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interviewRMC· 20 juin 2024

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Jean-Philippe Tanguy, dĂ©putĂ© sortant Rassemblement natio...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

D'abord sur ce drame que l'on a appris hier, une toute jeune fille juive de 12 ans a été torturée, insultée, violée par deux garçons de 13 ans. Le fait qu'elle soit juive est, semble-t-il, la raison de ce drame. La réponse immédiate du gouvernement a été aussi de mettre en place un temps d'échange sur l'antisémitisme et le racisme dans les écoles dÚs cette semaine, aujourd'hui, demain ou dans les premiers jours de la semaine prochaine.

Est-ce que vous estimez que c'est la réponse qu'il faut apporter à ce drame ? Non, mais déjà, évidemment, on pense à cette jeune fille, on pense à sa famille qui l'accompagne, qui va l'aider à s'en sortir, à pouvoir reconstruire sa vie. Je ne pense pas que ce temps d'échange soit adapté à la situation du tout, c'est-à-dire à cet antisémitisme qui se déchaßne sur tout le territoire depuis le 7 octobre, la tragédie qu'a vécue Israël, mais il faut bien le dire, bien avant.

Cette tragédie, cette horreur nous rappelle, moi je suis la génération Ilana Limi, ce jeune homme qui avait été enlevé en 2006, torturé pour des motifs aussi antisémites, crapulés à mort. Et je pense que la société française, les gouvernements n'avaient pas tiré les leçons de cette tragédie sur l'antisémitisme rampant. Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ?

Ce que vous voulez dire, c'est que ce qui est arrivé à cette jeune fille à Courbevoie est au fond une forme de...

Il y a une responsabilité collective à ce qui lui est arrivé ? Les gouvernements successifs et la société française n'ont pas voulu voir la montée de l'islamisme. Et dans les horreurs que répand l'islamisme dans notre pays, il y a cet antisémitisme violent, haineux, qui va jusqu'au viol, qui va jusqu'au meurtre.

Je vous rappelle que depuis 20 ans, nous savons, par un rapport acadĂ©mique, que des enfants juifs, parce qu'ils sont juifs, sont retirĂ©s d'Ă©coles de la RĂ©publique pour ĂȘtre mis en sĂ©curitĂ© dans d'autres lieux, dans des Ă©coles confessionnelles, mais que mĂȘme au sein maintenant de ces Ă©coles confessionnelles, il y a des enfants juifs qui ont Ă©tĂ© assassinĂ©s en 2012 par le terroriste Mera. Et que donc l'antisĂ©mitisme est bien un vecteur. Les Français de confession juive ou les Ă©trangers de confession juive sont la cible de cet antisĂ©mitisme qui s'est rĂ©pandu.

Et il faut bien le dire, dans l'indifférence, dans l'ignorance de ces gouvernements qui ont choisi le pas de vague. Et donc en fait, pour lutter contre l'antisémitisme, il faut lutter contre l'islamisme. Quand vous dites ça, ça veut dire que...

Alors, vous dites qu'il faut lutter contre l'islamisme, c'est-Ă -dire que c'est ça la rĂ©ponse que vous, ORN, vous apporterez Ă  l'antisĂ©mitisme ? C'est la cause et donc la solution. Il n'y aura pas de baguette magique, mĂȘme s'il faut renforcer la sĂ©curitĂ©, assurer la sĂ©curitĂ©, faire changer la peur de camp.

Aujourd'hui, ce sont les Français juifs, ou d'ailleurs identifiĂ©s comme tels, parce qu'il y a aussi des gens qui, comment dire, se souvoient accusĂ©s d'ĂȘtre juifs alors qu'ils ne sont mĂȘme pas croyants, mĂȘme si ça n'excuse Ă©videmment rien. Donc on voit bien que la folie de l'antisĂ©mitisme dĂ©passe toute raison. Et donc c'est l'islamisme qui en est la cause principale.

Et donc il faut mener une lutte de fond, une lutte culturelle, une lutte en l'occurrence de civilisation pour vaincre l'islamisme. Et je dis aux Françaises et aux Français qui nous regardent, ne croyez pas qu'en détournant le regard de ce qui arrive à nos compatriotes de confession juive, vous serez en sécurité. Ce n'est pas vrai.

On voit dĂ©jĂ  aujourd'hui que ceux qui ont rĂ©pandu l'islamisme s'attaquent maintenant aux homosexuels, qu'ils s'attaquent aux droits des femmes. Et quand la sĂ©curitĂ© des juifs, la sĂ©curitĂ© des homosexuels, la sĂ©curitĂ© des femmes aura Ă©tĂ© mis Ă  terre par l'islamisme et par la lĂąchetĂ© de ceux qui nous gouvernent, qui ne veulent pas lutter contre l'islamisme, eh bien les droits de tout le monde seront menacĂ©s. Et le jour oĂč le droit de tout le monde sera menacĂ©, ce ne sera plus la France.

On va revenir sur la réponse aussi carcérale et sur la question des peines encourues par ces deux jeunes. Mais vous disiez, l'antisémitisme aujourd'hui, la raison c'est l'islamisme. On ne peut pas ne pas immédiatement penser aux propos d'un homme qui avait été investi et qui est d'ailleurs toujours officiellement investi par votre parti, candidat RN dans le Morbihan, l'entrepreneur de 70 ans, qu'il s'appelle Joseph Martin, qui en 2018 avait déclaré ceci, le gaz a rendu justice aux victimes de la Shoah.

Alors vous lui retirez votre soutien, mais que je sache, il n'est pas islamiste. Non, il y a aussi un antisĂ©mitisme rĂ©siduel qui peut venir de l'extrĂȘme droite ou qui peut venir de prĂ©jugĂ©s Ă©pouvantables. Je n'ai pas niĂ© qu'il y avait diffĂ©rentes formes d'islamisme, d'antisĂ©mitisme pardon, mais aujourd'hui l'antisĂ©mitisme violent, celui qui provoque l'Ă©pouvantable tragĂ©die qui est arrivĂ©e Ă  cette jeune fille, qui a enlevĂ© Ilana Limi, qui a assassinĂ© des enfants et leurs parents.

C'est le gang des barbares. Oui, absolument, c'est un antisĂ©mitisme d'origine islamiste rĂ©pandu par cette obscurantie. D'ailleurs, il suffit, vous savez, d'Ă©couter les torrents de haine qui viennent de la RĂ©publique islamique d'Iran, qui viennent des rĂ©seaux des frĂšres musulmans, qui viennent mĂȘme des rĂ©seaux terroristes qui arrivent Ă  rĂ©pandre encore leur propagande.

La haine des juifs est au cƓur de leurs doctrines et de leurs mensonges. Parce que rappelons-le aussi pour ceux qui nous Ă©coutent au cƓur de leurs mensonges. J'insiste aussi parce que cette haine des juifs est toujours venue, que ce soit de l'extrĂȘme droite ou de l'islamisme, de mensonges, de prĂ©jugĂ©s qui sont prĂ©sentĂ©s comme une espĂšce de systĂšme de pensĂ©e, d'oĂč malheureusement son efficacitĂ© fait les esprits faibles et qu'il faut le dĂ©faire.

Les esprits faibles dont vous parlez, et c'est quand mĂȘme important aussi de le noter, c'est qu'en 24 heures, vous avez dĂ» retirer votre soutien Ă  deux candidats qui avaient pourtant Ă©tĂ© investis par votre parti. Joseph Martin, je le disais Ă  l'instant, mais Ă©galement Louis-Joseph Gana, qui avait Ă©tĂ© investi en Meurthe-et-Moselle. Donc vous avez dĂ©couvert, aprĂšs l'avoir investi, qu'il avait plusieurs comptes sur les rĂ©seaux sociaux.

Il n'Ă©tait mĂȘme pas sous son bon nom, lui. UtilisĂ© sous le nom de son Ă©pouse. En rĂ©alitĂ©, il se prĂ©sentait sous le nom de son Ă©pouse pour qu'on ne puisse pas forcĂ©ment remonter jusqu'aux rĂ©seaux sociaux, sur lesquels il avait tenu, je cite, des propos antisĂ©mites, homophobes, orduriers.

Au fond, vous avez retiré votre soutien. Tout de suite. Mais qu'est-ce que ça vous fait d'attirer à vous des gens comme ça ?

Ça me fait que je ne comprends pas comment ces personnes peuvent estimer qu'ils pourraient ĂȘtre reprĂ©sentĂ©s au Rassemblement National, vu la ligne intransigente qu'a toujours tenue Marine Le Pen sur ces sujets-lĂ . Et vous avez vu d'ailleurs, excusez-moi, on a quand mĂȘme deux situations. Nous avons, nous, confrontĂ© Ă  ces deux profils qui ont Ă©tĂ© immĂ©diatement sanctionnĂ©s.

Nous avons mis en place toutes les mesures qui étaient en notre pouvoir. Elles sont malheureusement limitées, vous avez raison. En face, nous avons un autre camp, le nouveau Front populaire, qui trouve des excuses, tourne autour du pot.

Mais sans parler des autres, il faut aussi que vous regardez ce qui se passe chez vous. Mais on regarde ce qu'on regarde parce qu'on les sanctionne et qu'on les retire immédiatement. Et vous disiez, et c'est d'ailleurs ce que l'affaire du candidat de Meurthe et Moselle montre, il a des propos antisémites et homophobes.

Et vous disiez Ă  l'instant que ça allait ensemble chez les islamistes. Ça va aussi ensemble, visiblement, chez ceux qui sont Ă  l'extrĂȘme droite. Absolument.

Jean-Philippe Tanguy. Mais vous savez, c'était ce qu'ils appelaient l'anti-France. Vous avez une doctrine qui a été établie essentiellement à la fin du 19e siÚcle, au début du 20e siÚcle, qui liait évidemment, en gros, les homosexuels, les juifs, les francs-maçons, l'émancipation des femmes.

Oui, c'est une doctrine obscurantiste, rĂ©actionnaire, qui a les mĂȘmes racines, le mensonge, l'entretien des haines, des prĂ©jugĂ©s. Et il faut les combattre. Mais c'est justement...

Est-ce que vous redoutez Jean-Philippe Tanguy ? Moi, ce qui m'Ă©tonne aussi, c'est parce que l'Europe a malheureusement la connaissance terrible de ce que peut amener cette doctrine obscurantiste que sa faiblesse face Ă  l'islamisme, qui est une forme, qui est vraiment la nouvelle extrĂȘme droite. L'islamisme, aujourd'hui, c'est l'extrĂȘme droite en Europe.

Pour vous, l'extrĂȘme droite, aujourd'hui ? C'est essentiellement, il y a des rĂ©sidus de rĂ©seaux traditionnels d'extrĂȘme droite Ă  travers les pays europĂ©ens. Et aujourd'hui, la puissance qui incarne cette extrĂȘme droite, c'est les barbus et les islamistes.

On va casser du PD. On va casser du PD. C'est un propos qui a été tenu par des proches du RN.

En tout cas, ils se sont eux-mĂȘmes dĂ©finis comme ça. Quatre militants d'ultra-droite qui ont donc Ă©tĂ© condamnĂ©s en comparution immĂ©diate mercredi dernier Ă  des peines allant de six mois de prison de sursis Ă  sept mois fermes pour une agression homophobe Ă  Paris. Donc, dans la nuit de dimanche Ă  lundi.

Ils Ă©taient en train de fĂȘter la victoire du RN aux Ă©lections europĂ©ennes. L'un d'eux a dĂ©clarĂ© aux auditeurs, vivement dans trois semaines, on pourra casser du PD autant qu'on veut. Il aurait mĂȘme Ă©galement dit, selon nos confrĂšres de libĂ©ration qui ont eu accĂšs au dossier, vous verrez quand Bardella sera au pouvoir, quand Hitler reviendra.

Je vais vous poser la question autrement. Qu'est-ce que ça vous fait d'ĂȘtre soutenu par des gens comme ça ? Est-ce que vous redoutez que cette hargne ne soit dĂ©bridĂ©e en cas de victoire du RN ?

Absolument pas. Moi, ça fait deux ans, avec Marine Le Pen, c'est un courrier que nous avons signé en commun, qu'on demande la dissolution du groupe, le GUD, pour le nommer, ou d'autres groupes qui tournent autour du GUD parce qu'ils arrivent à se reformer de différentes façons. Vous demandez la dissolution ?

Nous l'avons toujours demandé, depuis le suivi. Que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a également annoncé mettre en place. J'ai immédiatement réagi en soutenant cette demande de dissolution, mais en rappelant aussi que je l'avais demandé avec Marine Le Pen par un courrier à Mme Borne, à l'époque Premier ministre, et à M.

Darmanin, il y a 18 mois. J'ai rĂ©itĂ©rĂ©, quand ils avaient manifestĂ© dans la rue, avec des images, il faut bien ĂȘtre d'Ă©pouvante pour les honnĂȘtes gens qui regardent ça Ă  la tĂ©lĂ©. Ce ne sont pas des gens qui nous soutiennent, ce sont des gens qui font croire qu'ils nous soutiennent.

Mais moi, ce n'est pas le fils Lousteau, c'est le fils Ghana, un des autres fils Ghana que je connais, qui est le personne en meurtre et Moselle. Sur les réseaux sociaux, ça fait 10 ans qu'il m'insulte de tous les noms, qu'il me poursuit de sa vindicte homophobe. Ces gens-là, moi, je les connais trÚs bien, je les ai toujours combattus.

Ce sont des gens qui me combattent, qui combattent les personnes engagées homosexuelles au Rassemblement National depuis des années, qui insultent par exemple mon ami et collÚgue Sébastien Chenu. Ce sont des gens qui nous ont toujours combattus, qui nous vomissent dessus, parce que nous incarnons la victoire de valeur qu'ils pensaient justement ne jamais voir gagner, c'est-à-dire l'amour du pays et l'amour de la République. Et le fait que Marine Le Pen et Jordan Bardella aient réussi à faire du Rassemblement National cette force patriotique qui montre qu'on peut aimer son pays sans avoir la haine des autres.

Ça, ça rend fou ces crĂ©atures. Vous nous dites que vous le vivez personnellement. J'ai toujours vĂ©cu personnellement, ce que ce sont des gens qui vous menacent mĂȘme physiquement.

Je ne vais pas étaler parce qu'on n'est pas là pour parler de moi. Mais ce sont des gens qui nous menacent aussi physiquement. Vous avez porté plainte ?

Vous vous ĂȘtes senti menacĂ© ? Oui, bien sĂ»r. A de nombreuses reprises.

Je n'ai pas senti menacĂ©, j'ai Ă©tĂ© menacĂ©. Vous avez Ă©tĂ© menacĂ© par des militants d'extrĂȘme droite ? Bien sĂ»r.

Aujourd'hui, quand vous voyez par exemple, vous avez demandé à Jean-Lin Lacapel s'il était proche encore du GUD, vous demandez la dissolution du GUD. On sait qu'il y a beaucoup de photos sur les réseaux sociaux. Jean-Lin Lacapel est un ami avec qui je passe des soirées.

Ce n'est pas du tout une personnalité. Et d'amitié, est-ce que c'est des amitiés passées entre Jean-Lin Lacapel ? Jean-Lin Lacapel, compte tenu de l'amitié que j'ai pour lui et qu'il a pour moi, il ne partage pas du tout ses sentiments.

Vous n'imaginez pas une seule seconde qu'aujourd'hui, il est favorable lui aussi à la dissolution du GUD ? Oui, bien sûr. Jean-Philippe Tanguy, la question de la réponse pénale.

Je reviens au drame de cette jeune fille. Les deux suspects ont 13 ans. Aujourd'hui, un auteur de viol encourt 20 ans de réclusion criminelle.

Donc 10 ans pour un mineur, puisqu'il y a l'excuse de minoritĂ© qui fait que la peine pour un mineur est donc divisĂ©e par deux. Un viol avec circonstance aggravante, ce qui semble ĂȘtre le cas, en tout cas ce qui a Ă©tĂ© retenu par le parquet. AntisĂ©mitisme, c'est 30 ans de rĂ©clusion criminelle et ce serait donc 15 ans pour mineur.

Est-ce qu'il faut remettre en cause cette excuse de minoritĂ© ? Pour des faits aussi Ă©pouvantables, il faut Ă©videmment revoir cette excuse de minoritĂ©. Ce ne sera pas le mĂȘme traitement Ă©videmment qu'un adulte de 30 ans, mais on voit bien qu'on ne peut plus attribuer en tout cas de rĂ©duction de peine aussi forte de maniĂšre automatique.

Il est temps de remettre des limites et de faire savoir aux criminels et mĂȘme aux plus jeunes qu'il y a des limites. Tout Ă©vident, ces enfants, pour arriver Ă  de telles extrĂ©mitĂ©s, Ă  un tel Ăąge, on grandit dans un monde oĂč ils n'ont rencontrĂ© aucune autoritĂ©, aucune limite Ă©ducative. Et lĂ , je suis dĂ©solĂ©, il faut quand mĂȘme aussi interroger la responsabilitĂ© des parents.

Parce que quand un gamin Ă  16 ans, 18 ans, bon, parfois ce sont des adultes, mĂȘme physiquement, les parents peuvent en avoir peur physiquement. Un enfant de 13 ans qui arrive Ă  de telles extrĂ©mitĂ©s...

Là, ça reste un enfant, c'est-à-dire effectivement, comme vous dites, ce n'est pas un grand adolescent. Oui, voilà, il n'y a aucune excuse pour les parents, aucune excuse pour les parents. Ou si les parents ont été identifiés.

Mais quand vous dites aucune excuse pour les parents, est-ce que ça veut dire que les parents doivent ĂȘtre interrogĂ©s, voire mĂȘme eux aussi jugĂ©s, voire mĂȘme eux aussi sanctionnĂ©s ? Moi, je ne veux pas juger Ă  la place de la justice. Mais je pense que tout honnĂȘte homme ou toute honnĂȘte femme qui regarde ce dossier, qui voit un enfant de 13 ans capable d'une telle ignominie, ĂȘtre animĂ© d'une telle haine pour une autre gamine de confession juive ou pour n'importe quel autre enfant, a reçu Ă©videmment une Ă©ducation fanatique.

Je ne vois pas comment c'est possible. Une éducation fanatique ? Vous les voyez à 13 ans arriver à cet état, en plus à 2, il peut y avoir le pire des effets d'entraßnement.

Mais de toute évidence, on ne peut qu'interroger, sur des exceptions, mais on ne peut qu'interroger la responsabilité des familles ou de leur environnement. Ils étaient d'ailleurs éducés, ils étaient 3, il y en a 2 qui sont mis en examen. Le 3e est sous le régime du témoin assisté.

Le 3e a 12 ans et les 2 suspects principaux ont donc 13 ans. Jean-Philippe Tanguy, en sortant de ce studio, vous partirez au MEDEF, oĂč vous allez accompagner Jordan Bardella pour tenter de, je cite, « rassurer les patrons ». Il est rassurĂ© parce que le MEDEF, il s'est dit inquiet des programmes des extrĂȘmes, d'ailleurs, celui du RN comme celui du Nouveau Front Populaire.

Il estime que vos propositions sont, je cite, « inappropriées » et « dangereuses ». Qu'est-ce que vous allez leur dire ? Moi, Jordan leur dira la vérité, à savoir que notre programme n'est absolument pas dangereux.

Je pense qu'il dira aussi que la dangerositĂ©, c'est l'extrĂȘme centre. C'est M. Macron, puisque moi, je ne vois pas comment le MEDEF peut vouloir continuer une politique qui a menĂ© Ă  1 000 milliards de dettes.

Les projections, aujourd'hui, font qu'à la fin de 2027, si les Français faisaient confiance à M. Attal, on serait à 1 300 milliards de dettes créées, 50 années de déficit successives, sans exception, 50 années de déficit, déficit historique de la balance des paiements, déficit historique à plusieurs reprises du commerce extérieur et record d'impÎts. C'est-à-dire que parallÚlement, on a des finances publiques en ruine, on a une économie extérieure, un commerce extérieur en ruine.

Donc, c'est la richesse des Français qui s'évanouit. Et nous avons, en plus, des records d'impÎts, records de prélÚvements obligatoires, deux années de suite, en dehors du Covid. Mais est-ce qu'au fond, la réponse que vous allez leur apporter, c'est un peu celle qu'on entend en filigrane depuis une semaine dans les propos de responsables du RN ?

C'est-à-dire qu'au fond, vous allez baisser les objectifs que vous aviez de mesures et de réformes. C'est en tout cas ce qu'estime Gabriel Attal, qui hier parlait du programme du RN comme d'un oignon. Je vous écoute.

Pourquoi est-ce que je n'ai pas besoin d'eux non plus ? Parce qu'on le voit, chaque jour, Jordan Bardella recule sur une mesure, sur le pouvoir d'achat. Ils avaient promis aux Français que la priorité, c'était la retraite à 60 ans.

Finalement, il recule. Il avait promis que la priorité, c'était de supprimer la TVA sur les produits de premiÚre nécessité. Il vient de reculer.

Il avait promis une baisse de l'impÎt sur le revenu pour les jeunes. Il a reculé aussi. Le programme du RN de Jordan Bardella, c'est un oignon.

Chaque jour, il y a le programme qui se pÚle. Et à la fin, il ne reste que les yeux pour pleurer. Parce que ce n'est pas sérieux, que ce n'est pas crédible.

Et que le RN n'est pas un parti de gouvernement, c'est un parti d'opposition. Et ils sont en train, avant mĂȘme l'Ă©lection, de trahir les Ă©lecteurs Ă  qui ils parlent depuis des annĂ©es. Est-ce que vous ĂȘtes en train de trahir vos Ă©lecteurs ?

Absolument pas. Écoutez, la seule chose qui a Ă©tĂ© pelĂ©e par M. Attal, c'est le revenu des Français, c'est leur dignitĂ© salariale.

C'est pour ça, d'ailleurs, qu'ils nous mettent en tĂȘte largement aux Ă©lections europĂ©ennes. Et j'espĂšre qu'ils nous renouvelleront leur confiance. Le gouvernement ne peut pas dire tout et son contraire.

C'est-à-dire qu'il dit à la fois qu'on va donner trop d'argent, on va dépenser trop d'argent, et qu'on trahit nos promesses qui consistent à donner cet argent. Donc il faut qu'ils choisissent cet argument. Soit on donne trop d'argent et donc on réalise toutes nos promesses n'importe comment, soit on ne donne pas assez.

Nous, on n'est ni dans l'un, ni dans l'autre. On donne à calendrier. Mais si vous vous retrouvez demain au pouvoir, qu'allez-vous dire notamment à l'Union européenne, qui hier a donc recommandé d'ouvrir une procédure pour déficit public excessif contre la France ?

Oui, enfin contre la France de Macron, pas contre la France de Jordan Bardella. Non mais il faudrait peut-ĂȘtre le rappeler, parce que c'est comme quand M. Le Maire s'agite sur tous les plateaux, en mettant d'huile sur le feu sur les marchĂ©s financiers, qui attaquent non pas la dette de Marine Le Pen ou Jordan Bardella, mais les 1000 milliards de dettes de M.

Macron et de M. Le Maire, et les 3000 milliards de dettes qu'ont accumulées les gouvernements, soi-disant trÚs sérieux, qui se sont succédés. Donc on est vraiment dans un renversement total de responsabilité.

Jordan Bardella n'a annoncé aucun renoncement. Il l'a annoncé à calendrier. Il est tout à fait normal.

Donc vous ne renoncez à rien, vous les étalez simplement. C'est-à-dire qu'aucune des mesures qui étaient dans le programme présidentiel ne sont abandonnées. Aucune n'est abandonnée.

Elles seront simplement Ă©chelonnĂ©es. Elles sont Ă©chelonnĂ©es essentiellement sur le mandat de Jordan Bardella si les Français lui font confiance en trois ans. Certaines mesures pourront ĂȘtre appliquĂ©es avec l'autoritĂ© de Marine Le Pen si elle est Ă©lue prĂ©sidente de la RĂ©publique.

Vous le savez trÚs bien, c'est la cohabitation. Que dirions-nous si on mentait aux Français en disant on va faire le référendum sur l'immigration dÚs qu'on arrive ? On n'a pas ce pouvoir-là.

Une campagne présidentielle n'est pas une campagne législative de cohabitation. Est-ce qu'il y a des projets de loi qui sont déjà écrits ? Oui.

Jordan Bardella, ici mĂȘme vendredi, disait qu'une loi immigration serait en discussion et mĂȘme peut-ĂȘtre votĂ©e dĂšs cet Ă©tĂ©. Elle est Ă©crite ? Oui.

Elle est Ă©crite tout et prĂšs. Elle a Ă©tĂ© peut-ĂȘtre un petit peu amĂ©liorĂ©e ou changĂ©e selon le contexte. Mais elle a Ă©tĂ© Ă©crite Ă  deux reprises, aux deux mandats de Marine Le Pen comme dĂ©putĂ©e.

La loi contre l'islamisme a été déjà écrite. La loi par exemple sur la hausse de 10% des salaires sans charge afférente pour les salaires gelés, écrits et déposés. Donc ces textes, ils existent, on peut les améliorer.

Et dans le calendrier que donne Jordan, il y a aussi quelque chose de trÚs important, c'est la consultation des corps intermédiaires. Par exemple, la réforme des retraites. On ne peut pas faire une réforme des retraites sans consulter les partenaires sorciaux, sans consulter les syndicats.

Vous discuterez, y compris...

Alors on imagine par exemple que la CGT n'acceptera sans doute pas de...

Tant pis pour eux. Je précise qu'effectivement, la CGT a officiellement hier appelé à voter pour le nouveau Front populaire. Oui, enfin Madame Binet, parce que vous voyez, moi par exemple, hier matin, je prenais le TER pour aller rencontrer les artisans de la Somme.

Il y avait des personnes syndiquĂ©es Ă  la CGT qui ont Ă©tĂ© trĂšs sympathiques avec moi et qui nous soutenaient. C'est-Ă -dire qu'ils sont venus vous voir et ils vous ont dit on n'est pas d'accord avec Madame Binet, nous on vote Ă  Rennes ? Pour les Madame Binet, de toute Ă©vidence, ils n'avaient pas beaucoup d'intĂ©rĂȘt.

Ils ont parlé de leurs problÚmes à eux et du fait qu'on répondait à leur aspiration. De toute façon, vous savez, nous avons fait aux européennes plus de 50% chez les ouvriers, plus de 50% chez les employés, de maniÚre générale, plus de 50% dans le monde du travail. Donc ce serait bien que les dirigeants de la CGT, d'ailleurs, elles ne viennent plus du monde du travail.

Je pense que c'est aussi pour cela que la CGT est différente d'avant. Vous avez parlé d'un certain nombre de nationalisations. Un mot sur Total.

Le SĂ©nat a recommandĂ© hier dans un rapport Ă  l'État de rentrer au capital de Total. Est-ce que vous y seriez favorable ? Il faut regarder.

Moi, je n'ai pas d'a priori, je n'ai jamais d'a priori dogmatique. Je ne vois pas aujourd'hui d'intĂ©rĂȘt de rentrer dans le capital de Total s'il se comporte bien. Vous savez que j'ai alertĂ©, enfin vous savez, les Français ne le savent pas, mais au moment oĂč Total a menacĂ© de quitter le territoire français, de continuer, de transfĂ©rer sa principale cotation Ă  New York, j'avais alertĂ© en fait, six mois avant, Bruno Le Maire, car j'avais eu des informations, parce que contrairement Ă  ce que dit Bruno Le Maire, nous avons beaucoup de relais dans les milieux Ă©conomiques.

J'avais raison, malheureusement, j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© avoir tort. Et visiblement, Total est rentrĂ© dans la ligne patriotique qui devrait ĂȘtre la sienne. Mais de toute Ă©vidence, oui, si Total se comportait mal, on pourrait agir.

Ce qu'il faut, vous savez, en Ă©conomie du maire gĂ©nĂ©ral, dans un gouvernement, c'est toujours ĂȘtre pragmatique. Et il faut que ceux qui sont en face de vous ne savent jamais non plus tout ce que vous pouvez faire. Parce que s'ils savent que vous n'allez pas agir, c'est la faiblesse de Bruno Le Maire, en Ă©conomie depuis cinq ans, eh bien ils font n'importe quoi, ils ne respectent pas les Français et mĂȘme parfois la dĂ©cence commune.

Jean-Philippe Tanguy, dĂ©putĂ© RN sortant de la Somme et candidat donc Ă  sa réélection, membre du Bureau national du RN. Merci d'ĂȘtre venu rĂ©pondre Ă  mes questions. Il est 8h52.

Et pour ceux qui nous regardent sur BFM TV, dans un instant, c'est la conférence.