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interviewPS - Parti socialiste· 29 mars 2025 16 min

« La déliquescence du modèle social français est le terreau de l’extrême droite. »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et on retrouve justement à l'Orient Olivier Fort. Merci beaucoup de nous accorder ces quelques instants en direct sur LCI. Vous êtes depuis l'Orient pour l'Université des socialistes de Bretagne.

On parlera d'ailleurs du du congrès à venir dans votre parti. Mais d'abord vous avez entendu les mots d'Emmanuel Macron. C'était une mise au point salutaire qui répond notamment aux critiques de Marine Le Pen qui d'un tweet cette semaine avait marqué la dette de la France ce soir 3300 milliards plus 2 en plus.

Écoutez, je crois que madame Le Pen s'est dévoilé et qu'elle montre que en réalité, elle n'a jamais été un soutien constant du peuple ukrainien qui résiste aujourd'hui face à l'agression russe. Et l'évidence c'est que ce que nous défendons là, je parle là de la France mais aussi des Européens, ce n'est pas simplement des frontières mais c'est aussi un modèle démocratique social que nous défendons avec ardeur parce que nous savons que Vladimir Poutine n'a pas pour intention de s'arrêter aux frontières du Donbas et de la Crimée et que s'il n'y a pas à un moment une résistance qui s'affiche, une résistance déterminée des Européens et bien il prolongera. On fait comme si cette guerre avait commencé il y a 3 ans.

Elle a commencé il y a bien plus longtemps puisqu'elle a commencé d'abord avec la Crimée. Mais il est intervenu, je parle là de Poutine en Téchenie, en Geéorgie, en Syrie. Il intervient à travers des milices euh paraatiques dans l'ensemble de l'Afrique.

Et donc nous sommes là face à ce que certains appellent l'influence russe mais en tout cas la volonté totalitaire de Vladimir Poutine de s'étendre partout où il le peut. Et quand on on lit celui qui fut baptisé le M du Kremelin et qui a été son inspirateur au démarrage, il explique très clairement que il n'y a pas de limite à l'ambition russe et que partout où ils pourront aller, ils iront. Et donc nous avons là une bataille qui se une guerre qui s'organise entre d'un côté un Occident démocratique qui doit défendre effectivement ce qu'est son identité et puis euh donc Avenir Poutine qui cherche à étendre son influence sur le reste du monde et donc nous sommes le monde libre, nous sommes l'Union européenne.

Vous vous compreniez aussi qu'il y a une question d'acceptabilité des Français euh de ces sommes. C'est 2 milliards d'euros mais il y en a eu d'autres investis pour soutenir l'Ukraine. Le président précise que cette aide est dû financée grâce à la loi de programmation militaire.

Est-ce que vous considérez aujourd'hui que le gouvernement dans ces explications est assez est assez complet ? Parce que il y a peut-être, je ne sais pas comment le qualifier mais d'un trouble peut-être avec des sacrifices demandés. Vous êtes aussi au cœur des négociations sur la réforme des retraites et on nous explique que et bien l'effort devra aussi porter sur certaines catégories de la population.

Il y a il y a ce discours là qui qui monte dans notre dans notre société. Si vous attendez la question au-delà des 2 milliards dont on vient de parler et qui sauf ce qu'on nous prouve le contraire et j'attends de voir comment le gouvernement documente ces 2 milliards mais ce que le président dit c'est que ils ne viendront pas d'impôt caché. Ensuite, il y a effectivement un débat plus large sur la façon dont nous avons financé l'effort de défense qu'il a chiffré lui-même à 45 milliards supplémentaires progressivement puisqueil s'agit pas de dire que dès l'année prochaine, on sera avec 45 milliards de de de dépenses supplémentaires sur les opérations d'une défense.

Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que comment est-ce qu'on trouve cet argent ? Est-ce que ça doit résulter de sacrifices demandé aux Français soit par de nouvelles économies drastiques sur nos services publics, sur l'hôpital, sur la police, sur la justice, sur l'éducation.

Ça doit passer par d'autres ressources. De votre point de vue, c'est ça c'est non. Mais je dis mais de mon point de vue, c'est non.

Et je vous dis pourquoi c'est non. Je vous ai dit à l'instant que ce que nous défendons avec les Ukrainiens, ce n'est pas simplement une limite territoriale. Ce ne sont pas des frontières que nous défendons.

Nous défendons un modèle. Et ce modèle, quel sens cela aurait-il de dire sont attachés les Français et les Européens ? C'est un modèle social qui est un modèle qui effectivement sous l'influence des socialistes, socio-démocrates, travaillistes européens a permis de construire ce qu'on appelle un état providence depuis la Seconde Guerre mondiale.

Et c'est ce modèle là auquel nous sommes très attachés et que nous voulons faire durer parce que ça n'a pas de sens de simplement dire que nous sommes là à défendre simplement des limites géographiques. En tout cas, ça n'en a pas suffisamment. Et je le dis aussi, c'est un avertissement au pouvoir.

Si demain il avait la tentation de venir réduire ce que les ce que les Français ont acquis au cours des décennies passés, et bien il minerait lui-même le terrain d'acceptation euh sur la défense des Ukrainiens et plus argent de l'Europe. Pourquoi ? parce que ce la la délicion du modèle social français et bien serait le carburant sur lequel en fait s'alimenterait l'extrême droite qui est en réalité la l'allié aujourd'hui à la fois de Poutine à l'est et de Trump à l'ouest puisque vous en avez le souvenir comme moi.

Mari Le Pen pendant longtemps les a considéré comme ses deux alliés principaux et je me rappelle d'elles posant firement entre leurs deux portraits. Olivier Fort, j'aimerais vous interroger sur vous parliez de l'administration et de Donald Trump, des États-Unis qui veulent forcer les entreprises françaises qui travaillent aux États-Unis à supprimer leur politique antidiscrimination. Les échos sont procurés un courrier envoyé par l'ambassade américaine.

Que dites-vous de de ce courrier, de cette démarche ? Dénoncez-vous une forme d'ingérance ? Et quelle doit être la réponse du gouvernement français là-dessus ?

Mais c'est une ingérence, c'est scandaleux. Et je vois bien que aujourd'hui l'attaque que enfin il y a une attaque idéologique de la part de Donald Trump, Musk et Van qui ne sont pas simplement en fait dans une forme de répétition de ce qui a été le premier mandat euh de Donald Trump. À l'époque, tout le monde considérait que le président américain était un peu original, voire un peu dingue, mais que la réalité était que les États-Unis ne bougeaient pas. cette fois-ci, il s'est préparé.

Il s'est préparé avec toute une série de gens qui sont des suprémistes, qui défendent le supremacisme blanc, qui sont en fait qui défendent qui sont des conservateurs, qui sont des réactionnaires et qui sont tous issus de l'ultradroite. Et donc, ils ont ils portent un projet politique qui est un projet de destruction de tout ce que les progressistes ont posé outre atlantique comme ici et nous aurions tort de considérer cela avec beaucoup de légèreté. Ce qu'il fait, c'est qu'il cherche à détruire progressivement les valeurs.

Et bien la réponse, ça doit être de dénoncer cette ingérence, de refuser de plier sous les injonctions de Donald Trump. On voit bien qu'il est lui-même aujourd'hui en train dans son propre pays d'interdire aux chercheurs de chercher sur un certain nombre de sujets qui ne lui conviennent pas. Il est celui qui interdit les mots, qui sait qui cherche à brider la presse, qui cherche à faire en sorte que y compris la voix de l'Amérique quand elle défend la démocratie se tente.

C'était Voice of America, c'était Radio Liberty ça qui ont été qui ont cessé d'émettre. Euh et donc on a là des euh des des projets, enfin je me rappelle, je vois aussi ce qui s'est passé avec euh l'équivalent de l'agence France Press aux États-Unis quand ils ont refusé de plier aux injonctions, y compris sémantique que leur imposait le président Trump. et bien ils ont été privés d'accès à l'information qu'il s'agisse du Air Force One ou de la Maison Blanche.

On le voit bien c'est en fait nous sommes passés dans l'aire de la post vérité, nous sommes passés dans l'aire du refus de la science, nous sommes passés dans une ère qui est en fait qui devrait rappeler à ceux qui s'en souviennent celle des autos d'affait. C'està-dire quand on brûlait les livres interdits en place publique. Et bien là, on ne brûle plus les livres, on est simplement en train de les interdire, on ne peut plus penser librement.

Et donc il y a là évidemment un outrage majeur à ce que nous portons et nous ne pouvons pas céder. Nous ne pouvons pas céder ces mots forts. Donc j'aimerais Olivier Fort vous poser une question quant à la situation politique française.

La question politique qui monte depuis quelques jours. Soudainement allez-vous ou pas censurer le gouvernement de de François Beou ? Y êtes-vous prêt ?

On vous entendait concernant effectivement ces dépenses, cette aide à l'Ukraine, cette acceptabilité au non et pas au détriment de notre protection sociale notamment. Est-ce que le compte y est pour vous aujourd'hui ? Non, à l'évidence, le compte n'y est pas du tout aujourd'hui et moi, je me souviens des engagements que le gouvernement a pris lorsque nous-mêmes nous avons pris notre responsabilité en ne censurant pas le gouvernement sur un budget qui était loin d'être celui que nous aurions nous-mêmes adopté si nous avions été au pouvoir.

Nous avons fait que nous avons considéré, je me permets de vous interrompre, parle d'un cauchemar pour le budget 2026. Et bien si le gouvernement avait compris ce que lui ont dit les Français parce que il faut quand même revenir toujours à la base. Le 7 juillet c'est le Front populaire qui est en tête et c'est au prix d'une alliance avec les Républicains qui a pris des mois à se construire que aujourd'hui on a eu d'abord Michel Barnier puis François Beirou qui nous gouverne.

Très bien. Que faut-il faire dans ces casl quand on n pas de majorité absolue ? Il faut chercher de vrais compromis. accepter de ne pas avoir 100 % ce que l'on souhaitait mais accepter de nouer sujet après sujet des accords qui permettent d'avancer.

Ce n'est pas ce que fait le gouvernement et y compris sur la réforme des retraites. À quoi s'est-il engagé ? à ce que le dialogue social puisse se poursuivre et qu'à son terme et bien le parlement soit saisi pour en juger.

Qu'a-ton appris il y a quelques jours maintenant et bien c'est que le premier ministre avait lui-même avant que ce qu'il avait appelé conclave se termine et s'achève et bien il avait déjà donné la conclusion qu'il en tirait lui-même. Alors est-ce que c'est le déclencheur ? Olivier, je vous pose la question.

Est-ce qu'aujourd'hui et bien j'y viens, j'y viens. Malgré tout, vous avez des syndicat et le patronat qui ont décidé de continuer à discuter indépendamment de ce qu'avait pu dire le premier ministre. C'est dire que la question de l'âge légal est toujours sur la table.

Tant que la discussion a lieu et bien il faut la laisser se prolonger. C'est ça le respect du dialogue social. Ensuite, nous verrons ce à quoi ils parviennent.

Accordel ou total. S'il y a un accord total, il faudra le transposer au parlement. Et si il y a un accord partiel ?

Et si donc il n'y a où il y a pas d'accord du tout ? De toute façon, par écrit, le Premier ministre s'est engagé à saisir le Parlement qui doit avoir le dernier mot sur la question des retraites puisque vous le savez là, il y a 2 ans et bien le parlement n'avait pas pu trancher cette question qui pourtant est au cœur du contrat social que nous avons noué les uns avec les autres et donc il faut que le parlement à un moment soit saisi. S'il ne l'était pas, alors effectivement la censure serait évidemment pour moi une obligation morale par rapport aux Français et Français qui nous ont fait confiance pour prêter ce message.

Très clair. Deux dernières questions Olivier Fort concernant notamment le sort de Marine Le Pen. Elle sera fixée sur son sort lundi.

Lundi après la décision du tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires du parti. Est-ce que vous seriez mal à l'aise si une inéligibilité était prononcée à son encontre avec exécution provisoire ? Mais moi, je suis mal à l'aise avec ce débat parce que je ne comprends pas pourquoi on a cette espèce de de regard particulier pour Marine Le Pen.

Alors que quand vous avez quelqu'un qui vole une voiture, qui vole une mobylette, qui agresse quelqu'un, et bien il n'y a aucune forme de tremblement au moment où la décision être prise. Moi, je ne suis pas magistrat parce possible candidate à l'élection présidentielle. Et alors, vous pensez que quand quelqu'un désormais vole une voiture et qu'il se déclare candidat à la présidentielle, on devra aussi l'exempter de sa peine ?

Moi, je crois que nous avons aujourd'hui une règle qui est une règle simple. Que vous soyez puissant ou mis et bien les jugements doivent être rendus de la même façon pour les uns et pour les autres. Si nous ne voulons pas que il y ait cette défiance puissante que les Français ont vis-à-vis de la politique, il faut de l'exemplarité.

Donc je ne souhaite pas la condamnation ou la non condamnation de Marien Le Pen. Ça n'est pas ce n'est pas moi qui doit en juger, mais je respecterai évidemment la décision de justice quelle qu'elle soit parce que je considère que en la en la matière la loi dont nous sommes nous-mêmes les tenants, c'est nous qui votons la loi. Si maintenant on est les premiers à dire que les lois s'appliquent à tout le monde sauf à nous, qui nous croira encore ?

Et donc la loi, elle s'applique à Marine Le Pen comme à moi, comme à toutes celles et ceux qui font de la politique et qui ne sont pas au-dessus des lois. Olivier Fort, dernière question. Vous êtes candidat à votre propre succession à la tête du du Parti socialiste.

Euh dans un entretien ou en tout cas un reportage accordé au monde, vous dites "Je ne veux pas m'enfermer dans la bulle du Congrès dans un débat entre Pierre, Paul et Jacques. J'ai une exigence plus forte. Parler aux françaises et aux Français dans un rapport direct.

Ça va bien se passer ce congrès. Ça ne laissera pas de trace ? Bon, vous savez en fait il y a une part de j'allais dire de folklore, ce serait pas très bien vu et venu.

Donc je vais pas dire ça comme ça. Je vais dire que il y un congrès à Marseille il y a 2 ans et où on nous a dit "Mais c'est l'horreur, il s'entretue et cetera." Bon, ça a été effectivement assez brutal mais qu'est-ce qui s'est passé ensuite pendant 2 ans, les 2 ans qui viennent de s'écouler ?

Toutes les décisions que j'ai proposé au votes de nos instances nationales et aux militants ont été adoptés à l'unanimité ou à la quasi unanimité. Qu'il s'agisse du programme européen, de la liste aux européennes, de l'adhésion aux Fronts populaires qu'il s'agisse de l'attitude par rapport au gouvernement censure du gouvernement Bargnier puis non censure du budget de François Beirou. à toutes les étapes, tout a été voté à l'unanimité parce que nous avons su évidemment et parce que j'ai toujours veillé à ce que notre unité soit préservée parce que je sais qu'elle est aussi le gage de notre crédibilité et de notre retour en centralité dans le débat politique. que je veillerais euh de toute façon à ce que nous puissions continuer à travailler ensemble parce que c'est un devoir que nous avons vis-à-vis des Françaises et des Français.

Et confiant confiant qu à votre réélection. Bah confiant bien sûr parce que je crois que le travail a été assumé par beaucoup, pas que par moi, par une direction qui a bien travaillé et que je crois au fait que les gens reconnaissent toujours le travail qui a été accompli et euh nous allons continuer, y compris avec celles et ceux qui me font face. parce que je n'ai enfin le Parti socialiste sa vocation ce n'est pas d'être uniquement à se de se regarder dans une forme de nombrilisme toujours entre nous avec un bal des égos qui que qui se prolongerait.

Moi, je je veille à ce que nous ayons la possibilité d'avancer ensemble et puis le moment venu après les municipales quand nous aurons, je l'espère en de nombreuses victoires au municipal, nous aurons à ce moment-là à choisir celui ou celle qui est le mieux placé pour pouvoir aller vers l'élection présidentielle. Ça aussi c'est ce que nous devons aux français. Les divisions inutiles, les égos déplacés, ça n'est pas le moment.

Voilà. Merci beaucoup Olivier Fort, premier secrétaire du Parti socialiste de nous avoir accordé ces quelques instants.

« La déliquescence du modèle social français est le terreau de l’extrême droite. » — Olivier Faure · Pourquijevote