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interviewC à vous· 26 juin 2026 52 min

Lyhanna : Darmanin “a perdu la confiance des magistrats” - C à Vous l’intégrale - 26/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

de se retrouver à l'apéro. - M.Bouhafsi: Bonsoir.

Bienvenue. Très heureux de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce vendredi 26 juin, avec toute l'équipe.

Bonsoir. A la une, des urgences saturées et des festivals annulés. - Je marche moins. - On approche des 10 jours.

On nous dit que c'est pas demain mais après-demain...

Ca fait long. - Ca joue sur mes humeurs. - M.Bouhafsi: Dans votre Story, Paul, vous serez avec ceux qui font l'actualité. - P.Larrouturou: "La fête est finie", c'est le titre d'une chanson d'OrelSan, qui devait être à Solidays.

Festival annulé. - M.Bouhafsi: Des annulations nécessaires pour protéger notre système de santé.

On en parle avec M.Wargon et E.Brocardi. - Y.Goosz: L'affaire Lyhanna et ses répliques. "Le ministre a perdu notre confiance", dit le responsable des magistrats. - M.Bouhafsi: Dans le 5/5, un inédit de J.Hallyday. - C'est une chanson qui fait partie des pièces qui n'avaient pas été gardées pour l'album "Insolitudes".

Cette chanson n'en a pas fait partie parce qu'elle n'est pas dans la thématique de l'album. - A.Bégot: "Des comme toi, il n'y en a plus", c'est le titre.

On l'écoutera ensemble. - M.Bouhafsi: Eglantine, vous rendrez hommage à un de nos invités. - E.Eméyé: Nous recevrons l'artiste W.Jean.

On reviendra sur l'histoire des Fugees. - M.Bouhafsi: A.Manoukian et J.Piaton seront également nos invités.

On reviendra sur la canicule avec la colère de C.Robert. Sur l'affaire Lyhanna, G.Darmanin a pris des sanctions et a pris le risque de froisser les magistrats.

Sous ses fenêtres, des familles, des associations de victimes ont manifesté leur colère. Colère aussi des Français contre un système judiciaire qui a failli. - On ne comprend pas ce qui se passe. - Il y a un déni collectif national. - Ca soulève le voile sur un monde de pédocriminels en liberté. - E.Macron: Nous n'avons jamais été dans l'inaction.

On en demande à nos forces de plus en plus. Il y avait un continent caché. - C'est pas en faisant tomber 3 têtes que les plaintes seront mieux traitées. - Il cherche à sortir de cette séquence médiatique en trouvant un responsable. - Plutôt que de viser un seul magistrat, il y a une responsabilité globale.

Tout le système est à la dérive. - M.Bouhafsi: Le ministre de la Justice G.Darmanin est notre invité.

Merci d'avoir accepté notre invitation. Tout de suite, l'Edito de Y.Goosz.

Depuis que G.Darmanin a prononcé les premières sanctions contre la substitut du parquet d'Auch, rien ne va plus entre les juges et leur ministre de tutelle. - Y.Goosz: Première sanction administrative avant un autre rapport d'inspection.

Vous avez exigé le retrait de son habilitation à traiter des enquêtes et des dossiers qui concernent les mineurs. Bronca, depuis, dans la magistrature. Le 1er syndicat prend la parole ce soir.

Son secrétaire général nous répond. - Ce qui nous remonte de tous les magistrats qui nous écrivent en nombre, c'est qu'ils n'ont plus confiance en leur ministre. C'est terrible pour une institution comme le ministère de la Justice.

Mes collègues ne se sentent plus défendus et injustement jetés en pâture. Le ministre de la Justice est coupable des moyens donnés à la justice. - M.Bouhafsi: C'est un coup de colère isolé? - Y.Goosz: Non.

Les deux plus hauts magistrats du pays déplorent une mécanique de bouc émissaire. Je cite leur communiqué. ... - M.Bouhafsi: Ils contestent la manière dont G.Darmanin a réagi au fiasco qui a conduit à la mort de la petite Lyhanna? - Y.Goosz: Ils disent que le problème est sociétal.

Vu l'ampleur des dossiers et des plaintes, ça pourrait arriver à d'autres fonctionnaires. - M.Bouhafsi: Les oppositions ont appelé à la démission de G.Darmanin. - Y.Goosz: Que changerait une démission face au fléau des violences sur mineurs?

Pourquoi y aurait-il un plan Marshall avec G.Darmanin ou un autre? En revanche, ça traduit le climat délétère entre l'exécutif et le judiciaire.

On se croirait revenus 20 ans en arrière, quand N.Sarkozy avait comparé les magistrats à des petits pois: "même couleur, même gabarit, même absence de saveur", disait-il. - M.Bouhafsi: Ca va peser dans la campagne présidentielle? - Y.Goosz: Des propositions chocs sont mises en atmosphère.

Il y a la castration chimique portée par B.Retailleau, la réforme de l'indépendance du parquet...

Abolir la loi Taubira de 2013 qui interdit au garde des Sceaux de donner des instructions individuelles, c'est vous qui le réclamez, G.Darmanin. Vous risquez de vous mettre toute une profession à dos. - M.Bouhafsi: G.Darmanin, vous êtes garde des Sceaux et ministre de la Justice.

L'affaire Lyhanna secoue le monde de la justice. "G.Darmanin a perdu la confiance des magistrats." Que répondez-vous au syndicat des magistrats? - G.Darmanin: L'affaire Lyhanna, l'affaire Rosa...

C'est une enquête demandée avant l'affaire Lyhanna par une petite fille qui a été violée un peu plus de 50 fois. Un médecin a démontré qu'il y avait eu des lésions anales. La justice met 9 mois, sans pouvoir conclure à une garde à vue ou la mise en détention provisoire éventuelle de monsieur Barella, ce qui a mené au viol et à la mort de cette petite Lyhanna.

C'est le violeur et le tueur qui en est le principal responsable, mais nous avons failli. - M.Bouhafsi: Vous êtes père de famille.

Vous vous placez du côté des Français? Les magistrats disent que c'est un Français comme les autres qui parle. - G.Darmanin: Je suis un homme politique, élu dans sa circonscription populaire.

Les Français ont besoin de justice et d'avoir confiance en leur justice. Si on n'a pas confiance, ce n'est plus un Etat. Il n'y a plus d'autorité de l'Etat.

Le ministre de l'Intérieur a sanctionné immédiatement deux gendarmes qui avaient manifestement mal fait leur travail, de manière conservatoire. Il faut attendre la fin des procédures. La gendarmerie nationale l'a accepté.

Ils manquent de moyens. Ils font un travail difficile. La majorité des gendarmes, comme les policiers, font bien leur travail.

Il en existe qui ne le font pas. Ca doit être sanctionné. Les médecins font en majorité très bien leur travail.

Ils peuvent faire des erreurs médicales et doivent être sanctionnés. Il est normal que l'on demande aussi, lorsqu'on voit que les magistrats ont pu, et lorsque c'est un rapport indépendant de magistrats indépendants qui démontre qu'il y a eu des fautes...

Ca a été rendu public. Il est normal de prendre des mesures conservatoires. Que le ministre de la Justice, dont la Constitution lui donne autorité sur le parquet, dise qu'en effet, une substitut n'est pas capable de mener des enquêtes sur les mineurs après le drame vécu, ça me paraît du bon sens. - M.Bouhafsi: Vous estimez que vous pouvez continuer à travailler avec des magistrats qui disent qu'ils n'ont plus confiance en leur ministre? - G.Darmanin: C'est un syndicat de magistrats qui le dit.

Je l'entends. Ils étaient en désaccord avec E.Dupond-Moretti pendant 4 ans.

Il leur a donné des moyens qu'aucun ministre de la Justice ne leur avait donnés. Il reste 10 mois dans le quinquennat du président de la République. On a des choses importantes à faire.

J'ai fait des prisons de haute sécurité, une lutte très forte contre le narcotrafic. Nous avons l'enjeu de la numérisation du ministère de la Justice. J'ai fait l'impôt à la source du ministère de la Justice.

On arrivera à faire cette dématérialisation. J'ai 10 mois pour le faire. J'ai négocié des crédits à la hausse pour les magistrats.

On verra dans quelques jours. Cette année, je suis à la tête du ministère de la Justice qui a le plus grand budget. Quand le président de la République est arrivé, il y avait 8000 magistrats.

Ils sont quasiment 10 000 aujourd'hui. - Y.Goosz: On a toujours 4 fois moins de procureurs que la moyenne européenne. - G.Darmanin: Former un magistrat, ça prend 4 ou 5 ans.

Les moyens mis par le président de la République dans la justice sont importants. Il faut continuer à le faire. Bien sûr qu'il y a des problèmes importants pour faire fonctionner les parquets, les tribunaux...

Je les visite quasiment tous les jours, toutes les semaines, comme les prisons. Ils font un travail très important. Ca n'empêche qu'il peut y avoir des erreurs individuelles.

Les magistrats peuvent faire des fautes individuelles. - A.Bégot: Ces syndicats disent que ça fait des années qu'ils alertent sur le manque de moyens, que vous reconnaissez, même si vous dites que vous avez mis des milliards.

Quand on manque de moyens, qu'on est débordé, ça peut arriver, de faire une erreur. - G.Darmanin: Il faut regarder le rapport tel qu'il a été publié.

Les gens ont très bien fait leur travail à Toulouse, gendarmes comme magistrats. A Auch, petite juridiction, il y avait 3 magistrats quand je suis arrivé comme garde des Sceaux. Les parlementaires et les syndicats m'ont demandé un 4e parquetier.

Je leur ai accordé. - A.Bégot: Il en faudrait 6, si on fait la moyenne nationale. - G.Darmanin: Il y a eu une augmentation de magistrats.

Il y a eu moins de plaintes au parquet d'Auch en 2025 qu'en 2024. Il y a eu moins d'affaires "poursuivables". - Y.Goosz: Il y a eu 120 % d'affaires en plus à Auch en 5 ans. - G.Darmanin: Le rapport est public.

Ce n'est pas moi qui l'ai rédigé. Il y a eu moins d'affaires en 2025 qu'en 2024 et plus de magistrats au parquet. Dans mes priorités de politique pénale, j'ai demandé la lutte contre les narcotrafiquants et la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes.

Au parquet d'Auch, 72 plaintes concernaient les crimes contre des enfants. Pour la moitié, le parquet s'est dessaisi ou a classé sans suite. On peut prioriser.

On ne peut pas mettre des mois à demander un service d'enquêteurs, à des gendarmes, à relancer le gendarme pour demander pourquoi il n'a pas mis en garde à vue, s'ils ont bien fait les auditions...

Vous imaginez la maman qui a une fille qui vient témoigner de 50 viols? Cette gamine a moins de 10 ans. - A.Bégot: Aujourd'hui, elle se sent responsable de la mort de Lyhanna. - G.Darmanin: C'est une honte.

On doit s'excuser. Je l'ai fait au nom de l'institution. - M.Bouhafsi: On entend que vous êtes en colère contre ce syndicat.

Cette suspension était une mesure qui semblait attendue par les Français. Ce syndicat ne comprend pas. Vous êtes en colère contre eux? - G.Darmanin: J'ai constaté que la magistrature a fait un communiqué pour dire qu'il y avait eu des fautes mais qu'il ne fallait pas sanctionner.

Ils ne peuvent pas être les seuls à ne pas être sanctionnés. Si le ministre ne doit pas les sanctionner, qui les sanctionne? L'immense majorité des magistrats que je rencontre font un travail extrêmement difficile, avec des outils informatiques parfois dépassés.

Ils manquent de greffiers, d'enquêteurs. Ils arrivent à faire des choses extraordinaires dans quasiment toutes nos juridictions. Il existe parfois des gens qui font des fautes professionnelles.

Ca arrive, comme dans toutes les professions: chez les journalistes, les hommes politiques, les médecins, les gardiens de phare...

Ce serait contraire à l'esprit de notre démocratie s'il n'y avait pas de contrôle de ceux qui ont un pouvoir très important de mettre en garde à vue, en prison, de poursuivre au nom du peuple français...

La justice est rendue au nom du peuple français, pas au nom des magistrats. Les Français, par leurs parlementaires, parce qu'ils ont donné une Constitution à la France, ont donné au garde des Sceaux l'autorité sur les parquets. C'est une partie minime des syndicalistes, mais on est en démocratie.

Ils ont le droit de le dire. Ca ne m'empêchera pas de les recevoir et de discuter avec eux d'une augmentation de moyens. Ils me disent que je n'ai pas le droit de sanctionner quand il y a des fautes.

Que diraient les Français et le Parlement si je ne sanctionnais pas? - M.Bouhafsi: Vous avez évoqué une préhistoire numérique.

Quand la justice va-t-elle sortir d'une sorte de préhistoire numérique? 13 jours pour transmettre un dossier par La Poste dans l'affaire Lyhanna... - G.Darmanin: On aurait pu l'envoyer par mail ou par courrier.

Le téléphone existe depuis les années 70. Les mails peuvent fonctionner. - E.Eméyé: Pourquoi ça n'a pas été fait? - G.Darmanin: Le rapport évoque des dysfonctionnements graves.

Une fois qu'il est arrivé, on met quasiment 2 mois avant de saisir des services d'enquêteurs. Quand il s'agit de viol sur enfant, je ne pense pas que ce soit acceptable. Je ne suis pas dans la banalité du mal.

Au parquet d'Auch, il y a 30 % de délits routiers. Qu'on dise que ça passe après les viols sur enfants, ça me paraît du bon sens. - M.Bouhafsi: On vous a attaqué à l'Assemblée nationale.

Vous avez répondu qu'on ne connaissait pas votre histoire personnelle sur ce sujet. - G.Darmanin: Je ne suis pas là pour expliquer ce qui m'est arrivé à moi ou à ma famille, mais notre coeur se serre profondément quand on sait qu'il y a des viols et des morts d'enfants qu'on aurait pu éviter avec un meilleur fonctionnement du service public.

Je me sens aussi concerné. Si je m'engage à faire de la politique, si j'ai créé le 1er office de protection des mineurs, si j'ai triplé les effectifs des brigades de mineurs en France, si on a créé des endroits où on accueille les enfants quand ils sont petits...

J'ai connu des viols de bébés de quelques mois quand j'étais maire de ma commune. C'est le plus grand crime de l'humanité. Ca nous parle à tous.

On a tous une histoire. Je ne suis pas là pour faire du pathos. Les mauvais sondages, les contestations, les demandes, je les entends, mais ça ne me fera pas reculer sur le fait qu'on doit avoir un service de protection sur les enfants de ce pays.

Ce que nous faisons en ce moment...

Il y aura un avant et un après Lyhanna. C'est certain. 70 000 plaintes ont été ouvertes et sont donc non clôturées pour crime ou délit sur enfant.

J'ai demandé à tous les procureurs généraux et à tous les procureurs...

Ils travaillent nuit et jour, week-end compris. Ils ne font quasiment plus que ça. Nous doublons le nombre de gardes à vue d'auteurs potentiels de viols sur mineurs.

En ce moment, nous sommes en train de doubler les détentions provisoires, des gens qu'on envoie en prison avant jugement parce qu'on considère qu'ils sont sans doute auteurs de viols sur mineurs. Nous protégeons des milliers d'enfants par l'action des procureurs de la République, des policiers et des gendarmes. Nous sommes utiles, après avoir été extrêmement défectueux dans le fonctionnement de la justice. - M.Bouhafsi: Aucun magistrat ne pourra prendre de vacances avant le 14 juillet et ces 70 000 dossiers.

Les syndicats parlaient de démagogie. - G.Darmanin: Les 70 000 dossiers seront étudiés.

On va assurer à tous ceux qui ont porté plainte pour des délits et des crimes que les procureurs de la République, les policiers et les gendarmes sous leur autorité...

Il y a eu des dysfonctionnements des 2 côtés. Ils vont reprendre toutes ces plaintes. Tout ce qui pourra être fait dans des cas où on connaît l'auteur...

On a des examens médicaux. On sait que ce sont de potentiels prédateurs sexuels. Excusez-moi la vulgarité, mais il faut bander devant des gamins, des bébés... - M.Bouhafsi: Vous estimez qu'on ne pourra jamais soigner ces gens-là? - G.Darmanin: Ce sont des malades.

Ils doivent aller en prison pour les mettre à côté de la société, mais il faut que le corps médical...

Je ne suis pas médecin. Il faut qu'il s'occupe de ces personnes. - M.Bouhafsi: B.Retailleau parle de castration chimique. - G.Darmanin: C'est la campagne d'un candidat à la présidentielle.

J'essaie de résoudre des problèmes concrets. On n'a pas clôturé 70 000 plaintes. Certaines datent de plusieurs années.

Je reçois des centaines de mails et de lettres par jour pour me dire: "J'ai déposé plainte il y a 3 ans. J'ai pas eu de nouvelles." "Je suis obligée de présenter mon fils à mon ex-mari alors que mon fils me dit qu'il a été violé, et je n'ai pas de nouvelles, voire je suis condamnée par la justice parce qu'on m'oblige à faire cette garde"...

Je ne peux pas rester dans mon bureau et ne fâcher personne. Qu'a reproché le rapport d'enquête? Il n'a pas dit qu'on remettait en cause le jugement du procureur de la République.

Ne rien faire, ne faire aucun acte d'investigation...

C'est mon rôle de ministre de la Justice de demander pourquoi on n'a fait aucun acte d'investigation, en tout cas aucun qui ait empêché cet homme d'agir. Nous savions que monsieur Barella avait plusieurs plaintes pour viol classées. Un expert médical, en 15 jours, a regardé une petite fille...

Un psy a été dépêché par les experts. Le 15 juillet, je ferai une conférence de presse où je détaillerai l'intégralité du travail fait. Je remercie les procureurs de la République, les policiers et les gendarmes.

Je suis ministre de la Justice depuis un peu plus d'un an. Quand on devient magistrat, policier ou gendarme, c'est par vocation. En ce moment, ils font des choses incroyables.

Ils protègent des milliers de vies. C'est la raison même de leur vocation. Je les en remercie.

Ca ne veut pas dire qu'il y a ici ou là des sanctions à prendre. Je n'ai pas demandé le retrait de la fonction publique de la magistrate. Mais pendant le temps De l'enquête, j'ai dit qu'elle me paraissait incapable de mener une enquête sur mineur. - M.Bouhafsi: Il se prénommait Louis.

Il avait 17 ans. Il avait été accueilli par l'ASE. Il a été lynché par 2 autres garçons de son âge à Narbonne.

J'imagine que vous partagez l'effroi, la sidération après ce drame. Ca commence à faire beaucoup de noms de jeunes tabassés, lynchés et qui finissent dans un cercueil. Que répondez-vous à ces familles?

Vous avez été un des premiers à parler d'ensauvagement de la jeunesse. Comment on l'explique? - G.Darmanin: Il y a un rajeunissement de la violence en France et en Europe, qui touche toutes les formes de délinquance et de criminalité.

On a tous vu ces images ignobles sur Internet. L'enquête a été très vite faite. Ils ont interpellé et mis en prison les auteurs potentiels.

De ce que j'ai vu depuis que je suis ministre de l'Intérieur, c'est ce rajeunissement. Aujourd'hui, les terroristes ont entre 16 et 18 ans. Les narcotrafiquants qui commandent des assassinats...

Il y a des gamins de 14 ou 13 ans qui assassinent dans les rues de Marseille. Un enfant de 11 ans est poursuivi pour viol et torture sur une femme. Quand j'ai dit "ensauvagement", on m'a dit que je faisais le jeu du RN.

Il y a un ensauvagement par manque d'autorité parentale, par un nombre de gamins qui sont victimes avant d'être auteurs. Quand on est violé, torturé très jeune, parfois très, très jeune, on reproduit...

Ce n'est pas une excuse, mais on reproduit cette violence. Certaines personnes ne s'en sortent pas. - A.Bégot: On fait quoi pour arrêter ça? - G.Darmanin: Il y a plusieurs choses à faire, pas tout à fait en lien avec cette affaire qui touche Louis, dont l'enquête dira qui étaient les auteurs et quel était le parcours de tous ces meurtriers.

Je pense d'abord à l'ASE, qui est un énorme sujet dont on devrait avoir honte. 150 000 gamins sont totalement abandonnés, souvent victimes de viol. Ils termineront SDF pour la moitié d'entre eux.

Ils ont 20 ans d'espérance de moins que mes propres enfants. - A.Bégot: Alors même qu'ils sont en danger et auraient dû être protégés. - M.Bouhafsi: C'est la taille de la ville de Nice. - G.Darmanin: C'est énormément de gens qui connaissent ensuite des drames dans leur vie personnelle ou qui sont ensuite auteurs de difficultés très fortes pour la société.

Beaucoup de femmes seules élèvent des enfants. Le nouveau prolétariat, c'est des femmes seules qui élèvent des gamins dans des conditions très difficiles. Dans un quartier de Tourcoing, il y a 70 % de femmes seules qui élèvent des gamins.

C'est en effet pas une politique sociale pour les soutenir, à l'école, au centre social, à la mairie, à l'Etat...

Comment une femme, alors qu'elle travaille la nuit chez Auchan, peut élever ses enfants? Beaucoup réussissent, mais certains tombent chez les narcos, chez les islamistes, dans la violence des réseaux sociaux. - M.Bouhafsi: Le drame de la mort de Lyhanna a sidéré tous les Français.

Vous l'avez rappelé. Ce soir, il y a une fronde des magistrats contre vous. Avez-vous songé à démissionner? - G.Darmanin: Pour le symbole, non.

Ca n'a aucun intérêt. - M.Bouhafsi: Y avez-vous réfléchi? - G.Darmanin: Bien sûr.

Quand on est ministre, c'est pas facile. On se demande quelle est notre part de responsabilité. Il reste 10 mois.

Je me suis demandé s'il y avait eu les moyens de fonctionner au tribunal d'Auch. Dans 10 mois, je ne suis plus ministre de la Justice... - M.Bouhafsi: Vous avez dit que vous aviez hésité.

Qu'est-ce qui vous a fait hésiter? - G.Darmanin: A chaque fois qu'il y a un drame, on se pose la question.

On m'a dit que j'étais incapable de faire les JO. Finalement, on l'a fait en pleine sécurité. C'est normal qu'on questionne le ministre.

C'est aussi normal qu'il s'excuse. Je ne suis pour rien dans le drame affreux qui touche la France, mais c'est normal que le ministre, chef de cette institution, s'excuse. Je demande de l'empathie envers les victimes.

Il en faut. Il y a 9 mois, j'ai demandé aux magistrats de dire à toutes les personnes victimes de violences sexuelles qu'une association d'aide de victimes, qui fait un travail formidable, puisse être proposée. Dans l'affaire Rosa, la maman n'a jamais eu de proposition, malgré mes directives.

C'est souvent des personnes perdues. Quand votre fille de 10 ans vous dit qu'elle a été violée 50 fois, vous êtes perdue dans les méandres administratifs de la justice, dans la complexité de ces mots. Il faut avoir de l'empathie, comprendre qu'on rend la justice au nom du peuple français.

C'est pas démagogique de dire que tout le monde doit être accompagné, parfois contrôlé, qu'il faut savoir sanctionner, en respectant les procédures. Ca ne veut pas dire qu'il ne manque pas des moyens et qu'il ne faut pas davantage de magistrats. C'est ce pour quoi je me bats.

Il y aura à nouveau une grosse augmentation du budget du ministère de la Justice cette année. - M.Bouhafsi: Vous avez des chiffres? - G.Darmanin: Oui.

Nous aurons la loi de programmation votée il y a 5 ans à l'euro près. Des magistrats vont être recrutés, en plus des départs à la retraite. Nous sommes le seul ministère à connaître cette augmentation.

Ce n'est pas assez, mais c'est important au moment des problèmes de dette publique. - M.Bouhafsi: Merci d'avoir accepté notre invitation.

Vous ne prenez pas de vacances. - G.Darmanin: Tant qu'on n'aura pas traité ces plaintes, exactement. - M.Bouhafsi: Merci d'avoir accepté notre invitation.

Tout de suite, la Story de P.Larrouturou. - Mon devoir, c'est de faire en sorte que nous n'allions pas vers des suraccidents.

C'est un arrêt préfectoral qui interdit la prise d'alcool sur la voie publique, qui interdira la vente d'alcool à partir de 18h. L'alcool en plein soleil a des effets dévastateurs. - P.Larrouturou: Il est l'heure d'attendre et d'en faire le moins possible.

Le préfet de Paris a interdit à partir de ce midi la consommation et la vente d'alcool sur la voie publique. L'objectif est de limiter les passages aux urgences. Il a obtenu également l'annulation de Solidays. 260 000 personnes étaient attendues tout le week-end.

Son patron est amer, ce matin. - On est sous le choc. On a essayé de réduire les risques, de rafraîchir le public.

Nous comprenons et nous nous adaptons à cette décision. Il y a des produits de restauration et des marchandises alimentaires pour 80 000 personnes. Comment faire en sorte qu'il n'y ait pas de gâchis?

Il y a 3 millions qui vont disparaître des recettes attendues. Il va falloir nous aider. - P.Larrouturou: Pour les aider, vous pouvez ne pas demander le remboursement de vos places ou acheter les places restantes.

Tristesse également pour les bénévoles du festival. - Ne me lancez pas sur la tristesse. C'est décevant.

Ici, on était sur un espace très chill, tente berbère. On est en train d'enrouler les tapis. Je vis au Canada.

J'ai atterri mercredi matin pour être là. Ca fait 20 ans que je travaille bénévolement pour cette association. Je vais faire d'autres choses. - On a cette tristesse de voir tous ces efforts.

Des bénévoles ont monté tout ça. C'est beaucoup d'efforts réduits à néant. On comprend la décision. - Ca a été un coup et un choc.

On aura des températures de plus en plus élevées. Il y a une menace par rapport à tous les festivals. - P.Larrouturou: Déception aussi chez les 80 artistes programmés. "Un jour, tu t'écrases et tu atterris dans la vraie vie", disait le chanteur OrelSan. - OrelSan: Je suis dégoûté.

Toute l'équipe est dégoûtée. Merci aux gens qui avaient pris des places. J'espère qu'on pourra se refaire ça. ... - Solidays, c'est annulé. - J'ai payé un camping pour 4 jours. ... - P.Larrouturou: Il n'y a pas que Solidays.

La Marche des fiertés, qui devait se tenir demain, sera peut-être reportée à septembre. Un des co-organisateurs ne comprend pas. - On a été consternés d'apprendre cette nouvelle.

On a connu beaucoup de canicule sur la Marche des fiertés. En 2019, il a fait plus de 38-39 degrés. Le goudron fondait sous nos pieds.

Sur 500 000 personnes, seulement 4 personnes hospitalisées. Nous avons un dispositif. On constate une impréparation extrêmement grave du gouvernement, qui entraîne la restriction de la liberté associative et de l'expression. - P.Larrouturou: 19 000 personnes sont bien attendues pour un meeting d'athlétisme, qui aura bien lieu.

Baisse de quelques degrés dimanche. Météo-France prévoit encore 15 degrés de plus que la température normale. - M.Bouhafsi: Bonsoir, E.Brocardi.

Bonsoir, M.Wargon, chef du service des urgences du centre hospitalier de La Fontaine. Ce sont des décisions lourdes.

Du point de vue médical, c'est indispensable? - M.Wargon: Oui.

J'avais le chef de service des urgences d'Ambroise-Paré, dont le bois de Boulogne dépend. Il disait que Solidays était une charge supplémentaire. Il y a de l'alcool, des gens, il va faire chaud, il y aura des malaises...

C'est une énorme charge pour les services d'urgence aux alentours. Oui, c'est triste, mais pour les secours...

Les pompiers sont hyper occupés. C'était une charge supplémentaire qu'on n'aurait peut-être pas pu supporter. - M.Bouhafsi: Lieutenant-colonel Brocardi, ce type de décision soulage clairement votre travail? - E.Brocardi: En annulant ce type d'événements, on sauve des vies.

Je veux aussi parler du personnel hospitalier. C'est une réaction en chaîne. Le temps d'absorber et de se concentrer sur ce qui se passe sur ce type de rassemblement, on ne peut pas être dévoué au plus important.

La décision a été prise par le préfet, en lien avec les mairies. Ils mesurent toutes les conséquences. Il y a une réflexion, de la prévision.

Ca contraint beaucoup de gens, mais aujourd'hui, je pense qu'il faut s'adapter. Il y a aussi le rôle des assurances derrière. Le sujet, c'est de continuer à essayer de s'améliorer et pourquoi pas s'adapter. - M.Bouhafsi: On dit souvent qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

Ca prend tout son sens? Ce sont des patients en moins à prendre en charge et des patients qui nécessitent moins d'urgence que d'autres? - M.Wargon: Certes.

De toute façon, c'est une situation exceptionnelle. On est tous en situation sanitaire exceptionnelle. On a déclenché les plans Orsan 1, 2 et 3... - M.Bouhafsi: C'est quoi, les plans Orsan? - M.Wargon: On peut rappeler le personnel dans le cadre du plan blanc.

On peut réquisitionner le personnel. Peut-être que comme pour d'autres pathologies, on peut se dire qu'il aurait fallu prévenir. Maintenant, on est devant.

On est surtout sur un problème social. La chaleur, ce n'est pas une maladie. Mais pour plein de raisons, notamment politiques, on a décidé de ne pas mettre de clims.

Même dans les Ehpad, il y a des pièces rafraîchies mais pas de clim...

On a également décidé, à plusieurs moments, de ne pas mettre de clim dans les hôpitaux. La situation se rapproche d'une situation d'épidémie ou d'une situation sanitaire exceptionnelle, comme lorsqu'il y a des attentats. Rajouter là-dessus une charge de travail, c'est juste une charge qu'on ne pourra pas absorber. - M.Bouhafsi: L'ARS a annoncé le déclenchement du plan blanc pour tous les hôpitaux d'Ile-de-France.

C'est la preuve que le pire arrive? Vous étiez il y a quelques heures encore aux urgences du centre hospitalier Delafontaine. Qu'est-ce qui vous arrive, aujourd'hui? - M.Wargon: On compare avec 2003.

Il y avait déjà la canicule. Malgré tout, on s'est organisés. C'est pas juste raconter les choses.

Depuis lundi, on a une cellule de crise. On a anticipé. Chaque jour, on essaie d'adapter l'hôpital à l'arrivée des patients.

Il faut savoir ce qu'on fait des patients. On a réorganisé l'hôpital. - M.Bouhafsi: Vous avez déjà des cas très graves?

Des situations d'hyperthermie? - M.Wargon: L'hyperthermie, quand ils arrivent, normalement, la plupart ne sont plus en hyperthermie.

C'est une collaboration avec les pompiers. Ils sont d'abord refroidis par les pompiers, puis ils arrivent à l'hôpital, a priori, avec une température plus proche de la normale, voire la normale. Mais c'est des gens très fatigués.

Certains vont malgré tout décéder ou rester à l'hôpital. La différence avec 2003, c'est qu'on est dans une situation beaucoup plus organisée. Quand on dit qu'on n'a pas prévenu, c'est pas vrai.

Depuis lundi, on s'organise tous pour prendre les patients en charge, pour les admettre à l'hôpital, gérer leur pathologie. Tout ça est organisé. Malgré tout, c'est énormément de patients qui arrivent d'un coup à l'hôpital dans des situations catastrophiques. - M.Bouhafsi: Quel âge? - M.Wargon: Ces derniers jours, on avait beaucoup de personnes âgées.

On s'y attendait. Il y a 2-3 jours, on avait un afflux de patients jeunes. C'est 15-75 ans. - A.Bégot: Des gens en bonne santé au départ? - M.Wargon: Plutôt.

Mais ils sont restés au soleil. Ceux-là vont probablement, pour la plupart, repartir rapidement de l'hôpital. Beaucoup se sont exposés à la chaleur et sont venus à l'hôpital.

Certains ont des pathologies gravissimes. Et il y a des facteurs favorisants, comme les patients qui prennent des neuroleptiques, qui ont des troubles de la thermorégulation. Ces patients vont chauffer en même temps que la température extérieure.

On en a qui ont terminé en réanimation, intubés et ventilés, qui ont été refroidis en partie en réanimation. - M.Bouhafsi: Le préfet de police interdit dès ce soir jusqu'à dimanche la vente d'alcool après 18h et sa consommation sur la voie publique, notamment autour du match France-Norvège.

Alcool-foule-chaleur, c'est le cocktail parfait pour finir aux urgences? - E.Brocardi: Oui.

Malheureusement, on doit secourir ces personnes. Ca cause aussi des soucis pour nos collègues de la sécurité intérieure qui sont en charge d'avoir des cellules de dégrisement ouvertes. On doit aussi amener aux urgences.

Ca rajoute des victimes. - Y.Goosz: Ca vous fait perdre un temps précieux. - E.Brocardi: Alors qu'on devrait se concentrer sur les urgences.

Tout à l'heure, on parlait de ce qui était en train d'arriver. On s'y prépare. Pour amortir le choc au niveau sanitaire, il faut faire place nette et se concentrer sur le plus important.

Le plus important, c'est les effets de la chaleur sur le corps. On doit enlever tout ce qui est parasitaire par rapport à ça et concentrer les moyens. Ce n'est pas que le matériel.

C'est la richesse humaine. Tout repose sur la volonté de l'humain. Tout repose sur des engagés, le personnel hospitalier qui a envie d'y aller. - M.Bouhafsi: J'entendais cet après-midi sur une chaîne d'information en continu un pompier dire: "On en a marre d'intervenir sur les quais, devant des rivières où des jeunes et des adultes passent la journée au soleil et finissent chez nous." - E.Brocardi: A l'heure où on parle, un ado meurt en Seine-et-Marne de noyade.

On a déjà dépassé un seuil intolérable de noyades. Déjà plus de 50 depuis le début de la chaleur. La noyade est la cause la plus importante qui touche le plus les jeunes.

Si on ne réagit pas, si on ne prend pas conscience que la moindre chaleur peut avoir un effet très fort sur le corps et provoquer des malaises au contact de l'eau froide...

Il y a 3 jours...

On cherche encore des jeunes au fond du lac d'Annecy. C'est malheureux. Les pompiers mesurent les dangers.

Ils voient que les gens n'ont pas conscience du danger. - E.Eméyé: Il faut leur expliquer pourquoi c'est dangereux de se baigner. - E.Brocardi: On ne peut pas mettre un sapeur-pompier comme un surveillant de baignade à chaque mètre. - M.Bouhafsi: Quand l'hôpital se tend, il faut renforcer les équipes ou reporter certaines opérations.

Vous commencez déjà à déprogrammer certaines prises en charge? - M.Wargon: Pour l'instant, pas tout à fait.

Aujourd'hui, on a mis des patients qui étaient dans des chambres trop chaudes dans des chambres plus climatisées. On est obligés de décaler l'organisation...

On va essayer quand même de les prendre en charge. C'est comme pendant le covid. Même si ces gens ne subissent pas directement la canicule, ils en subissent les effets.

Les opérations sont retardées. Ca peut aussi être des chimiothérapies qu'il ne faut pas retarder. Je veux revenir sur l'alcool.

L'alcool, ce n'est pas seulement des comas éthyliques. C'est des patients qui, quand ils arrivent aux urgences, sont agités. C'est un patient qui va "bouffer du personnel".

Des gens qui vont s'en occuper, qui vont être obligés d'être là...

Un patient alcoolisé, c'est un danger dans les urgences. Le fait qu'il n'y ait plus d'alcool, pour nous, c'est un grand soulagement. - M.Bouhafsi: L'angle mort de la canicule, c'est les gens qui meurent seuls à la maison, dans des logements surchauffés. - E.Brocardi: Ca révèle beaucoup de choses de notre société.

L'effet de la canicule Fait ressortir tout ce qui se passe. Il y a de la solitude, des appartements dans des états d'insalubrité. Quand on détectait l'état d'insalubrité d'un appartement, on transmettait une fiche.

Tout cela révèle une chose, un problème majeur: l'isolement et la solitude. Tant qu'on ne sera pas solidaires...

Dans ce type d'événement... - P.Larrouturou: Il y a aussi la crainte des feux et des incendies.

Plusieurs feux sont malheureusement déjà signalés en Aquitaine, dans le Massif central, jusqu'à la Marne. Demain, 36 départements sont placés en vigilance élevée aux feux de forêt. Est-ce que le risque d'incendie est particulièrement élevé? - E.Brocardi: Ca va être très compliqué.

Quand vous voyez la carte aujourd'hui...

Dans l'Yonne, 150 ha ont brûlé aujourd'hui. Notre territoire est en proie à un risque de feu... 9 incendies sur 10 sont liés à l'activité humaine.

Derrière un feu, il y a toujours la main de l'homme ou son activité. Par rapport à ce qu'on est en train de vivre...

En plus, nous avons les feux de forêt qui brûlent le temps de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels alors qu'on n'est même pas dans une plage estivale. Notre carburant pour fonctionner, c'est le volontariat à 80 %. C'est aussi les sapeurs-pompiers professionnels qui donnent de leur temps parce qu'ils sont plus libres.

Aujourd'hui, on a 15 jours d'avance alors qu'on n'a pas le plein régime de notre richesse humaine. Il faut donner de l'oxygène fiscal aux entreprises pour qu'elles libèrent les sapeurs-pompiers volontaires. Il faut continuer à former l'ensemble des sapeurs-pompiers de France à la culture des feux de forêt.

Tous les pompiers ne peuvent pas lutter aujourd'hui contre les feux de forêt. - M.Bouhafsi: Tout le plateau partage votre point de vue.

On peut avoir ce soir une grande pensée pour les soignants et le personnel hospitalier qui enchaînent les gardes, qui dorment mal et qui travaillent dans des bâtiments trop chauds. On n'est pas tous égaux face à la chaleur. Merci, E.Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

Merci, M.Wargon, chef du service des urgences du centre hospitalier Delafontaine. Tout de suite, le 5/5 d'A.Bégot.

Cette canicule est d'autant plus difficile à supporter que les nuits sont particulièrement chaudes. - A.Bégot: On a battu plusieurs records cette semaine.

Jusqu'à 27,2 degrés à Nantes en pleine nuit, 26,8 à Bordeaux. C'est insoutenable dans certains logements mal isolés ou exposés plein sud. Certains ont pris une décision radicale. - On n'avait pas le choix.

L'appartement est trop exposé au soleil. Même avec un ventilateur, c'était pas vivable. Il fallait trouver une solution: dormir à l'extérieur. - A.Bégot: Dormir à l'hôtel.

Les hôtels sont assaillis de coups de fil, comme à Boulogne-Billancourt. - A partir de ce soir, malheureusement, je suis complet. Dans les appels qu'on reçoit, les demandes sont majoritairement axées sur la clim.

C'est la première question qu'on nous pose. - Ca fait 15 ans que je suis là. Je n'ai jamais vu des gens qui habitaient à côté de l'hôtel et qui venaient juste pour avoir la clim. - A.Bégot: Autre astuce gratuite: aller dormir dans un magasin.

Les rayons lits de cette célèbre enseigne suédoise affichent complet. De nombreuses enseignes ont mis en place des "cool centers", des lieux pour se rafraîchir. On pose des chaises et des tables dans les hypermarchés.

Dans les écoles, autre point noir. A Bayonne, près de 200 enfants de 11 écoles de la ville ont été accueillis au stade Jean-Dauger. Certaines entreprises ont aussi ouvert leurs locaux.

Mais la palme d'or du bon plan revient peut-être aux Suisses. Regardez comment on rentre du travail là-bas en ce moment. On se laisse porter par le courant de la rivière qui sillonne Berne.

Des cabines de bain ont été installées le long des rives. Elles permettent aux baigneurs de se rincer et de se changer. - C'est le luxe d'avoir une telle rivière.

On peut se rafraîchir. - C'est une petite pause et après, je retourne travailler. - Je me réjouis d'aller au travail quand je sais que je peux y venir.

C'est la joie de venir à la rivière me rafraîchir. - A.Bégot: Chaque jour, à Berne, 10 000 nageurs rentrent du travail comme ceci. - M.Bouhafsi: Le voyage du pape en France se précise. - A.Bégot: Léon XIV va célébrer une messe sur les Champs-Elysées.

Elle est prévue le samedi 26 septembre. Elle devrait réunir pas moins de 500 000 personnes. La veille au soir, c'est au Stade de France qu'est prévue une veillée avec les jeunes. - M.Wargon: C'est chez moi! - A.Bégot: Cette messe géante rappelle celle célébrée par Jean-Paul II en 1997 à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse.

C'était à l'hippodrome de Longchamp. - M.Bouhafsi: Le 26 septembre, il fera moins chaud.

La Coupe du monde de foot. Il y avait du beau monde hier soir en tribune pour le match Turquie-Etats-Unis. - A.Bégot: K.Harris, mais aussi B.Pitt ou encore P.Hilton.

Pas suffisant car les Etats-Unis se sont inclinés 2-3. Les Pays-Bas l'ont emporté face à la Tunisie. Cela leur permet de prendre la tête du groupe F, pour la plus grande joie des supporters hollandais.

Il y a eu une marée oranje dans les rues de Kansas City. Grosse ambiance aussi à Guadalajara, au Mexique, après la qualification pour les seizièmes de finale. Le Mexique a une nouvelle mascotte.

C'est Merlin. C'est un canard de 2,5 kg, qui a même été reçu par la présidente mexicaine. Il lui a presque pincé les doigts. - M.Bouhafsi: Les Bleus jouent à 21h10 ce soir contre la Norvège. - A.Bégot: Coup d'envoi après "C à vous".

Le stade est situé à 30 km du centre-ville de Boston. Les prix des transports ont flambé. 80 dollars pour un trajet en train, 4 fois plus que le prix habituel.

Jusqu'à 600 dollars pour une place de parking. Résultat: la plupart des supporters européens s'y rendent désormais à pied. ... - A.Bégot: Sur le banc français, il y aura un grand absent, D.Deschamps, rentré en France pour les obsèques de sa mère.

Il sera présent en revanche dans le coeur des supporters. - DESCHAMPS, DESCHAMPS... - A.Bégot: Ca, c'est le clapping à la française.

Face à la Norvège...

Je vous avais parlé la semaine dernière du drakkar norvégien. Ils le font partout dans les rues, dans tous les stades aussi. Lors d'un match de base-ball, par exemple.

La semaine dernière, je vous avais montré les députés norvégiens. On s'y met aussi dans les hôpitaux. Comme lundi...

Comme lundi face à l'Irak, on va surveiller le ciel. Il n'est pas exclu que des orages interrompent la rencontre. - M.Bouhafsi: Un nouvel inédit de J.Hallyday. - J.Hallyday: Des comme toi, il n'y en a plus et le moule est cassé. - A.Bégot: Cette chanson, c'est "Des comme toi, y en a plus".

Elle date de 1973. On a voulu savoir ce qu'en pensaient les Français. - Des comme toi, y en a plus. - J'aime beaucoup. - C'est sympa. - Ca me plaît.

Ca me fait penser à une scène d'amoureux. - Ca sonne rétro, un peu pompé sur du Elvis. - Ca ressemble pas à Johnny. - C'est pas le genre de musique qu'on écoute. - Je pense qu'il faut le réécouter plusieurs fois. - Ca me fait penser à un style guinguette. - C'est entraînant.

Je suis danseuse. Ca me donne envie de faire des pirouettes. - A.Bégot: C'est à découvrir dans la réédition de cet album.

Il y a aussi une version de "Que je t'aime" en japonais. - M.Bouhafsi: Merci.

Dans un instant, W.Jean, A.Manoukian, J.Piaton.

Vous entendrez la colère du patron de la Fondation logement.