Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC à vous (sur YouTube)· 4 mai 2026 11 min

Omerta autour de l’état de santé des présidents : les révélations de Patrice Duhamel

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

n'aurait pas dû se présenter et qu'il aurait dû démissionner. Il dit même qu'il aurait dû "abdiquer". - A.-E.Lemoine: Il regrette que la vérité n'ait pas été dite à G.Pompidou? - P.Duhamel: Il le regrette.

Il ne reverra G.Pompidou que la veille de sa mort. - A.-E.Lemoine: On a vu F.Mitterrand lors d'une interview face à M.Cotta.

Il avait promis de publier tous les 6 mois un bulletin de santé lors de cette interview. Il ne le fera jamais? - P.Cohen: Si, il le fait. - P.Duhamel: Il impose à son médecin de famille de faire des faux bulletins de santé.

Il dit que c'est un secret d'Etat. Son médecin lui dit: "Monsieur le président, je peux en parler à quelqu'un de votre famille?" "Non, c'est un secret, vous n'en parlez à personne." Ni sa femme ni ses enfants, personne.

C'est tout à fait saisissant. Claude Gubler racontera ça dans un livre qui a fait un peu scandale parce qu'il est sorti 10 jours après la mort de F.Mitterrand.

D'ailleurs, il a été condamné. Il a gagné le procès devant la Cour européenne des droits de l'homme. Le livre est ressorti une dizaine d'années après.

L'Etat français a été condamné par la Cour européenne des droits de l'homme. - A.-E.Lemoine: Septembre 1992, F.Mitterrand est opéré de la prostate. - Le président de la République sort du pavillon de l'hôpital Cochin.

L'ambiance est plutôt détendue. Les réponses aux journalistes seront fermes, parfois teintées d'humour, surtout lorsqu'on lui demande s'il entend démissionner. - F.Mitterrand: Je n'y ai pas encore songé, non.

Il n'y a pas de raison. Je ne pense pas qu'on m'ait enlevé un lobe du cerveau. Ce n'est pas de ce côté que ça s'est passé. - A.-E.Lemoine: Comment analysez-vous cette réponse? - P.Duhamel: L'humour de F.Mitterrand...

Tout à l'heure, on l'a entendu avec M.Cotta. Avant l'interview, il a demandé que la 1re question soit sur sa santé.

Là, c'est un mois après qu'il a appris qu'il avait ce cancer avec métastases et qu'on lui donnait un pronostic vital de 3 mois à 2 ans. - A.-E.Lemoine: On est en décembre 1981. - P.Duhamel: Novembre 1981.

L'interview, c'est décembre. Il a vu M.Cotta quelques jours auparavant.

Il lui dit: "Vous vous rendez compte? Je n'ai jamais été malade et voilà ce qui arrive maintenant. C'est malin..." Il était complètement...

Elle ne savait pas, à ce moment-là...

Elle avait compris que c'était grave, mais...

Pour lui, c'est le secret d'Etat absolu, avec des moments de lucidité...

Il y a eu une assez longue rémission. En 88, quand il se présente, il sait qu'il a des métastases gravissimes. Les 2 dernières années, c'est vraiment terrible.

Il n'y a rien dans la Constitution. Si, il y a une référence... - P.Cohen: Le Premier ministre et le gouvernement peuvent saisir le Conseil constitutionnel. - P.Duhamel: Exactement.

C'est l'article 7. Imaginez, en cohabitation avec E.Balladur, qui va dire au Conseil constitutionnel: "Le président n'est plus en état..." D'ailleurs, franchement, avec G.Pompidou et F.Mitterrand, et c'est très shakespearien, il s'est comporté en homme d'Etat.

Il n'y a aucun doute là-dessus. - A.-E.Lemoine: Il était secrétaire général de l'Elysée sous Pompidou. - P.Cohen: Il a connu 2 présidents malades. - P.Duhamel: Quand F.Mitterrand faisait des malaises en Conseil des ministres avec E.Balladur en Premier ministre, tous les ministres voyaient ce qui se passait.

Il s'effondrait. Il donnait l'ordre aux ministres de ne rien dire en disant: "Si vous le dites, je saurai qui l'a raconté." - A.-E.Lemoine: C'est inimaginable, aujourd'hui? - P.Duhamel: Bien entendu!

Aujourd'hui, ça ne pourrait pas...

Ca ne serait pas tenable. Ce serait vraiment difficile. G.Pompidou a fait un malaise quelques mois avant, en prononçant un discours...

Il était à Poitiers. Il est allé voir le numéro 1 soviétique, Brejnev. Il a fait un malaise... - P.Cohen: C'était un autre écosystème médiatique.

Moi, j'ai plutôt été surpris du manque de curiosité de la presse sur J.Chirac et sur ses derniers mois à l'Elysée. Je trouve qu'il y a eu une réserve qui n'était pas de mise à ce moment-là. - P.Lescure: A la fin de votre livre, vous proposez quel avenir pour les candidats à l'élection présidentielle ayant recueilli les 500 signatures de parrainage?

Il y a l'obligation de se soumettre à un bilan de santé approfondi, supervisé par des médecins choisis par le Conseil constitutionnel. Ainsi, on saurait s'ils sont bons pour le service. En même temps, il n'y aurait plus pour eux de secret médical. - P.Duhamel: Je n'écris pas "obligation".

Sinon, il faudrait changer la Constitution. C'est l'article 7...

Je leur suggère fortement. C'est une idée parmi d'autres qui m'a été soufflée par des politiques ayant connu le calvaire de G.Pompidou de très près ou des grands professeurs de médecine.

Est-ce qu'il y a une bonne solution? Est-ce qu'il y a la moins mauvaise des solutions? Ce qui est sûr, c'est que 20 ans de mensonges d'Etat, ce n'est pas acceptable démocratiquement.

Ils ont fait courir...

Les deux avaient...

C'était vraiment des hommes d'Etat, qui ont fait des choses qu'on peut contester ou approuver, mais c'était des hommes d'Etat. Ils ont fait courir un risque au pays, quand même. - A.-E.Lemoine: C'était la fin du mandat de J.Biden aux Etats-Unis qui a posé exactement les mêmes questions. - P.Duhamel: Même aux Etats-Unis, il a fallu attendre que Biden laisse la place pour la campagne électorale avant qu'il y ait un livre de référence qui soit sorti pour expliquer... - P.Cohen: Et une intervention apparemment décisive de G.Clooney. - A.-E.Lemoine: "Le Crépuscule des dieux: les maladies des présidents".

C'est absolument passionnant. Ce sera disponible dès demain. Vous restez avec nous. - E.Tran Nguyen: On a parlé des anciens présidents.

Je vais vous parler des potentiels prochains. Est-ce que la 4e sera la bonne? J.-L.Mélenchon a annoncé sa candidature à la présidentielle hier soir au 20h de TF1. - J.-L.Mélenchon: Je suis candidat.

C'est le contexte et l'urgence qui ont fixé la décision insoumise. La discussion ne s'est pas portée sur qui est le meilleur candidat du point de vue de je-ne-sais-quoi, de l'esthétique. C'était: "Qui est le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive?" - E.Tran Nguyen: J.-L.Mélenchon est parmi les 13 candidats pour l'instant déclarés.

Pourtant, le candidat insoumis avait promis à plusieurs reprises qu'on ne l'y reprendrait pas. ...

Je reviens un peu sur 2022. On aurait pu penser que c'était la dernière fois qu'il se présentait à la présidentielle, vu son discours de défaite après avoir terminé 3e du 1er tour avec 21,15 % des voix, pas loin de M.Le Pen, qui avait obtenu 23 % des voix.

Il sous-entendait laisser la main. - J.-L.Mélenchon: La lutte continue.

Les plus jeunes vont me dire: "Eh ben, on n'y est encore pas arrivés?" C'est pas loin, hein! Faites mieux...

Merci. Acclamations. - E.Tran Nguyen: C'est donc lui qui va tenter de faire mieux.

Les optimistes sont convaincus par cette candidature, mais ce n'est pas le cas de la gauche. - J.Guedj: Je ne pense pas que ce soit le candidat.

Il pense qu'il est l'homme providentiel. Force est de constater qu'il ne peut plus l'être. - R.Garrido: Il n'est plus tellement bien placé aujourd'hui pour incarner la confiance dans la politique, la confiance dans la démocratie.

Il a mis toute la gauche sous tension. Il s'est rendu lui-même détestable à maints égards. Je dis à J.-L.Mélenchon: "Réfléchis bien à ce que tu veux laisser comme héritage." - E.Tran Nguyen: La 4e sera-t-elle la bonne?

Selon un dernier sondage Elabe pour BFM, J.-L.Mélenchon serait encore 3e et ne passerait pas le 2d tour.

S'il se retrouvait au 2d tour face à J.Bardella, il ne ferait pas le poids. Ca, c'est si la présidentielle était dans une semaine.

Elle est dans un an. J.-L.Mélenchon a dit qu'il confirmerait sa candidature dès qu'il atteindrait 150 000 soutiens sur son site de campagne.

J'ai regardé il y a quelques minutes. C'était franchement pas loin, 142 705. En revanche, un peu moins d'enthousiasme du côté des téléspectateurs qu'on fait réagir chaque jour et qui pointent d'abord son âge.

Beaucoup disent qu'il est trop vieux. Il a 74 ans. On pointe aussi le fait que cette candidature peut diviser la gauche.

A votre avis, il peut réunir ou diviser? - P.Duhamel: Pour l'instant, il divise.

On imagine mal qu'il puisse rassembler la gauche aussi vite. Visiblement, il y a actuellement une tentative avec une primaire pour qu'il y ait un seul candidat...

Enfin, "un seul"...

Il y aura sans doute un candidat communiste et un candidat écologiste. Rassembler la gauche, pour l'instant, on en est loin. Je l'ai trouvé étonnamment calme et souriant, hier soir. - P.Cohen: En campagne présidentielle, comme d'habitude. - P.Duhamel: Le bruit et la fureur, comme d'habitude.

Il commence toujours comme ça. Il commence toujours relativement bas et il progresse. Les dernières fois, un an avant, il était à 13 ou 14 % et il est monté à 22.

Les résultats de 2d tour un an à l'avance, c'est... - P.Cohen: Pour compléter ce que tu disais, il n'est pas un parmi les autres ou un parmi 13 autres, mais il est le seul, aujourd'hui, certain d'être sur l'affiche. - P.Duhamel: Oui, à avoir ses signatures, évidemment. - P.Cohen: Personne ne peut dire, à droite, à gauche, dans le bloc central ou à l'extrême droite qu'ils seront candidats au bout du compte.

C'est un avantage considérable. - P.Duhamel: Je voudrais montrer rapidement qu'il va y avoir...

S'il est battu, il aura plus de 75 ans l'année prochaine. - P.Cohen: 75 en août. - P.Duhamel: C'est ça.

Il n'y aura pas une 5e candidature s'il n'est pas élu.

Omerta autour de l’état de santé des présidents : les révélations de Patrice Duhamel — Charles de Gaulle · Pourquijevote