Salon de l'Agriculture : le week-end où Macron s'est crashé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 6 %Attaque 74 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 2:26OuverteRéponse partielle
Comment a-t-on pu en arriver là alors qu'on pensait que Macron avait réussi à se mettre dans la poche les jeunes agriculteurs et la FNSEA ?
- 5:55RelanceRéponse partielle
Comment a-t-on pu en arriver là ? Et comment l'exécutif parviendra-t-il à se relever de ces images qui sapent son autorité ?
- 8:51OuverteRéponse directe
Mais il a quand même essayé de caresser les agriculteurs, en tout cas les grosses confédérations, dans le sens du poil. Et finalement, ça les a radicalisés, entre guillemets.
- 11:46OuverteRéponse partielle
Je voudrais qu'on évoque Emmanuel Macron, son attitude. Donc vous l'avez dit, il a essayé de tenir tête, de faire face, en s'expliquant pied à pied avec les agriculteurs, en démontant ce qu'il considère comme des fausses infos, notamment au sujet de l'invitation qu'il aurait faite au soulèvement de la terre, pour son grand débat au Salon de l'agriculture.
- 13:06FerméeÉludée
Est-ce que notre président, bien-aimé, est victime d'une campagne de fake news ?
- 19:10OuverteRéponse partielle
Paul Elec, à la persistance de la crise agricole, ce qui s'est rappelé violemment à lui, c'est l'instauration de prix planchers d'achat. Mais attention, pas des prix planchers façon soviétique comme le voudraient les méchants de la France insoumise, si l'on en croit le ministre de l'agriculture Marc Fenaud. Est-ce qu'il faut prendre cette annonce au sérieux ou bien c'est sauf qui peut ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:41InvitéFait
« On en est arrivé là par l'entêtement d'Emmanuel Macron. D'abord la provocation. »
- 3:38InvitéChiffre
« Emmanuel Macron est protégé par 1 000 CRS et gendarmes mobiles pour une poignée d'agriculteurs. »
- 3:54InvitéFait
« Il est tombé dans le piège tendu par une partie de la coordination rurale. Évidemment, on cheville avec le Rassemblement national. »
- 6:06InvitéFait
« L'érosion de la légitimité du pouvoir, elle ne date pas d'hier. Ça fait un moment qu'on explique que, systématiquement, dans ces déplacements, le président de la République, mais dans les déplacements des ministres, ça arrive aussi régulièrement, les membres du gouvernement sont hués. »
- 6:55InvitéFait
« On est arrivé avec, effectivement, de l'hubris présidentiel, l'hubris macroniste, il pourrait dire, parce qu'il est vraiment supérieur à ce qu'on a pu connaître par le passé. »
- 7:31InvitéFait
« Emmanuel Macron a voulu faire du salon de l'agriculture un salon d'Emmanuel Macron. On va proposer un débat, je vais être au centre. »
- 8:02InvitéFait
« Il est colérique, même, très énervé. En disant, mais pourquoi personne ne comprend ? Parce qu'en fait, tout le monde comprend très bien. »
- 9:32InvitéFait
« C'est l'obsolescence de sa méthode, déjà. Voilà, c'est fini. C'est une obsolescence qui était programmée. »
- 10:15InvitéFait
« Emmanuel Macron, c'est terminé. Je veux dire, c'est un canard qui marche sans tête. Il ne peut pas se représenter. »
- 12:35InvitéFait
« Je n'ai jamais prononcé une phrase comme ça. »
- 12:40InvitéFait
« Le problème que nous avons dans notre pays aujourd'hui, c'est que la part du revenu que les Français allouent à l'alimentation, en 30 ans, elle a baissé. »
- 13:10InvitéFait
« Non, il est menteur. »
- 13:26InvitéFait
« Tous mes copains journalistes politiques ont tous été briefés et par Matignon et par l'Elysée sur attendez-vous à savoir que les soulèvements de la Terre seront là. »
- 21:47InvitéFait
« Pendant la Covid, c'était le quoi qu'il en coûte, c'est-à-dire des politiques de subvention du travail, des salaires, etc. »
- 38:41InvitéFait
« Ils ont parlé du fait qu'il va faire restreindre ce droit pour la continuité du service public pour les vacances scolaires. »
Temps de parole
- Invité43 %
- Invité 238 %
- Présentateur16 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il n'y a pas de solution avec le libéralisme et ce que propose la droite. Il ne conçoit pas qu'on puisse être en désaccord avec lui. Un espèce de ton paternaliste, c'est encore pire chez Gabriel Attal. Un espèce de paternalisme toxique. Mais t'es sans bonhomme, mais d'où tu sors ? T'as pas attendu pour comprendre que le travail est essentiel. De toujours expliquer aux pauvres comment ils doivent se comporter. On n'explique jamais aux riches comment ils doivent utiliser leur argent. Mais comment on peut accepter ça ?
Salut à toutes et à tous, vous êtes sur Le Média et vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Vous vous préparez à regarder sans langue de goie, le débat hebdomadaire qui met Françoise de Goie, journaliste, chroniqueuse pour plusieurs médias, ancienne conseillère politique qui se considère comme rose vif, bien qu'elle soit habillée en bleu aujourd'hui, face à un contradicteur. Et aujourd'hui, comme souvent, elle est face à Paul Ellec, analyste politique pour Le Média.
Au sommaire, le week-end terrible d'Emmanuel Macron qui s'est à la fois donné en spectacle et ridiculisé au Salon de l'agriculture de Paris au lieu traditionnel de communication politique. Et au-delà, la faiblesse extrême de l'exécutif qui ressort de ce feuilleton grotesque quelques semaines après la grande colère des agriculteurs et quelques mois avant les élections européennes. Mais aussi, la cérémonie des Césars très politique cette année, avec notamment le triomphe de Justine Trier, l'intervention très courageuse de Judith Gaudrech et la censure par Canal+, de l'intervention de la réalisatrice tunisienne, Kauter Ben-Agnat. Salut Françoise, salut Paul. Salut Théophile, salut Paul.
Salut à vous. Samedi dernier, quelque chose s'est passé en France. L'opération de communication classique du Président de la République au Salon de l'agriculture a tourné à la fois à l'émeute, au cauchemar et au vaudeville, en regard d'un petit magnéto.
Ça m'embête de pousser contre des CRS qui sont des citoyens comme nous, des gens issus des milieux populaires, un petit peu les mêmes milieux que nous. Donc voilà, j'ai poussé mais sans avoir l'intention de faire de mal à qui que ce soit, enfin sauf à Macron bien sûr.
Françoise Paul, je voudrais qu'on s'attarde sur ces images de fiasco. Comment a-t-on pu en arriver là alors qu'on pensait que Macron avait réussi à se mettre dans la poche, notamment les jeunes agriculteurs et la FNSEA, Françoise ?
C'est très simple, on est arrivé là parce que la FNSEA et les jeunes agriculteurs représentent absolument plus à 100% le monde agricole. On en est arrivé là par l'entêtement d'Emmanuel Macron. D'abord la provocation. Moi, je n'ai rien contre les soulèvements de la terre, je le dis tout de suite. Je ne fais pas partie des gens qui pensent que ce sont des éco-terroristes. Mais dans un tel contexte, quand un conseiller du cabinet de l'Elysée les invite pour les faire participer à un grand débat, ça s'appelle une provocation. On peut appeler ça une boulette. Après, ça devient un mensonge éhonté du président de la République qui n'a jamais fait ça.
Donc on en arrive là parce qu'il y a une rupture absolument totale. Et ce qui nous a sauté aux yeux ce week-end au Salon de l'Agriculture, c'est la rupture pas simplement politique et morale, la rupture physique de ce président entre lui et ce pays. Vous vous rendez compte que l'espèce de micro-débat avorté, organisé, le Salon de l'Agriculture est transformé en village Potemkin ? Il n'y a aucun visiteur qui ne peut rentrer. Et Emmanuel Macron est protégé par 1 000 CRS et gendarmes mobiles pour une poignée d'agriculteurs. Comment est-ce qu'on en est arrivé là ?
On en arrive là parce que malgré toutes les alertes, les warnings, préfets de police, amis politiques, eh bien il a pensé qu'il ferait comme d'habitude, qu'il serait le plus malin. Et il est tombé dans le piège tendu par une partie de la coordination rurale. Évidemment, on cheville avec le Rassemblement national. Le but était très simple et ils y sont parfaitement parvenus. Macron secoué, complètement humilié. Et le lendemain, Bardella en majesté en train de faire des selfies. C'est gros et c'était cousu de fil blanc.
Donc tu penses que la colère est instrumentalisée par la coordination rurale ?
En partie, je ne dis pas qu'il n'y avait que ça dans les cris, etc., des agriculteurs dans les revendications et la violence. Mais moi, quand j'entends des leaders syndicaux de la coordination rurale qui disent « on est chez nous et on va le virer avec ses racailles », excusez-moi de vous le dire, je pense que ce n'est pas un langage... C'est un langage qui nous rappelle quand même un certain nombre de manifestations, acrépoles notamment, des jeunes identitaires. Donc évidemment qu'il y a une partie de ce syndicat qui est en cheville et qui est instrumentalisée et qui instrumentalise et vice-versa le Rassemblement national.
Il est tombé dans le piège, les deux pieds dedans, toujours pour les mêmes raisons en réalité, pour son arrogance en réalité. Et cette rupture qui est maintenant physique, moi ça me pose vraiment... Je disais tout à l'heure à Paul, je suis extrêmement inquiète. de ce qui s'est passé au Salon d'Agriculture. Parce que quand on... Le cocktail effondrement des démocrates un peu faibles, faiblards, voilà, de plus en plus, et bien, comment dirais-je, radicalisation des extrêmes, mais là en l'occurrence de l'extrême droite avec le coup de poing, la violence, ça nous rappelle des choses qui sont assez atroces dans l'histoire. On les connaît parfaitement, ces choses-là.
On a vu comment ça fonctionne toujours de la même manière, avec une déliquescence du pouvoir en place et une radicalisation, une instrumentalisation de toutes les souffrances. Et là, en l'occurrence, de la souffrance agricole. Moi, je suis très choqué de ce qui s'est passé au Salon d'Agriculture, mais beaucoup plus sur ce que ça annonce, plutôt que sur ce que ça a montré.
Paul, je te ramène aux mêmes questions. Comment a-t-on pu en arriver là ? Et j'ajouterais, comment l'exécutif parviendra-t-il à se relever de ces images qui savent son autorité s'il parvient à s'en relever ? Parce qu'on n'a jamais vu ça.
Comment on en est arrivé là ? L'érosion de la légitimité du pouvoir, elle ne date pas d'hier. Ça fait un moment qu'on explique que, systématiquement, dans ces déplacements, le président de la République, mais dans les déplacements des ministres, ça arrive aussi régulièrement, les membres du gouvernement sont hués. Ils ont des difficultés à se présenter sur le terrain, comme dit le président de la République, tout simplement parce que le niveau de colère à l'encontre de sa politique et à l'encontre personnellement même des personnes du gouvernement est extrêmement fort dans des parties extrêmement larges de l'opinion.
C'est-à-dire que, peu importe le fait qu'il n'y ait pas d'homogénéité idéologique de la contestation du macronisme, l'espace de cette contestation est immense, ouvert et en jeu, d'ailleurs, à la compétition. D'où le fait que chacun essaye d'instrumentaliser, en tout cas à l'extrême droite, une partie des colères. Deuxièmement, comment on y est arrivé ? On est arrivé avec, effectivement, de l'hubris présidentiel, l'hubris macroniste, il pourrait dire, parce qu'il est vraiment supérieur à ce qu'on a pu connaître par le passé. Tous au maximum, la cinquième.
Il arrive, il dit, il y a un événement politique, alors que la situation d'engagement dans un rapport de force avec les agriculteurs n'était pas véritablement terminée, puisque les agriculteurs avaient prévenu que, s'ils n'obtenaient pas satisfaction, selon leurs mots, ils continueraient les actions, y compris au salon de l'agriculture, et qu'ils seraient capables de se remobiliser. Et Emmanuel Macron a voulu faire du salon de l'agriculture un salon d'Emmanuel Macron. On va proposer un débat, je vais être au centre. Et ça avait deux problèmes. C'est que, un, c'était se mettre au centre de l'arène quand il aurait été sans doute plus intelligent de ne pas y aller.
Et deuxièmement, c'était répéter une proposition de communication qu'Emmanuel Macron sort à chaque fois. De toute façon, on va tout, quoi. On va faire un grand débat. On va essayer de noyer le poisson dans des débats fleuves, dans lesquels je vais avoir des images où je suis devant les caméras, je retrousse les manches un peu en mode manager toxique qui va expliquer. Et puis, en plus, les images sont terribles, parce que quand il parle aux gens, il leur parle avec un mépris, avec de l'arrogance. Il est colérique, même, très énervé. En disant, mais pourquoi personne ne comprend ? Parce qu'en fait, tout le monde comprend très bien.
Il ne conçoit pas qu'on puisse être en désaccord avec lui ou qu'il ne soit pas profondément génial. Donc, c'est ça, le problème. Et est-ce que l'exécutif va s'en sortir en termes d'image plus tard ? Malheureusement, ça va dépendre des cycles médiatiques, notamment. Mais ce qui est intéressant, ce n'est pas la scène-là, c'est le fait que ça soit constant. Il y a eu d'autres moments depuis le début du quinquennat, voire depuis le premier quinquennat, où, systématiquement, il est pris à partie par des gens.
Mais en général, il était pris à partie par des gens qu'il ne l'aimait pas et qu'il n'aimait pas. Mais il a quand même essayé de caresser les agriculteurs, en tout cas les grosses confédérations, dans le sens du poil. Et finalement, ça les a radicalisés, entre guillemets. Et on voit bien aussi le deux poids de mesure, ce qui ressort de la posture des policiers et de tous ceux qui organisent l'ordre. Ils sont moins agressifs qu'avec d'autres corps.
– Enfin, il y a eu quand même des images. – Alors, peut-être que c'est parce que c'est un endroit fermé. – Il y a quand même des agriculteurs qui en ont ramassé plein la patate avec les CRS. Au début, moi, j'ai regardé l'ensemble de la séquence. – Peut-être, oui. – Les plaquages, franchement, ce n'est pas des plaquages de fillettes. On se croirait dans une mêlée sur un terrain de rugby. Non, je crois que vraiment, je ne vais peut-être pas compléter parce que ce n'est pas nécessaire, mais sur Emmanuel Macron, il y a quelque chose qui est dramatique. C'est l'obsolescence de sa méthode, déjà. Voilà, c'est fini. C'est une obsolescence qui était programmée. Il ne veut pas l'admettre.
Le grand débat, ça a marché. Après, ça a moins marché les conventions citoyennes. Après, ça a encore moins marché les rendez-vous de Saint-Denis. Voilà, au début, ça a marché, puis plus du tout. Après, ça n'a plus du tout fonctionné, le grand débat. Donc, ça veut dire qu'il y a une obsolescence de sa parole, de sa méthode et de sa parole. Mais l'obsolescence, on la voit, elle est normale parce que plus on va avancer vers la fin du mandat, il ne peut pas se représenter. Il perd naturellement du rapport de force. Donc, évidemment que ce serait...
– Et plus le temps passe, plus on connaît ses petites astuces.
– Non, puis ce n'est pas ça. C'est qu'il n'est plus un enjeu, Emmanuel Macron. Je le dis souvent, ça fait rire mes copains à gauche, je lui dis, mais Emmanuel Macron, c'est terminé. Je veux dire, c'est un canard qui marche sans tête. Il ne peut pas se représenter. Tout dans ce pays fonctionne en fonction de la... Tout est orienté en fonction de la présidentielle. Quand vous n'êtes plus candidat à la présidentielle, c'est terminé.
– C'est quand même problématique. – Non, mais ça... – Alors, je voudrais que justement, on évoque la...
– Non, non, mais je voudrais dire, sa parole est obsolète, et c'est ça qui pose un vrai problème, parce qu'elle est obsolète dans le débat. Il pense, Emmanuel Macron, qu'il arrive, que tout procède de lui. Donc ça, c'est véritablement sa façon de fonctionner. Personne n'a réussi à régler les problèmes. J'arrive, je vais les régler. Il fait pareil au plan international. Mais sa parole est donc obsolète sur le plan intérieur, mais elle est obsolète sur le plan international. Regardez ce qui se passe à l'Europe. Il est arrivé, tambour battant, vous allez voir le Mercosur, vous allez voir ce que vous allez voir, je suis pour les négociations. Qu'est-ce qui se passe le lendemain ?
Tout le monde explique que les négociations continuent. Donc on a un vrai problème, collectivement, d'affaiblissement de la parole présidentielle. Et dans cet interstice, je dis pour que ça nous concerne tous, parce que qui prend le pas ? Qui est capable de se substituer avec une parole crédible ? Pour le moment, la gauche ne peut pas. Pour le moment, qui est-ce qui est en train de se substituer, pour le moment, avec une parole crédible ? Et c'est un drame collectif, c'est un problème collectif majeur qu'il va falloir résoudre et combattre. C'est le Rassemblement national.
En même temps, tout le monde dans notre petit monde aide le Rassemblement national à donner cette impression de crédibilité. Je voudrais qu'on évoque Emmanuel Macron, son attitude. Donc vous l'avez dit, il a essayé de tenir tête, de faire face, en s'expliquant pied à pied avec les agriculteurs, en démontant ce qu'il considère comme des fausses infos, notamment au sujet de l'invitation qu'il aurait faite au soulèvement de la terre, pour son grand débat au Salon de l'agriculture. Emmanuel Macron a également démonti avoir affirmé, contrairement à une une de la Marseillaise, que les smicards étaient tout préoccupés par leurs abonnements VOD, qu'ils ont oublié d'acheter de la bonne nourriture.
On regarde un petit magnéto. Je n'ai jamais songé
initier une telle invitation. Et vous parlez au président de la République qui a assumé de faire passer en Conseil des ministres la dissolution du soulèvement de la terre. Donc toute cette histoire m'a mis en colère à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Je n'ai jamais prononcé une phrase comme ça. Qu'est-ce que vous avez dit ? Mais j'ai dit, ce que j'ai dit plusieurs fois publiquement, le problème que nous avons dans notre pays aujourd'hui, c'est que la part du revenu que les Français allouent à l'alimentation, en 30 ans, elle a baissé. Est-ce que c'est plus cher ? Non, pardon, elle a baissé.
C'est-à-dire que les gens, ils dépensent plus d'argent pour le logement, pour les abonnements téléphoniques, pour des voyages, pour la télévision. C'est-à-dire que le mode de vie a changé et ils dépensent en proportion moins pour l'alimentation. Alors Françoise,
est-ce que notre président, bien-aimé, est victime d'une campagne de fake news ?
Non, il est menteur. Et c'est bien ça que je trouve dramatique parce que dans la foulée, je vois bien toute la théâtralité quand il a dit je n'ai jamais invité les soulèvements de la Terre, ni moi, ni personne de mon cabinet. Il avait les larmes aux yeux, il était en colère, espèce de colère extrêmement théâtrale. C'est un mensonge éhonté. Moi, tous mes copains journalistes politiques ont tous été briefés et par Matignon et par l'Elysée sur attendez-vous à savoir que les soulèvements de la Terre seront là. Donc comment il faut un aplomb intérieur, il faut une outrecuidance personnelle pour être capable d'affirmer un tel mensonge et même d'y croire.
Je pense qu'à un moment donné, il y croit vraiment à son mensonge. Et de la même manière, la une de la Marseillaise, alors là, on est sur le mépris total, les gens qui ne sont rien, je pense que ça a atteint tous les niveaux, cette phrase. Eh bien, comment dirais-je, le vice-président du MoDef, le syndicat qui a donné cette information à la Marseillaise dans l'heure où Emmanuel Macron a démenti, a confirmé, bien sûr, il nous a dit ça.
Puis Emmanuel Macron apprend aux journalistes leur métier en expliquant qu'on ne met pas...
Tous les présidents ne comprennent rien au journalisme. Je vous le dis tout de suite, j'en ai assez fréquenté des présidents et on le sait tous, ils ne comprennent rien au journalisme. Un journaliste, c'est quelqu'un qui écrit, on l'aime quand il écrit des trucs super sur vous et on le déteste quand il écrit des trucs en genre. Moi, je ne peux pas faire le procès à Macron de ne pas... Il ne comprend rien au journalisme. Les journalistes doivent être à sa botte. Mais comme tous les présidents de gauche ou de droite, ce n'est pas le problème. Mais non, non, moi, ce qui me gêne profondément, c'est qu'on sent quand même, comme toujours, le mensonge. Et ça, c'est un sujet...
Je ne ment pas, Paul, mais peut-être que ça a l'air réel puisqu'il a été habitué, il nous a habitué à des petites phrases de mépris.
Non, mais si, il ment. En tout cas, il ment d'abord sous le moment de la terre. Encore une fois, on a des confirmations, l'Élysée a briefé les journalistes et il ment parce qu'il est incapable, encore une fois, de reconnaître un quelconque tort parce qu'il pense que c'est un signe de faiblesse. Or, tactiquement parlant, même sur un plan très cynique politicien, ça a un avantage pour maîtriser le narratif de faire des pas de côté.
Lui, il en est incapable et donc, il est toujours dans un régime de crispation et ce régime-là l'amène à utiliser toutes sortes d'occasions de façon extrêmement opportuniste et à briser en plus la cohérence générale de l'espace politique qu'il essaye de mener parce qu'encore une fois, quand on invite un groupe qu'on a essayé de dissoudre via son ministre de l'Intérieur quelques mois auparavant, ça n'a aucun sens.
C'est-à-dire que, d'un côté, on leur tape dessus, ensuite, on explique que si on les invite en débat, c'est qu'on les réabilite à demi-mot sans le dire vraiment et en fait, finalement, il dit non, ce n'est pas vrai mais quitte à assumer un mensonge public que l'ensemble des gens peuvent vérifier. Encore une fois, les journalistes sont très nombreux à avoir dit bien sûr que si, on a reçu l'information le soir même.
Et deuxièmement, sur cette question de mépris, alors sur cette phrase-là, peu importe, peut-être qu'une phrase lui a échappé qu'il en dénonce soi-disant l'interprétation, la façon dont il a écrit Il dément la question de la forme mais il dit mais je vous assure, je ne l'ai pas dit comme ça mais par contre, je crois vraiment que les gens sont des cons et qu'ils ne consomment pas bien et qu'il va falloir leur apprendre. Et c'est ça, le raisonnement qui est un problématique dans le fond.
C'est-à-dire qu'il conteste la forme mais il ne conteste pas le fond qui est, encore une fois, une manière de toujours expliquer aux pauvres ou aux gens qu'on suspecte d'être pauvres ou d'être peu dotés en ressources comment ils doivent se comporter à quoi ils doivent correspondre on n'explique jamais aux riches comment ils doivent utiliser leur argent on leur explique comment il faut le blanquer comment on va les aider pour le faire mais alors pour les gens qui ont peu de ressources on est toujours dans une espèce de vision prescriptrice de la bonne chose à faire un espèce de paternalisme toxique chez Macron et qui se conjugue avec ces phrases de mépris et qu'on retrouve et c'est dramatique qu'on retrouve chez Gabriel Attal alors je vois bien je vois bien tout le numéro qui consiste à nous dire mais non Attal n'est pas le même que Macron en gros en mode si vous le utilisez en 2027 ça fera pas 15 ans de Macron évidemment que tout cela est faux et Gabriel Attal moi m'a heurté du haut de ses 33 ans aux 34 ans expliquer que le travail est essentiel mais descends bonhomme mais d'où tu sors excuse-nous de te dire qu'on t'a pas attendu pour comprendre que le travail est essentiel cette espèce de ton paternaliste c'est encore pire en fait en vérité je pense que c'est encore pire qu'Emmanuel Macron c'est encore plus
déjà parce qu'il a déjà moins vécu qu'Emmanuel Macron c'est un mauvais ersatz
c'est délirant en réalité mais comment on peut accepter ça mais il y a un moment donné on les regarde on peut se dire on fait un pas de côté on peut avoir l'attitude stoïque stoïcienne carrément de dire bon bah écoutez voilà je regarde cette mauvaise pièce de théâtre et j'attends que ça passe oh là là c'est long il y a encore 5 actes on en a encore pour 3 plombes mais bon je vais tenir jusqu'au bout ça c'est la version et puis il y a une version qui est dramatique c'est qu'à un moment donné cette nullité cette nullité crasse politique cette médiocrité humaine parce que c'est ça qui se joue derrière tout ça moi je m'en fous on met les mots qu'on veut les ressorts politiques qu'on veut c'est de la médiocrité humaine profonde c'est de la nullité crasse politique et bien ça ça va nous amener dans le mur parce que quand vous avez le bloc central espèce de mot à la mode le bloc bourgeois le bloc central j'en sais rien en tout cas ceux qui constituent l'espèce de charnière qui fait que ce pays reste encore une démocratie à peu près en tout cas en apparence quand ce bloc là s'effondre mais qu'est-ce que qu'est-ce que ça peut donner qu'est-ce que ça peut donner ça donne un désastre on va le voir aux européennes et nous partons tranquillement klaxonnant vers l'abîme petite note quand même d'optimisme sur une question Emmanuel Macron il a annoncé des prix planchers ok on va en parler ah bah on va en parler alors je développe parce que là vous assistez en direct
au fait que Paul Elec est en train de me piquer mon job en annonçant les sujets
vas-y Paul alors une des réactions Paul Elec à la persistance
de la crise agricole ce qui s'est rappelé violemment à lui c'est l'instauration de prix planchers d'achat mais attention pas des prix planchers façon soviétique comme le voudraient les méchants de la France insoumise si l'on en croit le ministre de l'agriculture Marc Fénaud est-ce qu'il faut prendre cette annonce au sérieux ou bien c'est sauf qui peut c'est intéressant
c'est-à-dire qu'effectivement quand Marc Fénaud le ministre de l'agriculture actuelle nous explique qu'il s'agit de prix soviétiques c'est parce qu'il fait référence au fait que deux fois à l'Assemblée nationale d'abord je crois si ma mémoire est bonne en mai 2018 et ensuite à l'automne dernier la France insoumise a proposé dans le cadre de sa niche parlementaire une proposition de blocage des prix enfin de prix planchers mais avec un encadrement strict des marges que peut se faire la grande distribution et en fait l'agroalimentaire en général et deuxièmement et un contrôle effectif des prix ce qui était un système beaucoup plus coercitif de fait et qui est un tabou absolu pour la Macronie parce que sortir du marché concrètement c'est ça que ça veut dire c'est-à-dire sortir du marché un certain nombre de produits et de marchandises c'est le tabou absolu pour la bourgeoisie
dans le capitalisme parce que je suis désolé Paul il y a un marché de la santé alors qu'il y a des prix administrés dans la santé
mais bien sûr je suis d'accord le marché il ne faut pas non plus
considérer que dès qu'on encale des choses on est sorti du marché non le marché peut être vertueux puisque finalement dès le début enfin dès les débuts de l'humanité les gens ont échangé mais le marché ne doit pas être du vol en fait le marché ne doit pas être délégulé bien sûr c'est le vol
désolé effectivement en tout cas l'utilisation des produits comme marchandises afin de maximiser le profit et non de répondre à des besoins humains, sociaux ou qualitatifs on est d'accord donc ce que je veux dire là dessus c'est que la question des prix planchers sur la base d'un indicateur du coût de production agricole qui a déjà été introduit par les lois EGALIM n'est pas en soi une annonce révolutionnaire ou qui va tout changer mais ce que je remarque c'est ça que je veux dire par note peut-être plus positive c'est que lorsque est mise en danger la capacité des individus à se reproduire en tant que personnes lorsqu'on touche à leurs moyens d'existant ce qui est le principe là de la crise agricole il n'y a pas de solution avec le libéralisme et ce que propose la droite tout le temps on est obligé d'aller vers ce que propose la gauche c'est le cas sur les prix planchers même si c'est qu'un début c'est une revivication historique de la confédération paysanne et c'est qu'un état mais ils n'ont bien pas été en capacité de répondre autrement et deuxièmement cette situation on y revient à chaque fois je rappelle que pendant la Covid c'était le quoi qu'il en coûte c'est-à-dire des politiques de subvention du travail des salaires etc.
et voilà moi c'est ça qui m'intéresse dans la période peu importe d'ailleurs le commentariat en tout cas sur un certain nombre de sujets on voit bien que c'est les propositions mises en avant par la gauche qui peuvent prendre place et qui sont les seules qui représentent les solutions qui sont vraiment l'alternative parce que tu disais
que oui la seule alternative est crédible mais bien sûr parce que personne mais écoutez
soyons raisonnables les amis il va falloir qu'on bosse beaucoup plus la gauche que ça parce que bien sûr d'abord les prix planchers vous verrez il n'y en aura pas ça sera kiff kiff bourrico parce que d'un côté les prix planchers en plus de ça il les annonce à l'Europe alors déjà il n'arrive même pas à faire arrêter les négociations sur le Mercosso vous pensez vraiment qu'il va arriver à imposer des prix planchers européens et en plus c'est vraiment c'est le bistrot ouvert c'est le open bar les prix planchers européens il faudra bien sûr et voilà compte dessus et bois de l'eau fraîche entre signal torrent cage neuf comme disait ma grand-mère parce que la réalité c'est que je dis comme un seul homme à part la délégation la France insoumise la délégation parti socialiste passe public la délégation vert je ne parle pas des groupes je parle des délégations nous allons voter contre la gauche va voter contre mais comme un seul homme ils vont voter le traité de libre-chambre avec le Chili il n'y a aucun problème c'est en plénière jeudi on peut déjà prendre les paris de qui va voter contre et qui va voter pour donc tout ça c'est du pipeau et de la flûte à bec et pourquoi est-ce que je dis pourquoi est-ce que je dis il va falloir que nous on travaille et qu'on soit beaucoup plus puissant dans notre capacité parce que Paul a raison et je m'en réjouissais pendant le Covid et je cocoricotais à fond sur tous les plateaux sur le vrai vous rendez bien la solution elle vient toujours de la gauche la réalité c'est que personne ne donne le crédit à la gauche de cela et ça c'est ça qui est un véritable problème
c'est la droite qui raconte
mais non personne ne donne dans l'opinion le crédit le crédit n'est pas donné à la gauche pourquoi parce que la gauche elle est même si elle rechine à ça et bien la gauche il va falloir qu'elle s'incarne à un moment donné il faudrait qu'elle s'incarne à travers une espèce de porte-voix qui va porter ses propositions pour le moment
pour le moment
c'est plus du tout le cas il est battu dans tous les cas de figure au présidentiel donc c'est pas le sujet là à ce moment on a
est-ce que les autres gagnent
mais non mais on s'en fout lui non plus donc ça veut dire que tous les autres sont mauvais donc ça veut dire qu'à un moment donné il faut que quelque chose émerge pour porter ces idées là parce qu'on se fait absolument piller et on se fait piller en termes de communication en réalité voilà
deux secondes si tu crois toi qu'il y aura les prix planchers je sais pas si on passe à notre deuxième sujet parce que vous éternisez
non non mais je pense qu'effectivement il y a très peu de chance que ça ait lieu concrètement et réellement je pense que sur le fond de ce qu'on a dit ce week-end il y a effectivement une question de basculement d'une frange du mouvement agricole vers l'extrême droite de façon beaucoup plus prononcée en vérité c'est un mouvement qu'on observe encore depuis aussi la dernière décennie si on regarde le rapprochement c'était la droite traditionnelle sarkozy etc.
historique et puis c'est devenu rassombe nationale et ce balancement est arrivé et enfin sur cette question de la gauche a du mal à incarner et on se fait voler je suis d'accord mais encore une fois il faut regarder quand dans le social dans les rapports sociaux les solutions qui arrivent viennent dans notre camp si la question de l'incarnation reste extrêmement importante elle exprime quand même plutôt le déroulement de ce qui se joue dans les choses concrètes et trébuchantes pour les gens et je pense que ça nous aide et ça met en place c'est à dire encore une fois comme tu disais planification à chaque fois que des mots ont été attaqués et qu'ils s'imposent désormais comme des solutions a priori à faire j'ai même entendu la droite parler de salaire agricole des fois jusqu'à ce que tout d'un coup ils se rendent compte que c'est des idées un peu trop socialisantes comme l'a dit Retailleau bref je pense que ça veut dire qu'il y a une offensive quand même de notre plan social simplement la question c'est maintenant il faut transformer c'est pour le moment pas un convertissement d'opinion
notre deuxième sujet la cérémonie des Césars et les enseignements que nous pouvons en tirer les enseignements politiques et sociaux plus que cinématographiques on va dire parce que bon je pense pas qu'il y ait des très bon critiques d'art ici d'abord avec l'intervention de Judith Godrech qui a fait le buzz mais qui n'a pas été très très saluée par le petit monde du cinéma Le cinéma est fait de notre désir de vérité les films nous regardent autant que nous les regardons il est également fait de notre besoin d'humanité non ? alors pourquoi ?
pourquoi accepter que cet art que nous aimons tant cet art qui nous lie soit utilisé comme une couverture pour un trafic illicite de jeunes filles Judith Godrech évoquait la pédocriminalité et les agressions sexuelles sur mineurs dans le milieu du 7ème art est-ce que quelque chose est en train de se passer même si cette intervention n'a pas fait parler beaucoup dans le petit monde
moi j'ai été j'ai trouvé cette intervention absolument magnifique j'ai même regardé les Césars que pour attendre l'intervention de Judith Godrech qui était d'une puissance incroyable et dans ce silence de mort c'est-à-dire que bien sûr que toute la salle à un moment donné se lève et c'est une ovation debout pour Judith Godrech mais quand elle dit je parle mais je ne vous entends pas voilà elle a absolument tout résumé aujourd'hui on apprend et là ça va pouvoir être poursuivi qu'une costumière ou une designer je ne sais plus en tout cas du dernier film de Depardieu porte plainte pour tentative de viol ce film sorti en 2021 donc les faits ne sont pas prescrits elle s'est tue pour laisser le film sortir et vivre sa vie et voilà comment est-ce qu'il l'a coincée dans un couloir avec ses jambes en lui disant je vais mettre mon pylône dans ta chatte etc elle a été protégée par toute l'équipe elle n'a pas porté plainte elle a passé une fin de tournage je parle crûment elle a passé une fin de tournage épouvantable avec Depardieu qu'elle croisait tous les jours et qu'elle disait t'es qu'une sale pute t'es une pute et mon pylône dans ta chatte voilà comment parle Gérard Depardieu en tout cas selon cette femme mais moi je pars du principe qu'il faut donner aux raisons aux femmes voilà on est dans un moment et me too c'est ça peut-être qu'il y a des excès
ça n'a pas l'air non plus incroyable qu'il ait dit ça a l'air non ça n'a pas l'air incroyable en tout cas il a l'habitude
dans ce moment là le discours de Gauderèche était absolument exceptionnel je l'ai trouvé très puissant sur les petites filles sur cesser de vouloir être des héros que vous n'êtes pas il y avait quelque chose de très fort et qui n'était même pas culpabilisant en réalité qui était très élevé très humain qui pouvait toucher le coeur véritablement mais j'ai senti bien sûr la salle s'est levée mais je sens que c'est quand même un grand vide en réalité il tombe peut-être dans un puissant fond moi je crois alors pour ça j'ai beaucoup plus d'espoir je crois quand même que tout ça est générationnel et je me rends compte à quel point les jeunes générations c'est à dire les mômes de chez moi qui ont 18 ans 20 ans etc pour eux il n'y a aucun sujet là dessus c'est à dire que pour eux on ne discute même pas Judith Gauderèche a raison cette génération là ne peut pas ne met aucun bémol bien sûr il y a la présomption d'innocence une fois qu'on a dit ça ça ne veut pas être le bouclier de tout la présomption d'innocence ça concerne les tribunaux ça ne concerne pas la société en tout cas ce qui est certain c'est que la génération qui arrive et je l'adore pour ça cette génération elle est très écolo elle est très antiraciste naturellement et en plus de ça elle est très féministe et c'est générationnel moi l'autre soir j'ai fait un dîner on était tous à la maison je voyais comment la table était coupée entre les gens qui disaient ouais mais attention et puis les mômes disaient mais non quoi attention rien du tout voilà et ça c'est l'espoir ça c'est la jeunesse ça me plaît c'est vrai que c'est pas n'importe quelle jeunesse mais parmi la jeunesse éduquée diplômée et plutôt de la gauche on va dire au bloc central le bloc bourgeois il y a un niveau d'exigence sur ces combats que sont le féminisme l'antiracisme et l'écologie c'est une réaction masculiniste chez les jeunes certains jeunes mais voilà c'est ce que je veux dire de toute manière c'est comme dire qu'il y a une jeunesse non il y a deux il y a plusieurs jeunesses et effectivement il y a aussi une jeunesse qui soutient le rassemble national a des visions qui soient masculinistes ou qui soient plus réactionnistes il y a quelque chose quand même qui est en train de bouger c'est parce que les minoritaires je pense qu'elles se crispent aussi cette jeunesse non mais il y a vraiment si on regarde les autres qui ont d'opinion un niveau d'exigence de ces générations là qui clive à plein d'endroits là où la société clive sur la laïcité sur la question de l'écologie mais un rapport à l'écologie qui est quand on dit un rapport radical pas du jardinage donc oui c'est une réalité bon sur le discours de Judith Godrech effectivement je trouve qu'il était à mon avis très puissant parce qu'il y avait une sorte de sincérité affective dans ce qu'elle exprimait qui était très très très intéressante elle ne s'est pas présentée comme le ravangeur du féminisme comme elle a eu une tâche très modeste elle a fait quelque chose d'un exercice très personnel qui est à la fois dans la prise de parole et à la fois dans le processus de guérison je crois et je pense que c'est la démarche qu'elle a eue quand elle est allée sur Mediapart quand elle est parlé et cette démarche humble mais honnête et avec vraiment le caractère tranchant de la sincérité c'est ce qu'il fallait ça fait du bien d'ailleurs la salle l'a applaudi et je rappelle que la dernière fois Adèle Haenel était bien seule quand elle a dû partir et que du coup changement de ton même si il ne faut pas se leurrer sur le fait que ça reste un milieu qui a des problématiques sur ces questions-là de façon profonde les gens qui ont le pouvoir n'ont pas changé parce qu'il y a du pouvoir que c'est les mêmes qui sont au pouvoir qu'également il y a derrière le mythe du génie artistique tout un système de permission absolument scandaleuse c'est l'histoire qu'elle raconte elle le réalisateur chef à qui personne ne dit rien lorsqu'il est avec une jeune fille etc donc il y a sans doute progrès même si il faut être prudent sur les conséquences que ça pourrait avoir sur le monde du cinéma
une intervention a été carrément censurée par Canal Plus qui s'est refusée à la diffuser sur ses plateformes c'est celle de la réalisatrice tunisienne Kautar Ben Agna qui a évoqué le cas Julian Assange et les victimes de l'armée israélienne à Gaza notamment les dizaines de journalistes qui y sont morts un parti pris qui était aussi celui de l'acteur franco-belge Harrier ce type de censure est-ce que c'est pas contre-productif même pour des soutiens d'Israël
je trouve ça complètement idiot je vois pas pourquoi Canal a censuré cela moi j'ai regretté je n'ai pas du tout été heurté par les déclarations d'Harrier qui est un super acteur il faut voir le procès Goldman il a un jeu vous avez l'impression vraiment que vous voyez Pierre Goldman c'est très impressionnant la force du jeu d'Harrier et j'arrive jamais à prononcer son nom je m'en excuse donc je ne suis pas du tout gêné de ce point de vue sur Gaza je ne suis pas du tout gêné de ce point de vue sur Julien Assange je trouve complètement débile de censurer la réalisatrice tunisienne mais je trouve ça assez triste aussi qu'il n'y ait même pas eu un mot pour les otages et puis pour les morts du 7 octobre voilà c'est tout Paul si probablement contre-productif dans le sens où les gens qui ont l'information le canal plus a censuré la censure donne de la visibilité au témoignage et puis ceux qui ont l'information que ça a été censuré c'est pour plein d'autres gens c'est une confirmation qu'il y a un traitement particulier du sort du peuple palestinien qu'on a le droit de tuer et qu'il ne faut absolument pas évoquer le fait qu'il soit massacré de façon extrêmement barbare par bonde et de l'autre côté il y a ces contre-productifs parce que pour des personnes qui n'ont pas des grilles d'analyse solides ce genre de censure sur ce genre de sujet est toujours la possibilité d'une base sur laquelle va se fonder un complotisme et une vision et voir un développement concret de l'antisémitisme oui mais bien sûr mais je veux dire par là on peut quand même noter que cette cérémonie de César je trouve assez intéressant moi je ne fais pas partie des gens qui pensent que les artifs doivent se mêler de ce qu'ils regardent moi je pense qu'ils doivent se mêler de la vie publique et ça me touche beaucoup moi ça ne me gêne absolument pas les discours politiques dans les festivals en plus c'est même une tradition du cinéma je vous rappelle le macartisme je vous rappelle le combat des réalisateurs des acteurs d'Hollywood pendant la période atroce de McCarthy on ne s'en souvient pas mais c'était épouvantable les procès en sorcellerie il y a des gens dont la carrière a été brisée je suis assez heureuse que les artistes même si je ne suis pas d'accord avec leurs revendications je suis assez heureuse que les artistes vraiment s'expriment moi ça ne me gêne pas je trouve ça super moi j'ai plutôt un problème avec ceux qui ne s'expriment pas et je remarque il y a très peu de personnes maintenant qui soient dans le cinéma dans la musique dans un certain nombre de domaines artistiques qui prennent aujourd'hui le risque de parler de s'engager pour des causes on ne leur demande pas de soutenir des formes les plus radicales de l'action enfin je veux dire regardez les tribunes qui sont signées les tribunes de gauche pour appeler à ci ou à ça il y a toujours les mêmes noms il y a peu de gens il y a des personnes très ciblées j'ai un souvenir que lors de la campagne par exemple de France Hollande il y avait eu un grand événement où ils avaient invité plein d'artistes et ils étaient bien plus nombreux pour soutenir France Hollande il n'y avait pas grand monde pour soutenir le reste de la gauche dans d'autres occasions depuis non moi j'ai plutôt un problème avec les personnes qui ne parlent pas lorsqu'elles ont un accès à un système de visibilité publique ne pas parler c'est un tort c'est à mon avis un signe soit de lâcheté soit de conformisme soit de complicité avec l'ordre social et moi ça me pose un problème je veux dire vraiment je suis un artiste de quoi dégager comme disait Pierre Desproches non mais ça va pas moi je suis d'accord parce que par exemple Jean Dujardin c'est pas ma cam je l'aime pas comme acteur j'aime pas ses opinions je le trouve tout à fait réac etc vraiment bon voilà mais bon c'est un monument du cinéma français mais ça me gêne pas moi que Jean Dujardin s'exprime sur ses opinions moi ça me ça me qu'il exprime ce qu'il est ça ne me dérange pas je ne suis pas gênée par les opinions ça me gêne pas que les artistes de droite Sylvain Tesson qui est un conservateur et actionnaire dont je ne peux pas lire un seul parce que là aussi le génie de Tesson je suis une folle de littérature moi je ne lis pas Tesson parce que ça me tombe des mains en fait voilà et bien Sylvain Tesson il a le droit malgré ses idées conservatrices d'être au printemps des poètes ça me va très bien moi ça me va très bien et ça me va très bien les artistes qui parlent
on finit donc cette émission une fois n'est pas coutume avec un coup d'état un coup de gueule non pas de Françoise mais de Paul ah super je voulais évoquer les deux ans de la guerre en Ukraine qu'on a développé assez longuement oui bien sûr les émissions dernières donc je vais donner le tour à Paul qui voulait évoquer
tadam la question du droit de grève alors d'abord vous n'avez pas on n'a pas manqué la prise de parole de Gabriel Attal qui nous a expliqué que le respect du droit de grève était important mais que le travail était un devoir citant le maréchal Pétain sans vraiment probablement s'en rendre compte tellement son niveau médiocre se révèle au fur et à mesure de ses phrases et de ses prises de parole mais en dehors de ça vous avez il y a une semaine la ministre actuelle du travail madame Vautrin qui a expliqué que la grève potentiellement lors des week-ends ou des vacances scolaires était une véritable prise d'otage et là j'avais envie d'intervenir parce que c'est une métaphore qui est utilisée régulièrement soit par des journalistes soit par des membres de la classe politique et alors que pour la France insoumise la gauche dès qu'un mot de travers est prononcé il est utilisé instrumentalisé et l'objet de procès et de polémiques on remarque rarement ce genre de vocabulaire de la part de la ministre du travail encore une fois c'est pas quelqu'un qui a dit ça sur Twitter on parle de la ministre du travail et qui a utilisé cette métaphore qui est absolument abjecte parce que comparer la situation des usagers des transports aux personnes qui ont été prises en otage soit dans l'hypercachère soit je sais pas à Gaza par le Hamas ça me semble absolument déplorable et on a derrière toute cette petite musique de la possibilité de restreindre le droit de grève je donnerai des exemples ils ont parlé du fait qu'il va faire restreindre ce droit pour la continuité du service public pour les vacances scolaires pour un certain nombre de jours on en a parlé dans le contexte des JO et je pense que c'est extrêmement grave lorsqu'on s'attaque à un droit constitutionnel et qui est quand même aussi une pratique sociale de liberté folle qui a été conquise de hautes luttes par le mouvement ouvrier donc voilà quand le gouvernement parle de travail c'est pour forcer les gens à la tâche François tu as une minute j'ai une minute pour dire que comment est-ce que je plussois tout ce qu'a dit Paul bien sûr je trouve que c'est très grave on oublie toujours que la république française c'est une république sociale je n'ai jamais vu un acquis social s'obstenir monsieur le président s'il vous plaît soyez assez aimable vous m'augmentez oui bien sûr je vous augmente le combat mené contre les maîtres des forges le combat mené tout a été gagné et arraché tous nos droits tous ces gens qui se pavanent sur le droit de grève sont des gens qui vivent bien parce qu'il y a des millions de gens avant eux qui ont fait grève qui ont meuné des combats souvent même au prix de leur vie c'est ça la lutte sociale il ne peut pas y avoir oui le consensus le dialogue mais ça n'existe pas les droits s'arrachent et la grève c'est la liberté fondamentale on ne peut même pas on ne peut même pas y toucher même dans les mots voilà donc en position de compromis toutes les personnes qui sont contre le droit de grève se voient retirer tous les droits qui ont été obtenus par la grève ah ça serait pas mal on va être encore pris pour des révolutionnaires qui veulent guillotiner tout le monde non c'est pas vrai on n'est pas comme ça il y a peut-être
certains qui veulent oui peut-être merci Françoise merci Paul merci à vous d'avoir regardé cette édition de 100 langues de bois restez sur le canal 350 de la Freebox et si vous nous regardez sur Youtube abonnez-vous à notre chaîne activez la petite cloche et mettez des petits pouces en l'air le média votre média ne vit que des abonnements des dons de celles et ceux qui l'aiment et qui le regardent si vous le pouvez donnez-nous de la force en allant sur le media tv.fr et moi je vous dis comme d'habitude à plus