MACRON - NEYMAR : LE PIRE DU CAPITALISME
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« Neymar touche à Paris un salaire annuel de 36,8 millions d’euros. Soit plus de 3 millions par mois. Soit 100 000 euros par jour. »
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« La part de ceux qui n’ont pas d’emploi et qui n’en cherchent plus a augmenté ce trimestre. »
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« Les inégalités dans notre pays et le taux de pauvreté n’ont jamais été aussi élevés depuis vingt ans. »
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Je souffre d’un mal étrange que j’ai quelque peine à avouer. Voilà de quoi il s’agit. Quand j’entends une information sur Neymar, le footballeur du PSG, je fais immédiatement un parallèle avec Emmanuel Macron.
C’est une vraie maladie à la limite de la psychiatrie. Mon cerveau est parasité par des images subliminales, des visions étranges et des rapprochements bizarres. Parfois des impossibilités majeures.
Mais pourtant, ça me travaille. Dès que je vois Emmanuel Macron à la télévision je pense à Neymar da Silva Santos Junior. Et réciproquement.
Ça a commencé au début de cet été quand Neymar était encore convalescent au Brésil et Macron souffreteux à l’Elysée. Et ça n’a fait qu’empirer. J’ai essayé d’en sortir, de regarder des matchs de basket, de faire des pauses, de ne pas lire l’Equipe, de ne plus regarder BFM, de zapper Bormes-les-Mimosas, mais boum, c’est revenu.
Par exemple ce matin, je vois une photo de Neymar, bronzé avec une nouvelle coupe de cheveux. Il est passé du blond au brun. Et je me dis “tiens comme Macron”.
Bien sûr Macron ne s’est pas teint les cheveux mais il les a coupés et il est très bronzé. Et lui aussi mange des pizzas. Euh non, pas celles-là.
Non, pas celles-là non plus. Bon bref, lui mange des pizzas, comme Neymar. Et surtout pas des pizzas bling bling au caviar ou des côtes de bœuf à la feuille d’or comme Ribéry.
Non, le nouveau Macron va avec ses amis, une quinzaine, manger simplement en bras de chemise une pizza et une glace dans un estaminet sans façon de Bormes-les-Mimosas. C’est ça l’acte 2 du quinquennat. Macron veut remettre l’humain au cœur de sa politique.
Comme Neymar qui en a marre d’être maltraité par ses patrons Qataris et souffre de la comparaison avec Killian Mbappé qui claque, lui, but sur but. Sans broncher. Pour ceux qui ne connaissent rien au foot ou qui détestent ce sport de capitalistes, opium d’un peuple anesthésié, il faut que j’explique un peu la situation de Neymar et le feuilleton qui se joue en ce moment.
Le gars a 27 ans. Il est capitaine de l’équipe du Brésil. Il est arrivé triomphalement en France l’été 2017.
Un peu comme le jeune Macron qui c’est vrai a 42 ans mais il était triomphant l’été 2017, souvenez-vous. Il n’y avait pas encore eu ces emmerdeurs de gilets jaunes. Jaune, comme le maillot de Neymar et du Brésil… Vous voyez ça me reprend, mon cerveau part en sucette et fait des associations.
Macron. Gilet Jaune. Brésil.
Neymar. Bolsonaro… Oui parce que Neymar même s’il ne se mouille pas trop a souhaité bonne chance à Bolsonaro, le président qui veut casser des homos et des arbres dans les forêts amazoniennes. C’était après un match à Marseille en octobre dernier, juste après son élection : “J’espère que Dieu utilisera notre président pour aider notre pays.” a dit Neymar.
Et un peu plus tard, invité en Israël par Netanyaou et ce même Bolsonaro, Neymar s’est fait une joie de répondre positivement à leur invitation. C’est un fin politique Neymar. Il sait où va le vent.
Comme...
Neymar a donc été acheté par le PSG qui appartient comme chacun le sait aux Qataris. Le plus gros transfert jamais réalisé pour un footballeur professionnel. 222 millions d’euros payés par le PSG au club de Barcelone qui avait déjà l’argentin Messi et l’uruguayen Suarez en attaque.
Neymar touche à Paris un salaire annuel de 36,8 millions d’euros. Soit plus de 3 millions par mois. Soit 100 000 euros par jour.
C’est un peu moins que les copains de Macron comme Bernard Arnault qui touche lui, je vous le fais à la louche, 36 millions d'euros par jour. C’est quand même une somme. Neymar était bien au Barça.
Mais il voulait changer d’air, devenir ballon d’or à la place de Messi ou Ronaldo. Macron était bien lui chez Rothschild. Il était bien aussi bien à l’Elysée puis à Bercy avec ses copains François Hollande et Manuel Valls.
Mais il a voulu changer d’air lui aussi. Et maintenant, il nous pompe le nôtre. Oui je sais c’est facile, mais bon.
Neymar a surtout voulu empocher beaucoup d’argent pour lui et son entourage. Neymar est “drivé” par son père Neymar senior et par un requin d’agent Pini Zahavi. Pini c’est le diminutif de Pinhas qui est le raccourci de Piranas… Pini est Israélien, copain de Netanyaou, vous me suivez, mais il vit à Londres.
C’est lui qui fait depuis vingt ans tous les plus gros transferts de la planète foot. Mais il n’a même pas une carte d’agent. Il est intermédiaire.
Il travaille dans l’ombre, monte des coups, ouvre des sociétés off-shore un peu partout, touche d’énormes commissions. Mais Pini, bien que clandestin, a une morale : “Personne au monde ne peut dire que je l'ai baisé. Personne.
Et ça après plus de 30 ans d'activité.” Il le dit quand il se présente. Il confie aussi volontiers que sa mère rêvait qu’il soit premier ministre, alors que lui voulait “simplement faire quelque chose dans le football”.
C’est ce qu’il a expliqué à Romain Molina dans La Mano Negra, un excellent livre admirablement préfacé, par moi, et qui décrypte les forces obscures qui contrôlent le football mondial. C’est Romain qui a levé le voile sur Pini. Comme quoi en ce bas monde, les journalistes ont encore une utilité.
D’ailleurs Neymar n’aime pas les journalistes. Macron non plus. Ils rêvent tous deux d’un monde sans journalistes ou alors des journalistes pas trop regardants, qui ne posent pas de questions embarrassantes, qui font de la com.
On a appris effectivement aujourd'hui qu'il était aller dîner dans une pizzeria dimanche soir, une pizzeria sans prétention, Emmanuel Macron qui n'a pas demandé à privatiser le restaurant, qui s'est assis à une grande tablée familiale ils étaient quinze, ils ont mangé des pizzas et de la glace. Cet été c'est aussi l'occasion pour le chef de l'État de renouer avec les Français. Il a fait récemment deux bains de foule aujourd'hui il s'invite dans une pizzeria, c'est ça aussi le nouveau Macron le Macron plus humain.
En parlant de journalisme, je vous invite à lire un formidable papier de Justine Brabant sur le site d’arrêt sur images. Elle y révèle les coulisses du groupe Reworld qui possède une quinzaine de titres en France dont Grazia, Telestar, Science et vie, Closer, Biba… Deux champions français de la start up nation, si chère à Emmanuel Macron et à son ami Xavier Niel, ont racheté un à un ces journaux et vont en racheter d’autres. Ces deux champions gagnent un pognon de dingue en rationalisant leurs coûts.
En faisant travailler des robots scribes et des grattes papiers à Madagascar, où ils touchent 30 à 40 ariarys par mot. Un ariary c’est 0,0073 centime d'euro. Les gars gagnent entre 11 et 15 euros par jour de 1500 mots.
Ce n’est pas une blague. Reworld fait beaucoup bosser des stagiaires payés entre 500 et 700 euros. Et le salaire de base pour un journaliste c’est 1800 euros par mois.
C’est la tendance du moment. Sinon, Reworld sous traite. "À la fin du mois, ils signent un chèque à un prestataire extérieur et ne s'emmerdent pas avec des salariés à qui il faut payer les tickets resto et tout le reste" explique un ancien salarié.
Leur première mesure, chaque fois, qu’ils ont acheté un titre a été de virer les journalistes encartés avec un chèque pour embaucher leurs "media workers". "On était entassés, avec un mètre carré de bureau chacun. On avait amené quelques ramettes de papier dans le déménagement, on les a à peine posées que les autres rédactions nous les avaient déjà piquées, tellement ils n'avaient rien.
Quand j'ai demandé des trombones, on m'a dit de les acheter moi-même et de me faire faire une note de frais.” Explique un salarié de Reworld. Tout le papier de 3300 mots est du même acabit avec cette perle que Justine Brabant a déniché dans le CV du rédacteur en chef du journal Marie France propriété de Reworld. "Je manage une équipe d'une vingtaine de collaborateurs, avec suivi de la qualité éditoriale et de la rentabilité globale.
Côté new business, je développe des stratégies éditoriales pour de prestigieux clients marques et médias : dispositif multicanal, fil rouge et opérations spéciales, approche paid-owned-earned." Je sais, j’ai lâché Macron et Neymar mais c’est ma tribune et je fais ce que je veux. Et puis je ne suis pas si éloigné que ça de mon propos.
Le foot comme la politique c’est d’abord de la com. Et les salariés de ces deux mondes et tous ceux qui gravitent autour et en tirent subsides et bénéfices ont pour ennemis communs les journalistes. Ceux qui grattent, posent des questions, prennent un peu de temps pour mettre en cause ce que d’une manière forcenée les communicants essaient de nous vendre.
Macron, Neymar, même enfumage. Bien sûr Neymar sait tricoter avec un ballon mais c’est Pini son agent qui l’a fait, qui a monté son image comme on monte une mayonnaise. C’est lui qui a imaginé tout le business en coulisse.
Tout ce qui pervertit le football et en fait le dernier endroit où on "trade". Où en deale. Où on empoche un max de thunes.
C’est le capitalisme financier, clandestin. Le football est son laboratoire ultime. Et Neymar, à mes yeux, une de ses figures de proue.
Tout allait à peu près bien jusqu’à l’année dernière et le match de Champions League contre Manchester United. Le PSG s’était baladé 2-0 au match aller. Mais Man U a gagné au retour 3-1.
Cette gifle est arrivée deux ans après la défaite contre Barcelone. Là les Parisiens avaient gagné 4-0 à l’aller et se sont pris six buts au retour dont un de Neymar. C’est ce jour-là que les Qataris ont voulu l’acheter.
Neymar l’a confié, cette remontada du Barça est le meilleur souvenir de sa vie de footballeur. Les supporters du PSG n’ont pas vraiment apprécié et lui ont immédiatement fait savoir. Neymar casse toi.
Un peu comme les gilets jaunes avec Macron. Neymar. Remontada.
BFM. Paris Match. La remontada du Président Macron.
On y a eu droit tout cet été. Les éditocrates de services. "Macron remonte dans les sondages." "4 français sur 10 approuvent maintenant sa politique." "Les Français en ont marre de la chienlit." "C’est la première fois depuis les gilets jaunes que le président enchaîne plusieurs séquences positives." "C’est pas gagné mais presque." Je vous invite à lire à ce propos un très éloquent papier de Samuel Gontier dans Télérama.
Neymar est un habile dribleur. Neymar est un des meilleurs footballeur du monde. Mais en dehors du terrain, Neymar triche et ment.
Et ça commence à se savoir. Chez les supporters, mais aussi ailleurs. En football, comme en politique, tout est une question d’image.
Et là, on peut dire que Neymar a à peu près tout foiré. En deux ans, sa cote a chuté. Son côté bling bling, ses virées en boite de nuit, son anniversaire couvert et cousu d’or, les accusations de viol portées contre lui.
Ses selfies de demeuré. Ses tentatives de rattrapage avec sa fondation. Et dès qu’il l’ouvre, il dit une connerie.
On sent vraiment que le QI n’est pas à la hauteur de sa dextérité au ballon. Donc Neymar a compris la leçon, il la ferme. Parfois, n’en pouvant plus, il file une tarte à un supporter.
Là, depuis son retour en France le 15 juillet dernier, il s’entraîne seul et le fait savoir. Il n’est plus dans l’équipe et son équipe et son entraîneur font la gueule. C’est une partie de poker menteur entre les plus gros clubs de la planète.
Les Anglais ont bouclé leur mercato. Ils sont donc exclus. Reste les Italiens ou les Espagnols.
En gros, la Juve, le Real ou le Barça. Qui va lâcher les millions ? Ce feuilleton tente de tenir en haleine les millions d’amateurs de football qui en ont un peu marre.
Je me fais ici leur porte-parole. Neymar et son entourage n’en ont rien à faire du football ou du club où ils jouent. Ce qu’ils veulent c’est du flouze, de l’oseille, de l’artiche.
Et pour ça, ils sont prêts à tout. Ben ouais c’est un peu comme Macron, non ? Avez-vous bien suivi les trucages et les montages en coulisse cet été ?
Toute cette communication faisandée pour faire oublier les gilets jaunes et la vente d’ADP et les retraites qu’on va rogner à la rentrée et les dividendes que les actionnaires vont toucher. 46 milliards au second trimestre avec comme principaux bénéficiaires Total, BNP Paribas, Sanofi. Tous ces dribleurs qui pratiquent l’optimisation fiscale et touchent le CICE.
Dans notre dos. Grâce à Emmanuel Macron, et à sa majorité qui ont avalisé la flat tax. Avez-vous suivi les airs empruntés des macronistes dès qu’il s’agit d’aborder la question chinoise et les émeutes à Hong Kong ?
Et cette pétition signée par une vingtaine de députés de la majorité un peu moins couards que leurs collègues mais très emmerdés quand même quand il s’agit de critiquer les Chinois alors que bon… “Le silence de la classe politique est assez assourdissant quand des événements majeurs pour l'équilibre du monde se déroulent et doivent nous interpeller” écrivent-ils avant de glisser un peu gêné : “En France également le mouvement des gilets jaunes nous oblige à plus d’écoute, plus de débat, plus de démocratie. Personne n’est expert en ce domaine, et l’expérience hongkongaise peut également nous permettre de progresser.” Pas mal comme langue de bois.
On se croirait au PSG quand on demande à Tuchel ou Mbappé ce qu’il pense de Neymar. Avez-vous vu la géniale séquence de la visite de Vladimir Poutine à Brégançon ? Ce moment où le Président russe, j’allais dire le dictateur moscovite, donne une leçon de démocratie à notre bien-aimé Président sur le mode : “Oui d’accord on a un peu secoué nos manifestants mais nous on ne les a ni tué, ni éborgné…”.
Vous savez qu'il y a eu les manifestations des gilets jaunes. D'après nos calculs je crois qu'il y a 11 personnes qui sont mortes Il y a plus de 2000 personnes qui ont été blessées notamment des policiers qui ont été blessés. Nous ne voudrions pas que de tels événements se déroulent dans la capitale russe et nous ferons tout pour éviter que notre situation intérieure dépasse le cadre de la loi.
Ce passage ne sera pas traduit par les télévisions françaises. Je suis invité par le président français je suis un peu mal à l'aise en le disant mais vous savez tous que pendant les manifs des gilets jaunes il y avait plusieurs dizaines de personnes qui avaient été blessées. Il y avait aussi des policiers qui avaient été blessés et on ne veut pas du tout que des... des événements pareils se passent dans la capitale russe mais on va toujours respecter la loi.
Et la pauvreté comme le chômage qui grimpent. Car oui, ils grimpent contrairement à tout ce qui a été vendu et asséné par les médias grand public depuis le 15 août. Malgré la flexibilité.
Comment expliquez-vous cette baisse lente, Stéphane Carcillo ? L'explication, c'est parce que on a de la croissance, on a une croissance qui est relativement modérée, modeste. On est sur un "trend" aujourd'hui de 1,3%.
Mais ce qui se passe c'est qu'il y a peut-être 10 ans ou 15 ans avec 1,3% de croissance le chômage ne baissait pas et aujourd'hui à ce niveau de croissance le chômage baisse parce qu'en fait on a enrichi la croissance en emplois grâce à une série de réformes. Effectivement, maintenant une croissance assez faible, assez réduite, est compatible avec une baisse du chômage en France. On peut voir là l'effet de réformes qui se sont heureusement empilées.
L’apparente baisse du chômage de 0,2% est due au recul de l’activité. La part de ceux qui n’ont pas d’emploi et qui n’en cherchent plus a augmenté ce trimestre. Ce qui, et c’est Alternatives Eco qui le révèle, interrompt une tendance à la baisse qui était continue depuis 10 ans malgré la crise.
Ça, aucune chaîne d’infos ni aucun journal de 20h ne l’a annoncé. Préférant le credo de cette baisse illusoire. Les chiffres du chômage sont tellement mauvais que Murielle Pénicaud a pris comme première décision de supprimer leur publication mensuelle pour passer à une publication trimestrielle.
Et si tous les journaux pro Macron ont titré cet été sur une embellie, c’est d’abord parce qu’il y a eu des radiations en nombre à Pôle Emploi et des inscriptions en nombre pour des stages et formations. Les inégalités dans notre pays et le taux de pauvreté n’ont jamais été aussi élevés depuis vingt ans. Ce n’est pas moi qui l’invente.
C’est la Croix qui l’écrit sur la base de chiffres récents de l’Insee. Bon, vous allez dire que je noircis tout, que je ne suis pas rigolo, qu’au moins avec Neymar on peut rêver. Je suis prêt à concéder, et je sais que je vais faire frémir les antifooteux, que Neymar balle au pied peut nous apporter un peu de joie quand il joue libéré… Mais pas Macron.
Là s’arrête sans doute le parallèle. Ça y est, je suis guéri. Ouf.
Si je bossais à Reworld Madagascar, je toucherais pour les 2560 mots de cet édito 17,60 euros. Là je vous le fais gratos. Elle est pas belle la vie ?
Emmanuel Macron