Jusqu'où ira Netflix ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Jusqu'où ira Netflix ? La question est de retour dans l'actualité alors que le géant du streaming devrait s'offrir au prix de 83 milliards de dollars, la Warner Mythic Studio de cinéma et [musique] de télévision. Une acquisition monstre après un incroyable bras de fer avec un autre géant, la Paramount et à la fin un secteur du cinéma et de la fiction assez circonspect voire inquiet par le scénario.
L'ogre Netflix ne deviendrait-il pas trop gros ? Trop puissant ! 300 millions d'abonnés dans le monde avec leur achat de Warner et de sa plateforme de streaming HB Max, ce sera bientôt 360 millions d'abonnés, loin devant ses concurrents.
Amazon, 250 millions d'abonnés et Disney, 130 millions de fidèles. Et d'ailleurs, que veut vraiment Netflix ? Ce rachat menac-t-il les salles obscures et le cinéma indépendant ?
Aujourd'hui, dans le temps de l'actu, zoom en archive sur l'incroyable ascension de Netflix en France et dans le monde et de ses conséquences [musique] sur nos usages culturels. C'était il y a un peu plus de 10 ans, septembre 2014, le géant du streaming arrivait sur les écrans des Français. Netflix, plus de 50 millions d'utilisateurs, abonnés pour regarder des milliers de films et de séries disponibles 24h sur 24 en illimité.
Le site de vidéo à la demande débarque en France. Quel est le principe ? Pour utiliser Netflix, il faut un ordinateur, une connexion internet.
Là, je m'inscris sur le site, je m'abonne et j'ai accès instantanément à un catalogue de films, de documentaires et de séries télévisées. Que trouve-t-on dans le catalogue ? des séries, des dessins animés, des films pour un forfait mensuel de 7,99 €.
Mais l'offre est loin d'être exhaustive. Cet après-midi, nous n'avons trouver ni la Grande Vadrouille, ni It ni Titanic. Une belle trajectoire pour cette entreprise californienne lancée en 1997 dont le business était à l'origine la location et la vente de DVD par correspondance.
Pourtant, vous l'entendez, au début, tout le monde n'y voit pas encore une révolution. Le catalogue est mince, il y a très peu de productions originales. Pas de quoi inquiéter le patron de Canal Plus de l'époque, Rodolp Elmer.
On peut pas comparer euh Netflix euh et Canal. Il y a une chose qui est importante dans l'audiovisuel, c'est la capacité de produire des programmes d'exception. C'est ça le sujet.
L'appétit des téléspectateurs pour ce genre de programme ne fait que croître. Les gens veulent des grands matchs de foot, les gens veulent des grands films de cinéma, les gens veulent des grandes séries. Il est probable qu'il y a il y aura des offres low cost qui vont se se diffuser comme Netflix avec des programmes de rediffusion.
Mais sur la télé du salon, je pense que les gens voudront tout le temps des programmes événementiels pour les pour les emmener loin, répondre à leurs besoins culturels et les faire s'évader. Netflix, pas un concurrent sérieux face aux chaînes historiques. Ouais, attention, d'autant qu'à l'époque, et ça fait polémique, Netflix ne [musique] paye pas d'impôts en France et le géant ne respecte pas non plus les règles de l'exception culturelle française qui impose aux chaînes de participer au financement du cinéma français.
Et ça, ça inquiète les professionnels du secteur comme le réalisateur Frédéric Socher. Si on fait sauter les barrières et que par exemple à travers Netflix ou d'autres opérateurs et bien il est il y a bientôt la possibilité de diffuser des films en France sans participer au financement des films français et bien évidemment ça pose un problème sur le modèle économique français. Face à ces préoccupations et aux accusations de concurrence déloyal [musique] réponse de la ministre de la culture de l'époque Fleur Pèlerin toujours en septembre 2014.
Ce qui me préoccupe aujourd'hui, c'est de voir si les acteurs classiques ou les acteurs français en tout cas sont à même de répondre en terme d'offre à l'arrivée de Netflix. Euh et je crois que dans les prochaines euh dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, il y aura un certain nombre d'annonces qui montreront bien que finalement euh cette arrivée de l'acteur américain de la part des euh des diffuseurs euh des diffuseurs français euh va stimuler aussi la capacité d'innovation des autres acteurs. Et donc je moi je j'appelle de mes vœux évidemment euh une réaction mais commerciale hein ou de marketing ou d'innovation des autres acteurs.
Et c'est vrai, réaction, il va y avoir de la part des acteurs français du secteur avec la création Souvenez-vous de la plateforme Salto annoncée en juin 2018. Voici Salto. [musique] Les trois parents M6, France Télévision et TF1 s'associent pour agréger leur programmes, les enrichir et les proposer via internet sur tous les écrans à leurs futurs abonnés. [musique] Le but est de proposer une offre alternative à des géants comme le californien Netflix qui avec son catalogue de 10000 films et séries a déjà 3 millions et demi d'abonnés en France.
Salto devra séduire les fidèles de la télé en direct et partir à la conquête du jeune public qui s'en détourne. Salto sera lancé en août 2019 avant d'être fermé en mars [musique] 2023. En attendant, Netflix fait son petit bonhomme de chemin. 1 an après son arrivée sur nos écrans France Inter dressait un premier bilan en donnant d'abord la parole aux abonnés, toujours plus nombreux.
Et un an après, qu'en pensent les utilisateurs qui ont craqué pour le service ? On sait que les premiers mois beaucoup s'étaient dit déçus par un catalogue assez pauvre. Selon le cabinet NPA, il y a du mieux.
Il aurait triplé en un an, passant ainsi de 3600 à 11000 titres, ce qui n'est pas pour déplaire à Nina Spirit l'aristocien. Mulan 2 l'attrape par anent. Voilà Nina 9 ans et numère les dessins animés qu'elle a pu voir via Netflix.
Ses parents Nicolas et Manuel se sont abonnés au service il y a presque un an. J'y trouve mon ça a été mis en avant pour les séries. Effectivement c'est pour les séries.
Il y a quand même pas mal de choix de film peut-être un peu décevant au niveau des films étrangers. On pensait effectivement qu'il y aurait plus de choix de cinéma d'auteur, de cinéma un peu indépendant et en fait ce sont plus des grosses productions américaines qui sont mis à l'honneur. De plus en plus de contenu mais aussi des productions originales françaises.
Première d'entre elles, la série Marseille avec Gérard de Pardieu tournée en 2015 dans la cité faocéenne. De quoi ravir justement les producteurs français comme Caroline Bingot interview sur France Interre en septembre 2015 ? Je dirais que l'effet de Netflix, c'est plus psychologique qu'autre chose, mais c'est très bien parce que tout ce qui peut aiguiser et stimuler euh chez les diffuseurs français euh la créativité, la prise de risque, l'audace, l'envie de protéger la création et de lui offrir un écosystème qui soit favorable à son épanouissement est vraiment super bon à prendre.
Donc Netflix pour les producteurs et les créateurs français, je pense que c'est vraiment un poil à gratter. Et quand il y aura Amazon, quand il y aura Google et quand il y aura Apple, ce sera unticaire géant et ce sera absolument formidable, je crois, parce que ça va bouillonner. Et c'est vrai que le succès de Netflix en France va attirer l'appétit d'autres géants américains.
Amazon, Disney, Apple, les plateformes se multiplient, les films et séries aussi, parfois même projetés dans les plus grands festivals de cinéma comme à Cann. Bref, une offre large, qualitative, accessible, particulièrement pendant le Covid. Tout pour séduire les jeunes et vider les salles de cinéma sujet de France 2 en 2022.
C'est une nouvelle vague qui submerge le cinéma. Pour les jeunes, les films ne se découvrent plus sur grand écran, dans une salle obscure, mais sur les plateformes ou sur un téléphone. Amazon Prime, Netflix, c'est mieux.
Pourquoi c'est mieux ? Bah bah déjà c'est à la maison, c'est tranquille. Je trouve que c'est c'est plus abordable.
Il y a plus de films, il y en a pour tous les goûts. Il faut pas forcément les mettre en compétition. Il y a de la place et de l'amourile pour tout le monde.
Netflix, Amazon Prime vidéo ou Disney Plus sont devenus des réflexes. Cette année, le réseau social TikTok et même partenaire du festival une première. Mais pour les professionnels, c'est le scénario catastrophe.
Cette exploitante de salle de cinéma constate une baisse de 30 % de la fréquentation depuis la pandémie. Il faut qu'on se réinvente parce que sinon nos salles de cinéma dans 10 ans n'existe plus. Donc il faut faire quelque chose pour que tous ces lieux de culture accueillent le cinéma.
Mais pourquoi pas des séries ? Pourquoi pas autre chose ? En 25 ans, Netflix est devenu un acteur du cinéma.
Et si la France impose désormais à Netflix et aux autres plateformes de financer elles aussi la création française à hauteur de 20 % de leur chiffre d'affaires en France, la méfiance vis-à-vis du géant américain et de ses concurrents perdure. Mais est-elle justifié ? Netflix une chance ou bien une menace pour le cinéma français ?
C'est à vous d'en juger. Dites-le-nous en commentaire et moi je vous dis à la semaine prochaine pour un autre Zoom sur l'actualité. Et pour approfondir le sujet, écoutez Le temps de l'actu, le podcast d'actualité de Lina et de l'université Panthéon Assass avec cette semaine comme invité Angélique Deorme, directrice adjointe du musée du Québranli et ex-présidente de la commission du cinéma d'arrêt d'essai du CNC.
Le temps de l'actu, un podcast à retrouver sur toutes les plateformes d'écoute. Co?
Jean-Pierre Bataille