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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 6 juin 2022 8 min

Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Sébastien Chenu

Il est 6h20, bonjour Sébastien Chenu. Bonjour madame.

0:11
Présentateur

Vous êtes porte-parole du Rassemblement National et candidat aux législatives dans la 19e circonscription du Nord. Le premier tour a lieu dimanche prochain, mais les Français de l'étranger ont déjà voté. Les résultats ont été publiés tard hier soir. Dans 10 circonscriptions sur 11, on aura une confrontation En Marche-NUP. Aucun des candidats RN n'a réussi à se qualifier pour le second tour. Ça vous inquiète pour la suite ?

0:34
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Vous savez que cette élection chez les Français de l'étranger, pour nous, est totalement marginale. On y réalise en général de très faibles scores. C'était déjà le cas la dernière fois, entre 2 et 5%. C'est toujours le cas cette fois-ci. Ce qu'il faut noter, c'est effectivement une érosion très très forte de la majorité. La dernière fois, les candidats d'Emmanuel Macron faisaient quasiment tous 50% dans le premier tour. Aujourd'hui, ils sont plutôt entre 35 et 40% au premier tour. Moins 15 points pour les candidats de la majorité. Il y a donc probablement une alerte rouge pour Emmanuel Macron.

Alors que dans ses meilleures circonscriptions, les circonscriptions des Français de l'étranger sont celles qui donnent 75 à 80% des voix à Emmanuel Macron à toutes les élections. Et bien là, ces candidats sont en chute libre.

1:17
Présentateur

Sébastien Chenu, je le disais, la campagne touche à sa fin puisque le premier tour est dimanche. Les sondeurs prévoient une abstention record à plus de 50%. Pourquoi ne réussissez-vous pas, quand je dis vous, les candidats à intéresser les Français ?

1:30
Sébastien Chenu

Probablement parce que les Français sont déçus de voir élection après élection des hommes politiques qui se sont succédés et qui ont trahi leur campagne, qui ont trahi leurs engagements. Et ça a été le cas à chaque élection et que par conséquent, ils considèrent que ceci est probablement moins important parce que de toute façon, c'est un éternel retour à la case départ. Et nous, nous leur disons qu'il y a une utilité à voter. C'est qu'effectivement, quand vous avez moins de 15 députés, vous ne comptez pas, vous n'êtes pas entendus. Mais si vous en avez entre 15 et 150, c'est ce que nous espérons, c'est ce que nous demandons, et bien vous pouvez contrer demain Emmanuel Macron.

Et à partir du moment où vous pouvez contrer Emmanuel Macron, ça veut dire que vous pouvez le contrer sur la retraite à 65, voire 67 ans. Vous pouvez le contrer sur les réformes qu'il veut mettre en place. Et donc, il est important d'aller voter.

2:18
Présentateur

Marine Le Pen, hier en meeting et d'un moment, a évoqué cette possible forte abstention. Elle a déclaré que ceux qui prennent la responsabilité de s'abstenir auront jusqu'à la fin de leurs jours miséreux pour déplorer leur indifférence citoyenne. C'est assez violent quand même comme propos.

2:34
Sébastien Chenu

Oui, mais parce que la politique de Emmanuel Macron va être très violente. Et qu'on ne pourra pas dire, je ne savais pas, je détourne la tête, je ne savais pas que Emmanuel Macron allait taper fort sur le pouvoir d'achat, taper fort sur la réforme des retraites. Bref, qu'il allait être en roue libre, tout simplement parce qu'il ne pourra pas faire de troisième mandat. Et donc, il va aller jusqu'au bout de ces logiques de déconstruction. À partir du moment où on le sait, à partir du moment où on comprend qu'Emmanuel Macron va taper fort, il faut se réveiller, se mobiliser et aller voter.

3:01
Présentateur

Mais est-ce que vous ne trouvez pas que Marine Le Pen a mis du temps justement à se réveiller aussi ? Elle n'a pas été très présente au début de la campagne. Elle a mis un petit mois quand même à rebondir après sa défaite de la présidentielle.

3:10
Sébastien Chenu

Vous savez, nous, on fait le pari de prendre les gens au sérieux et non pas comme Jean-Luc Mélenchon qui raconte pendant un mois qu'il devait être Premier ministre alors que personne n'y croit. Premier mytho éventuellement, mais enfin Premier ministre, personne n'y croit.

3:23
Présentateur

Mais en tout cas, il mobilise depuis sa défaite au premier tour de la présidentielle.

3:29
Sébastien Chenu

Il n'y a pas un sondage qui donne Jean-Luc Mélenchon en capacité d'être Premier ministre. D'ailleurs, lui-même n'est même pas candidat. Alors, je sais bien que dans les régimes qu'affectionne Jean-Luc Mélenchon, on peut devenir Premier ministre sans être candidat à une élection. Mais enfin, aux élections législatives, c'est un peu différent. Donc, par conséquent, c'est aujourd'hui que les Français commencent à parler des élections législatives, se mobilisent et réalisent le terrible dessin d'Emmanuel Macron, mais surtout le désintérêt d'Emmanuel Macron pour les problématiques du quotidien, notamment celles du pouvoir d'achat. Donc oui, c'est aujourd'hui qu'il faut se mobiliser.

3:59
Présentateur

Donc, vous ne regrettez pas que Marine Le Pen n'ait pas été plus présente dès le début de la campagne ?

4:03
Sébastien Chenu

Marine Le Pen est allée sur le terrain. Vous savez, on nous a déjà fait le coup aux présidentielles. Marine Le Pen était sur le terrain et tout le monde disait, mais enfin, tout de même, Marine Le Pen n'est pas à Paris, dans les studios. Non, elle était au contact des Français. Et ça a plutôt fonctionné. Eh bien, Marine Le Pen a fait un grand tour des circonscriptions avec Jordan Bordella. Et je pense que ça va plutôt fonctionner.

4:21
Présentateur

Alors, pour le moment, puisque vous évoquiez les sondages à propos de Jean-Luc Mélenchon, ces mêmes sondages donnent quand même l'alliance NUP bien devant vous. Vous seriez entre 20 et 50. Vous maintenez votre objectif de 150 circonscriptions. Vous pensez vraiment pouvoir les atteindre ?

4:36
Sébastien Chenu

Bien sûr, c'est tout à fait possible. Alors, je sais que Jean-Luc Mélenchon a bénéficié d'une bienveillance du service public. Les médias l'ont dit. Il a pu s'exprimer beaucoup sur le service public. Il a été très exposé. Vous savez qu'il y a un temps de parole quand même qu'on doit respecter. Oui, enfin, en début de campagne, ce n'était pas le cas. Il a été très exposé, notamment à l'issue de l'élection présidentielle. Aujourd'hui, les compteurs sont à zéro.

Et nous, nous disons que si les Français veulent une vraie opposition, une seule opposition, ce n'est pas en allant chercher ceux qui ont fait voter Emmanuel Macron, ceux qui l'ont fait élire, les candidats de la gauche burkini, Jean-Luc Mélenchon et son programme anti-flic, anti-nucléaire, ou de complicité avec, on l'a vu encore hier, avec Jérémy Corbyn, qui a des inclinaisons antisémites. C'est qu'il faut une opposition à Emmanuel Macron, qu'il soit une vraie opposition. Il faut des gens qui se battent contre la politique d'Emmanuel Macron de déconstruction.

Et pour ça, pour le pouvoir d'achat en particulier, vous avez les députés Rassemblement National, ils peuvent être 100 ou 150 demain, effectivement.

5:33
Présentateur

Alors, ce n'est pas ce que pense Éric Zemmour. Pour lui, il dit que grosso modo, vous voilez la face et que c'est la nupe qui sera la principale force d'opposition.

5:39
Sébastien Chenu

Oui, mais chacun de ses analyses. Vous savez, nous, ça fait longtemps que nos candidats sont en campagne. Ils sont implantés. On n'a pas de candidats poursuivis, notamment pour avoir frappé leurs femmes, ou de candidats qui ont été dealers, comme la nupe qui présente des anciens dealers. Eh bien, nous, nous proposons des gens sérieux, des gens qui vont se battre sur le pouvoir d'achat, se battre sur la sécurité. Et je pense qu'on va vraiment avoir besoin de ces députés du Rassemblement National demain.

6:04
Présentateur

Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir fait alliance avec Éric Zemmour ? Je pense à la agenda de Madella qui appelle justement tous ceux qui sont tentés par le vote reconquête d'Éric Zemmour à ne pas disperser leur voix. Vous pensez que vous auriez mieux fait de faire alliance ? Ça aurait été plus simple ?

6:19
Sébastien Chenu

Non, vous savez, on fait alliance lorsqu'on est d'accord sur un certain nombre de choses. Nous avons des désaccords qui sont importants, notamment sur la réforme des retraites. Donc, chacun a le droit d'être candidat. Nous, nous n'empêchons personne d'être candidat. Mais nous considérons que le vote le plus utile, si on veut porter les idées du camp national le plus haut possible, eh bien, il ne faut pas se disperser. Dès le début, il faut voter utile pour avoir un maximum de candidats à Rassemblement National présents au second tour de ces élections.

6:43
Présentateur

Sébastien Chenu, une dernière question. Je rappelle qu'un bulletin dans l'urne rapporte à son parti 1,50€ par an pendant 5 ans. Est-ce que votre parti, le Rassemblement National, risque de faire faillite s'il obtient un mauvais résultat à cette élection législative ? Est-ce qu'il y a un objectif financier aussi pour le RN ?

7:03
Sébastien Chenu

Non, mais écoutez, nous, cette loi, ce n'est pas nous qui l'avons faite. L'objectif, il est celui d'avoir le plus grand nombre de députés pointé à la ligne. Le reste, vous savez, il y a des partis, on l'a vu, les Républicains qui ont fait faillite déjà plusieurs fois.

7:14
Présentateur

Mais votre parti est déjà pas mal endetté. Donc, est-ce que vous pourrez supporter une nouvelle défaite ?

7:18
Sébastien Chenu

Il y en a beaucoup qui sont dans des situations difficiles. Le nôtre est endetté, mais rembourse ses dettes de façon tout à fait constante et régulière sans aucun problème. Par conséquent, non seulement nous ne supporterons pas une défaite, mais ce qui risque de nous arriver, c'est de supporter plusieurs victoires.

7:33
Présentateur

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement National. Vous est-il invité du 5-7 ? France Inter