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Podcast / conversationLe Crayon· 20 décembre 2022 16 minDivertissementImmigration & asileEurope & internationalDéfenseInstitutions & élections

Ce que pensent vraiment les ukrainiens - 48h en Ukraine

Source d'origine 9 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Locuteur 7Fait
    « il y a littéralement des bombes qui sont tombées à 100 mètres de là où j'ai dormi. »
  • 1:14Locuteur 8Chiffre
    « Ils sont plus de 100 000 aujourd'hui. »
  • 1:41Locuteur 7Fait
    « l'Ukraine, c'est un des pays les plus grands du continent européen. »
  • 1:49Locuteur 7Fait
    « Depuis que Vladimir Putin est élu président de la Russie, il fait tout pour assurer les intérêts russes dans la région. »
  • 1:53Locuteur 7Fait
    « en 2014, le président ukrainien préfère signer un contrat avec les Russes plutôt qu'avec l'Union Européenne, alliée des Etats-Unis. »
  • 2:46Locuteur 7Fait
    « le 24 février 2022, Vladimir Putin, en direct à la télévision, déclare la guerre à l'Ukraine. »
  • 4:43Locuteur 7Fait
    « Les Russes voulaient atterrir ici, déposer leur flotte ici pour attaquer Kiev. »
  • 5:02Locuteur 7Fait
    « Parmi les dégâts figure la destruction du plus gros avion commercial au monde, l'Antonov AN-225. »
  • 6:46Locuteur 7Fait
    « Ce qui m'a frappé, c'est le grand drapeau européen qui s'y tient, au milieu, avec le drapeau ukrainien. »
  • 9:01Locuteur 8Chiffre
    « la moyenne d'âge à l'Assemblée ukrainienne, c'est 40 ans, à peine. »
  • 10:55Locuteur 7Fait
    « Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a déclaré que tous les hommes en condition de se battre devaient rester au pays. »
  • 11:02Locuteur 7Fait
    « l'espace aérien commercial est interdit, ce qui veut dire que le seul moyen de passer la frontière est de le faire par le train. »
  • 11:16Locuteur 7Fait
    « A Nice et sa région, c'est le deuxième foyer d'accueil pour les Ukrainiens, après Paris. »
  • 13:40Locuteur 4Fait
    « début septembre, nos armes ont commencé à pousser des roues et c'est un très bon résultat. »

Temps de parole

  • Locuteur 748 %
  • Locuteur 819 %
  • Locuteur 29 %
  • Locuteur 47 %
  • Locuteur 97 %
  • Locuteur 36 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur 3

Non, nous sommes ennemis, nous serons ennemis pour toujours.

0:04
Locuteur 2

Bien sûr, je suis ennemis, mais est-ce que vous avez une autre chance ? Est-ce que vous avez une autre chance d'être ukrainien ?

0:09
Locuteur 7

Je suis assez, je pensais pas être aussi impacté par ces rencontres. Bon, il y a quelques semaines, je suis parti en Ukraine, et il y a littéralement des bombes qui sont tombées à 100 mètres de là où j'ai dormi. Installez-vous confortablement, je vous raconte.

0:25
Locuteur 5

Bon, on vient d'arriver à la gare de Varsovie pour aller à Cracovie, déjà dans un premier temps.

0:32
Locuteur 7

En Ukraine, j'y suis allé avec le député français Nicolas Metzdorf.

0:36
Locuteur 8

Les avions sont à l'heure, les trains sont presque à l'heure, les gens sont sympas. Pour l'instant, il n'y a plus que des hommes posés tous. Il faut encore faire le pire, le train de nuire. Ouais, sans touchette.

0:48
Locuteur 7

Grâce à lui, j'ai pu avoir accès à des lieux habituellement interdits aux journalistes.

0:51
Locuteur 8

Alors demain, on arrive à midi, je crois, et on enchaîne tout de suite avec l'ambassadeur de France en Ukraine, la Kif. Ensuite, on se rend au Parlement, à la Rada.

1:01
Locuteur 7

Là, on est dans le Parlement, c'est juste mon délire. Ça s'appelle la Rada.

1:08
Locuteur 8

On va rencontrer les députés ukrainiens, avec qui on va discuter des réfugiés ukrainiens en France. Ils sont plus de 100 000 aujourd'hui. Pour savoir, est-ce qu'à la fin de la guerre, on doit les maintenir sur place parce qu'il y a le temps de reconstruire, etc. Ou est-ce que les élus ukrainiens veulent qu'ils rentrent tout de suite pour repeupler rapidement ? Enfin voilà, toutes ces questions auxquelles aujourd'hui, je n'ai pas de réponse. Parce que je n'ai pas y changer avec eux. C'est important d'aller voir.

1:36
Locuteur 7

On y est resté 48 heures. Alors, pour que vous compreniez où on se rend, l'Ukraine, c'est un des pays les plus grands du continent européen. Avant, ce pays faisait partie de l'URSS. Mais en 1991, cette entité se sépare et l'Ukraine devient indépendante. Sauf que depuis que Vladimir Putin est élu président de la Russie, il fait tout pour assurer les intérêts russes dans la région. Seulement en 2014, le président ukrainien préfère signer un contrat avec les Russes plutôt qu'avec l'Union Européenne, alliée des Etats-Unis. La population ne le supporte pas et c'est la révolution.

2:02
Locuteur 6

Comment vous réagissez-vous en 2014, quand il y a une révolution ici ?

2:10
Locuteur 2

Je suis 13 ans, donc, bien sûr, ma réaction de l'enfance, je ne peux pas expliquer en mots, en émotions, que j'étais tellement... En ce moment, j'étais prêt pour changer mon pays. Et je pense que cette révolution et la guerre qui a été fait en 2014 Le conflit prend de l'envergure huit ans plus tard,

2:46
Locuteur 7

lorsque le 24 février 2022, Vladimir Putin, en direct à la télévision, déclare la guerre à l'Ukraine.

2:53
Locuteur 1

Pendant un mois, les Russes envahissent et s'infiltrent sur le territoire ukrainien,

3:01
Locuteur 7

allant jusqu'en banlieue de Kiev. Ils se retirent petit à petit et le conflit s'enlise, notamment dans le Donbass. Depuis, l'Ukraine reste en guerre contre la Russie et une bonne partie de son territoire à l'Est est occupée par l'armée russe. Pour être honnête avec vous, au moment où on est parti en Ukraine, c'était un moment d'accalmie, un moment où les Ukrainiens étaient persuadés qu'ils allaient gagner la guerre. Quand les Russes ont attaqué, une grande inquiétude s'est portée sur la capitale, Kiev. Car la Biélorussie a accepté que les troupes russes passent par son territoire.

Mais pour comprendre un peu mieux ce qui s'est passé et comment les Russes ont procédé à leur attaque, les militaires ukrainiens nous ont conduit à l'aéroport d'Ostomel. Là-bas, ils nous expliquent que les Russes ont attaqué l'aéroport dès le 24 février.

3:48
Locuteur 9

Pour que vous compreniez bien, la prise de cet aéroport était stratégique dans la conquête de Kiev. Les russes ont commencé à l'entrée à l'arrivée d'administration et d'objets en ce qui concerne l'administration et le centre de l'administration. Mes amis, ils ont fait l'entrée à l'envers et ils ont commencé à l'entrée à l'entrée.

4:31
Locuteur 7

OK, donc là, on est dans l'aéroport Antonov. Juste derrière moi, il y a un avion qui est complètement exposé. Les Russes voulaient atterrir ici, déposer leur flotte ici pour attaquer Kiev, sauf que les Ukrainiens, ce qu'on a vu juste avant, ont résisté. En ayant le contrôle de cet aéroport, les Russes pouvaient faire débarquer des hommes et du matériel. Malheureusement pour eux, les pistes ont été endommagées par les combats et lorsqu'ils veulent débarquer leurs hommes et leur matériel, ils se rendent compte que c'est impossible. Parmi les dégâts figure la destruction du plus gros avion commercial au monde, l'Antonov AN-225.

Le 2 avril, les militaires ukrainiens reprennent possession de l'aéroport. Encore aujourd'hui, les forces russes sont positionnées dans l'est de l'Ukraine et cet état de guerre permanent pèse beaucoup sur la population.

5:22
Locuteur 2

Quand j'ai eu un message de mon père, à 4 a.m. Et je me suis dit, je ne sais pas, j'étais tellement confusé. Et je ne pouvais pas croire, comme tous les Ukrainiens. Parce qu'on pensait que c'était un nightmare de être vrai. Donc, à l'époque, je savais que j'avais assez responsabilités et duties pour améliorer mon pays, pour améliorer la situation qui s'est passé dans l'Ukraine. Et même si j'étais un peu loin de l'Ukraine, je savais que j'avais l'opportunité de faire un impact sur l'Ukraine.

5:56
Locuteur 7

Militaires et checkpoints partout. Hommes sur le front et femmes et enfants exilés. La guerre est partout. Vadim, un photographe que j'ai rencontré là-bas, m'expliquait que son effort de guerre à lui, c'était de prendre des photos de ses potes sur le front et de les publier ensuite sur les réseaux sociaux. Il m'a aussi conduit sur un pont défoncé et dont les voitures qui le traversaient étaient encore présentes. Ce pont a d'ailleurs été un des symboles de l'occupation russe puisque tous les habitants fuyant Irpin et Boucha bombardés soit se cacher sous ce qu'il en restait, soit traverser la rivière, les pieds dans l'eau, pour atteindre l'autre rive.

Le tout pour rejoindre Kiev, une ville assiégée, mais toujours debout. Et c'est justement au milieu de cette ville immense que se trouve un îlot politique, là où se tient la Rada, l'unique chambre parlementaire ukrainienne. Accompagnée par une députée, on a pu pénétrer à l'intérieur du temple du pouvoir ukrainien. Ce qui m'a frappé, c'est le grand drapeau européen qui s'y tient, au milieu, avec le drapeau ukrainien. Cette volonté, plus que jamais, d'appartenir à l'Europe, plus qu'à la Russie, je l'ai aussi sentie dans le discours d'Olexi, jeune député de 28 ans.

7:16
Locuteur 3

de respecter les gens, des standards de la liberté personnelle, des standards de la protection des droits humains, et des standards de la gestion de la pays. On a compris, et l'Ukraine, en fait, est un pays européen, mais n'est pas une partie de l'Union Européenne. Mais un pays européen,

7:36
Locuteur 6

plus que un pays russeux, tu as dit ?

7:39
Locuteur 3

En fait, 100% plus que un pays russeux, nous ne sommes pas un pays russeux, et nous voulons être partie de l'Union Européenne, de l'Union Européenne, de l'Union Européenne. Et nous servons, nous comprenons la valeur de ça, et nous sommes responsables de nos actions pour être partie des valeurs.

8:13
Locuteur 7

Cette journée, je l'ai passée avec Nicolas Metzdorf, comme je vous le disais, député français.

8:16
Locuteur 8

Les gens qu'on a vus aujourd'hui veulent... Déjà, ce sont des jeunes. Alexis, il a 28 ans, il a 6 ans de moins que moi. C'est des utopistes. C'est des idéalistes. Ils veulent le meilleur pour leur pays. C'est des jeunes qui sont sur Instagram, qui sont sur Twitter, qui sont sur TikTok. Ils voient ce qu'il y a en France, ils voient ce qu'il y a aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie. Ils veulent juste la même chose, en fait. C'est juste une jeunesse européenne qui veut se développer. Donc, ce n'est pas le vieux pays de l'Est avec un vieux dictateur qui essaie de nous amadouer pour battre le vieil ennemi.

Il a dit tout à l'heure, la moyenne d'âge à l'Assemblée ukrainienne, c'est 40 ans, à peine. Ils sont hyper jeunes. C'est une jeunesse qui se lève. C'est une jeunesse qui se lève pour son pays et qui a envie de le moderniser. Je ne le ressens pas vraiment comme une espèce de stratégie pour nous convaincre que finalement, c'est la Russie les méchants. Tout à l'heure, je demandais à Alexis quand on marchait, je lui disais, tu sais, une des grosses critiques du régime poutinien, c'est qu'il y a des nazis. Enfin, que l'Ukraine est un pays nazi. Il me dit, mais « Where do you fuck you see nazi tonight ?

» Et c'est vrai qu'en marchant dans la rue de Kiev, toi aussi, est-ce que ça a semblé être la capitale d'un pays dictatorial avec des nazis ou pas ? On a vu des gens en l'air.

9:51
Locuteur 7

Oui, mais après, comme les Ukrainiens s'est un peu placé, enfin, c'est nouveau, la nation ukrainienne est assez récente, le nationalisme ukrainien est très fort. Donc, par extension, le nazisme, il peut être poussé aussi

10:04
Locuteur 8

un peu plus que dans les autres pays. Je pense qu'il ne faut pas confondre le patriotisme, le fait d'aimer son pays et le nazisme qu'elle fait de détester tous les autres. On peut être patriote, on peut juste aimer à fond son pays, aimer son drapeau, ses valeurs, son hymne, son... Comment on appelle ça ? Sa devise. Et puis, kiffer les autres aussi, quoi, pour ce qu'ils sont, tu vois. Et c'est ça que j'ai ressenti. J'ai ressenti vraiment des Ukrainiens amoureux de leur pays, mais qui voulaient autre chose parce qu'ils veulent intégrer l'Europe, ils veulent intégrer l'OTAN, ils veulent participer à cet ensemble-là.

Donc, je n'ai pas trouvé un peuple qui se rend fermé sur eux-mêmes en disant que tous les autres sont nuls, il faut les écraser. Au contraire. Au contraire.

10:50
Locuteur 7

Pour comprendre l'impact sur la population, il faut comprendre les conséquences directes de la guerre. Peu de temps après le début de la guerre, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a déclaré que tous les hommes en condition de se battre devaient rester au pays. Depuis le début de la guerre, l'espace aérien commercial est interdit, ce qui veut dire que le seul moyen de passer la frontière est de le faire par le train. C'est à ce moment-là, en voyant des réfugiés ukrainiens dormir dans la gare, que j'ai compris que les Polonais subissaient ici de plein fouet la crise des réfugiés ukrainiens. A Nice et sa région, c'est le deuxième foyer d'accueil pour les Ukrainiens, après Paris.

Donc là, on est actuellement dans un boulot de Rome qui accueille des réfugiés ukrainiens. Là, ils sont 48, je crois, aujourd'hui, dedans. C'est hyper impressionnant et hyper émouvant. Il y a pas mal de... C'est des chambres, en fait, qui sont empilées les unes sur les autres et à côté des autres, les jeunes à côté des autres. Et ouais, on nous a raconté pas mal de trucs. Ça, je le dirai plus tôt, peut-être on voit. Après, à Postin, il y a eu. Beaucoup d'Ukrainiens qui ne peuvent pas se loger encore sont soit hébergés chez des particuliers, soit dans des camps, on a visité un boulot de Rome qui a été ajusté pour que les familles puissent y vivre dignement.

12:00
Locuteur 4

J'ai vraiment peur d'aller dans mon pays. Pour moi, c'est très, très... J'ai très peur d'y aller maintenant.

12:09
Locuteur 7

Du coup, t'as des enfants qui sont ici aussi ? Oui, mes enfants,

12:12
Locuteur 4

ma grand-mère, ma mère, ils sont ici avec moi.

12:14
Locuteur 7

Donc, toute ta famille sauf ton mari et les heures de ta famille.

12:19
Locuteur 4

Voilà, c'est comme ça pour ce moment-là mais on espère qu'on va trouver la solution.

12:23
Locuteur 7

Vous avez bon espoir ?

12:25
Locuteur 4

Oui, on échange chaque jour, le soir, on a la vidéo avec le monde.

12:32
Locuteur 7

Ok, vous réunissez toute la famille ?

12:33
Locuteur 4

Voilà, on essaie d'être plus proche possible dans ces conditions qu'on a.

12:37
Locuteur 7

Juste pour donner mon ressenti là maintenant, tout de suite, c'est juste super émouvant. j'étais suite avec une ukrainienne qui a dû quitter son mari, toute sa famille masculine et partir avec toute la partie de sa famille qui était féminine ici en France. Elle était informaticienne et aujourd'hui, elle s'occupe d'aider ses compatriotes à essayer de s'insérer au mieux. Et dernière question, est-ce que quand la guerre sera finie, est-ce que tu te vois revenir en Ukraine ou tu te vois aujourd'hui quand tu parles français, que tu es installée en France, est-ce que tu te vois vivre en France ou est-ce que tu veux vraiment revenir en Ukraine ?

13:11
Locuteur 4

C'est une question très difficile pour moi pour ce moment-là parce que j'ai vraiment peur et je ne vois pas pour ce moment-là dans combien de temps je peux revenir dans mon ville parce que l'infrastructure est détruite. Pour ce moment, c'est dangereux, après on ne sait pas et avec le voisin comme ça, c'est...

13:32
Locuteur 7

Tu vis dans une zone qui est aujourd'hui contrôlée par la Russie ?

13:35
Locuteur 4

Non, non, non. Heureusement, notre ville n'était pas occupée mais autour de notre ville, c'était l'occupation. Et début septembre, je suis de Kharkov et début septembre, nos armes ont commencé à pousser des roues et c'est un très bon résultat et on est très contentes de voir que ça se passe mieux à nous.

13:53
Locuteur 7

Et là, juste derrière moi, parce qu'on voit, il y a des enfants qui jouent et les animatrices, elles essayent de leur faire apprendre le français.

14:01
Locuteur 9

avec un jeu,

14:12
Locuteur 7

elles disent des lettres et ils doivent dire des mots en français et c'est hyper émouvant aussi de voir qu'ils apprennent le français et il y avait une confusion entre le C et le S. Bref, c'est des détails un peu bêtes mais qui sont assez...

14:26
Locuteur

Assez...

14:30
Locuteur 7

Wow. Bref, je suis... Je pensais pas être aussi impacté par ces rencontres. On a discuté juste avant avec une famille qui avait des enfants, ils remerciaient la France de les accueillir. Je crois qu'on se rend pas compte. Le but de cette démarche ici, c'était de vous livrer mon ressenti, ce que j'ai vécu en Ukraine en y allant. Évidemment, pour des raisons de sécurité, je ne suis pas allé dans les régions russophiles et russophones, aujourd'hui dans le feu des combats. J'aurais adoré pouvoir discuter avec des gens qui, eux, se sentent beaucoup plus proches de la Russie et qui pensent que leur avenir se joue dans les mains de Poutine.

Ce que j'en retiens aujourd'hui, c'est qu'un pays frontalier de l'Union européenne est en guerre. Je n'oublierai pas le stress qui m'est monté quand je sais que je rentrais dans un pays en guerre. Je n'oublierai pas le visage des soldats ukrainiens qui étaient beaucoup plus jeunes que moi et que j'ai vu partir sur le front. Je n'oublierai pas la tension ambiante qui régnait, les checkpoints militaires et tout le monde qui se sent en insécurité permanente. Je n'oublierai pas la soirée que j'ai passé à discuter avec Olexy, le jeune député. Je n'oublierai pas qu'en me réveillant à Paris, deux jours après, des bombes sont tombées à 100 mètres de là où j'ai dormi.