Aller au contenu
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 17 novembre 2025 26 min

Audrey Bélim : « Le texte sur la vie chère en outre-mer n’impacte pas les tickets de caisse »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Audre Bellim, merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes sénatrice socialiste de la Réunion, vice-présidente de la délégation sénatoriale aux outresemes. On va évidemment revenir sur les problématiques spécifiques des outresemes puisque c'est aujourd'hui qu'a lieu la journée des maires d'outremè.

Mais d'abord, on va regarder ensemble comme tous les jours trois titres de la presse régionale. D'abord la une du Dauphiné. Fusillade à Grenoble.

La victime aurait 12 ans. Un mineur non accompagné qui serait âgé d'environ 12 ans et dont l'identité n'était pas confirmée hier a été touchée par au moins trois balles à Grenoble. est-il une victime collatérale du trafic de stupéfiant ?

C'est ce que l'enquête dira. La deuxième une, c'est celle du Midi libre. Quel avenir pour nos retraites ?

Alors que la suspension de la réforme arrive cette semaine devant les sénateurs, les partis politiques affutent leur scénariel. Et puis la dernière, c'est celle de Sud-Ouest. Dégâts climatiques 100 millions.

La note salée de la Gironde, le département très exposé aux sinistres aux dégâts liés aux tempêtes, aux inondations, à la sécheresse. Le coût 100 millions d'euros par an pour les assureurs. De quelle lune avez-vous envie de nous parler Audre Béli ?

Écoutez, on va peut-être parler du changement climatique. Je pense que c'est important d'avoir ce regard et et d'avoir cette cette possibilité d'en parler plus précisément pour nos territoires parce que les impacts du changement climatique sont importants mais ils sont beaucoup plus graves sur nos territoires et beaucoup plus graves par rapport à ce qui se passe sur le territoire hexagonal du fait de notre insularité, de notre éloignement et lorsque l'on évoque la montée des eaux, la sécherèche, le le réchauffement, la hausse des températures, pardon, lorsqu'on évoque encore les bâtis qui ne sont pas adaptés, les infrastructures qui ne sont pas adapté pour protéger les populations. Donc oui, il y a une forte une forte comment dire ça ?

Un fort besoin en tout cas d'adapter les infrastructures de protection pour protéger les populations et sont suffisamment c'est d'ailleurs c'est d'ailleurs l'un des thèmes hein de de la journée des outremères aujourd'hui. Ces règlements climatiques, les spécificités des outremères elles sont pas suffisamment prises en compte. Exactement.

Il n'y a pas d'adaptation. Ce qui est très drôle c'est que par exemple moi depuis la Réunion je suis dans l'hémisphère sud. Or, jusqu'aujourd'hui, ce sont encore des normes européennes qui conditionnent la construction des bâtis, par exemple.

Alors, j'ai apporté une loi pour pour entamer un changement parce que nous avons eu l'exemption des normes CE en avril dernier, mais toujours est-il que cette démarche, elle va être longue. Mais il nous faut absolument réagir quand on parle par exemple de la perte de biodiversité, ça cela impacte également nos ressources aliotiques par exemple. Cela impacte également nos crises agricoles, les crises alimentaires.

Donc il y a un impact pour nos populations qui sont encore une fois très éloigné du continent, de la terre hexagonale et encore une fois nous ne sommes pas dotés d'infrastructure de protection. On va évidemment revenir tout au long de cette interview sur les problématiques des outremères. Outreemè touché comme l'ensemble du territoire par le narcotrafic.

On a vu encore ce qui s'est passé ce weekend à Grenoble, à Marseille. Est-ce que le narcotrafic gangraine le pays aujourd'hui ? Mais bien sûr, c'est extrêmement incompressible et en même temps, il nous faut trouver un moyen de lutter contre cela.

Euh je salue réellement le le la loi portée par Jérôme Durin, mon collègue sénateur, qui porre un qui pose un cadre national extrêmement fort. Cependant, lorsque l'on regarde les outresemes, il faudra absolument l'adapter. Nos territoires là où ils sont, dans les bassins où ils sont positionnés sont des territoires stratégiques.

Et les narcotraafiquants, bien sûr eux ce qu'ils veulent contourner les contrôles et donc ils utilisent ces emplacements stratégiques pour pouvoir finalement alimenter l'Europe. Les Antill par exemple sont devenus réellement des zones d'impact impressionnant. La Guyane est une zone de transit et la Réunion également, même si ce n'est pas aujourd'hui encore et heureusement un hub international de narcotrafic, mais il y a des entrées de plus en plus importantes de cocaïne, d'héroïne, de drogues de synthèse, des choses que nous ne voyons pas auparavant.

Et donc il nous faut absolument un cadre qui soit adapté à nos spécificités et c'est pour cela qu'on demande un renforcement des forces douanières, un renforcement des contrôles navals. Il nous faut absolument lutter beaucoup plus fort contre le blanchiment. euh monétaire.

Donc il y a réellement ce cadre qui a été posé que nous saluons et que nous attendons avec beaucoup d'impatience parce que nous voulons protéger nos populations qui sont encore une fois avec des indicateurs sociaux que tout le monde connaît, je vais pas le répéter mais il est vrai que le fort taux de chômage, la précarité finalement sont des lieux où se favorise le trafic, où il est plus facile de recruter et cetera et cetera. Donc le narcotrafic est un véritable danger et là où nous sommes dans les territoires ultramarins, dans nos bassins, nous devenons des position stratégique pour les narcotrafic. Donc il faut investir et il faut engager une lutte très importante dans nos territoires.

Un mot sur les questions budgétaires qui sont actuellement en cours d'examen au Parlement. Le Sénat qui va donc examiner cette semaine en séance le budget de la sécurité sociale en commission. Les sénateurs ont rétabli la réforme des retraites sans grande surprise.

Quand dites-vous ? La victoire a été de courte durée pour les socialistes. Alors, on a cette chance d'avoir cette chambre bicamérale et ces navettes et cette commission mixte paritaire et finalement ce dernier mot donné à l'Assemblée nationale parce que comme vous l'avez si bien dit et bien moi je j'estime qu'on qu'on voit le retour des horreurs.

Bien sûr, on parle de la suspension de la réforme des retraites mais on parle aussi par exemple du gel des prestations sociales ou encore de celui des pensions de retraite inférieur supérieur à 1400 €. Donc euh il va nous falloir nous euh en hémicycle avoir des débats extrêmement euh qui a été trouvé en commission ce weekend de geler les retraite pour uniquement pour euh moi je pense qu'encore une fois les efforts ne doivent pas tenir que sur les plus fragiles. Les efforts ne doivent pas tenir que sur les malades.

Il faut dégeler. Il ne faut pas encore une fois les plus grandes fortunes, les plus grandes entreprises n'ont pas voulu porter main forte dans l'examen de ce PLFSS. Nous verrons bien quand euh les dépenses arriveront lors du PLF, ce qu'il a viendra des aides aux entreprises et cetera et cetera.

Donc mais juste la ministre des comptes publics, Améie Monchalin, il dit "Il y a suspension de la réforme de retraite. Si elle vote sur le budget, est-ce que ça veut dire que les socialistes vont voter ce budget ?" Écoutez, cela va dépendre dans quel type de budget va atterrir à la fin.

C'est ça aussi qui est important. Euh ce qui est à noter tout de même, c'est que ça faisait très longtemps qu'on éétait pas revenu à un véritable débat parlementaire, un véritable débat démocratique avec l'absence de l'utilisation du 493. Et ça, c'est une chance incroyable que nous avons aujourd'hui afin justement de revenir sur les horreurs que l'on dénonce.

Il nous faudra avoir notamment des positions communes avec les autres groupes de gauche ici au Sénat. Euh je crois bien d'ailleurs qu'il y aura une conférence de presse qui va être donnée très rapidement par l'ensemble de ces groupes. Donc nous allons travailler euh nous allons mettre en place des stratégies afin de faire en sorte que ce budget vienne de moins en moins un budget d'injustice sociale et fiscale pour les plus fragiles.

Parmi les préoccupations des Français, il y a la question du pouvoir d'achat et le sujet de la vie chère qui touche également les outresemes. C'est l'une des urgences d'ailleurs Alexandre actuellement la lutte contre la vie chère. Oui, l'écart des prix entre les produits d'outreemer et les produits de la métropole n'a cessé de se creuser ces dernières années.

Les chiffres sont très inquiétants. Si on prend les produits alimentaires, par exemple à la Réunion, ils sont supérieurs de 37 % par rapport à l'hexagone, plus 40 % en Martinique, plus 42 % en Guadeloupe. Alors, le gouvernement de Sébastien Lecnu, à peine nommé, a tout de suite mis à l'ordre du jour du Parlement un projet de loi de lutte contre la vie chère en outreem.

Écoutons sur ce point la ministre des outresemères, Naïma Moutchou. Dans les trois océans, nos compatriotes attendent une chose simple, que les prix baissent. Ce projet de loi vise donc un objectif simple mais essentiel : corriger une injustice et rendre davantage effective notre devise républicaine en avançant sur le chemin de l'égalité.

Car la chairé de la vie, ce n'est pas seulement une question économique, c'est aussi une question de cohésion nationale. Alors, l'objectif de ce projet de loi porté par le gouvernement, il est d'abord de respecter un engagement qui a été pris l'an dernier par l'État au pic de cette crise de la vie chère en Outre mer, à savoir réduire à 20 % à cet écart des prix entre l'outremè et l'Hexagone. Parmi les mesures de ce texte, un bouclier qualité- prix qui fixe le prix d'un panier de produits de première nécessité.

Ce texte, il vise aussi à faire la transparence sur les marges les marges des entreprises commerciales notamment de la grande distribution. Alors, ce sont des mesures intéressante mais largement insuffisante pour les sénateurs qui ont débattu de ce projet de loi à la fin du mois d'octobre. Non, en aucun cas ce projet de loi ne fera disparaître le phénomène de la vie chère enemèire.

Il pourra tout au plus contribuer à améliorer modestement la situation en venant renforcer la législation en vigueur pour faciliter l'accès au produits de première nécessité et aboutir à plus de transparence. C'est certes mieux que rien mais tellement insuffisant. Même son de cloche et même déception du côté de la gauche de l'hémicycle sénatorial.

Le texte que nous discutons aujourd'hui n'aborde même pas la question des revenus, ni la revorisation des basalaires et encore moins la prime d'activité ultramarine. Alors que les revenus médiants en outreem sont inférieurs de 40 % à ceux de l'hexagone, comment dissocier la question de la vie chère de celle des revenus ? Alors au final, durant cet examen de ce projet de loi au Sénat, une majorité de sénateurs ont même supprimé certaines dispositions du texte comme la baisse du seuil de revente à perte, c'est-à-dire le prix en dessous duquel un distributeur ne peut pas vendre ses produits sous peine d'être sanctionnés.

Avec cet abaissement euh du seuil de revente à perte, et bien le gouvernement voulait baisser les prix mais les sénateurs ont estimé que ça cela allait favoriser la grande distribution qui est déjà trop dominante dans les outresem par rapport au PME local. Et puis le Sénat a également supprimé un mécanisme qui visait à baisser les frais d'approche à ces frais qui augmentent le prix des produits d'outreem, que ce soit les frais de transport ou encore les taxes. Les sénateurs ont estimé que la puissance publique n'était pas assez euh n'était pas assez concernée en tout cas mise au centre de ce dispositif de baisse des frais d'approche.

Donc le texte a été un petit peu vidé substance par le Sénat, même s'il a été adopté par les sénateurs et maintenant transmis à l'Assemblée nationale. Audrebellim. Ce texte, il est jugé insuffisant pour lutter contre la vie chère enrre mer mais on a l'impression qu'il a été quand même qu'il est encore plus insuffisant qu'il a été vidé de sa substance par les sénateurs.

Alors le texte il a tout de même ce mérite de venir poser de cranter la problématique structurante de la vie chère dans nos territoires. Chose qui n'était jamais arrivée jusqu'alors. Donc ça symboliquement c'est très important pour nous parce que ça fait très longtemps que l'on dénonce la vie chère dans nos territoires et finalement ce gap de pouvoir d'achat que nous avons lorsqu'on est ultramarin et lorsqu'on est hexagonaux.

Toujours est-il que le texte aurait mieux fait de s'appeler peut-être loi relative à la structuration économique des territoires insulaires par exemple parce que lorsque vous l'abordez il est extrêmement technique d'une part. Vous parlez effectivement de frais d'approche, de de revente à perte et cetera et cetera. Et ce qui est attendu des ultramarins, c'est juste un impact sur l'étiquet de cast.

Au final, ils n'attendent que cela. Or euh c'est c'est les mesures qui sont qui ont été présentées ne viennent pas impacter l'étiquet de caisse. Bien au contraire, il y a des choses palpable qui sont intervenues.

Euh par exemple euh nous avions une procédure très lourde euh afin que lors d'événements exceptionnels, climatiques, sanitaire, social afin que les prix soient régulés, crise du chikungunia, comme par hasard, les prix des répulsis ont augmenté, on voir ont même doublé. Mais auparavant, c'était le gouvernement qui permettait au préfet de venir réguler ses prix. Aujourd'hui, grâce à cette loi, on a rétabli la possibilité, enfin, on a donné la un sens, une définition aux circonstances exceptionnelles et le préfet aura la possibilité de le faire sans cette procédure qui était extrêmement lourde.

Donc ça c'est pas lepable. Ce sera beaucoup plus simple. Exactement.

Mais effectivement, toujours est-il que nous n'abordons pas les sujets concernant la faiblesse des revenus. Or, comment parler de la vie chère si nous ne parlons pas des revenus ? si nous ne parlons pas des des pensions de retraite, si nous ne parlons pas finalement du pouvoir d'achat et de l'impact que cela aura pour les consommateurs ultramarins.

Juste avant de parler des revenus, vous le disiez, il y a des mécanismes assez techniques pour baisser les prix qui étaient prévus par le gouvernement. Mais pourquoi les sénateurs les ont supprimé ? Parce que parce que voyez-vous, il y a aussi un gros problème de transparence sur la construction des prix et quand il y a un loup comme ça, ben finalement ça met les territoires à feu et à sang. par rapport à la à la terre hexagonale, vous avez la possibilité d'identifier le constructeur, le fabricant, le distributeur et le transporteur.

Quand vous êtes sur un territoire ultramarin, c'est entre 10 et 15 acteurs depuis la la fabrication du produit jusqu'à la vente du produit sur les étalages et nous n'arrivons pas à mettre le doigt sur cette construction du prix. Et or, ces mécanismes tels qu'ils étaient proposés venaient favoriser finalement les très grands groupes, les importateurs, les transporteurs. Mais chez nous, l'économie, le tissu économique est essentiellement fait de très petites entreprises.

Près de 98 % de nos entreprises sont des très petites entreprises qui ne sont qui ne seront pas concernés par ces mesures qui ne vont bénéficier finalement qu'au très grand groupe. Et donc encore une fois, nous aurions creusé encore plus l'abus, je dirais, sur la construction même du prix. Donc, il nous fallait de la transparence, mais il nous faut aussi la possibilité et bien de limiter les bénéfices des très grosses structures qui viennent ici finalement euh euh manger, je dirais, euh les toutes petites structures économiques que nous avons sur les territoires.

Alors, sur les revenus, oui, sur les revenus, comment vous faites pour augmenter les revenus en re en outreem par de l'aide publique alors que nos finances publiques sont dans le rouge actuellement. Vous aviez justement ce grand débat sur l'alodéum euh la lodéum sociale. La lotéum sociale c'est une loi pour le développement économique des territoires insulaires. et vous aviez dans ce projet de loi de financement de la sécurité sociale une envie de réforme de cetéum social qui venait justement compenser finalement l'éloignement, l'insularité, la vie chère et cetera et cetera et donc qui venaient préserver l'emploi voire même développer l'emploi dans nos territoires parce qu'il y a aussi ce sujet du chômage dans nos territoires.

Et lorsque vous avez une Lodéum qui a cette qui a dont le gouvernement a le pou la volonté de vouloir la réformer alors même que vous n'avez pas d'études d'impact et qu'on souhaite tout simplement retirer 350 millions d'euros au territoire, cela devient dangereux parce qu'on vient impacter le coût du travail. C'est ce qui était prévu et c'est ce qui a été rétabli par nos parlementaires à l'Assemblée nationale. Donc il y a un véritable sujet.

Il nous faut garder ces aides publiques pour préserver l'emploi afin que le coût du travail ne vienne pas impacter notre territoire au sens où cela serait finalement l'ouverture enfin le un plus grand nombre de procédures collectives alors que nous en connaissons beaucoup déjà sur nos territoires et donc finalement la fermeture d'entreprise et donc une baisse d'employabilité sur nos territoires. Il nous faut absolument préserver cela. Autre sujet de préoccupation c'est la question du logement.

On va aller à Saint-Denis de la Réunion, on retrouve Christelle Floricour. Bonjour Christelle. Merci beaucoup d'être avec nous journaliste à Réunion la première.

Vous vouliez parler justement avec Audry Bellim de la question du logement cher. Bonjour. Alors oui, on sait que la problématique du logement, elle est centrale dans nos territoires d'outre mer.

En 2 ans, les loyers ont augmenté d'environ 5 % dans les plus grandes villes de Lille. Alors, d'abord peut-être quelques éléments de contexte. À la Réunion dans le parc social, près de 50000 demandes de logement sont en attente.

Audre Bellim, vous avez fait voter une loi en juin dernier qui porte d'ailleurs votre nom, c'est la loi Bellim pour encadrer les loyers en outreem. Euh pour euh certains ménages, selon la fondation pour le logement, le loyer représente 50 à 80 % des dépenses. Euh cette loi, elle existait déjà dans l'hexagone puisqu'elle a été expérimentée dans des villes comme Paris euh ou Bordeaux ou Montpellier depuis près de 10 ans.

La mesure, elle permet de de plafonner l'inflation des loyers dans le secteur privé à hauteur de 20 % par rapport au prix du marché. Alors ma question est aujourd'hui 5 mois après, où en est-on pour le moment une seule une seule commune a fait savoir qu'elle qu'elle expérimenterait euh la loi pour le moment ? Euh où est-ce que nous en sommes ?

Nous sommes en cours d'écriture des décrets d'application. Euh donc cette loi est passée très vite finalement euh et effectivement vous avez deux communes. Il y a Saint-Paul mais il y a aussi Saint-Denis qui ont qui ont proposé des motions municipales afin de pouvoir candidater à ce dispositif.

Euh et donc encore une fois euh ce dispositif, il est important pour ramener une régulation naturelle. Je le on le disait tout à l'heure, les revenus sont beaucoup plus faibles chez nous et lorsque vous avez euh euh des prix euh de marché euh qui se comportent avec euh l'arrivée de nouveaux revenus sur les territoires, et ben il se passe que les locaux n'ont plus la possibilité de se loger, en tout cas dans le privé. Et effectivement, lorsque Él a été designé, il a oublié les outresemes.

Donc nous avons des décrets en cours d'écriture. J'espère que ça se ça se s'appliquera très rapidement dans notre territoire. Euh j'espère l'année prochaine hein, je je j'essaie d'être très optimiste parce que c'est un besoin et vous l'avez si bien dit encore une fois, c'est le poste de dépense principal des ménages euh en Outreem comme en hexagone de toute façon et il nous fallait euh ce type de loi afin de pouvoir amener une régulation naturelle.

Il y a également un équilibre à avoir euh et c'est pour ça que dans cette loi, il avait bien sûr le plafonnement des loyers dans le privé, mais il y avait également euh un comité référentiel de bâti pour pouvoir adapter les normes de construction parce que s'il y a bien une variable sur laquelle on peut jouer finalement, c'est pas sur le foncier, mais c'est bien sur les coûts de construction. Et donc en amenant cette adaptation des normes, nous on souhaite ouvrir finalement les possibilités dans nos bassins géographiques. Euh cesser par exemple d'avoir du bois d'Afrique euh qui soit normalisé, revenu et puis récupérer à la Réunion.

Pourquoi pas faire des circuits plus courts par exemple qui feraiit finalement descendre les prix et qui feraiit aussi baisser les coûts de transport de ces matériaux. Et puis également les procédés techniques. Nous parlions du changement climatique tout à l'heure et nous parlions du fait que nous sommes dans l'hémisphère sud et que finalement ce sont des normes de l'hémisphère nord qui nous sont imposées.

Il nous faut aussi adapter notre bâti à notre façon de vivre, à la façon de vivre régnise, à la façon de vivre Martiniicaise, guyanaise, guadeloupéenne et cetera et cetera afin de pouvoir nous adapter à ces événements climatiques qui sont qui vont devenir finalement beaucoup plus intenses. Vous avez le J qui nous disait "Ces événements ne seront peut-être pas plus nombreux mais ils seront beaucoup plus violents, beaucoup plus intenses et nous avons bien vu Shido et Garance et les impacts que cela a eu sur nos territoires." Christelle a une autre question pour vous Audre Bell.

Alors c'est une c'est une expérimentation qui est prévue pour 5 ans. Après ces 5 années, qu'est-ce qui est envisageable ? Alors nous avons déjà des amendements préparés afin de demander la prolongation du dispositif en territoire hexagonal.

Bien sûr, nous avons déjà commencé à écrire des amendements de repli pour intégrer les outresem. Donc si cette régulation naturelle est bénéfique, tel que proposent les bilans qui sont faits ici sur les grandes villes où elles sont elles sont mises en œuvre, il faudra absolument les faire pour nos territoires ultramarins et éviter la spéculation locative. Merci Christelle Floricour, merci beaucoup d'avoir été avec nous journaliste à Réunion la première.

On va rester à Saint-Denis de la Réunion. Bonjour Brigitte Adam, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes adjointe au maire de Saint-Denis de la Réunion et avec vous, on va parler des missions locales.

D'abord, expliquez-nous ce que sont ces missions locales et quelles sont leurs utilité. Bonjour. Bonjour madame la sénatrice.

Bonjour tout le monde. Alors effectivement, je suis Brigitta Dame, la 2e adjointe à la mairie de Saint-Denis, conseillère départementale. La ville de Saint-Denis de la Réunion est la 19e ville de France et la première ville des outresemers et par ses 156000 habitants.

Donc nous sommes une ville à la fois littorale mais également rurale du fait que nous touchons la mer mais aussi nous sommes à plus de 1000 m d'altitude sur notre territoire. Et dans ce contexte, je dirais géographique, nous avons décidé de porter une politique d'hyper proximité pour être au plus près des habitants, pour être au plus près des familles et permettre ainsi d'avoir des pouvoirs déconcentrés de la grande mairie centrale au plus proche des citoyens et citoyennes. Et dans un contexte local qui est très fragile en terme d'emploi, nous avons créé la direction jeunesse.

C'est une direction d'insertion qui travaille de concert avec différents partenaires à la fois institutionnels, associatifs et avec le monde économique pour mettre en place un certain nombre d'actions, un certain nombre de projets et rapprocher les chefs d'entreprise, je dirais, euh proche des familles. qu'on a mis en place beaucoup de forums d'insertion, beaucoup de job dating dans chacun de nos quartiers et permettre à chacun d'avoir accès aux chefs d'entreprise, avoir accès à l'entrepreneuriat et développer cette cette action de ces actions de rencontre. Juste madame, le contexte local reste néanmoins très fragile avec 36 % de taux de pauvreté, taux de chômage des jeunes de 32 % et nous avons à la Réunion 49 % des personnes qui travaillent et alors que au niveau de l'hexagone, c'est 67 %.

Le parcours contractuel d'accompagnement vers l'emploi et l'autonomie d'émission locale a diminué de 50 %. Nous avons mo- 734000 € qui ont été perdus en 2 ans avec une suppression qui va venir de neuf postes de conseillers d'insertion dans l'émission locale avec 5300 jeunes qui seront totalement impactés. Et euh et donc ma question est très simple.

Euh quel serait pour euh le Sénat leur euh mobilisation pour garantir une pérennité des dispositifs d'insertion et euh permettre l'accompagnement de notre GTS dans notre territoire. en sachant que cette diminution pour ma part euh n'est pas seulement un accompagnement, mais c'est aussi le développement des personnes, des jeunes. Ah, on on a on a un petit problème de liaison, mais je pense qu'on a quand même bien compris l'essentiel de de la question.

Audre Bellimin, qu'est-ce que va faire du coup le le Sénat face à cette baisse budgétaire et ces difficultés d'émission locales ? Si je peux me permettre tout de même, vous avez 66000 jeunes qui sont suivis par la mission locale à la Réunion parce que vous avez un taux de chômage qui est très important. Il a été rappelé par par la collègue élue qui a pris la parole et et surtout vous avez la moitié de ces jeunes qui est suivi par la mission locale.

Le rôle de la mission locale n'est pas que de l'insertion professionnelle, elle fait aussi du coaching de vie. Parce que quand vous avez du décrochage scolaire, quand vous avez finalement une rupture familiale et que vous êtes isolé, vous avez des problèmes de logement, c'est très compliqué de vous insérer directement. Et donc c'est le travail d'émission locales sur nos territoires.

Oui. Justement, est-ce que vous pensez pouvoir éviter ces baisses de budget ? Mais écoutez, il nous faut absolument le faire.

L'année dernière, nous avons perdu 6,8 %. Là, ils veulent réintervenir avec 13 %. Cela va se traduire par le territoire par la perte de 44 postes de collaborateurs.

Et donc cela veut dire que près de 6000 jeunes ne seront plus accompagnés par la mission locale. Donc oui, déjà l'année dernière, nous étions parce qu'une délégation sénatoriale était venue à la Réunion, nous les avons emmenés à la mission locale afin qu'ils soient sensibilisés sur la problématique et sur finalement l'impact important sur notre territoire. Nous avions proposé des amendements euh en 20 années.

Nous allons revenir avec des amendements. Nous les avons travaillés avec l'é missission locale. L'ensemble des missions locales, he elles sont quatre à la Réunion euh afin de pouvoir avoir une écriture plus agressive afin d'obtenir finalement le gel et voir même la suppression de ces de ces suppressions.

Nous ce qu'on veut c'est le maintien du budget tel qu'il était en 2025. Voilà, on veut ça et puis surtout on voudrait que certains dispositifs reviennent. Vous avez la promo 1618 qui continue à à à se faire ici en Hexagone plus chez nous.

Donc pourquoi ça je ne pourrais pas vous vous le dire. On va remercier hein Brigitte Adam. On n' pas réussi à rétablir la la connexion mais on la remercie adjointe au maire de Saint-Denis de la Réunion.

Tous les sujets qu'on a abordés, ils seront évidemment abordés aujourd'hui lors de lors de la journée des maires d'outremè. On imagine que vous attendez des réponses du gouvernement. Le ministère des outremères il a connu une valce des ministres maintenant depuis plusieurs mois.

Est-ce que c'est un mauvais signal quand même qui vous a envoyé ? En tout cas ce n'est pas un bon signal. [rires] Ça c'est évident parce que il y a un désir d'outre mer qui doit très symboliquement être démontré par le gouvernement.

Je le rappelle, nous sommes à des positions très stratégiques pour la France d'un point de vue général. Nous faisons de la France et de l'Europe la deuxème puissance mondiale maritime. Et nous ce que nous attendons, c'est qu'il y ait non pas nous c'est nous ne souhaitons pas être sous perfusion.

C'est pas ce qu'on dit. Nous souhaitons que il y ait un accompagnement à ce qu'on puisse se développer, à ce qu'on puisse parvenir à une souveraineté alimentaire, euh à ce que euh finalement euh on puisse se sentir égaux à un français ici en hexagone. Or euh quand quand vous avez 80 % de la biodiversité française dans nos territoires mais pas du tout 80 % des financements, c'est à se poser des questions.

Quand vous voyez les taux de chômage, quand vous voyez les crises de logement, quand vous voyez que tout cela est exacerbé, on peut se poser des questions. que ce congrès des maires et ces projets de loi de finance et de financement de la sécurité sociale sont à chaque fois des moyens de mettre en lumière les difficultés de nos territoires et donc de dire qu'il nous faut qu'il y ait ce désir d'outre mer. Donc oui, envoyez-nous un bon signal, travaillez avec nous, nous avons de belles mesures et très souvent, voyez-vous, nous sommes souvent très soudés les ultramarins que nous sommes dans nos hémicycles réciproques.

Et on verra comment se va cette journée des mèes d'outre mè. ce sera à suivre sur notre antenne cet après-midi. Merci Audre Bellim, merci beaucoup d'avoir été avec nous. [musique]