La déclaration du Premier ministre en intégralité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
à vous et par l'intermédiaire évidemment de la presse aux françaises et aux Français qui nous écoutent, sachant que depuis 3 semaines, j'ai volontairement peu parlé pour laisser sa chance au dialogue, au compromis et aux discussions de fond. Sur ce même péron, il y a 3 semaines, j'ai indiqué qu'il y avait un décalage important entre la situation internationale et la situation nationale. Un décalage important parfois entre la vie politique française et la vie de nos compatriotes.
Et donc pendant 3 semaines en recevant syndicats salariés, syndicats patronaux, formation politique du socle commun, ceux qui soutiennent l'action du gouvernement que je vais former, des oppositions mais aussi des différentes filières professionnelles, acteurs engagés du pays, force vives, élus locaux. J'ai commencé à tracer des chemins qui vont nous permettre de trouver des compromis à l'Assemblée nationale et notamment, j'y reviendrai lors de ma déclaration de politique générale. Ce qui me frappe beaucoup et c'est au fond un peu mon problème, c'est que dans le secret du bureau, dans le secret des discussions que nous pouvons avoir avec les différentes formations, avec les différents syndicats, avec les différents acteurs au fond qui peuvent faire avancer notre pays, dans le secret du bureau, les compromis sont possibles, les discussions sont sérieuses, toujours techniques, toujours sincère.
Et au fond, ça nous amène un premier schéma, une première possibilité dans les temps à venir, c'est de se dire qu'une coalition plus large aurait été possible avec un accord de non censure, c'est une capacité pour les formations républicaines à l'Assemblée nationale et au Sénat de se faire confiance avec au fond pas pour faire une coalition à l'allemande, mais au moins un texte qui permet de donner de la clarification, donner de la stabilité au pays et surtout, je l'avais dit, pas d'immobilisme et donc de faire avancer et donner des réponses pour les préoccupations de nos concitoyens et de nos concitoyens. des premières consultations que j'ai eu à 3 semaines, il s'avère que pour plein de raisons qui sont d'ailleurs très compréhensibles et que je peux partager, cette possibilité n'a pas pu prospérer. Et donc au fond, le sujet maintenant c'est comment chacun fait un pas, un geste mais plus qu'un geste sans se renier dans ses propres convictions pour faire avancer le pays.
Et donc au fond sur les thèmes que nous connaissons, cela ne peut pas être aussi binaire que pour la réforme des retraites dite la réforme borne ou contre la réforme des retraites. Mais comment on l'améliore ? Ce que je proposerai d'ailleurs aujourd'hui, c'est une amélioration de notre régime de retraite notamment sur les questions de pénibilité pour les femmes.
C'est pas uniquement l'attaque Zucman ou rien. C'est évidemment la capacité à se dire pourquoi, comment fonctionne la fiscalité pour les 0,1 % de nos compatriotes les plus riches. Et donc ça pose la question au fond de ce qu'on dit la justice fiscale, c'est-à-dire comment l'effort évidemment est réparti.
C'est pas la question est-ce qu'on est pour ou contre le pouvoir d'achat ? contre donner plus de pouvoir d'achat évidemment à celles et ceux qui travaillent, c'est au fond quel est le meilleur vecteur euh pour le faire. C'est pas est-ce qu'on est pour ou contre une mesure sur l'immigration, c'est au fond pour ce grand défi euh que nous allons connaître encore dans les décennies qui vont venir lié au réchauffement climatique, lié au terrorisme au Sahel, au proches et au Moyen-Orient, quelles sont les réponses les plus efficaces qu'il faut trouver ?
Et au fond, ce caractère binaire est au fond ce qui peut nous empêcher d'avancer. Et c'est pour cela que après en avoir discuté avec un certain nombre d'acteurs de la vie politique et parlementaire, je pense qu'il nous faut, comme je l'ai dit aussi sur ce péron, engager quelques ruptures. La 5e République, elle est présidentielle, semi-présidentielle si on est précis, mais elle peut être aussi parlementaire et je pense que nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la 5e République.
Pour cela, il faut que chaque député puisse avoir du pouvoir, puisse avoir de la responsabilité, puisse prendre ses responsabilités. Et au fond, c'est ça qui nous empêche d'avancer, c'est la capacité à ce que le déma le débat démarre. Et donc, j'ai décidé de renoncer à l'article 49 à l'INAT 3 de la Constitution puisque cet article au fond permet au gouvernement d'interrompre les débats, d'engager la responsabilité d'écrire la copie et on le sait très bien, je défends la 5e République et sa constitution.
C'est un outil utile mais c'est un outil qui a plutôt imaginé par Michel Debray pour contraindre sa propre majorité. Or, dans un parlement qui fonctionne, dans un parlement en plus qui a été renouvelé il y a plus d'un an, qui ressemble au français avec ses divisions, euh on ne peut pas passer en force et on ne peut pas contraindre son opposition. Renoncer à l'article 49 à Lin 3 ne doit pas euh nous faire renoncer à ce que la France ait un budget au 31 décembre.
Et donc c'est sur la base de cette nouvelle méthode, de cette rupture où le gouvernement déporte encore davantage le pouvoir à l'Assemblée nationale et au Sénat que je vais pouvoir engager un certain nombre de discussions nouvelles ce matin, cet après-midi dans les jours qui viendront aussi avec les partenaires sociaux en disant forte ce constat, fort de cette rupture, comment l'Assemblée nationale, comment le Sénat vont s'emparer justement de ces différents enjeux ? Évidemment, le gouvernement va devoir aussi lui changer de méthode, bâtir des compromis avant la séance, pendant la séance, parfois aussi après les séances dans ce qu'on appelle les commissions mixes paritaires, c'est-à-dire ce moment où l'Assemblée nationale et le Sénat se retrouvent. Et donc c'est aussi sur cette base que je proposerai dans les prochains jours au président de la République une liste de membres du gouvernement qui devront accepter de rentrer aussi dans une nouvelle méthode de partage du pouvoir avec l'Assemblée nationale.
Il y aura d'autres ruptures à venir. J'en ai déjà esquissé quelques-unes. En matière de partage du pouvoir dans le pays avec la décentralisation, en matière de partage du pouvoir avec les partenaires sociaux parce que je crois au dialogue social.
En tout cas, ce que je vais vous dire ce matin, c'est que on va y arriver, que pour y arriver, il faut qu'évidemment chacun ait envie d'y arriver et dès lors que le gouvernement ne peut plus être en situation d'interrompre les débats, il n'y a donc plus aucun prétexte pour que ces débats ne démarrent pas la semaine prochaine. J'aurai l'occasion de revenir devant les Françaises et les Français plus longuement prochainement pour faire un point évidemment sur ce qui les concerne pour leur vie quotidienne, sécurité, pouvoir d'achat, sécurité collective avec l'actualité internationale parce qu'une fois de plus, en 3 semaines, cette rupture, ce décalage, pardonnez-moi, entre la vie internationale et la vie nationale continue d'être préoccupant. On l'a tous vu dans les dernières informations.
Merci à toutes et à tous. Merci beaucoup.