FAIRE CLUB 2026 - INTÉGRALE
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue et merci à Belleville de nous accueillir dans cette salle. Nous sommes Estelle Sabatier et Marion Valère du Pavillon de l'Arsenal. Et on est là ce soir pour le lancement de la neuvième édition de FAIR. On va d'abord vous présenter un peu l'état d'esprit de FAIR pour les personnes qui ne connaîtraient pas encore. Et ensuite on va donner la parole à cinq anciennes équipes lauréates qui vont vous raconter leur projet pour que vous puissiez vous projeter si vous voulez vous aussi candidater, ce qu'on vous encourage évidemment à faire.
Donc le programme FAIR il a été lancé il y a neuf ans déjà avec une idée assez simple qui était qu'il y avait un besoin très fort de soutenir la recherche dans le monde de l'architecture, du design, de l'urbanisme, du paysage, etc. Puisqu'il est difficile de développer des projets de recherche. Il y a peu de financement pour ça quand on est une jeune agence, quand on est un jeune professionnel, quand on est un étudiant. Et nous en tant que Pavillon de l'Arsenal, centre d'architecture et d'urbanisme de Paris et du Grand Paris, c'est notre rôle de soutenir ça auprès des jeunes ou moins jeunes d'ailleurs professionnels qui veulent développer des projets.
Parce qu'on est convaincu que la recherche doit être financée pas seulement du côté des promoteurs, des constructeurs, mais aussi vraiment du côté des concepteurs, des architectes. Et donc pour ça on lance chaque année cet appel à projet qui est un appel très ouvert. On a parfois des questions là-dessus mais c'est quelque chose qu'on revendique puisque l'idée n'est vraiment pas qu'on impose des sujets, mais que vous, vous veniez avec les sujets qui vous travaillent, les sujets auxquels vous pensez ou vous dites j'ai envie d'apporter quelque chose là-dessus, j'ai envie de creuser ce sujet. Et nous on va vous donner les moyens de les creuser puisqu'on va vous donner des moyens financiers.
On va donner un accompagnement en fonction du projet, c'est-à-dire qu'on va vous mettre en relation avec les personnes qui sont importantes pour mener à bien votre projet, que ce soit la ville de Paris, des bailleurs sociaux, des promoteurs éventuellement ou tout autre acteur important. Donc on va vous donner les moyens de mener cette recherche, cette expérimentation, ce prototype et on va vous accompagner avec toute l'équipe du pavillon de l'arsenal au long de votre projet. Donc c'est un projet à dimension de recherche mais c'est aussi un projet pour parler d'architecture, d'urbanisme au grand public.
Nous notre vocation c'est toujours de démocratiser ces sujets et donc ce qu'on attend des sujets c'est qu'ils soient à la fois singuliers, pointus parfois mais qu'ils puissent être compris du grand public, qu'on montre l'utilité de ces projets pour la ville et en particulier pour les enjeux qui nous semblent importants mais qui sont assez évidents qui sont les enjeux écologiques, les enjeux du Grand Paris, les enjeux sociaux qu'on retrouve dans le règlement puisque pour nous évidemment les projets doivent correspondre à ces engagements qui sont ceux de notre institution.
Je voudrais vous donner un exemple aussi, c'est le projet Point Noir dont vous avez peut-être entendu parler, qui est un ancien lauréat de je ne sais même plus de quelle année porté par un collectif de trois architectes. Le projet Point Noir c'est une recherche sur des lieux dans Paris où il y a des dépôts sauvages, où il y a des encombrants donc des délaissés d'espace public où les gens avaient tendance à ne pas respecter ces lieux et à jeter leurs encombrants. Et donc ce projet il a donné lieu à un livre qu'on a édité qui s'appelle Point Noir, on a fait des conférences etc.
Et puis le nouveau maire de Paris lorsqu'il est arrivé il y a quelques mois, lors de ses premières annonces sur l'espace public, il a dit je pars de ce projet et je vais m'attaquer à ces mille points noirs qui sont identifiés dans Paris et il a repris la recherche d'ailleurs en expliquant bien que c'était une recherche issue d'architectes en citant le pavillon etc.
Et on était très fiers de voir que cette recherche elle peut inspirer aussi directement l'action publique et nous on croit beaucoup au fait qu'il faut mettre en avant les architectes, les urbanistes, rappeler leur travail, leur donner de la valeur aussi et que leur nom puisse être associé ensuite quand ils ont inspiré des politiques publiques.
Voilà donc après c'est toujours difficile de donner des conseils précis puisque c'est un appel très ouvert mais je disais la singularité, je pense qu'il faut suivre ce qui vous tient vraiment à cœur, c'est un projet auquel vous consacrerez un certain temps donc il faut assumer sa singularité, son originalité tout en regardant bien aussi ce qui a déjà été fait. Il y a parfois des sujets qui ont déjà été traités plusieurs fois, il ne faut pas les reproposer et puis il faut que ça soit des sujets utiles aussi. Voilà Estelle je te laisse la parole. Merci beaucoup Marion.
Tous les éléments concernant FAIR sont d'ores et déjà en ligne donc pour tous les détails ne vous inquiétez pas vous pouvez tout retrouver sur le site internet du pavillon de l'arsenal ou sur le site internet FAIR.com Juste là j'en profite pour rappeler quelques grands jalons dans la suite de ce que Marion disait. On vous a mis un peu les trois piliers, les trois engagements de cet appel à projet pour que voilà vos recherches puissent bien s'intégrer dans un de ces trois grands axes. Mais après à l'intérieur de ça il y a une multitude de sujets qui peuvent émerger donc on ne veut pas que vous censuriez. Justement on est nous très attachés au fait de garder cette diversité.
Il n'y a pas de petit sujet au contraire. En revanche mais voilà nous c'est important de rappeler qu'on s'inscrit le pavillon de l'arsenal dans le territoire parisien et métropolitain parce que ça nous permet aussi de mieux vous accompagner dans le suivi des projets que ce soit du prototypage, de la recherche, un travail photographique artistique, un travail d'atelier, de médiation en direct. Ça n'est pas possible pour nous de suivre des projets sur toute l'échelle du territoire national. Donc on préfère vous donner ce cadre spatial là. Ce sera plus simple pour nous et même pour vous.
On le redit mais l'impact, la notion d'impact et d'utilité pour le public est aussi très importante parce qu'en fait nous ce qu'on veut montrer avec cet appel vraiment c'est que la recherche a un impact direct, l'architecture a un impact direct dans le quotidien des citoyennes et des citoyens. Donc ça je le répète un peu mais dans la manière dont vous construisez vos candidatures ayez toujours en tête que nous on essaiera d'aboutir avec vous à une forme de restitution au public. C'est hyper important. Ça ne veut pas dire qu'une fois le programme FAIR terminé, vos projets ne pourront pas continuer leur vie.
Bien au contraire, nous on est hyper contentes quand on voit des projets qui, à l'instar de Point Noir, mais comme plein d'autres, ont des restitutions ou des développements ou des nouvelles opportunités sur des années et des années plus tard. Mais dans le cadre de FAIR, on vous demande de bien penser à une restitution au public. Cette restitution elle peut être extrêmement variée. Là aussi, franchement, vous voyez un peu le type d'événements ou de petites expos ou de publications que l'on fait. On a vraiment des formes très variées. Mais c'est quelque chose qu'il faut garder à l'esprit. Pour des questions de calendrier, parce que c'est quand même un peu ce qui va vous importer.
La date limite pour nous envoyer les candidatures sur la plateforme FAIR, c'est le 6 septembre. Donc voilà, on sait que généralement vous les envoyez à 23h59. Si jamais vous pouvez le faire un peu avant, c'est peut-être pas plus mal, mais vous avez jusqu'au 6 septembre. Ensuite, on garde toujours le même principe de temps d'analyse et de sélection. Il y a tout d'abord l'équipe du pavillon de l'arsenal qui regarde les projets, mais ensuite une commission technique qui est composée d'un très grand panel de professionnels, d'architectes, de chercheurs, de chercheuses.
Enfin vraiment, qui reflètent un petit peu tous les parties prenantes qui sont concernées par le pavillon de l'arsenal et nos partenaires au sens large. Vous aurez ensuite le jury. Faites bien attention, c'est un jury en présentiel. Donc prenez-le aussi en considération. On vous donne d'ores et déjà la date. Voilà, il faut que vous l'ayez en tête. On fait un jury en présentiel. Et ensuite, l'annonce des lauréats, ce sera pour le 20 octobre. Et ensuite, le travail commencera pour développer vos projets.
Donc sur les critères de sélection, on en a déjà un peu parlé, mais on peut rappeler aussi que vis-à-vis de la restitution, pensez aussi à des restitutions qui ont un caractère tout de même assez réaliste. Je vous donne un exemple. Penser des projets à très grande échelle dans l'espace public, c'est beaucoup plus compliqué que de penser à un prototype qu'on peut développer avec vous en interne ou une publication. Donc ça aussi, ça n'enlève en rien au fait que votre projet de recherche pourrait servir un projet d'espace public.
Exemple typique, point noir, mais la restitution à faire avec nous doit être faisable sans qu'on ait besoin de solliciter le maire de Paris ou le maire de telle ou telle ville dans le Grand Paris. Ça ne veut pas dire que derrière, ça ne peut pas leur servir, mais c'est comme une autre phase. Dans le cadre de faire, il faut penser à des choses relativement réalistes dans le cadre de la restitution au public et des objets ou des publications, des événements qu'on fait. On vous encourage aussi à faire des dossiers qui ont une présentation graphique assez claire, assez travaillée. On reçoit beaucoup de candidatures.
On les traite toutes avec le même soin et on lit absolument tout et on regarde tout. Mais le plus votre dossier, on va dire, va être aussi assez impactant visuellement dans le graphisme, bien illustré. Ça ne veut pas forcément dire très long, parce que vous verrez, on vous donne une limite de page, mais en tout cas assez clair. Le mieux, ça nous aidera pour faire les présélections et la commission technique. Et aussi, on vous encourage à avoir des équipes pluridisciplinaires. Ça, c'est quelque chose qui nous plaît, qui nous plaît beaucoup. Parce que voilà, c'est la réalité des projets d'architecture, d'urbanisme, de design.
En fait, ça traverse plein de champs de recherche, d'action, d'autres champs professionnels ou même associatifs. Donc ne vous censurez pas, ne vous limitez pas dans la composition des équipes. Alors évidemment, il faut qu'il y ait un angle archi, urban design, paysage. Bon, ça, vous avez compris où vous étiez. Mais pas de problème pour avoir des équipes pluridisciplinaires. Et franchement, je crois que j'ai fait un peu le tour. Tu veux parler d'argent, peut-être ? J'allais parler d'argent, tout à fait. Parce que mettons les pieds dans le plat. Donc, le montant de la bourse est fixe à 20 000 euros pour les 8 lauréates, lauréats. Voilà. Donc ça, c'est la bourse de recherche.
C'est pour vraiment développer avec nous le sujet pour aboutir à cette fameuse première institution publique. Donc il faudra que, quand aussi vous montez votre budget pour la candidature, vous inscriviez dans ces 20 000 euros. Maximum. Maximum. Ah oui, oui, c'est 20 000 euros maximum. Voilà. Si vous voulez moins, on vous donnera moins. Mais c'est 20 000 euros maximum. Tout à fait. Voilà pour ces éléments. Et franchement, pour le reste, tout est sur le site. On va peut-être laisser la parole aux anciens lauréates et lauréats. Et n'oubliez pas que derrière, une fois que les présentations sont terminées, on enchaîne avec un petit temps convivial, rafraîchissant.
Vous pouvez venir nous poser toutes les questions que vous souhaitez. Donc voilà, moi, c'est Estelle, d'ailleurs, je salue. Et vous verrez, il y aura d'autres personnes du pavillon. Donc avec plaisir pour répondre à vos questions. Merci beaucoup. On sera dans le hall à l'entrée de l'école avec une bonne partie de l'équipe du pavillon qui est là ce soir. Donc voilà, on pourra répondre à toutes vos questions à ce moment-là. Merci beaucoup et place au projet d'anatomie d'architecture. Merci.
Bonsoir à tous. C'est un peu intimidant de commencer. Je vais essayer d'être rapide. OK, ça marche. Eh bien, je viens de vous parler de, effectivement, le projet qu'on a fait, nous, pour faire, qui a monté il y a quelques années et qui a pour particularité d'être un projet qui est associé à un vrai chantier dans la vraie vie, dans lequel on a essayé d'intégrer différentes choses qui se rapprochent de la recherche. La première chose, ça a été de faire ce chantier de construction d'une maison qui est une maison familiale sur laquelle il va y avoir plusieurs foyers. Enfin, c'est plutôt une sorte de petit habitat groupé à 5 minutes de Paris.
Intégrer dans ce chantier autant que possible des matériaux franciliens. C'est la première chose. Deuxième chose, ouvrir ce chantier. Donc ça s'est traduit par l'organisation de cinq chantiers participatifs qui sont des chantiers école. où des participants sont venus apprendre des techniques de construction. Donc on a eu plus de 100 participants en total et je pense autant de visiteurs, peut-être même un petit peu plus. Et troisième chose, la mise en œuvre grâce à ces chantiers participatifs de techniques non courantes. Voilà.
Et ces trois points, la question, c'est qu'on les retrouve souvent dans des projets qui sont plutôt en milieu rural, périurbain éventuellement, mais en milieu aussi proche de Paris, un peu moins. Donc ça pose la question de l'adaptation et de comment on change un petit peu les choses. Donc voilà. Donc c'est ce... Il marche le petit... Donc c'est ce petit projet-là. L'emplacement du chantier, c'est ici. Voilà. Nous, on est actuellement là. Donc c'est vraiment pas loin. C'est tout près du Bois de Vincennes. C'est une maison globalement en structure porteuse bois et puis isolée en paille et avec de la terre un peu partout. Voilà. Ça, c'était le lieu...
L'emplacement de l'implantation de la nouvelle maison ici au fond, là. Voilà. Je montre cette petite carte. Est-ce que vous connaissez le réseau social qui s'appelle Twiza ? On dirait pas. C'est le premier réseau social en France qui permet d'organiser des chantiers participatifs. On les connaît depuis plusieurs années. À chaque fois qu'on fait des présentations, on parle d'eux parce qu'ils sont totalement indispensables et incontournables sur ces questions-là. Et ce que vous pouvez voir quand même dans cette carte, c'est qu'il y a plein de chantiers participatifs un peu partout en France, mais à Paris, pas tant que ça. Voilà.
Donc, ça montre qu'il y avait une expérimentation, une tentative à faire à ce niveau-là. J'en parle aussi parce que si vous, en tant qu'archi, avez besoin d'organiser des chantiers participatifs dans des chantiers vous-même, si les participants adhèrent à cette association, à Twiza, ils sont couverts par une assurance chantier en tant que participants. Donc nous, dès qu'on fait des chantiers participatifs, on demande à tout le monde de rejoindre ce réseau. Comme ça, ils sont couverts. Sur la question du sourcing des matériaux, j'ai passé temps pour tout détailler, mais par exemple, la question de la terre qu'on a utilisée sur le chantier, elle est assez parlante.
On a essayé de sourcer de la terre localement. On a eu trois types de terres qu'on a utilisées de différentes façons, vous allez voir après. De la terre de sites, qui est celle-ci là, qui a pourrogé le fait qu'on a creusé à côté de la maison un trou pour faire une 6 tonnes de récupération d'eau de pluie. Du coup, on a conservé la terre qu'on a mise en œuvre dans le projet par la suite sous différentes formes. On a aussi de la terre qui vient de Montreuil. On a un autre projet où le voisin creusait une cave et du coup, on a négocié de lui gratter 3 tonnes de terre gratuitement.
Et puis, on a aussi de la terre qui vient un petit peu de chez De Vulf, qui est, je pense, un fournisseur que pas mal de gens connaissent aujourd'hui, qui est une briquetterie artisanale à 88 km de Paris et qui, du coup, a comme coproduit, sous-produit de l'argile qu'ils vendent et dont on peut servir aussi. Petite parenthèse, quand on prend de la terre de Montreuil, il faut la faire tester par un labo parce que pollution des sols dans ce genre de ville de première couronne, c'est partout. Et il se trouve que la terre n'était pas polluée. Voilà la même chose en carte.
Donc voilà, le premier chantier qu'on a organisé, c'était pour faire un grand plancher en terre au premier étage, pour apporter de la masse dans le plancher, parce qu'en construction de bois, un des problèmes majeurs, c'est le phonique. Et donc, on a mis en œuvre cette technique qui s'appelle les quenouilles entre les solives. Là, vous voyez l'image avant l'organisation du chantier. Pour ce faire, il faut trois ingrédients. Donc, premier ingrédient, des bâtons, comme ça, de bois vert, qui viennent du bois de Vincennes, juste en face.
Même si les habitants ne voulaient pas trop qu'on en parle, ils y sont allés avec leurs trois fils, leur vélo cargo, et ils ont récupéré, après, du bois délagage dans le bois de Vincennes, 1,5 km de long de bois vert, comme ça. On le scie sous forme de petits bâtons. Il faut ensuite du foin, ça c'est un des charpentiers qui va tous les week-ends dans une ferme, ce qui nous a ramené deux bottes de foin. Qui viennent de chez son voisin. Troisième ingrédient, la terre qui, en grande partie, venait soit du site, soit de Montreuil, soit de chez le briquetier. Et ensuite, après, on roule des quenus comme ça, qu'on envoie à l'étage en chaîne humaine. Et après, on remplit ce grand plancher.
Mais voilà, il faut faire, on a compté entre 1 500 et 1 700 quenus, ce qui est énormément de travail d'huile de coude. Mais on a quand même formé plus de 35 personnes, je crois, sur ce chantier à cette technique-là, en espérant que ce sera répliqué ailleurs. Et à commencer par, dans la métropole, autour de Paris. Voilà, le deuxième chantier qu'on a organisé, qui est un petit peu plus conventionnel, c'était l'isolation en paille de l'ensemble de la maison. Voilà, avec tous les protocoles de test sur les bottes de paille qui ont été faits, enfin, tous ces protocoles ont été transmis, appris aux participants, etc. Puis voilà, on voit juste un aperçu de comment ça peut fonctionner.
Troisième chantier participatif qu'on a organisé, un peu plus inhabituel. Enfin, c'est vraiment une technique non courante. C'est une technique de partition des espaces au premier étage et au rez-de-chaussée, qui sont des cloisons en terre paille. Donc, on a récupéré toutes les chutes des bottes de paille. Voilà, et quand on fait un chantier paille, Dieu sait qu'il y en a, de la paille est partout. Donc, on la récupère, on la... Voilà. Qu'on a mélangé, voilà, en très grande partie avec de la terre de site. Voilà, donc on voit tout le processus à droite de mélange. Et puis ensuite, on met sur les cloisons bois des canisses d'un côté.
Et puis ensuite, une fois qu'on les met de toute hauteur, on monte des canisses en les déroulant au fur et à mesure. Et en faisant ça progressivement, on bourre l'interstice avec du terre paille. Donc, une fois qu'on a nos magnifiques cloisons en terre comme ça, il faut ensuite les enduire en deux phases. Première phase, avec des enduits terre sous forme d'enduit de corps. Donc, qui est la première phase qu'on va laisser sécher et sur laquelle on ira faire une finition après. Et la particularité de ces cloisons, et c'est vraiment une technique en courant, c'est qu'on a expérimenté des cloisons terre chauffantes, avec du chauffage très basse température qui passe dans les tuyaux comme ça, là.
Donc, c'est de l'eau à 20 degrés, quelque chose comme ça, qui est noyée dans l'enduit terre, en fait. Parce que l'ensemble de la maison est en chauffage basse température, donc il fallait trouver une façon d'avoir un catalyseur pour cette chaleur. Donc, voilà, le protocole, c'est ça. Un peu comme on fait pour un plancher chauffant, mais on le met à la verticale. On le noie dans l'enduit. Voilà, et une fois qu'on a ce résultat, là, c'est le mur, une fois les tuyaux recouverts. Et après, on vient faire une couche de... Enfin, on laisse passer 3-4 semaines le temps que l'enduit de corps sèche. Puis ensuite, on vient faire l'enduit de finition par-dessus.
Juste pour montrer, en fait, les différents types de terres qu'on a mélangées. Le résultat, c'est qu'on a pris de la terre de montres, de la terre de deux, de la terre de deux sites. Et on a fait différentes couleurs, différents mélanges pour les différentes pièces. Donc, c'est une espèce de best-of de terre francilienne qu'on peut voir dans la maison. C'était encore en cours de séchage. Ça, on aime ou on n'aime pas, mais bon, c'est dans un cours de la maison. Hop ! Et voilà, c'est une petite parenthèse, c'est juste là. Ça, c'était la maison encore en cours de chantier, là, au mois de février. Et puis ça, c'est la façade sud.
C'était il y a peut-être un ou deux mois, c'est que les feuilles commençaient à sortir sur les arbres et tout ça. Voilà. Je m'arrête là. Je dis juste que ce qu'il y a à retenir, c'est qu'on a expérimenté sur ce chantier une miniaturisation de toutes ces techniques-là pour les adapter à un milieu assez parisien qui était contraint par l'espace, contraint par le temps, contraint par les voisins chiants, comme tous les chantiers à Paris. Et que voilà, c'est ça que nous, on a expérimenté. C'est pas monté, on pourra peut-être en reparler plus tard. Voilà. Merci. Bonsoir à tous. Aude Robert et Pierre Mangematin, on est architectes urbanistes associés à l'agence Agnoji-Beltrando.
On est une agence d'architecture et d'urbanisme avec quatre associés, Yannick Beltrando, Tomoko Agnoji et nous deux. Et on va vous présenter une recherche qu'on a lancée fin 2022, qui s'appelle La Ville à plusieurs, avec une équipe composée de chevreux notaires et d'une association qui s'appelle l'ANGC, l'Association Nationale des Gestionnaires de Copro. On a lancé cette recherche suite à nos différents projets. On travaille pas mal dans Paris. On est architectes urbanistes du quartier Saint-Vincent de Paul, qui est en cours de développement depuis presque dix ans, bientôt fini. On a aussi participé à l'élaboration du PLU bioclimatique et on fait aussi des bâtiments.
Là, vous voyez à l'image un petit bâtiment et une surélévation rue de Nancy, pas loin dans le dixième arrondissement. On a lancé cette recherche en se posant la question dans nos différents projets des limites de propriété et de comment elle pouvait être un frein, mais aussi peut-être un outil pour faire des projets qui avaient plus de sens ou qui permettaient des projets plus larges, plus cohérents. Et donc cette recherche, elle s'est basée sur un double constat et aussi sur la base des expériences que Pierre a mentionné plus tôt. Le premier, c'est que Paris, c'est une ville qui est déjà largement constituée, qu'en 2050, 95% des bâtiments qui sont aujourd'hui là sont toujours présents.
Et aussi que cette ville, il va quand même falloir réussir à la transformer pour l'adapter aux évolutions récentes. Par exemple, aujourd'hui, il y a la canicule, hier, au confinement. Et donc, comment est-ce qu'on pouvait réussir à transformer cet existant de manière la plus efficace possible ? L'idée, c'était de travailler sur les questions de mutualisation.
C'est pour ça qu'on était avec des notaires et des questions de limites de propriété, avec l'idée de réussir à transformer le déjà-là, ce qu'on fait tous dans nos pratiques, mais de l'amplifier à l'échelle de bâtiments ou de terrains mitoyants et de penser collectif pour améliorer le cadre de vie, par exemple dans des travaux de rénovation énergétique, sur les espaces extérieurs, dans des travaux de mise aux normes ou de changement des systèmes énergétiques. Donc, c'est tout ça qu'on a exploré dans le cadre de la recherche. Et donc, avec les notaires et aussi la NGC, on a étudié quels outils juridiques étaient mobilisables pour réussir à mutualiser ces éléments-là.
C'est les trois outils qui sont affichés à l'écran. Et on les a testés sur six cas d'études différents au sein de Paris pour voir quels étaient les gains économiques en termes de temps ou autres que pouvaient permettre cette mutualisation. Et ce qu'on s'est assez vite rendu compte, c'est que ces trois outils, finalement, ils étaient assez simples d'utilisation et que la mutualisation était finalement quelque chose qui pouvait être assez rapidement mis en œuvre avec des outils qui sont assez spécifiques selon les besoins, si on a besoin d'une mutualisation avec une gestion sur un temps long ou d'une action ponctuelle de travaux.
Un peu plus concrètement, on va vous présenter quelques cas d'études qu'on a étudiées. C'est des vraies adresses parisiennes. Donc, on a bossé avec les syndics pour récupérer les documents des copros ou des bailleurs et étudier et chiffrer aussi les avantages, les inconvénients, les freins à la mutualisation. Là, par exemple, l'exemple de petits immeubles de 15, 20, 25 logements en copro qui peuvent parfois, à Paris, des bâtiments mitoyens avoir les mêmes caractéristiques constructives. Là, c'est le cas de bâtiments de Faubourg, mais c'est aussi le cas des HBM. Parfois, dans les lotissements haussmanniens, on a exactement les mêmes typologies constructives.
Donc, l'intuition, c'était de se dire si on fait des travaux de rénovation énergétique, peut-être qu'on a un gain financier ou en termes de montage ou en termes de temps de travaux à mutualiser ces travaux-là. Un deuxième cas d'études, c'était la question des cours. Que ce soit dans le tissu haussmannien ou faubourgien, on se rend compte qu'on a souvent des toutes petites cours emmurées. Et on s'est dit, comment est-ce qu'on pourrait abattre ces murs pour créer des cœurs d'îlots beaucoup plus grands et du coup des îlots de fraîcheur aussi à l'échelle d'un îlot ? Un autre exemple sur les locaux vélos.
Sachant qu'il y a un bon nombre de bâtiments parisiens qui n'ont pas forcément la capacité d'accueillir des locaux vélos. On le voit, les vélos s'entassent dans les rues ou dans les caves ou dans les cours. Mais par ailleurs, il y a des bâtiments d'après-guerre qui sont très capacitaires, notamment avec leur parc de stationnement. On sait qu'il y a en gros un tiers de vacances dans les parcs de stationnement parisiens. On s'est posé la question de comment mettre à profit ces espaces de parking pour faire des locaux vélos, mutualiser à l'échelle de 2, 3, 4, voire à l'échelle d'un quartier, 4 immeubles pardon, ou à l'échelle d'un quartier.
C'est notamment pertinent ce cas-là dans le cas des parcs de parking des bailleurs sociaux où on peut mobiliser un certain nombre de places assez rapidement ou des propriétaires uniques privés aussi. On peut mobiliser les places facilement alors qu'en copropriété, c'est plus compliqué. Autre cas, les questions des toitures mitoyennes. Là, c'est un exemple de deux copros qui partagent une toiture terrasse qui est mitoyenne. Là, il se trouve qu'il y avait une des copros qui avait la volonté de végétaliser. Donc ça n'a pas beaucoup de sens si on végétalise la moitié de cette toiture.
Là, l'idée, c'était de voir comment on pourrait végétaliser la totalité de la toiture, donc faire un projet porté par les deux immeubles et les deux copropriétés. Et donc, au bout de l'étude de ces six cas, on en a conclu cinq avantages à la mutualisation. Le premier, c'est plus pour la collectivité. Donc ici, la ville de Paris, c'est comment est-ce que, grâce à cette mutualisation, on va pouvoir accélérer l'adaptation au changement climatique, notamment, par exemple, Pierre en parlait sur le stationnement vélo.
Là, on voit un plan où, en orange, c'est les secteurs avec un excédent de place et les ronds, c'est tous les parkings concédés de la ville de Paris où, potentiellement, il y a de la vacance et où on pourrait réussir à mutualiser des places de stationnement. Deuxième exemple et deuxième série d'avantages, donc la question des coûts et de la durée. Par exemple, l'exemple qu'on vous montrait sur les travaux de rénovation énergétique, on l'a fait chiffrer, ça permettait d'économiser entre 15 et 20 % des coûts des travaux. Avec un avantage pour les copropriétaires ou même pour les bailleurs sociaux qui est assez intéressant.
Et aussi de rendre attractifs les travaux, notamment pour des tout petits immeubles qui ont du mal, parfois, à attirer les entreprises sur les chantiers de rénovation énergétique. Donc, le volume de la mutualisation rend le projet intéressant. Je continue. Ça, c'est un exemple à Copenhague, où la municipalité porte et appuie les copros dans la rénovation et la mutualisation de leurs cours. C'est un peu une des images qu'on avait, une des intuitions qu'on avait. Il y a des choses qui existent à Paris maintenant, notamment avec Coproasis.
Mais il y a un vrai avantage, notamment, c'était de mutualisation, de végétalisation des cours en termes d'usage, de qualité d'usage pour tout le monde, qualité des logements, îlot de fraîcheur, évidemment. Et également, en termes d'entretien, ça, c'est un autre point qu'on ne vous a pas expliqué, mais qu'on a exploré sur mutualiser un gardien. C'est un service qui est très attractif pour les Parisiens, mais qui a tendance à disparaître, qui est difficile en dessous d'une jauge de 40, 50 logements. Si on met deux immeubles mitoyens, de 25 logements, là, on a la masse critique pour un gardien. Donc, ça devient aussi intéressant. Merci à tous.
Et du coup, là, on a juste représenté la petite cour réunie qui pourrait permettre de créer du confort des locaux vélos. Et il y a une publication qui doit sortir très prochainement. Bonsoir à tous. Merci d'être là. Je suis content de vous présenter notre étude. Donc, nous, on est une agence d'architecture qui fait un peu écho à ce qui a été dit avant, puisqu'on s'est fondé au Grand Voisin en 2015 dans cette occupation temporaire d'un site qui mélangeait à la fois un hébergement d'urgence pour des personnes en difficulté, des migrants, des personnes dans la rue, et des associations, des jeunes agences qui déployaient leur activité et qui étaient en lien avec ce réseau social.
Donc, nous, on a construit notre agence sur ce terreau-là en ayant sorti d'école. Moi, j'étais à Belleville, donc en 2016, diplômé, en ayant la volonté de poursuivre ce qu'on fait dans les études, c'est-à-dire d'être dans la recherche et de pouvoir expérimenter sur des formats plutôt liés à l'événementiel, des micro-architectures, en testant des matériaux biosourcés dans des climats assez extrêmes, des hamams en chanvre, des choses comme ça, du réemploi en charpente pour essayer de pousser la notion de réemploi jusqu'en structure de charpente dans des cadres assez particuliers qui sont là aussi un projet.
La bricole qui a été faite dans le centre d'hébergement d'urgence temporaire qu'il y a eu à la caserne Excellmance portée par Aurore. Et un autre projet qui est l'Auréat du Fer 2018, si je ne me trompe pas, ce n'est pas celui-là dont je vais parler parce qu'il y en a eu un deuxième, mais la réalisation d'un prototype pour une association qui fait de la maraude, de la récupération de cartons et de la revente de cartons, cartons pleins à Paris. Si vous avez un déménagement à faire, allez acheter vos cartons et vos scotches biosourcés chez Cartons Pleins.
Et du coup, leur prototype de petits ateliers montables, démontables, qui pouvaient s'implanter dans différentes zones pour faire ces maraudes, les transformer et les vendre localement. Donc là, on va vous parler du Fer 2020 qu'on a remporté sur autre chose qui est la continuité de ce dont je vous ai parlé. Donc 2020, c'était il y a 6 ans et donc on a proposé au pavillon de l'Arsenal de faire une étude sur les centres d'hébergement d'urgence.
En fait, on s'est rendu compte qu'il n'y avait pas vraiment d'études de corpus architectural sur le sujet spécifique des centres d'hébergement d'urgence, donc qu'ils soient pérennes ou temporaires sur la morphologie architecturale, leur implantation urbaine, les impacts qu'ils ont dans la ville et aussi comment ils sont déployés architecturellement à l'intérieur. Et c'est un projet qui a été de long cours puisque là, il n'est pas encore publié, mais on est sur la finalisation parce que ça devrait arriver cet automne où on s'est associé avec des graphistes pour pouvoir finaliser l'étude. Donc là, on est plutôt sur un projet de recherche plus conventionnel.
C'est une étude qu'on a structurée assez classiquement sur la définition du contexte historique, le contexte spécifique. Donc nous, on l'a cadré sur l'île de France. Donc c'est vraiment les centres d'hébergement d'urgence francilien. Il y en a beaucoup d'autres ailleurs, mais on s'est focalisé là-dessus. Et il y en a beaucoup à Paris. Et on a sélectionné un panel de 13 centres d'hébergement d'urgence, dont deux accueils de jour. Donc les centres d'hébergement d'urgence où il y a du logement, de l'hébergement de nuit pour ces publics.
Et les accueils de jour qui sont plutôt des accueils administratifs, des foyers de vie, des foyers d'accompagnement qui ne comprennent pas d'hébergement, mais qui ont un rôle vraiment central, important, dans cet éventail-là. Et on a choisi de regrouper dans cette thématique qu'on a appelé des impacts, voilà les sujets fondamentaux qui sont le lien de tout ça, qu'on ne retrouve pas forcément dans chacun des centres. Mais en fait, ces sept impacts, c'est un peu les fiches de conception de futur, ou en tout cas des points très importants de chacun des centres qui peuvent permettre de multiplier ces centres-là parce qu'il y a un vrai besoin d'accueil et une problématique de lieu d'accueil.
Donc, on a construit l'étude sur deux principes fondamentaux, donc plutôt le travail de recherche et de documentation, en allant voir des écrits de la pure, en allant chercher tout ce qui a été fait, mais encore une fois, il n'y avait pas vraiment de travail sur la typologie architecturale des centres d'hébergement d'urgence. Et en parallèle, on a fait, sur les 15 centres, on a fait à chaque fois trois interviews vidéo, filmées, enregistrées des trois acteurs principaux de chacun des centres. Donc, les gestionnaires, ça peut être l'association Aurore qui fait de l'hébergement d'urgence, les maîtrises d'œuvres, donc c'est les maîtrises d'ouvrages parfois ou les...
pardon, les premiers, c'est soit les maîtrises d'ouvrages, b'ailleurs, soit les gestionnaires. Les deuxièmes, c'est les maîtrises d'œuvres qui ont conçu ces centres-là et les troisièmes, c'est les habitants de ces centres, donc parfois des hébergés ou parfois des équipes techniques ou des accompagnants de ces centres-là. Chacun de ces... de ces interviews, ça nous a donné énormément de travail, c'est pour ça que c'est un travail qui a été assez long, mais qui a permis de faire ressortir vraiment le...
l'âme, le cœur de ces bâtiments-là, donc pas simplement en allant étudier les plans, en faisant des relevés sur les bâtiments, mais en allant aussi écouter tous les acteurs qui ont participé à ces projets. Donc ces corpus-là, on les a retranscrits dans différents documents avec des entretiens qui vont parler vraiment de l'histoire de la solidarité.
On a réuni dans une grande frise qu'est-ce que la chronologie de la solidarité de la solidarité sur trois grands axes, les différents lieux importants, les acteurs qui se créent au fur et à mesure, qui viennent accompagner les plans, les lieux et les personnes qui vont devoir être hébergées, et puis aussi les actes politiques qui sont des accélérateurs aussi de ces facteurs-là. En fait, on se rend compte que tout se joue assez fortement dans les deux dernières décennies. Il s'est passé énormément de choses et beaucoup de centres se sont aussi développés et déployés dans ces dates-là.
La carte n'est pas complète, c'est encore en études, mais pour donner le périmètre restreint des douze centres plus les deux accueils de jour qu'on a étudiés, donc on est vraiment intramuros Paris et quelques centres dans la périphérie, dans la première couronne. Chacun de ces centres ont été... Ça va vite, en fait. Chacun de ces centres ont été retranscrits dans l'étude par fiche, assez stricte, assez rigoureuse. Là, vous avez l'accueil de jour du secours catholique à Porte-de-la-Villette. Un centre... Donc c'est un accueil de jour pérenne qui fait depuis 30 ans de l'accompagnement de ce public-là.
Le centre La Chapelle que vous connaissez, qui a permis d'accueillir environ 4 000 hébergés qui a été temporaire. Lui, pour le coup, il y a eu un gros projet qui n'avait rien à voir, qui a été fait par-dessus. Un autre exemple d'une rénovation d'un bâtiment pour devenir... Donc c'était une ancienne usine qui a été transformée en centre d'hébergement du Gens pérenne.
Et chacune de ces études-là, donc là, je ne vous l'ai pas montré, mais après, on rentre dans le détail des éléments généraux des plans où on va aller chercher les zones individuelles, les zones collectives pour essayer de comprendre les espaces propres à chaque hébergé, mais aussi les espaces collectifs qui font le lien et parfois l'ouverture au quartier de ces projets-là. Et du coup, donc des fiches finales qui viennent un petit peu structurer la fin de l'étude pour avoir les thématiques qui sont recentrées, qui sont transversales dans chacune de ces études. Voilà, donc c'est bientôt publié par le pavillon de l'Arsenal. Voilà. Merci à vous. Bonsoir à toutes et à tous. Merci beaucoup.
Et je vois tout. Et merci pour l'invitation. Merci de votre présence nombreuse, impressionnante. Je vais d'abord commencer par vous raconter... Alors, je ne sais pas par où. Il faut que j'appuie.
Pouf.
Ouais. Comment j'ai commencé à travailler sur cette question des métiers ? Ça a commencé il y a quelques années quand je menais un projet dans lequel il était question de creuser un trou de 30 mètres de profondeur. Et je me suis intéressée aux personnes qui creusent. On est alors partis à la rencontre d'un ouvrier de la voirie, d'une archéologue, d'un psychiatre spécialiste des trous de mémoire. Et c'est dans ce cadre-là que j'ai eu l'idée d'aller rencontrer le faux soyeur du Père Lachaise. Et en documentant cette rencontre, j'ai ouvert les portes de ce qu'on pourrait appeler les coulisses de la ville. Et c'est un sujet qui depuis m'a littéralement passionnée et presque engloutie.
Et donc, comme je suis toujours très curieuse et que j'ai été intéressée toujours par les sujets un peu hors normes et hors du commun et aussi par les questions matérielles, c'est quelque chose qui m'a tout de suite intéressée. Mais c'est aussi quand le faux soyeur nous a parlé de la densité des cimetières, du fait que les cimetières sont complètement remplies ou quand il nous a dit qu'il avait déjà trouvé des traces de griffes à l'intérieur d'un cercueil fermé depuis des décennies. Donc imaginez, des griffes. Je me suis dit qu'on ne pouvait pas garder ça pour nous et qu'il fallait le partager plus largement. Et donc, j'ai proposé à la revue Strabic de publier ce premier entretien.
Et les éditeurs et éditrices ont été tellement enthousiastes qu'ils m'ont encouragée à continuer. Et je suis allée donc rencontrer un nettoyeur de l'extrême. C'est quelqu'un qui nettoie les scènes post-traumatiques. Il m'a raconté de manière vraiment très concrète comment il fait disparaître des lieux, les traces laissées par un corps après la mort, que ce soit un corps en putréfaction dans un appartement après la canicule ou bien un suicide sur les rails d'un train. Et donc, j'ai continué au fil des rencontres en étant plutôt guidée par ma curiosité.
Et c'est comme ça que je suis allée à la rencontre d'une ancienne archiviste reconvertie en croque-mort de pompe funèbre alternative qui m'a raconté comment elle avait accompagné une personne qui souhaitait que son corps soit mangé par des animaux en forêt après sa mort, alors même que c'est interdit par la loi. Et donc, comment elles avaient ensemble construit un rituel qui permette le respect de ses dernières volontés. Et donc, voilà, je me suis rendu compte qu'il existait des pigeonniers contraceptifs rue de la Roquette. Je ne sais pas si vous savez qu'il y a sept pigeonniers contraceptifs à Paris.
Le principe, c'est que c'est un pigeonnier dans lequel une personne va et vient secouer à la main un tiers des oeufs pour avorter l'embryon de Poussin et limiter la population des pigeons parisiens. C'est une technique écologique. J'ai rencontré aussi un pilote de drone qui surveille des sites industriels et des centrales nucléaires, donc des sites hyper stratégiques. Mais ce qui m'intéressait particulièrement, c'est qu'il était missionné par des villes pour stériliser les oeufs de goéland directement dans les nids sur les toitures terrasses en drone en pulvérisant un liquide qui imperméabilise la coquille.
Plus récemment, c'est plutôt le responsable de la sécurité du périph qui m'a parlé et qui m'a accordé un entretien où on apprend ce qui est mis en place lors du blocage du périph ou des manifestants s'assoient sur la voirie ou bien encore l'impact matériel de la vitesse de 10 km heure. C'est le changement de 160 panneaux de voirie en 48 heures. Voilà, je vous ai choisi quelques petites anecdotes pour vous amuser, vous l'aurez compris. Certains métiers peuvent vous sembler amusants, voire folkloriques, peut-être même pittoresques, mais tous ces métiers et toutes ces activités font appel à des savoir-faire, à des gestes qui sont précis.
Ils engagent des usages, des modes de vie et surtout, ils parlent très bien de notre époque. On connaît les petits métiers de la fin du XIXe siècle qui font vraiment partie de l'imaginaire parisien, notamment grâce aux photographies de Jeanne Nadjet. On connaît bien la figure du chiffonnier, peut-être un peu moins celle du raccomodeur de faïence ou de la tondeuse d'animaux, mais c'est des métiers qui ont disparu pour la plupart au début du XXe siècle et qui représentent pourtant un témoignage et un document important des pratiques de la ville dans l'histoire.
Le métier de commissionnaire, par exemple, avait disparu, mais on pourrait considérer qu'il est revenu sous une forme qui s'apparente peut-être plus à l'activité qu'exercent les livreurs à vélo qui se sont multipliés ces derniers temps. Alors, je ne suis bien sûr pas la seule à m'intéresser à la question du travail en ville ni au travail à Paris, mais je mène cette recherche accompagnée de nombreuses références. Je vous parlais à l'instant de gestionnaire de pigeonner contraceptif, mais peut-être que vous ne connaissez pas le quotidien d'un technicien de mesure atmosphérique de l'air ou encore de l'ascensoriste de la tour Eiffel.
Est-ce que vous saviez qu'il y a des personnes qui cartographient les places de parking dans Paris avec un équipement de captation à 360 degrés comme cet homme ? Ici, j'étais avec Abdoulaye Diata qui est traqueur de punaise de lit et qui s'est entraîné pendant des semaines à les reconnaître à leur odeur. Un extrait de cet entretien a été présenté il y a quelques semaines au Festival de la Ville Sensible au Théâtre de la Concorde.
Pour ce projet faire, je cherche à faire un portrait de Paris aujourd'hui qui est composé d'entretiens avec des personnes qui travaillent à Paris et ces situations, je les aborde en architecte parce que cette recherche elle vise à vraiment renseigner, informer des pratiques, des gestes et du quotidien de ces personnes qui travaillent dans les coulisses de la ville. C'est un projet qui s'inscrit à la fois dans l'histoire de la transformation de la ville mais aussi dans l'évolution du métier d'architecte.
Aujourd'hui, les architectes deviennent de plus en plus des médiateurs, des médiatrices, des déconstructrices, des mésologues et je pense que participer à la documentation, à la description de ces activités par les mots de celles et ceux qui les exercent est très important parce que ça documente les ambiances, les situations mais aussi l'histoire architecturale, matérielle et bien sûr sociale de la ville, ce qui pour moi est une pratique de l'architecture. Alors, quand certains et certaines d'entre vous iront se baigner dans le canal en sortant d'ici, peut-être que vous repenserez à ces histoires.
Si vous pouvez vous baigner cet été, c'est notamment grâce au travail des éclusiers, éclusières qui pilotent le barbeau, le bateau nettoyeur du canal de l'Ourque. Quand les algues vous chatouilleront les pieds, vous penserez peut-être au faux cardage qui est une technique qui consiste à couper les plantes aquatiques à l'aide d'une sorte de tondeuse sous-marine qu'on utilise encore aujourd'hui et qui existe depuis au moins 100 ans. C'est une image de 1925. Et j'imagine que la plupart d'entre vous n'en a jamais entendu parler.
Bref, tout ça pour vous dire que ces histoires, ces techniques, ces gestes qui occupent le quotidien de nombreuses personnes qui travaillent à Paris sortent parfois des radars mais qui nous concernent toutes et tous et ce sont aussi ces histoires qui font Paris. Et donc voilà en quelques mots le sujet de mon projet et n'hésitez pas à venir m'en parler après si vous avez des idées d'activités hors du commun que je n'aurais pas identifiées. J'en ai pas mal mais venez m'en parler. Merci beaucoup. Bonsoir. On va vous présenter notre travail de recherche sur l'eau brute. Donc nous sommes trois.
Camille Lowe qui est architecte et artiste plasticien, Pauline Soulan qui est architecte urbaniste et moi Julie Maillard qui est architecte et paysagiste. Donc on est tous les trois enseignants et chercheureuses au sein de l'OCS de Paris-Est qui fait partie également et qui est partenaire de cette recherche et on est lauréate de FAIR 2023. Donc l'eau brute qu'est-ce que c'est ?
L'eau brute c'est un peu à la rencontre de nos pratiques respectives tous les trois de notre discipline et en fait l'eau brute c'est un sujet à la fois transversal, transdisciplinaire et transcalaire parce que en fait la notion d'eau brute c'est celle donc désignée impropre à la consommation humaine et qui interroge évidemment sur les questions de milieu et de forme et qu'est-ce qui est finalement la brutalité de l'eau pour l'être humain et notre démarche elle est donc une recherche fondamentale qui articule la théorie la prospection et la pratique.
Donc déjà on s'est intéressé quand on travaille sur la question de l'eau on s'est intéressé à la question du bassin versant donc là évidemment c'est la question du bassin versant de la Seine qui prend sa source dans les Côtes d'Or en Bourgogne et qui se jette dans l'estuaire au Havre en Normandie.
Et donc assez vite on s'est concentré aussi sur un des aspects de ce bassin versant qui est donc sa source donc la source de la Seine qui se situe à plus de 200 km de Paris ce qui nous a tout de suite fasciné c'est cette composition de différents imaginaires donc c'est une image qui télescope en fait plusieurs milieux plusieurs échelles donc tout d'abord le premier plan qui va plutôt nous parler d'une zone humide avec des plantes caractéristiques de ce milieu la présence du banc qu'on retrouve notamment dans le parc des buts de Chaumont donc qui est un plutôt qui revêt qui a un caractère urbain et qui nous intéresse aussi pour son aspect plus parisien et enfin c'est ce nymphée qui repose dans un écran plutôt pittoresque qui va évoquer une dimension culturelle aussi et architecturale du lieu sur laquelle on construit sur la source donc ce télescopage des échelles et des milieux donne à lire le territoire dans son épaisseur donc on a choisi d'orienter notre recherche à travers un atlas qui va être stratigraphique c'est-à-dire qui va être orienté sur quatre niveaux de référence le sous-sol l'anthroposol qui correspond au sol largement modifié l'eau de surface et les eaux atmosphériques donc ce voyage stratigraphique commence par une échelle bassin versant donc pour revenir justement sur cette grande échelle pour comprendre et appréhender en fait les systèmes et les enjeux qui se jouent à cette échelle-là bien évidemment donc on a par exemple pour l'anthroposol tout un travail sur les espèces imperméabilisées donc qui représente cette strade par cette thématique-là à cette échelle-là les zones humides et voilà l'épaisseur d'humidité ou encore l'eau climatique avec les intempéries et le vent ensuite en fait c'est un travail d'entrelacement d'échelle donc ensuite on zoom sur l'échelle de Paris enfin un peu du Grand Paris donc en gardant cette idée de stratification donc pour le sous-sol on s'intéresse aux questions de forage de puits de sol de nappes enfin les différentes nappes qui constituent le sol l'entrepôt sol évidemment par rapport au réseau donc là c'est le sol qui est anthropisé donc notamment le réseau d'eau non potable et toute l'armature technique qui irrigue en fait la ville de Paris la surface à travers donc l'eau visible et aussi celle invisible ou celle qui a disparu celle qui a été drainée notamment et les phénomènes d'intermittence qui sont à la fois la sécheresse comme on peut le voir aujourd'hui ou bien les inondations et ensuite l'atmosphère qui est évidemment à travers le climat et les zones de fraîcheur qui sont si nécessaires surtout en cas de canicule ensuite on a fait donc voilà on a travaillé un atlas avec différents éléments qui nous fascinent pour la plupart et il est imagé notamment par un travail photographique qui est fait par notre photographe Alexandre Ferreira donc là ici vous pouvez déjà en percevoir le nymphé de la Seine ainsi que des bassins de réservoirs de Paris et ensuite voilà on a continué un corpus en fait fait d'archives de recherches de traités de photographies qui traversent les strates qui traversent aussi la question de la culture la question de la géographie la question même de l'architecture du paysage et ici vous pouvez déjà apercevoir le nymphé de Soufflot ainsi que la cascade d'eau du bois de Boulogne donc ce travail de recherche il a également tissé des liens au-delà des frontières de cette recherche justement en ayant des résolutions plutôt académiques avec un cadre du contexte de l'école par exemple dans lesquels nous enseignons tous les trois donc ça c'est un travail sur la question de la modénature donc c'est un travail de reconnaissance d'un langage spécifique au territoire parisien la modénature qui est à la fois un élément ornemental mais aussi qui a une vocation à protéger la façade à différents niveaux donc on continue sur donc ces maquettes c'est un peu les prémices aussi de notre intérêt pour la question du prototype et de la forme donc on a un travail pour cette exposition qui va être autour d'un prototype justement qui reconnaît un peu un ensemble de références à la fois proche du contexte parisien comme par exemple encore une fois un infet de souffle dans les Yvelines ou encore à Lanzarote donc plutôt un travail sur le sol et donc ces deux formes ont pour point commun d'être circulaire et de retenir l'eau et enfin donc ces manipulations ce prototype nous amène à une échelle plus précise celle de l'expérimentation par la maquette à différents niveaux notamment la maquette échelle 1 qui a été expérimentée dans un cadre professionnel mais aussi toujours dans le cadre de l'école à travers nos différents studios donc voilà on souhaite faire ce lien justement entre le grand territoire et l'échelle plus détaillée on va dire de l'édifice et l'échelle
de l'échelle de l'échelle et l'échelle de l'échelle