Les archives qui accablent Marine Le Pen : un procès-verdict où elle a tout à perdre
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- 2:50Locuteur 2Chiffre
« En 2013, les dépenses ont été mensuellement de 100 000 euros plus élevées que prévues. »
- 3:14PrésentateurChiffre
« Le parquet a réclamé 5 ans de prison, dont 2 fermes contre Marine Le Pen, 300 000 euros d'amende et une sanction qui la rendrait inéligible durant 5 ans avec effet immédiat. »
- 4:01Locuteur 7Fait
« Il est temps de chasser du pouvoir les menteurs, les corrompus, les voleurs, abat la République, République des ripoux ! »
- 10:31InvitéFait
« Moi, j'ai entendu le président de la République dire « Oui, ce qu'il faudrait, c'est rendre inéligible la vie ceux qui ont été condamnés pour corruption et fraude fiscale. » »
- 11:04InvitéPromesse
« Quand allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ? »
- 11:30InvitéPromesse
« Je crois que les sanctions, malheureusement, ne sont pas à la mesure souvent de la gravité des affaires. Moi, je suis pour une inéligibilité à vie. »
- 14:15InvitéFait
« C'est un procès politique, comme elle a l'air de le laisser entendre. La justice n'est pas aveugle et indépendante. »
- 16:57InvitéFait
« Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro une lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République. »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Invité19 %
- Invité 26 %
- Invité 36 %
- Invité 44 %
- Présentateur 22 %
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Moi, ma veste, elle est immaculée parce que j'ai une éthique, j'ai une morale que je m'y tiens et que moi, quand je réclame l'éthique et la morale, je me l'applique à moi-même.
Elle risque gros, très gros, Marine Le Pen, dans le procès des assistants parlementaires du RN. Son avenir politique est en jeu, façon stop ou encore. Mais quelle que soit la réponse des juges, les ténors du RN vont tous répéter le même élément de langage à l'issue du procès, qu'elle soit relaxée ou condamnée, dans tous les cas, ils diront
Bernard est innocent, mon beau frère, il est innocent.
La boulette, on s'est trompé de magnéto. La régie, est-ce qu'on peut caler le bon magnéto réaction ? Il arrive. Bon, oubliez ce que vous venez de voir et encore désolé, voici comment l'état-major du RN réagira après le jugement, qu'il soit favorable ou défavorable à Marine Le Pen. Vous allez voir, ça n'a rien à voir avec l'affaire Grégory. D'abord, j'ai une conviction, c'est que Marine Le Pen est innocente.
Vous savez que Marine Le Pen est innocente. Marine Le Pen est parfaitement innocente de ce qu'on lui reproche. Marine Le Pen a démontré, a fait la démonstration à travers ses avocats, de son innocence. Il n'y a pas d'emploi fictif là-dedans. Puisqu'elle est innocente. Puisque Marine Le Pen est totalement innocente. Puisque Marine Le Pen est innocente. Marine Le Pen est innocente. Nous sommes innocents. Marine Le Pen est innocente. Marine Le Pen est innocente. Même si elle est déclarée coupable fin février, elle est innocente. Mais bien sûr qu'elle est innocente. Marine Le Pen est innocente des faits qui lui sont reprochés.
Oui, elle a réagi. Oui, je comprends la confusion. Oui, c'est assez ressemblant. Oui, oui, oui. Mais moi, je présente la VAR. Pas faites entrer l'accusé. Au football, la VAR, V-A-R, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et aux médias, la VAR, c'est la vérification de la parole des politiques. Dans ce nouvel épisode, on va s'intéresser aux archives du FN, devenu RN, et voir comment le parti, dont a hérité Marine Le Pen, a donné des leçons d'honnêteté aux autres partis pendant des années, avant de se calmer. C'est parti. Le tribunal correctionnel de Paris dira fin mars « Où va l'argent ? » Où va l'argent du Parlement européen alloué au Rassemblement national ?
Le parti de Marine Le Pen est accusé d'avoir mis en place un système d'emploi fictif entre 2004 et 2016. Concrètement, on parle des assistants parlementaires payés par le Parlement européen pour aider les eurodéputés dans leur travail. Ces assistants auraient en réalité été employés par le Rassemblement national pour faire fonctionner le parti. Pour le RN, cette pratique serait légale, mais l'accusation considère qu'il s'agit là d'un détournement de fonds publics. Ce détournement présumé de fonds publics aurait permis de renflouer les caisses d'un parti alors endetté. Comme le montre ce courrier, adressé par le trésorier du FN à Marine Le Pen, que nos équipes ont consulté.
En 2013, les dépenses ont été mensuellement de 100 000 euros plus élevées que prévues. Ces dépenses ont donc tendance à déraper. Nous ne nous en sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen.
Jusqu'au jugement, en première instance ou en appel, Marine Le Pen et les 26 autres accusés sont considérés comme innocents. Le parquet a réclamé 5 ans de prison, dont 2 fermes contre Marine Le Pen, 300 000 euros d'amende et une sanction qui la rendrait inéligible durant 5 ans avec effet immédiat, ce qui pourrait lui parer la route de la prochaine élection présidentielle. On va voir maintenant que, quelle que soit la décision que rendra la justice, cette affaire révèle de nombreux paradoxes au sein du RN. Premier paradoxe, c'est qu'avant de se retrouver sur le banc des accusés, le FN, devenu RN, a longtemps pris pour cible les élus des autres partis qui avaient affaire avec la justice.
Dans les années 90, le parti, cofondé par Jean-Marie Le Pen, se vantait d'avoir les mains propres et la tête haute au point d'en faire son slogan, comme on le voit sur ses images. Et à la tribune, on l'entendait faire ce genre de jeu de mots.
Il est temps de chasser du pouvoir les menteurs, les corrompus, les voleurs, abat la République, République des ripoux !
dénoncer le manque de probité de l'establishment, était devenu un des fonds de commerce de Le Pen père, ce qui lui permettait de positionner son parti comme étant anti-système, un créneau dans lequel Marine Le Pen s'est ensuite engouffrée. L'objectif était le même, attirer vers le FN, les électeurs dégoûtés par les partis dits de gouvernement. Et pour ce faire, la fille de Jean-Marie Le Pen s'est présentée à son tour comme une élue incorruptible, faisant face, je la cite, à une classe politique vendue et corrompue. Elle en a d'ailleurs fait sa marque de fabrique. Regardez comment elle s'est fait connaître un soir de 2002 face à un certain Jean-Luc Mélenchon.
Excusez-moi, mais depuis le début de l'émission, je suis horrifié. Il souffre beaucoup, M. Mélenchon notamment, des critiques qui sont faites aux politiques. Et pourtant, qu'est-ce que vous les méritez ? Parce que qui a contribué à faire croire aux Français que l'intégralité des hommes politiques était malhonnête ? C'est vous ! Et c'est vous ! Parce que vous... Parce que... Moi ! Parce que... Mais oui, bien sûr, vous êtes parti ! Moi ! Mais qui est allé, celle-là ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Le RPR, l'UDF, le PS et le PC. Vous voulez que je vous rappelle un certain nombre d'affaires ? Parce que M. Alphane ne le fera plus, il a oublié, lui, les affaires.
C'est cette apparition télévisée sur le thème des affaires qu'il a propulsée devant la scène politique et médiatique. Des interventions de Marine Le Pen comme celle-ci, appelant au dégagisme, sur fond de « ils sont tous pourris », on en trouve en pagaille dans les années 90 et jusqu'au début des années 2000.
Du balai, quoi ! Du balai ceux qui ne savent pas faire, du balai ceux qui se servent au lieu de servir la population.
Son truc à Marine Le Pen, c'était de surfer sur les scandales politico-financiers, nombreux à l'époque, en espérant en tirer des bénéfices électoraux. Ça n'a pas toujours fonctionné dans les urnes, mais ça lui a permis de maintenir l'attention sur elle. Il faut dire qu'elle était assez douée dans cet exercice, avec un sens de la formule que son père ne renierait pas.
Les scandales politico-financiers se multiplient. Chaque jour, les Français voient avec effarement éclaté des affaires de corruption, de pot de vin, de détournement d'argent public.
Le détournement d'argent public, ça ne vous rappelle rien ? Le risque, quand on multiplie ce genre de tirades, c'est l'effet boomerang. Impossible, retour de bâton. Mais à l'époque, apparemment, Marine Le Pen a autre chose en tête. Elle ne se doute pas que lorsqu'on regarderait, des années plus tard, certaines de ses déclarations, on ne pourrait pas s'empêcher de sourire en l'écoutant. Mais vous n'êtes pas obligé de rigoler.
Écoutez, il y a 142 élus en Ile-de-France qui sont mis en examen. Tout le monde a piqué de l'argent dans la caisse, sauf le Front National. Et on trouve ça normal ? Oh mais non, ce n'est pas très grave, à la limite. Les Français en ont marre, mais les Français n'ont pas marre d'entendre parler des affaires. Ils en ont marre qu'il y ait des affaires. Ils en ont marre de voir des élus, je suis navré de vous le dire, qui détournent de l'argent. C'est scandaleux. Parce que je vais vous dire, avec tout cet argent, ce qu'on aurait fait, en termes de Restos du Coeur, en termes d'opérations pièces jaunes, c'est combien d'opérations pièces jaunes, tout l'argent qui a été détourné par les élus.
Allez, je vous propose encore une petite pépite qui vous fera sourire, ou pas. Dans cet archive de 2013, Marine Le Pen explique que lorsqu'une personnalité politique est condamnée pour détournement de fonds publics, son parti doit la virer immédiatement.
Je considère que ce n'est pas parce qu'on est élu qu'obligatoirement on met la main dans le pot de confiture. Ce qui est sûr, c'est que ceux qui le sont, semble-t-il, doivent faire le ménage. Mais je m'étonne, je vois que les partis qui donnent des leçons de morale à la terre entière, M. Guérini n'est toujours pas viré du Parti Socialiste alors qu'il aurait dû l'être depuis des années. M. Cucheda, etc., est resté membre du Parti Socialiste. M. Dallongeville, il est resté également extrêmement longtemps. Et quid de... comment s'appelle-t-elle ? Sylvie Andrieux. On lui a demandé gentiment à Mme Andrieux de bien vouloir se mettre en congé.
Mais elle n'est pas exclue, il n'y a pas une commission de discipline, non. Alors très objectivement, je pense que l'UMP et l'EPS feraient bien de faire le ménage dans leur rang.
Alors, ce parti anti-système a-t-il fini par mettre en place un système d'emploi fictif ? À en croire le courriel envoyé par l'ancien trésorier du RN, que l'on a vu tout à l'heure. Ce qui a conduit le parti devant le tribunal correctionnel de Paris, c'est un gros trou dans la caisse. Un gros trou qui les a forcés à trouver un moyen légal ou non, ça, les juges le diront, un moyen de combler le déficit. Au FN, devenu RN, les problèmes de trésorerie, c'est pas nouveau. Déjà en 2007, après les défaites à la présidentielle et aux législatives, Marine Le Pen fait le tour des plateaux télé pour expliquer que son parti est fauché.
Alors, vous pouvez sortir vos mouchoirs, je vous préviens, parce que le magnéto qui arrive est trop, trop triste. Regardez comment Caliméro a pris possession du corps de Marine Le Pen.
Le FN a vécu, à la suite de ces deux échecs électoraux, des difficultés financières qui sont importantes. Le FN a une reconquête à effectuer. D'abord, il doit se remettre sur pied sur le plan financier. Les tensions dures au FN, le parti rencontre de grosses difficultés financières. C'est honorable, moi, je crois, d'être dans des difficultés financières pour un parti politique, ça prouve qu'au moins on n'a pas touché d'argent. Où en est le FN niveau finance ? Il parie que vous n'avez plus d'argent. Nous avons une subvention qui s'est réduite, effectivement, de manière assez lourde. Eh bien, écoutez, voilà, on fera avec. On fera des campagnes de pauvres, je l'ai dit.
Mais les Français sont pauvres, ils nous comprendront. Ils savent comment on fait.
Système D. Système D, qui deviendra ensuite le système P. P comme pompe à fric, grâce à la cagnotte du Parlement européen. En tout cas, on peut se poser la question en relisant le mail du trésorier du parti. Son livre, publié en 2012, intitulé « Pour que vive la France », Marine Le Pen dégaine son arme fatale pour restaurer la morale dans la classe politique. Dans un chapitre consacré à l'urgence de moraliser la vie publique, Marine Le Pen écrit, page 196, que la France attend une vaste opération main propre et que l'arme de l'inégibilité devra être utilisée avec beaucoup plus de rigueur. Et en 2013, elle enfonce le clou sur Public Sénat et Radio Classique.
Ça commence par un premier coup de marteau, une séquence qui pourrait devenir collector.
Moi, j'ai entendu le président de la République dire « Oui, ce qu'il faudrait, c'est rendre inéligible la vie ceux qui ont été condamnés pour corruption et fraude fiscale. Ah bon ? Et pourquoi pas le reste ? Mais alors pourquoi pas pour favoritisme ? Pourquoi pas pour détournement de fonds publics ? Pourquoi pas pour emplois fictifs ? »
Bah oui, pourquoi pas rendre inéligibles à vie les personnes condamnées pour détournement de fonds publics et emplois fictifs. Elle est quasi prophétique, cette idée de Marine Le Pen, non ? Ok, ça peut paraître sévère, mais elle a de solides arguments. Écoutez-la remettre un bon coup de marteau.
Quand allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ?
À la même époque, sa nièce, Marion Maréchal n'était pas en reste. Pour moraliser la vie publique, regardez ce que proposait la députée FN pour sanctionner les politiques reconnues coupables, par exemple de détournement de fonds publics.
Je crois que les sanctions, malheureusement, ne sont pas à la mesure souvent de la gravité des affaires. Moi, je suis pour une inéligibilité à vie. C'est pour vous dire simplement, parce que ça m'insupporte de voir que certains, qui de manière générale d'ailleurs ont du sursis, ne font jamais du ferme et se contentent de payer une amende, puissent recommencer à se présenter dans les années qui suivent.
Enfin ça, c'était avant. Bien avant que le parquet ne réclame que Marine Le Pen soit rendue inéligible pendant 5 ans, avec effet immédiat, comme le prévoit la loi. Et regardez maintenant le revirement spectaculaire de Marion Maréchal lorsqu'elle est venue au secours de sa tante après le réquisitoire des procureurs en novembre dernier. Vous allez vite comprendre qu'il y a un avant et un après et aucune cohérence entre les deux.
Moi, je suis pour une inéligibilité à vie. Moi, je considère que cette peine d'inéligibilité ne doit pas pouvoir être prononcée en France. Moi, je suis pour une inéligibilité à vie. Moi, je milite pour que la peine d'inéligibilité soit sortie des options du juge pour les condamnations d'élus. Ça m'insupporte de voir que certains, qui de manière générale d'ailleurs ont du sursis, ne font jamais du ferme et se contentent de payer une amende, puissent recommencer à se présenter dans les années qui suivent. Ça n'est pas à la justice de décider qui a le droit de se présenter ou non devant les Français. C'est aux citoyens de décider s'ils renouvellent ou pas leur confiance à leurs élus.
Je suis pour une inéligibilité à vie. Je défends l'idée que cette peine d'inéligibilité doit être sortie de la loi.
Comme j'ai l'habitude de vous le dire, surtout ne reproduisez pas ce genre de casquette chez vous. Laissez ça aux professionnels du retournement de veste, c'est plus prudent. Sachez enfin, comme l'a relevé cet article du journal Le Monde, que Marine Le Pen a discrètement effacé de son programme présidentiel la question de la morale publique. Et ce, depuis sa campagne de 2017. C'est-à-dire deux ans à peine après la mise en examen du Front National dans l'affaire des quittes de campagne. On n'est jamais trop prudent, d'autant que le parti sera finalement condamné en 2023 pour recel d'abus de biens sociaux.
Dans la dernière partie de cet épisode de la VAR politique, on va voir comment le RN a abandonné sa posture moralisatrice, celle du « tous pourris » pour passer à une position défensive, celle du « on est tous innocents » pour faire face aux accusations. Avec le procès des assistants parlementaires du Rassemblement National, a-t-on assisté à un procès politique ? Autrement dit, Marine Le Pen et les 26 autres prévenus ont-ils été convoqués devant le tribunal en raison de leur opinion ? La justice s'est-elle laissée instrumentaliser à des fins politiques ? À ces questions, tous les cadres du RN ont répondu d'une seule voix. Vous doutez de la neutralité des juges, vous aussi,
lorsque Mme Le Pen dit que le parquet serait de mauvaise foi, par exemple ? Écoutez... C'est un procès politique, comme elle a l'air de le laisser entendre. La justice n'est pas aveugle et indépendante. C'est malheureusement un procès politique intenté par nos opposants au Parlement européen. C'est un procès politique pour vous ? Bien sûr que c'est un procès politique. Et d'ailleurs, l'Union européenne ne s'en cache à peine. C'est un procès politique qui se tient en ce moment ?
Oui, bien sûr, c'est un procès politique. Ce procès a été initié par le président socialiste Schulz. Là, avec cette thèse du procès politique, on va observer le dernier paradoxe qui touche le RN. Et c'est sans doute le plus sensible. Cela explique pourquoi Marine Le Pen avance avec beaucoup de prudence sur cette question. D'ailleurs, lorsque le média l'a interrogée au dernier jour du procès, elle a un peu joué sur les mots devant le micro de Lisa Lapp, en refusant de parler de procès politique. Mais elle a ensuite laissé son avocat dire l'inverse, quelques minutes plus tard sur France 5.
Est-ce que vous dites toujours que c'est un procès politique ? Je n'ai jamais dit ça, donc je ne pourrais pas continuer à le dire. Vous dénoncez un procès politique de la même façon que Marine Le Pen l'a fait ? Je dénonce simplement un procès politique fait au FN. Je dis que c'était un procès qui était fait par des politiques, à des politiques, voire à la politique.
Procès politique, pas procès politique, on vient d'admirer la répartition parfaite des rôles entre Marine Le Pen et son avocat. Ce, en même temps, permet en réalité à Marine Le Pen de temporiser. Cela lui permettra de dévoiler le fond de sa pensée qu'après le jugement, c'est plus prudent. Mais un des porte-voix du RN a déjà révélé quelle est la stratégie du parti.
Même si elle est déclarée coupable fin février, elle est innocente. Mais bien sûr qu'elle est innocente. Marine Le Pen est innocente des faits qui lui sont reprochés. Donc ce n'est pas la justice qui décide, c'est vous qui décidez de l'innocence de Marine Le Pen. En l'occurrence, pour investir un candidat, on décide si oui ou non ce procès relève de la justice
ou s'il relève du procès politique. Vous l'avez compris, c'est très simple. Si Marine Le Pen est relaxée, comme ça a été le cas pour François Bayrou dans une affaire similaire, alors le RN ne se plaindra pas d'avoir subi un procès politique. Dans le cas contraire, si elle est condamnée, on n'a pas fini de les entendre. Voilà, cet épisode est terminé.
Attends, attends, attends, attends, attends, attends.
Ah oui, pardon, j'avais oublié la bourde de Jordan Bardella. Si vous l'avez manqué, regardez comment le président du RN a dû sortir les rames après avoir rappelé que pour être candidat du RN, il faut avoir un casier judiciaire vierge. Mais comment faire pour la prochaine présidentielle si jamais Marine Le Pen est condamnée ? Ce dernier paradoxe vous est offert par Jordan Bardella et son rameur.
Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro une lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République. Deuxième point qui a pêché dans cette campagne du Jordan Bardella. Attends, attends, attends, attends, attends. Maxime ? Si Marine Le Pen est condamnée ? Si, avec des si, un appel. Et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027 ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen, ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée, c'est ce que vous venez de dire. Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente. Oui, mais bon. Mais bon, quoi ? Ça, c'est ce que vous dites.
C'est ce que je crois, c'est ma conviction. Mais vous venez d'édicter une position de principe qui est de dire s'il y a condamnation, il n'y a pas de candidature. Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord. Mais évidemment que ça vaut pour tout le monde.
Verdict de la VAR, Jordan Bardella a réussi à marquer un but splendide contre son camp. Voilà, c'est terminé, pour de vrai. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de la VAR politique. Si vous l'avez regardé sur YouTube, dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire. Likez si vous avez aimé et restez connectés aux médias. Sous-titrage ST' 501