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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 juin 2025 24 min

Retraites, budget 2026, scandale Takata... Le 8h30 de Sophie Primas, porte-parole du gouvernement

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sophie Prima.

0:05
Sophie Primas

Bonjour Jean-Michel Pry, bonjour Agathe Lambret.

0:07
Présentateur

Et nous parlons avec vous des contre-coups de cet échec. Enfin vous allez nous dire si vous considérez cela comme un échec. Le conclave sur les retraites s'est soldé par la fin des négociations. Pas d'accord entre partenaires sociaux. Mais le Premier ministre ne veut pas rendre les armes. Il a donc reçu syndicats et patronats hier pour tenter une ultime conciliation. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ce qu'ont donné ces discussions ?

0:27
Sophie Primas

Eh bien écoutez le Premier ministre effectivement ne veut pas arrêter cette discussion si près du but. Il considère qu'il y a des points de convergence, il y a aussi des points de désaccord. Il a donc demandé à l'ensemble des partenaires sociaux de mettre sur papier clairement quels sont les points de convergence, quels sont les points de difficulté, de désaccord et puis essayer de faire converger. Il continue cette négociation.

0:51
Présentateur

Certaines choses ont avancé depuis hier soir ?

0:53
Sophie Primas

Alors certaines choses n'ont pas encore avancé parce qu'il y a eu un premier dialogue. Chacun doit rendre sa copie au Premier ministre et on va travailler sur les points de convergence et essayer de diminuer les divergences sur le reste. Il y a des points qui sont assez difficiles comme le financement par exemple de système de retraite ou de la pénibilité si jamais les salariés venaient à partir plus tôt en raison de facteurs de pénibilité. Ça c'est un point de désaccord entre les partenaires sociaux. Il faut donc avancer d'abord sur les points de convergence et ça sera déjà bien.

1:25
Locuteur non identifié

Dites-vous, ça fait déjà quatre mois que ce conclave se réunit. François Bayrou avait déjà accordé une séance supplémentaire. Hier, malgré l'échec reconnu par les syndicats eux-mêmes, le Premier ministre s'accrochait, disait vouloir encore chercher une voie de passage. À un moment, est-ce que François Bayrou ne nie pas l'évidence ?

1:45
Sophie Primas

Vous savez, Agathe Lambrel, la question des retraites, c'est une question presque existentielle de notre modèle social et de ce modèle assez extraordinaire qu'on a mis au point depuis des dizaines d'années en France qui permet de financer et qui ne permet plus aujourd'hui de financer les retraites de façon pérenne.

2:02
Locuteur non identifié

Mais il y a déjà une réforme, celle de 2023. C'est la réforme des retraites qui est existentielle ou c'est le maintien à Matignon de François Bayrou ? Hier, Olivier Faure disait qu'il cherchait seulement à gagner du temps.

2:13
Sophie Primas

On est au-delà de la pérennité d'un gouvernement, d'un Premier ministre. Nous sommes dans une réforme qui est nécessaire. La réforme qui avait été conduite par Elisabeth Borne avait fait, évidemment, plutôt des mécontents à cause du rallongement de la période de travail, évidemment. Mais beaucoup, dans les discussions, avaient pointé des difficultés, notamment sur les carrières longues, sur la pénibilité ou sur la carrière des femmes. Eh bien, voilà des points qui nous permettraient d'améliorer cette réforme des retraites tout en ayant en tête qu'il faut pérenniser cette réforme des retraites. Nous le devons aux générations futures de sauver cette réforme des retraites.

2:50
Présentateur

Ce que vous nous dites, c'est que même si, d'aventure, le gouvernement, dont vous êtes la porte-parole, le gouvernement de François Bayrou, tombait, cette négociation, cette discussion devrait se poursuivre ?

2:58
Sophie Primas

La question de la pérennité de notre système de retraite est toujours au cœur des discussions, au cœur de nos préoccupations et de la préoccupation des Français, quelle que soit leur pensée politique.

3:09
Présentateur

Alors, pourquoi ça bloque aujourd'hui ? La faute à qui ? Est-ce que c'est le MEDEF, par exemple, comme l'ont dit les syndicats et notamment la CFDT, qui a joué l'échec ?

3:18
Sophie Primas

Non, pas du tout. Je crois que la difficulté pour le MEDEF et les points qui sont montés d'ailleurs par le patronat d'une façon générale, que ce soit les PME ou les grandes entreprises représentées aussi par le MEDEF, c'est la question du financement de ce modèle social. Et le financement, vous savez, aujourd'hui, pèse beaucoup sur le travail, donc sur la compétitivité des entreprises, mais aussi sur le salaire net des salariés.

Et donc, la question qui est derrière, au-delà même des négociations qui sont en cours aujourd'hui, c'est de se dire comment est-ce que l'on dédouane, en tout cas pas que l'on dédouane, mais qu'on allège en fait les charges qui pèsent sur les salariés pour trouver un autre système de retraite. C'est une autre discussion qui aura lieu probablement à l'occasion des élections présidentielles, mais nous devons là, en ce moment, essayer de réduire des inégalités qui auraient pu apparaître pendant la réforme des retraites précédente.

4:12
Locuteur non identifié

Alors le paradoxe, c'est que vous dites qu'il faut discuter, c'est un sujet existentiel et en même temps, vous avez un parti socialiste qui accuse le Premier ministre de refuser de poursuivre la discussion au Parlement comme il s'y était engagé. Le parti socialiste qui dépose donc une motion de censure face à ce refus, on va parler du pourquoi de cette censure, mais d'abord, est-ce qu'elle vous inquiète ou c'est devenu la routine ? Ce sera la septième, je crois, pour François Bayon.

4:38
Sophie Primas

C'est la septième motion de censure qui sera déposée à l'encontre du Premier ministre et de notre gouvernement. C'est une responsabilité, une prérogative des groupes politiques à l'Assemblée nationale. Donc moi, je suis parlementariste, je crois en la puissance du Parlement, je suis moi-même parlementaire à l'origine, donc je crois à l'importance du Parlement, à la liberté des groupes politiques. Chacun prendra la responsabilité d'une instabilité politique supérieure à celle que nous connaissons aujourd'hui. Et chacun, dans une période où nous avons des enjeux, qui sont des enjeux extrêmement importants, pas pour nous personnellement,

5:11
Locuteur non identifié

mais pour la France, des enjeux budgétaires, des enjeux sur la pérennité du modèle social. À l'instant, Sébastien Chenu du Rassemblement national, vice-président du RN, annonce que le Rassemblement national ne votera pas cette censure. Il donne rendez-vous au moment du budget. Vous saluez l'attitude du Rassemblement national. Vous êtes un peu entre les mains du RN aujourd'hui.

5:29
Sophie Primas

On n'est pas entre les mains du RN, on est très entre les mains des 577 députés, quelle que soit leur appartenance politique, qui ont la possibilité de voter ou pas une censure de façon libre et indépendante.

5:43
Présentateur

Et dès lors que vous perdez le soutien tacite du Parti socialiste, vous vous retrouvez dans la même position que Michel Barnier, c'est-à-dire, encore une fois, entre les mains du bon vouloir du RN.

5:55
Sophie Primas

Mais nous ne trouvons pas, les Français ont choisi une Assemblée nationale qui est diverse, qui n'a pas de majorité absolue. Et donc, en fonction des textes, en fonction des sujets qu'on évoque, en fonction des positions, de l'histoire politique aussi de chaque groupe, on n'est pas complètement naïfs sur le moment où tout cela arrive. Bien sûr, ça arrive sur les retraites, mais on sort du Conseil national des socialistes, des élections socialistes, d'une question pour les socialistes, est-ce qu'on part dans le nouveau Front populaire, ou est-ce qu'on renaide nos cendres ?

6:26
Locuteur non identifié

Vous voulez dire qu'ils font ça pour exister, les socialistes ?

6:27
Sophie Primas

C'est aussi une façon de montrer qu'ils sont là, que le Parti socialiste existe, qu'ils ont une ligne. C'est aussi un positionnement politique, naturellement, des socialistes. Ce n'est pas une critique de ma part, on connaît ce type de...

6:42
Présentateur

Pardon, mais il y a du fond aussi dans la critique que vous adressent les socialistes, qu'ils adressent surtout à François Bayrou. Ils accusent le Premier ministre de leur avoir menti. C'est ce qu'a dit le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. François Bayrou a-t-il menti aux socialistes ?

6:58
Sophie Primas

La promesse et l'engagement du Premier ministre, c'était de dire, c'est très simple, si nous arrivons par la voie de la négociation sur les partenaires sociaux à un accord avec des dispositions qui doivent passer par le Parlement. Eh bien, nous présenterons un texte devant le Parlement. S'il n'y a pas d'accord, nous resterons sur la réforme Elisabeth Borne. Et c'est ce qui, voilà, son engagement était celui-là. Il est donc conforme à son engagement.

7:23
Locuteur non identifié

Ce n'est pas tout à fait ça pour le Parti socialiste, parce qu'Olivier Faure insiste bien sur le fait que François Bayrou a dit aux socialistes que le Parlement aurait le dernier mot, accord ou pas accord. Et effectivement, quand on vérifie ce qu'a écrit le Premier ministre aux socialistes dans sa lettre début janvier, François Bayrou avait effectivement écrit que si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à un accord, pas à un accord global, les avancées issues des travaux seraient quand même présentées via un nouveau projet de loi au Parlement. Le Parlement aura en tout état de cause le dernier mot, avait insisté le Premier ministre. Mais c'est pour amadouer les socialistes.

Les socialistes, c'est le dindon de la farce, Sophie Prima ?

7:59
Sophie Primas

C'est bien la raison pour laquelle, Agathe Lambret, le Premier ministre continue les discussions et veut obtenir des accords entre les partenaires sociaux sur des points qui sont des points, je le répète, de la retraite des femmes ou de départ à plein droit de la retraite. L'âge de départ à plein droit de la retraite. Il n'a pas cultivé une certaine ambiguïté tout simplement pour éviter la censure ? Non, je ne pense pas. Il a été très clair. Et si nous avons un accord sur ces points-là, ces accords seront présentés devant le Parlement.

8:31
Présentateur

Il y aura vraisemblablement une censure à l'automne. En tout cas, c'est le rendez-vous que donne ce matin le député RN Sébastien Chenu. Qu'est-ce que vous allez faire ? Comment est-ce que vous allez mettre à profit les quelques semaines, puisque désormais on parle en semaines, en quelques mois, on va dire, qu'il reste vraisemblablement à ce gouvernement ?

8:49
Sophie Primas

Alors, moi, je ne lis pas la déclaration de M. Chenu de la même façon. Effectivement, ils donnent rendez-vous au budget pour décider s'ils voteront une censure ou pas. Ce qui veut dire qu'ils attendent à la fois les arbitrages et les discussions qui auront lieu avec tous les groupes politiques. Y compris le RN. Y compris le RN. Nous écoutons tous les groupes politiques. Et la méthode de François Béroux, c'est évidemment d'écouter l'ensemble. Après, sa responsabilité personnelle est de faire des arbitrages et d'essayer de trouver la voie du consensus. Je le répète, les Français nous ont envoyé une Assemblée nationale qui n'a pas de majorité absolue.

À partir de ce constat, nous devons faire avec ce gouvernement qui est polyphonique, vous le savez, qui a des sensibilités différentes à l'intérieur du même gouvernement. Polyphonique, c'est une façon de parler.

9:35
Présentateur

Nous, on a le sentiment parfois que c'est cacophonique.

9:37
Sophie Primas

Oui, mais moi, je préfère polyphonie parce qu'à situation inédite, situation aussi du gouvernement inédite. Et chacun sait qu'il n'y a pas tout à fait les mêmes sensibilités politiques. C'est le moins qu'on puisse dire à l'intérieur du gouvernement. Le Premier ministre nous a donné liberté de parole. Et puis ensuite, respect des arbitrages qui sont trouvés avec l'Assemblée nationale dans le cadre d'une majorité absolue qui n'existe pas.

10:00
Locuteur non identifié

Sophie Prima, le ministère des Transports a ordonné aux constructeurs automobiles toutes marques confondues d'immobiliser 800 000 véhicules supplémentaires équipés d'airbags Takata en France. Ces airbags mis en cause dans plusieurs accidents. C'est quoi ? C'est une application stricte du principe de précaution à la veille de l'été alors que cela fait des mois qu'on est au courant du problème ?

10:21
Sophie Primas

Il y a eu une émotion évidemment renforcée puisqu'il y a eu un décès d'une jeune femme il y a très peu de temps qui a conduit Philippe Tabarro en responsabilité à demander le retrait et le contrôle de l'ensemble de ses véhicules, DS3 et C3. C'est une question de responsabilité mais qui incombe d'abord aux constructeurs. Donc il a travaillé avec les constructeurs pour demander le retrait, la vérification de l'ensemble de ses véhicules. C'est bien sûr l'application d'un principe de précaution.

10:55
Présentateur

Mais ça fait 14 mois, c'est ce que rappelait ce matin la présidente de l'UFC Que Choisir, l'association de consommateurs sur France Info. Ça fait 14 mois qu'on est au courant.

11:02
Sophie Primas

Bien sûr et d'ailleurs ça fait 14 mois que nous demandons aux constructeurs de rappeler ces véhicules, de mettre en musique l'avertissement à l'ensemble des propriétaires de ces véhicules-là et de remplacer et de trouver des solutions de remplacement. Donc là, le ministre des Transports tape du poing sur la table, a convoqué le constructeur et met en œuvre des dispositions qui sont des dispositions assez sévères, dont on connaît l'impopularité puisqu'on est à 15 jours des départs en vacances et qu'effectivement...

11:31
Locuteur non identifié

Effectivement, ceux qui nous écoutent et qui avaient besoin de leur voiture...

11:33
Sophie Primas

Voilà, mais je crois qu'ils veulent partir en vacances tranquilles aussi. On a demandé aux constructeurs de trouver des solutions de substitution pour permettre aux Français de partir en vacances. Sophie Prima, est-ce qu'il faut une commission d'enquête sur ces airbags comme le réclame l'UFC Que Choisir ? Ça, c'est la liberté du Parlement, de l'Assemblée nationale ou du Sénat.

11:49
Présentateur

Mais vous, sur le principe, vous vous dites ça d'un bon œil ou pas ?

11:52
Sophie Primas

Moi, je pense que ce qui est urgent maintenant, c'est qu'on trouve une solution. Après, on pourra faire une commission d'enquête si les parlementaires le souhaitent. L'urgence et la responsabilité de Philippe Tabarro et de l'ensemble du gouvernement, c'est d'être assez directif, assez volontaire, pour demander aux constructeurs d'assumer ses responsabilités très vite.

12:08
Présentateur

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jérôme Chapuis.

12:13
Locuteur non identifié

Toujours avec Sophie Prima, porte-parole du gouvernement. Un Premier ministre fragilisé dont la méthode doit encore faire ses preuves. On en parlait à l'instant. Dans ce contexte, François Bayrou doit dévoiler mi-juillet, comme il s'y était engagé, ses pistes pour trouver les 40 milliards d'euros nécessaires pour le budget 2026. Est-ce que vous en savez un peu plus sur les intentions du Premier ministre ou c'est toujours le grand brouillard, même pour la porte-parole du gouvernement ?

12:37
Sophie Primas

Non, c'est un travail qui est réalisé avec Éric Lombard et Amélie de Montchalin, avec le Premier ministre. Toutes les pistes sont étudiées, je le répète, sans tabou, si j'ose dire. Et le Premier ministre tranchera dans les prochains jours, puisqu'on approche de mi-juillet à grands pas. Et donc, le travail est réalisé. Trouver 40 milliards, c'est très ambitieux.

13:00
Locuteur non identifié

Oui, d'ailleurs, vous ne dites pas de tabou, mais à chaque fois qu'une mesure sort dans l'atmosphère, il y a notamment des ministres qui remettent en cause, sont bien fondés. À quoi doivent se préparer les Français ? Vous dites 40 milliards, c'est beaucoup, ça veut dire quoi ? On peut parler de rigueur, d'austérité ?

13:16
Sophie Primas

Non, on parle surtout de réforme de l'État. On parle de se questionner sur l'ensemble de nos dépenses, sur leur efficacité, sur les méthodes avec lesquelles elles sont dépensées. Ça, ça demande un travail de fond qui est assez colossal et qui portera ses fruits sur 2, 3, 4 ans. Donc, on parle de pluriannualité sur la réforme de l'État. On regarde évidemment les gros postes de dépenses de l'État. Vous savez, clairement, 50% des dépenses de l'État, c'est sur la sphère sociale. Un quart pour les retraites, un quart pour les dépenses d'assurance maladie. Vous avez certainement vu qu'on a des questions à se poser, puisqu'il y a des dérapages de dépenses assez... Il faut en parler, Sophie Prima,

13:55
Présentateur

parce qu'on rappelle ce chiffre dont on a parlé sur France Info ce matin. Non, parce que c'est important. Là, vous parlez des dépenses sociales. 41 milliards d'euros de déficit, selon les prévisions de l'assurance maladie. Un rapport de prévision qui a été rendu hier. Et des propositions. Un bonus-malus, par exemple, pour la prévention de l'absentéisme. La fin de la prise en charge à 100% pour les affections longue durée, avec un changement du dispositif. C'est des choses que vous voyez d'un bon oeil.

14:24
Sophie Primas

Écoutez, ce sont des propositions qui ont été faites par l'assurance maladie aujourd'hui, compte tenu du déficit. Ce qui est important pour Catherine Vautrin et pour le gouvernement, c'est effectivement de ne pas laisser ce déficit perdurer. Parce que là aussi, c'est une question de pérennité de notre système social. Donc, Catherine Vautrin fera des annonces dans les heures ou dans les deux jours qui viennent.

14:42
Présentateur

Dans les deux jours qui viennent.

14:43
Sophie Primas

Voilà, dans les heures qui viennent. Je n'ai pas la date exacte,

14:46
Locuteur non identifié

donc je ne veux pas trop m'avancer. Mais vous n'avez pas de tabou. Sophie Prima, quand on parle de mettre fin au 100% pour les personnes en rémission de cancer, quand on parle de malus pour les entreprises qui ne feraient pas assez pour lutter contre l'absentéisme.

14:58
Sophie Primas

Vous savez, à Gatelanbray, on a une société qui structurellement est en train de vieillir. Et on a une société qui est fragilisée également par quelque chose que Michel Barnier avait fait, une thématique dont Michel Barnier avait fait la grande cause nationale, qui est la santé mentale et qui a été reprise par le Premier ministre François Béraud. On a des difficultés qui sont liées aux arrêts maladie, par exemple, dont vous parlez, aux infections de longue durée. Il est hors de question de brader la solidarité que représente aujourd'hui notre modèle social sur ces questions-là. Quand on a dit ça, il faut trouver des solutions pour rendre notre système pérenne.

Donc, je sais que Catherine Vautrin travaille d'arrache-pied sur des questions, par exemple, de prévention pour éviter les maladies, pour éviter les dépenses. Donc, elle travaille sur des questions de prévention. Ça sera évidemment au cœur de son action.

15:46
Présentateur

Mais là, on ne parle pas de prévention. On se met, par exemple, à la place d'un malade du cancer qui nous écoute ce matin et qui entend la proposition de l'assurance maladie. De l'assurance maladie. Vous revenez de votre traitement. Vous êtes en début de rémission. On vous donne un arrêt maladie d'un mois et on se revoit dans un mois pour statuer.

16:01
Sophie Primas

Ce qui n'est pas la proposition du gouvernement, ce qui n'est pas le choix pour l'instant de Catherine Vautrin. Et donc, je laisserai Catherine Vautrin faire ses annonces. Pour l'instant, ce sont des propositions qui sont faites par l'assurance maladie au regard du dérapage des dépenses de santé. Il y a ensuite un arbitrage qui est un arbitrage politique, évidemment, que portera Catherine Vautrin.

16:18
Locuteur non identifié

Sophie Prima, vous parliez des pistes du budget 2026. Vous dites que rien n'est tabou. Parmi les pistes, il y a celle de l'année blanche. Donc, ça reviendrait à geler l'an prochain les dépenses de l'État, les dotations aux collectivités, les dépenses de la sécurité sociale à leur niveau actuel. Est-ce que c'est l'option la plus facile politiquement ?

16:35
Sophie Primas

Il me semble, sans trahir de secret parlementaire, que c'est une hypothèse sur laquelle travaille le Sénat, sur des propositions qui nous seront faites dans les prochains jours par le Sénat sur comment est-ce qu'on économise 40 milliards. On écoutera avec attention ces propositions parce qu'elles sont faites de façon partagée politiquement au Sénat avec un travail de fond qui a été réalisé sous la tutelle, bien sûr, de Gérard Larcher, mais aussi du rapporteur général aux finances, Jean-François Husson. Et vous connaissez, dans la situation politique actuelle, l'importance des propositions du Sénat. On sent que c'est une proposition

17:12
Présentateur

qui vous intéresse, en tout cas, l'année blanche.

17:14
Sophie Primas

Ce n'est pas une proposition qui est écartée. Il faut la regarder comme les autres propositions.

17:20
Locuteur non identifié

Alors qu'à l'instant, vous nous parliez de réformes structurelles de l'État. L'année blanche, ce n'est pas la solution la plus facile qui frappe tout le monde sans distinction, de façon un peu mécanique. Mais vous avez absolument raison,

17:31
Sophie Primas

Agathe Lambret, sauf que les réformes de structure, les réformes aux profondeurs, il faut les initier tout de suite. Leurs effets, c'est l'effet de la politique et la politique, c'est le temps long. Et donc, nous avons besoin de plusieurs années pour mener à bien toutes les réformes. On parle beaucoup des agences, par exemple. Les agences, les autorités indépendantes qu'on veut réformer. Moi, je suis tout à fait favorable à cette réforme et Amélie Melonchalin travaille, les services de Bercy travaillent sur ces questions-là. Mais derrière les agences, il y a des personnes.

Et donc, si on fusionne, si on enlève, si on ramène dans la sphère du public ces agences, il faut faire attention au personnel. Et ça, ça ne demande pas deux mois.

18:06
Locuteur non identifié

Sophie Prima, on parlait de réformes structurelles, il y a aussi le sujet de la gabegie de l'État. Est-ce que vous entendez monter cette petite musique « C'est Nicolas qui paye » ? Cette expression qui est devenue virale sur les réseaux sociaux, à l'origine relayée par des comptes d'extrême droite. Nicolas, donc personnage fictif qui incarne le ras-le-bol fiscal face à cette gabegie de l'État notamment. Est-ce que c'est démago ? C'est populiste ou est-ce que Nicolas a raison ?

18:28
Sophie Primas

En réalité, ce que je viens de vous dire, c'est que la politique, c'est le temps long. Le temps long et la gestion de la complexité. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'y attaquer. Et après, le ministre de l'Intérieur, le ministre d'État, hier a parlé de la République des Yaka Faucons. Dans la République TikTok, ou en tout cas le Parlement de TikTok, ou en tout cas la politique telle qu'on l'assume aujourd'hui sur les réseaux sociaux avec un nombre de caractères limités et des idées simples, elles sont l'expression d'une préoccupation de la population mais elles ne peuvent pas être une politique qui doit être une politique du temps long. Quand je dis du temps long, ce n'est pas 15 ans.

Une politique du temps long, c'est mener des réformes de structure de l'État qu'on peut conduire sur deux, sur trois ans. Donc c'est un peu simple et ce n'est qu'à l'équipé. Ça correspond à une volonté du peuple, à un ras-le-bol, à des idées qui sont des idées communément partagées mais la complexité de la gestion de l'État, la politique, c'est du temps long. Ça nécessite du temps long et vraiment en profondeur.

19:28
Présentateur

Et le temps long, c'est aussi de savoir comment est-ce qu'on va se défendre, notre pays, l'Europe aussi, face aux nouvelles menaces dans les prochaines années. Il se trouve qu'aujourd'hui, c'est le sommet de l'OTAN que dans ce cadre, sous la pression des États-Unis, l'OTAN propose de consacrer 5% de la richesse nationale à la défense d'ici 10 ans, d'ici 2035. Pour donner un ordre de grandeur, aujourd'hui, c'est à peu près 2% pour la France. Dans le contexte budgétaire dont on vient de parler, est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est raisonnable ?

19:58
Sophie Primas

C'est obligatoire. C'est-à-dire que... Alors, dans les 5% que vous indiquez, il y a aussi des dépenses...

20:07
Présentateur

Oui, sur la menace cyber, sur la cybersécurité, mais il y a 3,5%

20:10
Sophie Primas

pour l'armement, pour l'armée, pour la refondation de l'armée et de notre défense. C'est une obligation dans ce concert des nations qui est un concert de plus en plus difficile, un concert qui... une ambiance qui se tend au niveau international. L'Europe, la France singulièrement, a besoin d'avoir une voix qui porte et on est respecté quand on peut se défendre et quand on a les moyens de se défendre.

20:36
Présentateur

Comment fait-on ? Il faut donner des ordres de grandeur. Le budget de la défense, aujourd'hui, pour que nos éditeurs comprennent, 50 milliards. En 2035, si on suit cette trajectoire, ce serait 172 milliards. Ce serait le premier budget de l'État.

20:48
Sophie Primas

La loi de programmation militaire prévoit 75 milliards, 76 milliards. On aura doublé en une dizaine d'années le budget de l'armée qui était beaucoup trop faible. Là, on parle d'un triplement si on suit les chiffres de l'OTAN. On suit les triplements. Alors, ce n'est pas tout à fait à périmètre égal. Je répète qu'il y a des dépenses d'infrastructures, de cybersécurité qui rentrent dans les 5%. Donc, on n'est pas tout à fait sur les mêmes chiffres. Il faut suivre la loi de programmation militaire. C'est une des données du budget de 2026, mais aussi de 2027 jusqu'à 2030. Donc, ça fait partie des données du problème. Pardon,

21:20
Présentateur

mais cette loi de programmation, elle sera taboue après l'accord qui va être signé vraisemblablement aujourd'hui ? Non,

21:25
Sophie Primas

parce que je le répète, il y a des dépenses qui sont extra-militaires qui sont aussi comptabilisées dans ces 5%. Mais c'est clair que la France doit avoir une politique sur sa défense qui soit ambitieuse et qui nécessite aussi des efforts de la nation. C'est la raison pour laquelle ce budget doit prendre en considération ses efforts sur la loi de programmation militaire.

21:44
Locuteur non identifié

Sophie Prima, le président iranien, a déclaré hier être prêt à revenir à la table des négociations alors qu'un cessez-le-feu est entré en vigueur avec Israël. Vous dites merci Donald Trump. Écoutez,

21:56
Sophie Primas

vous savez, avec l'Iran, il y avait les accords de Vienne qui ont été décidés en 2015 et qui permettaient une non-prolifération de l'arme nucléaire en Iran, en contrepartie de quoi les sanctions vis-à-vis de l'Iran pouvaient être baissées. Les Etats-Unis ont décidé de quitter les accords de Vienne. Donald Trump, son premier mandat a quitté ces accords de Vienne amenant des perturbations notamment sur les inspections, sur notre capacité à tenir les engagements de l'accord de Vienne. Donc vous ne lui dites pas merci. Nous, nous privilégions aujourd'hui à une opération militaire.

la France, l'Europe, qui l'a clairement dit, sont contre l'obtention de l'arme nucléaire par l'Iran mais sont pour la voie diplomatique. C'est aujourd'hui la voie que nous prenons.

22:46
Locuteur non identifié

Mais la France a regardé passer les balles, non Sophie Prima ?

22:48
Sophie Primas

Non, la France n'a pas du tout regardé les balles passer. Le ministre des Affaires étrangères est en permanence en lien et avec les Etats-Unis, avec son homologue américain, mais surtout avec ceux de la région et son homologue iranien et nous poussons pour une voie diplomatique depuis le début et nous avons condamné...

23:10
Locuteur non identifié

Emmanuel Macron a d'ailleurs lancé une initiative diplomatique. Où en est-elle ? Elle a fait pchit ? Il y a un cessez-le-feu ?

23:15
Sophie Primas

Non, non, la preuve c'est que effectivement l'Ayatollah veut revenir aux tables de négociation et que la position qui a été défendue par l'Europe est aujourd'hui une position qui va arriver. Je l'espère et je souhaite... Mais qu'on comprenne bien la France est dans un rôle de médiateur dans ce moment-là la France est... Je veux juste avoir un mot pour nos deux otages. Il ne faut pas les oublier parce qu'ils sont au cœur de ce drame et nous...

23:39
Présentateur

Vous n'avez pas de nouvelles depuis le bombardement de la prison d'Evin où il s'est venu depuis trois ans ?

23:42
Sophie Primas

Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, a pris attache auprès de son homologue iranien qui nous a affirmé que nos deux otages étaient en vie. Je ne crois pas qu'à ce jour et à cette heure nous ayons des preuves de vie mais nous avons une certitude de la part du ministre et nous attendons à la fois les visites consulaires immédiates, rapides et nous avons demandé de nouveau leur libération immédiate.

24:02
Présentateur

Merci Sophie Prima, la porte-parole du gouvernement était l'invité de France Info ce matin.