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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 25 février 2021 33 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEurope & internationalÉconomie & entreprises

Conseil européen extraordinaire | Point presse du Président Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00RelanceRéponse partielle

    Le mécanisme de contrôle des exportations a-t-il confirmé les soupçons sur AstraZeneca ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Accord sur les certificats vaccinaux d'ici l'été ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la République tchèque et la Slovaquie demandent des doses ?

  • 35:00FerméeRéponse partielle

    Question par écrit sur les certificats vaccinaux

  • 40:00RelanceRéponse directe

    Pourquoi certains pays agissent seuls sur les certificats ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « Nous nous sommes accordés sur l'urgence de la lutte contre les variants du virus et avons soutenu le lancement par la Commission d'une sorte de "barda" européenne, ERA »
  • 5:00Emmanuel MacronChiffre
    « Nous avons importé des doses qui avaient été fabriquées aux États-Unis et pour beaucoup de vaccins ce sera le cas »
  • 7:30Emmanuel MacronChiffre
    « Il y a 6,5 millions de soignants sur le continent africain, ce qui signifie mobiliser 13 millions de doses »
  • 10:00Emmanuel MacronFait
    « AstraZeneca a envoyé des doses produites en Europe vers d'autres marchés »
  • 25:00Emmanuel MacronFait
    « Certains pays en fin d'année dernière n'ont pas souhaité appeler une partie de leurs doses »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et tous. Nous nous sommes donc retrouvés pour un Conseil européen dont la première partie s'est tenue cet après-midi et qui se poursuivra demain dans la matinée et qui nous a permis, pour les heures qui viennent de s'écouler, de poursuivre l'effort de coordination que nous avons engagé sur la lutte contre le virus. S'agissant de la situation actuelle, nous nous sommes accordés sur l'urgence de la lutte contre les variants du virus et avons soutenu le lancement par la Commission d'une sorte de "barda" européenne, ERA, qui va réunir laboratoires, chercheurs, industriels, régulateurs et s'appuyer sur des financements européens afin que nous puissions être au rendez-vous de l'innovation, de la production et de la livraison de produits de santé en Europe.

Nous avons aussi échangé sur les nouvelles commandes de la Commission européenne auprès de Pfizer et Moderna et appelé à accélérer les livraisons en cours, tout comme les négociations pour les futurs vaccins, tout particulièrement pour ce qui concerne les laboratoires Novavax et Valneva. L'approche européenne, vous le savez, je la défends parce que c'est le seul moyen d'organiser une campagne vaccinale efficace en Europe et elle porte ses fruits. Nous avons pu nous appuyer sur plusieurs types de vaccins avec différentes technologies pour que tous les États membres puissent déployer leur stratégie de vaccination de manière parallèle depuis fin décembre.

Partir en ordre dispersé aurait été inutile, nous le voyons aujourd'hui alors que la problématique des variants est ressentie précisément partout en Europe. Notre objectif est de sécuriser les commandes passées, de continuer à produire davantage en Europe, et nous avons encore vu cette semaine l'annonce de plusieurs laboratoires qui ont accepté de convertir des sites de production pour produire des vaccins existants et homologués, et de préparer la production future. À cet égard, nous avons eu également un échange sur le renforcement de la production sur le sol européen, en identifiant les capacités encore disponibles de certains industriels qui pourraient aider à la production du vaccin et d'autres produits de santé, la poursuite aussi des vaccins de deuxième génération qui arriveront à l'automne, ainsi que l'identification de nos besoins en terme d'intrants, avec des cartographies très claires.

Je veux à cet égard remercier la Commission pour le travail important qui a été réalisé ces dernières semaines sur ce sujet par la Présidente von der Leyen et la task force pilotée par le Commissaire Breton avec une équipe dédiée. l'Union européenne se met en capacité de produire, comme l'a dit la Commission européenne, de manière beaucoup plus autonome à partir de la fin d'année et de manière durable car il est vraisemblable que nous aurons à vivre avec ce virus dans la durée et donc à poursuivre des campagnes vaccinales. Il faudra renforcer précisément cette autonomie européenne.

Il nous faut aussi disposer d'une information transparente sur ce que les entreprises basées en Europe produisent et exportent. C'est l'objet du mécanisme de contrôle et d'autorisation des exportations que nous avons souhaité poursuivre. J'ai aussi attiré l'attention sur l'importance d'avoir un mécanisme comparable sur l'ensemble des composants pour les vaccins mais aussi les traitements ou les diagnostics.

Ces variants doivent nous conduire à la plus grande vigilance et coordination, en particulier avec nos voisins. Je l'ai rappelé, des mesures de contrôle peuvent être nécessaires à certaines frontières internes à l'Union européenne, en particulier pour combattre la propagation des variants, mais le principe général doit rester celui de la préservation des mouvements des frontaliers et des transporteurs, tout simplement pour éviter de fragmenter les bassins de vie et de rompre les chaînes d'approvisionnement. Nous pouvons concilier la cohérence de nos vies avec la lutte contre le virus et la diffusion des variants.

Cette même unité et coordination sont nécessaires s'agissant des certificats de vaccination. Vous pourrez y revenir dans les questions si vous le souhaitez, ces certificats sont à distinguer des mécanismes que nous sommes en train de préparer chacun dans nos pays. Ils permettront simplement, une fois les campagnes vaccinales faites dans l'Union européenne, de réorganiser la circulation entre États membres de manière plus fluide.

Je comprends à cet égard l'espoir de retour à une vie normale que suscite le développement d'un tel outil mais là aussi nous devons trouver un équilibre. Nous devons éviter que chaque pays développe son propre système et donc travailler à une certification médicale commune et dans le même temps, alors que nos populations n'ont pas encore toutes eu accès au vaccin qui est administré sur une base, je le rappelle, volontaire et pour le moment avec des critères d'âge, un tel document ne saurait ouvrir des droits spécifiques aux personnes vaccinées. Il y a donc des questions sanitaires mais également éthiques, juridiques importantes sur lesquelles nous devons travailler dans les prochains mois.

Enfin, et c'est un point sur lequel je suis longuement revenu, l'Europe doit prendre toute sa part dans la solidarité internationale pour lutter efficacement contre cette pandémie mondiale. Il y a un an, nous avions lancé l'initiative ACT-A Solidarité pour l'Afrique et il est clair que nous avons besoin de bâtir cette solidarité à l'égard de nos voisins, qu'il s'agisse des Balkans, de l'Afrique en particulier. Cette solidarité, elle repose sur une aide sanitaire pour les vaccins, les traitements, le diagnostic, le soutien au système de santé primaire, la production de l'ensemble de ces matériels mais également un soutien économique, comme nous avons déjà commencé à le faire et comme nous continuerons de le faire.

Sur ce qui est des vaccins, j'ai eu l'occasion de défendre l'idée portée par la France en G7 la semaine dernière et de répondre ce faisant à l'appel que l'Organisation Mondiale de la Santé, l'Organisation Internationale de la Francophonie et l'Union africaine et le Parlement européen nous ont appelés aujourd'hui. En effet nous ne vaincrons durablement ce virus que si nous parvenons à développer une campagne de vaccination partout sur la planète et en particulier chez nos voisins et amis Africains. Nous le savons, il y a 6,5 millions de soignants sur le continent africain, ce qui signifie mobiliser 13 millions de doses.

Ces doses représentent 0,43% de celles qui ont été commandées par l'Union européenne, les États-Unis, le Canada et le Japon. C'est un effort minime mais qui doit pouvoir s'organiser dans les prochaines semaines et les prochains mois. C'est ce sur quoi nous nous sommes mis d'accord, sans que cela vienne d'ailleurs perturber en quoi que ce soit nos campagnes de vaccination domestiques.

Cette solidarité est extrêmement importante et sera la condition de crédibilité du mécanisme dit COVAX. Nous reprendrons donc demain matin nos travaux sur deux thématiques également importantes : celle de l'Europe de la défense et celle de notre voisinage sud. Sur l'Europe de la défense, nous l'avons rappelé le 5 février avec la chancelière Merkel, nous devons continuer à travailler au renforcement de notre analyse collective des menaces et de nos capacités.

C'est ce à quoi doit contribuer le nouveau projet de boussole stratégique initié par la présidence allemande du conseil et qui devrait se clore sous présidence française au premier semestre 2022. Depuis 2017, nous avons fait faire beaucoup de chemin à cette Europe de la défense, avec la coopération structurée permanente avec certains États, le lancement du Fonds européen de défense, de la Facilité européenne pour la paix, du lancement de l'Initiative européenne d'intervention. Nous avons structuré quelque chose de profondément nouveau qui d'ailleurs va se décliner aussi à travers des coopérations industrielles mais également une plus grande souveraineté technologique.

Nous ouvrons à présent un nouveau chapitre qui doit nous aider à nous projeter à l'horizon 2030 pour adapter nos opérations aux défis actuels et anticiper les nouvelles formes de menaces : cyber, maritimes, spatiales, aériennes. Et c'est seulement en poursuivant sur cette voie que l'Europe pourra prendre sa juste part dans la sécurité collective et être un allié fiable et crédible, notamment à travers le pilier européen de l'OTAN. Enfin, nous aborderons le sujet de notre coopération avec nos partenaires majeurs au sein du voisinage sud, dans cet espace partagé qu'est la Méditerranée.

La Commission a proposé récemment un nouvel agenda commun pour que nous puissions investir conjointement jusqu'à 7 milliards d'euros pour la période 2021 à 2027. Nous devons nous saisir de ce nouveau programme pour apporter notre appui à la jeunesse de ces pays, aux investissements dans les technologies vertes, au dialogue entre nos sociétés civiles. C'est pourquoi il était important aussi que les chefs d'État et de Gouvernement puissent discuter ensemble de ces perspectives ambitieuses avec nos voisins du sud de la Méditerranée.

Et vous savez combien je tiens et crois aussi à ce format. Le Sommet des deux rives aura vocation d'ailleurs à décliner l'agenda français et européen en la matière en impliquant profondément les sociétés civiles. Voilà les quelques mots que je souhaitais partager avec vous ce soir, à l'issue de cette première partie du Conseil européen et avant de répondre à vos questions.

Monsieur le Président, on va prendre une première question de Virginie Malingre du Monde s'il vous plaît. Oui. Bonsoir, je voulais revenir sur le mécanisme de contrôle des exportations, que vous avez mis en place.

Je voulais savoir d'abord si il avait rempli son objectif, qui était à l'époque de voir si effectivement AstraZeneca avait ou non exporté des doses de vaccins en dehors de l'Union européenne, des doses qui auraient dû être réservées à l'Union européenne. Est-ce que cela a confirmé les soupçons qui étaient nés à cette époque ? Deuxièmement, je voulais savoir si vous avez décidé ou discuté ce soir de le transformer, de le rendre peut-être plus dur pour les entreprises qui ne respectent pas leurs engagements ou si vous essayez juste de lancer le débat, enfin voilà, comment ça va se passer pour la suite...

C'est un mécanisme qui a fait couler beaucoup d'encre quand il a été proposé par la Présidente von der Leyen. Je le soutiens pour ma part parce qu'il nous permet tout simplement de nous assurer que les contrats qui ont été signés sont honorés et donc il y a des engagements qui ont été pris de livraison de doses aux Européens et il faut qu'ils soient honorés avec les bons volumes et les bonnes dates dans un contexte où, comme je le disais, nous mobilisons le maximum de nos implantations au service des vaccins qui ont d'ores et déjà été retenus. Pour ne prendre l'exemple que de Sanofi, un site a été converti en Allemagne pour produire du BioNTech Pfizer et un site est en train d'être converti en France pour produire du Johnson & Johnson quand il sera homologué.

C'est un mécanisme qui nous permet de nous assurer que ces contrats sont honorés, de pouvoir auditer les entreprises et nous assurer que les doses qui sont réservées à l'Europe sont bien versées. C'est aussi un mécanisme de pression quand les contrats ne sont pas honorés mais qu'on va honorer les contrats avec d'autres, ce qui a parfois pu être le cas. Donc il est utile, il est légitime, surtout quand je vois les mécanismes qui existent en Chine ou aux États-Unis.

Maintenant est-ce qu'il faut pour autant, parce que j'entends le débat monter, en faire un mécanisme d'interdiction des exports ? Non, très clairement. Il est tout à fait vrai que sur des sites de production européens des doses sont produites qui vont vers d'autres géographies non européennes.

Mais je veux simplement vous rappeler que nous-mêmes nous importons des doses qui sont faites sur d'autres continents ou hors de l'Union européenne. Beaucoup de doses que nous avons consommées en AstraZeneca sont venues de Grande-Bretagne. Nous avons importé des doses qui avaient été fabriquées aux États-Unis et pour beaucoup de vaccins ce sera le cas.

Nous avons importé des doses de Moderna qui n'étaient pas faites sur le sol européen. Nous sommes en train de finaliser les accords qui permettront de faire ce qu'on appelle le Fill and Finish, par exemple pour Moderna. Donc je crois qu'il faut éviter la fragmentation d'une production mondiale, c'est un point.

Je ne suis pas favorable à ce que chacun fasse du nationalisme vaccinal ou refragmente les choses mais je suis pour une stratégie de coopération et de transparence. Et ce mécanisme il sert à avoir la transparence à l'égard de nos concitoyens et vis à vis des laboratoires à mettre une saine pression. Ce qui est important maintenant c'est que tous les laboratoires qui se sont engagés sur des calendriers et des versements de doses soient au rendez-vous des engagements qu'ils ont pris, d'abord parce que c'est un engagement contractuel et c'est important en soi, ensuite parce que dans le contexte sanitaire c'est un engagement à l'égard de la santé de nos populations.

Voilà comment nous l'utilisons aujourd'hui. Ce qui a été acté aujourd'hui c'est de le poursuivre. Il n'y a pas de consensus à ce stade pour le renforcer et, comme je vous l'ai dit, je pense que le risque serait grand que ce soit contreproductif.

Maintenant moi j'ai demandé aussi à ce qu'on regarde la possibilité d'avoir de tels mécanismes sur les différentes composantes, je le disais, des vaccins, des traitements et autres. Et c'est très important qu'on ait un dialogue permanent et de coopération avec les États-Unis d'Amérique parce qu'évidemment ce que nous voulons éviter c'est une situation où tel ou tel continent ou telle ou telle puissance en viendrait en effet à bloquer ses exports, parce que là je pense que ce serait grave et contreproductif mais nous n'aurions pas les moyens de réagir. Voilà, nous nous équipons, nous nous organisons, nous pérennisons ce système mais il n'est en aucun cas un mécanisme qui doit bloquer les exportations.

C'est un mécanisme de transparence, de contrôle, de vérité. Une question...Oui, Virginie ? - Oui alors vous êtes sur "mute" On ne vous entend plus Virginie.

Là vous m'entendez ? Oui, très bien. Oui, je suis désolée.

Vous n'avez pas vraiment répondu à ma question, de manière intentionnelle j'imagine, qui était de savoir si ce mécanisme vous a permis de savoir si AstraZeneca avait ou non respecté ses engagements, à savoir est-ce qu'AstraZeneca a envoyé en dehors de l'Europe des doses qui étaient normalement réservées à l'Europe ? Alors, j'ai répondu de manière générique mais je peux illustrer avec AstraZeneca. Il est tout à fait vrai qu'AstraZeneca a envoyé des doses produites en Europe vers d'autres marchés, aussi vrai d'ailleurs que Pfizer BioNTech envoie des doses qui sont produites en Europe vers d'autres marchés et aussi vrai que nous avons nous-mêmes reçu des doses qui n'étaient pas produites dans l'Union européenne par, par exemple, AstraZeneca pour le marché européen.

Et les doses qui étaient normalement censées être réservées au marché européen ? La difficulté ensuite pour ces laboratoires c'est de gérer le goulot d'étranglement qu'ils ont en production. Donc aujourd'hui ce que nous nous avons dit à AstraZeneca c'est qu'ils n'ont pas honoré de manière exacte leur dernière livraison.

Donc nous avons un dialogue qui est mené par la Commission européenne et la task force pour leur dire cela ne va pas, ce qui a fait que d'ailleurs on a eu des discussions sur des doses qui devaient être exportées, qui touchent évidemment d'autres pays qui les avaient commencées et donc ces doses n'ont pas pu être pu être livrées en temps. Mais on leur a dit vous n'êtes pas sérieux dans les engagements que vous avez pris puisque vous n'êtes pas au rendez-vous de vos engagements avec l'Europe. Donc je veux simplement dissocier les deux questions.

C'est tout à fait normal qu'il y ait des doses qui soient produites en Europe qui aillent ailleurs et que des doses produites ailleurs aillent en Europe. C'est ce que je vous disais de manière générique. C'est vrai pour AstraZeneca, c'est vrai pour Pfizer, ce sera vrai pour les autres parce que c'est comme ça que ça marche et c'est comme ça qu'est structurée la production pharmaceutique.

Par contre il est tout à fait vrai que pour le cas d'AstraZeneca il y a des retards aujourd'hui et donc nous mettons la pression pour que ces retards soient comblés et pour que nous ayons un échéancier précis et respecté. Une question maintenant de Jérôme Rivet de l'AFP. Bonsoir, vous m'entendez ?

Oui, voilà. Je voulais revenir sur le certificat vaccinal. Est-ce que vous êtes parvenus à un accord entre vous pour une mise en oeuvre d'ici les vacances de l'été ?

Et sur le plan national où en est votre réflexion et est-ce que vous pourriez préciser ce que cela veut dire quand vous dites "De tels documents ne sauraient ouvrir de droits spécifiques aux personnes vaccinées" ? Alors je vais distinguer deux types de mécanismes parce que dans le débat public je sens qu'il y a beaucoup de confusion parfois sur ce sujet. Il y a d'abord la réflexion qu'on doit tous avoir sur ce que j'appellerais un "passe sanitaire" et ça c'est quelque chose, je tiendrai d'ailleurs la semaine prochaine une réunion sur ce sujet avec les membres du Gouvernement, nous devons préparer, organiser la réouverture des structures quand ce sera possible.

Le contexte ne le permet pas aujourd'hui mais les musées, les salles de spectacles, les restaurants, les lieux de convivialité, les festivals évidemment. Il est vrai, il est évident que pour organiser ces réouvertures on va tout faire pour protéger en même temps la population et protéger aussi les professionnels et donc nous allons mettre en place une organisation à travers ce que j'appellerais un "passe sanitaire". C'est-à-dire qu'on va demander à ce que d'abord les gens s'enregistrent pour faciliter le système d'alerte c'est-à-dire que, si quelqu'un est venu à un tel évènement dans un lieu public, qu'il puisse être enregistré avec un code, de la manière la plus simple et la plus numérique qui soit, et qu'il puisse non seulement alerter de manière automatique mais qu'on puisse retrouver beaucoup plus facilement ses cas contacts.

Ce qu'on commence à faire depuis plusieurs mois avec Tous Anti-Covid, on le fera de manière beaucoup plus efficace. Sans doute on pourra intégrer des éléments de tests négatifs récents. On demande dans beaucoup de situations d'avoir des tests de 48 ou 72 heures qui vous mettent négatifs, cela peut être aussi un instrument.

On pourra regarder aussi si vous avez été vacciné. Je ne vais pas ici préempter le sujet mais c'est un sujet important pour permettre de réouvrir ces lieux qui va poser beaucoup de questions techniques, de respect des données individuelles, d'organisation de nos libertés donc il faut préparer dès maintenant techniquement, politiquement, juridiquement ce sujet et ce sera dans nos pays pour la réouverture de beaucoup d'activités. J'attire tout de suite l'attention sur le fait que quand je dis "passe sanitaire" c'est que ça ne peut pas être soumis au vaccin.

Parce que, si on arrive à un moment dans le printemps à rouvrir certains de ces lieux, nous ne saurions conditionner leur accès à une vaccination, alors même que nous n'aurions même pas ouvert la vaccination aux plus jeunes d'entre nous. Ce serait invraisemblable donc il ne faut pas le lier au vaccin. C'est plus complexe que ça, c'est un ensemble qui permettra de mieux tester, d'identifier les gens et d'utiliser sans doute aussi les tests.

C'est une palette si je puis dire d'instruments. Ça c'est pour chacun de nos pays, pour organiser la réouverture de nos activités et au fond pour être encore plus précis dans notre capacité à tester, alerter, protéger en rouvrant et en utilisant toutes les potentialités qui nous sont offertes à ce moment-là. À côté de cela nous avons un débat européen qui lui est un débat sur la libre circulation entre les pays, en particulier pour préparer la saison estivale à un moment où la campagne de vaccination sera plus avancée.

Le Premier ministre et le ministre de la Santé tout à l'heure ont redonné d'ailleurs des objectifs et des perspectives pour l'été à cet égard et donc il est légitime que nous nous organisions parce qu'aujourd'hui la circulation est possible. Quand il y a des tensions entre régions on met des contraintes de tests, vous l'avez vu récemment par exemple entre plusieurs régions frontalières dont certaines régions frontalières France-Allemagne mais ça a été vrai de plusieurs autres frontières en Europe, mais donc nous aurons à un moment à organiser la réouverture, la libre circulation vers des lieux de tourisme à l'été. Et donc là nous préparons ce qu'on a appelé justement cette stratégie d'ensemble et ces certificats de vaccination.

C'est le terme qui est aujourd'hui retenu au niveau européen. C'est un mandat qu'on a donné à la Commission en décembre dernier. Il y a donc une équipe qui a été constituée avec les meilleurs scientifiques et régulateurs également au niveau européen et qui a pour but d'harmoniser les pratiques et là aussi, si je puis dire, de lever des questions qui sont au fond très techniques.

Donc la question n'est pas un accord politique, on a donné le mandat en décembre, c'est de lever des questions techniques avec la perspective et la volonté que ce soit prêt à l'été. Quelles sont ces questions, pour vous donner quelques illustrations ? La durée de l'immunité vaccinale.

Aujourd'hui on se fait vacciner en Europe mais il n'y a pas de consensus scientifique établi pour savoir quelle est votre durée d'immunité quand vous avez été vacciné. Il y a des données qui ont été transmises par des laboratoires (Pfizer, BioNTech) mais nos autorités n'ont pas aujourd'hui certifié que cela durait tant de semaines ou tant de mois. Il faut évidemment l'intégrer pour donner un passeport.

Si quelqu'un s'est fait vacciner et est considéré comme plus totalement immune, si quelqu'un s'est fait vacciner avec un vaccin qui n'est pas homologué, il faut qu'on puisse le savoir. Ça ce sont des questions très sanitaires et techniques et il y a évidemment entre pays européens également des questions éthiques, des questions juridiques à régler et en particulier cette même question pour notre jeunesse parce que ce certificat de vaccination ne doit pas être, si je puis dire, une condition. Ça doit nous aider à organiser des libres mouvements mais là aussi je pense à nos jeunes.

Moi, je n'accepterai pas un système où en quelque sorte on conditionne l'accès à tel ou tel pays à un tel certificat. Nos jeunes n'auront pas été vaccinés fin juin ou début juillet. On ne va pas leur dire vous ne pouvez pas circuler d'une région à l'autre, en aucun cas, parce que vous n'avez pas le certificat de vaccination !

Donc c'est pour cela qu'il faudra là aussi avoir des stratégies de tests, de protection ou autres. Voilà ce sont des réflexions qui ne sont pas pour maintenant mais il faut prévoir demain. Il faut nous coordonner, lever tous ces sujets et donc, vous voyez, il y a ces réflexions dans notre pays et il y a cette réflexion européenne à travers le certificat de vaccination qui aujourd'hui est un chantier technique qui est mené par ces équipes compétentes sur la base du mandat que nous avons donné en décembre.

Il y a ce qu'on appelle le ILS Network qui justement travaille sur tous ces sujets. Une question de Rym Momtaz, de Politico. Bonsoir Monsieur le Président.

Vous nous avez parlé de solidarité. On a vu passer une demande de la part de la République tchèque mais aussi, je pense, de la Slovaquie pour emprunter des doses à l'ensemble des pays européens. Je pense qu'il y a quelque chose que je ne comprends pas dans cette demande parce que, d'après ce qu'on nous avait expliqué, tous les pays membres ont eu accès à la même procédure pour réserver leurs doses en même temps.

Qu'est-ce qui se passe du côté tchèque et slovaque ? Est-ce que vous avez décidé de ce que vous allez faire ? Est-ce que la France donnera l'exemple ?

Et deuxièmement on voit beaucoup de réticences en ce moment dans certains pays européens envers le vaccin AstraZeneca. Les doses existent, les gens ne viennent pas à leur rendez-vous. Est-ce que, quand votre tour viendra, si on vous propose de vous faire vacciner à l'AstraZeneca, vous le ferez vous-même ?

Merci. Merci beaucoup. Sur le premier sujet, je pense qu'il ne faut pas confondre les sujets de solidarité internationale ACT-A et autres et les sujets de répartition des doses en Europe.

Je vais tâcher de vous expliquer comment cette situation est possible. Nous avons eu un mécanisme d'achat européen régulé par la Commission qui a passé des contrats et qui en a passé aussi sur les candidats vaccins à venir. Elle a d'ailleurs complété cela avec des achats supplémentaires, on l'a vu cette semaine encore sur Moderna.

La répartition ensuite est faite pari passu entre tous les États membres avec un critère de population. Et donc, à chaque fois que les doses arrivaient, ce critère de répartition a été activé. Certains pays en fin d'année dernière n'ont pas souhaité appeler une partie de leurs doses.

Ils n'ont pas saturé leur quota. Pourquoi ? Parce que je pense qu'ils n'étaient pas persuadés qu'en particulier les Pfizer Moderna étaient les plus efficaces.

Vous le savez ils étaient mal connus à l'époque, conditions de conservation et de logistique plus dures, et donc ils ont un peu sous-commandé, à dessein, c'est un choix que ces pays ont fait. Ces doses qui n'étaient pas allouées ont fait ensuite l'objet d'un mécanisme d'allocation par la Commission européenne qui a permis de les repasser dans un tour et qui a permis donc à des États en quelque sorte de surcotiser et d'avoir plus de doses que le prorata de leur population. Nous sommes plusieurs à l'avoir fait, la France l'a fait, et c'est ce qui fait que, si vous prenez de stricts critères, nous avons un peu plus de doses que notre population.

L'Allemagne, le Danemark, beaucoup de pays l'ont fait. Et aujourd'hui la quasi totalité de ces pays qui à l'époque ont sous-appelé leurs doses reviennent en disant nous voudrions pouvoir les récupérer. Et donc je suis tout à fait prêt à ce qu'il y ait des mécanismes de solidarité qui se mettent en place, en tout cas de péréquation à nouveau, et j'ai dit que nous nous serons au rendez-vous de nos responsabilités.

On ne peut pas dire qu'on croit à l'Europe et quand quelqu'un est en difficulté ne pas y répondre donc je suis très solidaire de nos voisins mais je pense que c'est à la Commission de proposer un mécanisme qui soit soutenable et qui donne clarté, visibilité et transparence à tout le monde. C'est comme ça qu'on réglera le sujet. Sur AstraZeneca moi je vais avoir un message clair.

Tous les vaccins qui sont aujourd'hui proposés à notre population, ce sont des vaccins qui ont fait l'objet d'une homologation par l'Autorité européenne du médicament, qui ensuite ont été revus par la Haute Autorité de Santé qui a donné des préconisations très précises. Après c'est vrai qu'on a chaque semaine des annonces, des nouvelles, et que la science continue de progresser en temps réel, ce qui peut parfois perturber certains de nos concitoyens. Je veux simplement dire que nous avons les règles de sécurité sanitaire les plus exigeantes au monde, nous Européens.

Il y a cette double homologation, ce qui fait que parfois certains vaccins qui sont acceptés par d'autres ne sont pas pris chez nous donc vraiment le maximum de sécurité est apporté. Au vu des dernières publications scientifiques, l'efficacité telle que nous avons positionné la campagne vaccinale d'AstraZeneca est avérée et là dessus moi je m'en remets au professeur Fischer que le Gouvernement a mandaté pour diriger la task force vaccinale et qui plus est relaye cette parole scientifique. Ce n'est pas un sujet politique, vous savez.

Moi je suis sur les vaccins extrêmement...

Il y a de la diplomatie, il y a de la politique quand il faut commander, allouer les doses, produire, ça c'est je dirais la part du travail qui revient aux dirigeants. Pour ce qui est ensuite du reste, pour moi c'est un critère de transparence et donc toute la transparence est faite sur AstraZeneca. Ce vaccin a ses critères.

Il est "secure" selon les critères de nos autorités sanitaires. Il a son efficacité affichée de manière transparente donc je pense qu'il est tout à fait utile et doit être administré. Mon tour viendra mais j'ai quand même le temps.

Moi, si c'est ce vaccin qui m'est proposé, je le prendrai bien évidemment. Après, ils sont en train d'affiner aussi les choses sur des personnes qui ont eu le virus et qui ont encore des anticorps. Donc je respecterai aussi les directives qui me seront données.

Moi je tiens à ce que l'ensemble des dirigeants fassent comme le reste de la population donc je me ferai vacciner quand le moment viendra de ma tranche d'âge, si je puis dire, et avec le protocole qui vaudra si j'ai encore mes anticorps. Une question d'Ania Nussbaum de Bloomberg. Ania, est-ce que vous arrivez à vous connecter ?

Il n'y a par ailleurs plus d'autres questions donc si Ania n'arrive pas à se connecter...

Dernière tentative. Dernière tentative. Est-ce que, Ania, tu veux poser ta question par écrit peut-être ?

Elle veut écrire. Alors, nous allons avoir la question par écrit. Entre temps, il y a une question de Marie Chantrait, TF1, LCI.

Marie ? C'est une question collective. Bonsoir Monsieur le Président.

Bienvenue dans les locaux de TF1. Vous parliez des certificats de vaccination et de la coordination européenne, du fait que vous n'accepteriez pas que les jeunes ne puissent pas voyager notamment cet été. On le voit cependant, certains pays ont décidé de faire cavalier seul.

On pense notamment à la Grèce ou à certains autres pays nordiques qui sont en train d'installer petit à petit ce certificat. Qu'est-ce qui pourrait faire que cette coordination européenne fonctionne, à défaut par exemple de ce qu'elle a pu fonctionner sur les frontières avec parfois certaines initiatives assez personnelles, par exemple de l'Allemagne. Vous savez, vous avez raison, c'est pour ça qu'on s'y prend suffisamment tôt.

D'abord il y a des pays qui sont très dépendants du tourisme et qui ont à coeur de très vite construire des solutions organisationnelles qui permettront de réserver les vacances d'été quand tout ira mieux et en toute sécurité pour donner de la visibilité à un secteur économique. C'est le cas de la Grèce. Moi je respecte tout à fait ça.

Simplement il faut que ça se fasse dans un cadre européen homologué sinon on recréera collectivement des mêmes difficultés et c'est pour ça qu'il faut qu'on se coordonne. Vous avez raison, il y a des initiatives. Au stade où nous sommes, d'ailleurs on est fin février, nous sommes plutôt tous sous la pression d'un virus et de ses variants qui sont très présents, très agressifs dans nos pays.

Donc la grande différence par rapport à ce que vous évoquez et qui a parfois été, je dirais, la tension qui peut exister entre les uns et les autres, une tension qui avait existé l'année dernière et que je crois maintenant on arrive à mieux coordonner, je pense que la grande différence c'est que là on anticipe. C'est que ces certificats, cette organisation, ça n'est pas pour demain, c'est pour cet été. Et donc ce qui est impératif c'est de regarder ce que les uns et les autres font, de nous inspirer d'ailleurs des exemples les plus innovants mais de définir des standards communs parce que de manière très claire nous avons une liberté de circulation entre nos frontières.

Si les choses vont mieux, aucun d'entre nous n'acceptera que pour capter par exemple des touristes il y ait un pays qui soit moins-disant que l'autre et qui prenne des risques en faisant venir des gens du bout du monde pour remplir ses hôtels. Donc on aura un minimum commun pour des gens qui viendront hors de l'Union européenne. On voudra tous avoir la même règle pour nous protéger parce qu'on aura demandé pendant des mois des efforts à nos populations.

Et à l'inverse on voudra absolument tous protéger nos jeunesses parce qu'on en sera à peu près au même niveau de progression de nos campagnes vaccinales. Donc j'ai bon espoir que l'on soit coordonné. Je ne pense pas que ce sera la même chose que pour la gestion des frontières parce qu'on s'y prend beaucoup plus tôt.

Mais il faut s'y prendre maintenant pour que ce soit coordonné en bonne fin à l'été parce que c'est un sujet compliqué avec, je le disais, des enjeux sanitaires, économiques, éthiques et juridiques. La question qu'Ania pose par écrit est très similaire à celle d'Alison. Dans l'hypothèse où un État européen prendrait cette initiative de manière unilatérale et donc de discriminer aux frontières en fonction du vaccin, par exemple si la Grèce met en place un tel système, que ferait la France ?

Peut-on envisager des mesures de rétorsion, des mesures de quarantaine ? Je comprends. On n'en est pas du tout là.

Je pense que c'est beaucoup trop tôt pour dire cela. Aucun pays d'Europe de toute façon n'a déployé une stratégie vaccinale qui permet de faire cela et aucun ne l'aura fait au moment de l'été. Il faut être très sérieux, c'est-à-dire que nous sommes en train de vacciner les plus âgés et les personnels soignants.

Donc on ne peut pas du tout en faire une condition de déploiement. Donc je pense qu'il ne faut pas confondre ce qui sont des positions fortes, expliquées par certains pays à leurs acteurs économiques et une juste préparation qui va prendre des mois. Je pense qu'il faut calmer ce débat, il faut l'expliquer pour que tout le monde se projette.

Il faut expliquer comment on va faire dans nos pays, comment nous allons faire au niveau européen, préparer techniquement mais nous aurons à la fin une approche harmonisée européenne. C'est évident parce qu'il n'a pas d'autres possibilités et c'est l'intérêt de tous. Donc je ne préfère pas qu'on rentre tout de suite dans des logiques de rétorsion ou de la politique fiction.

On va travailler ensemble et on trouvera les bonnes solutions techniques. Il n'y a plus de questions. Merci beaucoup à toutes et tous.

Je vous souhaite un bon courage et une bonne soirée. Merci.