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interviewfranceinfo· 11 février 2026 24 min

Epstein, municipales, violences dans le périscolaire... l'interview d'Emmanuel Grégoire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Emmanuel Grégoire, merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Emmanuel Grégoire, on va parler de votre programme pour Paris. Vous êtes le candidat de la gauche unie sans LFI. Et de votre bilan aussi, on va parler logement, sécurité, violence sexuelle dans le périscolaire. Mais d'abord, les répliques de l'affaire Epstein en France. Jacques Lang a finalement démissionné de la présidence de l'Institut du Monde Arabe. Faites-vous partie de ceux qui souhaitaient sa démission ?

0:32
Emmanuel Grégoire

Oui, sa démission était inévitable, je le dis en ayant découvert jour après jour les révélations suite à la publication de ses documents. Ce que nous y découvrons est profondément troublant, profondément choquant. Il fallait évidemment que Jacques Lang démissionne pour la sérénité de l'Institut du Monde Arabe. Mais plus largement, ça demandera sans doute des investigations complémentaires pour comprendre cette espèce de complaisance d'une génération qui a des relations troubles. Vous l'aviez croisé déjà ? Oui, je l'avais croisé à de nombreuses reprises. Je ne le connaissais pas très bien, mais c'est une personnalité évidemment de la vie politique, pas de ma génération.

J'ai été ministre quand j'étais à l'Aclan.

1:12
Invité

On ne vous parle pas de Jacques Lang. Je vous demandais si vous aviez déjà croisé lors de ses nombreux séjours à Paris, Jeffrey Epstein. Jamais ? Jamais croisé ? Jamais vu ?

1:20
Emmanuel Grégoire

Pour tout vous dire, je n'ai jamais entendu parler de ce monsieur avant les révélations dans la presse. Et voilà, ce n'est pas du tout de connexion. Je pensais que vous parliez de Jacques Lang.

1:28
Présentateur

Non, alors sur Jacques Lang, qu'est-ce qu'il vous trouve ? Parce qu'il n'est pas impliqué dans les scandales sexuels, dans ce qui a été révélé récemment. On lui reproche des liens financiers.

1:37
Emmanuel Grégoire

Oui, mais manifestement, d'abord il y a plusieurs causes de troubles, mais manifestement, effectivement, il y a des affaires sous-jacentes financières qui ont été dissimulées au fisc, de ce que j'en lis dans les journaux, puisque je n'ai pas d'autres informations. Et donc je pense qu'il y aura des investigations complémentaires. Je crois qu'on prend d'ailleurs qu'une enquête a été ouverte par le parquet national financier. Donc c'est normal.

1:54
Présentateur

C'est une figure de la gauche, figure de la Mitterrandie, Jacques Lang. Est-ce que vous craignez que ça vienne percuter votre campagne ou rejaillir sur ses municipales ?

2:02
Emmanuel Grégoire

Non, pas du tout. Jacques Lang, il était ministre quand j'étais à la crèche. Alors je veux bien redosser toutes les histoires du monde. Mais c'est une génération avec peut-être des référentiels différents. Je ne le connaissais pas sous cet angle-là. J'en suis profondément attristé. Mais voilà, c'est ainsi. C'est la vie. Et que la justice puisse faire son travail sereinement, c'est l'essentiel.

2:22
Invité

Et pour lui succéder à présent à la tête de l'Institut du Monde Arabe, est-ce que vous avez, parmi les noms qui circulent, Jean-Cyte Troyes, Jean-Yves Le Drian, Audrey Azoulay, Rima Abdelmalak, est-ce que vous avez un ou une candidate préférée ?

2:31
Emmanuel Grégoire

Non, moi je n'ai pas d'avis sur tout dans la vie. Et en l'occurrence, mon avis ne compte pas. Il se trouve que les trois personnalités ont d'immenses qualités. Je les connais d'ailleurs bien les trois. Et je ne me mêle pas de tout. Je suis concentré sur ce à quoi je suis utile.

2:46
Invité

Alors justement, avant de parler de votre campagne, une question. Gabriel Attal sur France Inter n'est pas opposé à l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur le volet français de l'affaire Erstein, vous en tant que député, qu'en pensez-vous ?

2:57
Emmanuel Grégoire

Je serais favorable. Je serais favorable parce qu'on découvre tout ça avec le traitement des millions de documents qui ont été mis en ligne. On observe qu'il y a des noms de la vie politique qui sont cités dedans. On observe du monde économique. On l'observe du monde des affaires diplomatiques. J'en ai pris connaissance ce matin. C'est bien normal que quand il y a des choses qui sont choquantes, il y ait des enquêtes, que ce soit des enquêtes d'abord judiciaires, mais aussi que le Parlement puisse se saisir dans le cadre de cette prérogative de commission d'enquête pour faire la lumière sur ce qui doit être fait.

3:29
Présentateur

Emmanuel Grégoire, vous êtes donc le candidat de la gauche unie en réléfi au municipal à Paris. Je voudrais qu'on clarifie un point vis-à-vis d'Anne Hidalgo. Comment vous vous situez ? Est-ce que vous êtes l'héritier ou l'homme de la rupture ?

3:42
Emmanuel Grégoire

Je suis d'abord le candidat de la gauche unie, sociale et écologique. C'est la première fois que nous faisons une alliance aussi large à gauche, hors LFI, vous l'avez dit. Et donc je suis très fier d'être cette filiation-là, évidemment, avec Bertrand Delonoye et avec Anne Hidalgo. Mais vous le savez très très bien, Anne Hidalgo ne me soutenait pas. Qu'est-ce qui s'est passé d'ailleurs ? D'ailleurs, du mal à le faire, je vais y revenir. Anne Hidalgo, elle a tout fait pour torpiller ma candidature. Je ne suis ni son candidat, ni son héritier. Après, on a des points communs, on a travaillé très bien ensemble.

Notre rupture, elle est intervenue sur quelques sujets de fond qui ont trait à la façon d'exercer les responsabilités, à la façon de traiter un certain nombre de sujets que je considère prioritaires, qu'elle ne considérait pas prioritaires. Je parle de l'entretien de l'espace public, la propreté, la question de la méthode et de la prise de décision en politique. Je suis un homme de dialogue, d'ouverture, d'écoute, de ses oppositions, de l'ensemble des parisiens, de l'ensemble des non-parisiens, mais qui ont des intérêts à Paris. Et j'ai été très heureux de travailler avec elle, mais je suis le candidat pour une nouvelle page de l'histoire de Paris.

Sauf que ça fait un quart de siècle, 25 ans, que la gauche est au pouvoir à Paris. En quoi vous serez différent, si vous êtes élu ? Chaque époque a ses priorités d'abord, et on peut avoir des points communs et des lignes de force cohérentes, et puis porter ses nouvelles priorités. Aujourd'hui, le projet que nous proposons pour Paris, c'est un projet de gauche. C'est un projet qui met le logement au cœur de son action, qui met la défense du pouvoir d'achat au cœur de son action, qui souhaite protéger les plus vulnérables et défendre la mixité sociale, ce qui contribue beaucoup à la qualité de vie, à la façon dont on aime vivre dans cette ville.

Et donc, c'est un projet qui est radicalement différent, et de ce que a fait la gauche jusqu'à présent, évidemment, aussi radicalement différent de ce que proposent les oppositions.

5:32
Présentateur

Alors ça, vous allez nous le démontrer, mais d'abord, on va parler du périscolaire. Les signalements d'agressions sexuelles et de comportements déplacés se multiplient, dans le périscolaire parisien en particulier. C'est une compétence de la mairie. Vos opposants accusent. On écoute Pierre-Yves Bournazel, candidat à Horizon et Renaissance.

5:48
Invité

Il y a eu des carences, il y a eu des manquements extrêmement graves. Comment a-t-on pu mettre devant nos enfants des individus qui sont violents et des pédocriminels ? L'éthique de responsabilité, c'est quand même de tirer les leçons et les conséquences des manquements graves. Et ni dans l'exécutif, ni dans l'administration, on ne réagit.

6:06
Présentateur

C'était sur France Info. Vous avez été premier adjoint d'Admidalgo pendant six ans, jusqu'en 2024. C'est votre bilan aussi ? Qu'avez-vous fait ?

6:13
Emmanuel Grégoire

Alors, moi d'abord, j'ai travaillé sur ces sujets depuis longtemps. Et je vous le dis, compte tenu de la gravité des faits qui me sont remontés, je considère que nous avons tous une responsabilité et je m'inclus dedans. D'abord parce que, quand on est responsable politique, on doit assumer, quand on observe des manquements, en prendre conscience, les assumer et les corriger. Et quand on est maire, on est responsable de tout, de tout ce qu'on sait, aussi responsable de ce qu'on n'a pas su. Et moi, je le dis, je l'ai déjà dit, un certain nombre d'affaires ne sont jamais remontées sur mon bureau. Jamais.

6:45
Présentateur

Mais certaines choses, est-ce que vous les connaissiez ? Parce qu'on a l'impression que vous découvrez un système que vous avez dirigé. Vous étiez aux responsabilités.

6:51
Emmanuel Grégoire

Oui, je ne m'occupais pas des affaires scolaires, mais je vous le redis, je ne m'exonère pas de ma part de responsabilité, y compris de n'avoir pas su. Non, je ne savais pas. Les affaires n'étaient pas remontées sur mon bureau. Moi, j'ai remonté la genèse. Le premier message que je reçois sur une affaire de ce type, d'abord, j'en ai eu la responsabilité au tout début de la mandature d'Anne Hidalgo. C'est-à-dire moi qui avais mis un certain nombre de procédures à la demande d'Anne Hidalgo, de vérification.

7:14
Invité

Pour moi, les premiers signalements, on est en 2022-2023, c'est ça ?

7:17
Emmanuel Grégoire

Non, c'était bien avant. Même avant. Je me suis occupé, c'était en 2014-2015. D'accord. Le risque de la pédocriminalité dans les structures qui accueillent des enfants, il est aussi vieux que l'histoire. Il est valable partout, il est valable dans les écoles, il est valable dans tous les lieux qui reçoivent des enfants. Et donc, mon premier message, c'est d'abord un message de compréhension à l'endroit des parents et des enfants qui ont pu être victimes de ça en leur disant que nous avons en la matière une obligation de résultat. La ville a pris des mesures, j'en ai proposé d'autres importantes que je mettrai en œuvre quand je serai maire, dans lesquelles il y a plusieurs sujets.

Il y a le sujet, évidemment, de la rigueur de l'organisation pour prévenir le risque de pédocriminalité. Tout lieu qui accueille des enfants est susceptible d'attirer l'intérêt de gens qui sont des potentiels pédocriminels. Et le risque d'un pédocriminel, c'est qu'on ait potentiel pédocriminel avant qu'un jour on passe à l'acte. Et c'est difficile de le détecter en amont. Et les vérifications sont faites. Pas toujours.

8:16
Invité

Pas toujours. La vérification du fichier...

8:18
Emmanuel Grégoire

La vérification du fichier, elle est systématique. Dans le cache-investigation, c'était le cas. Dans le cache-investigation, d'ailleurs, Élise Lucet elle-même l'a dit à la télé avant que le cache soit diffusé, il y avait bien eu la vérification. En l'occurrence, la journaliste qui s'est infiltrée de façon, je reconnais, anormale, était titulaire des diplômes qui permettaient d'être animateur et avait fait l'objet d'une vérification. J'insiste là-dessus parce qu'on n'est pas parfait, c'est certain. Il y a des manquements dans les procédures et dans la rigueur de leur application et dans leur conception même. Et on va y travailler.

Mais il faut quand même dire qu'il y a des procédures et qu'elles sont...

8:54
Invité

Concrètement, qu'est-ce que vous allez réformer ?

8:56
Emmanuel Grégoire

Alors plein de choses. C'est d'abord, il faut prévenir le risque par une meilleure formation et un meilleur accompagnement. Il faut renforcer l'attractivité. Qu'est-ce qui fait la menace structurelle de ce type d'organisation ? C'est que nous faisons intervenir de très nombreux professionnels. Il y en a à Paris, à Paris, 3 800 titulaires, un peu plus d'une dizaine de milliers.

9:16
Présentateur

8 500 vacataires.

9:17
Emmanuel Grégoire

Voilà, mais c'est même en réalité un peu plus que ça. Mais est-ce que c'est normal ? C'est normal parce qu'il faut des gens pour s'occuper des enfants. Et pourquoi on utilise ce statut ?

9:23
Présentateur

Mais des vacataires recrutés à la va-vite ?

9:25
Emmanuel Grégoire

Non, pardon, ils ne sont pas recrutés à la va-vite, simplement...

9:30
Présentateur

Vous savez que plusieurs journalistes ont réussi à se faire embaucher comme animateurs sans avoir aucune expérience et parfois sans vérification très approfondie.

9:36
Emmanuel Grégoire

Pardon de dire que ce n'est pas vrai sur les cas qui ont été remontés. Les journalistes font l'objet, les journalistes qui ont réussi à faire ça étaient quand même titulaires, je le redis, sur les cas que je connais. Mais pourquoi il y a un flottement ? Parce que, en gros, ce n'est pas un métier qui est très attractif. Parce que c'est des temps très fragmentés et des durées très courtes.

La première mesure, c'est de monter en puissance sur à la fois le nombre de titulaires, mais aussi sur ce que j'appelle les temps continu, de façon à avoir un corps de professionnel qui soit beaucoup plus fidélisé, mieux formé et beaucoup plus engagé dans ce métier qu'un petit job, entre guillemets, pour compenser. Donc, moi, j'ai fait de très nombreuses annonces sur ce sujet-là. Je le prends avec un sérieux absolu, absolu.

10:19
Présentateur

Sachant que vous êtes concerné aussi, parce que je précise quand même que vous aviez révélé avoir subi des violences...

10:24
Emmanuel Grégoire

Ça m'est arrivé comme c'est arrivé à... Je vais vous dire, suite à mon témoignage sur France Inter, le premier truc qui m'a troublé, c'est le nombre de témoignages, d'amis, de connaissances personnelles et professionnelles qui m'ont dit « Ça m'est arrivé aussi, je n'en ai jamais rien dit ». Et donc, je prends la mesure personnellement. J'ai parlé d'Omerta, qui accompagne ce monde de l'enfance, qui est aussi un monde du silence. Et je le dis en ayant conscience que la première cause des violences sur enfants, ce sont des violences intrafamiliales. Il y a évidemment tous les lieux qui accueillent les enfants. On part d'un principe dans notre société, c'est que les enfants, on les aime tous.

C'est vrai qu'on aime tous nos enfants. Mais non, ce n'est pas vrai. Il y a des gens qui sont des menaces pour les enfants. Et donc, la société doit être mieux armée pour recueillir la parole de l'enfant, pour encadrer les enfants dans leur prise en charge, que ce soit en milieu scolaire, sportif, associatif, et évidemment dans la vie de famille et les accompagnements qui vont avec. C'est un sujet aussi sur lequel, on le voit, la société progresse. Il est important d'y mettre les moyens nécessaires. Et je veux le dire aux parents des petites parisiennes et des petits parisiens, nous mettrons les moyens qu'il faut pour qu'il y ait une obligation de résultat.

C'est un secteur dans lequel il y a des risques, par définition. Et donc, il faut mettre des procédures qui soient tellement verrouillées que les pédocriminels en puissance se sentent sous la menace d'être pris immédiatement.

11:48
Présentateur

On vous entend, Emmanuel Grégoire, un mot. Est-ce que c'est une tâche noire sur le bilan d'Anne Hidalgo ?

11:52
Emmanuel Grégoire

Non, c'est évidemment un drame et je n'en ai pas discuté avec elle. Mais évidemment, je ne crois pas que ça lui fasse plaisir. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Paris n'est pas le seul lieu concerné. Il y a beaucoup d'affaires qui concernent toutes les villes de France.

12:07
Invité

Vous dites que vous vous sentez responsable, mais vous ne reconnaissez pas que c'est une tâche noire sur votre bilan.

12:12
Emmanuel Grégoire

Ce n'est pas à moi de juger, c'est aux parisiennes de le faire. Moi, je vous dis, je me sens responsable quand, dans une organisation dont j'aurai la charge, je ne mets pas tous les moyens pour prévenir les risques et traiter les sujets quand ils le sont. Et donc, vous comprenez, à mon ton, l'obsession que ce sujet impose chez moi et la rigueur que j'y mettrais personnellement.

12:33
Présentateur

On vous entend, Emmanuel Grégoire. Dans un instant, on va parler de logement et de sécurité à Paris. Vous qui êtes candidat de la gauche au municipal, Aurélie FI. Mais pour l'instant, 8h46, c'est l'info en une minute avec Maureen Sunard.

12:45
Invité

Le Premier ministre canadien se dit bouleversé ce matin. Une tuerie a eu lieu dans une école dans une région isolée dans l'ouest du pays. Neuf personnes tuées, 27 blessés, dont deux grèvement. Le suspect a été retrouvé mort, selon la police. Le repli des prix du pétrole plombe le bénéfice net de Total Energy. Il chute de 17% en 2025, selon les chiffres publiés ce matin. Comment relancer la natalité en France ? Un rapport parlementaire est rendu au ministère de la Santé. Aujourd'hui, une quarantaine de mesures proposées, comme la création d'un congé parental universel, un prêt à taux zéro pour agrandir son logement et des ouvertures de crèches.

Et puis, une nouvelle crise à l'OM, une rupture entre le club et son entraîneur. Roberto Dezerbi n'est plus à l'Olympique de Marseille. Une séparation d'un commun accord, selon le communiqué publié en pleine nuit. Cela fait suite à l'élimination en ligue des champions de foot. A la très lourde défaite dimanche aussi 5-0 face au PSG, l'Olympique de Marseille. Et quatrième de Ligue 1.

13:44
Présentateur

France Info. Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche, hors LFI au municipal à Paris, député de Paris également. On parle d'une des priorités des Parisiens et des Français. D'ailleurs, Paul, c'est le logement.

14:01
Invité

Et plus précisément, Agathe, une question sur les migrants. Quand je serai maire, affirmez-vous, M. Grégoire, il n'y aura plus de temps dans l'espace public. Expliquez-nous comment vous pourriez tenir cette promesse.

14:12
Emmanuel Grégoire

D'abord, il n'y en a pas toujours eu. Je voudrais le rappeler. Et ensuite, c'est quelque chose qui meurt profondément. Ça meurt pour plusieurs raisons. La première, elle est humaniste. Évidemment, de voir cette souffrance dans l'espace public. La deuxième, elle est symbolique. C'est que dans l'une des plus grandes villes du monde, l'une des capitales de l'un des pays les plus puissants du monde, accepter de voir cela est une forme de résignation qui traduit l'impuissance de l'action publique. Et donc, je ne peux pas marcher dans les rues en regardant de l'étante sans considérer que c'est le constat de mon propre échec. Et comment réussiriez-vous là où tous vos prédécesseurs ont échoué ?

Eh bien, d'abord, rappelez que ce n'est pas la compétence de la ville, c'est la compétence de l'État. Et l'État ne fait pas assez. Je sais pourquoi l'État ne fait pas assez, puisqu'il s'agit de plusieurs publics un peu différents. Il y a notamment des primo-arrivants en statut sans-papier qui sont en demande d'asile, etc. Il y a plein d'explications techniques sur le pourquoi du comment, mais l'État ne les prend pas en charge parce qu'il ne les considère pas éligibles à l'hébergement d'urgence de droit commun. Évidemment, il y a aussi la très grande précarité avec l'explosion du sans-abrisme et du mal-logement.

Dans un sujet qui engage le dimensionnement du logement d'urgence, de l'hébergement d'urgence, mais aussi la filière d'aval, c'est-à-dire la capacité des gens à retrouver un logement normal, y compris pour libérer l'hébergement d'urgence. C'est donc toute la chaîne qu'il faut retravailler. Je ne peux pas me résigner, et je l'ai dit sur un premier objectif précis, zéro enfant à la rue à partir de l'hiver 2026. Il y en a combien aujourd'hui ? Vous savez combien de personnes ? Ça dépend des moments, mais on parle de quelques centaines d'enfants. En ce moment, il y en a un peu moins parce qu'il y a eu des actions proactives. Et c'est un effort permanent qui doit être pris.

Mais il y a encore des situations de familles en très grande précarité, avec des enfants parfois en très bas âge, qui font comme elles peuvent, en allant de squat en squat, de commune en commune, parce que ça ne concerne évidemment pas que Paris.

16:06
Invité

Et au-delà de l'ouverture des gymnases traditionnelles, j'allais dire, vous, vous êtes pour un hébergement d'urgence inconditionnel dès le jour 1 pour les sans-abris. Comment vous le financez ? Comment vous le faites ?

16:14
Emmanuel Grégoire

Alors, deux choses. D'abord, rappelez qu'effectivement, vous avez les gymnases. La gymnase, c'est monter jusqu'à 2000 personnes prises en charge par la ville de Paris, totalement en dehors de ses obligations. Mais c'est pour soulager, évidemment, la situation d'un certain nombre, en particulier de jeunes en recours de reconnaissance de minorités, de familles, qui sont à la rue. Je souhaite aller plus loin, mais je ne souhaite pas qu'on utilise les gymnases au moins, parce qu'il faut qu'on trouve des solutions pérennes.

Donc, j'ai un programme sur l'ensemble de la mandature, je ne vais pas faire ça du jour au lendemain et pas avec un coup de baguette magique, qui commencera en priorité par les enfants et la création, tendre vers la création de 4000 places supplémentaires que je discuterai avec l'État et notamment sur lesquelles nous portons des revendications soit de réquisitions, notamment de grandes zones de bureaux vides. Il y a 6 millions de mètres carrés de bureaux vides en Ile-de-France. Il y a près d'un million de mètres carrés qui vont être libres de bureaux à Paris. Ce n'est pas que des bureaux qui seront libres pour l'éternité, mais enfin, c'est dans la rotation.

On ne peut pas se priver de celles-là.

17:16
Présentateur

Justement, Emmanuel Grégoire, parce qu'on a beaucoup de sujets à aborder avec vous. Sur le logement plus largement, vous proposez 60 000 logements publics. Ça va coûter très cher. Est-ce que la ville de Paris peut se permettre encore de creuser sa dette et d'acheter des immeubles ? Oui.

17:31
Emmanuel Grégoire

D'abord, c'est un objectif de 60 000. C'est 30 000 logements sociaux et 30 000 logements abordables. C'est plus du logement pour les classes moyennes. L'idée, c'est de compléter notre action historique sur le logement social par une action spécifique pour les classes moyennes qui sont aujourd'hui... Oui, parce que le logement social, ça ne résout pas tous les problèmes des familles qui fuient Paris. Exactement. Les familles ne fuient pas Paris. Les familles sont chassées de Paris par la spéculation immobilière. Il faut mettre les choses sur les phénomènes. Il y a plein de gens qui voudraient habiter à Paris et qui ressentent la contrainte de devoir la quitter parce que le marché les exclut.

Et donc, nous, on mise sur l'intervention publique pour protéger les Parisiens autant qu'on peut de la spéculation immobilière. C'est à la fois par la production de logements supplémentaires. Deuxièmement, c'est des mécanismes de type encadrement des loyers. Je suis le seul candidat qui le porte. Hier, j'entendais Pierre-Yves Bournazel qui s'y opposait. C'est l'un des outils les plus efficaces pour protéger les classes moyennes parisiennes. Et enfin, il faut lutter contre la vacance des logements. La vacance des logements, c'est quoi ?

C'est qu'à Paris, il y a 300 000 logements, c'est-à-dire un logement sur cinq, qui n'est pas consacré à de l'hébergement permanent, mais qui est du meublé touristique, des résidences secondaires. Et je vous le dis, moi, mon ennemi, c'est Airbnb. C'est le fait de la vivre. C'est le fait de la vivre. Oui, oui. Moi, je suis d'accord pour que les Parisiens louent leur résidence principale quand ils partent en vacances. Mais je ne veux pas que des quartiers entiers de Paris soient vidés de leurs habitants parce qu'on consacre exclusivement les appartements à héberger des touristes. Ça fait dix ans qu'on entend ça.

Oui, mais ça fait dix ans qu'on se bat et ça fait dix ans qu'on a obtenu des évolutions législatives. C'est nous, à Paris, avec d'autres villes qui les avons portées et nous avons maintenant des outils complémentaires. Et le plan local d'urbanisme et bioclimatique que nous avons voté donne ou met en œuvre un certain nombre de mesures législatives qui permettent de lutter efficacement contre les meubles touristiques. J'y mettrais une énergie de dingue parce que quand on s'interroge sur comment construire ou construire à Paris, c'est vrai que c'est de plus en plus compliqué.

Commençons et priorisons le retour des logements pour héberger des gens qui font fonctionner cette ville, qui la font tenir.

19:36
Présentateur

Vous y mettrez toute votre énergie et beaucoup d'argent donc on a compris que vous n'êtes pas contre. La sécurité, c'est l'une des priorités aussi des Français dans ces municipales. Mais vous, vous ne voulez toujours pas armer la police municipale. Alors expliquez-nous

19:50
Emmanuel Grégoire

pourquoi. Alors c'est pas tout à fait juste puisque moi d'abord je suis très attaché. Armer d'armes létales. Voilà. Je suis très attaché à la sécurité et je considère que la demande de nos concitoyens en matière de sécurité, il faut y répondre avec rigueur et beaucoup, beaucoup d'énergie.

20:09
Présentateur

Mais pourquoi pas d'armes létales ? J'ai envie de comprendre parce que plusieurs villes de gauche ont franchi ce cap et à Paris, il y a des cambriolages, des agressions, des actes antisémites, encore un qui a été révélé hier. Est-ce que ce ne serait pas légitime que la police municipale parisienne soit autant armée que celle de Nice ou de Bordeaux ?

20:25
Emmanuel Grégoire

Alors non, enfin en tout cas je vais vous expliquer ma position. Non parce qu'elles n'ont pas exactement le même rôle sur le plan légal. La police municipale parisienne elle est très récente, elle n'a que trois ans. Avant il était interdit à la ville d'avoir une police municipale et il a fallu changer la loi pour cela. C'est lié à un héritage particulier qui est le fait qu'on est une ville atypique, on est la capitale et qu'historiquement, et cela depuis plusieurs siècles, c'est l'État qui assure la sécurité dans la capitale du pays avec la préfecture de police. Il y a eu des évolutions en la matière et moi je souhaite que la police municipale monte en puissance.

Je souhaite que ce soit une police municipale de proximité. Mais aucune des compétences que ne lui donne la loi ne justifie d'avoir une arme létale. Ce serait d'abord extrêmement cher, extrêmement chronophage en termes de ressources. Je préfère privilégier la présence sur le terrain. Et enfin, ce serait mettre les agents eux-mêmes en danger quand il faut lutter contre les incivilités, quand il faut lutter et faire de la tranquillité publique. Une arme létale

21:23
Invité

n'intervient pas. Emmanuel Grégoire, pardon de vous interromper avant la question qui, on a une question importante à vous poser sur votre stratégie du second tour. Et c'est l'ancien maire de Paris, Bertrand Delaney, sur France Inter qui le dit hier. Emmanuel Grégoire n'est pas allié aux Insoumis au premier tour et il ne le sera pas au second tour. Vous êtes sûr ? Oui. Emmanuel Grégoire l'a dit plusieurs fois et je n'ai pas de raison de douter de sa parole. Alors là, il va falloir nous l'expliquer arithmétiquement.

Comment avec une Rachida Dati, un Pierre-Yves Bournazel et potentiellement une Sarah Knafo au second tour, vous pouvez espérer devenir maire de Paris sans faire une vraie union des gauches avec LFI ? Comment vous faites ?

21:57
Emmanuel Grégoire

C'est facile, ça s'appelle la dynamique électorale et puis je vous rappelle que quand on est candidat à une élection, on ne le fait pas dans l'obsession, y compris au contraire de ses valeurs, de gagner. On le fait dans l'optique de proposer un projet qui est cohérent. Il n'y a pas plus violent que la France Insoumise contre moi. Entre Sofia Chikirou qui dit qu'il ne faut plus de maire socialiste à Paris, c'est-à-dire donc favoriser l'élection de Rachida Dati. Et Jean-Luc Mélenchon qui me qualifie d'infâme Grégoire, je suis quelqu'un de dialogue, je suis quelqu'un d'ouverture, mais ma compréhence ne va pas jusque-là.

22:31
Présentateur

Vous préférez perdre plutôt que vous alliez avec LFI ?

22:33
Emmanuel Grégoire

Non, je préfère gagner avec le rassemblement. Le rassemblement que nous avons proposé, il va permettre de créer une ordre qui aura une dynamique et qui gagnera son accord de deuxième tour.

22:44
Présentateur

Comme tous les jours, la question qui aujourd'hui, la question qui connaît Paris, trois questions courtes, vous allez avoir la ref, Emmanuel Grégoire, à combien est le pass Navigo ? Combien le PSG a gagné de Ligue des Champions ? Et citez-moi, citez-nous, trois joueurs du PSG.

22:59
Emmanuel Grégoire

Ce n'est pas très compliqué, le pass Navigo est à 90,80 euros par mois. Le PSG a gagné une fois la Ligue des Champions et des joueurs doués, Varache-Kellia, Dembele, je ne sais pas. Vous avez répondu

23:14
Présentateur

ce sont les trois questions posées par BFM à Sarah Knafo.

23:18
Emmanuel Grégoire

Ah bon, j'avais pu en tête, j'avais retenu une pass Navigo parce que ça a beaucoup baisé. Elle n'avait pas su répondre. Pardonnez-moi, mais pour tester la connaissance sur Paris, on peut aller dans des questions un tout petit peu plus compliquées et exigeantes que ça.

23:27
Invité

Elle n'avait pas su répondre, c'était une vidéo absolument virale. Est-ce que c'est impératif de savoir ça quand on veut être maire de Paris ou pas ?

23:33
Emmanuel Grégoire

Écoutez, d'abord, ce n'est pas moi qu'on jugera c'est les parisiennes et les parisiens. Ce qui est certain, c'est que manifestement, elle ne prend pas le métro et que c'est très loin du ballon. Et quand on donne des leçons sur le registre de la compétence et du sérieux et qu'on fait une erreur aussi grossière, à l'évidence, c'est qu'on n'a pas beaucoup travaillé.

23:49
Présentateur

Merci beaucoup Emmanuel Grégoire.

23:50
Emmanuel Grégoire

Merci à vous. Merci. A demain.

23:52
Présentateur

Restez avec nous, les informez tout de suite.