Entretien avec Adama Bictogo et Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale française
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ils sont tous deux présidents de l'Assemblée nationale depuis le mois de juin dernier. Madame Yaël Braun-Pivé est la première femme en France à occuper le prestigieux fauteuil du perchoir. Monsieur Adam Abiktogo, son hôte, a été élu dans le même fauteuil à une quasi-unanimité. Deux éminentes personnalités politiques dans leur pays qui ont des choses à se dire et des choses à nous dire. Sur cette info et sur la RTI, vous êtes dans Droits dans les yeux.
Monsieur Adam Abiktogo, vous êtes le président de l'Assemblée nationale ivoirienne. Bonjour et merci de nous recevoir au sein de votre institution.
Bonjour.
Madame Yaël Braun-Pivé, mes excuses, bonne arrivée chez nous en Côte d'Ivoire et merci d'accepter de participer à cet échange. Bonsoir à tous. Monsieur le président de l'Assemblée nationale, vous avez décidé de convier votre homologue de la France à la cérémonie d'ouverture de la session ordinaire 2023. Elle est l'inviteur d'honneur. Pourquoi ce choix ?
Merci. Il y a deux raisons qui font ce choix. La première raison, c'est d'abord l'excellence des relations entre la France et la Côte d'Ivoire depuis le président Félix Faute-Boigny. La deuxième raison, c'est que Madame la présidente nationale est la première femme présidente de l'Assemblée nationale en France. En soi, c'est un événement et ceci répond naturellement à ma conviction que la parité, l'égalité entre hommes et femmes doit être une réalité et donc l'expression de cette égalité entre hommes et femmes.
Madame Yaël Braun-Privé, vous allez prononcer le discours d'ouverture de cette session parlementaire. Quel sens politique donnez-vous à cette invitation et qu'est-ce que vous avez envie de dire aux députés ivoiriens ?
C'est un moment très fort pour moi parce que c'est mon premier déplacement officiel en Afrique et c'est la première fois que je vais m'adresser dans un hémicycle étranger à d'autres parlementaires. Et je mesure l'honneur qui m'est fait parce que depuis que je préside l'Assemblée nationale en France, j'ai accordé cet honneur à un seul président de parlement qui est notre homologue de la RADA. Et donc c'est toujours un moment très particulier et donc j'ai été très honorée lorsque j'ai reçu cette invitation par le président Big Togo et j'ai pensé que compte tenu de notre histoire commune, il était important que je puisse honorer cette invitation.
Ensuite, lorsque l'on s'adresse aux parlementaires dans un hémicycle, vous vous adressez finalement au pays tout entier. Parce que les parlementaires sont des élus qui viennent de l'ensemble des territoires qui composent un pays et ils représentent aussi la diversité politique de ce pays. Et donc finalement, un président de parlement, lorsqu'il s'adresse à la représentation nationale, comme son nom l'indique, il s'adresse à tout un peuple.
Quel message politique vous avez envie de faire passer ?
J'ai envie de faire passer déjà le message que la diplomatie, c'est la diplomatie de gouvernement, mais c'est aussi la diplomatie de parlement. Et donc, cette diplomatie, on l'a construit ensemble. Ensuite, c'est évidemment qu'aujourd'hui, la Côte d'Ivoire, c'est un pays qui est porteur d'une énorme espérance, d'un avenir et que nous avons envie d'y contribuer. Mais de contribuer à cette construction d'un avenir avec un partenariat renouvelé. Et c'est cela que je pourrais dire demain et tant d'autres choses.
Alors, vous êtes tous les deux membres du parti politique majoritaire dans vos pays respectifs, en Côte d'Ivoire, le RHDP et la République en marche pour la France. Est-ce qu'on peut véritablement se départir de son appartenance politique lorsqu'on est au perchoir ?
Pour ce qui est de la Côte d'Ivoire, d'abord, je pense que vous avez pu suivre les élections, mon élection en Côte d'Ivoire, élection qui a été le fruit d'un compromis. Vous savez, la Côte d'Ivoire a traversé des moments difficiles. Mais je voudrais saluer ici la grande résilience, non seulement de nos populations, mais des députés. Et donc, fort de cette capacité de résilience, nous avons convenu de fonctionner en mettant en avant l'institution. Donc, c'est vrai que nous gardons en nous nos appartenances à nos chapelles politiques. C'est vrai que le compromis ou le consensus n'est pas antinomique avec, donc, la pluralité des pensées.
Donc, nous ne sommes pas dans l'unicité de pensée, mais nous sommes dans la construction. Nous voulons donc, nous avons donc décidé que notre Assemblée soit la force motrice du renforcement de la cohésion sociale. Oui, naturellement, que lorsque vous avez cette position qui transcende les clivages politiques, qui va au-delà de votre appartenance politique, vous pouvez être incompris. Mais l'essentiel, c'est la Côte d'Ivoire. L'essentiel, c'est qu'au bout, après analyse, que tout le monde comprenne que le vivre ensemble est la solution. Je ne dirais pas que c'est la panacée de tous nos problèmes, mais c'est une solution parmi tant d'autres qui apaise et qui renforce.
Donc, nous devons cultiver les valeurs qui rassemblent et non les valeurs qui divisent. C'est en cela que ma position, partagée avec celle de mes collègues, c'est la concertation permanente, c'est l'écoute et puis c'est le compromis.
Vous partagez cette vision que l'intérêt général passe au-dessus des intérêts particuliers, voire partisans ?
Bien sûr, c'est même la raison pour laquelle je me suis engagée en politique. Le dépassement des clivages, le fait qu'il fallait rassembler les énergies d'où qu'elles viennent pour pouvoir œuvrer dans un objectif d'intérêt général. J'ajoute qu'à la place qui est la nôtre, lorsque nous présidons une assemblée qui est composite, qui est composée de diverses forces politiques, et en ce qui concerne l'Assemblée nationale française, sans groupe majoritaire, il est fondamental de montrer de l'impartialité, de s'extraire de son parti politique pour la gestion quotidienne de l'Assemblée nationale.
Parce que si vous ne le faites pas, vous n'êtes pas finalement légitime pour pouvoir la présider et vous serez sans cesse contesté. Donc il faut faire preuve de beaucoup de hauteur, de beaucoup d'impartialité. Et en même temps, nous sommes des hommes et des femmes politiques, nous avons des convictions et nous devons aussi les porter très forts. Et donc c'est cette dichotomie qu'il faut gérer. Mais je pense que lorsque l'on a de la cohérence, lorsqu'on a des convictions, lorsqu'on œuvre dans l'intérêt général, on peut très bien gérer cela. Je pense que, en tout cas, c'est vital pour nos démocraties aujourd'hui.
Vous avez été tous les deux élus au Perchoir en juin de l'année dernière. Ça fait moins d'un an. Vous êtes deux jeunes présidents, si je puis dire. Et finalement, le fait que vous soyez tous les deux au début de votre mandat, est-ce que ça permet une relation particulière ou nouvelle entre les deux institutions ? Un nouvel élan ? Qui répond ?
Non, mais je pense qu'effectivement, c'est important parce que finalement, nous n'avons pas de passé. Donc pas de passé, ça peut dire aussi pas de passif. Et c'est vrai que nous pouvons construire notre relation interparlementaire comme nous le souhaitons. Nous pouvons nous appuyer aussi sur des groupes d'amitié qui sont féconds. Et puis, peut-être que le fait d'être nouveau président de nos assemblées nous laisse aussi plus de liberté dans l'exercice de nos missions, parce que nous sommes peut-être encore très idéalistes sur ce que nous pouvons faire avec nos assemblées. La page est blanche et il faut l'écrire.
Et entre la Côte d'Ivoire et l'Assemblée nationale, eh bien, cette page, bien sûr, nous ne partons pas de rien. Mais nous devons écrire ensemble un nouveau chapitre. Et c'est très enthousiasmant.
Moi, je vais revenir sur la coopération interparlementaire dans le sens où il a dit, vous venez tous deux de prendre fonction récemment. Et on se demande quel peut être l'apport mutuel des uns et des autres. Qu'est-ce que l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire peut apporter à l'Assemblée nationale française et vice-versa ?
Tout est dans la perception et dans la volonté partagée des deux assemblées. Tout à l'heure, nous avions parlé de la diplomatie parlementaire. Cette diplomatie parlementaire vient en complément de la diplomatie, donc, de l'exécutif. Je donne pour exemple, quand nous étions allés en visite à Paris, nous avions évoqué le sujet relatif à la restitution des biens culturels en France. Et donc, j'ai échangé avec Madame la Présidente relativement à la loi qui devait être donc votée pour que cette loi soit une loi d'ordre général permettant à tous les pays de bénéficier de cette restitution. Mais, vous savez, nous sommes en face de plusieurs défis à relever.
Aujourd'hui, les crises énergétiques, les crises de l'environnement, le dérèglement climatique, la guerre russo-ukrainienne, dont les conséquences sont subies de plein fouet par les pays africains, en particulier notre pays. Donc, autant de défis qui imposent que nos parlements puissent donc accompagner dans une relation intelligente l'exécutif. Et plus que jamais, comme le disait tout à l'heure Madame la Présidente, nous bénéficions d'une légitimité parce que nos mandants, ce sont les populations. Donc, nous avons, nous sommes plus aptes à pouvoir faire des propositions qui prennent en compte les préoccupations de nos populations.
Donc, tout naturellement, dans notre coopération avec l'Assemblée nationale de France, nous pouvons donc indiquer tout ce qui peut améliorer. Vous savez, une relation, elle est dynamique. La coopération, elle est dynamique. On ne peut pas, sinon à la fin, elle va être sédentarisée, elle va donc dépassée, alors que nous avons des générations à venir. Les générations présentes ne réfléchissent pas comme les générations anciennes. Donc, il faut pouvoir épouser les consciences collectives dans leur évolution.
On a l'impression qu'en Côte d'Ivoire, le Parlement est encore un monde un peu fermé, un peu opaque. Il n'y a pas beaucoup de commissions d'enquête. Il n'y a pas de questions au gouvernement. Est-ce que vous vous dites que ça, c'est des ouvertures qu'on pourrait imaginer dans votre procédure ou finalement, vous dites que ça fait trop d'agitation, peut-être, et Mme Bront-Pivet peut en témoigner ?
Non, dans nos missions, tout à l'heure, je crois qu'à l'entame de mes propos, j'ai donc parlé de l'axe diplomatique, mais j'ai aussi parlé de l'Assemblée qui se rapproche des populations. Se rapprocher des populations, c'est pouvoir s'auto-saisir des sujets d'intérêt public. Ceci fait partie de notre Constitution et des textes de l'Assemblée. Certainement que pour l'heure, les sujets d'intérêt public, pour certains, lorsqu'il y a eu l'année dernière les inondations, nous avons eu des missions. Ceci étant, en fonction des sujets, nous nous assurons que l'exécutif ne s'est pas approprié le sujet.
Parce que ça ne sert à rien de mener une mission d'enquête quand la justice est déjà saisie d'un dossier. Donc, c'est vrai que dans... C'est pas complémentaire. Oui, ça peut... En France, c'est complémentaire. Absolument, en France, ça se voit, mais c'est justement dans ces échanges. Ce sont des échanges d'expérience que nous pouvons aussi permettre, par les échanges de formation, pouvoir donc devenir un acteur essentiel à la saisine de certains dossiers. Mais en tout état de cause, il faut se rassurer, notre Assemblée n'est pas une Assemblée muette. Elle est active et si vous voulez participer à nos débats, je voudrais saluer la pertinence des débats.
Parce que notre Assemblée regorge de députés compétents. Donc, peut-être que nous ne faisons pas de bruit, mais dans le résultat, l'exécutif se rend bien compte que nous avons une Assemblée agissante, active et très percutante.
Deux questions. La première, est-ce qu'on peut l'envisager en Côte d'Ivoire, cette publicité de ces débats et de ces commissions parlementaires ? Et vous, avec ce nouveau visage de l'Assemblée nationale française, qui a ouvert finalement l'hémicycle à des profils parfois atypiques, est-ce que vous ne craignez pas que ça dégrade ou que ça dévalue la qualité des échanges parlementaires ?
Alors, concernant la publicité, il est vrai qu'en France, tous les débats parlementaires sont publics et sont accessibles, que ce soit sur la chaîne parlementaire, vous venez de le rappeler, ou sur le site de l'Assemblée nationale, qui retransmet en direct tous les travaux en commission et les travaux dans l'hémicycle. Et vous pouvez accéder sur le site de l'Assemblée à l'ensemble des travaux présents et passés. Je pense que c'est effectivement un élément qui est important. Nos travaux, après, c'est vrai, nous avons une assemblée qui est très nouvelle, très différente du passé. Cette différence, elle s'exprime de deux façons. D'une part, avec l'absence de majorité.
Et donc, il n'y a aucun groupe à l'Assemblée nationale qui bénéficie d'une majorité absolue. Et ça change considérablement le fonctionnement de l'Assemblée. Et par ailleurs, la présence de dix groupes politiques, dont des groupes qui sont plus radicaux que d'autres. Et cette nouvelle configuration est un élément avec lequel nous devons composer. Puisque c'est le choix des Français qui s'est exprimé dans les urnes. Et finalement, moi, j'ai l'habitude de dire que cette assemblée qui ressemble à la France, elle nous oblige. Elle nous oblige tous. Parce que, quand vous faites de la politique, votre mission, c'est de respecter le mandat que l'on vous confie.
Et les Français, eh bien, ils ont confié un mandat à 577 parlementaires avec cette représentation diverse. Et à nous, maintenant, de la faire fonctionner. C'est vrai que c'est plus difficile qu'avant. Et il ne faut pas le nier. Et parfois, c'est plus agité qu'avant. Mais c'est une assemblée qui est vivante. Et qui, je crois, remplit pleinement la mission qui est la sienne.
Vous dites, Madame, l'Assemblée est vivante. Est-ce qu'on peut aussi la considérer comme une dégradation de la qualité du débat parlementaire ? Parce qu'il y a quelquefois plus que des noms d'oiseaux qui sont prononcés dans l'hémicycle. Et est-ce que ça, ça vous inquiète ? Pour la démocratie ? Peut-être aussi pour l'image de la France à l'extérieur ?
Alors, vous savez, il y a effectivement des moments où les attitudes des uns et des autres ne sont pas respectueuses. Et il ne faut pas les laisser passer, il ne faut pas le tolérer. On dit souvent qu'il y a beaucoup de sanctions qui sont prononcées depuis le début de cette mandature.
Plus que d'habitude ?
Plus que d'habitude. Mais parce que les comportements sont davantage que d'habitude irrespectueux, soit de l'institution, soit des uns et des autres. Et nous avons un règlement et je suis en charge de son application. Et je n'hésite pas à le faire. Mais je voudrais tout de même préciser que la très grande majorité des débats se déroule très bien et nous conduit à voter de très nombreux textes qui sont votés parfois à l'unanimité.
Et donc il ne faudrait pas que les quelques moments de crispation et de tensions exacerbées où nous voyons des comportements qui ne sont pas acceptables et qui ne sont pas acceptés, qui sont sanctionnés, cachent finalement ces centaines d'heures des débats qui se déroulent fort bien et qui nous permettent d'adopter des textes qui servent au quotidien nos concitoyens.
Alors on imagine que M. Big Togo, en toute diplomatie, n'aimerait pas être à la place de son homologue ces temps-ci.
Non, pourquoi pas. Vous savez, ceci fait partie... Non, non, non, non, non. D'abord, je suis solidaire de Mme la Présidente. Mais vous savez, il faut moins juger la forme que le fond. Et elle vient de le dire. La forme, il y a ceux qui... L'Assemblée, c'est l'expression de la force des arguments. Donc ceux qui crient, c'est parce qu'ils n'ont pas des arguments pour convaincre. Lorsqu'on a les arguments pour convaincre, on parle posement. On veut se faire entendre. Donc on évite le bruit. Mais ça fait partie de la démocratie. Vous avez souvent une minorité agissante. Et puis vous avez aussi une majorité plus silencieuse. Je crois que le tout, c'est l'un dans l'autre.
Le président qui opère choix doit pouvoir avoir les moyens d'arriver au résultat en utilisant toutes les voies qui s'imposent à travers les textes de l'Assemblée. Et quand on n'y arrive pas et qu'il y a des... Il y a certains turbulents, bon, les textes s'appliquent. Et c'est pour ça que... Pour l'heure, nous, on a encore cette chance ici d'avoir... C'est calme. C'est calme. Non, moi, je suis à mon troisième mandat. Le débat, il est courtois parce que je sais respecter mes collègues aussi. Parce qu'on a une vraie opposition qui est composée de personnalités compétentes. Et sur les sujets, on s'exprime. Sauf que nous avons convenu que l'expression ne doit pas s'accompagner de mots violents.
C'est une volonté. C'est pour cela que j'ai parlé de compromis, de concertation. Donc il y a une maturité de notre Assemblée que je voudrais saluer.
Mais c'est pour préserver quoi ? Le côté sacré de l'hémicycle ? Est-ce que les propos violents, on les lit régulièrement entre médias interposés ? Ils ne sont peut-être pas violents dans l'hémicycle, mais à l'extérieur...
Les médias ne sont pas forcément... Et sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux ne sont pas une référence.
Alors, on va aller un petit peu vers la fin. Le deuxième événement pour lequel vous êtes venu, c'est l'ouverture de la conférence des présidents de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Alors là, on est en pleine diplomatie parlementaire. Vous, madame, vous rencontrez des gens à l'occasion de votre visite. Des femmes, des jeunes, des acteurs économiques, des acteurs du secteur culturel. Qu'est-ce que vous venez chercher ? Qu'est-ce que vous venez écouter ? Quel enseignement vous avez envie de tirer d'un séjour comme celui-ci ?
Une meilleure compréhension. Une meilleure compréhension de l'autre, de ses aspirations, de ses problématiques, des enjeux auxquels il doit faire face et qui sont nécessairement différents des nôtres. Et puis, moi, je crois que c'est important de se montrer très solidaire, finalement, dans des temps qui sont compliqués. On voit que le monde est en proie à de nombreux défis. Des défis qu'on pensait, qui ont été listés tout à l'heure, les défis climatiques, mais les défis également de la paix, de la sécurité, du développement économique, d'une jeunesse. Et je crois que de voir comment, d'échanger les regards, c'est important, d'échanger les regards.
Parce qu'on parle d'échanger les regards dans nos parlements avec nos oppositions, mais échanger les regards avec d'autres pays, d'autres peuples, c'est tout aussi important. Et je crois que c'est comme cela que nous réussirons à avancer ensemble.
Merci, Madame la Présidente. Merci, Monsieur le Président, d'avoir tous deux accepté le principe d'une interview à deux.
L'ouverture de la session ordinaire 2023 coïncide avec la conférence des présidents d'Assemblée et de section de la région Afrique de l'Assemblée parlementaire, de la francophonie, l'APF. Quelle est finalement sa raison d'être et quels sont les objectifs de cette entité ? Et pourquoi les avoir conviés ici ?
J'avoue que j'ai proposé au secrétaire général de l'APF qu'à l'occasion de ma rentrée sur la neige, je souhaitais présider, organiser la conférence des présidents de la section africaine, l'APF. Pour moi, cette organisation, cette rencontre est une tribune pour parler de l'espace francophone. Vous savez qu'aujourd'hui, nous avons quelques pays qui étaient dans l'espace francophone et qui ont glissé vers le Commonwealth. Je n'ai rien contre le Commonwealth, mais en tant que francophile, je me dois de préserver, de protéger l'espace francophone.
C'est le lieu pour nous et d'ailleurs de profiter, donc justement, comme je leur avais dit à tous, que Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, en tant qu'invité d'honneur de la rentrée sur la neige, pourra donc être présente à cette Assemblée. Et ce sera l'occasion pour nous d'échanger avec Madame la Présidente, qui naturellement représente donc la France, et la langue parlée, la langue que nous aimons, c'est la langue de Molière, c'est la langue française. Et c'est l'occasion de parler de l'espace francophone. Nous en parlions tous les deux. Quels sont les avantages d'appartenir à l'espace francophone ?
Il faut certainement revisiter les éléments qui fondent cet espace francophone, parce que les générations évoluent, les générations changent, et de plus en plus, nos jeunes sont attirés par les pays anglophones. Qu'est-ce que nous faisons, en tant que défenseurs, en tant que pays membres de l'espace francophone, non seulement de valoriser encore plus la langue francophone, mais de pouvoir rendre l'espace fluide, et cela passe par le commerce, par la mobilité dans l'espace.
Et donc ce sont autant de sujets pour lesquels je voudrais d'abord remercier tous les présidents, d'abord qui ont accepté de venir à la rentrée sur la Nelle, et de rester pour participer à l'Assemblée parlementaire francophone. Je voudrais en tout cas, une fois de plus, me rejouir de la présence de mon ami, la présidente de l'Assemblée nationale de France, au-delà donc du raffermissement des liens entre la Côte d'Ivoire et la France, il y a donc cette Assemblée parlementaire francophone qui a besoin que nous passions de discours à l'action. Et c'est pour cela que nous sommes là.
C'est le mot de la fin. Merci à tous deux d'avoir accepté cette invitation conjointe pour la RTI et cette info. Merci donc aux deux présidents de nous avoir accordé une interview conjointe et au président Big Togo de nous avoir ouvert les portes de l'Assemblée nationale ivoirienne. Je voudrais également remercier Mme Carmen Mereb de l'Assemblée nationale ivoirienne et Mme Adèle Diop de l'Ambassade de France de Côte d'Ivoire pour leur efficace et bienveillante collaboration. A la prochaine fois. Merci de votre attention.