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interviewFrance Inter — Questions politiques· 17 janvier 2021 54 min

Olivier Faure : "je souhaite que la démocratie ne soit pas confinée avec tous les Français"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour et merci d'être fidèle à Questions Politiques. Merci Mariam El-Kurdi. Questions Politiques, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Vous êtes toujours plus nombreux à nous écouter chaque week-end et nous vous en remercions du fond du cœur. Notre invité aujourd'hui jusqu'à 13h, c'est de lui que dépend largement l'avenir de la gauche, de ses choix, de sa stratégie pour rassembler une famille divisée, une famille qui reste toujours pour certains irréconciliable. Alors comment imaginer une alternative politique crédible ? Comment préparer l'alternance dans une période d'incertitude comme celle que nous traversons ?

Le premier secrétaire du Parti Socialiste et député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, est l'invité de Question Paul. Retour avec lui aussi évidemment sur l'actualité de la semaine. Je retrouve mes esprits pour vous dire que vous pouvez évidemment intervenir sur l'application France Inter ou sur les réseaux avec le hashtag Questions Politiques.

1:01
Invité

France Inter, Questions Politiques, Ali Badou.

1:06
Présentateur

Bonjour Olivier Faure.

1:07
Olivier Faure

Bonjour Ali Badou.

1:08
Présentateur

Et bienvenue, l'équipe de Questions Politiques à mes côtés pour vous interroger, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.

1:13
Invité

Bonjour Ali, bonjour à tous.

1:15
Présentateur

Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour Françoise.

1:17
Invité

Bonjour Ali, bonjour à tous.

1:18
Présentateur

Et Karine Bécard de France Inter. Salut Karine. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait, Olivier Faure, et nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. On va évidemment commencer par l'actualité, cette crise sanitaire qui n'en finit pas. Une nouvelle stratégie mise en place par le gouvernement avec la conférence de presse et les annonces de Jean Castex. C'était jeudi autour de 18h, heure maintenant du couvre-feu. Françoise Fressos pose la première question.

1:42
Invité

Comment vivez-vous en tant que chef de parti d'opposition, cette crise qui finalement n'en finit pas et qui semble geler l'exercice démocratique ?

1:52
Olivier Faure

Comme tout le monde. Je suis évidemment perturbé, comme nous pouvons tous l'être dans ce moment, avec une crise qui n'en finit pas, avec des variants maintenant qui viennent d'Angleterre, d'Afrique du Sud, et peut-être même du Brésil. Donc on est aujourd'hui dans une situation d'intertitude qui est difficile à vivre pour toutes et tous. Et moi ce que je souhaite, c'est qu'en un moment comme celui-là, la démocratie ne soit pas confinée avec les Françaises et les Français. Qu'on n'ait pas en permanence le sentiment d'être pris pour des zouaves. Qu'on n'ait pas ce sentiment que tout se décide dans le scénacle étroit du conseil de défense.

Qu'on n'ait pas le sentiment que l'obscurité entoure toutes les décisions qui sont prises aujourd'hui.

2:37
Présentateur

Vous avez l'impression d'être pris pour un zouave par le gouvernement ? Et comment ?

2:41
Olivier Faure

La plupart du temps, nous avons le sentiment qu'il y a une mise en scène parfois à l'Assemblée ou dans des rencontres avec le chef de l'État ou le Premier ministre, mais rien n'est jamais partagé, rien n'est jamais clair sur la stratégie de vaccination. Nous avons saisi le gouvernement depuis le mois d'octobre. Je dis bien octobre, pas en janvier quand tout le monde s'en est rendu compte. En octobre, nous avons commencé à alerter sur ce que faisaient nos voisins, les Espagnols, les Italiens, les Allemands, etc. en leur disant, mais pourquoi eux se préparent et pourquoi nous ne sommes pas prêts ? On nous a dit, pas de problème, vous verrez, ce sera prêt en décembre.

En décembre, on a vu, on n'était pas prêts et on n'est toujours pas.

3:15
Invité

Alors concrètement, revenons point par point sur la stratégie de vaccination. Que reprochez-vous clairement au gouvernement ?

3:21
Olivier Faure

Mais je lui reproche de ne rien avoir préparé. Alors aujourd'hui, vous pouvez...

3:24
Invité

Est-ce que c'est le choix des EHPAD que vous condamnez ? Est-ce que vous considérez qu'on n'a pas choisi les bonnes cibles ? Est-ce que vous considérez qu'on aurait dû commander plus tôt, et même parallèlement à l'Europe, un certain nombre de doses de vaccins ? Concrètement, qu'auriez-vous fait de mieux ? Concrètement, je vous réponds.

3:40
Olivier Faure

Hier, j'étais au téléphone avec un certain nombre de maires, Clermont-Ferrand, Villeurbanne, Pantin, chez moi dans mon département, Pont-au-Combo, etc. Et qu'est-ce qu'ils me disent toutes et tous ? Ils me disent, nous avons en fait l'État qui nous prévient, en général, quelques jours avant pour ouvrir un vaccinodrome. On ne nous donne pas les doses qui correspondent, et donc nous ne savons même pas à quoi nous devons nous attendre. Nous ne savons rien, aucune lisibilité. En réalité, même sur le fameux dernier kilomètre, sur la façon dont on va acheminer, du point, des 100 points dans lesquels on stocke le vaccin, comment est-ce qu'on achemine vers les centres de distribution ?

Personne ne sait. Tout se fait sur les moyens des collectivités locales, aucune compensation. Et en réalité... Mais ça, c'est une question logistique ou politique ? C'est une question à la fois logistique et politique. Il y a quand même un gouvernement qui est responsable et qui aurait dû mettre en œuvre depuis le début. Tout à l'heure, je parlais des Espagnols. Les Espagnols, depuis l'été dernier, depuis l'été dernier, ils ont pris la tâche des collectivités locales, ils ont ensemble construit un plan qui a permis, derrière, de démarrer de manière beaucoup plus rapide que nous ne le faisons en France. Karen Becker.

4:52
Invité

Alors, vous dites, voilà, ailleurs c'est mieux. OK. Regardons quand même les choses, comment elles se passent. Les Français ne voulaient pas se faire vacciner. Finalement, on a l'impression qu'ils sont de plus en plus nombreux, maintenant, à le souhaiter. Vous avez parlé de vaccinodrome. Vous avez raison d'en parler. Pareil, initialement, il ne fallait pas mettre en place de vaccinodrome. Je ne sais pas, moi, j'ai toujours voulu. Finalement, on va en mettre en place et les Français sont prêts à y aller. C'est compliqué quand même de les gérer, ces Français. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous sauriez faire ? Est-ce qu'il n'y a pas aussi là une clé de l'insuccès ?

5:20
Olivier Faure

Nous sommes le pays de pasteurs. Nous sommes dans un pays où nous avons vaincu toutes les grandes pandémies avec le vaccin. Et voilà un gouvernement qui nous explique qu'il faudrait d'abord prendre le pouls des plus réticents avant de s'occuper de ceux qui veulent. Il y a des gens qui veulent.

5:36
Invité

Ils étaient majoritaires.

5:37
Olivier Faure

Ils étaient, mais peu importe. On sait très bien comment les choses se passent. Vous avez quand même des gens, au départ, qui disent, bon, on va voir, etc. Puis après, ils le voient. Et donc, il faut profiter de la force d'entraînement des premiers pour pouvoir ensuite avoir les seconds et ne pas se laisser à chaque fois. Mais si on faisait de la politique uniquement en regardant les sondages, en se disant, oh là là, mais voilà, attention, là, ce n'est pas évident. Mais non, la politique, c'est l'inverse. C'est comment est-ce qu'on entraîne un pays, comment est-ce qu'on dit aux gens, voilà, moi, je crois au vaccin.

6:05
Présentateur

Pasteur est né il y a 200 ans, Olivier Faure, et ça fait partie de ces motothèmes qu'on brandit pour dire que la France est le pays le plus près qui devrait être à la pointe de la recherche sur les vaccins. 200 ans après, peut-être que le monde a changé, peut-être que les lieux où ça décide, où se font les recherches et les innovations scientifiques sont loin de la France, peut-être.

6:28
Olivier Faure

Mais, Alibadou, vous avez raison. Moi, je ne dis pas que le pays de Pasteur doit, y compris, être le premier a trouvé le bon vaccin. D'ailleurs, Sanofi est en retard par rapport aux autres. Je dis simplement que dans le pays qui a conçu, au départ, le vaccin et qui sait à quel point qu'il y a un pays où on a toujours fait confiance à la science, au progrès, on a toujours compris que, bien sûr, que nous étions pour la nature, mais enfin, on était là aussi pour la maîtriser, la dominer, faire en sorte que nous ne soyons pas victimes de ces virus qui circulent, etc. Donc, nous avons, évidemment, un message à porter. Comment expliquer que, par exemple, la France n'est pas...

Enfin, que le gouvernement français n'ait pas lancé une grande campagne de communication, comme dans d'autres pays, là encore, pour dire aux Français, vaccinez-vous. Là, on va à reculons sur tout. Comment voulez-vous que les gens, ensuite, on les entraîne ?

7:11
Invité

Justement, le diagnostic, est-ce que c'est qu'on est mou, ou le gouvernement, pusillanime, c'est-à-dire qu'on a peur de notre ombre ? Est-ce que c'est la faute à l'administration ? Est-ce qu'on aurait dû faire appel à l'armée ? D'où ça vient ? C'est de l'incompétence ? C'est un choix idéologique ? Ou alors, c'est l'administration, comme tout le monde le dit, qui est incapable de s'organiser, qu'on ne maîtrise pas la logistique ?

7:30
Olivier Faure

Ça fait un mois que je me pose la question, je n'ai toujours pas trouvé la réponse, pour tout vous dire. Je ne sais pas comment il est possible que des gens qui sont des gens éclairés, qui... Bon, je ne comprends pas. Pour moi, c'est inexplicable, parce que c'est peut-être l'évidence que le seul espoir que nous avons et la course de vitesse que nous devons gagner en 2021, c'est contre le virus, le seul espoir, c'est le vaccin. Il n'y en a pas d'autre. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on attend les bras ballants ? Qu'est-ce qu'on a de mieux à faire que de vacciner massivement ? L'armée ? L'armée, pourquoi pas ?

On pourrait utiliser les internes dans les hôpitaux, les étudiants en médecine, faire en sorte que les infirmières libérales puissent être aussi vaccinées, les pharmaciens, bref, toutes celles et ceux qui ont une compétence pour cela, pour aller le plus vite possible et faire en sorte que le plus grand nombre soit protégé et éviter de nombreusement.

8:16
Invité

Cette campagne vaccinale est-ce qu'il passe son temps à s'adapter à la situation ? Est-ce que ce n'est pas la bonne méthode ?

8:21
Olivier Faure

S'adapter à quoi ? En fait, là, on a un vaccin, on a des doses, on les utilise, on avance, on ne fait pas semblant, on n'est pas en train de se dire peut-être on verra plus tard, etc., en fonction de ce que sera l'opinion. Non, on dit, il y en a déjà au moins 40% qui voulaient se faire vacciner dès le départ, ces 40%-là, ils y vont et on verra comment réagissent les autres parce que les sondages, c'est toujours la même chose, c'est une photo, un instant donné de l'opinion, ça ne veut pas dire que le genre n'évolue pas, heureusement.

8:46
Présentateur

Pour la première fois d'ailleurs, les Français sont majoritaires à dire vouloir se faire vacciner depuis quelques jours seulement en dernière enquête, 56%.

8:54
Invité

Vous raisonnez comme si on disposait de la dose de vaccin nécessaire pour vacciner tout le monde et rapidement. En fait, on voit bien qu'il y a des problèmes d'approvisionnement, que ce n'est pas uniquement un problème français mais que c'est aussi un problème européen et donc, au fond, ce qui est un peu compliqué dans votre stratégie d'opposition, c'est qu'on a l'impression que le gouvernement a toujours tout faux et quand on regarde les comparaisons internationales, on se dit que finalement sur le long terme, la France ne se débrouille pas si mal.

Donc, est-ce qu'il n'y a pas un problème de trouver le bon ton d'opposants dans une période de crise où, au fond, on est tous confrontés à de l'imprévu, à des difficultés de gestion ?

9:30
Olivier Faure

Pourquoi vous parlez d'opposants ? En l'occurrence, sur ce sujet-là, j'essaie de me comporter... C'est ce que vous êtes, non ? Je suis un opposant... Constructif. Le plus souvent possible sur les sujets qui me paraissent le nécessiter, là, sur cette question sanitaire, j'ai toujours dit la même chose depuis un an. J'ai toujours tendu la main et j'ai toujours demandé au gouvernement à être associé à la stratégie sanitaire parce que je considère que sur un sujet d'intérêt général comme celui-là, le mieux que nous ayons à faire c'est de marcher ensemble.

Je l'ai demandé il y a un an, j'ai demandé il y a six mois, j'ai demandé il y a trois mois, j'ai demandé il y a un mois, je n'ai jamais été entendu. Sur la stratégie vaccinale, j'ai demandé au Premier ministre dans la réunion que j'ai eue avec lui, je lui ai dit mettez-nous sur la table les différents scénarios auxquels nous pouvons adhérer ou pas et nous vous dirons et nous serons prêts même à nous engager derrière vous, avec vous, sur une stratégie qui nous serait commune. Mais je n'ai jamais eu quoi que ce soit et donc on est toujours mis devant le fait accompli et donc là, ce que je vous dis, je ne vous dis pas que tout est mauvais, je vous dis simplement qu'on devrait faire mieux.

Bien sûr qu'il y a des doses qui ne sont pas en nombre suffisant pour vacciner tout le monde mais entre le fait de vacciner tout le monde et de ne même pas utiliser les doses qu'on a déjà récupérées, il y a quand même là un gouffre dans lequel j'aimerais qu'on ne tombe pas.

10:40
Invité

Mais vous êtes écouté parfois malgré tout Olivier Faure parce que le comité de liaison avec les Français, les 35 Français qui vont pouvoir réagir régulièrement et dire comment la campagne se passe, c'était vous, c'était votre idée, elle a été entendue.

10:51
Olivier Faure

Oui, il y a des parfois, heureusement, il y a des choses qui sont entendues même si moi je souhaitais un comité de liaison qui ne se substitue pas au Parlement qui soit là en réalité en liaison avec le Conseil scientifique. Pourquoi ? Parce que je vois bien qu'il y a des réticences et donc comment est-ce qu'on vint les réticences sinon en en faisant la pédagogie progressive et en expliquant aux Françaises et aux Français quelles sont les... répondre aux grandes questions qu'ils se posent.

11:14
Invité

Nathalie. Est-ce que vous pensez qu'on devrait un petit peu durcir le contrôle aux frontières notamment, ça a été fait vis-à-vis dans le monde et est-ce que ça devrait être fait à l'intérieur de Schengen en clair ? Je suis allemand, je suis italien, je suis espagnol, je suis tout ça et je ne peux rentrer en France que si j'ai un test PCR cette fois-ci qui est négatif et après je dois éventuellement me confiner et refaire un test et en gros on bloque les bateaux, les avions, les trains et la circulation intra-européenne.

11:40
Olivier Faure

Olivier Faure.

11:40
Invité

Comme certains le font déjà.

11:42
Olivier Faure

Oui. Oui, comme certains le font déjà. J'étais... Vous allez croire que je passe mon livre au téléphone ce qui est un peu vrai mais j'étais avec les députés européens.

11:49
Invité

Il n'y a pas grand-chose à faire en ce moment d'autre.

11:50
Olivier Faure

Oui, on est beaucoup en vision. C'est plus prudent que les réunions. C'est plus prudent que les réunions. Mais je faisais le point avec les députés européens cette semaine et que me disent-ils ? Ils me disent que quand eux ils vont au Parlement européen, quand ils vont donc en Belgique, à Bruxelles, eh bien ils sont soumis des tests. Et donc il faudrait

12:05
Présentateur

suspendre les accords de Schengen et la libre circulation des personnes dans cet espace-là ?

12:11
Olivier Faure

Écoutez, il me semble qu'aujourd'hui nous avons intérêt à géolocaliser le virus en faire en sorte que les variants notamment ne viennent pas toucher tous les pays indifféremment et que pour des principes qui sont des principes que je partage, moi je suis pour la libre circulation à l'intérieur de l'Europe mais pour une période provisoire... Il faut suspendre la libre circulation dans l'espace Schengen pour que les choses soient claires. Pour une période provisoire et seulement provisoire... Il pourrait durer combien de temps ? Le temps que nous vainquions le virus et que nous ayons la certitude que les variants ne sont pas en train de rentrer.

Si demain le variant est partout et que c'est indifférent d'être anglais, français, belge, italien, espagnol, c'est qu'à l'en rouvre. Mais les Britanniques ne sont pas dans Schengen. Si on peut... Non, c'est vrai. Mais si on peut freiner la diffusion du virus et de son variant plus contagieux, eh bien il faut le faire. C'est une proposition de Marine Le Pen dès le début.

13:02
Invité

Et elle avait été moquée à ce moment-là.

13:03
Olivier Faure

Mais franchement, là-dessus, j'aimerais bien qu'on arrête de se poser la question en termes purement politiciens. Moi, je n'ai pas de problème... Non, non, mais... C'est juste une remarque. Nathalie Saint-Cric, c'est pas pour vous que je le dis. Moi, je n'ai pas de problème. Si Marine Le Pen dit qu'il neige quand il neige, ça ne me pose aucun problème. Moi, je containe, je conteste, je combats Marine Le Pen quand elle dit des contre-vérités, quand elle est dans le fake, quand elle est dans la discrimination. Oui, je la combats. Mais quand elle dit que le ciel est bleu quand il est bleu, et je dis aussi avec elle que le ciel est bleu. Françoise Fresseuse.

13:33
Invité

La stratégie du gouvernement français, c'est de maintenir les écoles ouvertes le plus longtemps possible. Et on entend quelques responsables socialistes, notamment Najat Vallaud-Velkacem, hier, commencer à s'interroger sur les conditions de sécurité sanitaire dans les écoles. Est-ce que vous partagez son inquiétude et qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ?

13:50
Olivier Faure

Olivier Port. Eh bien là, ça va vous paraître... Je vais être fidèle à l'esprit de synthèse des socialistes. En fait, je suis d'accord à la fois avec le gouvernement et avec Najat Vallaud-Velkacem. C'est-à-dire que je pense que les écoles doivent être fermées uniquement en ultime décision, en ultime recours, mais qu'il faut créer les conditions sanitaires pour que dans les écoles, notamment sur la cantine, notamment sur la façon dont on fait classe, eh bien, qu'on puisse aller plus loin dans les sécurités qu'on observe.

mais c'est vrai que moi, je souhaite aussi que l'école reste le plus longtemps possible ouverte parce qu'on connaît les conséquences et l'aggravation fantastique des inégalités quand on ferme l'école.

14:33
Présentateur

Est-ce qu'il faut rouvrir d'urgence les universités ? Il y a des mesures qui ont été annoncées par le Premier ministre et notamment à destination des premières années aux facs qui pourraient de nouveau avoir accès à certains TD en présentiel, comme on dit. Est-ce qu'il faut aller plus loin et rouvrir, oui, et permettre aux étudiants de retrouver le chemin des cours considérant que les jeunes sont aujourd'hui parmi les plus touchés, les plus précarisés, les plus fragilisés par la crise que nous traversons ?

15:03
Olivier Faure

Oui, oui, oui,

15:05
Présentateur

il faut rouvrir les facs.

15:07
Olivier Faure

Alors, pas dans n'importe quelle condition. Quand on est dans un amphithéâtre, vous l'avez été, je l'ai été, on a effectivement en général les amphis qui sont bondées et les scènes qu'on voyait en septembre sont inadmissibles. Mais, accepter l'idée qu'on puisse revenir par tiers, par quart et qu'on puisse retrouver une forme de sociabilité, je vois des étudiants qui sont depuis un an tenus à l'écart dans des conditions parfois extrêmement précaires et donc

15:30
Présentateur

et en grand détresse psychologique.

15:32
Olivier Faure

Il y en a une qui s'est suicidée hier. Ça n'est pas possible de sacrifier à ce point cette génération et à la fois les faire revenir mais aussi les soutenir financièrement.

15:40
Présentateur

Ils font un RSA pour les 18-25 ans ?

15:42
Olivier Faure

Absolument. Absolument.

15:44
Invité

Sans condition du tout ?

15:47
Olivier Faure

La condition c'est d'être en situation de détresse financière.

15:50
Invité

Et pérenne ? Ou ça peut être des aides temporaires ?

15:52
Olivier Faure

Moi je souhaite que ce soit pérenne. Je pourrais admettre que dans un premier temps ce soit provisoire et que au moins pendant la période de la crise on évite qu'on ait des jeunes qui fassent la queue dans les soupes populaires. c'est quand même pas possible de laisser des jeunes rentrer en l'âge adulte avec l'idée d'aller mendier leur repas chaque jour. Il y a des fédérations socialistes qui ont dans toute la France organisé des distributions de repas et j'étais dans l'une enfin plus tant d'entre elles. Mais c'est c'est des scènes épouvantables. Vous avez des jeunes qui sont là et qui viennent mendier leur repas de midi leur repas du soir. C'est des scènes qu'on ne devrait pas accepter.

On est la France.

16:28
Invité

Très concrètement. Donc RSA avec combien ? Provisoire ? Vous pouvez donner des détails là-dessus ?

16:35
Olivier Faure

Provisoire ? C'est-à-dire que moi je souhaite que ce soit plus pérenne parce que je pense qu'il y a une formidable inégalité. Vous faites des études. Il y a des enfants qui aujourd'hui sont obligés d'aller être en même temps avec 3 ou 4 heures par-ci par là pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Puis il y en a d'autres qui peuvent être aidés par leurs parents. J'aimerais que tout le monde puisse faire des études dans des conditions convenables. Et les bourses ça n'est pas suffisant aujourd'hui. Donc je vois bien qu'il y a une grande difficulté et que ça n'est pas possible de continuer comme ça.

Mais comme je sais bien que ce gouvernement est un gouvernement libéral et qu'il ne veut pas admettre que cette obligation qui est faite vis-à-vis de notre jeunesse, au moins il faut provisoir.

17:16
Présentateur

Juste Olivier Faure pour que tout le monde comprenne, je cite le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Il disait la chose suivante c'est une conviction politique forte chez moi. Je pense qu'on construit sa vie par le travail, on construit sa vie par l'emploi que vous trouvez, par l'engagement que vous avez dans votre profession. C'est ça qui vous fait grandir. Et du coup, quand on a 18 ans, ce qu'on veut c'est un travail et une rémunération. De son travail, on ne veut pas une allocation. Cet argument ne tient pas la route

17:40
Olivier Faure

selon vous ? Qui dit le contraire ? Est-ce que vous connaissez quelqu'un en France qui a envie de vivre des allocations ? Enfin franchement, est-ce que vous avez un jeune de 18 ans qui dit mon avenir ce sera d'avoir le RSA ? Personne ne dit ça. Personne. Donc qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent en même temps mais quand j'ai faim, j'ai faim. Et donc quand on est ministre de l'économie et des finances, on devrait dire la même chose. On devrait dire non pas je vous renvoie vers un travail qui n'existe pas forcément. Vous avez aujourd'hui des jeunes, y compris pour des stages qui n'y arrivent pas.

Je connais plein d'enfants entre deux mois et même parfois très proches qui cherchent des stages et aujourd'hui on leur dit partout il n'y a pas de stage. Et donc on leur dit quoi à ces jeunes ? On leur dit il n'y a pas de stage, il n'y a pas de boulot mais il n'y a pas non plus de RSA. Non, on leur dit vous êtes les enfants de la patrie, vous méritez qu'on vous accompagne, qu'on vous aide parce que nous vous devons aussi quelque chose. Voilà ce qu'on leur dit.

18:26
Invité

Alors dans le même temps, le même Bruno Le Maire dont on parle a annoncé des aides économiques et sociales à hauteur de 4 milliards par mois, 4 milliards d'euros évidemment. Les prêts garantis par l'Etat ont été repoussés d'un an. Bref, on a une dette, on en parlait, on en a entendu parler dans le flash de midi qui continue à s'alourdir. rembourser cette dette-là. Qu'est-ce que vous proposez vous les socialistes ? Comment s'y préparer ? Comment l'anticiper ? Qu'est-ce que vous pouvez proposer ?

18:51
Olivier Faure

Olivier Faure ? Alors il y a deux dettes. Il y a une dette nationale, celle du plan de relance national et puis il y a une dette bientôt européenne qui est une dette aussi qu'il va falloir se poser la question de savoir comment est-ce qu'on la rembourse ou pas ?

19:06
Présentateur

Mais il y a la dette française qui dépasse aujourd'hui

19:07
Olivier Faure

largement les 100% du PIB. Oui, qui est certainement proche de 120% à la fin de l'année 2021.

19:13
Présentateur

Et la chef économiste du Trésor dit ce matin dans le JDD Agnès Benassi-Carré qu'il faudra la rembourser cette dette.

19:19
Olivier Faure

Alors, il y a une première question c'est est-ce qu'il faudra la rembourser ? Et si on la rembourse, qui la rembourse ? Parce que moi je ne suis pas d'accord pour qu'on dise qu'elle soit remboursée indifféremment par les premiers de Corvée qu'on a tellement loué pendant la période de confinement en disant que c'était le sel de la terre. Puis maintenant on va leur dire c'est aussi vous qui allez la payer. En revanche, puisqu'on ne touche pas à la fiscalité des plus riches, les plus riches sont épargnés. Moi je ne suis pas d'accord là-dessus.

19:42
Invité

Qu'est-ce que vous mettez dans les plus riches ?

19:44
Olivier Faure

Les plus riches, vous avez les entreprises, les multinationales qui, enfin pensez à Amazon, qui a profité très largement, alors je ne dis pas qu'ils en sont responsables, ils n'ont pas fait exprès, mais n'empêche qu'ils en sont directement bénéficiaires à la grande distribution, y compris tous ces labos pharmaceutiques qui vont heureusement à la fois nous sauver mais qui vont aussi faire beaucoup d'argent. Donc ce sont les premiers qui devraient être appelés à une contribution exceptionnelle. Faire en sorte de revenir sur la politique qui est menée depuis trois ans sur l'impôt sur la fortune, sur la flat tax, etc.

qui a permis de donner un certain nombre de cadeaux fiscaux à des gens qui n'en avaient pas besoin. Dans un moment comme celui que nous traversons, il y a une solidarité qui doit s'exprimer et elle doit s'exprimer d'abord des plus riches vers les autres. Et donc c'est comme ça de mon point de vue qu'on arrive à construire de la cohésion et faire en sorte aussi que tout le monde s'y retrouve. Mais vous voulez en dépasser

20:32
Invité

une partie ? Vous voulez en dépasser une partie ?

20:34
Olivier Faure

Et sur la question de la dette européenne, je souhaiterais qu'on mette en place et malheureusement, c'est la France qui est l'un des pays les plus réticents. Eh bien, je souhaiterais qu'on mette en place ce qu'on avait appelé la taxe sur les transactions financières. Y compris la Commission. En 2012, avait un projet qui restait malheureusement dans les tiroirs qui était une taxe qui permettrait demain de rembourser la dette européenne par ce canal-là, donc sur les revenus financiers et non pas sur les revenus de la spéculation et non pas le faire payer aux États et donc aux Françaises et aux Français, aux Italiens, aux Allemands et aux autres.

21:11
Présentateur

Je vais donner la parole dans un instant à Françoise Fresseuse, mais puisque vous prononciez le mot de libéralisme pour qualifier la politique menée par l'exécutif, est-ce que ce mot-là a encore un sens aujourd'hui ? Je ne parle pas de l'Emmanuel Macron du début du quinquennat, mais de la politique qui a été engagée par le président de la République et par le gouvernement depuis le début de la pandémie, le quoi qu'il en coûte, par exemple, le retour en force de l'État-providence. Vous diriez toujours que le macronisme est un libéralisme. Ce n'est pas aujourd'hui une forme particulière de social-démocratie ?

21:44
Olivier Faure

La crise a permis beaucoup de choses. C'est vrai que... Vous souriez parce que vous acquaissez ? Non, non, je n'accaisse pas. Je vais vous répondre vraiment.

21:52
Invité

C'est un sourire charkeptique.

21:53
Olivier Faure

C'est un sourire... Je ne sais pas si vous le qualifierez comme vous voudrez quand j'aurai fini de parler. Mais en vous disant d'abord que, évidemment, la crise a permis beaucoup de choses. On avait une réforme de l'assurance-chômage qui n'était rentrée en vigueur. Ils l'ont suspendue. Heureusement, c'était une tuerie selon les mots de Laurent Berger. Bon, très bien. Il y avait une réforme des retraites qui était une réforme que je ne soutenais pas. Loin s'en faut. Que je combattais. Aujourd'hui, elle est suspendue. Tant mieux. Mais j'entends aussi ce que dit le gouvernement. Il nous dit pour l'instant, c'est suspendu. Mais on va y revenir.

Et même Bruno Le Maire nous dit, puisqu'on parlait de la dette à l'instant, il nous dit pour rembourser la dette, on va baisser les retraites.

22:30
Invité

Il ne vous a pas échappé qu'il était un peu seul sur cette ligne-là et que du côté de l'exécutif d'Emmanuel Macron et du Premier ministre, il dit tout haut

22:36
Olivier Faure

ce que d'autres pensent tout bas. Mais vous ne répondez pas complètement à ma question. Il est ministre de l'économie des finances et je n'ai pas le souvenir qu'il a été exfiltré du gouvernement. Il n'y a eu jamais

22:43
Présentateur

autant de mécanisme de redistribution de dépenses publiques dans ce pays. Est-ce que ce n'est pas une forme de social-démocratie ?

22:50
Olivier Faure

Oui, c'est une réhabilitation de la social-démocratie. Vous avez raison de le dire. C'est une réhabilitation et tout ce qui avait été conspué depuis la révolution libérale des années 80 avec Thatcher, Reagan, etc. Aujourd'hui, on s'aperçoit que heureusement que ce pays tient encore debout et il tient debout parce qu'il y a un État-providence. Donc très bien. Et alors comment vous opposez

23:08
Présentateur

si votre adversaire est social-démocrate

23:11
Olivier Faure

et vous passez loin de vous ? Il est provisoirement contraint d'utiliser les outils de la social-démocratie parce qu'il n'a pas le choix. Moi, je souhaite qu'après la crise du Covid, on se pose encore la même question. Françoise Fréceuse.

23:21
Invité

Alors on continue là-dessus. Qu'est-ce que c'est que la sociale-écologie que vous défendez en alternative du macronisme qui ressemble quand même assez furieusement au prochain Conseil des ministres proposition d'un référendum pour changer l'article 1 de la Constitution, faire la garantie de protection contre le réchauffement climatique. Donc qu'est-ce qui concrètement va vous différencier de ce que fait Emmanuel Macron aujourd'hui ?

23:44
Olivier Faure

Olivier Faure. Mais prenons l'exemple de ce référendum. Je comprends bien qu'il y a la volonté d'Emmanuel Macron d'expliquer qu'il fait quelque chose. Mais ce quelque chose, d'abord, je vois ce que disent les avocats en droit d'environnement et qui disent que ce que propose Emmanuel Macron dans la rédaction actuelle, c'est régressif par rapport à la charte de l'environnement qui est dans la Constitution. C'est ce que l'on dit

24:05
Invité

de la Convention citoyenne sur le climat, donc c'est compliqué

24:08
Olivier Faure

de s'y opposer aussi ? Non, il y a des avocats, il y a des juristes, les gens qui sont dans la Convention citoyenne ne sont pas avocats et juristes, ils ont exprimé une intention, c'est qu'on fasse en sorte que demain, on ne puisse pas faire n'importe quoi avec la planète. Je ne suis pas, je suis même convaincu que quand les avocats leur disent la proposition du gouvernement est régressive par rapport à ce que nous avons à dire dans notre droit, et bien ce n'est pas ce qu'ils veulent. Eux, ce qu'ils veulent, c'est qu'on progresse. Ils ont voulu un crime d'écocide, on est passé à un délit d'écocide. Ils ont voulu beaucoup de choses qui n'ont pas été retenues par le gouvernement.

Parce qu'il y a une confrontation

24:44
Invité

à la réalité aussi, notamment sur le délit d'écocide, c'est-à-dire que les entreprises ont dit on ne peut pas vivre en permanence sous la menace d'être attaqués pour un délit. Comment vous appréhendez

24:55
Olivier Faure

la réalité des choses ? Olivier Faure. Quelle est la menace ? La menace, est-ce que ce n'est pas une menace collective de voir une planète qui est en train de se dégrader à grands pas et que nous allons vivre malheureusement dans les 10, 15, 20 prochaines années un réchauffement climatique qui risque de menacer les espèces, la nature et les générations futures, elle n'est pas là la menace ?

25:14
Présentateur

Alors pourquoi ne pas inscrire la protection de l'environnement dans l'article 1 de la Constitution ?

25:17
Olivier Faure

Moi je suis favorable, je suis favorable, mais pas régresser sur le plan juridique et y compris ce que je dis au gouvernement et ce que je dis au Premier ministre c'est que très bien on peut faire un référendum mais il n'y a pas besoin de référendum. Il suffit de se mettre d'accord à l'Assemblée et au Sénat, on réunit le Congrès et puis on y va. Nathalie Saint-Cric et puis le portrait. Justement,

25:38
Invité

puisqu'on a l'impression que vous considérez que le centre de gravité à gauche se déplace vers l'écologie, pourquoi ne pas vous rallier finalement à une candidature écologiste comme Yannick Jadot et en quoi Anne Hidalgo serait-elle plus verte que les autres alors même qu'elle règle quelques comptes avec ses verts qu'elle soupçonne de ne pas être assez républicain. Bref, où est le centre de gravité de cette espèce de pôle de gauche que vous appelez

25:57
Olivier Faure

de vos voeux ? Mais moi je n'imagine pas l'écologie sans le social et je n'imagine pas le social sans l'écologie. Pourquoi ? Parce que ce sont les mêmes victimes et les mêmes prédateurs. Les mêmes victimes c'est qui ? C'est-à-dire que les gens qui sont victimes aujourd'hui de la malbouffe, qui sont victimes qui n'ont pas accès au bio, qui sont en réalité exposés aussi en matière dangereuse dans leur boulot, qui sont dans les zones les plus polluées. Ce sont les mêmes que ceux qui socialement sont frappés déjà par les inégalités. Et les prédateurs c'est qui ? Ce sont les mêmes aussi ce sont ceux qui profitent de tout qui ne se posent la question ni de l'homme ni de la planète.

Et donc nous avons parti lié pour faire ensemble et combattre ensemble ces grandes menaces qui pèsent sur nous.

26:40
Présentateur

Ça fait la présidentielle. On va y venir justement.

26:43
Olivier Faure

On y viendra après mais d'abord sur le fond

26:45
Présentateur

et après je vous répondrai sur le plan politique. Midi et demi, le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure est l'invité de Questions politiques ce dimanche.

26:53
Invité

France Inter, Ali Badou, Questions politiques.

26:58
Présentateur

Votre portrait signé Karine Becker. Aïe !

27:01
Invité

N'ayez pas mal avant qu'on commence. Vous réussissez à incarner Olivier Faure, la nouvelle génération du parti socialiste. Celle qui jusqu'ici n'avait jamais rien dit et qui pourtant attend depuis maintenant longtemps, suffisamment longtemps pour avoir enjambé en réalité tous les passages obligés d'une carrière politique. Une carrière politique classique. D'abord l'exécutif, vous conseillez Martine Aubry quand elle est ministre. A l'époque vous avez 29 ans seulement. Ensuite, Solferino, François Hollande est à la tête du parti socialiste.

Vous restez à un rouage de l'équipe dirigeante pendant presque 8 ans avant de rejoindre à l'Assemblée votre seul et vrai mentor, le très placide Jean-Marc Ayrault qui est alors le patron des députés. Autrement dit, chaque case a été méthodiquement cochée et comme tous les apparatchiks, Olivier Faure, vous êtes de tous les combats politiques. 2002 dans l'ombre toujours, vous œuvrez pour la campagne jospiniste.

27:59
Locuteur non identifié

Il y a eu le premier meeting au transmis en direct sur le net, celui de Lille et quand ils sont rendus compte qu'on faisait quasi jeu égal entre les gens présents dans la salle et ceux qui suivaient en direct sur le net le meeting, ils se sont dit effectivement c'est un moyen de décupler, de démultiplier les effets.

28:15
Invité

Surtout, rester calme et rester à sa place. Vous mettez du temps, Olivier Faure, à vous autoriser les places du premier rang. Vous adhérez au PS à tout juste 16 ans mais comment dire, vous acceptez de patienter jusqu'à 43 ans pour devenir député. Et c'est petit à petit à l'Assemblée que vous vous imposez. La déchéance de nationalité voulue par François Hollande, vous vous y opposez. Et la loi travail défendue par Manuel Valls, vous la contestez. Donc tout en étant dans la majorité, votre petite musique existe enfin pour celles et ceux qui ont envie d'écouter.

28:49
Olivier Faure

On a des points de vue qui peuvent diverger. Moi, je n'aime pas toujours ce qui se fait mais en même temps, je reconnais à ce gouvernement d'avoir quand même un cap, des idées claires.

29:00
Invité

Je reconnais à ce gouvernement d'avoir quand même un cap mars 2016. Tout est dit et tout s'accélère encore en 2017. Les macronistes ont tout emporté et les socialistes sont asphyxiés. Mais est-ce que vous avez hésité, Olivier Faure ? Vous, l'ancien rocardien, comme votre ex-ami Christophe Castaner, comme Manuel Valls aussi ou comme Édouard Philippe, est-ce que vous avez hésité à basculer ? Non, vous, vous avez résisté. Votre épouse, conseillère à l'Elysée, durant un an a démissionné. Un mois plus tard, vous étiez élu premier secrétaire du PS à 49 ans.

29:37
Locuteur non identifié

Il y a donc urgence à faire entendre à nouveau la voix d'une gauche capable de gouverner et d'offrir une alternative.

29:45
Invité

Alors, trois ans après, avez-vous commencé à ressusciter le PS ? Vous reconnaîtrez, Olivier Faure, que le bilan est pour l'instant assez mitigé. En tout cas, si vous n'y parveniez pas, vous deviendriez le dernier premier secrétaire à l'avoir dirigé. Lourde responsabilité, mais tout cela, bien sûr, vous le savez.

30:06
Olivier Faure

Réaction, Olivier Faure ? Moi, je trouve le portrait très juste, en fait. Dans mes hésitations, dans mes doutes, dans ce que j'ai fait, de ce que je n'ai pas fait aussi, donc je me reconnais assez volontiers dans ce que vous avez écrit et donc merci. Même y compris, je vais dire les choses très franchement puisqu'on est là pour se dire les choses. Vous demandez si j'ai hésité avec Emmanuel Macron et je dois dire que oui, j'ai hésité. j'ai hésité au démarrage. À le rejoindre ? Oui, quand il a commencé en fait sa campagne au mois de novembre, décembre 2016, j'ai eu une discussion avec lui et je lui ai demandé qui il était.

Je le connaissais parce qu'il avait été ministre de François Hollande, mais j'hésitais, je ne comprenais pas très bien qui il était et je voulais savoir où il allait. À la suite de cette discussion, mes doutes se sont approfondies et donc j'ai décidé que je ne le soutiendrai pas. Une fois encore, après l'élection... Mais ça s'est joué à trois fois rien. Non, ça s'est joué pas à trois fois rien, c'est que vraiment j'avais plus de doutes en sortant de cette conversation que en y entrant. Et puis après, il y a eu l'élection présidentielle. J'ai appelé au second tour à voter pour lui contre Marine Le Pen et essentiellement il fait un barrage à Marine Le Pen.

Et je me suis demandé à ce moment-là si finalement il n'y avait pas encore quelque chose à jouer. Est-ce qu'on n'avait pas intérêt à dire au lendemain de l'élection présidentielle qu'il fallait peut-être une grande coalition qui tienne compte de l'électorat très composite qui n'avait pas suivi Emmanuel Macron au premier tour mais qui l'avait rejoint au second pour faire obstacle à Marine Le Pen. Qu'est-ce qui vous a retenu ? Ce qui m'a retenu c'est que l'orientation ensuite prise par le gouvernement d'Edouard Philippe m'a montré que je n'étais pas du tout compatible avec ce qu'il faisait.

31:52
Présentateur

Mais vous n'avez pas pensé qu'en y allant vous auriez pu peser de l'intérieur sur les choix du quinquennat ?

31:58
Olivier Faure

J'ai souhaité j'ai même dit publiquement à cette époque-là avant qu'Edouard Philippe ne soit nommé premier ministre j'ai dit que j'étais en fait pour la réussite du quinquennat parce que je suis pour que mon pays réussisse et que je souhaite évidemment que les choses puissent progresser et je n'ai pas eu de réponse à ce moment-là et malheureusement l'orientation prise par ce gouvernement d'abord Edouard Philippe puis Jean Castex là je ne me reconnais pas du tout dans ce qu'ils font depuis les premiers mois je suis très éloigné de ce qu'ils font. Vous avez refusé

32:32
Présentateur

d'être ministre d'un mot ?

32:33
Olivier Faure

On ne me l'a jamais proposé mais je l'aurais refusé je le refuserai encore aujourd'hui si on me le proposait bien sûr.

32:38
Invité

Rebondissons sur cette idée de coalition parce que certains disent si on faisait de la proportionnelle peut-être intégrale aux prochaines législatives on pourrait peut-être arriver à faire un gouvernement de coalition pour faire les quelques cinq ou six réformes dont la France a besoin en fin de crise. Qu'est-ce que vous dites à cette proposition éventuelle ? Qu'est-ce que vous répondez ? Est-ce que vous pourriez dire chiche ?

33:01
Présentateur

Chiche

33:02
Invité

C'est un petit chiche

33:05
Présentateur

Chiche oui chiche Chiche ?

33:08
Invité

Vous n'avez pas l'air convaincu ?

33:09
Présentateur

Non mais parce que c'est contre la tradition en l'occurrence de votre parti l'hégémonie l'idée qu'on doit peser être le centre de référence à gauche l'idée que les choses doivent se jouer à la majorité et que c'est aux autres de vous suivre et non pas de composer avec eux être en position de s'il vous plaît Votre chiche est surprenant et il est en rupture avec ce qu'on imagine d'être une stratégie pour la prochaine présidentielle

33:33
Olivier Faure

Non mais comprenons-nous bien que voulez-vous me dire ?

33:38
Présentateur

Ah bah c'est très clair

33:38
Invité

Qu'au fond qu'on est quand même en pleine crise démocratique qu'on voit bien qu'il y a des grandes difficultés des décisions à prendre vous plaignez des lenteurs de l'état on voit qu'il y a un endettement record et on se dit que la prochaine le prochain quinquennat ça va être plein plein plein de défis énormes donc ce qu'on essaye d'évaluer c'est comment l'ensemble du dispositif politique se met en place par rapport à cette challenge parmi les hypothèses il y a cette idée de proportionnel qui peut-être ne se fera pas mais c'est intéressant de savoir si vous si ça se faisait est-ce que vous diriez bah chiche on va vers un gouvernement de coalition après la présidentielle

34:13
Olivier Faure

non alors j'avais pas compris votre question en fait moi je suis d'abord premier point sur la question la proportionnelle je suis extrêmement réservé d'abord parce que un système un régime ça c'est à la fois une constitution mais c'est aussi un mode de scrutin et on ne peut pas penser l'un sans l'autre et donc vouloir improviser dans l'urgence une réforme du mode de scrutin je suis contre

34:36
Invité

ce qu'avait fait Mitterrand ça lui avait pas mal réussi en 88

34:39
Olivier Faure

mais j'étais déjà contre à l'époque je le suis encore aujourd'hui ça c'est la première chose ensuite il faut voilà donc qu'on puisse y réfléchir qu'on puisse réfléchir à l'évolution de nos institutions moi je suis favorable c'est un débat que nous devons avoir donc je ne veux pas préjuger de ce que sera le débat au sein de mon propre parti mais moi je souhaite que nous puissions faire évoluer la cinquième république qu'elle soit moins présidentielle et qu'on en finisse avec le bon impartisme qu'on en finisse avec cette tradition d'autorité moi je souhaite un pouvoir qui soit plus horizontal qui soit aussi capable d'entendre ce que peut dire le parlement

35:15
Invité

alors avant d'avoir un pouvoir horizontal il va y avoir des présidentielles enfin on peut l'espérer vous êtes hostile manifestement maintenant aux primaires quel est le mode alternatif de désignation comment on attend qu'est-ce qu'on désigne pourquoi Anne Hidalgo pourquoi pas Ségolène Royal j'ai cru comprendre que François Hollande c'était pas exactement ce que vous souhaitiez et comment faire aussi pour que vous fassiez une coalition il y a Jean-Luc Mélenchon qui ne bougera pas il y a les Verts qui veulent être candidats la question est assez claire comment vous départagez le candidat socialiste et comment vous travaillez avec les autres ou alors on est quasiment sûr que vous allez perdre peut-être ne pas être au deuxième tour

35:49
Olivier Faure

Olivier Port je souhaite qu'on prenne une chose dans l'ordre alors et l'ordre c'est d'abord commencer par les idées par le projet

35:57
Invité

c'est ce qu'on dit tout le temps ça

35:58
Olivier Faure

c'est pas ce qu'on dit c'est ce qu'on dit tout le temps et partout

36:00
Invité

c'est pas une question de personne c'est un programme

36:03
Olivier Faure

non c'est ce que tout le monde dit c'est ce que personne ne fait jamais donc moi je souhaite qu'on le fasse vraiment

36:08
Invité

excusez moi mais il y a quand même une interrogation vous êtes dans l'opposition depuis 2017 pourquoi cette idée de projet ou de commun n'est pas fait encore pourquoi ça doit se faire un an avant la présidentielle qu'est-ce qui n'a pas fonctionné

36:19
Olivier Faure

mais tout a fonctionné en réalité est-ce que vous avez déjà tout a fonctionné au parti socialiste tout a non on n'a pas fonctionné d'accord mais enfin merci de le je le reconnais volontiers mais enfin sur la question du projet tout fonctionne semaine après semaine vous avez des parlementaires qui à chaque fois ont présenté des amendements disent ce qu'ils pensaient par rapport à ce que faisait le gouvernement sur la projection sur les 5 ans qui viennent vous n'avez jamais aucune opposition qui ne dévoile ce qu'elle a à dire plus d'un an avant l'élection présidentielle

36:49
Invité

sur la désignation ou le départage comme dirait Gérard Larcher on a l'impression que le parti socialiste et les républicains en sont au même stade c'est qu'on ne sait pas comment le candidat sera désigné qu'est-ce que vous proposez pourquoi la primaire devient un truc absolument infect alors que c'était quelque chose finalement qui semblait assez démocratique de l'extérieur

37:04
Olivier Faure

Olivier Port écoutez vous avez dit que vous avez cité François Hollande François Hollande a dit dans une interview au point à la fin de son mandat il a dit maintenir les primaires c'est tuer le parti de gouvernement

37:14
Invité

en général c'est pas votre maître à penser François Hollande vous avez même trouvé qu'il était un petit peu intempestif en ce moment dans les médias vous êtes réconcilié avec lui là ?

37:23
Olivier Faure

mais c'est pas une question de se réconcilié ou pas je suis premier secrétaire donc y compris pour des gens pour qui j'ai de l'estime pour qui j'ai de la reconnaissance je peux aussi parfois leur dire mais il y a un moment on joue collectif et quand ça je ne joue pas collectif je le dis pas de primaire

37:37
Invité

donc quoi à la place ?

37:38
Olivier Faure

et donc je veux commencer par le projet d'abord et ensuite faire un projet commun avec nos partenaires et voir à partir de là quel est celui ou celle qui incarne le mieux le projet commun oui comment partager ces candidats pour moi il y a trois critères de choix il y a un premier critère c'est qui incarne le projet commun et donc c'est quand même une question d'abord le projet commun puis qui l'incarne deuxième question c'est de savoir quel est celui ou celle qui peut nous conduire à la victoire donc quelle est la résonance dans l'opinion publique tout le monde dit qu'on ne regarde pas les sondages mais comme je vous ai dit que je vous disais la vérité je regarde les sondages comme tout le monde et donc c'est une indication qui n'est pas absolue mais évidemment si Mélenchon a en tête

38:17
Invité

dans les sondages ça doit évidemment

38:19
Olivier Faure

nous permettre de nous guider et troisième point qui a la capacité à gouverner 3 points à chaque fois

38:25
Présentateur

qui commencent par qui ça veut bien dire qu'il est question de personne et vous ne répondez pas à Nathalie comment départager des candidats

38:32
Olivier Faure

si personne ne s'impose je ne vous ai pas dit que la question du qui ne se posait pas du tout je vous dis simplement qu'elle est prématurée bien sûr qu'il faudra quelqu'un pour porter les idées c'est rare de voir les idées traverser une pièce toute seule elle est prématurée mais en même temps

38:44
Invité

on vous a entendu dire que la candidature d'Anne Hidalgo la maire de Paris serait finalement une excellente idée ou en tout cas elle pourrait être une excellente présidente

38:53
Olivier Faure

oui je dis une excellente présidente que je ne savais pas si elle était candidate

38:55
Invité

alors ce qui est intéressant chez Anne Hidalgo c'est que pour l'instant elle semble s'y préparer en dehors du parti socialiste elle a enfin en tout cas son entourage a bâti une plateforme qui s'appelle En Commun comme elle avait fait pour les municipales l'année dernière pas en dehors

39:10
Olivier Faure

au-delà

39:10
Invité

au-delà n'est-ce pas pareil d'accord est-ce que c'est ça est-ce que c'est ça l'astuce finalement pour rassembler tout le monde c'est-à-dire c'est sortir de ses parties les parties on ne sait plus à quoi ça sert exactement est-ce que pour rassembler il faut refaire le printemps marseillais Olivier Faurent moi je souhaite

39:26
Olivier Faure

une coalition de gouvernement donc je souhaite que tout à l'heure je vous ai dit premier critère pour moi c'est qui incarne le bloc social écologique donc c'est elle donc je vous ai dit qui incarne donc ça veut dire que je demande à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui prêts à se dévouer pour aller à l'élection présidentielle qui veulent devenir présidente ou président je leur dis la première chose que vous avez à faire les uns ou les autres Jadot, Piolle, Hidalgo tous ceux qui seront candidats je leur dis la première chose que vous avez à faire c'est d'abord à rassembler ce camp là je ne vous demande pas d'être strict au sensu à épouser toutes mes thèses ou à épouser toutes celles des écologistes pensez bloc pensez coalition pensez compromis entre nous pour pouvoir justement arriver à conjurer ce que Nathalie Saint-Cricq a dit de manière fort juste c'est que si nous y allons diviser et bien nous perdrons les uns à côté des gens

40:17
Présentateur

et elle a prononcé un nom Nathalie celui de Jean-Luc Mélenchon

40:20
Invité

qu'est-ce qu'on peut faire avec Jean-Luc Mélenchon qui a de toute façon décidé que c'était lui qui devait qui était légitime au nom de son antériorité au nom de son expérience et au nom du fait que c'est son tour maintenant

40:31
Présentateur

là aussi vous avez un sourire Olivier Faure on peut se demander

40:34
Invité

si les fameux sondages qui semblent être une façon de faire votre départage à vous le mettez par exemple devant Anne Hidalgo ou finalement le mieux placé pour l'emporter est-ce que vous pourriez accepter de ne pas être candidat enfin de ne pas avoir un candidat socialiste ou de vous rallier derrière le panache blanc de Mélenchon ou Yannick Jadot est-ce que ça peut s'envisager ça ?

40:52
Olivier Faure

je ne dois pas être assez clair en fait alors je reprends

40:53
Invité

bon alors on est un peu bête donc non non

40:55
Olivier Faure

je ne dois pas être assez clair donc je le prends pour moi je dis en fait que je veux commencer par un projet commun est-ce que Jean-Luc Mélenchon est prêt à avoir un projet commun avec qui que ce soit ? vous l'avez au téléphone ? il dit je suis candidat et c'est moi je suis le plus vieux dans le grade le plus élevé etc. donc c'est moi et puis j'ai un projet maintenant ça fait 5 ans

41:18
Présentateur

comment a-t-il un projet ?

41:19
Olivier Faure

il a un projet qui a été un projet battu à l'élection présidentielle dernière donc on devrait quand même se poser des questions le vôtre aussi ? oui mais moi j'ai fait un inventaire c'est ça la différence c'est que quand j'opère je me pose des questions et je me dis tiens est-ce qu'il n'y a pas un message qui doit être adressé par les françaises et les français donc la différence entre lui et moi c'est que quand j'opère je réfléchis et quand on me dit j'ai un projet c'est le nouveau testament et maintenant on ne peut plus y toucher je dis non non justement et si vous voulez une coalition moi je ne dis pas aux écologistes aux insoumis à Génération etc.

à tous les partis aux nombreux partis à gauche je ne leur dis pas c'est moi qui ai raison tout le monde derrière moi c'est pas un peu de blesse ça est-ce que c'est pas justement

41:58
Présentateur

le problème que vous avez aujourd'hui de ne pas être en position et en situation la politique ce sont aussi des rapports de force

42:04
Olivier Faure

Olivier Faure bien sûr que c'est des rapports de force mais je ne dis pas moi j'essaie de faire en sorte que les idées que je porte soient évidemment les plus en avant et qu'elles triomphent dans l'opinion pour qu'ensuite tout le monde suive mais je reconnais aussi que parfois j'ai tort ça m'est déjà arrivé je... et c'est évidemment rare

42:21
Présentateur

de l'entendre dans la bouche d'un homme politique Françoise Fressoz et puis des questions alors vous évoquez

42:26
Invité

le problème avec Mélenchon mais il y a aussi un autre problème qu'on a senti au sein même d'une possible coalition sociale écologique c'est au fond le rapport à la République quand Anne Hidalgo pense que certaines personnes chez les Verts ont un problème avec la République est-ce que vous partagez son interrogation ?

42:45
Présentateur

Olivier Faure on ne va pas reparler de ça ainsi enfin bon non mais c'est l'un de vos marqueurs depuis que vous êtes premier secrétaire au Parti Socialiste c'est parler de la République et en l'occurrence

42:54
Olivier Faure

la question est intéressante la question non je ne dis pas qu'elle n'est pas intéressante mais on en a déjà beaucoup parlé et je me suis déjà beaucoup exprimé sur cette question j'ai dit que effectivement ça fait partie chaque formation politique a ses lignes rouges et pour moi il y a une ligne rouge qui est la ligne républicaine assumée assumée parce que c'est la seule façon pour moi de vivre ensemble et la République ça n'est pas rien est-ce que les économistes

43:17
Présentateur

c'est la même ligne que celle d'Emmanuel Macron juste très rapidement pour qu'on ait les idées claires sur la République sur la laïcité en l'occurrence quand il me dira ce qui est sa ligne je vous dirai

43:24
Olivier Faure

si je suis d'accord avec lui j'espère être d'accord avec lui pour l'instant je n'en suis pas certain

43:27
Invité

sa ligne c'est le discours des Mureaux quand même

43:29
Olivier Faure

on sait un peu

43:30
Invité

ce qu'il pense

43:31
Olivier Faure

les Mureaux c'est ce qu'il dit mais quand je vois la loi séparatisme c'est pas tout à fait la même chose donc j'aimerais comprendre quelle est en fait la ligne d'Emmanuel Macron pas celle du grand oral mais celle du grand écrit

43:47
Invité

des candidatures des candidats écologistes qui ne sont pas dans la ligne que vous défendez et est-ce que c'est ce qui vous conduit à dire qu'au fond Anne Hidalgo ferait une bonne présidente comme si d'autres n'en feraient pas des bons présidentes dans le camp social et écologique

44:03
Olivier Faure

c'est une ligne rouge c'est-à-dire qu'il y a un moment où effectivement si moi demain il y a des gens qui m'expliquent que les lumières c'est fini les idées des lumières que non pas l'écricité que la République la laïcité etc c'est fini moi j'en suis pas évidemment là il y a un moment où quand même il faut poser des frontières étanches et donc il y a parfois des gens qui ont trouvé à s'abriter dans des formations politiques à gauche et qui malheureusement peuvent parfois être contagieux et je ne souhaite pas que la contagion se prolonge voilà

44:37
Invité

vous avez dit tout à l'heure ne pas être satisfait par la loi d'Armanin la loi destinée à lutter contre le séparatisme enfin ça ne peut plus comme ça mais renforcer les principes républiens qu'est-ce qui lui manque dans l'état actuel des choses pour que vous puissiez adhérer

44:50
Olivier Faure

beaucoup d'abord en fait on ne sait plus très bien ce que c'est que cette loi un coup c'est contre on lutte contre les séparatismes puis après contre le séparatisme puis maintenant c'est pour défendre les valeurs de la République donc pour les renforcer vous les renforcer et bien si vous voulez les renforcer il faut dire deux choses il y a effectivement un volet répressif donc combattre celles et ceux qui combattent la République celui-là vous convient ? ça me convient d'accord et puis il y a une partie aussi c'est qu'est-ce qu'est la République ? La République c'est pas simplement de vouloir fliquer les gens d'être dans une forme de c'est pas la règle sur les doigts

45:23
Invité

c'est ça qu'il y a dans le texte

45:25
Olivier Faure

il n'y a que ça malheureusement il n'y a que la partie répressive moi j'aimerais que ce soit aussi une République fraternelle ça veut dire quoi ? ça veut dire que j'aimerais qu'on puisse par exemple dire qu'on lutte contre les discriminations et comment est-ce qu'on fait ?

parce que c'est aussi un vrai drame dans ce pays d'avoir des gens qui ont à se justifier de leur couleur de peau de leur religion de ce qu'ils pensent etc donc oui il faut aussi aller se battre contre les discriminations se battre contre les inégalités territoriales pour que les quartiers puissent être enfin à égalité avec le reste du pays faire en sorte aussi que quand dans un village dans une ville on veuille enterrer quelqu'un qui est de confession musulmane il puisse avoir un carré musulman

46:09
Locuteur non identifié

donc vous ne la voterez pas ?

46:09
Olivier Faure

bref on verra j'attends de voir quelle est aussi la surenchère à laquelle vont se livrer les uns et les autres et en fonction de ce que sera le texte final je vous dirai ce que je fais Karine Becker

46:21
Invité

on entend quand même que vous vous enflammez je pose une question très courte et très simple est-ce que c'est le bon moment de parler de ce sujet là qui arrive demain en commission qui arrive demain en examen en lecture est-ce que c'est le bon moment de parler de tout ça dans le contexte actuel sanitaire etc

46:35
Olivier Faure

je ne sais pas quoi vous répondre parce que là honnêtement le gouvernement a lancé ce débat là avant que le débat ne s'enflamme avec l'affaire Samuel Paty et au départ d'ailleurs ce que disait Darmanin c'est que c'était bien de pouvoir discuter de ces sujets là à froid malheureusement c'est plus tout à fait à froid on a à nouveau des attentats qui ont créé effectivement d'attention dans ce pays sur ces sujets là donc je souhaite qu'on prenne en tout cas les sujets avec le plus de recul possible et qu'on ne fasse pas de la surenchère permanente on a besoin de réconcilier les français y compris avec la république

47:11
Présentateur

toujours question de fond sur les idées politiques question de personne également Françoise Fresseuse

47:18
Invité

oui dans le paysage de la gauche il y a aussi Arnaud Montebourg qui essaye de revenir sur un positionnement qui est plus strictement à gauche mais plutôt gauche et droite souverainiste sur une reconquête un peu nationale comment vous percevez vous son initiative est-ce qu'il est encore il fait partie des vôtres Arnaud Montebourg comment vous le jugez et comment vous appréhendez ses idées et son positionnement

47:42
Olivier Faure

pour l'instant je les appréhende peu parce qu'on en sait peu mais il y a des choses il a un jour de cotisation au PS ah non ça fait longtemps qu'il a annoncé qu'il n'était plus au PS donc je ne sais pas encore ce qu'il a décidé de définir comme projet pour l'élection présidentielle qu'il veuille revenir à plus de souveraineté sur le plan sanitaire sur le plan alimentaire sur le plan démocratique je suis d'accord si c'est pour dire qu'on fait le pont entre Henri Guénaud je vois qu'il va maintenant avec monsieur Pelletier avec monsieur Marlex avec un certain nombre de avec Marc Le Fur ça j'ai du mal à comprendre pourquoi non pas que ces gens là ne soient pas estimables respectables ils le sont mais la souveraineté c'est pas tout être souverain oui mais moi je ne suis pas je veux être souverain mais pour pouvoir décider par exemple d'un impôt sur la fortune eux ils sont contre je veux être souverain parce que je veux aussi qu'on résume les inégalités ils ne font que d'accord par leur politique pour vous je ne sais pas encore mais pour l'instant je suis inquiet parce que son positionnement n'est pas clair et que j'aimerais moi je suis d'accord pour dire qu'il faut revenir à plus de souveraineté que l'Europe doit être y compris interpellée qu'il faut la challenger et leur dire dire que ça ne va pas comme ça marche aujourd'hui mais enfin ça ne suppose pas de jeter le bébé Claude Dubin et ça ne suppose pas d'aller avec des gens qui ne partagent rien de nos idées sur d'autres questions

49:08
Présentateur

autre sujet important l'historien Benjamin Stora remettra mercredi son rapport sur les mémoires de la colonisation et de la guerre d'Algérie il remettra ce rapport au président de la république comment réconcilier ces mémoires là s'il n'est pas trop tard

49:22
Olivier Faure

ce serait terrible de dire que ce n'est plus possible et j'espère beaucoup de ce rapport Stora parce qu'il y a besoin de réconcilier les mémoires il y a besoin nous avons une histoire commune mais des mémoires qui divergent et une part aussi je ne sais pas s'il faut dire émiplégie mais en tout cas on a beaucoup de mal à appréhender cette période de l'histoire je vois le bruit qu'a fait le documentaire qu'avait produit Fabienne Servan-Schreiber avec beaucoup de courage il y a quelques semaines quelques mois sur France Télévisions je vois ce que ça a suscité comme émoi mais ces images magnifiques documentaires magnifiques documentaires et Pascal Blanchard a fait un travail extraordinaire sur la décolonisation et la fin de l'empire français exactement et qui en images rappelait ce qu'avait été l'empire et donc moi j'aimerais effectivement qu'on puisse dire aux françaises et aux français la république elle n'a pas été exemple de tout reproche et qu'elle a commis des erreurs même des fautes voire même des crimes et qu'il faut le dire pour que chacun puisse s'y retrouver mais ça n'attendit pas par contre ça ne doit pas autoriser pardon derrière à dire que l'idée républicaine elle-même est condamnée parce que ce sont deux choses différentes

50:41
Présentateur

Est-ce que le président de la république a raison de faire de 2021 une année de commémoration de Napoléon de son oeuvre de son histoire de remettre en avant 200 ans après sa mort cette figure majeure de l'histoire de France

50:54
Olivier Faure

Bon on a un président qui aime bien commémorer c'est donc pourquoi pas il a commémoré à peu près tout ce qui existe de grande figure dans ce pays de Jeanne d'Arc à Napoléon en passant par Giscard Chirac Mitterrand Mais c'est le second

51:08
Invité

histoire malgré tout non ?

51:09
Olivier Faure

Oui oui et donc rappeler ce qu'était notre histoire je ne suis pas opposé après ce que j'aimerais c'est qu'on en tire des conclusions aussi Napoléon Bonaparte il y a effectivement une histoire une grande histoire mais moi je suis ni pour le consulat ni pour l'Empire ni pour le retour de l'esclavage ni pour qu'est-ce qu'il reste du coup le conseil d'Etat le code civil oui il reste des choses mais enfin je ne voudrais pas que d'un seul coup y compris nous devions-nous sur le plan politique bonapartiste c'est une tradition qui n'est pas la mienne

51:46
Invité

non mais est-ce que c'est cohérent de considérer qu'on devrait débaptiser la salle Colbert à cause de Colbert et de dire vous que Napoléon prend ce qu'on veut et qu'on laisse le reste je ne suis pas

51:55
Olivier Faure

pour qu'on déboulonne les statuts de Napoléon je ne suis pas pour qu'on débaptisse toutes les rues je suis pour qu'on fasse leur place à d'autres grandes figures qui malheureusement n'ont pas trouvé leur place dans notre espace public et pourquoi Aimé Césaire n'aurait pas lui aussi une statue pourquoi pourquoi d'autres enfin il y a tellement de gens qui ont qui mériteraient dans notre histoire avoir leur place et qui n'y sont pas ça je crois qu'une initiative qui a été lancée par le gouvernement j'y adhère

52:23
Invité

il reste très peu de temps trois petites questions quand même qu'on se pose quand on pense au PS aujourd'hui

52:27
Olivier Faure

alors vraiment rapide

52:28
Invité

combien de militants combien de fédérations en ordre de marche et est-ce que vous allez changer le nom du parti vraiment

52:33
Olivier Faure

à peu près aujourd'hui 50 000 militants à jour de cotisation des fédérations qui fonctionnent ça dépend des endroits des départements il y a eu des endroits où ça a été plus difficile qu'ailleurs parce que nous avons pris une claque sévère et donc c'est plus difficile de se relever et le nom et sur le nom qui n'est pour moi que l'aboutissement moi je souhaite que nous refondions ce parti à l'automne prochain donc il faut un nouveau nom on repense l'organisation qu'on repense qu'on s'élagisse à d'autres avec des gens qui n'ont jamais milité qui nous ont quittés et j'aimerais que ces gens-là se retrouvent sur ce projet social écologique démocratique féministes et qu'ils aient envie de trouver un endroit où ils puissent faire valoir leurs idées et avancer parce qu'il y a beaucoup de gens dans ce pays qui sont enfin des grandes formations alors comment allez-vous c'est un débat que je dois avoir avec les autres je ne suis pas vous l'aurez compris j'ai dit que je ne voulais pas être bonapartiste et bien je ne suis pas Napoléon Bonaparte c'est pas moi qui dit c'est pas moi qui dit tout de tout c'est quand c'est à l'automne

53:32
Invité

je peux survivre mais quand, printemps c'est quoi les échéances

53:35
Olivier Faure

et bien votre impatience me touche voilà me touche vraiment et je suis heureux de savoir que vous avez toutes et tous envie de savoir qui battra Emmanuel Macron l'année prochaine et bien je vous l'assure vous l'aurez avant la fin de l'année et nous irons jusqu'à la victoire effectivement voilà bon positif pour finir quand ? l'automne prochain

53:55
Présentateur

bon ben voilà c'est beaucoup plus clair l'émission se termine merci Olivier Ford d'avoir répondu à nos questions bon dimanche merci à toutes les trois merci à vous de nous avoir suivis merci à Alexandre Gilardi et à toute l'équipe technique de Questions Paul on vous donne rendez-vous dimanche prochain merci à vous

54:09
Locuteur

merci à vous

Olivier Faure : "je souhaite que la démocratie ne soit pas confinée avec tous les Français" — Olivier Faure · Pourquijevote