François Bayrou a-t-il déjà perdu son pari ? (Alexis Brezet)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
l' dit politique sur europein avec le Figaro. Donc bonjour Alexis Brez. Bonjour Dimitre.
Oui, bonjour à tous. François Baïou a annoncé qu'il allait demander un vote de confiance de l'Assemblée pour désendetter le pays. L'accueil, c'est moins que l'on puisse dire n'a pas été très favorable.
Alexis, est-ce que le Premier ministre a selon vous déjà perdu son paris ? Bah, j'en ai peur, Dimitri, j'en ai peur pas pour François Baou mais parce que la situation de la France qu'il a décrite avec des mots justes est effectivement gravissime. Et c'est la raison pour laquelle plutôt que d'attendre d'eau au mur comme le lapin dans les phares de la voiture, la journée de blocage du 10 septembre puis la motion de censure de Jean-Luc Mélenchon, puis les discussions parlementaires interminables qui on réduit son projet de budget en charpie, et bien François Baou a choisi de mettre les parties au pied du mur.
Comment ? En leur posant la question de vérité. Est-ce que vous êtes oui ou non décidé par des moyens dont on discutera ensuite ? pas forcément la suspension de 2 de jours fériers.
Est-ce que vous êtes décidé à tout mettre en œuvre pour reprendre le contrôle de ce cancer de la dette qui ronge notre pays ? question bah elle est elle est elle était parfaitement légitime, elle est cruciale. Et en la posant, en expliquant que les politiques n'en sont pas seul responsable du creusement de la dette mais aussi les Français qui en ont allègrement profité, François Baïou a pris un risque.
Tout ça n'est pas sans panache. Le problème c'est qu'à cette question de vérité posée par le Premier ministre, la majorité des partis politiques représentés à l'Assemblée semble malheureusement décider à répondre non. Oui, mais ça Alexis François Baou n'est pas un père de l'année.
Il devait s'en douter. Est-ce qu'au fond il ne cherche pas simplement à sortir en beauté ? Ouais.
Alors ça c'est ce qu'on dit toujours après hein quand l'opération a échoué. Euh dit "Ah bah il savait c'est un suicide." Et effectivement ce discours courageux lui permettra s'il tombe le 8 septembre de quitter Matignon la tête haute et même maigre consolation de dire plus tard je vous l'avais bien dit mais je crois pas du tout que c'était son intention.
Son paris c'était quoi ? C'était que le Rassemblement national dont on sait qu'il doit gagner en crédibilité notamment auprès des milieux économiques et bien que le RN bien sûr ne voterait pas la confiance mais s'abstiendrait en disant oui, il y a un problème grave d'endettement dans son pays. Nous ne sommes pas d'accord avec vous sur la façon de le réduire.
Nous pensons nous qu'il faut principalement agir sur l'immigration, l'assistana, les organismes publics inutiles ? Mais enfin sur le diagnostic, nous sommes d'accord et nous allons donc vous soumettre nos solutions puis on verra bien si vous les acceptez. Ça c'était le pari d'un RN disons raisonnable.
Il n'a pas fonctionné. Jordan Bardella puis Marine Le Pen ont aussitôt refermer la porte sur les doigts du premier ministre. Pour le RN, il n'y a plus qu'une solution, la dissolution.
Alors, est-ce que François Baou et Marine Le Pen ne se sont pas parlé ? Est-ce qu'ils ne se sont pas compris ? Ben, on le saura sûrement un jour.
Enfin, en attendant, comme LFI annonça qu'évidemment ces députés votraient contre le gouvernement et que le PS a fait savoir que jamais les siens ne voter pour, et bien la messe est dite, on ne voit pas aujourd'hui par quelcle François Bairou pourrait échapper à un vote de défiance le 8 septembre. Et si c'est le cas, que se passe-t-il ? Et ben ce qui doit se passer, François Bayerou présentera sa démission à Emmanuel Macron qui devra lui trouver un remplaçant et puis les mêmes causes produisant les mêmes effets.
On ne voit pas comment ce remplaçant ne serait pas à son tour censuré. Il faudra en chercher un autre. Rebelotte.
Très vite se posera la question de la dissolution dont Emmanuel Macron vient de dire qu'il ne voulait plus la prononcer. Bref, la confusion sera totale, la situation politique incontrôlable. Et pendant ce temps-là, sous le regard des marchés, la France continuera de s'enfoncer encore et toujours dans la spirale de la dette.
L'édit politique sur Europe signature Alexis Brezet. Merci beaucoup à
François Bayrou