Un divorce acté entre LFI et le PS ? - C à Vous l’intégrale - 10/11/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h. Bonsoir à toute l'équipe.
On est ravis de vous retrouver, Pierre! Vous aviez peur que je vous oublie, mais non! - P.Lescure: Oui, maîtresse, j'avais tout à fait peur! - A.-E.Lemoine: Vous nous avez manqué.
Soyez le bienvenu. A la une, N.Sarkozy de retour chez lui après 21 jours de détention.
Une remise en liberté accordée ce matin par la cour d'appel de Paris. Réaction dans un instant de notre invité, E.Coquerel, député LFI, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Merci de votre présence. Les députés débattront de la suspension de la réforme des retraites. - G.Darmanin: La pause des retraites, bien sûr que ça me déchire.
Si j'étais député, je ne la voterais pas. - A.-E.Lemoine: Cette réforme des retraites aurait pu ne pas avoir lieu? - P.Cohen: Ca s'est joué à 10 ou 15 voix, dans un débat qui a vu s'opposer le camp du compromis face au camp du refus. - A.-E.Lemoine: Que représente ce soir notre invité Eric Coquerel.
Il nous dira pourquoi. A la une aussi, un clip de rap dont le tournage dégénère. - C'est plus qu'honteux.
On a mis en danger des gens qui n'ont rien demandé. - C'est nous qui sommes en danger aujourd'hui. On se retrouve sans appartements, sans rien. - L.Amar: Ils ont presque tout perdu.
Ils ont vu leur appartement prendre feu samedi à cause du tournage d'un clip de rap qui a viré à l'affrontement entre ceux qui tournaient le clip et les forces de l'ordre. 39 personnes ont perdu leur logement. - A.-E.Lemoine: Retour aussi sur les incidents qui ont émaillé un concert jeudi à la Philharmonie de Paris. - E.Tran Nguyen: J.-L.Mélenchon ne condamne pas ces incidents.
Ce sont des propos qui ont beaucoup fait réagir et qui divisent. - A.-E.Lemoine: C'était l'orchestre philharmonique d'Israël qui se produisait.
A la une aussi, des frappes russes privent l'Ukraine de courant. ... - L.Sénéchal: Un black-out en pleine interview du président V.Zelensky.
Même à Kiev, le palais présidentiel n'est pas épargné par les coupures de courant. - A.-E.Lemoine: Après 20h, nos invités: N.Aliagas, de retour depuis 2022 sur TF1, et E.Haïdara, à la tête d'un formidable film, et le grand retour de L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Depuis 40 ans, Richard Schroeder tire le portrait de 1000 visages du cinéma, de la musique et de la littérature.
Ses photos ont fait le tour du monde. Un bouquin formidable qui les regroupe vient de sortir. - A.-E.Lemoine: En cuisine, on retrouve B.Chameroy. - B.Chameroy: Bonsoir, Babeth.
Des débats autrement plus complexes que ceux qui se jouent en ce moment A l'Assemblée concernant le budget se nouent ici, à la table de "C à vous". Quel est le plat de ce soir? - Une spécialité typique de la Ligurie.
On a de l'eau, de la farine de pois chiches, de l'huile d'olive et un peu de sel. - B.Chameroy: Chez moi, on appelle ça de la socca... - Il y a un gros débat.
Il y a une influence génoise... - B.Chameroy: On va déposer des amendements en coulisses!
Suivez-moi. - A.-E.Lemoine: Bon débat!
Tout de suite, L'Edito de Patrick Cohen. Après demain mercredi, l'Assemblée nationale débattra de la suspension de la réforme des retraites. - P.Cohen: L'article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
C'est la grande concession accordée par le gouvernement Lecornu au PS pour éviter la censure. Mais le débat a failli ne pas avoir lieu. Il s'en est fallu d'une quinzaine de voix samedi après-midi lors de de 2 votes éclairants sur le positionnement du RN et la fracture des gauches. - A.-E.Lemoine: C'était lors du débat sur le budget de la Sécurité sociale. - P.Cohen: Il a d'abord été question de la contribution sociale de solidarité des sociétés. 5 milliards d'euros de recettes annuelles, directement affectés aux retraites de base des salariés du privé.
Jeudi dernier, le RN avait réussi à faire adopter par surprise dans la confusion la suppression de cette CSSS. Le président de la commission ayant demandé une seconde délibération, le RN s'est retrouvé seul contre tous. - A.de Montchalin: Qu'il y ait un débat dans notre pays sur les impôts de production, c'est possible.
Mais supprimer d'un trait de plume un impôt de production de 5,3 milliards d'euros pose quand même question. - A.Loubet: Oui, le RN soutient les entreprises par la baisse de l'impôt de production.
Vous refusez cela. Dès lors que des baisses de fiscalité vont s'appliquer, certains qui prétendent les soutenir se retrouvent à voter contre. - F.Ruffin: Cette insistance pour prendre plus d'un milliard d'euros aux banques et les prendre à qui?
Aux retraites des commerçants, des artisans et des indépendants. Et vous insistez pour venir effectuer ce hold-up sur les retraites. - B.Vallaud: Est-ce le résultat des dîners en ville de monsieur Bardella qui conduit à déterminer aujourd'hui le vote du RN?
La réalité, c'est que l'establishment, aujourd'hui, que J.-M.Le Pen dénonçait, c'est vous!
Le parti des 200 familles, c'est vous! - P.Cohen: Le RN a confirmé ce qu'il appelle lui-même son positionnement pro-business et que ses opposants appellent plutôt porte-parole des milieux d'affaires.
Mais la CSSS a été rétablie. Cette contribution calculée sur le chiffre d'affaires des entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 19 millions d'euros reste très contestée, à cause de son effet supposée sur la désindustrialisation du pays. La Cour des comptes a récemment préconisé sa suppression mais l'Assemblée a refusé de le faire. - A.-E.Lemoine: En quoi ce vote a influé sur le suivant? - P.Cohen: Non content d'avoir été battu sur cette seconde délibération, le RN a voté contre la partie recettes du budget de la Sécurité sociale avec les insoumis.
En cas de majorité, le débat s'arrête net. Le compromis l'a emporté de justesse avec les voix des socialistes et de la plus grande partie du bloc central, contre une sorte de coalition LFI-RN. - A.de Montchalin: Voter pour... - P.Vigier: Vouloir revenir à une retraite à 60 ou 62 ans...
Nous avons défendu la recette jusqu'à 64 ans. Nous avons accepté la suspension. - J.Guedj: Nous avons abordé ces débats sur la Sécurité sociale avec un seul objectif: être utile pour les Français et le pouvoir d'achat.
Nous avons émis les mesures problématiques. Est-ce que c'est suffisant? Certainement pas.
Mais est-ce que nous admettons de revenir en arrière si nous ne permettons pas à ces mesures de pouvoir être confirmées dans la suite du débat parlementaire? - H.Clouet: Nous ne sommes pas d'accord avec un budget qui va retirer 5 milliards d'euros aux hôpitaux.
Ca revient à 80 postes par établissement hospitalier. - J.-P.Tanguy: Il faut voter contre la mascarade qui s'organise devant nous.
C'est désigner la grande finance et les milliardaires comme les ennemis du peuple français. Les milliardaires seront évidemment exonérés de votre grande réconciliation! - P.Cohen: C'était la dénonciation du "socialo-macronisme".
Chacun accuse l'autre de trahir la gauche. Entre les 2, communistes et écolos se sont globalement abstenus. Il y a eu des divisions dans chaque groupe, ce qui a permis au texte de passer et au débat sur les retraites d'avoir lieu mercredi.
Mais comment pourrez-vous justifier votre position, c'est-à-dire l'abrogation de la réforme ou rien? Pouvez-vous vous permettre de voter contre cette suspension? - E.Coquerel: Si c'était une suspension, non.
Mais vous savez que ce n'est pas une suspension. Les socialistes avaient défendu cette version en disant qu'ils passaient de l'abrogation à la suspension. En fait, on arrête cette réforme des retraites, on la suspend.
Là, c'est un décalage de 3 mois. - P.Cohen: Un décalage d'un an. - E.Coquerel: Non. - P.Cohen: Un décalage de 3 mois, vous avez raison. - E.Coquerel: A partir du 1er janvier 2028, on va recommencer.
Les gens vont gagner 3 mois de revenus en échange du fait que le vote de ce décalage signifie que vous votez pour la première fois à l'Assemblée nationale la réforme elle-même. Il est prévu dans le texte qu'elle va reprendre par la suite et qu'on votera la retraite à 64 ans. - P.Cohen: Il ne vous a pas échappé qu'il y aura une présidentielle entre-temps. - E.Coquerel: Et donc?
Au nom du fait qu'il y a une élection présidentielle, on va faire le cadeau de voter pour la 1re fois à l'Assemblée, alors qu'elle était contre, la retraite à 64 ans? C'est non. - A.-E.Lemoine: Ca concerne quand même un certain nombre de Français. - E.Coquerel: Demandez-vous pourquoi la CGT, Force ouvrière et la CFTC sont contre.
La CFDT a dit qu'elle prenait acte. Pourquoi est-ce que 4 syndicats sont contre? Tout ça reste un musée des horreurs.
Ca grève de 6 milliards le budget des hôpitaux. Ca attaque les maladies longue durée... - P.Cohen: Ca n'a pas encore été voté, ça. - E.Coquerel: La partie dont je vous parle, quand vous votez le PLFSS, que vous votez les recettes, vous votez les recettes qui correspondront aux dépenses qui seront proposées après.
La seule partie qui aura été votée, c'est la partie recettes. Vous avez balisé un projet de loi de finances de la Sécurité sociale...
Nous, on respecte notre programme. Il n'a jamais consisté à dire qu'on adhérait à un projet de loi de finances de la Sécurité sociale qui fait payer aux malades la baisse des dépenses de la Sécurité sociale. Ce n'est pas notre programme.
Ca ne le sera pas et je pense que nous sommes dans la logique. - P.Cohen: La coalition anti-compromis, donc, c'est la réalité. - E.Coquerel: Un compromis avec une vision de la Sécurité sociale qui n'est pas la nôtre, qui fait payer les malades, les cotisants.
Nous, on est fidèles à notre programme. Je ne vois pas...
Ce n'est pas un compromis, qu'on nous demande. Au départ, la copie méritait 0/20. C'était le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
Aujourd'hui, il mérite 3 ou 4/20. Ce n'est pas pour autant acceptable. Je pense que le PS, depuis presque un an, depuis février 2025, quand ils ont décidé de ne pas censurer le gouvernement Bayrou...
C'était un peu le même sujet. On nous disait: "Comment ça, vous n'êtes pas d'accord? Vous ne prenez pas le conclave qui va peut-être signifier l'abrogation?" On a vu ce que c'est devenu.
A l'époque, 4000 postes devaient être supprimés et ils ont été sauvés. Le PS a voté pour la non-censure de F.Bayrou et a permis au macronisme de continuer.
Il a voté contre la censure de S.Lecornu, ce qui fait que nous sommes entrés dans le débat budgétaire. Il vient de voter la partie recettes Qui avalise l'ensemble du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, qui reste, à mon avis, non digérable pour tous ceux qui tiennent à la Sécurité sociale.
Non, il n'y a pas trop de dépenses de santé dans ce pays! Enfin, il est en train de jouer la montre pour permettre que ce texte puisse passer par ordonnance. Ca fait un peu beaucoup, comme compromis.
Ce sont plutôt des compromissions et nous ne sommes pas d'accord. - A.-E.Lemoine: Il n'était pas question de voter cette subvention car il n'était pas question de donner un point au PS? - E.Coquerel: Reprenons les termes du président de la République.
Pour le coup, il est du côté de ce qui se passe réellement. C'est aussi ce que disent les syndicats. Pour nous, ça a plus d'importance que ce que dit la direction du PS. - P.Cohen: Vous êtes très pessimiste pour la présidentielle de 2027. - E.Coquerel: Là, vous sautez du coq à l'âne. - P.Cohen: Pas du tout. - E.Coquerel: Vous avez juste dit que pour l'instant, le texte n'est pas voté.
Dans le texte qui va passer au Sénat, il y a ce décalage de 3 mois seulement et en plus, ce qui est prévu dans le texte initial et qui va être rétabli, c'est la pension des futurs retraités, ce sont les retraites complémentaires qui vont payer ce décalage. Donc ce n'est pas un acquis et ça fait passer un budget qui n'est pas acceptable pour des gens de gauche. Le PS fait un choix terrible. - A.-E.Lemoine: C'est un budget socialo-macroniste, comme le disait Jean-Philippe Tanguy? - E.Coquerel: Les termes "socialo-quelque chose", je n'utilise pas ce genre d'expression.
Je constate qu'à la fin, quand vous avez mis plusieurs points bout à bout, ça fait une ligne. Je me demande à quel niveau le PS n'est pas juste en train de rejoindre la coalition gouvernementale. - P.Cohen: Et les écolos et les communistes qui se sont abstenus samedi? - E.Coquerel: Soit ils se sont abstenus, soit ils ont voté contre.
Vous allez voir que lors du vote, le groupe communiste va voter principalement contre cette fausse suspension de la réforme des retraites, qui est une vraie arnaque. - A.-E.Lemoine: Le débat doit être clos mercredi.
Pour cause de 11-Novembre, il n'y aura pas de débat aujourd'hui et demain. Des débats que, d'une façon générale, le président de la Cour des comptes suit de très loin. Il a expliqué pourquoi. - P.Moscovici: Je ne suis pas ce spectacle tous les jours.
Il y a tellement de péripéties...
Ca va, ça viendra. Il y a une 1re partie, les commissions, puis on va passer au Sénat, puis il y aura une CMP...
Comme beaucoup de Français, je pense que je suis un peu estomaqué de ce spectacle qui est celui d'une autre République, et encore. - A.-E.Lemoine: Ce sont des débats d'une autre République? - E.Coquerel: Ce n'est pas bien, ce que fait P.Moscovici.
Vous êtes président de la Cour des comptes, du Haut conseil des finances publiques. Vous ne parlez pas de l'Assemblée nationale en spectacle. Ce n'est pas ce qui se passe.
Le gouvernement a entamé son budget 2 semaines en retard. Ca explique pourquoi on est si compressé dans le temps et pourquoi on risque de dépasser les délais. Les débats sont plutôt intéressants si vous regardez l'Assemblée nationale.
Simplement, on paye quelque chose depuis longtemps. Depuis juillet dernier, on nous impose des gouvernements minoritaires. Ca ne se passe dans aucune démocratie.
On tente de faire passer des budgets ultra minoritaires. Mais l'Assemblée nationale n'est pas la principale responsable de cet état de fait. Le principal responsable est à l'Elysée.
C'est lui qui a pris la décision de dissoudre et de ne pas permettre au bloc arrivé en tête au moins de tenter de former un gouvernement. C'est lui qui impose des gouvernements toujours plus minoritaires. Le problème vient du fait qu'il y ait un spectacle à l'Assemblée nationale... - P.Cohen: Vous êtes plutôt d'accord avec P.Vigier, député MoDem qu'on a vu tout à l'heure, qui dit que l'Assemblée n'a jamais eu autant de pouvoir sur un budget de la Sécurité sociale? - E.Coquerel: Les débats sont intéressants.
C'est un peu mieux que ce qu'on a vécu pendant 2 ans avec le 49-3. Sauf qu'en ayant commencé 2 semaines en retard, en utilisant potentiellement certaines caractéristiques de la Ve République...
Au niveau des délais, le fait de passer par ordonnance, c'est-à-dire sans vote...
On laisse faussement l'idée que l'Assemblée nationale a le dernier mot. - A.-E.Lemoine: Elle pourrait l'avoir?
Si elle arrive à s'entendre... - E.Coquerel: A.de Montchalin dit que c'est l'Assemblée nationale qui décide.
J'ai proposé par exemple une taxe sur les multinationales, sur la délocalisation de leurs profits. Elle a été mise au point par G.Zucman.
C'est une 2e taxe Zucman. Elle rapporterait 26 milliards. Que dit A.de Montchalin?
Déjà, des choses fausses; Elle dit que c'est illégal, et c'est faux. Et elle dit que ça ne se retrouvera pas à la fin. Elle dit que l'Assemblée nationale décide, mais comme elle sait que ça part au Sénat et que ça va être détricoté...
Quand ça va revenir à l'Assemblée nationale, vous avez un effet entonnoir, vous ne pouvez pas remettre des amendements. Elle fait qu'à la fin, il n'y aura qu'un seul choix: votre contre le texte parce qu'il se rapproche du texte proposé par le gouvernement, soit voter pour. Il y a une hypocrisie qui doit nous interroger Sur ce que permet la Ve République.
Ce n'est pas normal de travailler dans ces conditions. - P.Lescure: Un point particulier mais qui intéresse beaucoup de Français...
Le gouvernement songe à réserver la prime de Noël aux allocataires des minima sociaux ayant des enfants. Jusqu'à maintenant, elle était aussi distribuée aux personnes seules. Ce week-end, le ministre du Travail s'est dit ouvert à revenir sur cette idée si une recette compensatoire est trouvée dans le budget 2026.
On va vraiment chercher? - E.Coquerel: Non...
J'espère qu'il n'y aura pas de mesures compensatoires. C'est des décisions stupides de revenir sur la prime de Noël. Pourquoi?
Notre économie en France marche sur la consommation intérieure pour moitié de la richesse nationale produite. Tout ce que vous prenez sur le pouvoir d'achat est non seulement injuste mais économiquement, c'est à courte vue et ça a à la fin des effets contraires. C'est la principale raison pour laquelle je critique les budgets qui nous sont proposés.
Ils baissent le pouvoir d'achat des Français, les capacités d'investissement de l'Etat. Tout cela est contre-productif à terme. - P.Cohen: Sur le niveau des déficits publics et les grandes explications de B.Le Maire sur ce qu'il a fait ou pas fait, ou ce qu'il a essayé de faire, auprès de l'exécutif pour tenter d'alerter les pouvoirs publics...
Vous avez peut-être vu cette enquête de "C dans l'air" diffusée hier soir sur cette même chaîne. B.Le Maire revenait sur des recommandations qui n'ont pas été suivies par le président de la République et sur cette lettre qu'il lui a adressée au printemps 2024. - B.Le Maire: Le Conseil des ministres est un lieu où on ne discute pas.
On fait passer des parapheurs, des nominations. Mais il n'y a pas de secret. Dès que vous dites quelque chose, ça se retrouve dans "Le Canard enchaîné".
Donc il vaut mieux se taire. J'ai dit à plusieurs reprises qu'il fallait réagir, que les ministres devaient soutenir. Et tout autour de la table, vous voyez des sourires narquois, du genre "cause toujours"...
A un moment donné, vous prenez votre plume, car c'est votre responsabilité de ministre des Finances. - P.Cohen: Est-ce que vous trouvez que B.Le Maire a joué son rôle d'alerte comme il le dit aujourd'hui? - E.Coquerel: Il l'a joué en interne, très clairement.
Je le savais car en fait, vos collègues de "C dans l'air" ont eu l'intelligence de bien lire la commission d'enquête que j'avais présidée au sujet de ces déficits. Nous parlions de cette lettre. Elle a été évoquée.
Je sais que B.Le Maire, pour avoir beaucoup parlé avec lui à l'époque, est de ceux qui ont demandé un projet de loi de finances rectificative, c'est-à-dire que l'Assemblée nationale se saisisse de la question des déficits et puisse choisir. Dans un projet de loi de finances rectificative, vous pouvez jouer sur les recettes.
On parle de cette lettre, mais il y en a eu une autre, écrite à E.Borne en décembre 2023, la veille de l'annonce du 49-3 sur le budget. Il avertit quasiment des mêmes choses, que le déficit augmente, qu'il y a moins de recettes que prévu.
Et il dit que nous devrons réagir "dès le début de l'année prochaine sur les annulations de crédits". Il l'écrit. Et que fait la Première ministre?
Pas un mot sur le fait que le budget qu'elle présente est devenue insincère. Je trouve qu'en interne... - P.Cohen: Il est allé aussi sur les plateaux pour sonner l'alerte. - E.Coquerel: Au nom d'une politique avec laquelle je ne suis pas d'accord.
Mais sur le fait d'avoir voulu alerter, oui, il l'a fait et il n'a pas été entendu. Je sais qu'on lui fait prendre aussi beaucoup de responsabilités. Sur la politique menée, c'est clair, il l'a partagée avec E.Macron et elle a échoué.
Mais sur le fait de s'être tu sur ce qui est en train de se passer, ce n'est pas le plus responsable. L'Elysée est très responsable. Il y a eu des réunions décisionnelles à l'Elysée. - E.Tran Nguyen: On voulait revenir sur les incidents de jeudi dernier qui ont fait le tour des réseaux sociaux et qui ont beaucoup fait réagir.
Jeudi soir, plusieurs militants propalestiniens interrompent à plusieurs reprises le concert de l'Orchestre philharmonique d'Israël, à la Philharmonie de Paris, aux cris de "Israël assassin". Il y a eu aussi un lancer de tracts et des fumigènes allumés dans les tribunes. On aperçoit les militants qui les tiennent être empêchés, voire frappés par des spectateurs. 4 personnes, 3 hommes et 1 femme, ont été mises en examen hier pour plusieurs infractions, dont la dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes et la mise en danger de la vie d'autrui.
La Philharmonie de Paris a condamné ces incidents graves et a porté plainte. ...
Le président du Crif a lui aussi réagi en dénonçant des agitateurs haineux. Il réclame des sanctions exemplaires. Condamnation aussi du ministre de l'Intérieur et de la ministre de la Culture.
En revanche, la question a été posée à J.-L.Mélenchon, leader des insoumis, qui refuse de condamner ces incidents. - J.-L.Mélenchon: Je ne condamne pas.
La Philharmonie avait déjà interdit une fois un chef russe. On est d'accord ou pas, mais ce qui vaut pour les Russes doit pouvoir valoir pour d'autres! Ca a été un peu tendu, bon, voilà...
Qu'est-ce que vous voulez? C'est comme ça. Vous ne pouvez pas empêcher à des gens d'exprimer une protestation contre un génocide.
C'est pas normal. - E.Tran Nguyen: Explication qui a suscité de nombreuses réactions de la part de nos téléspectateurs.
Certains sont d'accord avec J.-L.Mélenchon, mais beaucoup dénoncent son attitude et ne la comprennent pas. ...
Plus de 7000 musiciens et amateurs d'art lyrique avaient signé une pétition pour que ce concert ait bien lieu. Vous-même, est-ce que vous condamnez ces incidents? Est-ce que vous comprenez pourquoi J.-L.Mélenchon ne le fait pas? - E.Coquerel: Dans la situation actuelle, je vais vous dire ce que je condamne le plus: depuis le soi-disant cessez-le-feu, il y a eu 250 morts à Gaza et la colonisation se développe de manière encore plus forte, sur les conseils du ministre raciste qui s'occupe des colonies. - E.Tran Nguyen: Ce n'était pas ma question... - E.Coquerel: Je vais vous répondre.
Le problème qui me révolte, moi, c'est que maintenant, et quasiment dans le silence, le peuple palestinien continue à être massacré. L'occupation des terres en Cisjordanie se développe. Maintenant, si on ne fait rien, l'entité palestinienne en tant que peuple ne pourra plus jamais être en état de construire un Etat.
Voilà le scandale. - A.-E.Lemoine: Mais pour l'Orchestre philharmonique... - E.Coquerel: Je considère que la politique menée aujourd'hui par le gouvernement israélien, qui est une politique d'apartheid en Cisjordanie, qui est une politique qui porte des risques génocidaires, selon la Cour de justice internationale qui est en train d'enquêter...
On saura dans quelques années ce qu'elle décidera mais il y a eu plus de 60 000 morts. Cette politique-là devrait nous amener à faire comme nous avons fait par rapport à l'Afrique du Sud il y a quelques années, où nous avons cessé les relations avec les équipes qui représentaient l'Afrique du Sud...
A partir du moment où c'est une institution...
Là, ce n'était pas des artistes israéliens, c'était l'Orchestre philharmonique. Il aurait été plus sage de ne pas les inviter car nous sommes dans une situation anormale. J.-L.Mélenchon a raison de dire qu'aujourd'hui, il ne viendrait à l'idée de personne d'inviter l'Orchestre national russe.
Ce serait très mal vécu. Pour ces raisons, ça aurait dû être pris comme décision. - E.Tran Nguyen: Mais une fois que la décision est prise et que l'orchestre vient, vous condamnez la mise en danger de la vie d'autrui? - E.Coquerel: Je n'aurais pas utilisé ce genre d'action.
Je ne vais pas les perturber ou les condamner. Mais vous parlez de violences...
Il y a des fumigènes d'un côté. De l'autre côté, une des militantes s'est retrouvée à l'hôpital, frappée par des spectateurs. Et lors de sa garde à vue, ça a été spécialement dur.
La violence physique n'était pas du côté des manifestants. J'assume, je pense que la situation est tellement grave...
Demain, E.Macron reçoit le président de l'Autorité palestinienne. Fort bien.
La Palestine a été reconnue au niveau de l'ONU par la France. Mais on ne peut pas se contenter de ça aujourd'hui pour arrêter les Israéliens. Je pense que des boycotts, comme avec l'Afrique du Sud, me sembleraient nécessaires.
A partir du moment où on ne le fait pas et où on prend la responsabilité...
La CGT-Spectacle avait averti que les conditions de sécurité ne seraient peut-être pas réunies. Je pense qu'il aurait été opportun de ne pas vider l'Orchestre philharmonique israélien. - A.-E.Lemoine: Merci pour votre réaction.
Tout de suite, la story de L.Amar. Tirs. - Cassez-vous, s'il vous plaît! - L.Amar: C'est l'histoire d'une frayeur, celle des habitants d'un quartier de Rillieux-la-Pape, pris au pied dans l'incendie pris au piège dans l'incendie de leur immeuble.
Tout commence avec un clip de rap. Certains sont cagoulés. Le décor est un immeuble désaffecté.
A priori, aucun risque. Ce tournage n'était pas autorisé. Tout a rapidement dégénéré.
Une voiture de police arrive. Les flammes atteignent 10 m de haut. 5 appartements sont touchés, dont 3 totalement détruits. - On a eu très peur.
Quand je suis partie dans ma chambre, j'ai crié. J'ai dit: "Aidez-nous." - Je suis sorti.
Mon collègue a pris 2 enfants. Les enfants étaient paniqués. Tout le monde a crié. - C'est honteux.
On a mis en danger des gens qui n'ont rien demandé. - On nous a pas visés directement, mais c'est nous qui sommes les victimes. C'est pas les autres.
C'est aujourd'hui qu'on se retrouve sans appartement, sans vie, sans rien. On est sortis comme on était. - L.Amar: L'incendie n'a fait aucun blessé.
Tous les habitants ont pu être évacués à temps. 39 personnes ont perdu leur logement. La moitié a pu trouver une solution de repli, l'autre est pour le moment accueillie dans un centre de loisirs mis à disposition par la ville.
Le maire ne décolère pas. - Toutes les limites ont été franchies. Il aurait pu y avoir des morts.
Ce sont ces voyous qui sont à l'origine de l'incendie. Ils ont tiré sur un immeuble en voulant viser des policiers simplement parce qu'ils étaient présents dans le quartier. Ils ont mis en danger la vie d'habitants.
Ca aurait pu être dramatique. Je suis soulagé, mais extrêmement en colère. - L.Amar: Le rappeur présent samedi a été identifié.
Il s'agit de BFK.16, originaire de la banlieue lyonnaise. Il était encore en garde à vue le matin même pour des soupçons de rodéos urbains, outrages à agents et détention de stupéfiants.
Dans ses précédents clips, il mettait en scène des violences contre les forces de l'ordre. Il s'est exprimé cet après-midi sur son compte Instagram. Il affirme que les faits se sont déroulés après les faits de son clip.
Il adresse ses pensées aux sinistrés. Reste encore à trouver les auteurs des tirs de mortiers d'artifice. Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon.
L'incident de ce week-end n'est pas encore isolé. Des tournages de clips non déclarés ont déjà viré à des violences urbaines après l'arrivée de policiers. En décembre 2024, en région parisienne, il y avait encore des tirs de mortier qui avaient fait 2 blessés parmi les forces de l'ordre. - De plus en plus de vidéos qui circulent, que ce soit pour des clips ou autre chose...
Ils vont essayer d'affronter les forces de l'ordre pour faire le buzz. Nous sommes attaqués directement avec ces mortiers d'artifice. Avant, c'était un problème sur des festivités.
On voit aujourd'hui que c'est tous les jours. On ne peut plus procéder à des interpellations en sécurité. Nous sommes tenus à distance par des feux d'artifice. - L.Amar: Ce policier demande que les mortiers d'artifice soient considérés comme des armes à feu et non plus comme des armes par destination.
Ca permettrait de sanctionner plus durement ceux qui s'en servent. - A.-E.Lemoine: Merci.
Le retour de N.Sarkozy chez lui après 20 jours d'incarcération à la prison de la Santé. Il a été applaudi par ses soutiens. - Bienvenue dans le quartier.
Le chien a hâte de vous recroiser. - C'était quelqu'un qui représentait quelque chose pour la France. Ca m'a beaucoup travaillé. - Ca m'a fait du bien.
Si vous saviez! Au fond de moi, j'étais bien, heureuse. Je me suis dit: "Enfin, il est là." - Je suis contente qu'il retrouve sa petite famille. - Je suis heureux qu'il soit en paix. - Je pense que c'est un grand soulagement pour la majorité des Français.
Les juges ont un pouvoir qui semble exorbitant par rapport à ce qui s'est passé pour N.Sarkozy. - Cette décision est une application normale du droit, du Code de procédure pénale.
C'est une étape. La prochaine, c'est le procès en appel. Notre travail, maintenant, à N.Sarkozy et à nous, est de préparer cette audience d'appel. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, N.Schulz et N.Bastuck.
Vous assistiez tous les deux à l'audience de demande de remise en liberté de N.Sarkozy. L'ancien président de la République a plaidé sa propre cause en visioconférence depuis sa cellule.
Quelques mots sur l'impression qu'il a pu vous faire? Il est apparu comment? Marqué physiquement? - N.Schulz: Oui.
Il m'a semblé qu'il avait les traits vraiment tirés, le visage très grave, très sombre. Il y a eu une éclaircie sur son visage quand il a aperçu, dans la salle d'audience, son épouse et ses 2 fils aînés, Pierre et Jean. Quand le président de la chambre d'appel correctionnelle a dit qu'il pouvait se rapprocher de l'avocat, on a vu un sourire passer sur le visage de N.Sarkozy.
Sinon, sa mine était très grave. Il n'a pas caché l'épreuve qu'ont représenté ces 3 semaines de détention. - A.-E.Lemoine: Il a parlé de "cauchemar"? - N.Bastuck: Oui, "cauchemar", "grande souffrance", "une épreuve très dure"...
Je crois qu'il a vraiment subi le choc carcéral. Même s'il a eu un régime de détention un peu plus favorable que d'autres, il était seul en cellule. Il a eu beaucoup de parloirs.
Malgré tout, à 19h, quand les verrous se ferment et que les cris se font entendre, c'est très difficile. Je pense qu'il ne trichait pas quand il expliquait que ça avait été pour lui une véritable épreuve. - A.-E.Lemoine: La chambre d'appel a rendu cette décision parce qu'elle considérait que son maintien en détention n'était pas justifié, mais que le risque de pression et de concertation avec d'autres détenus du procès libyen ne pouvait pas être écarté.
En aucun cas c'est un désaveu du jugement de première instance et de la mesure d'exécution provisoire de sa mise en détention? - N.Schulz: Non.
C'est un peu compliqué. En septembre dernier, le tribunal correctionnel prend une décision. Il dit: "Même si vous faites appel, les faits pour lesquels nous vous condamnons à 5 ans de prison sont tellement graves que nous estimons que vous devez partir en prison maintenant." Il est parti quelques semaines plus tard.
N.Sarkozy a été incarcéré. Il a fait appel.
C'est le droit de tout justiciable. Il repartait à zéro. Ce matin, les magistrats de la cour d'appel ne se basaient pas sur la gravité des faits de nature à troubler l'ordre public, comme cela avait été motivé pour l'exécution provisoire en septembre dernier.
Les magistrats devaient regarder si les conditions de la détention provisoire étaient remplies. En France, on a une règle claire: l'incarcération est l'exception. Vous devez rester libre tant que vous n'avez pas été jugé et condamné.
On vous garde en prison si on estime que c'est le seul moyen d'empêcher un risque de fuite à l'étranger, de concertation avec vos coprévenus, de réitération des faits. La cour d'appel a dit qu'ils ont estimé qu'il n'avait pas à rester en détention provisoire, mais que ce risque de concertation et de pression pouvait exister, donc il a été placé en contrôle judiciaire. - A.-E.Lemoine: Un contrôle judiciaire strict...
C'est-à-dire? - N.Bastuck: Pas d'assignation à résidence sous surveillance électronique.
Il faut le souligner. C'est un contrôle judiciaire. Il n'a pas l'obligation de pointer toutes les semaines au commissariat, comme beaucoup de délinquants.
En revanche, interdiction de quitter le territoire national. Interdiction d'entrer en contact avec tout un tas de gens. On peut noter que la cour a allongé la liste des gens avec lesquels l'ancien président ne peut plus entrer en contact, à commencer par son ami le garde des Sceaux, G.Darmanin. - A.-E.Lemoine: On y vient tout de suite.
Il lui avait rendu visite à la prison de la Santé. Cette démarche lui vaut aujourd'hui une plainte pour prise illégale d'intérêts par un collectif d'avocats qui ont dénoncé un soutien inacceptable à l'ancien président de la République. - Il ne pouvait pas confondre les fonctions de garde des Sceaux avec l'ami Darmanin.
L'ami Darmanin peut envoyer un texto à Sarkozy. Il ne peut pas publiquement, en tant que garde des Sceaux, exprimer ce message de soutien et de solidarité. Là, il fait pression sur la justice.
Nous sommes inquiets pour l'Etat de droit, la séparation des pouvoirs, la démocratie. C'est le début d'une forme d'autoritarisme et de reprise en main par le politique du judiciaire. - A.-E.Lemoine: Cette interdiction d'entrer en contact avec G.Darmanin, c'est surprenant? - N.Bastuck: C'est inédit, même si on se souvient que le premier geste de R.Badinter, en 1980, quand il a accédé à la Chancellerie, a été de rencontrer un détenu condamné à mort.
Il est allé lui dire: "Vous ne serez pas exécuté." Là, on est dans un tout autre registre. C'est une première qu'un garde des Sceaux rencontre un détenu qui est aussi un de ses amis, dont il fut l'un des soutiens politiques.
Aujourd'hui, la cour, en interdisant à N.Sarkozy d'entrer en contact avec G.Darmanin, a aussi interdit à G.Darmanin d'entrer en contact avec N.Sarkozy.
Les motivations de la cour sont très claires: risque de porter atteinte à l'indépendance des magistrats et à la sérénité de la justice. La cour a rappelé que les avocats généraux étaient hiérarchiquement soumis à l'autorité du garde des Sceaux. Elle a voulu éviter des remontées d'informations, c'est-à-dire des contacts entre les juridictions et la Chancellerie. - N.Schulz: Il y a un recadrage.
Ca n'a pas plu au président de la chambre d'appel correctionnelle, qui sera celui qui va juger N.Sarkozy et les autres prévenus en appel en mars prochain. Le message est clair: N.Sarkozy n'en a pas fini avec la justice.
Il y a ce procès en appel. Il y a une autre affaire dans laquelle il est mis en examen pour recel de subordination de témoin. Il y a encore d'autres affaires.
Le message est clair: pas d'échange avec le ministre de la Justice actuel. Si on change de ministre de la Justice, pas plus d'échanges avec un successeur. - E.Tran Nguyen: La libération de N.Sarkozy a aussi été saluée par beaucoup de ses soutiens.
On a vu C.Estrosi, L.Wauquiez, M.Le Pen, mais aussi 45 % des Français, selon un sondage. 40 % auraient préféré qu'il reste en détention.
Ses avocats ont rendu publique l'avalanche de courriers qu'il a reçus pendant son séjour en prison. C'est une détention qui divise les Français? - N.Schulz: Oui.
La difficulté, c'est quel est le niveau de connaissance de cette affaire complexe. On entend beaucoup la défense de N.Sarkozy.
On entend ses avocats. A peine arrivé chez lui, il a tweeté un message. Il dit qu'il croit toujours que la vérité finira par éclater.
Il y a aussi une part de ceux qui aiment N.Sarkozy et ceux qui ne l'aiment pas. Il est important d'expliquer les décisions de justice.
Il y a un déséquilibre entre les avocats de N.Sarkozy, le clan et la famille politique, et la justice, qui est tenue à une forme de réserve. Il n'y a pas eu grand monde pour expliquer cette décision de justice. - N.Bastuck: On a senti qu'on allait vers un peu plus de sobriété dans la réaction de N.Sarkozy et de ses proches.
Ses avocats ont refusé tous les plateaux. Je ne sais pas s'il va s'exprimer. Son message sur Twitter était beaucoup plus soft que le premier lors de la condamnation.
N.Sarkozy a compris qu'il avait plutôt intérêt à ne pas malmener ces juges qui auront, dans quelques mois, à connaître son affaire et qui pourraient confirmer la peine, voire peut-être l'aggraver. - E.Coquerel: Sa libération ne me choque pas. - A.-E.Lemoine: Le droit s'applique? - E.Coquerel: Oui.
Il ne s'applique pas de la même manière pour tous les justiciables. Plein de gens sont en détention provisoire en dehors de faits d'exception et ne bénéficient pas d'une libération. C'est ça qui me choque. - A.-E.Lemoine: Pas aussi rapidement... - E.Coquerel: C'est clair.
La détention provisoire en dehors de faits exceptionnels...
On est contre. On pense que ça doit être exceptionnel. Et c'est N.Sarkozy et ses amis qui ont voulu durcir le Code pénal pour ne plus en faire une exception.
Je suis content par rapport à monsieur Darmanin. C'est un pied de nez qui lui est fait. Si on parle de ses soutiens, ça devrait être élargi au niveau de monsieur Macron. - A.-E.Lemoine: Il avait rencontré N.Sarkozy peu de jours avant son incarcération.
N.Bastuck, N.Schulz, restez avec nous.
Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal. Depuis ce matin, les femmes en France travaillent gratuitement. - L.Sénéchal: Depuis 11h31 précises.
Ca nous a fait tout drôle, à la rédaction. - A.-E.Lemoine: Il est 11h31.
C'est l'heure. Les filles, c'est l'heure! Il n'y a pas de raison.
On se casse! On est tellement en majorité! Qu'est-ce qu'on attend pour faire la révolution?
On veut les croissants le matin! Les filles, c'est moi! - L.Sénéchal: On s'est sentis un peu seuls pendant ce temps.
Heureusement, Babeth et nos collègues sont revenues à leur poste de travail. Ce chiffre de 11h31 est très contesté. Il se base sur un temps de travail identique.
Les femmes gagnent 14,2 % de moins que les hommes. Cet écart se réduit à un rythme tellement lent qu'il faudrait plus de 140 ans pour arriver à l'équilibre. Quand on regarde en arrière, on se dit qu'on vient de loin. - Est-ce que vous auriez envie de travailler? - Euh...
Non. - J'ai 4 enfants, donc ça serait difficile. - Vous ne pensez pas que ça serait utile? - Si...
J'imagine que c'est utile si vous avez de l'argent. Mon mari travaille, j'ai assez d'argent. - Ce ne serait pas une mauvaise idée.
Ca rapporte de l'argent au mari. - Vous pensez qu'elle n'aurait pas un salaire comme le vôtre? - Non.
Il y a une différence de sexe. - L.Sénéchal: Les Glorieuses demandent une revalorisation de travail des métiers où les femmes sont plus nombreuses. - A.-E.Lemoine: Le plan com de D.Trump se retourne contre lui. - L.Sénéchal: Le président américain est revenu d'un week-end de golf en Floride.
Direction Washington à bord d'Air Force One, qui a survolé de très près le stade de Washington, qui accueillait un match de football américain. Une fois posé, D.Trump était très fier de sa surprise. ... - L.Sénéchal: Juste après s'être posé, il a foncé au stade.
Il a dû être surpris par l'accueil. Il a été hué à la mi-temps du match plusieurs fois. Non seulement il voudrait que le nouveau stade en construction en ce moment porte son propre nom...
Les Américains l'accusent de ne pas en faire assez pour leur pouvoir d'achat. Fox News relaie les messages agacés des téléspectateurs. ... - L.Sénéchal: Au moins, Trump est en passe de s'enlever une épine du pied, celle du shutdown. 41 jours que les contrôleurs aériens ne sont plus payés.
C'est le chaos. Les sénateurs démocrates ont voté avec les républicains un projet d'accord, sans avoir l'assurance d'un financement des couvertures médicales pour les plus pauvres. Trahison, crie l'aile gauche de l'opposition. ... - L.Sénéchal: Les opposants à Trump ont repris du poil de la bête, même J.Biden.
Il a repris la parole un an après son départ de la Maison-Blanche. ... - L.Sénéchal: Ce qui fait beaucoup parler aux Etats-Unis, c'est cette absence de réaction de D.Trump.
Quand un de ses invités fait un malaise dans le bureau Ovale, il se lève et reste planté là. Ca a valu cette parodie du "Saturday Night Live". ... - A.-E.Lemoine: La direction de la BBC démissionne après le montage malhonnête de propos du président américain. - L.Sénéchal: Ca a été repéré par le "Telegraph".
Dans la séquence que vous allez voir, D.Trump exhorte ses troupes à marcher sur le Capitole en 2021. C'est un montage de bouts de phrases qui sont éloignés de près d'une heure l'un de l'autre dans le vrai discours ce jour-là. ... - L.Sénéchal: C'est pas tout à fait la même chose. - P.Cohen: Il appelle quand même à marcher sur le Capitole, non? - L.Sénéchal: C'est beaucoup moins fort quand on regarde la vidéo en entier. - P.Cohen: Je répète: il appelle à marcher sur le Capitole!
Franchement! On peut se dire, effectivement... - L.Sénéchal: Trump menace maintenant d'une action en justice.
Démission du directeur général de la BBC. Le service britannique serait partial. Le "Guardian" estime que la BBC fait l'objet d'une attaque coordonnée de la droite et de l'extrême droite.
Le leader nationaliste N.Farage est en train de jubiler. ... - L.Sénéchal: Embarras du gouvernement travailliste... - A.-E.Lemoine: La Russie continue de grignoter en Ukraine. - L.Sénéchal: Trois nouveaux villages pris en attendant la chute de Pokrovsk.
Une bataille contre le secteur énergétique ukrainien qui touche jusqu'au palais présidentiel de V.Zelensky. ... - L.Sénéchal: 100 000 personnes sont non seulement sans électricité, mais aussi sans eau et sans chauffage dans la région de Kharkiv. - A.-E.Lemoine: On termine avec une image qui a fait le tour du monde. - L.Sénéchal: Un jeune homme en costume de détective...
Vous l'avez vu? Il a gilet et chapeau. On l'a surnommé "Fedora Man".
Il était dans le "New York Times", en Corée du Sud...
Certains ont cru que c'était un détective privé. Les médias anglo-saxons ont mis la main dessus. C'est un ado de 15 ans français. - C'est une amie qui m'a envoyé un message en me demandant si c'était moi sur la photo.
J'ai dit que oui. Elle m'a dit: "T'as eu 5 millions de vues sur TikTok." J'étais un peu étonné.
Après, ma mère m'appelle et me dit que je suis sur le "New York Times". C'est assez drôle. C'est pas tous les jours. - L.Sénéchal: Son accoutrement est un hommage à Hercule Poirot. - A.-E.Lemoine: Merci.
Merci d'avoir accepté notre invitation.
Bruno Le Maire