Narcotrafic : une loi hémiplégique ?
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Bonsoir à tout le monde. D'abord, vous signalez qu'il va y avoir des allers-retours pendant la soirée des députés, je pense, parce qu'on n'a pas de chance. La dernière fois qu'on a fait un mini-coloque ici, c'était la journée de la censure. Et là, on fait un mini-coloque et il y a une proposition de résolution sur le soutien à l'Ukraine qui va faire que les élus vont faire des allers-retours. Donc, d'abord, tous mes remerciements. Tous mes remerciements à Jérôme Durin, qui est ici présent, sénateur socialiste et qui était le président de la commission d'enquête sur le narcotrafic au Sénat.
Tous mes remerciements à Pili Prisoli, de Crime Alt, qui m'envoie ce message sur WhatsApp depuis des années. Donc, merci à toi pour ton engagement sur ça. Merci à Assène Hamou, qui est ici présent, fondateur du collectif Marseillais Trop jeune pour mourir. Merci à Amandine Demors, qui est la maire communiste des Chiroles. Et merci à ma collègue Christine Arigui, députée écologiste de Toulouse. Je sais ce que ça représente pour chacun d'entre vous de venir prendre quelques heures. Et en vérité, quand on vient de loin, ça veut dire que c'est la journée ou la demi-journée qui est mobilisée. Donc, un grand merci de prendre ce temps avec nous. Il y a une chaise vide.
On l'a laissée volontairement vide, cette chaise, parce que normalement, on devait avoir avec nous une militante associative qui anime un centre social, qui fait du soutien scolaire et qui est dans son quartier, concrètement, au quotidien, confrontée aux narcotrafiquants, aux dealers, dit autrement, et qui, je la cite, a peur des représailles, peur que elle et les membres de son association soient chassés de l'espace public. Et je pense que cette chaise vide, elle dit tout. Elle dit la peur, la peur des parents pour leurs enfants. C'est pas seulement une peur des balles, mais c'est bien autre chose.
C'est comme s'il y avait une bataille sur les destins, de savoir de quel côté le destin de son enfant va basculer. Est-ce que ça va basculer du côté de la rue ? Est-ce que ça va basculer du côté de l'école ? Et il y a une espèce de bagarre du côté de ça. Moi, c'est une question qui m'anime depuis au moins une vingtaine d'années. J'ai écrit un bouquin sur le quartier nordamien où il y avait, à l'époque, c'était l'héroïne qui était la drogue qui circulait et où il finissait par s'infiltrer et conduire au pire dans un certain nombre de familles. Plus récemment, j'ai eu un assassinat, un gamin avec qui j'avais joué au ping-pong et qui m'avait battu.
Et un matin, des hommes cagoulés sont arrivés au domicile de ses parents, ont cherché le grand frère à l'intérieur de la maison, l'ont pas trouvé, et sont allés dans le lit des jumeaux de 14 ans et leur tirant une balle dans la tête et les tuant en tuant l'un d'eux dans leur lit et blessant grièvement le second. Mais de manière plus insidieuse, plus souterraine, c'est simplement, dans ma ville encore, une jeune faim qui doit s'excuser quand elle rentre dans son hall d'immeuble, qui a vu sa voiture brûler, qui a enfin quitté le quartier et qui dit « je dors enfin, je respire enfin ». C'est partout où je vais.
J'ai vu à Montmagny, c'est des parents, des militants associatifs qui expliquent comment ils enferment quasiment leurs enfants, qui fréquentent très peu les lieux publics, de peur, je le dis, que le destin ne bascule. C'est quand on va dans la banlieue lyonnaise, une espèce de bagarre, par des cours de zumba, pour occuper le terrain et que le terrain ne soit pas livré aux dealers.
C'est à Marseille, on en discutera peut-être avec Assen, quand on se rend dans un club de foot, les jeunes qui, au collège ou au lycée, expliquent que leurs parents leur ont dit « par où passer » pour éviter les points de deal, et qui demandent d'être appelés sur leur lieu de travail quand les enfants sont au retour de la maison pour s'assurer que tout s'est bien passé. Donc c'est là une menace existentielle sur les familles, sur des familles populaires qui énoncent le mot peur et qui demandent « où est l'État ? ».
C'est pour ça que quand j'ai vu que le Sénat s'en saisissait et qu'il y avait un sénateur de gauche qui prenait le dossier à bras-le-corps sur la question du narcotrafic, ça a été pour moi un sentiment de soulagement. Je me suis dit « enfin ». Enfin, et d'autant plus que l'orientation qui était proposée par Jérôme Durin et le rapporteur de la mission parlementaire, de la commission d'enquête, « follow the money », suivre l'argent, non pas aller chercher seulement le trafiquant en bas des tours, mais bien essayer de tout faire pour aller taper les gros bonnets au porte-monnaie, et était une orientation qui m'est apparue comme étant lucide et volontaire.
Avec la création, par exemple, d'un parquet national spécialisé contre le crime organisé, que j'approuve, ça viendra dans la discussion. Un certain nombre de limites, peut-être qu'on peut entrevoir à la démarche. La première question, qui est la question des moyens. On peut faire de très belles lois, mais si derrière on ne donne pas les moyens à la police, à la justice, au fisc, aux douanes, pour vraiment aller chercher et mener des enquêtes approfondies, on n'aura pas changé grand-chose.
Deuxième question, pour moi, la question de Darmanin, qui déjà, en vérité, quand il était ministre de l'Intérieur, a opéré un grand échec, avec ses opérations place nette, qu'il a transformées en opérations de communication, mais qui, en vérité, quand on interrogeait les habitants, les citoyens ne servaient à rien, il nous dit, nous, on veut une police qui reste, pas une police qui passe, et qui, là, est en train de transformer, enfin, c'est une crainte que j'aimais, la loi narcotrafic, à nouveau en opérations de communication, après les opérations XXL, on aurait le droit aux prisons XXL, et ce serait la solution.
Troisième question, sur les libertés publiques, et enfin, quatrième question, qui n'est pas abordée, là, et qui n'est pas non plus dans la commission d'enquête, mais qui, pour moi, se pose la question de la légalisation, la question de la dépanélisation, qui pourrait faire partie aussi d'un panel de réponses à la question du narcotrafic, et enfin, moi, la limite qui me tient le plus à cœur, et c'est pour ça que je considère qu'on a aujourd'hui une loi hémiplégique, c'est qu'on ne peut pas espérer gagner la guerre contre le narcotrafic en intervenant seulement de l'extérieur, par une police extérieure, par des agents du fisc extérieurs, par des douaniers extérieurs, mais que les principaux agents d'une bataille pour faire reculer le narcotrafic, ce sont ceux que j'ai énoncés au départ, ce sont ceux qui ont peur, et dont on devrait espérer que demain, comme avait dit le pape, n'ayons plus peur, il n'ait plus peur, et que le terrain soit regagné aussi par ces agents de l'intérieur, les habitants, les associations, les mamans, qui voudraient œuvrer à desserrer les taux.
Or, en la matière, on sait qu'on a eu un plan Borloo qui a été jeté à la poubelle, qu'on a eu une baisse de 5% des crédits de politique de la ville, qu'on a une suppression des contrats adultes relais, donc le moins qu'on puisse dire, c'est que les moyens ne sont pas donnés pour aider les habitants, aider les associations et aider les municipalités à desserrer les taux de l'intérieur. Donc, voilà, pour ouvrir les débats sur à la fois ce que peut apporter cette loi narcotrafic, mais sur ses limites, et ce qu'il faudrait, sur quoi on devrait avancer encore.
Merci à vous, en tout cas, je le redis, de nous offrir de votre temps et surtout de l'engagement qui est le vote pour certains depuis des décennies sur cette question de la lutte contre le narcotrafic. Merci à vous.
Bonsoir à toutes et tous. Donc, comme l'a dit François tout à l'heure, peut-être qu'on va être obligés de s'échapper en plein milieu du débat, mais c'est la règle du jeu de la loi que l'on vote à l'Assemblée nationale. Donc, ravie d'être parmi vous. Merci pour cette invitation, François.
J'ai, en tant que députée de la 9e circonscription de Haute-Garonne, donc à Toulouse, exactement les mêmes interpellations qui viennent d'être évoquées par François, de familles qui vivent dans les quartiers de Bagatelle, au Mirail, et qui ont peur pour leurs enfants, ont peur pour une balle perdue, ont peur pour leur tranquillité, et m'ont interpellé ou m'interpellent, ou des commerçants pour lesquels, tout d'un coup, un point de deal s'installe devant leur vitrine, et puis qui sont, du coup, suspectés par la police d'être ceux qui accueillent le point de deal, alors qu'ils le subissent dans leur clientèle, et ils le subissent, évidemment, dans la...
Oui, la régression de leur chiffre d'affaires par rapport à cette fréquentation-là. Donc, de multiples interpellations qui m'ont conduit à organiser sur le terrain une réunion, d'abord d'écoute. C'était un peu cellule d'écoute, mais j'avais besoin d'avoir ces témoignages pour construire, ensuite, à la place que j'occupe en tant que députée, une réponse appropriée. Et puis, évidemment, moi aussi, j'ai découvert le rapport qui était, à l'époque, en cours de rédaction, en cours d'audition au Sénat, et je me suis dit, bon, on va avoir là certainement une réponse appropriée qui va nous permettre de construire nous-mêmes, en tant que députés à l'Assemblée nationale, des réponses appropriées.
Alors, évidemment, dans ce contexte-là et dans ce cadre-là, j'ai évidemment continué et organisé, ça sera le 11 avril à Toulouse, ce que François organise ici, donc on se répond l'un l'autre, c'est très bien, avec la présence d'un maire, ça sera Éric Piolle, à côté, voilà, un voisin, un voisin, ça sera également Fabrice Rézoni qui sera présent et qui est présent ici. Donc, si vous voulez venir à Toulouse le 11 avril, c'est avec plaisir que je vous y accueillerai, pour évidemment évoquer également le sujet prévention avec une sénatrice, Emilienne Poumirol, qui est médecin.
Si je suis transensible à ce sujet aussi, c'est que moi, je l'ai appréhendé dans le cadre professionnel, puisque je travaillais à la Direction générale des finances publiques, et quand on lutte contre la fraude fiscale, quand on lutte contre la fraude sociale et quand on lutte contre le blanchiment d'argent, bien souvent, on trouve l'argent de la drogue. Alors, aux finances publiques, on l'impose, parce qu'on impose tout, ça fait des recettes, et c'est d'ailleurs un vrai sujet, l'argent de la drogue, les recettes, ou les biens mal acquis, ceux qui sont ensuite vendus par la Grasque.
Donc, j'ai cette appréhension de la question et une réponse qui m'est apparue quand même assez rapidement efficace du pôle national financier qui fait partie des propositions qui sont faites là aujourd'hui dans le rapport sénatorial qui peuvent être aussi des réponses spécifiques et intéressantes. Et donc, de par cette double expérience en tant que professionnel de l'impôt et puis ensuite, évidemment, comme député interpellé, je suis d'autant plus intéressé par ce débat, évidemment, par les témoignages, puisque c'est aujourd'hui votre place, les témoignages donc de nos deux invités que je remercie également de leur présence.
Donc, Asseine Hamou qui a été déjà présentée par François à la tête du collectif Trop jeune pour mourir et Amandine Demore qui est donc la mairesse, maire, parce que moi, je fais attention parce que moi, je suis tendance à dire mairesse, mais bon, la maire des Chiroles et qui est confrontée et touchée par les violences liées au trafic de drogue. Alors, je vais commencer par celui qui est juste à côté de moi par des questions sur d'abord comment est né ce collectif Trop jeune pour mourir et pourquoi.
Quels sont les témoignages les plus marquants que vous avez recueillis et qu'est-ce qu'ils enseignent sur la mécanique du trafic parce qu'il y a vraiment une mécanique du trafic à la fois sociale mais également financière et donc ces témoignages qu'est-ce qu'ils enseignent là-dessus.
Que répondent les jeunes parce que vous êtes en relation justement avec la jeunesse lorsqu'on leur parle d'alternatives au deal est-ce que pour eux c'est dans la société qu'il ne leur offre plus guère d'ascenseur social est-ce que pour eux c'est une réponse ou en tout cas est-ce qu'ils l'appréhendent comme pertinente et puis enfin quelle est la plus grande faille du dispositif actuel de votre point de vue sur la lutte contre le narcotrafic et évidemment tout autre sujet que vous souhaiteriez aborder si ces questions ne couvrent pas l'essentiel. Merci.
D'abord merci à toutes et tous merci de m'avoir convié à ce colloque qui est très intéressant et pour lequel nous autres responsables associatifs nous nous sommes battus pour que ces questions-là soient traitées au plus haut sommet tant pendant longtemps notre ville Marseille a été ignorée de l'opinion publique nos morts n'intéressaient personne nos détresses non plus nos difficultés non plus et donc on s'est battus contre l'indifférence pendant longtemps.
La vérité c'est qu'aujourd'hui avant de parler de mon collectif notre ville c'est 84 points de ville aujourd'hui à Marseille il y en avait dans un autre temps 180 à peu près c'est l'année la plus meurtrière c'est 2023 avec quasi 50 morts c'est un rajeunissement des auteurs avec le drame qui a fait l'actualité dont vous en avez tous entendu parler qui était le chauffeur de VTC Ramdan et Sokaina dont la mère a signé une tribune avec notre collectif et c'est tout à son honneur elle a mis beaucoup de temps à signer la tribune qu'on a écrite et qui est parue dans l'Ibée et donc mon collectif a été monté en 2016 avec des animateurs de proximité des éducateurs des responsables associatifs mais aussi des gens de la société civile parce que des proches nous ont été arrachés parce que c'est le collègue de votre petit frère qui a fini carbonisé dans un véhicule à l'entrée de la ville avec trois balles dans le corps parce que c'est toute cette actualité gloque qui viennent en fait rythmer nos vies dans ces quartiers et c'est ce qui a fait qu'à un moment donné on s'est dit qu'il fallait prendre le sujet à bras le corps et il fallait qu'on soit plusieurs à monter ce collectif qui porte son nom trop jeune pour mourir c'est pas un sujet facile et on est le premier collectif à Marseille à avoir traité de cette question parce qu'il y a une omerta parce que ça fait peur parce qu'en face de vous vous avez des gens qui sont armés qui ont un minimum d'organisation et aujourd'hui ils sont très organisés et donc il a fallu quand même commencer petit à petit on a mené une campagne d'affichage où on demandait aux jeunes de déposer les armes et au fur et à mesure on a fait ce travail avec d'abord les animateurs les centres sociaux les premiers acteurs qui sont dans nos quartiers quand il n'y a plus suffisamment de service public Marseille c'est particulier je vous l'ai dit les quartiers nord de Marseille sont tous en friche au flanc de nos collines pour la plupart on est coupé des transports puisque pour rejoindre le coeur de ville à Marseille c'est vite une heure en transport c'est-à-dire que la ville elle a été mal pensée ou en tout cas elle n'a pas été pensée pour attacher les quartiers au coeur de ville et à l'attractivité on va dire économique de la ville donc on est il y a une exclusion liée au transport qui est de fait après les questions que vous m'avez posées si je les reprends une à une vraiment les histoires qui m'ont le plus marqué y compris moi puisque j'ai commencé il y a à peu près 8 ans à m'occuper de ces questions ça a été un soir où on est allé à la cité mal passée où la maman de Jamal avait perdu l'un de ses enfants et il y avait il y avait le petit frère qui rentrait du centre social et la maman n'avait pas encore annoncé le décès du grand frère et donc elle nous demande de rester avec Awariya Hachik qui est notre camarade de la structure il fallait qu'on avec la maman on annonce au petit qui rentrait du centre aéré la disparition de son frère avec toutes les questions qu'elle ait donc ça déjà ça nous avait foutu par terre et moi qui suis plutôt résistant c'était très très dur comme ça a été une expérience marquante et la seconde ça a été vraiment je vous le dis bon après il y a eu tout ce qui se passe c'est à dire que c'est à chaque fois quand on arrive et qu'on entend qu'il y a un décès qu'on nous appelle ou qu'on est dans ces moments à l'hôpital où on ne sait pas trop où c'est toutes ces victimes qui ont soit peur soit veulent comme le disait tout à l'heure le député s'en aller pour lequel on n'a pas des réponses mais c'est aussi Sokaina je pense que ça a été un bascule pour toute la ville mais là aussi c'est à dire qu'il y a eu un avant et un après c'est cette jeune femme qui étudie dans sa chambre et qui est morte en étudiant dans sa chambre et c'est cette balle perdue qui est venue l'atteindre en plein dans son domicile avec cette mère qui ne s'en remettra sans doute jamais qui quand elle signe la tribune nous pose la question de savoir mais en fait tout le monde s'en fout on n'a pas besoin de signer cette tribune ça ne va régler aucun problème voilà enfin elle en veut à la terre entière c'est toutes ces questions qui la traversent alors on a fait son déménagement elle était persuadée que ses meubles ne passaient pas la porte de la chambre de sa fille donc elle s'est convaincue qu'elle ne pouvait pas déménager et donc on a fait tout cet accompagnement etc donc c'est toute cette humanisation qu'on nous a souvent enlevée parce que les médias nous enlèvent cette part d'humanisation aussi on explique que ce sont des chiffres ou que les gens sont défavorablement connus des services de police et que d'une certaine manière il y a une certaine pensée aussi qui expliquait dans notre ville allez qu'ils l'ont bien cherché et ça c'est quand même affreux parce que on se confronte souvent à ce genre de discours et de violence et les gens n'imaginent pas la portée des paroles qu'ils emploient vis-à-vis de cette actualité et après il y a toutes les marches qu'on a faites d'abord parce que ces marches là on devait aller concerner la ville et donc il fallait descendre des quartiers pour se retrouver dans le coeur de ville devant la préfecture et on a vu ces derniers temps dans les marches des visages nouveaux arrivés et de marseillais et de marseillaises qui au départ sans doute devaient se dire c'est lointain ça n'arrivera peut-être jamais par chez moi etc ou quelle est ma légitimité tout simplement pour venir et ils ont intégré les cortèges et ils sont venus et je trouve que ça l'idée que ça soit l'affaire à tous ça a été quelque chose pour nous d'assez agréable quand on regarde de là où on est parti et où est-ce qu'on arrive et j'ai souvent des journalistes marseillais qui ont grandi qui aujourd'hui font autre chose me disent mais tu te rends pas compte vous étiez trois à crier en haut de votre colline à vous occuper de ces sujets là pour alerter tout le monde personne ne vous écoutait les autorités ne nous recevaient pas et aujourd'hui on en est arrivé où on a des sénateurs qui ont fait une commission de requête parlementaire qu'on demande depuis 2017 au passage pour lequel on a fait intervenir des députés il y a Saïd Hamada à l'époque qui avait pris la parole pour dire qu'il en fallait une on voulait des données chiffrées on voulait connaître par où est-ce qu'arrivent les armes comment est-ce que le trafic et justement son mécanisme alors il y a nous ce dont nous on est au courant c'est-à-dire que quand on habite dans une cité ou quand on vit dans cet environnement les histoires on les entend et vous disiez tout à l'heure quelles sont les grandes questions que se posent nos jeunes la plupart du temps il y a une espèce de schizophrénie où il y a des jeunes qui vous disent mais moi je fais ça je fais ça un temps et je ferai autre chose après généralement ceux-là ils y restent il y en a d'autres qui sont totalement conscients et qui disent ben moi si j'arrive à vivre comme je vis je vis au jour le jour et ils n'ont pas d'autres interrogations il y a ceux qui qui justement ont des symboles il faut le dire aussi parce qu'on pourrait croire que la majorité sont des enfants de coeur et que tous voudraient s'en sortir il y en a aussi qui ont des ont des symboles de richesse des symboles ont des fantasmes dans leur parcours et ils s'imaginent que ça va être un long fleuve tranquille et d'ailleurs je le dis souvent il n'y a pas d'argent facile c'est de l'argent taché de sang c'est de l'argent extrêmement difficile parce que les minots ils se font passer à tabac parce qu'ils se font tuer parce que c'est jamais un long enfin on les endette il y a un système qui les endette et qui donc les rattache systématiquement au trafic c'est à dire tu n'en sors jamais en fait c'est quasi un système mafieux c'est à dire qu'on vient tu viens sur un point de deal tu fais le gator et ensuite on crée une dette imaginaire qui n'existe pas juste pour te retenir dans le deal et après tu n'en sors plus jamais quoi en fait et donc après pour toutes ces choses là nous on a interrogé mais il y a aussi la prostitution dans le deal enfin il y a des sujets ils sont aussi nombreux que ce que vous pouvez imaginer et dans la série des choses marquantes c'est que j'ai aussi rencontré des gens qui ont été les auteurs d'un assassinat parce que forcément à un moment donné je finis par les rencontrer etc et ce ne sont pas les mêmes personnes avant et après pour certains c'est vraiment il y en a qui n'imaginaient pas ou qui étaient sans doute pour certains dans un état second et qui par la suite se rendent compte de l'acte qu'ils ont posé et je pense que voilà il y a vraiment toutes ces choses là qui viennent de se en tout cas chez nous se mélanger puisque c'est des témoignages c'est des rencontres fortes on a réussi à sortir des jeunes du trafic aussi il y en a qui bossent pour certains à la ville qui au bout de deux mois voulaient craquer envoyer chier leur contrat et se barrer parce qu'il y a une autorité parce qu'il faut arriver à l'heure parce que c'est difficile pour eux parce qu'on les regarde de travers parce qu'il a les cheveux frisés parce qu'il n'a pas la bonne dégaine parce que parce que et le gars il a déjà fait l'effort de sortir de sa cité d'aller travailler mais il y a aussi cette barrière sociale qui s'est organisée en attendant et qui ne les reconnaissent peut-être jamais comme des citoyens à part entière et ce regard il pèse sur leurs épaules et le discours qu'on leur tient nous c'est de se dire mais oui malheureusement par rapport à n'importe quel citoyen vous vous avez le devoir exemplaire plus que les autres et c'est injuste c'est comme ça mais quand vous allez rentrer dans un emploi vous allez être plus regardé plus fliqué beaucoup plus interrogé que la norme en fait et donc voilà nous on évolue à travers ces injustices toutes ces grandes questions il y a plein de sujets il y a quelques il y a encore un tas de sujets mais peut-être qu'il y aura des questions un peu plus tard j'y répondrai avec plaisir en tout cas
alors pardon la plus grande faille aujourd'hui si on doit faire juste comme ça de l'expérience en tout cas du terrain
pour moi la plus grande faille c'est la question des moyens en fait c'est vraiment le député François Ruffin l'a très bien expliqué on se rend compte nous avec il y a eu les opérations place net c'est né à Marseille les opérations place net ce dont on se rend compte en réalité c'est que la chambre régionale des comptes a pointé du doigt les effets d'annonce du gouvernement qui depuis 2017 nous explique qu'en fait les moyens policiers dans la ville sont en forte augmentation en réalité ça ne remplace même pas les départs à la retraite de ces policiers là les enquêteurs qu'on nous annonce c'est souvent à l'horizon 2027 donc entre temps il y a des restructurations certaines ben en fait mais ouais faire l'allusion en fait et le truc c'est qu'il n'y a jamais il n'y a jamais entre temps il y a des restructurations donc ils n'arrivent jamais et donc on court sans cesse derrière les moyens en fait moi je pense que voilà la faiblesse de notre système c'est ça la rénovation urbaine qui prend son temps je pense que dans les grands ensembles on aurait dû démolir beaucoup plus vite reconstruire arrêter de construire des cités dortoirs en cul-de-sac qui favorisent la gestion du trafic faire en sorte à ce que ben voilà on fasse un peu plus de enfin un urbanisme qui soit un peu plus intégré aux villes et un peu moins exclue des coeurs de ville etc je pense qu'il y a un tas de sujets que vous avez
merci beaucoup pour ce témoignage alors madame la maire donc des Chiroles qui est donc touchée par des violences liées au trafic de drogue de plusieurs questions également j'imagine confrontée également comme j'ai pu le dire ou François sur la pression des habitants dans cette situation et donc la nécessité d'agir tout en manquant de moyens puisque là on se retrouve significativement sur cette question donc d'abord comment votre ville a été confrontée a-t-elle été confrontée à ces défis et depuis quand en réalité quels dispositifs ou quels leviers municipaux là je parle avez-vous mis en place pour lutter contre ce fléau comment articuler la réponse entre prévention nécessaire et répression pour qu'elle soit réellement efficace puis dernière question mais déjà c'est trois premières ça sera bien merci
bonsoir à toutes et à tous déjà voilà me présenter Amandine Demors je suis maire mairesse c'est la femme du maire dans la langue française maire d'Echirole depuis un an et demi je suis arrivée en cours de mandat donc toute jeune maire sur la commune mais je portais au préalable les questions de sécurité publique ce qu'on appelle aujourd'hui sécurité publique avant on parlait de tranquillité publique on n'en est plus à la tranquillité aujourd'hui malheureusement Echirole c'est une ville qui est dans la périphérie de Grenoble on n'aime pas dire banlieue on touche Grenoble c'est une ville de 37 000 habitants qui a trois QPV un tiers QPV quartier politique de la ville un tiers de ses habitants y vivent et on a un taux de pauvreté de 20% pour vous donner les gros chiffres sur Echirole le trafic de drogue ça fait des années qu'on le vit sur la commune mais j'ai envie de dire que depuis la pandémie on a vu un vrai changement un vrai durcissement des points de deal et une multiplication aussi des guetteurs sur chacun des points de deal on a vu aussi arriver des guetteurs d'ailleurs c'est plus nos de moins en moins nos gamins de quartier qui se vantent d'ailleurs d'être sur le secteur en CDD qui sont là pour quelque temps et qui après repartent on constate aussi beaucoup de plus en plus de mineurs et de mineurs ce qu'on appelle non accompagnés c'est à dire de mineurs étrangers sur les points d'ile et puis une grosse bascule aussi donc on a vécu la pandémie durcissement et une bascule cet été depuis le mois d'août avec l'usage d'armes à feu qui est devenu très régulier depuis le mois d'août on a plus d'une dizaine de blessés par balle sur la seule commune des Chiroles et ce que j'appelle des victimes aussi innocentes victimes de balle perdue je pense à cette jeune fille au mois de janvier 17 ans qui sortait son chien qui est passée à proximité d'un point d'île une voiture est arrivée elle s'est pris une balle dans la cuisse elle n'est pas remorte elle va bien mais elle s'est pris une balle dans la cuisse et on a ça aussi à gérer avec les habitants c'est cette peur de la balle perdue c'est pas forcément rationnel de partout tout le temps mais c'est complètement compréhensible vu ce qui se passe sur le territoire ce deal il impacte beaucoup la ville la ville ils ont les dealers ont par exemple pris possession d'un immeuble en plein coeur du centre-ville hors quartier politique de la ville en plein coeur du centre-ville je sais pas si vous en avez entendu parler ce fameux immeuble qui s'appelle Le Carrard que j'ai dû faire fermer au mois de septembre dernier puisque les dealers avaient complètement envahi l'immeuble l'avait complètement dégradé avait cassé par exemple toutes les portes des coffrets électriques pour se chauffer donc il y avait un danger de mort permanent qui avait été noté par les experts que j'avais envoyé visiter cet immeuble donc j'ai dû le faire fermer au mois de septembre faire évacuer les habitants de tous les habitants de cet immeuble les reloger bien évidemment on a pris soin d'eux c'était que des locataires puisque cet immeuble avait une vocation d'investissement locatif donc on avait que des locataires dans cet immeuble qui ont tous été relogés grâce à l'aide de l'ensemble des bailleurs sociaux d'ailleurs de l'agglomération grenobloise autre fait je vais donner deux faits marquant sur la commune le deuxième qui m'a beaucoup touchée et qui continue à beaucoup me toucher un point de deal qui s'est installé devant les portes d'une école maternelle mais quand je vous dis devant les portes c'est devant les portes d'une école maternelle donc avec des 3 à 6 ans à l'intérieur j'ai eu affaire au droit de retrait des agents qui étaient de mon point de vue complètement légitimes puisqu'ils étaient menacés au quotidien début janvier j'ai dû interrompre la restauration scolaire pour cette école maternelle puisqu'ils avaient une centaine de mètres pour se rendre de l'école maternelle à la cantine et les dealers étaient de plus en plus oppressants avec les personnels de la ville avec les enfants montrer des armes à feu donc pour moi il était inconcevable et c'était devenu beaucoup trop dangereux ce chemin vers la cantine on a trouvé comme le font beaucoup de gamins des quartiers beaucoup de familles des chemins détournés pour éviter les différents guetteurs les points d'île pour réamener ces enfants à la cantine parce que c'était quand même aussi une double peine école maternelle en plein coeur d'un QPV avec des familles déjà très fragiles socialement et on empêchait ces enfants d'accéder à la cantine donc les enfants les parents devaient préparer le pique-nique pour le midi enfin c'était pas c'était un crève-coeur pour moi de leur fermer même temporairement cette cantine avec un peu de recul j'essaie de prendre un peu de recul sur le narcotrafic qui pourrit quand même la vie au quotidien la vie des en priorité des habitants habitantes et puis aussi la mienne parce que j'ai la préoccupation de ces habitants et habitantes qui subissent ça au quotidien je me dis que quelque part le seul pouvoir que j'ai en tant que maire et bien c'est de m'adapter au trafic de stupéfiants c'est de faire un nivable c'est de fermer une passerelle c'est d'installer des caméras c'est de faire des choses comme ça j'ai envie de dire c'est peut-être pas plus mal parce que la sécurité des biens et des personnes dépend de l'Etat on a besoin d'avoir de l'équité territoriale sur les questions de sécurité mais on se sent parfois quand même un peu impuissant et puis un peu aussi pas écouté par les services de l'Etat pas assez du moins sur ces questions là vous parliez des opérations place nette on avait eu l'occasion d'échanger juste avant de venir elles ont été créées à Marseille on en a eu sur nos territoires pas les mêmes a priori puisque nous elles ont été très courtes durées c'était une journée deux journées grand maximum ils m'ont permis d'y assister donc j'ai pu me rendre compte par moi-même de ce qu'ils faisaient sur le terrain et ce que ça a de bénéfique c'est que ça déstabilise le trafic de stupéfiants sur le moment ça permet des interpellations ça permet de faire des saisies de produits stupéfiants des saisies d'argent mais ce que j'ai constaté du moins sur la commune des Chiroles c'est que une demi-heure une heure après le départ des policiers et bien le deal se réinstalle comme si de rien n'était malgré les interpellations on voit le mode d'organisation quand même très structuré du trafic de stupéfiants aujourd'hui qui fait que très rapidement les choses se réinstallent on a malgré tout les communes ont malgré tout quelques possibilités c'est pas le choix qu'a fait la commune des Chiroles c'est pas le choix qu'on fait d'autres communes y compris des communes de gauche nous notre police municipale elle est armée ce depuis sa création depuis 1970 donc quelque part je peux bien me poser cette question parce que c'est je sais toujours le sujet le sujet à débat on a installé des caméras de vidéos sur le territoire des Chiroles on a d'ailleurs été la première commune ville communiste la direction communiste à en installer en Isère pour nous on y voit trois avantages à ces caméras un ça sécurise les interventions de nos policiers municipaux sur le terrain parce que ce qu'on ne veut absolument pas et malgré le trafic de stupéfiants c'est des zones de non-droit où les policiers ne pourraient pas aller par exemple sans se faire embêter pour parler poliment ça apporte qu'on le veuille ou non un sentiment de sécurité aux habitants et habitantes c'est pas difficilement qualifiable mais c'est comme ça et ils en témoignent ils nous demandent souvent des caméras ils ont l'impression d'être en sécurité avec la caméra même si tout est relatif et troisième point ça aide énormément le travail d'enquête de la police nationale puisqu'on a beaucoup de réquisitions de ces images par la police nationale nous on a fait le choix de gérer en interne ces images on a un CSU un centre de supervision urbain avec des agents qui sont derrière les caméras on se fixe une limite aussi sur le nombre de caméras on va pas faire comme Nice qui a un nombre de caméras il faut se le dire qui est ingérable par l'oeil humain il faut se fixer des limites nous la limite qu'on s'est fixée c'est 150 pour une commune comme la nôtre parce que après moi j'ai envie de dire c'est de l'affichage on perd de l'efficacité et de l'utilité en installé à tous les coins de rue pardon combien d'habitants à Chirol ?
j'ai oublié de dire 37 000 si j'oublie de dire le nombre d'habitants 37 000 habitants voilà et un grand quartier la ville neuf qu'on partage avec la commune de Grenoble puisqu'on est vraiment limitrophe qui est en pleine rénovation urbaine avec l'ANRU et oui je partage il faut rénover nos quartiers il faut aller plus vite dans la rénovation de nos quartiers et il faut nous soutenir là dedans parce que c'est c'est important le trafic de stupéfiants il s'installe pas par hasard sur certains lieux il s'installe quand il y a de la fragilité sociale très souvent et puis quand la configuration géographique aussi le permet vous en parliez de ces impasses de ces lieux qui sont propices tous ces grands ensembles qui ont été construits dans les années 60-70 avec des coursives des passerelles et bien ça favorise le trafic de stupéfiants puisqu'il y a beaucoup d'échappatoires sur ces lieux là et ça voilà par l'aménagement urbain on peut aussi travailler ces sujets là j'avais une question sur la prévention répression alors sur le volet répression moi pour moi la police municipale ça reste une police de proximité j'attends de la police nationale même si on a des opérations communes on peut avoir des opérations communes puisque nos policiers sont armés j'attends de la nationale vraiment ce travail de lutte contre le narcotrafic mais si on prend l'agglomération grenobloise il nous manque une centaine de policiers nationaux juste pour être dans la moyenne nationale alors que on a fait beaucoup parler ça a fait quand même couler beaucoup d'encre l'agglomération grenobloise ces derniers mois sur la question du narcotrafic et en ce qui concerne la prévention et bien on manque cruellement de moyens de la part de l'état je rappelle qu'on nous demande y compris aux communes de rembourser une dette qu'on n'a pas créée nous-mêmes en ce moment voilà vous êtes vaguement au courant je pense qui nous met quand même dans une grande difficulté parce que nous à la différence de l'état on doit présenter un budget en équilibre et quand on vous enlève des recettes et bien il faut faire avec des recettes qu'on vous enlève et puis avec un état aussi qui avait créé par exemple en 2022 les bataillons de la prévention j'aime pas je leur ai dit il faut pas coller un terme guerrier avec la prévention la prévention c'est pas c'est pas guerrier la prévention mais n'empêche que ça avait eu on en avait bénéficié nous sur la commune des Chiroles ça avait permis de créer 6 postes d'agents de prévention sur le terrain et bien ils ont fait quoi ils nous ont coupé une grande partie des financements aujourd'hui il nous en reste 2 qui nous financent à hauteur de 70% alors qu'auparavant ils finançaient à 100% ces 6 postes je leur ai dit vous créez un besoin criant parce que des agents de prévention on en a besoin ça pèse beaucoup sur les quartiers vous créez un besoin et derrière vous nous enlevez les moyens et moi je ne sais pas faire pousser l'argent donc on fait on fait comme on peut en tout cas on est très investi sur ces questions là moi j'ai fait le choix d'en parler aussi fortement parce que je pense que quand on est de gauche on a des choses à dire sur la question de sécurité publique qu'on a des choses à porter et qu'il ne faut pas laisser ces sujets notamment à la droite ou à l'extrême droite qui on le sait stigmatisent les choses fissurent notre société et je rappelle un dernier mot les premières victimes du narcotrafic et bien c'est les gens qui habitent dans les quartiers populaires aujourd'hui et dont on doit prendre soin voilà merci beaucoup
alors pour faire la transition avec la deuxième table ronde en tant que grand témoin si l'on peut dire une question de ce qui va être évoqué ensuite si vous deviez faire des propositions fortes alors les moyens j'ai bien compris ça ne pousse pas mais manifestement ça ne ruisselle pas non plus des propositions fortes à l'Assemblée nationale dans le cas de la discussion qui s'est tenue en commission des lois sur la loi narcotrafic et qui va se tenir prochainement dans l'hémicycle qu'est-ce que vous auriez si vous en avez pris connaissance qu'est-ce que vous auriez comme proposition de complément ou de suppression dans cette loi
moi je trouve que c'est une bonne chose qu'on prenne enfin ce sujet à bras le corps que ce soit l'objet d'une loi c'est une très très bonne chose par contre je reviens et je suis désolée sur la question des moyens parce que on peut poser toutes les belles toutes les meilleures propositions de loi du monde qu'on veut sur le sujet du narcotrafic si on n'a pas les moyens qui vont en face si on travaille pas les questions des moyens sur le volet répressif et sur le côté prévention on n'y arrivera pas et un sujet dont on n'a pas parlé celui de la police nationale il y a une crise des vocations que ce soit à la police nationale comme à la police municipale police municipale au niveau national il manque 11 000 policiers municipaux il y a une vraie crise des vocations je pense qu'il faut qu'on aussi comprenne ce sujet de l'attractivité de ces métiers en compte pour essayer d'avancer sur les questions de lutte contre le narcotrafic voilà ce que j'avais à dire mais en tout cas je trouve que c'est très positif qu'on comprenne vraiment ce sujet il y a des choses très intéressantes dans cette loi et j'attends avec impatience de suivre vos débats qui ont lieu je crois la semaine prochaine ce qui me concerne et j'ai envie de dire ce qui nous concerne nous il y a il y a deux sujets qui sont la question de la protection des mineurs et le statut du roupantji et si on devait intégrer en réalité cette notion nouvelle dans la loi ou ce qui n'est pas prévu dans la loi narcotrafic parce que ça reste toujours une loi extrêmement répressive qui traite très peu la condition de vie de nos jeunes de nos familles et tout ça c'est tous les dispositifs d'accompagnement qui sont inexistants qui n'existent pas le statut du roupantji moi je trouve que c'est quelque chose de j'ai envie de dire vital la question des dispositifs et des moyens mis en oeuvre sur nos territoires pour sortir les familles qui le souhaitent accompagner les mères seules prendre en charge les nourrices et essayer de leur donner une autre perspective que celle qu'ils ont aujourd'hui c'est quand même quelque chose en plus d'interroger la question des moyens je pense que ça on est capable de le faire à travers la réquisition de logement la protection le dépaysement d'un certain nombre de personnes pour les protéger etc donc c'est vraiment ces sujets là qu'on aimerait voir remis au coeur des débats parce qu'on prend tous les jeunes ne sont pas les mêmes toutes les histoires ne sont pas les mêmes et je trouve que dans tout ce qu'on est en train de vivre dans tout ce que nous débattons ce qui manque profondément c'est raconter en profondeur l'histoire de ces jeunes l'histoire de ces familles qui sont encore trop méconnues et moi je trouve qu'il y a un vrai sujet là dessus c'est à dire interroger leur parcours d'où est-ce qu'ils arrivent qu'est-ce qu'ils ont fait dans leur vie à quelle école ils sont allés qui les ont connus comment est-ce qu'ils étaient est-ce qu'ils viennent de l'aide sociale à l'enfance combien est-ce qu'ils en avaient etc ces choses là moi je pense que c'est très intéressant et c'est par ça aussi qu'on va régler les problèmes qu'on est en train de devenir
et bien merci pour votre présence et vos témoignages et je pense qu'on peut passer à la deuxième partie et on vous applaudit très fort et je passe le témoin
rebonsoir je commence avec Jérôme Durin donc sénateur socialiste de Saône-et-Loire et président de la commission d'enquête sur le narcotrafic d'abord pourquoi tu as choisi de présider cette commission ensuite qu'est-ce que tu y as vu en termes de narcomicide comme c'est écrit en termes de tsunami blanc quel diagnostic que tu as posé sur où on est le narcotrafic aujourd'hui en France
d'abord merci de ton invitation François bonsoir à tous merci des témoignages qui ont précédé je pense que les questions de sécurité c'est un objet politique et je rejoins ce qu'a dit madame la maire d'Eschirol je suis c'est une valeur de gauche la sécurité parce que c'est les plus modestes qu'on doit protéger et les victimes c'est souvent dans les quartiers populaires il y a moins de problèmes à Neuilly que à Eschirol donc la sécurité c'est un droit et c'est une valeur de gauche donc c'est pour ça que ce sujet m'intéresse et c'est il y a des porteurs de bracelets électroniques aussi à Neuilly c'est vrai pas faux pas faux il doit y avoir une forme de délinquance aussi à Neuilly sans doute au delà du bracelet mais comme dit l'autre Dura Rolex Sedlex sur sur l'arcotrafic qu'est-ce qu'on a vu il ne faut pas se faire plaisir avec des mots qui claquent la mexicanisation la submersion les narco-raccailles et il ne faut pas tomber dans le panneau d'une espèce de durcissement sémantique parce que on n'a pas besoin de mots durs pour qualifier une situation qui est extrêmement inquiétante dans la commission d'enquête on dit que les intérêts fondamentaux de la nation sont en danger sont menacés ça veut dire quoi ça veut dire que le narcotrafic c'est une emprise c'est une emprise territoriale ça a été dit c'est des couvre-feux dans les quartiers c'est des checkpoints on ne peut pas rentrer comme on veut on ne peut pas sortir de chez soi à n'importe quelle heure on est prisonnier de gens qui font la loi à la place de la puissance publique c'est une emprise économique on parle d'un business c'est une économie c'est une économie qui est extrêmement performante c'est le meilleur ou le pire comme vous voulez de l'économie mondialisée avec des gens qui sont extrêmement compétents des producteurs des logisticiens des financiers des chimistes des gens qui organisent ces trafics des chefs de réseau qui sont très doués qui trouveraient d'ailleurs bien leur place dans l'économie normale classique seul petit point faible c'est le bout de la chaîne c'est des tueurs parce que si on n'avait pas eu ces phénomènes criminels et c'est un des constats qu'on a fait le narcotrafic tue plus que le terrorisme en France si on n'avait pas eu ces phénomènes criminels on ne se serait collectivement sans doute pas intéressé au phénomène parce que les morts c'est pas le tabac c'est pas l'alcool les morts de drogue le coût social qui est documenté par l'office français des drogues et des toxicomanies c'est très très loin l'alcool et drogue c'est l'alcool et tabac c'est 120 150 milliards d'euros la drogue c'est 7 milliards 7 donc on s'y est intéressé par la criminalité et c'est pour ça d'ailleurs que nos textes concernent la criminalité nous on s'occupe de l'offre et après l'hémiplégie ou la deuxième jambe c'est la demande c'est l'accompagnement le soin la prévention le sujet pour nous c'était pas de dire ça n'existe pas c'est que il y a une urgence répressive et je pense qu'on arrivera à bien faire de la répression que si on traite effectivement toute l'autre partie parce que sinon ça marchera pas si on soigne pas les maux sociaux qui génèrent la consommation de drogue on n'y arrivera pas si on ne traite pas le statut des stupéfiants on est dans une hypocrisie monstrueuse en France parce que c'est pas très grave de fumer du hache c'est de consommer du cannabis c'est pas très grave et en même temps c'est interdit un gendarme chez moi il me dit ici monsieur tout le monde fume la mère de famille le chef d'entreprise donc c'est grave ou c'est pas grave qu'est-ce qu'on fait c'est légal ou c'est pas légal bon donc du coup il faut qu'on aille quand même se poser ces questions en attendant submersion par le produit criminalité qui va à la hausse des phénomènes très visibles des saisies qui augmentent parce qu'on a un sujet de cocaïne avec la cocaïne qui a été multipliée par 4 en termes de production ces dernières années des phénomènes spectaculaires les codes criminels chez les gamins c'était très bien dit par Asselhamou des choses qu'on ne voyait pas des maux qui se tuent dès 12-13 ans décrochage scolaire qui produit tout de suite de la violence et de la criminalité une économie de la dette où une fois qu'on met le doigt on n'en sort plus et puis des choses qu'on ne voit pas qui sont la corruption parce qu'il y a aussi une emprise démocratique parce qu'il y a un danger de corrosion des maillons de notre chaîne sociale de nos institutions tout le monde a un prix et il y a un mot que je veux que vous reteniez deux d'ailleurs qui me semble centraux dans notre réflexion c'est l'asymétrie la puissance publique se bat avec des pistolets à eau contre des types qui eux jouent avec des satellites et par ailleurs le besoin de protection parce que les narcos s'en prennent à tout le monde ils s'en prennent aux maires ils s'en prennent aux magistrats ils s'en prennent aux agents pénitentiaires ils s'en prennent aux policiers ils s'en prennent évidemment d'abord aux habitants mais il y a une c'est plata au plomo c'est le l'argent ou le plomb donc la corruption c'est la menace et c'est la tentative d'achat mais il y a les deux aspects et tout ça on l'a constaté et maintenant en plus c'est partout sur le territoire donc parce que c'est dans les petites villes c'est la France des sous-préfectures c'est des codes criminels où on filme les dégâts humains les actes de barbarie qu'on inflige à ses adversaires ou à ceux qui sont dans son propre camp mais pour les tenir donc il y a une diffusion de codes criminels qui est extrêmement violente et face à ça la réponse c'est une puissance publique qui est désorganisée qui n'est pas suffisamment coordonnée entre son bras judiciaire son bras répressif ses outils financiers du côté de Bercy dans ses services de renseignement et puis un manque de moyens mais je ne veux pas qu'on retienne que le manque de moyens parce que je termine là-dessus la facilité ce serait de dire les moyens régleront tout il faut des moyens et le narcotrafic c'est la société qui hurle le besoin de services publics les services publics qui ont disparu les services publics pour lutter contre le narcotrafic on n'est pas bon dans l'éducation on n'est pas bon dans la santé on n'est pas bon non plus dans la police on n'est pas bon non plus dans la justice donc il faut du service public mais si on ne change pas d'outils il faut aussi des outils nouveaux parce qu'il faut répondre à l'asymétrie par des outils nouveaux
l'asymétrie tu la caractérises en disant c'est le pistolet à eau contre les satellites qu'est-ce que sont les propositions pour faire que on soit un peu plus à égalité et que ça soit plus du côté de l'impuissance publique plutôt des pistolets à eau
alors dans la proposition la proposition de loi qu'on a formulée moi aussi je dérape un peu on a deux éléments d'organisation il faut un parquet national anti-criminalité organisé il faut quelqu'un qui pilote l'affaire un peu de verticalité qui dit ce qui se passe dans un tribunal là c'est super important ça n'a pas resté dans le tribunal il faut que ça remonte à une juridiction interrégionale par exemple aujourd'hui personne ne fait vraiment le boulot et ou que certaines affaires qui sont particulièrement complexes on ne le voit pas forcément tout de suite dans un petit tribunal local sans mépris pour quiconque mais qu'on est un patron qui centralise les affaires les plus complexes pour qu'on aille démanteler les réseaux parce que qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui Placnet en est l'exemple on va taper dans la fourmilière on fait souvent l'analogie avec le terrorisme le terrorisme c'est quelques dizaines d'individus c'est du renseignement on les piste le narcotrafic c'est 240 000 personnes qui en vivent en France c'est des milliers de criminels c'est des mules des types qui se tirent dessus des actes de barbarie des saisies du travail douanier une fois qu'on a fait ce travail là qu'on a pris les petites mains du trafic on ne peut déjà plus faire parce que les forces de répression elles sont saturées la justice est saturée et c'est là que devrait commencer le travail intéressant c'est démanteler les réseaux tant qu'on n'est pas allé chercher les patrons qui sont à Dubaï qui sont parfois au Maghreb tant qu'on n'est pas allé les chercher qu'on n'aura pas piqué leur fric qu'on n'a pas allé saisir les avoirs criminels le trafic continuera et nous ce qu'on fait c'est qu'on donne un coup de pied dans la fourmilière et ça fait d'ailleurs vous le disiez madame le maire la maire ça crée des fois des aspects dérangeants parce qu'après il y a une réaction il y a de la violence en face donc on fait juste ça mais on n'est pas capable encore d'aller démenter les réseaux donc il faut les taper au portefeuille il faut aller chercher l'argent donc il faut un parquet national il faut une organisation aussi du côté répressif c'est la deuxième tête il faut deux têtes qui pilotent les douanes les gendarmes les policiers pour qu'ils travaillent vraiment ensemble pour qu'ils collaborent mieux et puis il faut toute une série d'outils qui vont de la lutte contre le blanchiment il faut que les blanchisseuses les commerces éphémères dans les quartiers où on a des barbeurs des barachichats des ongleries qui n'ont aucune activité commerciale qui servent juste à recycler l'argent il faut qu'on puisse les fermer c'est compliqué aujourd'hui il faut un statut du repenti il faut de nouveaux outils pour la procédure pénale il faut se protéger aussi dans la procédure pénale de manœuvres déloyales des narcos parce qu'ils ont des moyens pour acheter tout le monde et parfois même dans les prétoires il y a des choses qui se passent des mises en liberté qui sont compliquées donc il y a ce sujet là aussi à traiter il faut armer notre marine nationale qui va chercher le produit en mer il faut des techniques spéciales d'enquête parce qu'aujourd'hui les écoutes téléphoniques ça ne sert plus à rien c'est là que ça devient compliqué sur les libertés publiques parce qu'il faut des fois des mesures qui sont exorbitantes du droit commun alors jusqu'où on va est-ce que ça reste bien pour aller chercher des narcotrafiquants dangereux est-ce qu'on ne va pas finir par aller embêter le voleur de poules c'est un vrai sujet on a besoin d'un écrit là-dessus mais si on ne se donne pas tous ces moyens alors eux gagneront parce qu'ils ont beaucoup d'argent 3 milliards et demi à 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an estimé c'est sans doute plus et nous ce qu'on récupère en face en 2023 attribué au STUP les confiscations c'est 117 millions donc ça veut dire qu'en plus c'est une politique qui pourrait presque s'autofinancer alors évidemment il faut faire gaffe il faut être très précautionneux dans l'égard de fou c'est l'objet du débat parlementaire il faut que on fasse pas n'importe quoi parce que les libertés publiques les droits fondamentaux c'est extrêmement important mais en même temps il y a une emprise démocratique je termine là-dessus parce que quand un type au café le matin discute avec son voisin et qu'il dit moi je me casse je me casse le cul à bosser et puis je vois des gars qui roulent dans des grosses bagnoles et eux ils peuvent il y a quand même quelque chose de très déstructurant sur le travail l'économie légale quand les prisons moi je commente la situation dans les prisons depuis ma position de président de la commission de l'enquête et je dis la prison parfois on a l'impression que c'est du télétravail soit c'est une médaille un trophée pour celui qui y va soit c'est un moyen d'accroître son pouvoir dans les réseaux criminels et il s'endurcit il vient encore plus fort c'est le prophète de Jacques Audiard mais j'ai eu des témoignages d'un papa qui est venu me voir à la situation qui m'a dit bah mon fils c'est ça il est passé par la prison il est ressorti plus fort et il est encore plus dangereux donc quand on raconte ça aux gens qu'est-ce que ça renvoie bah ça renvoie que l'état est impuissant et qui ça nourrit bah les ennemis de la démocratie
quand on s'est vu je sais pas il y a un ou deux mois tu me disais le principe que tu énonçais c'était follow the money suivre l'argent tu disais qu'il fallait aller chercher le blé et que tu voulais des Sherlock Holmes du crime organisé comment tu vois cette montée en compétence montée en puissance de la police du fisc des douaniers pour pas seulement aller chercher en bas mais aller chercher en haut
ce sont des sujets que mon voisin connaît très bien je pense qu'il faut de la compétence et on l'a pas déjà on a pas assez de policiers et en plus on leur fait faire des choses parfois qui sont pas le temps de policier il est précieux parce que quand on va lutter contre le narcotrafic parfois peut-être plus important de consacrer de l'argent et du temps de policier à aller chercher des vrais individus dangereux plutôt qu'à faire des contrôles d'identité à la noix qui sont un peu arbitraires et parfois discriminatoires donc on peut aussi se poser cette question là et puis on a pas la compétence en termes d'investigation il y a dans ce pays une vraie crise de l'investigation le modèle c'est Sherlock Holmes Maigret tout ce qu'on veut sauf que dans la police plus personne ne veut faire ça on a modifié l'organisation de la formation des policiers alors d'abord elle a été réduite ensuite elle a été rétablie sauf que maintenant on leur impose de passer le bloc OPJ c'est à dire qu'il faut dès leur formation initiale qu'ils se forment à devenir officier de policier judiciaire ce qu'ils font c'est qu'ils le foirent volontairement parce que personne ne veut aller faire de la PJ pourquoi ?
parce que quand vous êtes dans la voie publique vous avez des horaires qui sont maintenant plus confortables qu'à une époque on rentre chez soi on a pas trop de difficultés je dis pas que c'est un métier facile mais le type à l'inverse de l'officier de policier judiciaire il a des informateurs à traiter il en a plein la tête il fait des filatures des fois il reste 4 jours dans sa bagnole pour écouter ce qui se passe chez les narcos c'est des vies difficiles et ils ont pas plus d'argent donc personne ne veut aller en police judiciaire et donc si on n'a pas cette compétence on n'a pas la ressource il faut aller chercher l'argent et puis par ailleurs c'est des compétences fines il faut aller chercher des avoirs criminels il faut faire des enquêtes financières des enquêtes patrimoniales et sur ces compétences là on est très démuni donc il faut un matériau humain
au delà des modes de vie que tu décris de l'OPJ ou du policier sur la voie publique est-ce que c'est pas la promotion d'un modèle de police qui a lieu depuis une vingtaine d'années qui est le modèle d'intervention direct qui est hyper valorisé soit par les médias soit aussi par les ministres de l'intérieur successifs qui valorisent pas le laborieux travail d'enquête éventuellement même sur des tableaux Excel des chiffres des choses un peu compliquées de ce côté là
il y a eu une réforme de la police nationale et de la police judiciaire dans la police nationale proposée par Gérald Darmanin qui a départementalisé et qui a mis les policiers sous la coupe des préfets et du coup c'est vrai que ça oriente l'activité policière plutôt sur le chiffre sur une politique du chiffre il faut faire des bâtons en bas des colonnes sauf que une enquête où l'on court le type qui passe 4 mois il y a eu un lieu à Marseille il était allé en Espagne et puis il suivait des gens qu'est-ce qu'il dit à ses patrons pendant 4 mois qu'est-ce qu'il produit en termes de visibilité pas grand chose donc il y a évidemment ce sujet là et les policiers eux-mêmes commencent à en revenir puisque le patron des commissaires de police du syndicat dit il faut arrêter avec la police d'intervention et puis ils se rendent bien compte beaucoup m'ont dit des gendarmes très haut placés des policiers la guerre contre la drogue on est en train de la perdre parce que c'est pas satisfaisant alors pour les raisons sociales qui tiennent à la consommation c'est la deuxième jambe mais aussi pour la façon dont on s'y prend à cause de la façon dont on s'y prend dans la lutte contre le crime organisé et effectivement il faut revoir ce qu'est la police la place de la population tout à l'heure Hassan Lehmou nous parlait la considération qu'on a pour certains citoyens de ce pays le rapport police-population il est aussi à ce prix comment on change le regard qu'ont les policiers comment on rétablit une police de proximité comment on articule le travail des polices municipales avec la police nationale c'est autant de questions qui sont devant nous mais il faudra bien y trouver des réponses
sur les angles morts de la loi en cours premier angle mort que tu as effleuré la question de la légalisation je fais part d'ailleurs de mon évolution moi sur cette question qui était plutôt sur le volet répressif et qui évoluait d'abord par l'échec de la politique répressive quand on a un million consommateurs de cannabis quotidien quand on a 10% de la population qui l'a consommé dans l'année et bon 50% qui l'a testé au fil de sa vie on est dans une masse qui de toute façon ne peut plus être traité seulement par la répression et un général de gendarmerie était passé à ma permanence qui me disait nous c'est fini on perd notre temps on perd notre énergie à aller poursuivre le dealer de cannabis et le consommateur aussi en quoi la légalisation la dépanélisation d'autres politiques menées ailleurs peuvent être ou non un outil dans la lutte contre le crime organisé
c'est un sujet qui est extrêmement complexe et il n'y a pas de solution miracle les deux étaux de la mâchoire du débat public dans lequel on est un peu coincé c'est on légalise ça va tout régler et c'est les consommateurs ont du sang sur les mains une fois qu'on a dit ça on n'est pas bien avancé donc Bruno Retailleau c'est les consommateurs ont du sang sur les mains c'est une vision criminalisante de la consommation et puis la légalisation ça vaut pour une molécule mais l'OFDT l'Observateur français des drogues et de toxicomanie identifie 465 molécules celle qui arrive le problème de la France aujourd'hui c'est la cocaïne tous les problèmes de violence qu'on connaît c'est la cocaïne dont la consommation a été multipliée par deux en deux ans et la cocaïne c'est pas la cocaïne que les mondains se mettent dans le nez le samedi soir c'est les marins pêcheurs c'est les chauffeurs routiers c'est le BTP c'est les gens qui tiennent avec ce produit une béquille pour des vies professionnelles qui sont difficiles c'est un sujet social donc comment en légalisant moi je suis hostile à la consommation comme ça moi je tourne au vin rouge parce que je suis bourguignon c'est pas bien non plus c'est une drogue légale je pense que le problème de la drogue c'est qu'elle est devenue dangereuse même les drogues douces sont dures et que le taux de THC il est passé de 9% à quasi 50% donc c'est un sujet de santé publique on peut s'abîmer dès la première consommation pour un certain nombre de drogues qui sont coupées même quand elles sont très pures avec des tas de saloperies donc il y a un sujet mais j'ai signé un texte pour la légalisation on a une PPL une proposition déposée par le groupe socialiste au Sénat que j'ai signé parce que je considère qu'il faut alléger l'effort qui est demandé aux forces de sécurité parce que 80% des actes qui sont produits concernent les consommateurs on peut pas taper avec le même marteau sur le clou du type qui dirige un réseau à Dubaï qui est un vrai salopard qui fait tuer des gens la petite main qui est un gamin pris dans l'économie de la dette dont on parlait tout à l'heure qui est victime qui commet des délits et parfois des crimes mais qui est victime du réseau et puis le consommateur tout ça c'est pas la même chose donc il faut qu'on sorte de l'hypocrisie et qu'on clarifie la vision de la société sur la consommation il y a un argument sanitaire aussi c'est que la prohibition c'est la clandestinité la clandestinité c'est le refus de soins et c'est des gens qui préfèrent crever chez eux plutôt que aller se faire soigner donc il faut qu'on ait ce débat pour sortir de l'hypocrisie parce que il n'y a pas de solution au miracle mais il va y avoir qu'on se pose plein de questions est-ce qu'on peut consommer dans la voie publique oui, non quel est le taux de THC qu'on autorisera qu'est-ce qu'on fait des autres drogues comment on soigne les gens qu'on fasse de la prévention parce qu'on n'est pas bon sur la prévention on n'est pas bon sur la répression on n'est pas bon sur le soin on n'est pas bon sur grand chose en matière de tranquille
dernière question sur mon sentiment que là on met les moyens pour mener une bataille contre la drogue via l'extérieur mais qu'on ne se demande pas du tout comment aider les associations aider les citoyens aider les habitants ou les élus des quartiers populaires à desserrer les taux de l'intérieur
oui c'est une question qu'on a peu adressée dans le rapport c'est vrai parce que c'est difficile les témoignages qu'on a eu le montrent à une époque on avait cette gentille image de l'économie locale de la drogue ah bah ouais Momo il est sympa il remonte les cabas de madame machin qui est au quatrième c'est plus comme ça vous l'avez très bien dit l'un et l'autre maintenant c'est des jobbers des intérimaires qui traversent la France pour faire du boulot recrutés sur les réseaux traités parfois comme des esclaves par des gens qui les tiennent dans des conditions inhumaines c'est aussi maintenant de plus en plus des mineurs non accompagnés qui n'ont d'ailleurs aucune utilité pour les poursuites judiciaires parce qu'ils ne savent rien ils ne connaissent pas les réseaux ils n'aident pas les démantelés ils sont loin des centres de décision j'allais dire donc c'est malgré tout difficile quand on a ces corps étrangers dans des quartiers dans des villages moi j'ai eu un témoignage d'une maire à l'issue d'une réunion d'élus dans un département que j'ai traversé qui disait moi j'ai envoyé une petite commune parce qu'il était un point de on avait été sur une route donc il y avait un point de deal et elle dit j'ai commencé par envoyer mon employé municipal pour qu'il efface les tarifs qui sont inscrits sur les murs qu'il enlève le canapé où les types s'assoient pour dealer et puis ça n'a pas marché ils sont revenus puis j'ai laissé tomber parce que je ne savais pas quoi faire puis j'ai acheté la paix sociale donc je pense que ça c'est ce qu'un maire raconte et je pense qu'il y a plein de gens dans les quartiers quand ils sont victimes qu'on n'arrive pas à exfiltrer les criminels c'est pour ça qu'on a proposé une interdiction de paraître des expulsions de logements on se dit le mec de gauche propose des expulsions de logements bah oui on peut être expulsé d'un logement quand on ne paye pas son loyer quand on transforme un logement dans un quartier d'état social avec pour unique but de faire du commerce et emmerder tout le quartier mettre tout le quartier sous coups réglés bah c'est pas possible il faut qu'on puisse être viré aussi et du coup ces sujets là il faut qu'on fasse attention dans notre débat là qui arrive c'est mon dernier mot pour pas durer trop longtemps mais à ne pas tomber dans des réflexes un peu pas vu au bien il va falloir qu'on réfléchisse autrement sur ces sujets qu'on se réapproprie des questions de sécurité qu'on aille sur des champs nouveaux sur la consommation mais si on veut gagner la bagarre la bataille il va vraiment falloir qu'on soit fort et qu'on s'arme qu'on s'arme avec des outils qui sont parfois un peu intrusifs il faudra qu'on ait des contre-pouvoirs il faut que la justice soit plus forte il faut que les policiers soient plus forts il faut que les maires soient plus forts et puis effectivement il faut trouver des solutions pour les habitants qui pour l'instant regardent les balles passer leurs voisins se faire descendre parfois leurs fils leurs maires mais qui n'ont pas la manière de réagir parce que sinon c'est les criminels qui l'emportent
merci beaucoup Fabrice Rizoli docteur en sciences politiques à l'université Panthéon-Sorbonne spécialiste de la grande criminalité et chercheur sur la criminalité organisée et surtout peut-être aussi fondateur président de l'association Crime Halt il y a maintenant 10 ans en 2015 donc un engagement dans la durée sur ça première question toute simple pourquoi il y a 10 ans tu t'es lancé dans je veux dire le petit truc je recevais tes messages par Whatsapp tu m'en as envoyé un gros gros paquet et je vais dire le premier réflexe parce que c'est symptomatique je dis mais est-ce que c'est un truc d'extrême droite qui m'envoie ça voilà le premier truc et allant chercher étant rassuré que ça soit quelqu'un de gauche grosso modo qui si si quand on opère un fichage mais voilà qui soulève cette question et qui la prenne à bras le corps mais voilà mon premier réflexe était un réflexe de méfiance de voir et de soulagement de constater que c'était porté par un progressiste quoi alors la première question pourquoi bon j'ai été sensibilisé aux questions de sécurité parce que j'ai grandi à la fois dans le 19ème arrondissement dans les années 80 où les gens se piquaient à l'héroïne dans les cages d'escalier moi je descendais je jouais au foot et puis les gens qui étaient mes amis à l'époque ils sont morts du sida ils sont morts d'overdose ils sont passés par la casse prison et puis comme ça ne suffisait pas ça c'était c'était ce qui se passait toute l'année à Paris et puis tous les étés j'allais chez mon père il habitait la cause d'Azur et là j'ai fréquenté les big boissons j'y travaillais etc donc c'est le folklore de la côte d'Azur Corse Italien Calabré Serbe Français Proxénète interdit de séjour à Paris mais que tu retrouves avec ces prostituées à Nice voilà j'ai grandi là-dedans j'ai voulu en faire un sujet d'études j'ai bien compris que je n'avais pas les épaules pour faire ce que je voyais c'est pas possible et j'ai fait un doctorat de sciences politiques et j'ai fait des études sur les mafias italiennes parce qu'on peut les étudier alors le problème c'est qu'il faudrait être aveugle pour ne pas voir que l'Italie c'est le pays de la mafia et de l'antimafia c'est-à-dire que on peut s'intéresser aux méchants et puis on fait rien mais en fait on voit bien qu'en Italie on met en place des dispositifs qui fonctionnent pour faire baisser par exemple le nombre de morts la mafia n'a pas disparu mais la mafia ne tue plus en Italie et donc il y a une quinzaine d'années il y a eu un projet européen lancé par Libéra la principale grande association d'associations antimafia en Italie et ils avaient un budget européen donc j'ai commencé à faire un peu de la sensibilisation en France et puis est née comment dire est née l'association CRIMALT il y a une dizaine d'années c'est un anniversaire en revanche nous avions l'obsession d'arriver d'abord à un premier résultat législatif qui était d'obtenir une loi d'usage social des liens confisqués pourquoi ?
c'est très important parce que voilà une plégie comme tu disais parce que on discute tout cela de sécurité mais quand on parle de crime organisé en fait les citoyens n'ont pas beaucoup de rôle c'est encore les policiers et les magistrats qui peuvent mettre des menottes et mettre les gens en prison et ça doit rester comme ça ce qui fait que nous on fait une conférence bon allez on est quand même un peu entre convaincus et on voit pas bien comment au quotidien oui on peut payer ses impôts on peut accompagner les victimes j'entends bien mais c'est très compliqué d'avoir un rôle en Italie le rôle qu'on a trouvé qui est concret efficace qui donne un rôle aux citoyens c'est de les mettre à l'intérieur d'un bien confisqué donc avant où il y avait la maison du chef mafieux qui comme ça irriguait tout le pouvoir mafieux sur le territoire elle pouvait être souvent imposante les gens en avaient peur quand il passait devant il y avait des endroits il y avait des actes de torture dans le sous-sol aujourd'hui nous on est allé en Calabre on a dormi dans une auberge de jeunesse où c'était le plus grand le plus grand bâtiment de la ville de 22 000 habitants de Polistena et là c'était la villa du chef mafieux maintenant c'est des gens qui comment dire viennent en aide aux gamins et leur font les activités périscolaires c'est un endroit où les migrants qui n'ont pas de sécurité sociale et qui sont encore exploités sur les terrains de la mafia parce qu'elle existe encore la mafia en Italie mais les migrants là ont accès aux soins à l'intérieur du bien confisqué alors en plus les gens ils travaillent ils perçoivent un salaire ils ont accès à la santé ils ont accès au crédit et donc sur le territoire le fait que les citoyens aient repris un rôle actif ça a fait reculer les mafieux reculer les mafieux de manière symbolique quand je dis de manière symbolique c'est parce que dans les biens confisqués en Italie parfois la famille mafieuse continue d'habiter à côté du bien confisqué petit message subliminal pour les gens qui pensent que dans les guerriers populaires à Marseille ou en Corse on ne pourrait pas faire la même chose sous prétexte de promiscuité avec les trafiquants c'est pas vrai quand l'état monte les crocs qu'il met les bons dispositifs il fait reculer ça ne va pas disparaître ça c'est les choses pour lesquelles on a voulu obtenir ça pour beaucoup on l'a compris tu t'inspires de l'Italie où grosso modo la mafia est allée le plus loin et aussi du coup il y a une réaction anti-mafia qui va loin aussi quels sont les dispositifs on entend sur les biens confisqués mais que tu vois copier par exemple sur le statut du repenti ou du coopérateur de justice sur la confiscation préventive comment tu quels sont les outils que tu verrais importer d'Italie en France alors effectivement ne soyons pas naïfs uniquement remettre des biens confisqués aux citoyens ça ne suffit pas pour calmer les mafieux donc l'Italie a mis un certain nombre de dispositifs qui sont reconnus efficaces par tout le monde alors le premier effectivement c'est qu'on pourrait dire aujourd'hui qui est dans la loi présentée par les sénateurs c'est le fait qu'en France il existe déjà un programme de protection j'insiste sur le mot s'il vous plaît s'il vous plaît l'enjeu c'est la protection des personnes qui dénoncent leurs complices je suis un gangster je vais au tribunal je dénonce tout ce que j'ai fait moi-même et je dénonce mes complices alors ce dispositif existe dans la loi française mais il ne s'applique pas par exemple aux personnes qui ont tué la belle affaire quelqu'un vient de Marseille nous explique qu'il y a eu 53 homicides y compris des victimes innocentes donc ça ne peut pas fonctionner puisque une des règles du crime organisé c'est d'utiliser la violence pour dégager un concurrent et aujourd'hui l'homicide en France l'assassinat c'est extrêmement utilisé pour dégager le concurrent donc on a besoin d'une personne qui vient qui dit j'ai tué ou j'ai aidé à tuer je dénonce celui qui m'a demandé de tuer et en échange je suis protégé on ne me tue pas moi et ma famille en faisant ça je fracture l'organisation criminelle de l'intérieur je la démonte et c'est comme ça si vous voulez que les mafieux ont réfléchi ce sont des spécialistes du rapport de force ils ont dit je vais prendre 30 ans de prison parce qu'il va me dénoncer je vais faire très attention avant d'aller tuer aujourd'hui la mafia italienne ne tue plus alors il y a une bataille d'experts oui mais elle est toujours là elle corrompt oui alors justement parlons de la corruption pour que les gens puissent continuer à corrompre il faut qu'ils aient de l'argent donc évidemment l'Italie a mis en place une confiscation très particulière une confiscation anti-mafia qui n'existe pas en France qu'on essaye de rédiger des amendements mais c'est bien compliqué mais en attendant on a amélioré les dispositifs de confiscation qui existent en France on a rendu la confiscation obligatoire etc donc il y a vraiment un enjeu là et pour l'instant tant l'Assemblée nationale que tant le Sénat que l'Assemblée nationale ont conservé une meilleure confiscation là qui arrive c'est une confiscation élargie au patrimoine non justifié dans le cadre du délit de non-justification de ressources là ça y est c'est bon on comprend plus rien et c'est normal simplement il faut juste s'inspirer de l'esprit le délit de non-justification de ressources c'est si je fréquente un gangster qui va être condamné à 5 ans de prison moi-même je vais être condamné à 5 ans de prison le délit de non-justification de ces 5 ans de prison donc c'est pas des petits délits ça s'adresse pas au voleur de poule proportion entre liberté publique et sanction et répression vous ne pouvez pas ne pas savoir que vous étiez avec un gangster vous allez chez le notaire vous signez des papiers vous êtes au bar tous les jours avec lui vous êtes au téléphone ça fait 2 ans que vous le fréquentez c'est une fréquentation régulière vous fréquentez un gangster vous vivez dans sa maison c'est lui le vrai propriétaire ou c'est vous qui êtes le propriétaire mais il en a à la libre disposition il a les clés etc on confisque le bien mais on vous demande aussi de justifier le reste de votre patrimoine confiscation élargie pour l'instant ça a été conservé ça devrait permettre de faire mon avis de meilleures affaires de confiscation donc en Italie on a inventé quelque chose d'encore bien plus efficace qui est une confiscation sans condamnation pénale du propriétaire et alors là c'est très très drôle parce qu'on a des opposants au motif que c'est attentatoire aux libertés fondamentales c'est à dire que c'est quasiment préventif avant même qu'il y ait une condamnation par le tribunal on prend les biens alors avant même qu'il y ait une condamnation certes mais la cour européenne des droits de l'homme parce que nous à CRIMALT on est des amoureux des droits de l'homme moi au petit déjeuner l'ABS Corpus je le mange au petit déjeuner je fais comme ça j'adore ça moi j'ai fait étudier la déclaration universelle des droits de l'homme pour lutter contre la corruption je la fais étudier à mes étudiants je leur demande d'interroger les articles de la déclaration des droits de l'homme pour justifier la lutte contre la corruption tellement c'est magnifique la déclaration des droits de l'homme donc nous nous sommes encore plus respectueux des droits de l'homme que les délits qui existent déjà en France c'est pour vous dire donc on demande ici aux personnes à qui on a démontré dans une enquête de police judiciaire qu'ils constituaient une association criminelle on leur demande de justifier l'origine légale de leurs biens évidemment pour ça comme les biens peuvent être un danger ils peuvent être revendus ils peuvent être un symbole de domination sur les territoires c'est pas toujours le cas en France on peut avoir des biens parfois plus discrets encore que le moulin de Giverny vous savez ce que je veux dire dans la corruption de Balkany si vous parliez des hautes scènes tout à l'heure la théorie des cols blancs en fait les cols blancs font plus d'actes criminels que ceux qui gagnent le moins d'argent les plus pauvres en fait c'est l'inverse c'est pas les plus pauvres qui connaissent le plus délits c'est ceux qui bon bref j'arrête c'est des théories sociologiques qui ont été vérifiées donc on leur demande de justifier l'origine légale de leurs biens la plupart du temps ils n'y arrivent pas à 70% et donc on saisit provisoirement les personnes ont des droits de recours ils vont au tribunal ils peuvent se défendre ils ont un avocat l'avocat est obligatoire ils disent non non j'ai hérité de mon oncle d'Amérique tenez et donc on restitue le bien à 70% 70% est confisqué 30% 70% est confisqué définitivement 30% est remis au propriétaire en France la confiscation pénale c'est seulement 30% des biens qui sont saisis à la fin donc on confisque bien mieux en Italie grâce à cette confiscation on en est encore loin en France mais encore une fois la Cour européenne des droits de l'homme a validé la confiscation italienne au motif que vous ne risquez pas la prison vous ne risquez que de perdre vos biens et les droits de la défense et de toute façon respectés je pense que c'est l'avenir de la confiscation c'est vraiment là dessus qu'il faut se tourner ça fait penser un peu à la HATVP la haute autorité de transparence de la vie publique auquel nous sommes tous les deux tous les trois soumis qui vous demande de faire une déclaration de patrimoine qui surveille qu'entre deux élections même d'une année sur l'autre il n'y a pas eu un enrichissement et ainsi de suite donc en gros ça serait une soumission un peu générale à une transparence de la vie je ne serais pas une soumission générale à des personnes dont une enquête de police judiciaire classique a démontré que vous apparteniez vous étiez complice d'une organisation criminelle c'est pas n'importe qui vraiment je rappelle qu'en France depuis 40 ans la personne qui dort dans le même appartement qu'une prostituée c'est un proxénète automatiquement dans la loi je veux dire vous êtes accusé de vivre du trafic de l'activité que l'état peut reconnaître légale la prostitution mais vous vous n'êtes pas légal parce que vous vivez de cette activité donc en fait on demande à faire ça avec des trafiquants de drogue avec des gens qui tuent on ne demande pas à faire ça avec n'importe qui bon là le problème c'est qu'au Sénat ça bloque un petit peu à l'Assemblée nationale pardon ça bloque un petit peu ces amendements que nous avons portés etc en ce moment il semble que ça bloque alors est-ce qu'il faudra l'expliquer encore en séance je l'espère coopérateur de justice confiscation bien plus importante qu'il faut mener pour récupérer de l'argent vous parlez de manque de moyens les chiffres c'est environ 6 milliards d'avoir saisi en Italie saisi provisoire 70% définitif en 2 ans c'est énorme donc on peut faire beaucoup mieux alors on a un délit associatif aussi en Italie qui permet de condamner les gens sur le seul fait d'appartenir à une organisation criminelle on a tenté ça aussi au Sénat ça a été un petit peu édulcoré ça revient à l'Assemblée nationale c'est pas toujours compris mais bon pour le haut du spectre condamner les personnes par exemple qui complotent font de l'extorsion mais qu'on n'a pas à prouver l'extorsion comme aujourd'hui on a le prouvé en droit français parce que par exemple une extorsion pour la prouver il faut que la victime porte plainte or les extorsions aujourd'hui c'est on vient dans votre bar et on vous dit maintenant si tu ne prends pas mes marchandises mon café ma sauce tomate que sais-je encore bon c'est BD parce que les dernières enquêtes montrent ça toi demain tu vas vendre des confettis c'est quoi ça tu vas vendre des confettis en droit pénal c'est une menace mais le juge il regarde c'est quoi mais on tend un téléphone d'un mec qui est en prison dont on sait que c'est une famille mafieuse qui a déjà tué c'est ben ouais en fait ces gens là quand on les met en écoute téléphonique quand on les fait les planques quand on fait les enquêtes patrimoniales quand on regarde leur pédigree ben c'est une association criminelle c'est même pas l'association de malfaiteurs en Italie on fait 15 ans de prison pour ça oui j'aime pas la prison mais là par contre pour les gens dangereux on met la prison en Italie quelqu'un qui a mis un coup de tête à un journaliste vous l'avez peut-être tous vu parce qu'il l'a fait en direct à la télévision un mafieux il a mis un coup de tête à un journaliste ça a été pris par les images il a pris 6 ans de prison ses coups de tête avec la méthode mafieuse parce que lui-même est un mafieux parce qu'il sait peut-être il fait une démonstration de pouvoir que tout le monde va voir c'est 6 ans le racket ils ont mis 30 ans de prison à des gens qui ont racketté une femme qui avait une boulangerie c'était toute sa vie avec son mari etc elle a dû monter sur l'immeuble des mafieux ils étaient 11 autour d'elle 11 mecs une femme elle a été défendue par la société civile elle a été défendue par les gendarmes qui l'ont protégée les juges ont agi ils ont mis 30 ans de prison extorsion à la méthode mafieuse ça a calmé les extorsions dans la ville d'Ercolano après je peux vous le dire haut du spectre haut du spectre d'accord les interceptions ça fait très polémique dans la loi aujourd'hui problème des libertés publiques je vais raconter une petite anecdote il y a un mafieux qui a tué un magistrat en 1980 une magistrace après Bruno Caccia il a été assassiné à Turin et on a retrouvé la famille mafieuse qui avait donné l'ordre mais il manquait encore un des tueurs il n'y avait pas eu de collaborateur de justice comme on dit en Italie ou coopérateur de justice ou repenti comme les journalistes l'aiment les appeler je regrette quand même que le mot repenti figure dans la loi française ça me gêne beaucoup que les journalistes disent repenti je comprends mais dans la loi ça me gêne énormément je ne comprends pas ce que fait ce mot là dedans mais c'est pas grave et qu'est-ce que je disais déjà ?
30 ans après les policiers italiens ont mis un logiciel dans la tablette de la personne qu'ils pensaient suspecte de cet assassinat 30 ans après grâce à des informations de police judiciaire on ne met pas on ne met pas des dispositifs dans tous les iPads des gens et effectivement quand il s'est mis à parler ça déclenchait l'enregistrement et il a avoué à un ami à lui le fait que c'était lui le tueur depuis c'était devenu un boulanger il ne faisait plus beaucoup d'actes de mafieux et tout donc ça peut poser des questions sur 30 ans après mais enfin on ne peut pas laisser impunir un assassinat de magistrat c'est pas possible tu compares avec l'Italie est-ce qu'on en est là ?
tu prononces le mot mafia, mafia, mafia alors on s'est croisé en Corse où la question de la mafia est désormais posée par des associations corses qui disent voilà il y a des associations mafieuses en Corse est-ce que tu considères que la France en est au point de l'Italie ?
il y a 10 jours témoignage première main de Marseille les soi-disant mecs de la DZ mafia dont on ne sait plus qui fait quoi sont arrivés dans un bar ils ont dit au mec le bar et les deux voitures là maintenant c'est à nous tu signes comme dans une série télévisée engrenage saison 2 quatrième épisode la cour neuve les mecs arrivent etc une série mais ils ont rêvé ils ont fait ça il a dit je ne vous donne pas mon bar de rigolo il a entendu le téléphone ils étaient chez sa mère il a signé mafia, pas mafia je m'en fous il y a association criminelle il y a extorsion même si la victime ne porte pas plainte le simple fait d'avoir que les mecs aient signé chez le notaire à un prix en dessous enfin voilà si demain il y en a un de chez eux qui veut coopérer il faut le protéger si demain les assassins de victimes innocentes le gamin de 14 ans de toute façon il va sortir le gamin de 14 ans on n'est pas au state il ne va pas être condamné à 200 ans de prison lui, sa famille ses parents sur 44 générations il va sortir donc de toute façon autant le protéger lui et sa famille et qui disent on m'a demandé d'aller sur le plan de deal de tirer à la Kalachnikov bon je sais tirer ou je sais pas tirer ça je sais pas si c'était un volontaire volontaire ne m'importe mais il faut le protéger statut de coopérateur mafia ou pas mafia mais c'est enfin franchement c'est vraiment pas grave donc les outils on commence vraiment à s'améliorer en France mais il faut transformer l'essai tout en étant effectivement extrêmement attentif aux libertés publiques encore une fois à Crimal par exemple on propose une confiscation sans prison on propose que les biens une fois qu'on les a confisqués on les redonne aux citoyens donc on est loin de l'esprit uniquement répressif donc là tu considères que la loi avec le parquet national avec une petite avancée sur le coopérateur de justice avec des avancées sur la confiscation des biens c'est un pas dans la bonne direction c'est un pas dans la bonne direction j'entends très bien les critiques qui sont faites c'est une loi uniquement répressive après c'est un peu compliqué de mettre d'autres arguments dans une loi il y a les cavaliers législatifs etc vous devez faire voter des gens à l'Assemblée nationale il faut créer corps le Sénat quand même votait à l'unanimité cette proposition de loi moi je comprends que bien sûr l'Assemblée nationale passe derrière et dise ah non ça ça va trop loin etc mais sur les délits associatifs sur d'autres choses je pense qu'on est en train de reculer c'est dommage voilà peut-être une dernière question Jérôme on a évoqué la Corse mais dans ton rapport il y a un long passage sur les Outre-mer la situation particulière des Outre-mer parce que notamment ça peut être à proximité du marché américain ou des Caraïbes de l'Amérique du Sud est-ce que tu veux toucher un mot oui je pense que
on oublie il y a eu une conférence de presse d'ailleurs de Bruno Rotaio et Didier Migaud à l'époque quand ils ont lancé leur plan narco et le mot n'avait pas été prononcé et les Outre-mer l'Antille Guadeloupe-Bartinique-Guyane vu d'ici c'est souvent la porte d'entrée de la drogue accessoirement il y a des gens qui y vivent donc c'est pas simplement la zone de transit de la drogue c'est un endroit où il se passe des choses et il se passe des choses de niveau criminel qui sont particulièrement inquiétantes parce que le niveau de circulation des armes est beaucoup plus élevé que n'importe où ailleurs dans l'Hexagone avec la proximité des Etats-Unis et le marché légal des armes et du coup un marché illégal qui se nourrit des armes US et sur le podium de la criminalité Martigny-Guadeloupe sont sur les meilleures places parce que on a une facilité à sortir une arme et à régler n'importe quel conflit en se tirant dessus donc c'est extrêmement inquiétant il y a la drogue évidemment il y a la criminalité toutes les criminalités associées on ne l'a pas dit mais ça a été dit par Fabrice à l'instant mais le trafic de stupéfiants au départ c'était notre objectif on est remonté d'un niveau sur la criminalité organisée parce que ça devient une infraction mère en haut de la pyramide criminelle il y a le stup mais derrière les extorsions il y a la traite d'êtres humains il y a les tentatives d'homicides il y a la corruption il y a le blanchiment et donc en Guyane en Martinique en Guadeloupe il y a un sujet particulier de saturation par les armes et qui justifie qu'ils ont besoin d'encore plus de soutien parce qu'ils sont en plus entourés d'états qui sont parfois criminels donc certains font de leur PIB sur le trafic de documents d'identité d'où des bandes viennent régler des comptes et repartent donc c'est quand on pense au narcotrafic il faut penser aux criminalités organisées il faut penser à l'hexagone il ne faut pas oublier les compatriotes qui sont dans ces territoires
merci beaucoup merci beaucoup Fabrice Rizoli merci beaucoup Jérôme Durin merci Amandine et Christine et Hassène merci à vous peut-être enfin je conclurai en disant qu'il faut qu'on sorte d'ici avec des idées claires les narcotrafiquants sont oui ils sont nos adversaires oui en premier lieu ça touche les nôtres ça touche les quartiers populaires avec les enfants mais surtout la peur la peur des parents pour leurs enfants que cette question la gauche doit s'en emparer la question de la sécurité publique la question de la tranquillité publique avec comme optique oui de frapper comme vous l'écriviez les gros bonnets et de les taper au porte-bonnets avec moi toujours je le maintiens quand même l'erreur à mon sens que les habitants ne soient pas mentionnés dans la loi qu'ils en soient quasiment absents qu'ils soient absents de cette démarche alors qu'à mon sens ils sont la principale force pour desserrer l'étau cet étau là et que il s'agit de desserrer aussi l'étau d'un horizon d'un horizon d'espérance je ne veux pas rappeler les propos du président Macron mais quand il disait qu'à Stein il fallait Uber parce que sinon c'était dealer il faut que nous on soit aussi évidemment porteurs d'aller affronter cette menace sur le terrain de la répression mais il faut l'affronter aussi en ouvrant un autre horizon que Uber ou dealer et voilà avec la possibilité de l'éducation la possibilité de la santé la possibilité d'avoir des services publics de proximité la possibilité d'avoir un investissement dans les quartiers et on peut dire quand même que depuis 8 ans maintenant c'est pas la voie qui a été choisie par les gouvernements successifs qui au contraire rétrécit sans doute cette hérison plutôt qu'ils ne l'ont élargie pour que tous nous ayons droit à une vie large bon merci merci beaucoup à vous et puis merci d'avoir consacré une partie de votre temps et merci à vous le public merci
Christine Arrighi