"Volodymyr Zelensky, on le sait peu, a une passion pour Charlie Chaplin", raconte un documentaire sur sa vie
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Un sommet pour l'Ukraine à Kiev. Aujourd'hui, vous l'entendiez dans le journal, les dirigeants français, britanniques, allemands et polonais retrouvent ce matin Volodymyr Zelensky. Ils viennent d'arriver place Maïdan, la place mythique de la révolte démocratique à Kiev. Le président ukrainien est au centre, justement dans le grand entretien ce matin d'un documentaire absolument passionnant. Un documentaire consacré à Zelensky et Volodya devint Zelensky. Un homme dont on pensait absolument tout savoir, qui a envahi nos écrans, dont on connaît le nom, qu'on a suivi jour après jour depuis des années et qui reste au fond une énigme.
Une énigme qu'on essayait de percer et que racontent, qu'ils mettent en récit nos invités dans un documentaire absolument passionnant. Vos questions, chers auditeurs, vos réactions au 01-45-24-7000 ou sur l'application France Inter. Ariane Chemin, Yves Geland, bonjour et bienvenue sur Inter. Bonjour. Bravo pour ce documentaire Zelensky. Ce documentaire en deux épisodes qui sera diffusé mardi à 21h sur Arte, qui est déjà disponible sur arte.tv. Ariane Chemin, vous êtes grand reporter au Monde. Vous aviez déjà consacré une série à Zelensky dans le Monde intitulée « Les 5 vies de Zelensky » et à voir le documentaire, on pourrait dire en fait qu'il n'a pas eu 5, mais 10 vies, 15 vies, 20 vies.
Yves Geland, vous êtes réalisateur et vous avez mis en récit l'histoire de cet homme dont le nom fait partie aujourd'hui de notre monde et de notre actualité, on pensait tout savoir, je le disais, de Volodymyr Zelensky. Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre le chemin vers une Ukraine bombardée, dévastée, à la rencontre justement de Zelensky ? Yves Geland ?
Moi, c'est Ariane qui m'a poussé parce qu'elle y avait été beaucoup. Depuis le déclenchement de la guerre, je crois qu'Ariane Chemin est à son huitième déplacement là-bas. Et moi, je n'avais quasiment jamais été dans un pays en guerre depuis la deuxième intifada et je voyais comme vous les images de cet homme-là. Et il ne s'agissait pas de faire un film géopolitique où on serait à la recherche ou à la poursuite des événements ou de l'actualité, mais vraiment, comme dans le papier que vous évoquiez qu'avait fait Ariane en février 2023, de mieux connaître cet homme-là. Et elle s'est adressée à moi en me parlant de Chaplin.
Et on va y revenir justement, parce que c'est une figure qui revient régulièrement, d'ailleurs dans la bouche de Volodymyr Zelensky. Mais Ariane Chemin, vous avez consacré plusieurs papiers à Zelensky. Vous l'avez rencontré, vous l'avez interviewé dans le cadre de ce documentaire. L'image de cet homme, elle est entrée dans nos vies. Ses tenues, son nom, il y a ceux qui le considèrent comme une marionnette, d'autres qui y voient un ancien saltimbanque, aujourd'hui un héros peut-être qui porterait sur ses épaules le destin d'un pays. Qu'est-ce qu'on ne sait pas que vous vouliez raconter de Zelensky, Ariane Chemin ?
Eh bien en fait, on le connaît mal, on connaît mal son enfance soviétique. Il a quand même 14 ans quand s'effondre l'Empire. Et puis, effectivement, on le traite souvent d'une manière géopolitique. Et c'est pour ça qu'effectivement, je pensais qu'Yves Gelland était l'homme qu'il fallait pour le filmer, pour le raconter. Parce qu'Yves, c'est un réalisateur de documentaires
qui adore la scène, les artistes et la politique.
Et c'est vrai que Volodymyr Zelensky, on le sait peu, a une passion pour Charlie Chaplin qu'il connaît très bien et qu'Yves avait consacré un documentaire à Charlie Chaplin. Et j'ai pensé que c'était de cette manière-là, c'est ce qu'a fait Yves, qu'il fallait le montrer. C'est-à-dire, cet homme qu'on ne connaît pas forcément, ce n'est pas le leader, le chef de guerre et les leaders politiques qu'on a montrés. C'est comment il est devenu, ce chef de guerre. Et c'est toute son histoire.
Et c'est justement ce qui est passionnant à voir les deux épisodes de ce documentaire. C'est la transformation de ce gamin qui a toujours rêvé de paillettes et de divertissement, de cet humoriste qui est devenu un président qui a promis de tout faire pour empêcher les Russes de pleurer. Il y a des archives, il y a des témoignages fascinants dans cette histoire que vous racontez. L'histoire de l'homme qui a joué au président avant de le devenir, qui n'a pas fait son service militaire et qui a été propulsé chef de guerre. Ce qui est fascinant quand on regarde votre film, c'est que c'est comme si le burlesque avait précédé le tragique Yves Jolant.
Oui, c'est vertigineux, à vrai dire, parce qu'on n'imagine pas que ça puisse être à ce point le calque de l'incursion du réel, de la fiction, du fiction dans le réel. Il faut se souvenir qu'effectivement, on dit dans le film, c'est un homme qui a joué au président et qui finalement va finir par le devenir. Mais le réel est plus fort que la fiction à tel point qu'il va être élu avec 73% des voix alors que son double en fiction, Vasil Koloborodko, lui, va être élu seulement avec 76%. Il passe de 66 au 73 et nous on a mélangé les images même de sa prestation de serment dans la série et dans la fiction. Et ça n'est extrêmement troublant.
Alors c'est très troublant. On va revenir sur cette fiction parce que c'est partie intégrante de son histoire. Mais il est surpris, Ariane Schema, lorsque vous lui demandez de parler de son enfance et de parler de la ville. La ville où il est né, la ville où il a grandi, la ville où il a rencontré ses amis qui vont devenir sa bande, qui vont devenir sa troupe, qui vont l'accompagner sur scène. Quelles images vous viennent à l'esprit, lui ? Demandez-vous. Il est quasiment étonné que vous lui demandiez de parler de ses souvenirs parce que personne ne lui pose cette question-là.
On peut le comprendre. Nous, on l'a rencontré dans un moment un peu suspendu à la fin de l'été 2024. Il y avait beaucoup de frappes sur les centres névralgiques de Kiev. Et lui, on arrive devant lui et on lui pose des questions sur son enfance, sa ville natale, écriverie grosse cité minière de l'est de l'Ukraine, d'où vient d'ailleurs le fer.
Un univers de rouille et d'acier de 130 kilomètres de long dont la légende voudrait que le fer de la tour Eiffel ait été produit là-bas.
C'est plus que la légende, c'est vrai. C'est la réalité. Et c'est vrai que Thibault Lavigne, qui a filmé cette ville, aujourd'hui, il la filme. Elle pourrait être celle de l'enfance de Zelensky. Elle n'a pas tant changé que ça. C'est pour ça que c'était vertigineux aussi. Et il est troublé parce que ces questions, on l'emmène, on l'oblige à se repencher sur sa vie passée, sur son enfance. Chose qu'il n'a pas eu l'habitude de faire depuis le déclenchement de la guerre. Il nous le dit d'ailleurs. Il nous dit, vous m'avez forcé à regarder le passé. Et du coup, monte une forme de nostalgie et de tristesse qu'on voit bien affleurer dans le film.
Alors cette tristesse et cette nostalgie, elle est présente ou est-ce que vous retenez Yves Joland d'abord le chef de guerre car c'est un homme qui est un leader né qu'on découvre aussi
dans le film ? Tous ses amis nous le disent et c'est vrai que ses amis, on les a rencontrés à Kiev, on les a rencontrés à Krivirig et ils ont le souvenir de ce petit lutin, l'udion, une sorte de petit rossignol à la voix roque qui a toujours été en tête, qui a toujours été un de ses amis, Sacha Pikalov, qui dit que ça a été un brise-glace. Et donc, ce qui est très troublant en parler du réel et de la fiction, c'est que le nom de son quartier, Kvartal 95, le quartier 95, va devenir le nom de sa troupe, le nom de la série Serviteur du Peuple, va devenir le nom de son parti politique.
Les hommes et les femmes qui jouent le rôle de ses propres amis d'enfance dont vous parliez, que nous avons rencontrés, je pense à Oléna, je pense à Sacha, je pense à Denis, vont devenir dans la série ceux qui jouent leurs propres amis d'enfance qui vont ensuite devenir ministres dans la série à qui on va parfois proposer d'être ministre également et on voit même que la plume du président est l'ancien scénariste de la série. Donc on a vraiment une manière un peu, on peut dire, au moins décalée, surprenante ici en France de faire de la politique, ce qui peut paraître parfois populiste.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que le moment où il se révèle, il y a plusieurs étapes, il y a 2014, il y a 2019, mais c'est évidemment 2022. 2022, c'est la métamorphose de cet homme qui va se laisser pousser la barbe, qui va se laisser pousser les muscles et la métamorphose est à la fois dans les images mais aussi dans les paroles puisqu'il se met à parler ukrainien alors que sa langue, on l'a dit, Kriveryg, la ville où il aidait, c'est une ville russophone.
Alors justement, on va prendre quelques-uns des temps forts. La question de la langue Ariane Chemin, elle est absolument centrale et au début d'ailleurs, vous lui demandez dans quelle langue il souhaiterait s'adresser, répondre à vos questions et il parle en ukrainien. Et parler ukrainien, finalement, ça n'est pas du tout une évidence pour Volodymyr Zelensky.
Non, car il vient de l'Est de l'Ukraine. C'est un petit garçon juif, russophone qui n'a appris l'ukrainien, on le sait peu, que pour la campagne présidentielle de 2019. D'ailleurs, il y a une séquence où on le montre, il s'est mis en scène en train d'apprendre des mots en ukrainien. Il est dans une salle de sport,
il fait des tractions. Et son prof balance un mot, il doit le traduire en ukrainien immédiatement et s'il perd, il doit faire des pompes ou des exercices.
Deux tractions pour chaque erreur.
C'est hallucinant.
Voilà, il s'est mis en scène. Et je trouve qu'il raconte bien comment la Russie a tenté de faire de la langue un problème. C'est-à-dire qu'à Moscou, on disait, regardez, de toute façon, ces ukrainiens, ils parlent le russe, ce sont nos frères. Et lui, il raconte comment on peut être ukrainien en parlant russe. Et à chacun de nos protagonistes et de nos interlocuteurs, on l'a d'ailleurs demandé en quelle langue vous voulez vous exprimer. Certains s'expriment en russe, d'autres en ukrainien. Et c'était leur choix à chaque fois.
Il y a l'idée que Vladimir Zelensky a toujours été à la tête du combat, à la pointe du combat démocratique et contre la dictature russe. C'est justement une autre histoire que vous racontez. C'est-à-dire que Zelensky et sa troupe se produisent sur scène, au cinéma, à la télé. Mais au début, lorsque la révolte de Maïdan éclate, il ne prend pas partie. Il est dans le showbiz. Zelensky n'est pas à Maïdan. En décembre 2013, il est à Moscou pour la sortie d'une comédie romantique. Le sang coule à Maïdan et la révolution triomphe. Le 1er mars 2014, c'est une date importante. Il s'invite sur le journal télévisé. Là, il ne rigole plus. L'archive, elle est incroyable. Il s'adresse face cam à Poutine.
Il porte un t-shirt Mohamed Ali et il parle en russe, sa langue natale. Il se pose en médiateur. Comment analyser cette scène-là, Yves Jelan ?
C'est évidemment un tournant dans sa vie. Bien sûr qu'avant, il s'intéressait assez peu à la politique. On a tendance à dire d'ailleurs qu'il est passé de la scène à la politique. En fait, non, il est passé de la scène à la présidence directement. Mais son engagement, oui, on peut le dater vraiment de l'année 2014. Et 2014, c'est à peine cinq ans avant son accession à la présidence. Il ne fera pas de politique, mais il va prendre position et ce moment-là qui lui sera d'ailleurs reproché par Poroshenko où il va dire je suis prêt à me mettre à genoux devant Poutine pour que le peuple ukrainien ne soit pas à genoux.
Et donc, on va lui dire tu es prêt à t'ajanouiller devant Poutine lui dira Poroshenko lors d'un débat une espèce de judiciaire.
On va y venir justement parce que son accès au pouvoir est très bien raconté et cette scène-là n'est absolument pas anecdotique. C'est très clair dans sa tête, on a l'impression à Yann Chemin que tout est pensé dans la tête de Zelensky. Il y a la campagne présidentielle. En été 2014, il fait une tournée dans le Donbass. Alors, on a l'image de ces stars qui allaient stars hollywoodiennes voir les soldats pour remonter le moral des troupes. Et là, il fait à peu près la même chose. Il fait deux représentations devant des militaires ukrainiens. Il est ému, il est applaudi par les militaires qui lui disent si tu te présentes, on votera pour toi. Et ça, c'est comme un déclic.
C'est le point de départ de la série. Il va donc créer cette série Serviteurs du Peuple qui va devenir le nom de son parti, vous le disiez. Serviteurs du Peuple, c'était le programme le plus regardé en Ukraine. 20 millions de téléspectateurs. Et ça fait du coup quelque chose de lui, comment dire, cette série va devenir un outil de propagande.
Exactement. Alors, quand il va sur le front au Donbass, il faut savoir qu'il n'a pas fait son service militaire, vous l'avez dit, ce sont ses amis qui nous l'ont confié. Ensuite, il n'aime pas la vue du sang. La guerre, ce n'est pas du tout son truc. Et l'armée, ça ne le fait même pas. Ce n'est même pas un sujet de plaisanterie pour lui. Il y va et pour la première fois, effectivement, il voit qu'il se passe quelque chose autour de lui. Et cette série, il ne l'invente pas pour se présenter à la présidentielle.
C'est une lente pâturation, mais il se dit, tiens, regardez, tout le monde parle de politique en Ukraine, dans les cuisines, tout le monde parle de ça et on n'a aucun programme télévisé qui répond à ça. Tout ça est tourné en russe, la série, et les deux premières saisons, au fond, racontent l'histoire d'un citoyen lambda ukrainien qui se retrouve propulsé à la présidence des républiques. Et la troisième saison... La saison 3,
là pour le coup, elle va devenir entièrement instrumentalisée pour servir de propagande politique.
Un programme assez populiste et ses amis racontent bien que les journalistes qui arrivent en 2019 pour couvrir la campagne de Zelensky prennent le scénario de la série et pensent que c'est le vrai programme de Zelensky. Personne n'y comprend plus rien.
Comment est-ce qu'il se présente à la présidentielle, Yves Geland ? Ça aussi, c'est une scène absolument ahurissante qu'on découvre dans le film. C'est le 31 décembre 2018, grande soirée de réveillon à la télé. Il fait un show et... On le découvre dans le film
et même sa femme le découvre également. Sa femme ? Alors, pendant l'interruption
entre deux morceaux de danse avec un russe...
À minuit pile. À minuit pile. Donc, le 31 décembre 2018, il annonce qu'il sera candidat à la présidentielle de manière assez drôle, d'ailleurs.
Et sa femme ne le savait pas.
Sa femme ne le sait pas. Il le dit, sa déclaration de candidature, si je ne me trompe pas, est à la fois en russe et en ukrainien. Oui. Il ne l'avait pas dit à sa femme, il l'a en revanche dit à un de nos témoins, Yuri Tira, au mois d'avril précédent. Et il le fait entre deux shows et après, il remonte sur scène et il refait un... Voilà, c'est un show du samedi soir comme pouvoir faire...
Il se présente à la présidentielle et il retourne... Il retourne sur scène. Faire le saltimbanque, c'est absolument fascinant. Il le fera jusqu'au bout
parce que même ses meetings,
ses spectacles. Vous avez récupéré une interview de la maire de Zelensky quand il se présente à la présidentielle. Elle, elle est au pied de son immeuble dans cette ville industrielle, Ariane Chemin, et elle est contre. Vraiment radicalement contre. Il annonce sa candidature et c'est quelqu'un qui avant le second tour ne parle pas de politique. Il a refusé tous les débats. Il utilise uniquement sa série comme outil de propagande. Et le seul débat entre les deux tours face à son opposant, il l'organise dans un stade. Dans un stade, sur une scène. On a du mal à imaginer ça aujourd'hui ici en France, dans notre République, devant 80 000 personnes.
Il adore ça et il renverse son opposant qui était persuadé de gagner parce que lui au moins avait bossé les dossiers et il gagne à 73% et c'est donc plus que son personnage dans la série. Cette vie, elle est absolument dingue.
Elle est complètement dingue. Donc s'il choisit le stade, c'est qu'avant, effectivement, il fait des spectacles et ça lui tient lieu de campagne présidentielle. C'est assez fascinant de voir toutes ces images d'archives qu'a d'ailleurs collectées Lisa Vapnay avec beaucoup d'attention et de soin. Elle a découvert des archives qu'on ne connaissait pas.
On ne connaissait pas.
On ne connaissait pas. Et effectivement, il y a une chose qu'il sait faire, Zelensky, c'est tenir une salle, retourner les foules et il y arrive avec un brio ce jour-là alors que son opposant à la présidentielle est quelqu'un qu'on pourrait dire peut-être plus anti-russe que lui. En tout cas, plus inquiet d'une possible invasion russe. Zelensky, il est là, il promet en fait la fin des oligarques, il promet la paix mais de manière assez floue et c'est lui qui l'emporte. qu'il retourne le stade.
Bonjour Adrien et bienvenue sur France Inter.
Bonjour, merci beaucoup de prendre ma question. J'aimerais poser une question en particulier à Yves Geland dont je suis un grand admirateur et notamment de ses documentaires politiques comme Paris à tout prix ou Le Président sur Georges Frèche. Et justement, ma question c'est que dans vos documentaires vous faites ressortir entre autres la réalité des politiques, leur cynisme parfois, leur vulgarité et aussi qu'est-ce qui reste dans votre regard aussi de l'homme politique chez Zelensky ?
Très bonne question Adrien. L'homme politique, pas seulement le chef de guerre qu'on est habitué à voir maintenant sur tous nos écrans ?
Dans le film, on a fait un peu une ellipse entre 2019 et 2022, le moment où il sera non pas un chef d'État en paix puisque la guerre a commencé dès 2014 mais avant la fameuse invasion à grande échelle comme on dit en Ukraine, c'est-à-dire avant février 2022. Il a déçu puisqu'il avait un programme extrêmement populiste comme j'ai pu filmer des hommes politiques populistes. Il en parle d'ailleurs dans l'entretien que l'on fait avec lui du fait que lui-même il a pu sacrifier au populisme et qu'évidemment la guerre a tout changé. Mais sinon, c'est un personnage passionnant.
Mais sous-jacent dans la question d'Adrien, il y a quand même la question de savoir quel chef d'État il aurait été sans la guerre. Et ça, c'est une vraie question parce que c'est à la fois l'enfance d'un chef comme le dirait Sartre que vous racontez mais bon, c'est un leader assez autoritaire comme le dit le réalisateur de sa série Serviteurs du peuple. Oui,
il est très autoritaire et puis il ne s'entoure que de très proches et c'est ce qu'il lui reprochait aussi. Je pense que c'est un chef d'État qui ne pouvait que décevoir tellement l'attente était importante. Quand on était élu avec 73% des voix en ayant fait campagne sur un programme populiste et un petit peu creux à dire vrai en essayant de combattre les oligarques qui était la matrice, le scénario essentiel de Serviteurs du peuple. Parce que même si ce n'était pas un instrument électoral au départ, c'est comme ça que les gens ont commencé à y penser, je pense qu'ils ne pouvaient que décevoir.
Ensuite, sinon c'est un personnage passionnant comme je ne pouvais que filmer cet homme qui en plus est à la confluence de mes deux passions qui sont les artistes et la politique. Mais c'est le cas de tous. Mais lui particulièrement, lui c'est vraiment... Il a un charisme formidable.
Il a un charisme formidable mais on se demande malgré tout si c'est un héros. Bonjour Elisabeth ! Oui, bonjour. Bienvenue sur France Inter. Merci à France Inter de nous permettre d'avoir toutes ces informations. Merci à ces deux personnes pour leur travail. Ariane Chemin et Yves Gelland. Pourriez-vous justement nous dire comment comment fait M.
Zelensky pour depuis maintenant plusieurs années comment fait-il concrètement pour pour supporter tout ça pour être l'homme que l'on voit c'est-à-dire vif même si parfois on voit qu'il a les prêts tirés qu'il est fatigué c'est tout à fait normal mais comment comment fait-il pour être comme il est et en même temps je me permets de dire qu'il est un exemple de courage absolument pour des gens politiques et pour nous-mêmes. Merci Elisabeth pour votre question Ariane Chemin. Vous acquiescez.
Oui c'est vrai qu'il est un exemple de courage il n'y a pas beaucoup d'exemples il restera à mon avis dans le 21ème siècle comme un homme qui a eu du courage et qui s'est révélé ce 24 février 2022 c'est un peu sonné.
Il a refusé toutes les propositions d'exfiltration de ses alliés au moment où la guerre est classe.
En Pologne exfiltration parce que à vrai dire les chefs d'état occidentaux craignaient pour sa vie et ce que vous dites est intéressant parce que vous dites il est fatigué mais effectivement il tient mais la guerre que nous n'avons pas filmée directement frontalement elle est partout partout dans le film et notamment dans l'entretien qu'on a avec lui parce que ses traits sont fatigués on lui montre une photo de son visage lorsqu'il découvre les massacres de Boucha et c'est vrai que par exemple ce jour-là il est dévasté et il a gardé il a gardé cette tristesse ces rides cette fatigue aujourd'hui il porte des lunettes enfin c'est vrai que son visage évolue tous les jours et ça on le sent dans l'entretien même si à la fin et c'est ce qu'il a pu lui offrir je pense il a réussi à rire une fois comme au temps d'avant
oui une fois comme au temps d'avant mais ce qui est intéressant c'est d'ailleurs la dernière question que vous posez je ne vais pas spoiler mais y aura-t-il une saison 4 de sa série Le Serviteur du Peuple la réponse de Zelensky elle est à voir dans votre film dans ce documentaire absolument passionnant et Volodia devient Zelensky ce sera donc diffusé mardi prochain sur Arte à partir de 21h et c'est déjà disponible sur Arte.tv Ariane Chemin Yves Geland merci infiniment d'avoir été les invités d'Inter ce matin et bonne journée
merci à vous