Laurent Jacobelli : "L'immigration est un péril pour l'identité nationale !" (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:24OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait face à la violence contre les pompiers ?
- 1:36RelanceRéponse partielle
On va jusqu'à équiper les pompiers de gilets pare-balles ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Vous êtes d'accord avec Bruno Retailleau sur la poursuite systématique ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Cette précaution de légitime défense, c'est pas le risque d'un Far West ?
- 3:30ComplaisanteRéponse directe
Emmanuel Macron va parler ce soir, vous êtes content ?
- 3:49OuverteRéponse directe
Vous avez perdu votre naïveté à 55 ans ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« C'est de la barbarie, c'est de l'ensauvagement. »
- 0:40Invité politiqueFait
« 40 ans de laxisme, 40 ans d'excuses, 40 ans de permissivité. »
- 1:04Invité politiqueChiffre
« Moi j'ai une pensée pour ces 1500 pompiers qui chaque année se font agresser. »
- 2:07Invité politiquePromesse
« Pour que ça soit efficace, il faut donner à nos policiers et à nos gendarmes la présomption de légitime défense. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Les policiers et les gendarmes sont là pour faire respecter la loi, les voyous sont là pour être empêchés de nuire. »
- 3:07Invité politiquePromesse
« Or, il faut maintenant que même un petit délit soit condamné et soit donne lieu à des peines, même courtes, dans des centres spécialisés pour les jeunes, de 15 jours, 3 mois. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Est-ce qu'il va nous parler de sécurité et annoncer qu'enfin, le laxisme s'est fini et que la fermeté revient ? »
- 4:34Invité politiqueFait
« Ceux qui croient que ce soir, il y aura un grand Big Bang démocratique, qu'il y aura un retour au référendum et à la voix du peuple, se trompent. »
- 4:59Invité politiquePromesse
« Est-ce qu'on veut le regroupement familial ? Oui, non, je pense qu'il faut arrêter. »
- 5:05Invité politiquePromesse
« Les aides sociales aux étrangers qui ne travaillent pas, bien sûr qu'il faut arrêter. »
- 5:09Invité politiquePromesse
« La double peine, il faut la remettre en place. »
- 7:37Invité politiqueChiffre
« Évidemment. Aujourd'hui, il y a un demi-million, vous m'entendez bien, un demi-million de migrants légaux chaque année. »
- 7:49Invité politiqueChiffre
« Parmi ce demi-million de migrants légaux qui arrivent, il n'y en a que 17% qui viennent pour travailler. »
- 8:45Invité politiqueChiffre
« Il y a 5 millions de chômeurs aujourd'hui en France. »
- 8:55Invité politiqueChiffre
« Et le taux de chômage chez les étrangers en France est le double des Français. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli68 %
- Présentateur32 %
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Député de Noël, vice-président du groupe Assemblement National à l'Assemblée Nationale et porte-parole du parti. Ces derniers jours ont été marqués par une violence absolument tinouille. On en parlait encore ce matin avec le président du département de Haute-Savoie. Une violence totalement désinhibée. Un pompier entre la vie et la mort après avoir tenté tout simplement d'avoir un rodéo sauvage, tenté de l'arrêter. Et puis ces pompiers qui sur une intervention se font taper au visage, aux côtes. Qu'est-ce que c'est ? C'est un ensauvagement ? C'est de la barbarie comme l'a dénoncé Bruno Rotaillot. Les monuments, on est où ?
Oui, c'est de la barbarie, c'est de l'ensauvagement. C'est une société qui constate malheureusement aujourd'hui impuissante les effets néfastes du laxisme. 40 ans de laxisme, 40 ans d'excuses, 40 ans de permissivité. Voilà ce que ça donne. Ça donne des jeunes qui n'ont plus le respect de rien, plus le respect de nos pompiers qui se battent pour protéger des vies, plus le respect de l'autorité représentée par nos forces de l'ordre, plus le respect de la République représentée par les élus. Ils veulent massacrer, agresser, tabasser parce qu'ils ont une violence en eux que la justice ne réprime plus. Moi j'ai une pensée pour ces 1500 pompiers qui chaque année se font agresser.
Donc 78% des pompiers sont en plus des sapeurs-pompiers qui sont volontaires.
C'est-à-dire qu'il y a des gens qui travaillent, qui à côté donnent du temps pour sauver les autres et qui ont comme seule récompense de la part de ces racailles, de ces voyous, de se faire agresser. Ce n'est plus tenable.
Mais alors Laurent Jacobelli, qu'est-ce qu'on fait ? Parce qu'on entendait et on voit ce matin encore la une du Parisien, le cri de détresse des sapeurs-pompiers. Qu'est-ce qu'on fait ? On va jusqu'à les équiper par exemple de gilets par lame, de gilets par balle, de caméras piétons. C'est-à-dire qu'on les militarise d'une certaine manière ? Vraiment, on va aller jusque-là ?
Mais on va aller jusque-là sur les pompiers, puis après les médecins, puis après les facteurs. Enfin, ce qu'il faut c'est mettre fin à cette spirale infernale. Quand un jeune, ou un moins jeune d'ailleurs, fait un rodéo, il faut donner à nos policiers les moyens de le poursuivre, d'aller au contact et puis de l'arrêter.
Vous êtes d'accord sur ça ? Bruno Retailleau dit en fait systématiquement on doit les poursuivre.
Mais Bruno Retailleau doit aller plus loin parce qu'en parole il est toujours très bien Bruno Retailleau, mais il ne lit jamais notre programme jusqu'au bout. Il reprend que les titres, il faudrait qu'il lise aussi l'ensemble des mesures. Pour que ça soit efficace, il faut donner à nos policiers et à nos gendarmes la présomption de légitime défense. C'est-à-dire que si demain un gendarme blesse un jeune qui fait un rodéo, il faut partir du principe que le gendarme l'a fait dans le cadre de ses fonctions et pas avec intention de nuire. Aujourd'hui, pourquoi des policiers et des gendarmes n'agissent pas ?
D'abord parce que souvent ils ont des ordres, mais aussi parce que si jamais il y a quelqu'un qui est blessé, c'est eux qui prendront, c'est eux qui iront devant le juge et sûrement pas le voyou.
Cette précaution, je vous l'ai dit, est-ce que si on va vers une précaution de légitime défense, en quelque sorte, ce n'est pas le risque d'un Far West ?
Mais faisons confiance à nos policiers, on est en train d'assister à une complète inversion des valeurs, protéger les voyous et condamner d'office nos policiers. Non, c'est l'inverse. Les policiers et les gendarmes sont là pour faire respecter la loi, les voyous sont là pour être empêchés de nuire. Donc remettons les choses dans l'ordre. Et puis il y a le laxisme judiciaire, parce que beaucoup de ces jeunes qui font des rodéos, quand parfois, par miracle, ils sont arrêtés et ils passent devant le juge, parfois ils rentrent chez eux avec un simple rappel à la loi ou des peines qui sont symboliques.
Or, il faut maintenant que même un petit délit soit condamné et soit donne lieu à des peines, même courtes, dans des centres spécialisés pour les jeunes, de 15 jours, 3 mois, mais qu'ils comprennent qu'il y a une limite entre le bien et le mal, entre la civilité et la sauvagerie.
De la sécurité, il en sera peut-être question tout à l'heure sur la prise de parole d'Emmanuel Macron au JT de TF1, 2h30 pour parler de lui, de ses idées, face aux Français, bien sûr, répondre aux nombreuses interrogations. Est-ce que vous êtes content ? Ça y est, enfin, le Président va parler de politique nationale, vous allez pouvoir le confronter.
Écoutez, c'est pas comme si on était en manque. En même temps, le Président de la République parle souvent et moins il est élu, plus il est rejeté, plus il parle. C'est quand même très bizarre.
Beaucoup sur l'international ces derniers temps. Ça vous a peut-être manqué d'aller chercher sur le terrain de la France, du territoire.
Mais qu'est-ce que... Vous savez, j'ai 55 ans, j'ai perdu cette naïveté que l'on peut avoir quand on est plus jeune. Mais j'êtes pourtant à 55 ans. Je vous confirme dans la tête, en tout cas. Mais je sais que le Président de la République va venir ce soir pour redorer son image, pour essayer d'hypnotiser et d'endormir les Français. Qu'est-ce qu'il va en sortir ? Est-ce qu'on va avoir des mesures claires sur l'immigration ? Évidemment non. Est-ce qu'il va nous parler de sécurité et annoncer qu'enfin, le laxisme s'est fini et que la fermeté revient ?
Il ne peut pas reprendre le programme du Rassemblement National.
C'est bien dommage, parce qu'au moins le sien ne marche pas et je pense que le nôtre marcherait. Mais ce soir, on va avoir quoi ? On va avoir un numéro d'Ego où il va prendre la caméra pour un miroir et où il va essayer de nous expliquer qu'il est le meilleur en tout et qu'il va tout révolutionner. Ceux qui croient que ce soir, il y aura un grand Big Bang démocratique, qu'il y aura un retour au référendum et à la voix du peuple, se trompent.
Pourquoi pas ? Parce que dans l'entourage du Président de la République, c'était encore tout à l'heure l'édito de Françoise Degoy à 7h50, qui expliquait que, oui, c'est vrai, il y a un risque quand même à un moment d'évoquer le référendum. Ça devrait vous réjouir, non ?
Mais moi, je suis pour le référendum avec Marine Le Pen, Jordan Bardella, nous le réclamons. Mais pour des sujets importants, des sujets cruciaux, tiens, allons-y. Faisons un référendum sur l'immigration, que les Français choisissent.
La technicité du référendum, l'article 11, c'est plus compliqué.
Il marche, c'est social, ça marche. Est-ce qu'on veut le regroupement familial ? Oui, non, je pense qu'il faut arrêter. Les aides sociales aux étrangers qui ne travaillent pas, bien sûr qu'il faut arrêter. Il y a beaucoup de choses à dire. La double peine, il faut la remettre en place.
On exemple, par exemple, un référendum sur le travail. Vous, Rassemblement National, vous portez... Mais ça veut dire quoi, un référendum sur le travail ? Je vous le demande. Vous, sur le thème travail, un référendum, quelles questions vous poseriez ?
Une fois encore, le droit du travail en France, il existe. Plutôt que de faire des référendums, il faut créer de l'emploi. Il y a 5 millions de chômeurs. Je pense que ce soir, soit le président de la République nous annoncera des conventions consultatives ou même des votations consultatives, soit un référendum sur le fait de savoir s'il faut donner des écrans aux adolescents. Mais enfin, honnêtement, les Français aujourd'hui se demandent s'ils vont terminer le mois financièrement, s'ils vont pouvoir sortir après 21h de chez eux ou si leur identité ne va pas être complètement submergée par les nouveaux arrivants.
Donc il y a un moment, il faut que le président de la République sorte de sa tour d'ivoire, sorte de sa bulle et comprenne les problèmes qu'ont les Français. Je pense que si ce président de la République avait été en phase avec la société depuis 8 ans, s'en serait aperçu.
Sur l'immigration, peut-être que ce sera un sujet ce soir et vous venez de l'évoquer, il y a quand même deux mouvements de fond en France et à travers l'Europe. On l'a vu notamment hier avec la prise de parole du Premier ministre Kerstheimer du côté du Royaume-Uni. Il a lancé un slogan clair, net, reprendre enfin le contrôle des frontières. Ça devrait vous parler, Laurent Jacobelli. Oui. Et il a prévenu, le Royaume-Uni risque de devenir une île d'étrangers et non une nation qui avance ensemble. Si on oublie le risque d'île pour la France qui est quand même un peu plus limitée, cette idée de nation qui n'avance plus ensemble, pour vous c'est le péril ?
Mais bien sûr que c'est un péril. C'est un péril d'abord pour notre identité, pour la cohésion nationale. Aujourd'hui on parle de communauté, là où on devrait parler de nation. C'est un péril pour nos comptes sociaux, c'est un péril pour l'emploi, c'est un péril pour la sécurité. Et tous les pays d'Europe, les uns après les autres le constatent. Les paroles que vous venez d'énoncer du Premier ministre britannique, on a pu les entendre en Suède, on a pu les entendre au Danemark. Je suis président du groupe d'amitié France-Danemark à l'Assemblée nationale. Le Danemark, ce sont les sociodémocrates qui sont au pouvoir, c'est-à-dire l'équivalent du PS.
Et bien eux prennent des mesures très dures sur l'immigration. Tous les pays le font en Europe aujourd'hui, sauf un, la France. Et quand on voit que l'Europe est incapable de contrôler nos frontières, non mais attendez, ça va être pire que ça. Les autres pays vont être durs autour de nous, et nous on va continuer à être faibles. Et donc tous les migrants, clandestins ou pas, vont aller vers un seul pays, la France. Donc le modèle britannique est un modèle ? Le modèle de contrôle des frontières, de refus de l'immigration illégale, et du contrôle de l'immigration illégale est le seul modèle viable.
Mais sur le Royaume-Uni, le Premier ministre dit, tous les aspects du système d'immigration, y compris les visas de travail, le regroupement familial, les étudiants seront soumis à des conditions renforcées. La mise en œuvre sera plus stricte que jamais. Oui, non, Laurent Jacobili, c'est vers ça qu'on doit aller en France.
Évidemment. Aujourd'hui, il y a un demi-million, vous m'entendez bien, un demi-million de migrants légaux chaque année. On estime qu'il y a un peu moins d'un million de migrants illégaux. Parmi ce demi-million de migrants légaux qui arrivent, il n'y en a que 17% qui viennent pour travailler. Pourquoi viennent les 83% qui restent ? De quoi vivent-ils ? Qui payent leur logement ? Qui payent leurs allocations ? Ce sont les contribuables français, ceux qui travaillent, ceux qui se lèvent tôt. Et honnêtement, ils en ont ras-le-bol de travailler pour les autres.
Mais il y a l'autre penchant, Laurent Jacobili, sur l'immigration. Une étude signée Terra Nova a été publiée hier. On en a parlé ce matin avec Eric Revelle. Elle a pour conclusion une phrase simple. La France, dont la population veillie, devra continuer à accueillir des travailleurs immigrés. De toute façon, entre 250 000 et 310 000 travailleurs immigrés qui doivent être accueillis. Chaque année, jusqu'en 2040-2050, c'est le seul moyen de soutenir notre modèle social.
Mais ils prennent leur rêve pour des réalités, ces gens de la gauche, quinoa, trottinette. C'est facile, quand on vit dans le 6e arrondissement de Paris, dire « Oh, c'est formidable, l'immigration, tu sais ! » Mais sauf que pour des millions de Français, c'est un calvaire, l'immigration. Il y a 5 millions de chômeurs aujourd'hui en France. Moi, ça va être compliqué qu'on m'explique qu'on a besoin de 250 000 migrants chaque année. Une fois encore, je le répète, seulement 17% de ceux qui arrivent en France viennent pour travailler. Et le taux de chômage chez les étrangers en France est le double des Français. Donc il faut arrêter avec cette vieille lune.
Ils ont le droit d'aimer l'idée de l'immigration. C'est leur droit. Mais il faut reconnaître les effets.
Les conclusions du rapport, c'est « OK, mesure de la population, la population française veillit, il y a une baisse de la natalité, il y a un ratio actif-inactif qui se dégrade totalement, ça menace le modèle social, donc en fait, on fait une immigration choisie. »
Bien sûr que non. Il y a une autre solution, vous savez, pour renouveler les générations, pour accélérer la natalité, c'est d'accompagner les couples qui veulent avoir des enfants. Aujourd'hui, en France, les ménages veulent plus de deux enfants.
Réalement démographiques, c'est ça ?
Mais bien sûr, en réalité, ils n'ont qu'à 1,7. C'est les jeunes générations, c'est à vous de se mettre au boulot et de créer des petits Français pour que demain, il y ait des gens qui travaillent et qui cotisent, plutôt que de dire « On va continuer à ne pas aider les familles qui veulent des enfants et importer la natalité. » C'est complètement absurde. Mais donc, qu'est-ce qu'on fait ?
Parce que dans les politiques de natalité, on le voit en Hongrie, on le voit malheureusement aussi en Russie ou dans d'autres pays, ce n'est pas toujours une politique efficace. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. De même, on a vu Emmanuel Macron évoquer le réarmement démographique. Ce n'est pas avec la prime, ce n'est pas avec l'argent donné qu'on va donner aux nouvelles familles de faire des enfants. Comment on fait ? Non, il y a deux choses.
Il y a donner l'envie de faire des enfants, et ça, honnêtement, je ne sais pas qui a la potion magique. En revanche, il y a ne pas dissuader ceux qui veulent en avoir d'en faire. Or, aujourd'hui, on est dans cette situation. Quand vous faites un enfant, que vous pensez que l'école va mal l'éduquer, que vous pensez qu'il aura du mal à trouver un boulot et qu'en plus, il risque de se faire agresser dans la rue, je comprends des parents responsables qui réfléchissent à deux fois.
En revanche, si, comme nous le proposons avec Marine Le Pen, il y a un prêt d'État, j'allais dire, de 100 000 euros au premier enfant, renouvelé au deuxième et non remboursable au troisième, vous créez des conditions matérielles qui font que ceux qui veulent avoir des enfants peuvent en avoir. Je le répète, le désir d'enfant en France est supérieur à deux enfants par foyer. Or, la réalité, c'est qu'ils n'en font que 1,7. Ce qui veut bien dire qu'il y a un écart entre leur envie de natalité et la réalité qui s'impose à eux.
C'est le rôle de l'État de faire en sorte que chacun puisse vivre comme il veut et donc, pour les couples qui veulent deux enfants, créer un environnement propice plutôt que d'aller chercher de la main d'œuvre à l'extérieur.
À défaut de la potion magique que vous parliez, vous avez évoqué le mot magique qui, en ce moment, fait beaucoup réagir. Nom Le Pen, prénom Marine, elle est sur toutes les lèvres et surtout sur les lèvres des sondeurs, notamment sur les lèvres des sondeurs responsables de ce sondage IFOV, Fiducial, Figaro, Sud Radio, qu'on a beaucoup évoqué hier. Il y a, mine de rien, votre tandem nationaliste, Jordan Bardella, Marine Le Pen, il y a visiblement une baisse de volonté, une baisse de libido politique envers le Rassemblement National ou au moins, de plus en plus des Français qui estiment que, ça y est, en réalité, Marine Le Pen ne sera pas candidate.
Alors, on n'a pas vu le même sondage ou vous l'interprétez d'une manière différente. Souhaitez-vous que ces personnalités soient candidates ? Les deux premières, 42 et 43%, Jordan Bardella, Marine Le Pen. Les autres, à part peut-être Édouard Philippe, sont très loin derrière. Ce qui veut dire que le désir de voir notre duo au pouvoir, Marine et Jordan, est très fort et il est très stable malgré tous les événements, voire il progresse.
Oui, mais seule une moitié des personnes interrogées, 53%, prédit qu'elle sera candidate.
C'est pas la même chose, c'est pas qu'ils le souhaitent, c'est qu'ils imaginent qu'elle pourra être empêchée.
Mais donc, il y a tout un narratif qui vient en tête. Quand on perd, loin de moi, l'idée de l'interpréter, mais puisque vous êtes attaché au chiffre, entrons là, 21 points par rapport à la première vague qui a été publiée début mars, où seule une moitié désormais des personnes interrogées estiment qu'elle sera candidate.
53%, exactement. Mais c'est pas leur souhait, c'est leur analyse de l'actualité. Et or, entre le dernier sondage, celui que vous évoquez, et le sondage précédent, il y a eu un événement. C'est que trois juges se sont réunis et ont dit, on va tout faire pour que Marine Le Pen ne soit pas candidate. Et ça, les Français, ils l'ont vu. Et donc, oui, ils redoutent que Marine Le Pen ne puisse pas être candidate. Mais ils ne le souhaitent pas. Et donc, il ne faut pas essayer de créer une confusion. Si demain, Marine Le Pen est candidate, elle a de bonnes chances de gagner.
Si demain, elle veut se présenter et qu'elle peut se présenter parce qu'elle est innocente et que nous voulons le prouver, elle pourra le faire. Donc, il ne faut pas mal interpréter un sondage. Même avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête de Marine Le Pen, les gens estiment qu'elle a plus de chances de pouvoir se présenter qu'un Gabriel Attal. Donc, vous voyez, il faut quand même donner une échelle à ceux qui nous écoutent. Malgré cette opération antimarine qui existe aujourd'hui, elle est bien au-dessus que la plupart des leaders politiques.
Il y a une opération antimarine qui existe où, ça ?
Oui, écoutez, des analyses de sondage en général et l'action des juges. Mais là encore, nous verrons bien ce que dit l'appel. Je répète à tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui qu'au moment où on se parle, Marine Le Pen est présumée innocente et que bien que présumée innocente, elle devrait être, elle pourrait être empêchée d'aller à l'élection présidentielle. On voit bien quand même qu'il y a un deux poids deux mesures.
Vous parlez des sondages, une un qui a beaucoup fait parler, commandé par Hexagone, qui est un think tank. Et ça a été prêt également, ça a été préparé et demandé tout simplement à l'IFOB. C'était au début du mois, au moment du 1er mai. Marine Le Pen n'était pas dedans. Et c'est du côté du Rassemblement National qu'on a appelé pour absolument la rajouter. Ce qui fait qu'en réalité, on se retrouve avec un plus petit panel de personnes qui a mesuré Marine Le Pen. Est-ce que c'est quand même le rôle d'un parti politique d'appeler les instituts de sondage pour leur demander qui doit être testé, qui ne doit pas l'être ? Surtout que Hexagone n'est pas non plus un ennemi du Rassemblement National.
Non mais écoutez, ne pas tester Marine Le Pen dans un sondage au présidentiel, je suis désolé, c'est quand même un peu inquiétant. C'est comme ne pas tester le PSG ou l'OM dans les chances de gagner la Coupe de France. Non mais d'accord, mais c'est un duo. Donc c'est un duo, on a deux figures, vous le voyez bien dans les sondages, à chaque fois ils sont groupés, ce qui veut bien dire qu'il y a adhésion à un duo. Marine Le Pen aujourd'hui est notre candidate naturelle à l'élection présidentielle, un sondage qui veut prédire le résultat des élections et qui ne met pas dans la liste des candidats potentiels la candidate favori des Français.
Excusez-moi, non mais ceux qui veulent, écoutez, ceux qui croient aujourd'hui que Marine Le Pen est abattue, ceux qui croient qu'elle est hors jeu, ceux qui croient qu'elle est finie se trompent. C'est d'abord ne pas connaître la loi, puisque nous le répétons, Marine Le Pen a tous les droits d'être candidate, mais c'est sur nous de ne pas connaître Marine Le Pen. Sa capacité de résilience, sa force d'âme, sa capacité au combat. Moi qui la vois souvent, qui la vois pratiquement tous les jours, je peux vous dire que non seulement elle n'est pas atteinte, mais qu'elle est combative et qu'elle est confiante de notre victoire.
Je n'ai jamais votre faute.
Mais je n'ai pas dit ça, mais j'ai dit qu'une fois encore...
C'est les médias, c'est la justice. Est-ce qu'il n'y a pas eu un moment, Laurent Jacobelli, on va parler vrai, c'est le slogan de cette radio, un problème de stratégie, vous n'avez peut-être pas anticipé cette décision de justice, Jordan Bardella plombé, c'était bien, mais peut-être dans plusieurs années, et ce n'est peut-être pas que la faute de la justice, la faute des médias, la faute des sondages. Il y a peut-être une responsabilité, la vôtre. Celle du RN de se tromper de stratégie, de communication.
Mais il ne faut encore, nous ne sommes pas juges. Les juges ont pris une décision que nous contestons, d'ailleurs. Nous, notre boulot de politique, c'est de faire en sorte que les Français aient le droit à une alternance qu'ils méritent pour avoir un pouvoir qui les prend en considération et des dirigeants qui les aiment, et qui s'inquiètent de leur quotidien. C'est ça qu'on met en place. Si demain, il y a un sondage sur les matinales de radio, Maxime Liedot, et que vous n'êtes pas, vous, Jean-Jacques Bourdin, dans la liste des gens qui sont proposés, vous serez inquiet, vous vous direz, mais c'est quand même pas normal. Eh bien, c'est exactement ce qui nous arrive.
C'est-à-dire qu'on ne veut pas qu'il y ait une forme de cabale contre l'opinion des Français. Nous sommes combatifs, nous sommes présents. Si ça en dérange certains, tant pis pour eux.
Ce n'est pas encore la justice qui rend les sondages radio. Mais peut-être un autre sujet très important du côté du Rassemblement national, c'est le sujet sur la fin de vie. On voit que c'est le cœur des débats à l'Assemblée nationale. Là aussi, c'est assez fascinant de voir les différentes positions au Rassemblement national. Est-ce qu'il existe une ligne RN sur la fin de vie ? On a vu Jordan Bardella et un texte publié dans le JDB dans lequel il disait qu'il comprenait la douleur et qu'il ne s'opposait pas à ce texte par dogmatisme. On voit aussi une autre partie, beaucoup plus libérale, si je puis dire. Est-ce qu'il y a une ligne précise du parti ?
Alors, la seule ligne que nous avions, et d'ailleurs nous avons réussi, c'était de séparer les textes. C'était de dire, eh bien, nous ne voulons pas que la question des soins palliatifs et la question de l'aide à mourir soient mélangées dans un même texte. Parce que oui, il faut plus de soins palliatifs en France. Je rappelle qu'un patient sur deux qui pourrait y avoir accès selon la Cour des Comptes n'y a pas accès, et donc c'est un vrai problème. Et puis il y a l'autre question, la question de l'aide à mourir. Il y a aujourd'hui deux textes.
Face au deuxième texte, celui de l'euthanasie et du suicide assisté, c'est l'intime qui parle, c'est la conviction, c'est parfois la religion, c'est la philosophie, l'expérience de chacun. Et donc oui, nous ne donnons pas de consigne de vote. Nous pensons que chaque député doit pouvoir s'exprimer en fonction de son expérience. Moi, titre personnel, en l'état actuel, je voterai contre ce texte parce qu'il y a un certain nombre de garde-fous qui ne sont pas présents. Par exemple, aujourd'hui, quelqu'un qui est sous tutelle et dont on peut imaginer qu'il n'a pas toutes ses facultés pourra décider de mourir. Il y a dans ce texte quelque chose qui me paraît très grave, c'est le délit d'entrave.
Si demain quelqu'un souhaite mourir et que vous lui expliquez qu'il y a d'autres voies possibles, comme par exemple les soins palliatifs, vous pourrez être condamné pour délit d'entrave. Je trouve ça très grave. Et puis, derrière, on le voit bien dans les débats, une intention de la gauche d'aller plus loin. Jean-Louis Touraine, qui est l'ancien, qui est PS, qui était PS, qui portait ce texte avant dans les assemblées précédentes, qu'est-ce qu'il a voulu ? Il dit « ça y est, on a mis le pied dans la porte ». C'est-à-dire qu'il y aura d'autres étapes.
On voit ce que ça donne en Belgique et en Hollande où des enfants sont victimes de ces mauvaises lois et où des personnes autistes, qui n'ont donc pas une maladie impossible à guérir, simplement qui ont un mal-être psychologique, demandent la mort et l'obtiennent. Donc, il n'y a pas de garde-fou. Et dans cette mesure-là, je pense qu'on sort de notre rôle en autorisant ce texte.
Et vous votez contre, pour l'instant, ce changement majeur, évidemment. À l'Assemblée, restons-y également, puisque demain mercredi, audition par une commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les violences dans les établissements scolaires. en toile de fond, évidemment, l'implication de François Bayrou dans l'affaire de ce fameux collège à Bétaram, collège-lycée de Bétaram. Il dénonce des accusations, lui, scandaleuses. Mais la commission d'enquête souhaite faire toute la lumière sur cette affaire. Comment regardez-vous ça ? Est-ce que si le Premier ministre s'emmêle dans certains arguments, c'est un motif pour vous de censure ?
Nous verrons bien ce qui ressort de cette commission d'enquête. Ce qui est troublant, c'est que le Premier ministre n'a pas réussi à convaincre depuis le début. Ses versions changent d'une semaine à l'autre. On sent bien qu'il est mal à l'aise. Donc, ce qu'il faut, c'est connaître la vérité. Derrière, il y a un débat très important, au-delà de la personne du Premier ministre. C'est qu'en France, il y a beaucoup trop d'agressions, et notamment d'agressions sexuelles envers les mineurs. Je lisais une statistique terrifiante. 14% des femmes françaises ont subi une agression sexuelle. 6% des hommes. Et là, il faut agir, parce qu'il s'agit de la protection de l'enfance.
Comment, pendant des décennies, tout cela a-t-il pu se passer derrière les murs d'un institut d'enseignement sans qu'il y ait de plainte ou de sanction ?
Quelle conclusion allez-vous en tirer si François Bayrou s'en mêle, si François Bayrou s'égare, s'il ne vous convainc pas ? Est-ce que vous demandez la démission comme LFI, ou est-ce que c'est un motif de censure ?
Écoutez, si François Bayrou a menti, si François Bayrou a couvert, je ne dis pas qu'il l'a fait, des actes ignobles, je ne vois pas comment il pourrait continuer à diriger le gouvernement, mais une fois encore, une fois encore, on n'en est pas là. Il y a une commission d'enquête...
Donc vous ne demandez pas la démission ?
Mais attendons de savoir. Si demain, ça donne l'idée à la gauche de déposer une motion de censure, nous verrons bien ce que nous en faisons. Mais c'est clair que si le doute plane toujours sur cette affaire, si le doute plane toujours sur le crédit d'impôt de 10%, l'abattement de 10% des personnes âgées, s'il n'y a toujours aucune mesure sur le pouvoir d'achat, évidemment, on réfléchira.
Autre sujet important, Laurent Jacobelli, élu de la circoncrétion de Moselle que vous êtes, la ville où se trouvent Florenges et l'usine d'ArcelorMittal, 194 emplois sont menacés sur les 136 évoqués par le groupe. La question de la nationalisation se pose, en tout cas est dans tous les esprits. La semaine dernière, au micro de Jean-Jacques Bourdin, ici sur Sud Radio, le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, disait « La nationalisation, aujourd'hui, ce n'est pas la bonne réponse. »
Non, mais il n'a pas de réponse. C'est ça le problème. Moi, je l'ai interrogé à l'Assemblée nationale aux questions au gouvernement et on a eu un Marc Ferracci qui nous a dit « Tout va très bien, madame la marquise. On fait tout ce qu'il faut, l'Europe fait tout ce qu'il faut, il n'y a pas de problème. » S'il y a un problème, il y a plus de 600 personnes qui vont perdre leur emploi, dont pratiquement 200 dans ma circonscription à Florenges. C'est une longue histoire, une histoire difficile que celle de la sidérurgie. Alors, il faut se poser les vraies questions. Comment l'État peut donner 300 millions d'aides à une entreprise sans contrepartie ?
Comment la région Grand Est a pu dernièrement donner 1,6 million en refusant qu'il y ait une clause sur l'emploi ? Tout ça, ce sont des vraies questions. Deuxièmement, pourquoi notre énergie est encore aussi chère ? Est-ce que cette tarification unique, est-ce que les énergies alternatives, est-ce que la folie de la décarbonation n'amène pas la désindustrialisation ? Et puis, comment peut-on accepter que des produits viennent d'Inde ou du Brésil sans respecter les mêmes normes de fabrication, sans respecter les mêmes normes écologiques, et qu'ils arrivent en France avec un tarif, évidemment, défiant toute concurrence ? C'est là-dessus qu'il faut travailler.
Est-ce que vous avez, dans les heures, dans les jours qui viennent, des discussions prévues avec ce ministre, avec les salariés, avec les représentations syndicales de l'usine, pour avancer concrètement ?
Ah mais j'avais encore, sans vous trahir de secret, la direction d'Arcelor en ligne en début de semaine. Oui, bien sûr, parce qu'il faut trouver des solutions.
Mais du côté du ministre, je veux dire.
Mais le ministre, lui, dit qu'il n'y a pas de problème. Voilà. Il nous explique qu'il a refilé le bébé à M. Séjourné pour que l'Europe nous sauve. On a vu comment elle a sauvé l'agriculture, on a vu comment, d'une manière générale, elle a sauvé l'industrie, on a vu comment elle a sauvé l'énergie, et malheureusement, on voit bien comment elle a lutté contre l'immigration. Donc, une fois encore, on a un gouvernement qui refuse d'agir. Agir, c'est contrôler les importations, taxer les importations qui ne respectent pas les mêmes normes, donner la priorité à l'acier français, et s'il le faut, dernière des solutions nationalisées.
Dernière question, Laurent Jacobelli, sur l'Algérie. Ça y est, on retrouve un climat tendu entre les deux pays. Sur ce dossier, quand est-ce que vous allez officialiser votre nouveau porte-parole ? C'est-à-dire ? Xavier Driancourt ?
Non, je crois que Xavier Driancourt...
Vous savez pourquoi je vous dis ça ? Oui, oui, je sais pourquoi. Parce que Jean-Noël Barraud a dit que Xavier Driancourt n'est plus un diplomate. C'est pour rappel, l'ancien ambassadeur de France à Alger. Il est aujourd'hui un porte-parole de l'extrême droite, donc il faut prendre ses déclarations avec des pincettes.
Oui, mais ça, c'est la bonne vieille technique. Dès que vous dites quelque chose qui n'est pas conforme à la politique ou à la volonté du gouvernement, vous êtes d'extrême droite. Donc, quelqu'un qui a été ambassadeur d'Algérie, qui connaît bien la situation, probablement mieux que M. Barraud, honnêtement, se fait disqualifier politiquement. Bon, c'est une méthode assez indigne.
Vous ne lui avez jamais proposé quoi que ce soit à Xavier Driancourt ? Personnellement, non.
Aux européennes, par exemple ? Personnellement, non. Mais par contre, ça fait partie des personnes de qualité qu'il faut écouter. Et M. Barraud devrait l'écouter. Aujourd'hui, la politique de la plaventrisme, ça donne quoi ? Chaque jour, M. Théboune met une condition supplémentaire. Mais vous avez des parlementaires français, vous savez, qui le 8 mai vont en Algérie, comme M. Beladad et d'autres de la LFI. Pourquoi ? Pour cracher sur la France, au moment où on célébrait en France la victoire sur les nazis. Honnêtement, je crois que la politique vers l'Algérie, maintenant, c'est moins de visas, moins de financements, taper du poing sur la table et essayer la fermeté, ce que M.
Barraud n'a jamais essayé.
Laurent Jacobelli, député de Moselle et vice-président du groupe RN à l'Assemblée nationale, également par le parole du parti. Merci d'avoir été l'invité de Sud Radio ce matin. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Laurent Jacobelli