France / Maroc : la réconciliation ? - C dans l’air - l’invité - 29.10.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut refaire le chemin de cette crise diplomatique avec le Maroc?
- 2:00FerméeRéponse directe
Ca n'a pas été apprécié au Maroc?
- 4:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous rappeler de quoi il s'agit?
- 6:00OuverteRéponse directe
Pourquoi il avait choisi l'Algérie, E.Macron?
- 8:00OuverteRéponse directe
Qui sont les alliés du Maroc?
- 10:00FerméeRéponse directe
Vous considérez que la stratégie d'E.Macron vis-à-vis de l'Algérie est un échec aujourd'hui?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00M.AmellalFait
« Le Maroc n'a pas réussi à faire tergiverser le droit international et l'ONU, mais il a réussi à obtenir la reconnaissance des Etats-Unis en intégrant l'accord d'Abraham, en échange de la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental. »
- 7:00M.AmellalChiffre
« En 2023, les exportations françaises avec le Maroc se sont élevées à 1/3 de plus que celles avec l'Algérie. »
- 9:00M.AmellalFait
« Le Maroc a besoin de ces partenariats. C'est un pays qui n'a pas de richesses comme l'Algérie, en tout cas beaucoup moins. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
grâce à Schwarzkopf. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. Je reçois ce soir M.Amellal.
Bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes journaliste à France 24, spécialiste du Moyen-Orient et de l'Afrique.
Je vous reçois alors que le président français a débuté une visite d'Etat de 3 jours au Maroc. Il est reçu avec une délégation de 120 personnes. Il y a 9 ministres.
On le voit sur ces images avec le roi Mohammed VI. Cette image était inenvisageable il y a quelques mois. Est-ce qu'on peut refaire le chemin de cette crise diplomatique avec le Maroc?
Pourquoi c'était si tendu entre les 2 pays? - M.Amellal: Il faut voir la direction qu'a prise E.Macron avant son élection, la première.
Il s'est rapproché de l'Algérie. Il s'y est rendu en tant que candidat. Il y a fait des déclarations concernant la colonisation, qui ont été très fortes.
Il a pris cette direction de vouloir à tout prix de se rapprocher de l'Algérie, notamment pour les questions mémorielles. Il a fait plus que n'importe quel président français de la Ve République. - C.Roux: Ca n'a pas été apprécié au Maroc? - M.Amellal: Effectivement.
Ca n'a pas été le cas à chaque élection de président français. Quand on a annoncé qu'on allait à Alger avant Rabat, ça a crée des tensions. Il y a eu l'effet Pegasus Bridge espionnage, qui a mis un froid dans les relations entre les 2 pays.
Ca été un point très fort de cette brouille. La question du Sahara occidental et central. Même s'il y a des brouilles importantes, comme l'affaire Pegasus, la question du Sahara occidental a toujours été cruciale.
Elle est sacrée pour le Maroc et pour les sujets marocains. - C.Roux: Pouvez-vous rappeler de quoi il s'agit? - M.Amellal: C'est un territoire de colonisation espagnole, qui a obtenu son indépendance.
Il est revendiqué comme territoire marocain. Il y a eu le front Polisario des indépendantistes. L'Algérie a toujours soutenu ses indépendantistes.
Ca a créée des tensions entre les 2 pays voisins. La France a toujours voulu rester neutre et surtout suivre la voie de l'ONU concernant cette question. - C.Roux: Ca a changé récemment.
Outre les tensions que vous avez évoquées, il y a eu le soutien du groupe macroniste au Parlement qui soutenait le pouvoir de Mohammed VI. Il y a eu la question d'octroi de visas. On parle des OQTF.
Ca a été extrêmement tendu. - M.Amellal: C'est une politique appliquée à tout le Maghreb.
L'Algérie n'y a pas échappé. Le Maroc a toujours une relation privilégiée. On se souvient de J.Chirac qui allait au Maroc pour ses vacances.
Beaucoup de présidents français, et même des politiques, sont très proches de Maroc et s'y rendent régulièrement. - C.Roux: Pourquoi il avait choisi l'Algérie, E.Macron? - M.Amellal: C'était un jeune président qui avait à peine 40 ans à son élection.
Il n'a pas vécu la guerre d'indépendance, ni cette période coloniale. Il voulait tourner la page. C'était un challenge pour le président français de réussir à construire une relation avec ce pays si compliqué.
Il s'est rendu compte de la difficulté de la chose à ses dépens. - C.Roux: Ca été très difficile jusqu'à ce communiqué au creux de l'été, où la France a changé radicalement de ton sur la question centrale du Sahara occidental.
Le président a reconnu: "La souveraineté marocaine sur le Sahara occidental." C'était exactement ce qu'attendaient les Marocains. - M.Amellal: C'est ce que veut le Maroc depuis des décennies.
Le Maroc n'a pas réussi à faire tergiverser le droit international et l'ONU, mais il a réussi à obtenir la reconnaissance des Etats-Unis en intégrant l'accord d'Abraham, en échange de la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental. L'Espagne a toujours gardé une neutralité et a fini par se ranger du côté marocain. Enfin, la France.
Ce n'est pas rien. C'est ce que voulait le Maroc. C'était le point crucial et ça a détendu les relations. - C.Roux: Ca a tendu les relations avec l'Algérie, forcément.
Cet après-midi, E.Macron a pris la parole sur le sujet. Il a réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté marocaine, mais a dit que la position n'était hostile à personne. - M.Amellal: L'Algérie a beaucoup changé et ne cherche plus forcément à attirer la France dans son joug.
C'est un pays qui a dans son ADN une volonté de non indépendance. L'Algérie n'a pas vraiment d'alliés. Le fait que la Russie arme les Wagner, ça a mis l'Algérie en colère.
La position de la France sur le Sahara occidental, c'est un échec diplomatique pour l'Algérie. C'est ça qui va mettre l'Algérie en colère, non pas qu'E.Macron n'est pas fait une visite d'Etat au Maroc. - C.Roux: C'est une visite d'Etat dans laquelle il emmenait près de 120 personnes, avec des acteurs économiques, des grands patrons français.
En 2023, les exportations françaises avec le Maroc se sont élevées à 1/3 de plus que celles avec l'Algérie. Est-ce que l'enjeu est là avec le Maroc? Pourquoi ce renversement de situation? - M.Amellal: Je pense que le président de la République français a compris que le choix du Maroc.
L'Algérie est un pays qui veut rester indépendant de toute alliance. L'Algérie a une histoire complètement différente du Maroc. Le Maroc est un royaume depuis 700 et quelques.
Il a été protégé des colonisations, des invasions. L'Algérie est la porte de l'Afrique. La colonisation française est la dernière colonisation en date.
C'est un pays qui s'est construit sur l'anticolonialisme. Après l'indépendance, les 2 pays ont pris des chemins différents. L'Algérie est aussi antioccidentale.
Le Maroc est pro-occidental. - C.Roux: Qui sont les alliés du Maroc? - M.Amellal: Les Etats-Unis, Israël, l'UE, l'Espagne... - C.Roux: Vous considérez que la stratégie d'E.Macron vis-à-vis de l'Algérie est un échec aujourd'hui? - M.Amellal: Oui, on peut le considérer. - C.Roux: Sur la partie économique, E.Macron propose à Mohammed VI de conclure un nouveau partenariat stratégique en 2025 à Paris.
Qu'est-ce que ça signifie? Ce sera à l'occasion du 70e anniversaire de la déclaration d'indépendance du Maroc et de la France. - M.Amellal: C'est stratégique pour les 2 pays.
Le Maroc a besoin de ces partenariats. C'est un pays qui n'a pas de richesses comme l'Algérie, en tout cas beaucoup moins. Il a besoin du marché européen pour son agriculture.
On trouve beaucoup de produits agricoles marocains en Europe. Un autre élément important est que la France, aujourd'hui, n'est pas forcément la bienvenue sur le continent africain. Elle cherche à investir dans des entreprises marocaines.
Le Maroc est présent dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, comme le Sénégal. Le président sénégalais a 44 ans. Il s'est rendu à Paris en juin.
Il a dit qu'il voulait des partenariats gagnants et tourner la page de la Françafrique, renégocier les contrats de la pêche avec l'UE. Investir dans des entreprises marocaines avec une façade marocaine, c'est un moyen de réinvestir le marché de l'Afrique de l'Ouest. - C.Roux: Un mot sur la délégation. 120 personnalités.
Les délégations sont souvent très commentées. On voit ces images, avec une personnalité très clivante, Y.Belattar.
Il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour menaces de mort sur des personnalités du monde du spectacle. Il est aux côtés du président. Sa présence suscite un commentaire de votre part? - M.Amellal: Elle est étonnante.
La présidence n'est pas sans savoir que cette personnalité est clivante. On aurait pu avoir J.Debbouze ou G.Elmaleh.
On a une personnalité très clivante. D'un autre côté, on a d'autres personnalités comme G.Darmon, qui ont suscité des commentaires, mais qui sont beaucoup moins clivantes que Y.Belattar.
Ca crée un flou. On n'arrive pas à comprendre pourquoi. Est-ce que c'est encore le "en même temps" du président Macron...
Ca reste flou. - C.Roux: Ses choix en matière de diplomatie sont un virage sur l'aide de la diplomatie française avec ces 3 jours de visite d'Etat au Maroc.
Mohammed VI et E.Macron se connaissent bien? - M.Amellal: Pas sûr.
Emmanuel Macron