Gouvernement, législatives, Ukraine... L'interview de Marine Le Pen sur BFMTV en intégralité
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Bonsoir Marine Le Pen, nous vous accueillons avec Benjamin Duhamel, merci de prendre la parole sur BFM TV. L'ex-candidate à la présidentielle est donc désormais candidate aux législatives, nous y reviendrons. Nous sommes presque à un mois après la réélection d'Emmanuel Macron et toujours pas de gouvernement. Emmanuel Macron prend son temps, est-ce que vous trouvez ça normal ?
Non, c'est particulièrement anormal lorsque l'on connaît la situation quotidienne des Français. Parce qu'aujourd'hui la vie quotidienne des Français n'est pas un long fleuve tranquille. Et notamment ils sont confrontés à des problématiques de pouvoir d'achat qui sont majeures. Un pétrole qui augmente à nouveau, une inflation qui commence à se faire sentir de manière cruelle et notamment sur l'alimentation. Or on aurait pu s'attendre à ce que le président nouvellement réélu prenne immédiatement, présente immédiatement une loi à l'Assemblée nationale. En tout cas moi c'est ce que j'aurais fait si j'avais été élu tout de suite dans la foulée. J'aurais présenté une loi pour mettre la...
Avec l'actuelle majorité vous auriez aimé qu'il convoque une session extraordinaire. Bien sûr, bien sûr. Pour faire passer la suppression de la TVA sur un panier de produits, de 100 produits de première nécessité, d'hygiène et alimentaire. Et puis pour faire baisser le prix du carburant et de l'énergie de 20 à 5,5%. Il ne fait rien, il prend son temps, tout va bien, comme si la France n'était pas dans une situation aujourd'hui catastrophique. On est à 24 heures près. Oui mais enfin d'ailleurs ça a déjà duré trois semaines pour obtenir un Premier ministre, c'était quand même très long. Et maintenant on continue à attendre pour avoir un gouvernement.
Donc pendant ce temps-là il ne se passe rien. Et il est inadmissible qu'il ne se passe rien compte tenu de la situation.
Écoutons le chef de l'État.
Ce n'est pas une chose légère, elle requiert du temps, des échanges de fonds et c'est ce que la Première Ministre et moi-même faisons. Donc autant de temps qu'utile et que nécessaire car il s'agit du gouvernement de la France. La Première Ministre était sur le terrain et je reçois Madame la Présidente aujourd'hui.
Ce n'est pas une chose légère de former un gouvernement, nous dit le Président de la République. Vous pouvez entendre ça ?
Non, je ne peux pas entendre. Non, je ne peux pas entendre ça. Car, encore une fois, la vie quotidienne des Français, ce n'est pas quelque chose de léger non plus. Quand on n'arrive pas à boucler les fins de mois, ce n'est pas léger. Donc c'est le confort des Français auquel il devrait penser plutôt qu'à son confort à lui-même. D'autant qu'on sait très bien qu'il peut y avoir encore des remaniements à l'issue précisément du résultat des législatives. Donc c'est impardonnable de se comporter avec, je pense, autant de légèreté.
Madame le Pen, Elisabeth Borne a donc été nommée. C'est la deuxième première ministre de la Ve République. Et on a le sentiment qu'au fond, ça vous est un petit peu égal que ce soit une femme ou un homme. Est-ce que ce ne serait pas logique que vous disiez, au moins je me félicite qu'une femme soit nommée à Matignon ?
Non, ça m'est assez égal. Je ne vous cache pas parce que moi, ce que je regarde, c'est ce qu'elle va faire comme premier ministre, enfin première ministre. Et en l'espèce, je sais ce qu'elle va faire, puisque je sais ce qu'elle a fait. Et donc je connais le positionnement d'Elisabeth Borne. Moi, je veux dire, je pense que ce choix est très révélateur. En réalité, il a été résumé par Marisol Touraine, le sort de l'investiture d'Emmanuel Macron, qui lui dit « bon, maintenant, tu peux faire ce que tu veux, tu as les mains libres ». Et effectivement, il a les mains libres.
Et plutôt que de répondre à un besoin qui était un besoin de proximité avec les Français, de chaleur, tout ce qui a manqué pendant cinq ans d'empathie avec les Français, il choisit exactement l'inverse. Il choisit une technocrate froide, brutale dans les négociations qu'elle a eues à mener. En réalité, le double de lui-même. Emmanuel Macron est tellement fasciné par lui-même qu'un seul Emmanuel Macron, ça ne lui suffit pas, il lui en faut deux.
On va parler du fond, mais simplement, pendant la campagne présidentielle, vous aviez fait, je me souviens, une affiche, même un slogan, une femme d'État. Et vous faisiez précisément, regardez, on la voit à l'écran, et vous faisiez de votre féminité un argument face à Emmanuel Macron. Pourquoi ce qui était vrai pour une candidate à l'élection présidentielle n'est pas vrai pour une femme qui est donc nommée à Matignon ?
Mais parce que précisément, j'avais expliqué que je souhaitais être présidente de la République parce que ça permettait d'influer, d'impulser de l'empathie dans la politique qui est menée. D'impulser de la proximité. Vous disiez, une femme, ça gouverne différemment. Excusez-moi, d'impulser, oui, de la proximité avec la réalité. Non, Elisabeth Borne, elle n'a aucune de ses qualités. Permettez-moi de vous le dire. De tout ce que j'ai pu voir de la manière dont elle a mené la réforme de l'indemnisation du chômage, qui a été en même temps extrêmement brutale et injuste, la manière dont elle est intervenue pour prolonger les concessions autoroutières lorsqu'elle était avec ses graines royales.
Et tout ce qu'elle a pu faire démontre exactement l'inverse de l'empathie, l'inverse de la proximité avec les problématiques des Français, l'inverse de l'ancrage dans une réalité quotidienne qui est celle de nos compatriotes. Vous voyez, donc, ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'on a toutes les qualités, les mêmes qualités, si vous voulez, bien entendu. Et en l'occurrence, elle n'a pas ces qualités-là.
On va écouter celle que vous venez de décrire comme froide et brutale. Elle était en déplacement aujourd'hui au Mureau et elle avait un message à délivrer.
Je pense que c'est important d'avoir des rêves, d'avoir des envies. C'est important de prendre confiance. On l'a beaucoup entendu parmi les jeunes femmes avec lesquelles on a échangé. Il faut un rêve et il faut se dire qu'on va y arriver. Et une fois qu'on a ça, je pense que c'est assez simple. Et puis, évidemment, il faut s'engager. Il faut évidemment travailler, mais il faut de l'engagement, de la volonté. Mais les points de départ, c'est un rêve et avoir confiance en soi. Ça, c'est les autres aussi qui peuvent vous aider à construire cette confiance. En tout cas, je pense qu'il ne faut surtout pas écouter tous ceux qui vous disent ce métier-là ou cette voie, elle n'est pas faite pour toi.
Il faut aller au bout de ses rêves.
Vous la trouvez toujours froide et brutale ?
Oui, mais enfin, d'accord, c'est un enfonçage de porte ouverte, pardon. Il faut aller au bout de ses rêves, il faut travailler.
C'est un message pour les petites filles qui peuvent se dire « Il y a une femme à Matignon, je peux y arriver. » On sait très bien qu'il y a une forme de flamme de vert pour certaines femmes, notamment en politique. Est-ce que ce n'est pas un message positif ?
Non, mais on n'est quand même pas à Kaboul, même si on a les burkinis dans les piscines, si vous voulez, excusez-moi, mais on n'est pas à Kaboul, d'accord ? Donc on est quand même dans un pays qui, je crois, est quand même très en avance dans les capacités qu'il donne aux femmes. J'en suis d'ailleurs la preuve, la réalité.
Il y a beaucoup d'hommes autour de vous, si je me permets.
Non, mais d'accord, mais il y a des femmes aussi, et il y en a de plus en plus d'ailleurs. Donc oui, il faut que les dirigeants politiques impulsent encore une fois la capacité aux femmes de prendre confiance en elles, parce que c'est ça en fait fondamentalement. Je l'ai dit assez souvent, les femmes se sous-estiment. Elles ne se pensent pas capables, peut-être parce qu'on les met dans cette ambiance-là. Mais là, aujourd'hui, une femme qui veut réussir en politique, elle a absolument la capacité de le faire, et notamment la loi sur la parité permet à toutes les femmes de pouvoir éventuellement postuler à un mandat et donc être la représentante, les représentantes du peuple français.
On a quand même l'impression que vous avez du mal à vous féliciter qu'une femme soit à Matignon, uniquement parce que c'est une opposante politique, ou en tout cas vous vous situez comme opposante politique.
Non, mais ce n'est pas le problème, si vous voulez. C'est que sous prétexte que c'est une femme, je devrais considérer que tout ce qu'elle a pu faire par le passé est quelque chose de positif. Et en plus, elle est de gauche. Alors vous imaginez, c'est une femme de gauche. Je veux dire, si je puis me permettre, elle remplit toutes les cases pour faire plaisir à la sphère médiatique, politique, etc. Moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'elle va porter la retraite à 65 ans, que je trouve être une injustice, mais une brutalité et une injustice totale à l'égard des Français. Voilà, ce qui m'intéresse, c'est ça. Ce sont les réalisations qui vont être celles d'Elisabeth Borne.
Et je pense que ça va être un véritable saccage social. J'ai vu ce qu'elle a fait pour la réforme de l'indemnisation du chômage. Il faut avoir zéro empathie pour être capable de mettre en place une réforme qui touche particulièrement les chômeurs qui ont des indemnités qui sont minimes. Il faut être particulièrement froide et brutale pour être capable de porter ça. Voilà ce que je dis. Donc moi, vous voyez, je juge les gens, non pas sur leur sexe, pardon, mais ça, ça s'appelle le mérite. Dans notre République, on ne juge pas les gens ni sur leur sexe, ni sur la couleur de leur peau, ni sur leur orientation sexuelle. On les juge sur ce qu'ils font. Et moi, je la juge sur ce qu'elle a fait.
Et ce qu'elle a fait prédispose 5 ans qui vont être terriblement difficiles. Et c'est pour ça que je dis aux Français, allez voter. Ne donnez pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron. Mettez en place des députés qui vont pouvoir, que ce soit sur le régalien ou que ce soit sur le quotidien, être les meilleurs de vos avocats.
Alors, on va y venir un tout dernier mot sur la composition du gouvernement. Est-ce que vous en attendez quelque chose ? Peut-être un signal un peu plus vers la droite, un peu plus vers la gauche. On voit par exemple ce soir, ce que l'on comprend, c'est que Damien Abad, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, est fortement pressenti pour intégrer ce gouvernement. Est-ce que vous dites, voilà, Emmanuel Macron continue à fracturer la vie politique française ?
Quelle honte. Objectivement, l'image que la vie politique donne est juste déplorable. Vous savez, moi, après le second tour d'élection présidentielle, j'ai pris 8 jours de recul, parce qu'on est comme le nez dans le guidon pendant 8 mois dans une campagne présidentielle, et j'avais envie de prendre un peu de recul pour voir comment, justement, se recomposait la vie politique. Et j'ai été effondrée de ce que j'ai vu. Voilà, effondrée. C'est le règne du mercenariat. Tout le monde est à vendre. C'est la grande braderie.
Et je suis extrêmement fière que le mouvement que je représente, le Rassemblement national, soit un mouvement qui soit resté droit, qui soit resté honnête vis-à-vis de ses électeurs, qui n'ait pas fait de magouilles électoralistes, parce que la vision des LR, des vendus et des demi-vendus, les vendus, c'est ceux qui sont partis directement chez Macron, les demi-vendus, ce sont ceux comme M. Abad qui ont négocié de ne pas avoir de candidats LREM face à eux. C'est cette vision-là, avec la vision d'une gauche qui s'est vendue à l'extrême gauche uniquement pour des places, des postes, des mandats, je trouve que l'image est déplorable.
Et je suis désolée de vous dire que je crois que le Rassemblement national, véritablement, est un pilier de droiture dans cette élection législative.
– Alors vous venez de nous rappeler que vous aviez pris 8 jours de recul après cette élection, on a vu Jean-Luc Mélenchon partir immédiatement, lui, en campagne, on ne parle que de lui, il occupe tout l'espace. – Lui, il n'avait pris qu'un jour de vacances avant. – J'entends bien, mais vous lui avez laissé le champ libre. – Non, parce que précisément, c'était dans l'entre-deux-tours qu'il s'était dit candidat à Matignot. – Non mais… – Est-ce que vous ne lui avez pas laissé le champ libre ? – Non mais vous m'avez fait le même. – Pendant ses vacances, excusez-moi, évidemment mérité, mais le résultat, c'est qu'il fait la course en tête.
– Je dois me reprocher ça, bien entendu. Mais j'ai participé aux commissions nationales d'investiture, j'ai préparé les législatives aussi pendant ce moment-là, mais je vous ai lus, j'ai écouté, j'ai lu les éditorialistes, j'ai vu les analyses qui étaient faites, et j'ai surtout vu le mensonge énorme, l'énorme mensonge qu'a vendu Jean-Luc Mélenchon. Mais il y a toujours une forme de complaisance dans les rédactions à l'égard de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, il ne sera jamais majoritaire dans le pays, mais il est majoritaire dans les rédactions. Il est majoritaire à Sciences Po aussi, vous voyez.
– C'est-à-dire que c'est à cause des médias qu'on parle de Jean-Luc Mélenchon ? C'est pas juste que vous avez pris trop de temps avant de revenir sur la scène politique ?
– Mais vous aviez fait exactement la même chose il y a cinq ans, peut-être que vous n'en souvenez pas, vous étiez trop jeunes. Mais il y a cinq ans, vous nous aviez vendu la même sauce. On est arrivé à l'Assemblée nationale, vous nous avez dit, regardez, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est le premier opposant, parce qu'il agitait un paquet de nouilles à l'Assemblée. Et je vous avais dit à l'époque, attendez, nous on fait un travail de fond, nous on fait un travail sérieux, les agitations de Jean-Luc Mélenchon, ça va vite lasser. Et c'est exactement ce qui s'est passé.
Aux Européennes, quelques mois plus tard, nous étions, par les Français, parce que moi ce qui m'intéresse, c'est plus ce que pensent les Français. Les Français, ils pensent que c'est le Rassemblement national, le premier opposant à Emmanuel Macron. – C'est pas ce que les sondages disent, Madame. – D'accord, mais pardon, excusez-moi, mais les sondages c'est bien, moi ce que je donne c'est les élections. Et les élections, elles disent quoi ? Les élections, elles ont dit, le premier opposant aux Européennes, c'est le Rassemblement national. Le premier opposant aux présidentielles, c'est Marine Le Pen. Voilà, ça c'est le résultat des élections, pas des sondages.
– Et actuellement, les sondages nous annoncent tout simplement qu'il est devant vous. C'est pour ça qu'on vous interroge sur cette période où vous n'avez pas été présente.
– Non mais d'abord, nous verrons, parce que la réalité c'est que la France insoumise, c'est la France insoumise plus l'EPS, plus les Verts, c'est ce que j'appelle la coalition burkini. Voilà, la coalition burkini, la coalition black bloc, la coalition désordre, la coalition chaos, c'est-à-dire des gens qui au passage se détournent du fonctionnement républicain, puisque eux ils considèrent que quand ils perdent les élections, il faut qu'ils jouent le troisième tour dans la rue. Bon, eh bien tous ces gens-là se sont mis ensemble, alors que sur bien des sujets, d'ailleurs ils ne pensent pas du tout la même chose.
Et en réalité, eh bien on assiste à deux blocs, moi je suis face à deux blocs, le bloc des déconstructeurs d'en haut, c'est-à-dire Emmanuel Macron, les déconstructeurs d'en haut c'est la casse sociale, Emmanuel Macron, la casse du système d'indemnisation du chômage, la casse des retraites, la casse de la santé, et puis il y a les déconstructeurs d'en bas. Donc tout ce dont je vous parlais, les black blocs, l'abandon des valeurs de la République, le burkini, la complaisance avec l'islamisme, voilà. Donc j'ai deux blocs de déconstructeurs, ceux d'en haut et ceux d'en bas.
Madame Le Pen, le fait est qu'en l'État, si on regarde les sondages, vous avez beau dire ce que vous voulez sur votre score au second tour de l'élection présidentielle, celui ou ceux qui obtiendront plus de sièges et plus de voix, c'est vraisemblablement la NUP et Jean-Luc Mélenchon. Donc un, est-ce que vous n'avez pas malgré tout traîné un petit peu dans cette campagne ?
Et deux, est-ce qu'au fond, ce n'est pas plus mobilisateur, quand on est Jean-Luc Mélenchon, de dire à ses électeurs, « Alisez-moi Premier ministre », plutôt que de dire, « Bon, de toute façon, Emmanuel Macron aura la majorité, donc, s'il vous plaît, 60 députés quand même, pour qu'on puisse saisir le Conseil constitutionnel, mais on ne pourra pas aller au-dessus. » Mais quelle éthique !
Quelle éthique vous exprimez là ?
Donc est-ce que ce n'est pas mieux ? La politique, Jean-Luc Mélenchon, il fait la politique.
Non, non, mais non. N'arrêtez de faire croire aux Français que la politique, c'est le mensonge. Ce n'est pas toujours ça. Même si c'est ça chez Jean-Luc Mélenchon, c'est ça chez Emmanuel Macron, ce n'est pas ça chez Marine Le Pen. Chez Marine Le Pen, politique n'est pas égale à mensonge, à magouille. Je suis désolée de vous le rappeler, c'est peut-être ce qui fait ma spécificité d'ailleurs. Donc, moi, venir mentir aux électeurs, en disant, nous allons avoir 290 députés, alors qu'il sait pertinemment, Jean-Luc Mélenchon, qu'il n'aura pas 290 députés. Donc, il n'aura pas la majorité. Donc, il ne sera jamais Premier ministre. Et donc, vous non plus. Donc, c'est clair. Et donc, vous non plus.
C'est un fait. Et nous, non plus très, évidemment, très probablement, nous non plus. Et pour une raison simple. Parce que moi, je suis cohérente. En même temps, je dis la vérité. Et en même temps, je suis cohérente. J'avais dit, si je suis présidente, j'aurais une majorité. Si Emmanuel Macron est président, il aura certainement une majorité. Pourquoi ? Parce que le quinquennat a été créé pour cela. Donc, la vraie question, c'est quelle opposition à Emmanuel Macron ? Ça, c'est la vérité que l'on doit aux Français. Quelle opposition à Emmanuel Macron ?
Est-ce que c'est une opposition, encore une fois, qui va plaider pour plus d'immigration, régularisation des clandestins, laxisme sécuritaire, désarmement de la police ? Ou est-ce que c'est une opposition sérieuse, déterminée, que représente le Rassemblement national ?
Est-ce qu'il n'est pas tant de tendre à main à Éric Zemmour et à ses troupes pour exister à l'Assemblée de façon plus puissante et plus forte, au nom de tout ce que vous venez d'évoquer ?
Mais, encore une fois, d'abord, il y a une question d'honnêteté à l'égard des électeurs. Donc, moi, les magouilles politiciens électoralistes, je n'aime pas ça. Voilà, je n'aime pas cela. Je l'ai dit. Je ne me cache pas derrière mon petit doigt. Mais, surtout, il y a un problème de cohérence stratégique. Nous n'avons pas la même stratégie avec Éric Zemmour. Lui, il met de côté l'ensemble des électeurs patriotes de gauche, des électeurs attachés de gauche, attachés à la laïcité, attachés aux valeurs républicaines. Il les écarte, puisque lui, la seule chose qui l'intéresse, c'est une union des droites qu'il n'a jamais réussi à faire.
Moi, je souhaite m'adresser à l'ensemble des électeurs patriotes, l'ensemble des électeurs nationaux.
Donc, vous préférez avoir moins de députés, quitte à ne pas s'allier avec Reconquête.
Mais qui vous dit que nous aurons moins de députés ?
Il y a des circonceptions, notamment dans le Sud, où il y a un risque que vous vous neutralisiez. Si vous êtes allié, vous êtes plus fort.
Mais d'abord, je ne le crois pas. Mais s'il fallait prendre ce risque, alors je le prendrais. Parce qu'il y a une autre problématique. Je suis désolée de vous la dire. Moi, je me suis battue, je crois, avec beaucoup d'énergie et de détermination pendant la campagne présidentielle contre la retraite à 65 ans. Et je viendrai, en faisant une alliance avec Éric Zemmour, il a parfaitement le droit d'être pour la retraite à 65 ans, mais il a un positionnement social qui est extrêmement proche de celui d'Emmanuel Macron. Donc, je viendrai faire élire des députés qui seraient d'accord avec la politique sociale d'Emmanuel Macron, que je trouve déplorable et irresponsable. Je ne peux pas faire cela.
Je suis quelqu'un d'honnête, je combats honnêtement, j'ai des convictions. Mes électeurs en ont aussi. Je les respecte. Et par conséquent, ces magouilles-là, c'est sans moi. Voilà, c'est assez simple.
Toute petite question sur Marion Maréchal, qui sera candidate suppléante aux législatives de Stanislas Rigaud, en l'occurrence. Donc, votre nièce. Quel regard est-ce que vous portez ? On avait une hésitation sur le fait de savoir si elle allait être candidate ou non. Elle a dit « je ne suis pas candidate » et au final, elle est suppléante de Stanislas Rigaud pour reconquête, donc.
Oui, je pense que quand on est à son niveau, quand on a le parcours qui est le sien, on est candidate ou on n'est pas. Voilà. Je trouve que ce n'est pas à son niveau d'être suppléante d'un jeune qui est sympathique par ailleurs. Ce n'est pas le sujet. Mais je trouve que ce n'est pas au niveau.
Ça, c'est envoyé à Marion Maréchal. Une petite question, Marine Le Pen. Hier, vous avez fait le ménage parmi vos candidats aux législatives après un reportage de nos confrères de quotidien. Liliane Pradié, candidate dans les Hauts-de-Seine, avait qualifié sur les réseaux sociaux les supporters algériens de, je cite, « singe de la préhistoire » sur Ramayad, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. Quel, je cite, devrait repartir au Sénégal, cette traître au pays qui lui a tout donné ? Donc, cette femme, Liliane Pradié, a été désinvestie. Mais question simple, comment est-ce qu'un profil comme celui-là a-t-il pu passer au travers des gouttes d'une commission d'investiture ?
Eh bien, c'est une erreur manifeste de ceux qui sont chargés de vérifier, effectivement, les profils. Nous n'avons pas les moyens des policiers. C'est vrai pour retourner jusqu'à 10 ans, parfois 15 ans en arrière, parce que je suppose que sur Ramayad, ça doit dater d'entre 2007 et 2012. Je regrette d'ailleurs qu'on n'ait pas ces moyens-là, mais on ne les a pas. Donc, c'est une erreur qui a été commise par ceux qui sont chargés de vérifier l'éthique et la correction des propos qui sont tenus par nos candidats. Et nous avons été d'ailleurs extrêmement rapides pour en tirer les conséquences.
Pourquoi ça arrive particulièrement au Rassemblement national, ce type de profil-là, ce genre de tweet, pour le coup, de messages racistes ? On ne voit pas ça dans d'autres partis politiques ?
C'est vrai, dans d'autres partis politiques, on voit des violeurs, des agresseurs sexuels, des gens qui frappent leurs femmes et qui sont condamnés pour cela, des gens qui sont en conflit d'intérêts, ceux qui ont essayé d'obtenir des avantages induits. Bon, alors vous voyez, excusez-moi, mais je trouve votre propos particulièrement désagréable. Voilà, je vous le dis. Non, il n'y a pas particulièrement au Rassemblement national, me semble-t-il. Il y a des hommes et des femmes, 577, qui sont de très grande qualité, et puis de temps en temps, il y a effectivement une personne qui a tenu un propos qui est inadmissible.
Et encore une fois, jugez-nous sur ce que nous faisons lorsque nous le découvrons. Car lorsque nous le découvrons, nous, notre comportement est absolument irréprochable. Vous voyez, nous, on ne fait pas comme la France insoumise avec Taha Bouhaf. On ne va pas raconter qu'en réalité, il s'est désinvesti parce qu'il a été victime d'une épouvantable campagne contre lui, le pauvre, et que c'est terrible, alors même qu'il savait pertinemment qu'il était suspecté d'agression sexuelle, et ils ont cherché à cacher cela. D'accord ? Ils ont cherché à le cacher. Vous voyez, nous, on ne se comporte pas de cette manière-là.
En termes de marine, il y a cette expression « on finit de nettoyer le pont ». Je dis bien de marine nationale, vous m'avez compris. Il y a aussi ce candidat, Gérard Vollory, dans la troisième circonscription du Rhône. On l'a vu brandir, une photo de sa femme noire pour expliquer qu'il n'est pas aux extrêmes. Que pensez-vous de ce type d'argument ?
Non, mais ce n'est pas le sujet.
Si ma femme est noire, je ne suis pas un extrémiste.
Non, mais d'accord, mais qu'est-ce que vous pensez de quelqu'un qui est marié avec une femme de couleur et qu'on traite de raciste et d'extrémiste toute la journée ? Vous croyez qu'il ressent quoi ? Non, mais c'est peut-être, encore une fois, c'est peut-être spontané de sa part. C'est peut-être naïf, d'ailleurs, comme défense. Mais c'est la... Maladroit, on peut dire. Oui, ça peut être maladroit, bien entendu. Mais vous savez, vous êtes face là à des candidats qui sont des Français qui travaillent dans toute une série de milieux qui ne sont pas des professionnels de la politique. Ils n'ont pas fait Sciences Po, ils n'ont pas été dans les cabinets ministériels.
Il n'y a pas un problème de formation ? À quel moment, dans un débat télévisé, on s'est dit qu'on va montrer une photo de sa femme noire pour montrer qu'on n'est pas extrémiste ? Je pense que vos propos sont un peu en deçà de la réaction qu'on a pu voir sur les réseaux sociaux des gens qui se disent « mais c'est complètement
invraisemblable de réagir comme ça ». Mais vous trouvez invraisemblable pour un candidat qui est accusé de racisme ? De montrer une photo de sa femme ? De dire que non, il n'est pas raciste puisque sa femme est de couleur. Vous trouvez ça insensé ? Moi, je trouve que c'est peut-être maladroit, mais c'est dans son esprit très certainement cohérent. Donc il restera candidat ? Mais bien entendu, il restera candidat parce qu'on n'écarte pas quelqu'un parce qu'il a commis une maladresse ou alors il n'y aurait plus de journalistes sur les plateaux. Vous voyez ce que je veux dire ?
Au passage, parce que vous êtes toujours très bienveillants entre vous, mais vous êtes assez peu bienveillants avec des candidats qui n'ont pas fait d'école pour cela, qui vont avec leur conviction, qui vont parce qu'ils y croient, parce qu'ils aiment leur pays. Alors on peut leur pardonner beaucoup de choses, voyez-vous, à ces candidats-là. En tout cas, moi, je leur pardonne beaucoup de choses, sauf quand, évidemment, ces propos-là ne sont pas des propos maladroits mais sont des propos qui sont clairement, par exemple, racistes comme le cas de la personne que vous avez évoquée
préalablement. Le burkini adopté par le conseil municipal de Grenoble, vous y avez fait rapidement allusion tout à l'heure. Vous demandez l'adoption d'une loi pour l'empêcher. C'est vraiment la priorité du Parlement de légiférer sur ces sujets ?
Ah oui. La priorité, non, mais c'est une urgence. C'est une urgence,
pourquoi ? Parce qu'en réalité, on voit bien que... Le burkini menace vraiment, pardonnez-moi de vous interrompre, mais le burkini menace vraiment la laïcité en France. La laïcité en France. Oui.
Surtout, c'est une preuve de... C'est une démonstration de communautarisme. C'est une démonstration de séparatisme. C'est une démonstration de soumission, en réalité, de la femme. C'est l'inverse de toutes les valeurs qui sont les nôtres. C'est l'inverse même de notre constitution. Vous voyez ? Donc c'est très grave. Parce que c'est toujours pareil. Ça fonctionne de la même manière. Ce sont des revendications qui arrivent les unes après les autres. Il y a des revendications vestimentaires, puis il y a des revendications alimentaires. Et en réalité, les fondamentalistes islamistes avancent comme ça, en obtenant des petites victoires que les gens considèrent comme peu graves.
Oh, c'est pas très grave. Et puis, pour finir, si c'est très grave. Parce que c'est de l'essence qui est mis dans une machine qui est une machine de déconstruction de la République française et de nos valeurs constitutionnelles. Donc oui, je considère que c'est un sujet qui est très important.
Juste une question technique. Qu'est-ce que vous mettez dans cette loi ? Qu'est-ce que vous écrivez dans cette loi ? Vous mettez noir sur blanc pour faire voter les députés et les sénateurs le mot burkini ? Ou est-ce que vous dites, je sais pas, combinaison couvrante, ce qui veut dire que les gens qui ont froid et qui veulent aller à la piscine ne peuvent pas y aller ?
Une tenue religieuse, par exemple. Car c'est une tenue religieuse. Le burkini est une tenue religieuse. Voilà.
Vous avez votre réponse. C'est une affirmation identitaire religieuse. Voilà. Alors, et une autre question sur ce sujet. On a reçu pendant cette interview un communiqué de presse de David Racheline, le maire de Fréjus, un de vos proches, qui dit vouloir interdire le burkini dans les piscines et pour la baignate sur les plages fréjusiennes. Un, quelle est votre réaction ? Et deux, dans la loi, rien ne lui permet en l'état d'interdire le burkini. On sait qu'il y avait eu une volonté, notamment en 2016, de mémoire, d'interdire sur les plages dans le sud le burkini, ce qui avait été cassé par la justice administrative. de prendre une décision qui est contraire au droit.
Eh bien, s'il l'apprend, c'est qu'il considère qu'il a les moyens juridiques pour défendre sa position. Et je trouve qu'il a raison de le faire. Moi, je suis contre le voile dans l'espace public. Vous imaginez bien que je suis contre le burkini sur les plages. Même si sur le voile pendant la campagne
d'entre-de-tours. Non, non, non. Non, non.
J'ai expliqué que j'étais contre le voile. Je suis contre le voile dans l'espace public. Voilà, c'est un fait. Et je continuerai à être contre le voile parce que je considère, encore une fois, que c'est en même temps une régression absolument phénoménale. Mais ce que je voudrais que vous compreniez, et surtout que comprennent les Français qui nous écoutent, c'est que, encore une fois, ce sont des revendications qui montent toujours en puissance. Et si je puis me permettre, regardez ce qui se passe chez les talibans. On nous a expliqué qu'ils allaient être inclusifs avec les femmes, qu'il fallait leur laisser leur chance.
Eh bien, il a fallu que quelques mois pour que les jeunes petites filles ne puissent pas aller à l'école. Et puis qu'aujourd'hui, la burqa soit imposée, c'est-à-dire que les femmes se cachent le visage toutes dans l'espace public. Vous disiez tout à l'heure, on n'est pas à l'école. Donc je viens dire, je viens dire, en réalité, c'est une escalade à laquelle nous assistons. Si nous n'en prenons pas conscience, si nous sommes dans le déni, eh bien, ils continueront à exiger toujours plus et les femmes perdront, elles, évidemment, toujours plus. La qualité internationale. Benjamin.
Oui, Marine Le Pen sur l'Ukraine. La France a promis d'accélérer les livraisons d'armes. Emmanuel Macron l'a confirmé au président Volodymyr Zelensky. Compte tenu de l'utilité de ces armes pour lutter contre les Russes et pour permettre des contre-offensives. Est-ce que vous vous félicitez du fait que la France accélère ces livraisons d'armes ?
Non, je vous l'ai dit. Je l'ai dit depuis le départ, d'ailleurs. Autant j'étais pour pouvoir donner à l'Ukraine tous les moyens de défense. Mais si on commence à livrer des armes offensives, alors nous risquons d'être considérés comme co-belligérants. Il n'y a pas 50 possibilités en termes de positionnement dans ce domaine international. C'est soit on recherche la paix, soit on fait la guerre. Il n'y a pas d'entre-deux. Soit on recherche la paix, soit on fait la guerre. On peut faire de la diplomatie
tout en considérant que si on arrête de livrer des armes aux Ukrainiens, on favorise les Russes et on empêche le fait de reprendre la ville de Kharkiv. On empêche la résistance dans telle ou telle poche. Vous aidez les Russes si on arrête de livrer des armes aux Ukrainiens ?
Alors moi, je ne crois pas à cela. Je crois que plus on livre d'armes, plus il y a d'armes, plus il y a de civils qui sont tués avec. Plus ces armes peuvent d'ailleurs tomber entre les mains des Russes car ce sont des choses dont on devrait tirer des enseignements. C'est arrivé, souvenez-vous, en Libye notamment. Donc il faut être particulièrement prudent sur ce sujet. Mais la vraie question, c'est est-ce qu'on cherche... Sans armes, l'Ukraine ne peut pas faire face, Madame Le Pen. Sans armes, l'Ukraine ne peut pas faire face. Alors il faut faire la guerre. C'est ça la conclusion. Alors il faut faire la guerre à la Russie ?
Mais l'Ukraine...
Alors nos dirigeants vont nous entraîner dans une guerre mondiale. Car à partir du moment où la Russie est une puissance mondiale, si la guerre se déclenche avec d'autres pays qui seront co-belligérants, alors il s'agira d'une guerre mondiale. Est-ce que nous souhaitons déclencher une guerre mondiale ? Moi, vous savez, j'ai été... Je suis un peu comme M. Guénaud, d'ailleurs, qui a fait une tribune sur ce sujet. Je suis extrêmement inquiète de voir la manière dont les choses évoluent. Et je ne voudrais pas que nos dirigeants nous entraînent dans une guerre mondiale sans l'avoir voulu. Donc on laisse le champ libre à Vladimir Poutine ? Non, on ne lui laisse pas le champ libre.
On négocie avec lui pour obtenir qu'il fasse cesser le bruit des armes qui se retire.
Il ne veut pas négocier.
Mais écoutez, s'il ne voulait pas négocier, il ne prendrait pas Emmanuel Macron au téléphone. Il ne prendrait pas le Premier ministre israélien au téléphone. Mais avec quel succès, Mme Le Pen ? Non, mais d'accord, mais...
Avec quel succès ? Qu'est-ce qui vous fait dire dans même ces coups de téléphone-là que Vladimir Poutine a la moindre envie de négocier avec ses partenaires occidentaux ou avec l'Ukraine ?
Pardon, Dieu merci, Dieu merci. Pour le coup, le président de la République a moins de naïveté que vous. Car vous êtes d'une naïveté confondante. Je vous le dis sérieusement. Une naïveté confondante. Car ce n'est pas parce qu'aujourd'hui on n'obtient pas de résultats que demain on n'en obtiendra pas.
Et Dieu merci... C'est pas la naïveté de dire on arrête de livrer des armes aux Ukrainiens et on les laisse se faire bombarder ou se faire tirer dessus ?
Non, pas du tout. Ce que je veux dire, c'est que le président de la République continue à appeler Vladimir Poutine et tant mieux. Parce qu'il continue à travailler avec un certain nombre d'autres responsables de capitale européenne ou non d'ailleurs, car je crois que la Turquie également fait des efforts diplomatiques importants pour pouvoir obtenir les moyens de la paix. S'il suffit de dire est-ce que vous êtes d'accord pour faire la paix ? Non ? Et bon, c'est terminé. Alors on arrête, on ne cherche pas la paix. Ça c'est d'une naïveté confondante. D'accord ? Donc c'est difficile. La diplomatie c'est compliqué. Ça se fait en général de manière secrète. Mais il faut continuer à le faire.
Il faut continuer à déployer tous les efforts pour le faire. Et moi je crois que c'est essentiel. Et ce que dit d'ailleurs Henri Guénaud dans sa tribune est très juste. Il dit faire aujourd'hui des concessions à la Russie, c'est se plier à la loi du plus fort. N'en faire aucune c'est se plier à la loi du plus fou. Donc ce qu'il faut c'est réussir à convaincre je ne dis pas que c'est simple à convaincre la Russie qu'il faut à tout prix cesser ce conflit. Et je ne suis pas sûre que ce qui est déployé en termes d'armes ou de propos qui sont parfois des propos très virulents contribuent à essayer de trouver une solution.
Moi je suis très inquiète que la Russie se retrouve dans un corner en réalité parce qu'on sait ce que ça donne une grande puissance qui est coincée dans un corner. Et je suis très inquiète de cela.
Je vous le dis avec beaucoup de sincérité. La Suède et la Finlande demandent officiellement leur entrée dans l'OTAN et vous avez notamment expliqué que ça risquait d'alimenter la paranoïa de Vladimir Poutine. Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
Ce que je veux dire c'est que Vladimir Poutine considère comme la Russie d'ailleurs pendant longtemps l'a considéré que l'Occident cherche à l'encercler. Voilà. C'est ce à quoi il croit. Alors vous voyez vous avez non mais d'accord mais si vous voulez la diplomatie ça n'est pas croire à ce qu'on croit nous. La diplomatie c'est être capable de comprendre ce à quoi croit celui qui est en face de vous. Parce que sinon on ne peut pas œuvrer sur le plan diplomatique.
accepté d'une certaine façon une sorte de propagande du Kremlin consistant à expliquer depuis le début que la réaction russe n'est due qu'à un sentiment d'encerclement qu'à une OTAN soi-disant offensive et pas défensive. Juste d'un mot le paradoxe des souverainistes comme vous c'est que vous parlez matin, midi et soir de la souveraineté des peuples et là on a deux peuples en l'occurrence les peuples suédois et les peuples finlandais qui disent on veut intégrer l'OTAN au nom de quoi leur dénirait-on le droit d'intégrer cette alliance atlantique ?
Au nom du fait que cette situation qu'il les ferait entrer dans l'OTAN aujourd'hui repousserait l'espoir de paix au nom de cela.
Ce serait cédé face à Vladimir Kutin ?
Au nom de cela.
Ce serait cédé face à Vladimir Kutin de dire on le fait pas pour vous faire plaisir en pensant une seule seconde que ça va le prendre ?
Mais non, ce n'est pas le problème de lui faire plaisir encore une fois arrêter d'avoir une analyse puérile.
Non, non, je suis désolé
de vous dire que c'est une analyse puérile. En diplomatie ou alors encore une fois vous n'avancez pas dans une diplomatie. Le principe de la diplomatie c'est d'essayer de rapprocher deux parties qui sont opposées. C'est ça le principe de la diplomatie. Si vous n'arrivez pas à rapprocher les deux parties ça veut dire qu'il faut que les deux parties quittent leur position initiale. Vous êtes d'accord ? Pour avancer l'un vers l'autre. Si vous considérez que le fait d'avancer est une concession alors rien ne se fera et alors nous partirons à la guerre. Moi je ne souhaite pas la guerre.
Donc je pense que tout ce qui peut aujourd'hui accélérer si vous voulez la comment dire la oui je l'ai dit la paranoïa de la Russie est malvenue dans le moment de la négociation encore une fois et de la recherche d'une solution de paix. Marine Le Pen et demain
vous avez expliqué au Figaro que vous ne seriez pas candidate en 2027 avant d'ajouter le lendemain sauf circonstances exceptionnelles. C'est-à-dire qui en décidera vous les autres des circonstances exceptionnelles ?
Alors j'ai toujours dit la même chose a priori je ne serai pas candidate sauf circonstances exceptionnelles. Je crois que ça veut dire
ce que ça veut dire. Excusez-moi c'est surtout un manque de franchise et de constance extraordinaire. Non mais
alors vous êtes gentil
mais vous ne mettez pas en cause ma franchise.
Voilà ça c'est déjà un premier point. Vous nous préparez à ne pas tenir un engagement. Parce que je vais vous dire non non pas du tout je vais vous dire non mais je n'ai pas d'engagement à prendre auprès de vous si vous voulez. Éventuellement j'en ai à l'égard de mes électeurs. Donc en 2017 j'avais dit je ne serai pas candidate si quelqu'un de mieux placé que moi émerge. Et puis quelqu'un de mieux placé que moi n'a pas émergé. Et donc le jour où je me suis le jour où j'ai constaté cela j'ai dit alors je serai candidate. Vous êtes tous venus là sur les plateaux pour me dire mais comment c'est trop tôt mais pourquoi vous annoncez ça tout de suite mais c'est ridicule c'est trop tôt.
Parce que vous vous êtes non parce que vous vous donnez l'autorisation ou pas de dire la date à laquelle il faut qu'on décide. Eh bien contrairement à vous ce soir je ne vous ai pas les maîtresses d'école. Et je vous ai répondu je fais preuve de franchise. Quand j'ai décidé d'être candidate même si ce n'était pas le tempo médiatique qui vous arrangeait j'ai dit je suis candidate. Bon j'ai été critiqué pour cela. Donc j'ai toujours fait preuve de franchise et je continue à le faire. A priori je ne serai pas candidate. Voilà.
Il peut y avoir des circonstances Vous faites comme ça vous arrange si on parle normalement c'est ce que je retire.
Même si ce n'est pas moi qui décide. Voyez je suis dans un processus démocratique. Il y a un congrès du Rassemblement National. C'est le congrès du Rassemblement National qui décide qui est ou qui n'est pas président présidente et donc candidat à la présidentielle. Donc ce n'est pas moi qui décide toute seule. Ce sont les adhérents du Rassemblement National qui décideront. Ce sont aussi les électeurs ceux qui me diront le moment venu. Mais là pardon vous êtes en train de m'interroger sur dans 5 ans on n'a même pas terminé la séquence. C'est quand même étonnant. La séquence électorale n'est pas terminée. Vous voulez d'abord déjà savoir ce que je vais faire dans 5 ans.
Donc j'essaye de répondre de la manière la plus claire possible. Pas assez semble-t-il. Si, on a très bien compris. Mais bon.
J'ai une toute dernière question à l'issue de cet entretien. Vous y allez très fort à la sulfateuse diront certains contre Emmanuel Macron ce soir contre la nouvelle première ministre Elisabeth Borne Jean-Luc Mélenchon Black Bloc Lazare même Marion Maréchal. on a le sentiment qu'on n'a plus exactement la même Marine Le Pen que celle que l'on avait pu voir pendant la campagne présidentielle où l'on disait que vous étiez certains disaient normalisé banalisé voilà. Est-ce que ça veut dire que vous ne serez pas par exemple une opposante constructive pendant ce quinquennat d'Emmanuel Macron ?
Je suis désolée je n'ai pas eu le sentiment d'aller à la sulfateuse je suis une opposante déterminée à Emmanuel Macron et si je ne l'avais pas été je n'aurais pas été candidate à la présidentielle.
Je n'aurais pas débattu face à lui je n'aurais pas combattu électoralement face à lui je continue à l'être et je le fais parce qu'encore une fois la politique qu'il mène est une politique toxique pour le pays et tous ceux qui ont contribué à le faire élire c'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon c'est-à-dire le parti socialiste c'est-à-dire les Verts et bien je les considère comme complices non seulement de son élection mais de la politique qu'il sera amené à mettre donc oui c'est vrai je n'ai pas de complaisance à leur égard et je l'exprime clairement concernant Marion Maréchal je vous laisse votre responsabilité je crois que je lui ai fait plutôt un compliment en disant qu'elle avait un niveau bien supérieur qui aurait dû la pousser à ne pas simplement être suppléante de ce jeune rigaud Merci Marine Le Pen
Marine Le Pen