L'édito de Jacques Serais : «Banque de France : les LR vont-ils sauver E. Macron ?»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Lesdit politique [raclement de gorge] avec Jacques Ser. Jacques Ser, journée décisive aujourd'hui autour de la nomination d'Emmanuel Moulin à la Banque de France. Il est le candidat d'Emmanuel Macron et selon vous, ce vote dépasse largement le simple cas d'un d'un haut fonctionnaire.
Oui, parce qu'au fond, aujourd'hui Emmanuel Moulin passe une audition, mais c'est surtout les Républicains qui jouent une partie de leur crédibilité. Le candidat proposé par Emmanuel Macron pour diriger la Banque de France est auditionné ce matin au Sénat puis à l'Assemblée par les commissions des finances. Sa nomination peut-être bloquée si 3/5e des suffrages exprimés votent contre et la gauche votera contre.
Les insoumis, les communistes, les écologistes, les socialistes. Donc tout repose désormais sur les républicains et c'est ce qui rend ce vote explosif politiquement car Emmanuel Moulin n'est pas un haut fonctionnaire neutre sorti de nulle part. C'est l'ancien directeur du trésor, l'ancien directeur de cabinet de Bruno Lemire à Ber, l'ancien directeur de cabinet de Gabriel Atal à Matignon et surtout l'ancien secrétaire général de l'Élysée.
Autrement dit le plus proche collaborateur d'Emmanuel Macron jusqu'à il y a quelques jours encore. Personne ne conteste ses compétences. Le sujet est ailleurs.
Le sujet c'est la symbolique politique. C'est là qu'apparaît aussi le soupçon deal avec les républicains. C'est ça ?
Oui, un soupçon qui est politiquement très toxique romain. Ces derniers jours, plusieurs élus de gauche ont évoqué un un possible accord officieux entre l'Élysée et le Sénat. L'idée serait la suivante : les sénateurs LR laisseraient passer Emmanuel Moulin et Emmanuel Macron nommerait ensuite le sénateur LR François Noël Buffet au poste de défenseur des droits.
Officiellement, tout le monde démant, l'Élysée dément, Gérard Larchment. Mais le simple fait que cette hypothèse circule dit quelque chose du climat politique actuel et pour Bruno Rotaillot, le piège est évident. Comment dénoncer le macronisme à longueur de discours tout en permettant à Emmanuel Macron de placer son plus proche collaborateur à la tête de la Banque de France ?
Depuis des mois, une partie des électeurs de droite reproche déjà au LR d'être une opposition de discours, mais une majorité d'appoint dans les faits. Bref, le risque pour Bruno Retaillot est donc très clair, apparaître comme l'homme qui critique Emmanuel Macron le matin mais dont le parti sauve encore le système l'après-midi. Et au fond, Jacques ce vote dit aussi quelque chose de la fin du quinquena d'Emmanuel Macron.
Oui, parce qu'Emmanuel Macron n'a peut-être plus de majorité stable, mais il lui reste toujours un pouvoir immense, celui du le pouvoir de nomination. Et c'est ce pouvoir qu'il utilise jusqu'au bout. La Banque de France aujourd'hui, le Conseil d'État il y a 15 jours, le la Cour des comptes en février, le Conseil constitutionnel l'an dernier.
À chaque fois, l'Élysée répond compétence, expérience, continuité de l'État. Aujourd'hui, pour la première fois peut-être, les Républicains ont le pouvoir d'interrompre cette mécanique. S'il vote contre Emmanuel Moulin, ce sera un desaveux politiques majeur contre Emmanuel Macron s'il le sauve.
Alors, une autre question se posera immédiatement. L est-il une opposition ou déjà une composante du bloc macroniste de l'après 2027 ?
Emmanuel Macron