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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 3 juillet 2025 10 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Budget 2026 : "Il faut absolument éviter une nouvelle hausse d'impôts", insiste l'Association Française des entreprises privées

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:49PrésentateurChiffre
    « Le coût de la dette en France aujourd'hui est de 70 milliards par an. »
  • 3:54PrésentateurPromesse
    « Il faut stabiliser les dépenses de la France en euros courants. »

Temps de parole

  • Présentateur63 %
  • Invité politique37 %

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0:01
Présentateur

France Info.

0:03
Invité politique

Bonsoir à toutes et à tous. L'invité ECHO a posé son micro à Aix-en-Provence à l'occasion de ces rencontres économiques qui, en ce début de mois de juillet, comme chaque année, rassemblent tout ce que la France compte de grands patrons. Patrick Pouyanné pour Total, Estelle Braclianoff pour Veolia, Rodolphe Saadé, le patron de CMA-CGM. Ces rencontres sont un lieu d'échange et de débat entre chefs d'entreprise, personnalités de la société civile, politique, français et étrangers. Un événement organisé depuis 25 ans maintenant par le fondateur du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi. Notre invitée ce soir est aussi discrète qu'influente.

Elle préside l'association qui rassemble les grandes entreprises tricolores. Bonsoir Patricia Barbizé. Bonsoir. Vous êtes la présidente de l'AFEP. On va commencer par le sujet qui occupe la France en ce moment, la préparation du budget. Le gouvernement est à la recherche de 40 milliards d'euros d'économies. Mais la question aussi c'est est-ce qu'il y aura des hausses d'impôts en parallèle et notamment pour les grandes entreprises qui viennent de payer une contribution exceptionnelle cette année. Est-ce que vous avez peur Patricia Barbizé que cette taxe soit pérennisée ou est-ce qu'au contraire vous avez la garantie qu'elle ne sera pas dans le budget de 2026 ?

1:19
Présentateur

Alors vous avez raison, la question est fondamentale. Je crois que la restauration d'un équilibre et des comptes publics est la question prioritaire. Le Premier ministre l'a dit le 15 avril dernier. Depuis, beaucoup d'intervenants l'ont redit aussi jusqu'au président de la Cour des comptes et d'autres personnalités. Je crois qu'il est urgent et important de remettre de l'ordre dans les comptes de la nation. Et donc il faut faire ces 40 milliards d'euros d'économies ? D'abord parce qu'on ne peut plus creuser davantage les déficits. Aujourd'hui ça coûte de plus en plus cher. Le coût de la dette en France aujourd'hui est de 70 milliards par an.

Et si on ne fait rien, si on continue la trajectoire, ce sera 110 milliards d'euros que nous devrons payer simplement pour les intérêts, pour la charge de la dette en 2029. Donc ça ne peut clairement pas durer parce que ça entame largement et de façon critique la capacité à financer les politiques prioritaires dont la France a tant besoin.

2:16
Invité politique

Est-ce qu'il faut des hausses d'impôts et qui doit les supporter ? Est-ce que ce sont les Français ? Est-ce que ce sont les entreprises ? Est-ce que ce sont les grandes entreprises ?

2:26
Présentateur

Alors je crois que ce qu'il faut absolument éviter, c'est une nouvelle hausse d'impôts. Ça a très souvent et bien trop souvent été la solution de facilité apparente et apparente seulement parce que ça n'est que reculer pour mieux sauter. Ça a aussi été la solution d'urgence utilisée en 2025. Les hausses qui ont été votées en janvier sont aujourd'hui en train de se diffuser et elles pèsent sur l'économie, bien sûr. Les grandes entreprises françaises, elles ont payé plus de 83 milliards d'euros d'impôts en France en 2024, en tout.

Le choc fiscal de 2025, il a été très concentré sur les grandes entreprises et ça représente pour elles une hausse de 10%, ce qui là aussi est considérable, de leur contribution aux finances publiques.

3:11
Invité politique

Patricia Barbizé, ce que vous dites aujourd'hui au gouvernement, c'est qu'il ne faut pas de hausse d'impôts supplémentaires sur les grandes entreprises que vous représentez.

3:19
Présentateur

Ce que je dis, c'est que la priorité, c'est la croissance et que déjà l'effet de ce qu'on a mis en œuvre fait peser un poids sur la croissance qui a été en 2024 que de 0,6% alors qu'on espérait 1,1%. Donc il faut redonner de la visibilité, de la confiance aux entreprises et aux ménages.

3:39
Invité politique

Et donc ça veut dire que Bernard Arnault, le fondateur de LVMH, LVMH fait partie de la FED, il a raison de dire que ces hausses d'impôts, elles peuvent entraîner les patrons à délocaliser leur activité. Il en a parlé en début d'année.

3:54
Présentateur

Je pense qu'il faut raisonner sur ce qu'on doit faire, qui dépend de nous et qu'on doit mettre en œuvre impérativement. Et il faut stabiliser les dépenses de la France en euros courants. Et l'année blanche offre cette clarté et incarne une forme d'union nationale dans l'urgence, peut-être une année blanche pour éviter le trou noir budgétaire. Donc plutôt une année blanche que des hausses d'impôts. Certainement plus une année blanche que des hausses d'impôts.

4:22
Invité politique

Et donc pas touche, pas pas touche notamment au crédit impôt recherche qui est la première niche fiscale aujourd'hui, 7 milliards d'euros de mémoire par an.

4:32
Présentateur

Le crédit impôt recherche c'est quelque chose de très important pour les entreprises françaises parce que c'est ce qui permet de maintenir les centres de recherche en France. Et qui dit centre de recherche dit atelier de prototypage et donc les usines qui vont derrière.

4:47
Invité politique

Et donc ça veut dire qu'il faut continuer à donner, enfin il faut qu'il soit aussi pour les grandes entreprises et pas seulement pour les PME, ça fait partie du débat.

4:55
Présentateur

C'est beaucoup elles qui font la recherche et qu'ils sont, comme d'ailleurs dans à peu près tous les domaines, les chefs de cohorte, les chefs de file et tout ça. Le nombre de chercheurs de la FEP est très important. Les entreprises de la FEP emploient en France 100 000 chercheurs. C'est considérable. Et il faut maintenir ça parce que c'est à ces conditions-là qu'on maintiendra l'industrie et qu'on restera compétitif dans notre pays.

5:17
Invité politique

Donc la FEP 110 entreprises, 2,5 millions de salariés en France. On l'a compris, vous voulez de la visibilité fiscale. Est-ce que vous voyez un mouvement vers les Etats-Unis à cause de la menace de droits de douane ? En gros, il vaut mieux aller produire là-bas. Et puis parce qu'on promet un environnement fiscal d'ailleurs qui est tout à fait favorable et avec une énergie moins chère.

5:40
Présentateur

On le dit déjà depuis plusieurs années et ça ne fait que s'accentuer dans les dernières semaines et les derniers mois. Mais on est pris avec une compétitivité très forte des Chinois qui ont aussi envie d'exporter et qui nous envoient beaucoup de produits. Et les Américains qui, et ça ne date pas seulement de Donald Trump mais d'avant, attirent nos entreprises. L'autre solution à nous, c'est de faire de l'Europe un véritable rival économiquement ultra compétitif et respecté pour l'être vis-à-vis des Etats-Unis et vis-à-vis des Chinois. Et pour ça, il faut renforcer le marché unique européen. Il faut garantir un aspect compétitif à l'énergie.

C'est dans toutes les entreprises, l'accès à l'énergie est une priorité. Il faut moderniser la politique de concurrence. Il faut investir massivement et mobiliser massivement dans les investissements publics et les privés au service de la transformation d'Europe. C'est tout ça qu'il faut faire, qu'il faut faire ensemble, en France pour ce qui dépend de nous, en Europe et en Européen pour le faire, pour avoir cette compétitivité importante.

6:48
Invité politique

Alors aujourd'hui, vous avez vu quand même qu'on a des patrons de grandes entreprises françaises, européennes, qui s'installent aux Etats-Unis. Stellantis a choisi un patron qui a décidé de rester aux Etats-Unis. Stellantis est aussi Peugeot et Citroën. Le siège de Sanofi aujourd'hui est situé en France, mais le patron est britannique. Ils ont vendu Doliprane. Les Etats-Unis sont, si ce n'est leur premier marché, qu'est-ce qui dit que demain, d'autres entreprises françaises ne vont pas aller installer leurs usines et employer des gens aux Etats-Unis plutôt qu'en France, quand on a des patrons d'entreprises françaises qui, aujourd'hui, ne sont plus tous français ni européens ?

7:27
Présentateur

Alors les patrons, les dirigeants de la FEP, et depuis très longtemps, ce sont des patriotes. Ils ont un fort attachement à la France. Ils ont un fort attachement au modèle social dans lequel on vit et un fort attachement à la compétitivité et aux capacités de faire fonctionner leurs entreprises le mieux possible en France et, bien sûr, le mieux possible en Europe.

7:47
Invité politique

Comment faire en sorte que ces entreprises continuent à investir en France, qu'elles conservent leur siège social en France, quand elles n'ont plus d'attaches avec la France, autre qu'être, aujourd'hui, au CAC 40, mais elles peuvent très bien partir demain à New York ?

7:59
Présentateur

En promouvant les valeurs auxquelles on est très attaché, c'est notre modèle social, c'est notre modèle environnemental, c'est nos institutions, c'est le fait que ça fonctionne et c'est le fait aussi de notre culture. Donc elles sont attachées. Mais il faut, effectivement, leur donner les moyens d'exprimer leur compétitivité et leur développement partout dans le monde. Il y a un obstacle que vous évoquiez tout à l'heure, c'est qu'elles sont souvent détenues par des capitaux étrangers. Et pour certaines, presque en majorité.

Et ça, c'est un sujet pour lequel nous attirons l'attention de tout le monde depuis déjà longtemps et pour lequel nous insistons sur la nécessité de mettre en place les deux rapports qui ont été faits ou les trois rapports qui ont été faits en Europe l'année dernière, le rapport Draghi pour la compétitivité, le rapport l'État et le rapport noyé pour la partie financement, pour être sûr qu'on a en France, qu'on crée en Europe des véhicules d'investissement qui permettent d'avoir des actionnaires européens et pas seulement des actionnaires américains qui dicteront sinon leurs aspects. Et pour ça, il faut vraiment agir et agir vite.

On le dit aussi depuis longtemps et je crois que maintenant le moment est venu, la priorité absolue de la France et de l'Europe, c'est l'urgence de la compétitivité. Et il faut prendre tous les aspects, tous les moyens, toutes les actions qui permettent de maintenir cette compétitivité européenne et le faire vraiment dans tous les domaines et sur tous les emplois.

9:28
Invité politique

Merci beaucoup Patricia Barbizé, présidente de l'AFEB, invité éco de France Info ce soir depuis les rencontres économiques d'Aix. Merci.