Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 20 mars 2023 17 min

L'interview de Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, sur BFMTV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

— Oui, alors que les prises de parole se poursuivent dans l'hémicycle. Bonjour Marine Le Pen. — Bonjour. — Présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Ce ne sont que des présidents de groupe qui ont pris la parole tout à l'heure, mais pas pour le Rassemblement National. Pourquoi c'est pas vous qui avez conduit la motion de censure ?

0:15
Marine Le Pen

— Il faut bien laisser la place aux autres un peu de temps en temps. Vous voyez, je suis devant vous et je l'ai été durant de longues semaines pour vous exprimer l'opposition de mon groupe à cette réforme des retraites, pour vous exprimer aujourd'hui qu'en réalité, quand on est dans l'opposition, on vote cette motion de censure. C'est aussi simple que cela. J'ai entendu beaucoup de discours pour justifier tout le mal qu'on pense du gouvernement tout en refusant de voter la motion de censure. Quand on est dans l'opposition, on vote la motion de censure. Et si on la vote pas, c'est qu'en réalité, on est dans la majorité.

0:43
Locuteur non identifié

— Vous en avez tous des échanges que vous avez pu avoir avec les députés de droite, puisque vous leur aviez promis que s'ils votaient la motion de censure, vous ne présenteriez pas le Rassemblement National de candidats face à eux en cas de dissolution.

0:55
Marine Le Pen

Ça a apporté ses fruits. — Non mais c'est pas une promesse. Je crois que vous n'avez pas compris la démarche. La démarche, ça n'est pas de donner quelque chose en contrepartie d'eux. La démarche, c'est de dire que les Français souhaitent que cette motion de censure soit votée. Par conséquent, tous ceux qui votent la motion de censure, doivent se considérer pendant au moins le temps du vote dans la même opposition à Emmanuel Macron. Et donc si des députés LR votaient la motion de censure et qu'une dissolution était la conséquence de ce vote, nous ne présenterions pas de candidats face à eux.

Je trouve que c'est un moyen de passer au-delà des partis et de défendre l'intérêt des Français au moment où, encore une fois, ceux-ci sont très majoritairement opposés non seulement à cette réforme de retraite, mais opposés à la manière dont le gouvernement a agi par l'intermédiaire de ce 49-3, en empêchant la représentation nationale de pouvoir s'exprimer sur un texte aussi important que celui-là.

1:53
Présentateur

— 287 voix. Est-ce que vous y croyez, Marine Le Pen ?

1:56
Marine Le Pen

— Je veux toujours y croire jusqu'au vote. — C'est pas le plus probable ? — Non, ça n'est pas le plus probable selon les différents calculs qui sont faits. Mais tout cela dépend aussi d'un certain nombre de députés LR et de la liberté qui sera la leur de se considérer soit dans la majorité, soit dans l'opposition. Mais de toute façon, ça en dira long, je pense, sur peut-être les divergences, d'ailleurs, qui traversent ce mouvement politique.

2:21
Locuteur non identifié

— C'est quoi la suite ? Alors si elle n'est pas adoptée, cette motion de censure, est-ce que vous appelez à la démission d'Elisabeth Borne quand même ? Est-ce que vous appelez à poursuivre les manifestations ?

2:29
Marine Le Pen

— Alors d'abord, la suite, si jamais cette motion de censure n'est pas votée, c'est déjà la saisine du Conseil constitutionnel. Et ce sera fait dès demain. Dès demain, nous déposerons ce recours devant le Conseil constitutionnel, car il nous apparaît que le choix, les choix qui ont été faits par le gouvernement sont profondément anti-constitutionnels. Ça, c'est la première des choses. Et deuxièmement, ça n'empêche pas que, je pense, Elisabeth Borne ne peut pas rester. Je veux dire, l'utilisation du 49-3, après avoir été sûre de sa majorité, elle est venue nous le dire. J'ai une majorité pour voter ce texte. J'ai une majorité pour repousser l'âge de départ à la retraite.

Et puis au dernier moment, eh bien non, elle n'a pas de majorité. Et elle a dû utiliser cet article qui n'est pas fait pour cela dans la Constitution.

3:18
Locuteur non identifié

Et quant aux manifestations, alors ? Vous avez vu ce week-end que ça pouvait parfois déraper, qu'il y a beaucoup d'actions spontanées. Est-ce que vous êtes inquiète ? Est-ce que vous appelez au calme ? Ça va évolver comment ?

3:28
Marine Le Pen

Moi, si vous voulez, je pense que toutes les manifestations pacifiques sont les bienvenues. Mais vous ne me trouverez pas du côté de ceux qui sèment la violence dans notre pays. Jamais, de quelque manière que ce soit. Mais encore une fois, jusqu'à présent, enfin jusqu'à l'annonce du 49-3, les manifestations s'étaient déroulées. Et on peut tirer, je crois, son chapeau au syndicat d'ailleurs, de manière très calme, très respectueuse, très pacifique. Mais comme là, ça prend d'autres directions. Ça pourrait toujours continuer.

Mais il est vrai que le gouvernement, il faut bien le dire, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler, joue avec des allumettes dans une station-service depuis déjà des mois. puisque rien que cette réforme des retraites, au moment d'une inflation alimentaire spectaculaire, au moment où le carburant est à 2 euros, au moment où des TPE-PME sont en train de mettre la clé sous la porte, ce gouvernement aurait dû se dire que cette réforme des retraites n'était pas le bienvenu. Qu'à tout le moins, même s'ils étaient convaincus de son utilité, ce qui n'est vraiment pas mon cas, elle aurait pu être retardée, être ajournée.

Mais non, ils ont rajouté de la violence, celle de leur choix, à la violence de leur choix passé qui entraîne la situation dramatique de notre pays.

4:48
Présentateur

On parle beaucoup de vous et de votre formation, Marine Le Pen, dans les prises de parole, dans l'hémicycle. Elisabeth Borne, la semaine dernière, avait dit que le Rassemblement national restait tapis dans l'ombre. Aurore Berger avait dit que si ça continue, ce sera 2027 et vous saurez ce qui va se passer. Suivez mon regard. Comment vous interprétez tout ça ?

5:03
Marine Le Pen

— Je pense que l'ensemble de cet hémicycle, de l'extrême-gauche jusqu'à la majorité nouvelle, donc incluant les Républicains, ont pris conscience que la véritable alternance, c'est le Rassemblement national. Et qu'en réalité, après Emmanuel Macron, ce sera nous. Et ça ne peut bien entendu que nous réjouir. Et nous travaillons chaque jour pour que ceci se fasse le moment venu, parce que la France n'a plus tellement de temps à perdre.

5:30
Présentateur

— Il y a 2027, mais il pourrait y avoir une dissolution avance. Est-ce que vous souhaitez ?

5:33
Marine Le Pen

— Oui. Écoutez, moi, je ne souhaite rien, mais j'en ai absolument pas peur. Moi, à chaque fois que l'on retourne au peuple, je pense que c'est une bonne chose. Parce que lorsqu'il y a une crise comme celle que nous vivons, c'est vrai qu'il est naturel de se tourner vers le peuple français pour que ce soit lui qui ait les moyens de dénouer cette crise. Le président de la République s'en sert de cette dissolution comme un chantage. La réalité, c'est que je pense qu'il n'a jamais voulu la faire et qu'il ne souhaite pas la faire, car il ne pense jamais qu'à son intérêt personnel.

6:01
Locuteur non identifié

— Et la question de fond, c'est est-ce que ça réglerait la situation ? Est-ce que la France serait mieux gouvernable après une dissolution d'après vous ? Est-ce qu'on aurait un équilibre plus clair ?

6:08
Marine Le Pen

— Probablement. Mais surtout, les Français auraient pu s'exprimer. Ils auraient pu éventuellement sanctionner ceux qui ont cherché à leur imposer cette réforme des retraites et peut-être faire d'autres choix dans des circonscriptions que ceux qu'ils ont fait hier. Mais quoi qu'il en soit, c'est à eux de décider. Donc encore une fois, soit le référendum, soit le retour à des élections législatives, ce sont deux procédures qui sont les plus démocratiques qui soient parce que je le rappelle, et je le rappellerai toujours, le seul souverain dans notre pays, c'est le peuple.

6:36
Locuteur non identifié

— Et le peuple a choisi, précisément. Il y a aux élections législatives... — Oui, vous avez raison. Il a choisi de ne pas donner... — Pour une majorité relative.

6:43
Marine Le Pen

— Il a choisi de ne pas donner de majorité absolue au camp gouvernemental.

6:48
Locuteur non identifié

— Si vous l'emportiez, si le Rassemblement national arrivait devant une éventuelle dissolution, vous seriez Premier ministre ?

6:54
Marine Le Pen

— Non, je ne serais pas Premier ministre parce que j'ai été trois fois candidate à la présidentielle. Peut-être le serais-je d'ailleurs une quatrième fois et que c'est ce sur quoi je me concentre. Mais il y aurait évidemment un Premier ministre au Rassemblement national qui mettrait en œuvre une politique qui est celle que nous avons défendue lors de la dernière présidentielle.

7:11
Présentateur

— Marine Le Pen, quand on voit ce qui se passe dans la rue, on en a parlé un petit peu tout à l'heure, on entend la gauche qui rend le gouvernement responsable, le gouvernement qui rend la gauche, les syndicats responsables du chaos. Et vous ? Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ?

7:23
Marine Le Pen

— Bon, la réalité, c'est que la situation, la période que nous venons de vivre est de la double responsabilité de l'extrême-gauche et du gouvernement. Le gouvernement, parce qu'il a choisi un véhicule législatif qui précisément permettait à l'extrême-gauche de faire de l'obstruction. Et l'extrême-gauche qui en a profité pour empêcher le vote du texte, empêcher même d'arriver jusqu'à cet article 7 qui était quand même le cœur de la réforme, parce que c'est celui qui prévoyait l'allongement de l'âge de départ. On voit qu'il y a quand même...

Chacun avait un avantage entre le gouvernement et l'extrême-gauche à faire durer ces débats et peut-être à pousser, d'ailleurs, à l'utilisation du 49 francs.

8:02
Locuteur non identifié

— Pour être bien clair, parce qu'il y a beaucoup de manifestants, là, notamment, qui nous regardent, est-ce que vous les appelez à continuer et ce dans le calme ? Ou est-ce que vous dites stop au chaos, là, maintenant, il y en a assez, il faut y trouver des gens

8:12
Marine Le Pen

entre chez eux ? — Non, mais la manifestation, c'est pas le chaos. Enfin, pardon. Que le peuple français puisse s'exprimer en manifestant, puisse s'exprimer son désaccord, c'est pas le chaos. Il faut arrêter avec cet argument du chaos, qui est un argument que ressort Emmanuel Macron systématiquement. Et lorsqu'il y a le chaos, bien souvent, c'est lui qui en est, il faut bien le dire, l'initiateur. Voilà. C'est lui qui génère ce chaos. Donc il a bonne mine après de venir s'en plaindre.

8:39
Locuteur non identifié

— Des manifestations, oui. Et par exemple, le blocage des dépôts, des raffineries, les éboueurs qui, aujourd'hui, ne travaillent plus. Vous leur dites quoi à cela ?

8:46
Marine Le Pen

— Non, mais qu'est-ce que je dis à ceux qui...

8:49
Locuteur non identifié

— À tous ceux qui bloquent ou qui ressusent aujourd'hui, qui font grève.

8:52
Marine Le Pen

— Et encore une fois, la grève et le blocage, c'est pas la même chose. D'accord ? Il y a des gens qui font grève et il y a des gens qui bloquent. La grève, c'est constitutionnel. Le blocage, ça ne l'est pas. Voilà. Donc c'est simple. Moi, je suis pour le respect de la loi. Donc je leur dis d'exprimer leur désaccord en respectant la loi. Mais encore une fois, il y a un bon moyen de sortir de cette situation qui est une situation effectivement extrêmement tendue et qui pourrait devenir encore plus tendue demain. C'est le recours au référendum. Le recours au référendum. C'est au peuple de trancher s'il veut ou s'il ne veut pas cette réforme des retraites.

Mais ça, le gouvernement ne le fera pas parce que le gouvernement sait que le peuple français ne veut pas de cette réforme des retraites. Et il veut appliquer cette réforme de retraite contre la volonté du peuple français.

9:36
Locuteur non identifié

Pour rester sur les grèves, vous voyez aujourd'hui les éboueurs qui ne veulent pas reprendre le travail. Est-ce que, par exemple, Gérald Darmanin a raison quand il dit qu'il va falloir débloquer les raffineries si besoin avec des réquisitions et il faut aussi débloquer la situation avec les éboueurs ?

9:49
Marine Le Pen

Alors, je l'ai dit très clairement, à partir du moment où les grèves entraînent un problème sanitaire pour la population française, je pense que le ministre de l'Intérieur doit effectivement intervenir pour qu'il n'y ait pas de difficultés sanitaires. De la même manière, si demain, il y avait une usine de traitement des eaux qui était bloquée, ça entraînerait un risque sanitaire pour le peuple. Et ça, ça n'est pas possible. Et sur les raffineries ? Donc là, il faut intervenir. Et sur les raffineries, c'est pareil. On débloque ? Oui, je crois qu'il ne faut pas admettre les blocages. Encore une fois, la grève est constitutionnelle. Le blocage ne l'est pas.

10:22
Présentateur

On est dans un contexte, Marine Le Pen aussi. Ça revient beaucoup des élus de terrain. Alors, les élus de la majorité, les élus LR le disent, de pression. Vous avez vu ce qui est arrivé à la permanence d'Éric Ciotti. Est-ce que ce contexte-là, vous le sentez vous aussi lorsque vous allez sur le terrain ?

10:38
Marine Le Pen

Non, moi, je ne fais pas l'objet de pression. Nous avons eu des permanences dégradées par l'extrême-gauche depuis de très nombreuses années.

10:46
Présentateur

Ce que je veux dire, c'est que par exemple, à Lyon, c'était une mairie écologiste, par exemple, qui a été attaquée. C'est-à-dire que, quel que soit le bord, il y a une espèce d'agressivité contre tout ce qui peut représenter l'État.

10:55
Marine Le Pen

Non, ce n'est pas quel que soit le bord. C'est toujours du même bord. Pardon. Il faut arrêter un peu avec ça. Non, il faut arrêter avec ça.

11:00
Présentateur

La majorité, LR.

11:01
Marine Le Pen

Il faut arrêter avec ça. Ceux qui commettent ces actes de violence et ces dégradations, ce sont toujours les mêmes. Ce sont les milices d'extrême-gauche. C'est vrai à Lyon, c'est vrai à Grenoble, c'est vrai à Rennes, c'est vrai à Brest, c'est vrai à Paris. Et c'est à chaque fois la même chose. Et le gouvernement les laisse faire. Et donc, la vraie question, c'est pourquoi, depuis tant d'années, le gouvernement fait preuve d'autant de complaisance à l'égard de ces milices d'extrême-gauche violentes ?

11:24
Locuteur non identifié

Et vous pouvez assurer aujourd'hui qu'aucun de vos militants ne commet de violence ? Que le Rassemblement National et ses troupes n'ont strictement rien à voir dans ce qui peut se passer ?

11:34
Marine Le Pen

Bien sûr, je vous le dis de la manière la plus claire qui soit. Nous n'avons jamais dégradé de permanence. Nous n'avons jamais brûlé de voiture. Nous ne sommes jamais attaqués à des mairies. Et nous ne le ferons jamais, bien évidemment, enfin.

11:47
Locuteur non identifié

Est-ce que ce climat est en train de déraper ? Est-ce que c'est plus grave que jamais ce qui est en train de se passer ? Parce que les dernières années, déjà en France, les agressions contre les élus augmentaient. Mais est-ce que là, on franchit un cap ?

11:57
Marine Le Pen

Je ne sais pas si on franchit un cap. Ce qui est sûr, c'est que le pays est sous tension.

12:01
Locuteur non identifié

Mais pas l'air choqué ou bouleversé ?

12:03
Marine Le Pen

Non mais, excusez-moi, mais la vie que j'ai vécue me permet d'être bouleversée par des choses plus graves que trois autocollants sur une permanence d'accord collé. Parait de l'attentat quand vous étiez jeune. D'accord, bon, voilà. Pardon, mais ce que je dis, c'est que le pays est comme une cocotte minute depuis des années. En réalité, la crise des gilets jaunes n'a jamais été réglée. Emmanuel Macron n'a jamais tiré les leçons de cette crise des gilets jaunes, et notamment sur le plan de l'écoute démocratique des Français. Et donc, à un moment donné ou à un autre, la pression dans la cocotte minute monte.

Et là, elle est à l'évidence en train de monter parce que le gouvernement cherche à imposer contre la volonté des Français une réforme dont les Français ne veulent pas, mais même contre la volonté majoritaire de l'Assemblée nationale. C'est quand même pas rien. Alors c'est vrai qu'on est à un moment qui est à un moment dangereux. Et c'est au gouvernement de régler ce problème.

12:56
Présentateur

Vous disiez que le gouvernement n'irait pas au référendum parce qu'il en avait peur. C'est ce que vous disiez tout à l'heure. Il y a un moyen de l'y contraindre. C'est le référendum d'initiative partagée. Est-ce que vous vous associeriez à la démarche ? Est-ce que vous seriez prêt à mobiliser vos militants à leur dire d'aller signer pour réclamer un référendum d'initiative partagée ?

13:14
Marine Le Pen

Vous vous trompez de procédure. La réalité, c'est que le référendum, c'était par l'intermédiaire de la motion référendaire qu'on aurait pu l'obtenir. Nous l'avons proposé à l'Assemblée nationale. Et l'intégralité des groupes ont voté contre, y compris ceux aujourd'hui qui réclament un référendum. Donc qu'ils aillent s'expliquer avec leurs propres électeurs sur leur profonde incohérence ou sur leur profond sectarisme. Le référendum d'initiative partagée, ça n'est pas du tout cela. Ça peut aboutir à un référendum ? C'est une procédure qui, en réalité, a pour objectif d'obliger l'Assemblée nationale à se saisir d'un texte. Mais c'est bon, il s'en est saisi.

13:45
Locuteur non identifié

Ou s'il ne s'en saisit pas, Emmanuel Macron doit organiser un référendum.

13:47
Marine Le Pen

Mais l'Assemblée nationale se saisirait évidemment de ce texte. Donc vous ne mobiliserez pas vos militants qui votent ? Donc ce référendum d'initiative partagée est une escroquerie démocratique créée par Nicolas Sarkozy pour faire perdre du temps à ceux qui sont en opposition avec la manière dont le gouvernement gouverne. Voilà. Donc je ne tombe pas dans ce piège-là.

14:04
Locuteur non identifié

Donc est-ce que vous dites même à vos militantes, surtout ne votez pas ?

14:06
Marine Le Pen

Non, mais je ne veux pas dire surtout ne votez pas. Je leur dirais que ça ne sert à rien si vous avez envie de voter et si vous avez le goût de l'effort inutile, faites-le. Mais la réalité, c'est que ça n'a rien à voir avec le référendum tel que nous l'avons réclamé dans le cadre de la motion référendaire qui oblige le gouvernement, dans ses conditions, à présenter, comme il l'a fait pour la Constitution européenne, à présenter cette réforme au vote direct du peuple français.

14:33
Présentateur

Ce qui n'arrivera pas, vous l'avez dit en tout cas d'après vous, puisqu'il ne vous souhaitera pas y aller. Alors du coup, qu'est-ce qui reste ?

14:39
Marine Le Pen

Voter Marine Le Pen en 2027 si le Conseil constitutionnel ne sanctionne pas cette décision. Et si la motion de censure n'est pas votée ?

14:47
Locuteur non identifié

D'ici là, le texte est appliqué. Et pendant 4 ans, qu'est-ce que vous faites ?

14:51
Marine Le Pen

Excusez-moi, mais soit la motion de censure est votée et il n'y a plus de texte. Soit le Conseil constitutionnel censure les aspects les plus importants ou le véhicule législatif qui a été choisi. Et dans ces cas-là, il n'y a plus de texte. Soit il faudra voter pour Marine Le Pen en 2027. Il y aura un bulletin Marine Le Pen en 2027, donc c'est sûr. Mais en tout cas, il y aura un bulletin du représentant du camp national. Mais ça ne change rien.

15:16
Présentateur

C'est important quand même, Madame Le Pen.

15:17
Marine Le Pen

Non, vous n'allez pas me faire dire aujourd'hui si je serai candidat ou pas. Vous êtes gentil, j'ai trop d'expérience pour ça. Mais quoi qu'il en soit, le projet du Rassemblement national qui consiste à faire partir à la retraite avec 40 annuités et 60 ans, ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, puis progressivement jusqu'à 42 annuités maximum et 62 ans d'âge légal, c'est celui-là qui sera défendu lors de la prochaine présidentielle.

15:44
Locuteur non identifié

Un mot sur ce qui s'est passé aussi dans l'hémicycle. Les députés de la majorité...

15:46
Marine Le Pen

Ou lors des prochaines législatives, s'il y a une dissolution.

15:48
Locuteur non identifié

On n'y est pas. Les députés de la majorité étaient absents. Étonnamment, tout à l'heure, beaucoup d'entre eux dans l'hémicycle. Comment est-ce que vous analysez cela ? Est-ce une forme de désaveu pour la Première Ministre ?

16:00
Marine Le Pen

Clairement. C'est clairement une forme de désaveu. Car lorsque une motion de censure est déposée, normalement, les députés de la majorité sont là pour soutenir le gouvernement. Donc tous les députés de la majorité, presque la moitié qui sont absents, expriment, il me semble, clairement, un désaveu du 49-3 qui a été utilisé par Elisabeth Borne. Ce qui, encore une fois, la fragilise d'autant plus. Et ce qui me permet de vous dire que même si cette motion de censure, ce que je regretterais profondément, n'est pas votée, je pense que les jours de Mme Borne sont comptés.

16:32
Locuteur non identifié

Et alors il faudrait quoi ? Un Premier ministre après de droite ? Un Premier ministre issu de quel bord ? Comment est-ce qu'on avance ? Si ce n'est pas Mme Borne qui ?

16:41
Marine Le Pen

Ben, ne changera rien. Très, très objectivement. La réalité, c'est que... Ben alors donc, pourquoi faut-il qu'elle parte ? Le Premier ministre qui sera choisi portera encore la politique d'Emmanuel Macron. Donc il ne faut rien en attendre de particulier.

16:55
Présentateur

Merci Mme Le Pen. C'était notre première réaction sur Antoine de BFM TV. Merci beaucoup. Je vais récupérer ceci. Voilà, Olivier et Alain. La réaction de Marine Le Pen qui est très, très, très attendue, vous le voyez.