Prisons préfabriquées : une réponse à la hauteur ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour messieurs. Une cellule de 9 m² avec un matelas au sol et trois détenus obligés de cohabiter dans un espace prévu pour deux personnes. De la moisie sûre dans les cellules et des rats dans la cour de promenade.
Des conditions de détention parfois indignes. La France souffre d'une surpopulation carcérale. Le pays compte 186 prisons pour 62539 places.
Mais actuellement, la France compte 82152 détenus. Un chiffre qui n'a jamais été aussi élevé. Résultat, 4850 détenus sont contraints de dormir sur des matelas posés à même le sol.
C'est pourquoi la France figure sur le podium des mauvais élèves européens en terme de surpopulation carcérale avec une troisème place peu en viable d'ailleurs Chypre et la Roumanie. Certaines prisons ont déjà été épinglées pour un tas de graves aux libertés fondamentales et conditions de détention indigne. Alors pour tenter de mettre un terme à cette situation, des mesures ont été prises comme l'aménagement des peines ou encore le développement de travaux d'intérêt général avec la création de prisons de haute sécurité pour les détenus les plus dangereux et les places de semié doublées d'ici à 2027.
Ce sont places supplémentaires qui devraient voir le jour toujours insuffisant au vu de la population carcérale. Des prisons en préfabriqué. Camille Girer, bonne idée, mauvaise idée.
A priori, moi je veux pas que ce soit une mauvaise idée dans le sens où en fait si on reste dans la même logique de on est condamné, on envoie les gens en prison, il y a un problème de surpopulation carcérale qu'on arrive pas à régler et on met des années à construire c des prisons. Donc si alors je n'ai pas visité ces prisons en préfabriqué en Allemagne, on voit à peu près ce à quoi ça ressemblerait. Oui.
Bah là, on les voit en train de les construire. Apparemment, c'est très rapide. C'est moi, j'entends ce que dit aussi les gens de la pénitentiaire sur ça risette des lieux, ça risette des lieux qui vont se dégrader très rapidement et quelles vont être nos conditions de travail.
Donc il y a toute une colonne en effet avec des points négatifs à regarder de près. C'est pour ça que je précise a priori de créer des lieux qu'on va pouvoir construire rapidement pour des courtes peines, des fins de peine, en tout cas ce qu'on considère comme étant des détenus moins dangereux sur le papier. Moi, je dis pourquoi pas.
Alors, on va voir la courbe justement. vous dites sur population car car car car carcérale, on va voir les courbes comparé du nombre de places de prison disponible et du nombre de détenus. Alors évidemment la le nombre de détenus est très structurellement, c'est en bleu, vous l'avez compris, au-dessus du nombre de places de prison disponibles.
Et surtout, il y a une augmentation mais vraiment extrêmement massive en un an du nombre de détenus. Effectivement depuis le 1er novembre, on a passé les 80000 euh 80000 détenus et et 62000 places 8200 tout à 62000 places. qui fait un taux d'occupation comme on dirait de 131 % ce qui est quand même c'est ça avec des des disparités effectivement entre les maisons d'arrêt aussi d'ailleurs où il y a aussi une surpopulation alors que les gens généralement enfin en maison d'arrêt c'est notamment la question de la détention provisoire donc des gens qui sont présumés innocents.
Effectivement, je suis assez d'accord, c'est pas ça semble pas être une mauvaise idée sur le papier, notamment parce que il y a un un problème principal pour la question des de la construction des prisons, c'est son acceptabilité sociale et justement le fait de pouvoir aller voir un maire, un élu local en disant "Bah voilà, on va installer une prison ici." On le voit tout le monde, tous les élus sont pour à l'assemblée construire des prisons. Mais par contre voilà quand il s'agit d'accueillir des fois une centrale enfin une maison d'arrêt d'ailleurs ou un centre pénitentiaire sur son territoire, tout de suite c'est une levée de bouclier, les rivrins et cetera et et donc là en ciblant à la fois sur les courtes peines et enfin sur sur des mesures justement d'insertion et sur des détenus moins dangereux, ça rend aussi cette question de l'acceptabilité sociale plus facile en tout cas à vendre d'autant que je crois que la moitié des places sont déjà sur l'emprise de de terrain qui appartiennent à la pénitentiaire considère qu'un tiers Emmanuel est avec nous.
Bonsoir monsieur. Vous êtes secrétaire général UFAP UNSA justice. Est-ce que vous alors sur le plateau en tout cas les mes deux consurs étaient plutôt trouvaient que c'était plutôt une bonne idée ?
Qu'est-ce que vous en pensez vous qui êtes un professionnel ? Écoutez, j'étais vendredi jeudi vendredi dernier en Allemagne pour visiter ce que c'était ces prisonsulaires. Ce matin, on s'est rendu avec le ministre donc dans l'usine qui fabrique c'est déjà ses cellules de prison puisque ce que vous voyez à l'écran, c'est ni plus ni moins ça va être livré pour la la prison qui va se trouver à Ville-Pinte, à Trembl en France.
Donc c'est déjà de l'existant. Euh on est plutôt favorable. Pourquoi ? parce que les délis de construction sont beaucoup plus courts qu'un qu'une prison classique.
Après, on y met quelques réserves. Aujourd'hui, au-delà de la surpopulation pénale, on manque énormément de personnel et donc il faudra faire attention quand on va les ouvrir, on est bien le personnel adéquate pour faire fonctionner ces petites structures qui sont intéressantes parce que elles vont faire généralement 60 places. Donc à taille humaine, tourner comme le disait quelqu'un sur votre plateau, c'est des centres de semiliberté.
Donc un centre de semi liberté, c'est plutôt tourné vers des gens qui travaillent et qui rentrent le soir pour dormir dans la prison. Donc ça permettra de de désengorger les maisons d'arrêt qui aujourd'hui s'ouvre d'une surpopulation pénale record qu'on n'a pas connu depuis euh une vingtaine d'années. Alors il je voudrais que vous me précisiez quelque chose que je ne suis pas sûr d'avoir compris.
Ces boxes, ils seront dans l'enceinte de dans à l'intérieur de l'enceinte de prison déjà existante ou à l'extérieur. Alors, pour ce qu'a proposé le ministre, ils seront à l'extérieur sur l'entreprise foncière pénitentiaire mais à l'extérieur des établissements, c'est ce qui permet d'avoir un délai raccourci pour les construire. Il n'y a pas, comme le disait un intervenants, il n'y a pas de paprasserie administrative puisque c'est déjà du domaine pénitier.
Donc il n'y a pas de problème avec les mairies tout ça. Le terrain appartient à l'administration bénétiaire. C'est des structures qui sont plutôt légères par rapport à une prison complète qu'on fait habituellement de 690 places.
Là ça sera du R0, ce qu'on appelle une prison en rez-de-chaussée peut-être avec un premier étage maximum. Donc on est sur quelque chose qui se monte assez facilement et dans un délai on va dire de l'ordre. Alors la la première qui pourrait sortir serait d'ici 18 mois, mais une fois que le principe serait validé, si vous voulez, les délais seraient beaucoup court en livraison.
Faut savoir qu'une prison classique aujourd'hui, c'est à peu près sélevraison. Est-ce que parce que si c'est hors des hors de de de des murs d'une prison, comment ça serait protégé ? Il y aurait des barbelés, il y aurait du grillage, comment éviter que les gens s'enfuent ?
Parce que après tout, même si c'est des des tenus considérés comme moins dangereux, ils sont quand même en prison. Oui, bien sûr. Il existe déjà aujourd'hui des centres de semiliberté qui qui ont des des conditions sécuritaires moindre que des établissements.
Il y a pas de mirador dans les centres de semié hein. Vous en avez c'est quoi ? C'est à l'intérieur enfin c'est c'est clôturé quoi.
Il y a pas de mur d'enceinte mais il y a une clôture. Alors il y aura certainement très certainement une clôture. Ça existe déjà sur nos domaines pénitentiaires.
On a un exemple sur la région que je connais qui est ma région de d'origine à Bourcombres où on a un quartier qui est à l'extérieur des bâtiments et effectivement il y a un grillage autour. Voilà, parce que les détenus, comme je vous le disais, sont des détenus qui sortent régulièrement la journée pour aller travailler. Ils reviennent donc à le soir pour dormir.
Donc il y a moins de tentation évidemment de s'évader puisqu'ils ont un travail à l'extérieur et ils peuvent continuer à exercer leur travail. Donc on a bien compris Emmanuel Chambau, enfin de la part de votre syndicat, mais j'ai cru comprendre de la part de l'essentiel des des surveillants pénitentiaires, il n'y a pas de vétoitiative du garde des saut. Non non, il y a pas de véu.
La seule bale qu'on lui a dit, c'est attention le profilage des détenus qu'on mettra dedans. Il faut qu'il soit vraiment bien profil pour qu'il y ait pas de problématique comme vous disiez de gens qui la tentation de s'évader puisque la structure sera beaucoup plus légère. C'est pas fait pour les narcotrafiquants.
On a bien compris. Merci infiniment. C'est ça.
Tout à fait. Merci infiniment Emmanuel Chambo d'avoir témoigné dans cette émission. Jonathan vous a pas entendu.
Est-ce que vous êtes pour ça coûte ? Alors, on a parlé du temps, ça met moins longtemps à être construit. C'est aussi beaucoup moins cher 200000 € contre 350000 € je crois pour une place de prison endure.
Ça vous choque ? Ça vous choque pas ? Non mais en fait euh Non moi ce qui ce qui ce qui me choque c'est plus le manque d'ampleur dans la façon de poser cette question de la surpopulation carcelle c'està s'il s'agit de répondre avec une rustine à une situation qui chaque année est de plus en plus dramatique de plus en plus choquante euh pourquoi pas d'une certaine manière si ça permet là si j'ai bien compris ce qui va voir le jour et sur lequel on on débat ces 60 places j'avais entendu qu'il y avait 20000 détenus ou 20000 20000 places qui manquent si on voudrait si on voulait être dans des dans des étiages un peu plus et 2027000 détenus qui pour donc l' pour individuellement le cas de chacun de ses détenus si c'est de passer d'une situation de surpopulation inhumaine à ça évidemment qu'on peut se dire que c'est un progrès.
Moi ce qui me pose problème en fait c'est et on a bien compris que Gérald Darmanin il avait pris le la question de la pénitentiaire à bras lecor parce que quand on est au ministère de la justice le seul ministère où on peut avoir des actions de court terme et où on peut on peut être un peu dans l'actualité c'est ça. Donc il y a un peu le décalque de ce qui était le rythme de sa façon d'exister dans le débat public comme initial intérieur à la justice. Ça vaut pour les narcotrafiquants avec les prisons de haute sécurité qui est le je le plus le plus ce qu'il y a le plus j'allais dire hardcore mais bon il aussi l'expulsion des étrangers et à l'inverse il y a le le je le tout début de la chaîne de la chaîne pénitentiaire qui est effectivement ces gens qui travaillent qui sont plutôt déjà insérés qui sont pas les détenus les plus problématiques mais moi je pense qu'il y a une question qui est un peu tabou et dès qu'on la pose on est traité de laxiste un ça vient quand même montrer que la justice condamne à tour de bras quand même.
Donc c'est c'est bien la preuve si on on enferme de plus en plus de personnes, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui sont condamnés. Il y a une proposition de loi qui a été votée à l'Assemblée nationale à l'initiative du groupe Horizon qui va encore augmenter le nombre de détenus puisque c'est la fin de l'aménagement pour les PES de moins de 6 mois même de moins d'un mois. Enfin mettre en prison à partir d'un mois et la fin de l'aménagement pour qui était automatique jusqu'à présent pour les peines de moins de 6 mois.
Donc ça ça va faire grossir le nombre de gens qui arrivent en prison. Il y a une question qu'on pose jamais, c'est celle de l'intérêt de la prison parce que dans un espèce de de discours un peu simpliste, évidemment que la réponse facile pour un politique, c'est de dire "J'enferme, j'enferme parce que je protège la société, parce que je suis le bon père de famille qui veut pas que mes enfants soient agressés, qui veut pas que la société soit soit violentée." Sauf que la prison, ça l'intérêt de la prison, c'est autant de punir, de sanctionner, de protéger la société mais de préparer la sortie.
Et ça, cette partie là honnêtement, ça fait longtemps qu'on en débat pas. On n' plus le temps de l'écouter mais Gérald Armanin dit aussi comme les conditions de détention seront meilleures et ça sera plus facile de préparer la réincéation. Dernière question politique euh Camille, est-ce que pour Gérald Darmanin c'est aussi un moyen de montrer son volontarisme ?
Comment dirais-je de montrer qu'en dépit ce que dit Laurent Voquier ? On peut être au gouvernement, faire une politique plutôt de droite et montrer que on peut être efficace. Oui, bien sûr.
C'est une manière d'exister euh de faire parler de lui, d'avoir des nouvelles idées sur des choses très concrètes ou vous allez nous interpeller. Alors, est-ce que c'est une bonne idée les préfabriqués ? Bah oui, a priori pourquoi pas.
Enfin voilà, ça lui permet d'être présent euh dans le débat politique avec en plus Bruno Retaillot euh son allié adversaire qui ne cesse lui tout le temps de faire parler de lui. Euh en plus quand on est sur cet aspect euh construire des prisons à moindre coût et ben on est aussi déjà dans la projection de ce dont on discutait en début d'émission, c'est-à-dire le budget où il va y avoir des coupes forcément pour chaque ministère. Donc il se projette là-dedans.
évidemment que qui fait de la politique et qui fait de la politique pour exister où on est à un an et demi 2 ans de l'élection présidentielle et il va falloir pouvoir dire bah voilà moi quand j'étais à la chancellerie j'ai réduit de temps le nombre de détenus en prison et c'est surtout j'ai construit de temps des places de prison parce que oui ça va avec cette discussion ch j'ai essayé de les faire moins cher et j'en ai construit plus et ça ça parle à son électuit les délais de la justice elle aurait aussi un peu plus de sens dans la façon nous dép peines qui arrivent parfois très tard et c'est souvent raconté pour les les mineurs qui sont autour de 16 17 ans qui finissent par être condamnés quand ils ont 18 19 ans. Parfois entre-temps les gens changent. Bon ben en brass vous avez failli parler sur cette sur cette question mais c'est raté.
Merci infiniment
Gérald Darmanin