À Saint-Tropez, les adieux à Brigitte Bardot
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous lui avez envoyé le livre dédicacé. Vous pouvez me rappeler la dédicace? - N.Domenach: "Qui bene amat bene castigat".
En latin, "qui aime bien châtie bien". - A.-E.Lemoine: C'est l'heure de la Story. - Bravo! - Bravo, Brigitte! ... - L.Amar: C'est l'histoire d'un dernier hommage...
Il ne neige pas à Saint-Tropez. Grand soleil, foule immense pour les obsèques de B.Bardot, décédée à l'âge de 91 ans.
La journée a débuté par une cérémonie religieuse en l'église Notre-Dame de l'Assomption. Cérémonie retransmise sur 3 écrans géants dans la ville. De nombreuses personnalités avaient fait le déplacement pour honorer la mémoire de leur amie. - M.Mathieu: B.Bardot, c'est la France dans le monde.
Elle avait cette beauté du coeur et sa beauté physique. - J.-L.Reichmann: Beaucoup d'émotions.
Elle a rayonné dans le monde entier. Elle défendait les animaux en permanence. - Chico: Elle représentait une personnalité sans faille depuis 45 ans.
Pleine de bienveillance. C'était comme une fée qui s'est penchée sur nous et qui nous à porté bonheur. - L.Amar: Plusieurs responsables politiques étaient présents, comme M.Le Pen.
N.Dupont-Aignan était là également ainsi qu'A.Bergé.
C'était la seule membre du gouvernement. Le cercueil en osier de B.Bardot est entré dans l'église peu après 11h.
Le fils de B.Bardot était là. Sa présence n'était pas certaine.
La cérémonie a duré un peu plus de une heure. - Si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité... ...
M.Mathieu chante. - B.Bardot, c'était pas seulement une icône, c'était un mythe dans le monde entier. - L.Amar: Les Gipsy Kings ont ensuite accompagné la sortie du cercueil.
Ils ont entamé une sorte de procession musicale dans les rues de Saint-Tropez. Une fois la cérémonie religieuse achevée, l'hommage populaire a débuté au pied de la citadelle. - On a mis plus de 8 heures à venir en voiture. - On est venus d'Annecy.
On se devait d'être là aujourd'hui. Une femme superbe comme on en a peu. - B.Bardot est une légende.
C'est la France. - C'était une femme libre, magnifique. Pour tout ce qu'elle a donné pour les animaux... - Je suis là pour sa mémoire et pour ce qu'elle a fait pour les animaux. - L.Amar: Pour saluer son engagement en faveur de la cause animale, P.Watson était là.
Il avait rencontré B.Bardot en 1977 sur la banquise canadienne pour secourir des bébés phoques. C'est là qu'a été prise cette photo mythique.
Effervescence toute la journée à Saint-Tropez. Les commerçants ont dû s'organiser à la hâte pour répondre à la demande. - On a eu énormément de demandes par les clients.
On a ressorti tous nos collectors de BB. C'est notre modèle le plus vendu. Une dame est venue prendre un t-shirt de chaque couleur.
Elle a eu l'impression de l'avoir auprès d'elle. - On a été dévalisés. On a eu M.Mathieu, la famille Belmondo... - L.Amar: Ce fleuriste a même eu une demande de dernière minute. - C'est quoi, La commande? - Le prince de Monaco. - Il a commandé une gerbe rouge et blanc pour Brigitte.
On va devoir s'exécuter pour le faire rapidement. C'est pas rien. C'est la bonne surprise.
On va courir pour l'emmener. Feu! On a encore une gerbe et des... - Vous êtes deux? - Pardon. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Y.Bigot, producteur, journaliste et biographe de "Brigitte Bardot, la femme la plus belle et la plus scandaleuse du monde".
Bonsoir, M.Dumas. Elle vous a accordé un long entretien chez elle, Elle vous a accordé un long entretien chez elle, à la Madrague, en 2006.
Insoumise, B.Bardot, au point de ne pas vouloir un hommage national et de vouloir des adieux dans la simplicité, à l'image du cercueil en osier dans lequel elle a été inhumée. Elle a toujours vécu la célébrité comme une prison. - M.Dumas: Dès qu'elle a échappé à la célébrité, elle a aussi échappé à tous les artifices du luxe.
Elle détestait ça. Elle aimait la simplicité: des fleurs multicolores, des champs. L'osier, ça lui ressemble tout à fait. - Y.Bigot: La Madrague, c'est une toute petite maison.
Les gens vous demandent: "Où est la maison de B.Bardot?" Ils pensent tous que c'est une immense villa alors que la Madrague, on la voit à peine.
Elle est au bord de l'eau. Il n'y a pas d'étage. C'était un hangar à bateaux qu'elle a racheté en 1958 avec son cachet de "Et Dieu... créa la femme". - A.-E.Lemoine: Son unique fils était aux obsèques.
C'est peut-être le seul cliché de lui, qui n'était quasiment jamais apparu publiquement. Il est venu de Norvège pour présider aux funérailles de sa mère. Il avait apporté une couronne de mimosas et ce ruban "à maman".
B.Bardot, qui, on le sait, a toujours eu du mal avec la maternité. - M.Dumas: Elle en a parlé de façon...
Avec des mots qui ont choqué, mais en même temps, avec ses mots à elle, en expliquant qu'elle était trop jeune, immature, qu'elle avait besoin encore d'avoir papa, maman, et qu'elle ne se sentait pas prête à avoir un enfant. Ce qui est assez touchant, c'est qu'ils se sont réconciliés. Ils se sont retrouvés.
Je crois que le dernier mari de B.Bardot, Bernard d'Ormale, a beaucoup oeuvré pour cette réconciliation. - Y.Bigot: Ca fait une quinzaine voire une vingtaine d'années que la relation est renouée.
Souvent, au téléphone, ou maintenant, avec les Zoom ou Teams, etc. Brigitte et Bernard se sont mariés en Norvège, lors d'un voyage où Brigitte était allée retrouver son fils, son épouse et ses petites-filles. - A.-E.Lemoine: B.Bardot est devenue une icône de la liberté, symbole de l'émancipation féminine. - B.Bardot: J'ai vécu comme j'avais envie de vivre, comme je le ressentais, en me foutant pas mal de la libération de la femme et de tous ces trucs qui font que les bonnes femmes, maintenant, sont très malheureuses, parce qu'elles sont trop libérées. - M.Dumas: On peut pas dire ça! - B.Bardot: Je lui dis!
Bien sûr que je lui dis! Si Bernard était pas à mes côtés...
Je suis pas une femme pour vivre toute seule. Je supporterais pas de vivre toute seule. Donc je suis pas libérée. - A.-E.Lemoine: On vous entend choquée, à l'époque. - M.Dumas: A son corps défendant, elle a représenté la libération des femmes.
Elle avait cette phrase un peu plus loin où elle disait: "A l'époque, quand les femmes étaient coincées, j'étais décoincée. Maintenant qu'elles sont décoincées, c'est moi qui suis coincée." C'est une phrase typique Bardot. - A.-E.Lemoine: Elle reste féministe, pour vous? - Y.Bigot: Son féminisme n'était ni idéologique ni politique.
A 20 ans, elle avait dit: "Quand on dit que les hommes ont des maîtresses, ce sont des Don Juan. Quand on dit que les femmes ont des amants, ce sont des putes." - M.Dumas: Est-ce qu'elle était vraiment féministe... - Y.Bigot: Elle a été effrayée par les mouvements féministes radicaux de la fin des années 60 et du début des années 70 qui se construisaient contre les hommes.
C'était très politisé. C'est 2 choses qu'elle ne voulait pas accepter. Alors que les féministes originelles comme M.Duras, S.de Beauvoir, étaient ces femmes absolues.
Ces femmes-là, intellectuelles, avaient compris que c'était la puissance du féminisme incarnée de Bardot qui incarnait puissamment leur combat. - A.-E.Lemoine: L'héritage que voulait laisser B.Bardot, c'était son combat pour la cause animale.
Pourtant, elle laisse au cinéma 45 films sous la direction des plus grands, notamment H.-G.Clouzot, entre autres. - Les gens m'ont dit, vous verrez, elle n'est pas bonne.
J'ai dit que c'était inexact. Je suis persuadé que c'est une bête de cinéma. C'était absolument exact. - C'est une remarquable actrice.
Il faut observer la façon dont elle répète une scène. Quand on veut lui faire changer quelque chose, il faut bien réfléchir. - Pourquoi j'aurais inventé ça? - Tu étais jalouse! - De qui?
De quoi? Tu t'es pas regardée? - Taisez-vous! - A.-E.Lemoine: Le talent de B.Bardot est éclatant? - P.Lescure: Oui, parce que son instinct de comédienne, d'un coup, devient maîtrisé.
Elle se lâche et il est maîtrisé. Cette scène qui est restée dans l'histoire du cinéma de Clouzot ou de Bardot, c'est un seul jet, une seule prise, et tout le monde applaudit à la fin. - A.-E.Lemoine: Pourtant, le monde du cinéma était assez absent, aux obsèques de B.Bardot.
M.Mathieu s'en est presque insurgée. Comment l'expliquer? - Y.Bigot: Un peu tous ses contemporains de cinéma sont disparus.
La génération d'après n'est pas une génération qui l'a tellement appréciée...
Pour beaucoup, ils ne se sont pas solidarisés de son combat pour les animaux et beaucoup ont été choqués de ses déclarations inacceptables et condamnées par la justice, et par ailleurs, du fait qu'elle ait appelé à voter pour M.Le Pen à plusieurs reprises. - M.Dumas: Je pense qu'il a tout dit.
En plus, la génération du cinéma actuelle est arrivée quand elle s'occupait des animaux. Elle avait déjà quitté le cinéma. Elle est quand même partie à 39 ans, dans les années...
En 72 ou 73. 73, voilà. - Y.Bigot: Et elle n'aimait pas le cinéma d'aujourd'hui. - P.Cohen: Elle ne le voyait pas non plus.
Catherine Dumas