Le NFP en train de se fissurer ? L’analyse de Roselyne Bachelot - C à vous
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse partielle
Je suis plus jeune, extraordinaire argument par celui né en 51...
- 1:00RelanceRéponse directe
Vous avez dit "à long terme". Personne ne pense à long terme.
- 3:00OuverteRéponse directe
Dans le meilleur des cas, c'est un ministre et un gouvernement pansement.
- 4:30OuverteRéponse directe
Si ça bouge un peu du côté du PS, ça se raidit du côté de la droite et LR.
- 6:30OuverteRéponse directe
E.Macron a réaffirmé qu'il n'était pas question pour lui de quitter l'Elysée avant 2027.
- 7:30RelanceRéponse directe
J.-L.Mélenchon demande la démission du président de la République. Ça vous choque?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30R.BachelotFait
« On sait très bien que dans cette composition de l'Assemblée nationale, il y avait un seul élément qui pouvait bouger, et c'était au niveau du PS. »
- 2:30R.BachelotFait
« Seules des réformes de structures, dont certaines sont constitutionnelles, permettraient de faire fonctionner la République de façon convenable. »
- 3:30R.BachelotChiffre
« On voit bien que quand on teste auprès des Français les différentes personnalités, au mieux, on a un coefficient d'adhésion à 31 ou 32 %. »
- 7:00R.BachelotChiffre
« Il a été élu avec 58 % des voix. Peu importe d'où venaient les voix. Ca ne s'évalue pas, ça se compte. »
- 9:30R.BachelotFait
« Ne pas avoir gardé la solution du remaniement pour après les élections européennes, c'était une erreur. »
- 10:30R.BachelotFait
« La façon dont il n'a pas fait campagne pour les élections législatives en 2022, la façon dont il a traîné pour nommer le nouveau gouvernement... »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
- P.Cohen: "Je suis plus jeune", extraordinaire argument par celui né en 51, qui fait figure de gamin à côté de M.Barnier.
Il est né 4 mois et 2 semaines après lui. Voilà le coup de jeune qui risque de souffler sur Matignon. - R.Bachelot: L'âge n'a rien à faire.
Il se passe des choses. On sait très bien que dans cette composition de l'Assemblée nationale, il y avait un seul élément qui pouvait bouger, et c'était au niveau du PS. Il n'y avait nulle part ailleurs à aller chercher.
Le PS se rend compte qu'à un moment ou un autre, il va bien falloir qu'il bouge, que ce soit maintenant, plus tard ou dans les 2 ans qui nous séparent de la présidentielle ou au moment de la présidentielle. C'est en train de bouger. Je suis un peu moins optimiste que P.Cohen. - P.Cohen: Je n'ai pas fait de pronostics. - R.Bachelot: Sur le fait que ça puisse aboutir à long terme à quelque chose qui marche.
Dans la structuration de la vie politique actuelle, on est comme dans un tableau de Piranèse. Il y a des escaliers partout qui ne mènent nulle part. De toute façon, dans les ménages à trois, il y a toujours un cocu et c'est lui qui paye la chambre. - P.Cohen: Vous avez dit "à long terme".
Personne ne pense à long terme. C'est un attelage pour tenir pendant 8 mois. Personne ne se projette jusqu'à 2027. - R.Bachelot: On va avoir une solution.
La structuration de la vie politique actuelle fait que seules des réformes de structures, dont certaines sont constitutionnelles, permettraient de faire fonctionner la République de façon convenable. - A.-E.Lemoine: Dans le meilleur des cas, c'est un ministre et un gouvernement pansement. - R.Bachelot: Oui.
Qui permet de gérer les affaires courantes, qui essayerait de retrouver notre place en Europe. On l'a vu avec les négociations du Mercosur et le coup de force d'U.von der Leyen, qui profite de la faiblesse de la France pour avancer ses pions.
Il faut retrouver un peu de solidité. Je ne sais pas si F.Bayrou arrivera à constituer un gouvernement solide, avec des personnalités qu'il a sollicitées.
On voit bien que quand on teste auprès des Français les différentes personnalités, au mieux, on a un coefficient d'adhésion à 31 ou 32 %. Devinez qui est-ce qui ressort... - A.-E.Lemoine: M.Barnier! - R.Bachelot: C'est dingue. - A.-E.Lemoine: Le patron de l'institut Ipsos, B.Teinturier, nous expliquait à quel point il y avait une dissociation entre l'homme que les Français respectaient et son programme qu'ils rejetaient. - R.Bachelot: C'est un peu le cas de tout le monde. - A.-E.Lemoine: B.Cazeneuve a dit qu'il ferait un bon Premier ministre. - B.Cazeneuve: F.Bayrou ferait un bon Premier ministre.
Il a l'expérience politique incontestable. Il a exercé des responsabilités dans l'appareil d'Etat. C'est un homme qui a une expérience d'affaires publiques. - P.Cohen: L'expérience... - R.Bachelot: C'est un bon point, d'avoir de l'expérience.
En l'occurrence, ce n'est pas quelque chose d'utile en ce moment. La chose utile, ça serait de réfléchir ensemble à la façon de faire marcher les institutions de la République dans une structuration à 3 partis. Tous les textes fondateurs de la Ve République ont été imaginés pour un système bipartisan.
Ce système bipartisan s'est effondré. Il ne faut pas penser, comme certains le disent, et en particulier J.-L.Mélenchon, que le fait d'effacer E.Macron va permettre de revenir à une sorte de reset pour revenir aux solutions précédentes.
Cette structuration en 3 partis est extrêmement profonde. Elle reflète des évolutions qui se développent dans tous les pays européens et qui sont aussi spécifiques de la France. - A.-E.Lemoine: Si ça bouge un peu du côté du PS, ça se raidit du côté de la droite et LR.
B.Retailleau a dit qu'il était hors de question de faire des compromis avec cette partie de la gauche qui a pactisé avec les insoumis. - P.Cohen: C'est ce qu'il disait de la droite et finalement, il est allé au gouvernement. - R.Bachelot: Ceux qui faisaient la fine bouche sur les tentatives de trouver une solution vont le payer cher dans l'opinion publique.
Les Français ne pardonneront pas de faire échouer avant même que la chose soit résolue, une tentative que tout ça fonctionne à peu près. - A.-E.Lemoine: Les Français ont été alertés par cette censure. - R.Bachelot: Ils sont extrêmement fâchés.
Les Français sont fâchés. Je les rencontre souvent à travers les signatures de mon excellent livre dont vous n'aviez pas encore parlé. - A.-E.Lemoine: Vous le faites si bien vous-même. - R.Bachelot: C'est incroyable.
D.Lisnard m'a invitée à l'Association des maires. J'ai échangé avec des maires ruraux de petites communes.
Ils sont très fâchés. Ils attendent que la classe politique se ressaisisse et qu'elle soit ouverte à des solutions pour écouter des compromis. Il y a des choses qu'on va avoir du mal à supporter.
Il y a une seule chose sur laquelle il ne faut pas transiger, à mon avis...
P.Cohen parlait du gel de la réforme des retraites. Il ne faut pas aller au-delà.
Cette réforme est déjà tout à fait médiocre. Elle est tout à fait insuffisante face aux échéances qui nous attendent. Si on abroge la réforme des retraites... - P.Cohen: O.Faure a dit qu'il reconnaissait qu'il y avait besoin de financements.
C'est un coup à 20 ou 25 milliards d'euros. - R.Bachelot: O.Faure deviendrait-il raisonnable? - A.-E.Lemoine: C'est surprenant d'entendre un discours qu'on ne pensait plus entendre.
Est-ce qu'il a fait le choix de la censure pour amener un peu plus de responsabilité? - R.Bachelot: Les gens réfléchissent.
O.Faure, il avait accepté cette affaire pour sauver un certain nombre de sièges. Maintenant qu'il les a sauvés, il se rend compte qu'il n'a pas franchement enfourché le bon cheval. - M.Bouhafsi: Hier soir, E.Macron a réaffirmé qu'il n'était pas question pour lui de quitter l'Elysée avant 2027.
Il a dressé un tableau des priorités pour les 30 mois à venir. Quelques minutes plus tard, sur le plateau de 20h, J.-L.Mélenchon a martelé que la seule solution, c'était la démission du président de la République. - J.-L.Mélenchon: Il doit s'en aller pour que le peuple puisse de nouveau voter.
C'est lui qui fiche la pagaille. Il bloque tout et ne veut entendre personne. Le général de Gaulle est parti quand il a eu le sentiment qu'il n'avait plus l'appui du peuple français.
Il s'en ira. Il y a la force des événements. - M.Bouhafsi: J.-L.Mélenchon demande la démission du président de la République.
M.Le Pen ouvre la porte. Cette semaine, on a été surpris.
J.-F.Copé et D.Lisnard pensent que c'est la solution pour débloquer la situation.
Entendre J.-F.Copé qui dit exactement la même chose que J.-L.Mélenchon, avec la forme qui est différente, ça vous choque? - R.Bachelot: Essayons de réfléchir.
Il a été élu avec 58 % des voix. Peu importe d'où venaient les voix. Ca ne s'évalue pas, ça se compte.
Il a cette légitimité. On ne va pas rajouter de la crise à de la crise. Demain, il démissionne.
Très bien. C'est exactement la même chambre...
Je parle comme sous la IIIe République. C'est la même Assemblée nationale qui reviendrait au pouvoir. Qu'est-ce qui se passera? - P.Cohen: Il n'est pas sûr qu'ils puisse y avoir des législatives dans la foulée. - R.Bachelot: Des constitutionnalistes disent qu'on pourrait peut-être...
D'accord. - A.-E.Lemoine: Les Français tiennent E.Macron pour responsable de la crise politique actuelle.
Il a amorcé un semblant de mea culpa hier dans son allocution. Il a dit que cette dissolution n'avait pas été comprise. Il ne reconnaît toujours pas que c'était une erreur? - R.Bachelot: Il y a 2 choses à regarder.
C'est le substrat de la structuration du paysage politique. Ce n'est pas E.Macron qui en est responsable.
Il est plutôt le résultat de cette restructuration. Il est plutôt l'effet que la cause. Dans l'utilisation des outils qui permettent de se conduire là-dedans, oui, effectivement.
Ne pas avoir gardé la solution du remaniement pour après les élections européennes, c'était une erreur. De ne pas avoir gardé l'arme de la dissolution pour suivre une censure éventuelle, effectivement...
Quand on regarde la façon dont il a sorti les différentes cartouches de la gibecière, c'est effectivement une faute, une double faute qu'il a commise. On pourrait même faire remonter les difficultés plus loin. La façon dont il n'a pas, et j'étais à ce moment-là au gouvernement, j'étais dans le ventre du monstre...
La façon dont il n'a pas fait campagne pour les élections législatives en 2022, la façon dont il a traîné pour nommer le nouveau gouvernement... - P.Cohen: 3 semaines. - R.Bachelot: Exactement.
Vous avez raison de le rappeler. Même si on veut remonter en 2017. C'est important.
Il y a des incompréhensions. Le président ayant été élu en dehors de tout système partisan, il a pensé qu'on pouvait s'abstraire de toute cette structuration, de toute cette armature des élus locaux. Je me souviens des députés macronistes arrivant à l'Assemblée disant: "Nous, on est là." Les huissiers n'en revenaient pas.
A 2h, il y avait 200 types dans l'Assemblée au lieu d'être dans leur circonscription et d'aller à la rencontre des Français, des acteurs économiques et sociaux de leur circonscription. Des maires m'ont raconté que des députés macronistes leur disaient: "Je tiens à mon week-end." Moi, je passais mon week-end dans les comices agricoles.
C'est comme ça qu'on est dans le terrain. J'ai passé 25 ans en étant élue et réélue, que ce soit la gauche ou la droite qui soit là. Il y avait sans doute, chez le président, une incompréhension de la réalité du terrain.
C'est un homme de grande qualité, E.Macron. J'ai une très grande admiration pour lui.
Il est sans doute coupé de ces réalités du terrain et de la façon dont on fait de la politique à l'ancienne. - A.-E.Lemoine: Il s'offre une parenthèse avec la réouverture, demain, de Notre-Dame, cette célébration qui va virer au sommet diplomatique.
Il y aura la présence, pas au 1er rang, de D.Trump et de V.Zelensky.
Les 2 hommes seront reçus à l'Elysée avant la cérémonie. - R.Bachelot: Ca va être une grande émotion, cette inauguration de Notre-Dame.
Je suis très heureuse d'y participer. J'ai vécu cela aux côtés du général J.-L.Georgelin.
Dieu sait si on s'est engueulés tous les deux pendant toutes ces années. On est arrivés quand même à s'entendre et à apporter chacun notre pierre.
Emmanuel Macron