Serge Papin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur dites aux agriculteurs en colère ?
- 2:09RelanceRéponse partielle
Les agriculteurs disent que vous tirez les prix vers le bas et que vous empêchez les agriculteurs de vivre dignement. Qu'en pensez-vous ?
- 3:56RelanceRéponse partielle
Ce que vous nous dites assez clairement ce matin, c'est que ce n'est pas de votre faute et que ce sont les transformateurs qui ne font pas le jeu.
- 5:31FerméeRéponse partielle
Et vous n'avez aucun moyen d'imposer à vos fournisseurs d'augmenter le prix d'achat ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Pourquoi pas un label qui garantit un salaire décent à l'agriculteur qui a produit le kilo de porc ?
- 7:18OuverteRéponse directe
Est-ce que cette reprise, vous la mesurez dans les chariots de vos clients, déjà, ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25PrésentateurChiffre
« 30% des éleveurs bretons seraient aujourd'hui en situation de faillite à cause de la baisse des prix. »
- 1:46InvitéFait
« L'Allemagne, qui a la réputation de vendre des voitures, est aussi une agriculture plus puissante que la nôtre. »
- 1:54InvitéFait
« On a une distorsion des règles européennes qui sont défavorables, qui sont inéquitables vis-à-vis de l'agriculture française. »
- 2:57InvitéFait
« On a convenu, toute la grande distribution française a convenu qu'il y avait des prix sous lesquels on ne pouvait pas descendre. »
- 3:14InvitéChiffre
« 1,40€, c'était le prix minimum sous lequel il ne faudrait pas descendre. »
- 3:20InvitéChiffre
« 34 centimes d'euros, le prix du litre de lait, serait le prix sous lequel il ne faudrait pas descendre. »
- 5:02InvitéPromesse
« Nous, nous sommes d'accord pour qu'il soit payé 1,40€. »
Temps de parole
- Invité77 %
- Présentateur18 %
- ?6 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Serge Papin, PDG du groupe Système U, quatrième enseigne de distribution en France. 1600 magasins, chiffre d'affaires de 23 milliards d'euros et c'est l'une des raisons de votre présence à ce micro ce matin. Une quarantaine de magasins bloqués ces dernières semaines par des agriculteurs en colère qui vous reprochent à vous et il faut le dire à vos concurrents en général de les asphyxier. Ils affirment vendre leurs produits à perte ainsi par exemple 30% des éleveurs bretons seraient aujourd'hui en situation de faillite à cause de la baisse des prix. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Alors écoutez, d'abord on vit la énième crise agricole, à moitié du recul dans ce métier, on en a vécu beaucoup mais celle-ci est sans doute la plus grave. Elle est la plus grave parce qu'en effet elle est marquée par une forme de désespoir des agriculteurs. J'imagine s'ils viennent casser du magasin, c'est pas pour le plaisir de le faire, c'est vraiment qu'il y a un vrai désespoir. Il faudrait d'ailleurs, j'en profite pour le dire un peu solennellement, il faudrait que les exactions arrêtent. Il faudrait qu'il faut que les menaces qui ont lieu, y compris sur les personnes physiques, cessent parce que c'est contre-productif.
Et il faut vraiment qu'on rentre dans cet espace de discussion qui est indispensable. Alors cette crise agricole, qui n'est pas, comme je le disais, qui n'est pas la première, et il y a des choses que l'on peut bouger, nous, que l'on peut changer. Et il y a des choses que l'on subit. Qu'est-ce qu'on subit ? D'abord, il faut comprendre que la France n'est plus le premier pays agricole qu'elle a été. Elle est concurrencée par d'autres pays. Sachez par exemple l'Allemagne, qui a la réputation de vendre des voitures, est aussi une agriculture plus puissante que la nôtre.
Et on a une distorsion des règles européennes qui sont défavorables, qui sont inéquitables vis-à-vis de l'agriculture française. Ça, c'est un fait réel. Ça, c'est pour le contexte général, Serge Papin.
Les agriculteurs aujourd'hui, et notamment la FNSEA, disent que vous tirez les prix vers le bas et que vous empêchez les agriculteurs de vivre dignement.
Alors, on a reconnu que pour la France, parce que là, en effet, je ne veux pas botter en touche en parlant de l'Europe. Mais enfin, c'est quand même un vrai problème qu'il y ait des prix sur le porc, sur le lait et sur le bœuf, beaucoup moins chers en Europe. Et il faut quand même en tenir compte, parce que ça joue sur les cours en France. Donc, il faudra sans doute distinguer les produits qui sont vendus à l'export des produits qui sont commercialisés en France. Et c'est sur les produits qui sont commercialisés en France que nous pouvons, nous, intervenir. On revient sur vos marges. Alors, attendez, on a déterminé un prix minimum, parce que ça, c'est important.
On a convenu, toute la grande distribution française a convenu qu'il y avait des prix sous lesquels on ne pouvait pas descendre. Parce qu'on descendait en dessous les prix de revient. Alors, je cite les deux produits qui sont en crise. Le lait et le porc. On a déterminé que 1,40€, c'était le prix minimum sous lequel il ne faudrait pas descendre. Et que 34 centimes d'euros, le prix du litre de lait, serait le prix sous lequel il ne faudrait pas descendre. Et toute la grande distribution, bien sûr, système U, se bat depuis un certain nombre de temps pour faire en sorte que ces prix-là soient payés aux producteurs.
Je pense que dans ce qu'on est en train de vivre, la grande distribution et notamment les magasins U sont un bon partenaire pour les agriculteurs. Nous sommes, nous avons donné les moyens à tous les transformateurs pour que ces prix-là soient respectés et payés.
Ce que vous nous dites assez clairement ce matin, c'est que ce n'est pas de votre faute et que ce sont les transformateurs qui ne font pas le jeu. Les transformateurs, on les a entendus. Oui, j'ai entendu. C'est vous les supermarchés des hyper qui tirent les prix vers le bas.
S'il vous plaît, Marc Fouvel, moi je ne veux pas rentrer dans trouver les coupables. Vous voyez, quand tout le monde est en train de chercher des coupables, j'essaie d'amener une solution. Je pense qu'il y a besoin d'un accompagnement actuellement pour sortir de cette énième crise. Et je pense que c'est plus... Vous voyez, il ne faut pas aller vers des choses très simplistes. C'est grave, l'agriculture a besoin d'un plan d'accompagnement. Dans ce plan d'accompagnement, il faut des prix minimums. Nous, nous sommes prêts à les payer. On va être obligés, nous sommes obligés donc de... Comment on dit ?
Passer outre le prix des transformateurs pour que nous soyons sûrs que les agriculteurs touchent en effet l'argent qui manque. Aujourd'hui, si je prends le cours du port, il est à 1,34€. Nous, nous sommes d'accord pour qu'il soit payé 1,40€. Donc il faut que l'on ait les moyens de verser ces 5 ou 6 centimes d'euros à la production sans passer par la transformation. Parce qu'il y a un vrai blocage actuellement des transformateurs pour un tas de raisons. Mais il faut qu'on ait les moyens parce que nous, nous n'achetons pas directement. La problématique, c'est que nous n'achetons pas directement aux producteurs.
Si c'est ému, il n'achète pas du lait sortant du pied de la vache, où il n'achète pas du port vif.
Et vous n'avez aucun moyen d'imposer à vos fournisseurs d'augmenter le prix d'achat.
Je veux dire, qu'est-ce qui fait aujourd'hui le prix du port ? C'est le cadran de plérin qui est le juge de paix. Et tous les jours, ou toutes les semaines, il sort un cours qui est inférieur à 1,40€. Alors, et c'est ce qui sert de référent. Donc nous, on veut sortir de ces références pour faire en sorte, justement, d'aller vers ces prix minimum.
Serge Papin, on a réussi il y a quelques années à créer des labels équitables pour le café, par exemple, qui vient de l'autre bout de la planète. Pourquoi pas un label qui garantit un salaire décent à l'agriculteur qui a produit le kilo de porc, par exemple ?
Tout à fait d'accord avec ça. C'est pour ça qu'on a, sur la dernière réunion qui s'est tenue hier en Bretagne, avec la FDSEA et les GA, on a trouvé, je crois, peut-être une solution qui serait de faire en sorte que ce prix minimum garanti soit versé directement dans un espace facturable directement aux producteurs. Nous sommes en train de mettre ça en place et nous irons jusqu'au bout, justement, nous, nous irons jusqu'au bout pour faire en sorte que les producteurs puissent arriver à ces prix minimum.
Parce que, je dois dire actuellement, les pouvoirs publics dans ce domaine qui pourraient servir un peu d'arbitre et puis aussi d'amener de la régulation pour sortir de ces oppositions, je crois, on ne les entend pas. Donc, en effet, on va prendre les moyens, nous, directement, avec les agriculteurs, avec les producteurs, pour faire en sorte que ce que l'on veut, ce que l'on souhaite, c'est-à-dire que ces prix minima soient respectés.
Serge Papin, je voudrais vous interroger également sur l'ambiance économique du moment. La reprise est là, disait encore lors de son intervention du 14 juillet François Hollande. Est-ce que cette reprise, vous la mesurez, vous, dans les chariots de vos clients, déjà, ou pas ?
Il y a... Alors, on ne peut pas parler de reprise. On est plutôt dans une continuité. Ce qu'on ressent, quand même, il y a un changement, quand même, du modèle de consommation, petit à petit. Les gens cherchent plutôt à consommer mieux qu'à consommer plus, d'ailleurs. S'agissant, là aussi, de la viande, on n'y est pour rien, là aussi. Il y a eu une baisse de la consommation. Elle n'est pas due qu'au prix. Elle est due à des changements d'habitude. Les gens associent, par exemple, beaucoup plus qu'avant, l'alimentation et la santé. Ils sont aussi... Ils tiennent compte de l'alimentation et du respect de l'environnement, par exemple. Donc, on consomme mieux dans l'ensemble.
Mais est-ce qu'on consomme plus ces derniers mois ? C'est plus... On est plutôt dans une consommation qui est, comme je le disais, raisonnable. Donc, elle est plutôt flat. Il n'y a pas... Il n'y a pas de groupe de la consommation sur certains produits. À la fois, la bonne nouvelle, c'est que ça ne dévisse pas. Il n'y a pas eu de baisse de la consommation. Mais en même temps, il n'y a pas d'engouement. On ne peut pas parler de reprise. Ce qui nous favorise actuellement, il faut le dire, je pense que le climat et le fait que les touristes soient nombreux sur nos côtes, dans nos lieux de vacances, à la mer, à la montagne, ça favorise plutôt la consommation dans le pays. Ça, par exemple.
Serge Papin, vous restez avec nous, si vous voulez bien, pour répondre aux questions des auditeurs de France Inter dans quelques minutes. On parlera aussi, tiens, de la loi Macron. Est-ce que vous ouvrirez, oui ou non, vos enseignes le dimanche après-midi, comme la loi va l'autoriser très prochainement ?
Sous-titrage ST' 501