable éviter aussi la fraude donc vraiment avoir un dispositif qui est équilibré Qu'est-ce que c'est
la fin de l'année par exemple ou pas le versement des aides sociales à la source ?
Non ça sera l'année prochaine l'année prochaine on va expérimenter on va expérimenter le système dans une quinzaine de départements et ça sera généralisé en 2025 et c'est pas pour l'instant toutes les aides sociales ça sera sur le RSA la prime d'activité et les APL qui représentent à peu près 90% des bénéficiaires des aides sociales dans le pays et qui représentent à peu près deux tiers des montants en fait qui sont distribués
Donc pour être très clair dès l'année prochaine dans une quinzaine de départements les bénéficiaires certaines prestations de solidarité les toucheront automatiquement sans avoir à aller les réclamer
non c'est pas ça c'est pas comme ça que ça marche déjà vous allez voir tous les français qui travaillent en juillet vont avoir sur leur fiche de paye apparaître une nouvelle ligne le montant net social donc c'est le revenu net social qui sera déclaré pour pouvoir bénéficier des prestations sociales et donc les entreprises comme elles le font pour l'impôt sur le revenu elles vont déclarer ça pour pouvoir pré-remplir en fait des formulaires qui seront adressés aux potentiels bénéficiaires et donc demain matin vous allez recevoir un formulaire qui va vous dire voilà ce qu'on sait de votre situation vous pouvez bénéficier de telle ou telle prestation est-ce que vous souhaitez en bénéficier et là le versement se fera automatiquement
bien lire sa fiche de paye et son courrier donc ce sera pas tout à fait automatique on l'a compris Jean-Christophe Con ministre des solidarités de l'autonomie des personnes handicapées merci d'avoir répondu à l'invitation de France Info dans le 8.30 de ce dimanche