Yannick Jadot : "Les polémiques, on ne les crée pas nous-mêmes : les réseaux s’en emparent"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:11OuverteRéponse directe
Êtes-vous satisfait ce matin ? Cette responsabilisation suffira-t-elle à juguler la flambée de l'épidémie ?
- 3:30RelanceRéponse partielle
Si vous étiez aux commandes, que feriez-vous ? Interdirie les mariages à Marseille ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Donnez-vous acte au gouvernement de mettre le paquet sur le verdissement de l'économie ?
- 6:57OuverteRéponse directe
Vous demandez 30 milliards de plus sur les 100 milliards déjà mis sur la table pour les ménages ?
- 8:40OuverteRéponse directe
Pourquoi un moratoire sur le déploiement de la 5G ?
- 11:36RelanceRéponse directe
Bruno Le Maire dit que ce serait une erreur dramatique de ne pas déployer la 5G. Vous lui répondez quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07PrésentateurFait
« j'aimerais qu'on n'infantilise pas les Français mais qu'on les responsabilise. »
- 2:49PrésentateurChiffre
« On a, depuis des mois, l'objectif, c'était d'avoir un million de tests par semaine. »
- 3:29PrésentateurPromesse
« Engageons, recrutons. »
- 4:38PrésentateurChiffre
« 30 milliards d'euros à la transition écologique, rénovation des passoires thermiques, plan pour la filière hydrogène, mesure en faveur du transport ferroviaire et des modalités vertes. »
- 6:08PrésentateurChiffre
« Moi je propose un plan de 30 milliards sur les ménages. C'est le même montant que l'Allemagne. »
- 6:17PrésentateurChiffre
« 30 milliards sur les ménages et notamment tous les ménages qui sont en dessous du revenu médian. C'est une prime de 2000 euros. »
- 7:30PrésentateurChiffre
« En 2018, on avait 1,8 milliard pour rénover les logements privés. »
- 7:47PrésentateurChiffre
« L'année dernière, le gouvernement a réduit par plus de 2 ce budget. »
- 9:32PrésentateurFait
« moi, je ne veux pas de Huawei en Europe. »
- 10:09PrésentateurFait
« en Chine, l'État peut demander toutes les données des fournisseurs d'Internet sans même le rendre public. »
- 16:52PrésentateurChiffre
« Les feux, 68% des vertébrés qui ont disparu, c'est la catastrophe partout. »
- 19:26PrésentateurFait
« c'est la sécurité sociale et environnementale. »
- 21:57AuditeurFait
« Les chiffres sont là. »
- 23:08PrésentateurFait
« La France est le pays le plus répressif et c'est le pays de la plus grosse consommation particulièrement de nos jeunes. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Présentateur 214 %
- Présentateur 311 %
- Auditeur3 %
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 un eurodéputé écologiste avec lequel vous allez pouvoir dialoguer dans quelques instants au 01 45 24 7000. Yannick Jadot, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter. On va aborder avec vous ce matin la question de la relance de l'économie avec ses 30 milliards d'euros mis sur la table par le gouvernement pour la transition écologique. On parlera aussi du débat sur le déploiement de la 5G au lendemain de l'appel de 70 élus écologistes ou de gauche favorable à un moratoire sur cette technologie. Mais d'abord la crise sanitaire.
Vendredi, le Conseil de Défense n'a pas débouché sur un nouvel arsenal de mesures nationales plus restrictives. Ça se jouera au niveau local. On le verra dans la journée, notamment en Gironde et PACA. À part le raccourcissement de la quarantaine, le Premier ministre Jean Castex a surtout appelé les Français à la responsabilité. Vous disiez vous-même, Yannick Jadot, la semaine dernière, j'aimerais qu'on n'infantilise pas les Français mais qu'on les responsabilise. Alors êtes-vous satisfait ce matin ? Et surtout, cette responsabilisation suffira-t-elle à juguler la flambée de l'épidémie ?
Il faut trouver le bon équilibre entre la responsabilisation, parce que c'est vrai que tout dépend à la fin du comportement des Françaises et des Français, sur les gestes barrières, sur les distances, sur le port du masque, sur l'hygiène des mains. Et puis, évidemment, c'est l'action de l'État autour des tests, autour du traçage, autour de l'isolement des Français malades. On voit qu'on a un discours, y compris des scientifiques, dans lequel aujourd'hui, reconnaissons-le, personne ne se retrouve. Vous avez en permanence un scientifique qui suit un autre scientifique, et ils disent à peu près l'inverse, l'un et l'autre. Y compris le conseil scientifique ?
Vous parlez des différents scientifiques invités à la radio ou à la télévision. Le conseil scientifique, il est inaudible. Le conseil scientifique s'exprime à travers la voix de son Président, qui, matin, midi et soir, cherche surtout à foutre la trouille aux Français. Je ne sais pas si ça aide toujours, y compris quand on a un tel bazar au niveau des tests. On fout la trouille aux Français, et on se plaint qu'ils aillent se faire tester. On a, il y a quelques mois... Pardon, ce n'est pas un peu insultant pour Jean-François Delfraissy ? Vous pensez qu'il parle uniquement pour foutre la trouille aux Français ? Non, ce que je veux dire, c'est que c'est que c'est le message.
Il incarne aussi le message des médecins. C'est ça le message qui est envoyé. On a, depuis des mois, l'objectif, c'était d'avoir un million de tests par semaine. Il est quand même totalement inexplicable qu'on ne se soit pas préparé à gérer, humainement, un million de tests par semaine. Qu'il faille attendre des heures pour se faire tester, et qu'il faille attendre des jours, ce qui rend le test totalement inefficace, il faille parfois attendre cinq jours pour avoir le résultat du test. Donc, aujourd'hui, l'enjeu, c'est évidemment le test. Prenons les tests salivaires. Il y a des tests salivaires qui ont été approuvés aux États-Unis. C'est une urgence.
Est-ce qu'il faut absolument qu'on passe par toutes les technostructures françaises pour valider les tests salivaires ? Ça ira beaucoup plus vite. Engageons, recrutons. Mais Yannick Jadot, si vous étiez au pouvoir, si vous étiez aux commandes, et que vous avez les remontées des médecins, et que vous avez de l'autre côté les impératifs économiques, c'est-à-dire que vous devez trancher, puisque gouverner, c'est trancher, vous feriez quoi ? Vous interdiriez les mariages à Marseille ? Vous fermeriez les restaurants plutôt à Bordeaux ? Vous reconfineriez les EHPAD au niveau national ? Vous prendriez ces gestes-là ou non ? Il faut au niveau national absolument éviter le reconfinement.
C'est un traumatisme pour la société, c'est un traumatisme pour les familles, c'est un traumatisme pour les enfants, pour les parents. Ça a un impact aujourd'hui économique et social trop lourd. C'est très bien que des villes et des régions s'emparent du sujet. C'est ça l'intelligence de notre pays. Ce n'est pas depuis Paris de décider pour toute la France, c'est de dire que si les élus... Donc Jean Castex a raison de faire ce qu'il fait. À partir du moment où il est sur la responsabilisation et non pas sur l'infantilisation, à partir du moment où on donne aux élus locaux la responsabilité et les moyens, et les moyens d'une politique locale adaptée, ça va dans le bon sens.
Le plan de relance du gouvernement consacre Yannick Jadot, venons-en au chapitre économique, 30 milliards d'euros à la transition écologique, rénovation des passoires thermiques, plan pour la filière hydrogène, mesure en faveur du transport ferroviaire et des modalités vertes. Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, a dit que ce plan s'était du jamais vu. Donnez-vous acte au gouvernement, je vais le dire de manière prosaïque, de mettre le paquet sur le verdissement de l'économie ? Malheureusement non. Je donne acte au gouvernement de vouloir faire un plan d'investissement. Je donne acte au gouvernement d'avoir un chapitre sur l'écologie, sur la cohésion territoriale.
Tout ça, et surtout, je donne acte au gouvernement de maintenir le chômage partiel, de maintenir les aides aux entreprises en urgence, parce que beaucoup d'entre elles sont dans de grandes difficultés. Mais on est dans la même situation finalement que la crise de 29. Ce sont des contextes différents. Mais on est à un moment où il faut changer notre modèle économique. On est à un moment où il faut changer notre approche des territoires. Et je ne vois pas dans ce plan de relance ni investissement maintenant, ni investissement de rupture. Pas d'investissement maintenant. Je suis au Parlement européen.
Nous savons qu'une bonne partie des financements européens qui sont au cœur de ce plan d'investissement ne viendront qu'en 2022. Ça veut dire qu'on ne va pas aujourd'hui remettre la machine en route. C'est pour ça que moi je propose un plan de 30 milliards sur les ménages. C'est le même montant que l'Allemagne. 30 milliards sur les ménages et notamment tous les ménages qui sont en dessous du revenu médian. C'est une prime de 2000 euros. Pour les Français qui sont sur le seuil de pauvreté. Et ces Français, avec ces 2000 euros, aideront notre industrie et notre agriculture locale.
Ce sont les chèques alimentaires, tels que proposés par la Convention citoyenne, acheter bio, acheter circuit court. Ce sont des chèques transports pour favoriser les déplacements. Ce sont des chèques culture, des chèques écotourisme. Autant de pouvoir d'achat qui va venir dans la société au moment où la pauvreté s'accroît. Au moment où toutes les précarités s'accroissent. C'est pour favoriser les ménages les plus en difficulté et favoriser les secteurs économiques d'avenir. Donc vous demandez 30 milliards de plus sur les 100 milliards déjà mis sur la table pour les ménages. Parce que ces 100 milliards ne déclenchent rien. Ces 100 milliards ne déclenchent rien.
On ne change pas sa voiture, on ne change pas ses fenêtres. Vous pensez que recevoir toutes les primes à la conversion, ça ne va rien changer ? Mais prenez, j'étais encore la semaine dernière avec les représentants de la CAPEB. Ce sont les petits artisans du bâtiment. Les toutes petites entreprises du bâtiment. Dans la rénovation thermique des logements dont M. Demorand vous parliez. On n'arrive même pas au budget de 2018. En 2018, on avait 1,8 milliard pour rénover les logements privés. On sait les passoires énergétiques, on sait la précarité énergétique. On sait les difficultés de santé dans ces passoires énergétiques. L'année dernière, le gouvernement a réduit par plus de 2 ce budget.
On ne revient même pas au budget de 2018. On fait du nucléaire, on fait des retenues d'eau au moment où c'est toute la sécheresse dans nos campagnes. Ce plan n'inscrit pas une modification significative de rupture de notre développement au moment où on a la canicule, la sécheresse, au moment où on est effondré par les feux en Californie ou les inondations scelles. Alors, dans une tribune parue dans le JDD, restons sur le chapitre économique, mais venons-en à la 5G. 70 élus, dont vous, Jean-Luc Mélenchon, Julien Bayou, Éric Piolle, Michel Rubirola, je ne les cite pas tous évidemment, appellent un moratoire sur le déploiement de la 5G au moins jusqu'à l'été 2021.
Les enchères pour l'attribution des fréquences qui avaient été repoussées à cause de l'épidémie auront lieu dans deux semaines. Elles pourraient rapporter plusieurs milliards à l'État. Dites-nous, Yannick Jadot, ce matin, pourquoi un moratoire ? On ne peut pas, dans le même temps, dire qu'avec la 5G, c'est une révolution numérique qui va transformer nos modes de vie, nos modes de travail, nos entreprises, et ne pas avoir un débat public autour de qui va bénéficier de cette 5G et comment ça va changer nos modes de vie. On a des études qui arrivent sur l'impact sanitaire, des études qui arrivent de nos agences publiques, des études qui arrivent sur l'impact environnemental.
Le moins qu'on puisse faire, c'est d'attendre ces études pour savoir. Et on sait que la 5G, c'est très largement un enjeu de politique industrielle. C'est un enjeu de souveraineté numérique. Et je vais vous dire qu'au niveau du Parlement européen, comme dans toutes les instances de l'Union européenne, j'en ai discuté avec le commissaire Breton, moi, je ne veux pas de Huawei en Europe. C'est simple, c'est clair. Pourquoi ? Pourquoi ? Expliquez-nous pourquoi. Je veux qu'on construise un géant européen avec Nokia et Ericsson, qu'il ait le temps, si on doit déployer la 5G, que ce soit... Pourquoi vous ne voulez pas des Chinois ?
Parce qu'il y a un problème de sécurité de nos données qui est immense. À partir du moment où vous mettez Huawei pour construire les tuyaux où vont passer toutes les données, à partir du moment où Huawei est une entreprise chinoise qui doit rendre des comptes en permanence à l'État chinois, vous savez qu'en Chine, l'État peut demander toutes les données des fournisseurs d'Internet sans même le rendre public. Eh bien, moi, notre souveraineté numérique, notre souveraineté économique, notre souveraineté démocratique, elle ne se négocie pas. Parce que, qu'est-ce qui se passe après ?
Donc, si je lis ce que vous dites, pardon, si je traduis ce que vous dites, Yannick Jadot, votre opposition n'est pas tant à la 5G, vous n'êtes pas contre la 5G. Je ne comprends pas, moi. Moi, je ne suis pas contre une technologie par définition. Je suis convaincu que même la 5G pourrait contribuer à la transition écologique dans certains secteurs. Ce n'est pas ce que disent tout le monde dans votre parti, qui disent qu'on ne veut pas de la 5G. Non, on dit qu'il faut un débat public. On parle en permanence de la télémédecine.
Dans pas mal de régions en France, le sujet, ce n'est pas de se faire opérer par un grand chirurgien de Paris en télémédecine, c'est de trouver un médecin généraliste à moins d'une heure de chez soi ou dans la semaine qui suit. Donc, ne faisons pas croire aux Français que ça va tout transformer. Et puis, il y a un débat de fond. Moi, je veux dire dans la société. On a une accélération de toutes les vitesses. Le temps démocratique n'arrive plus à suivre la vitesse de la finance, n'arrive plus à suivre la vitesse de l'information. Eh bien, ayons ce débat public pour aussi réfléchir à la vitesse, pour aussi réfléchir à l'addiction de nos enfants aujourd'hui aux numériques et aux écrans.
Ayons ce temps-là. Bruno Le Maire dit ce matin, ce serait une erreur dramatique de ne pas déployer la 5G en France. C'est indispensable. On ne va pas faire ce cadeau à nos adversaires et à nos rivaux économiques de prendre du retard sur le déploiement de la 5G. Ça nous priverait d'avancer en matière de télémédecine, de gestion des flux d'énergie, de gestion des transports. Ce serait un retour en arrière. Vous lui répondez quoi ? Ça ne peut pas être un retour en arrière quand il s'agit de déployer ou pas rapidement une nouvelle technologie. Je dis que les Françaises et les Français, je l'ai dit tout à l'heure, sont des adultes.
Ils ont envie de savoir comment ils vont bénéficier ou pas de la 5G, quels sont les avantages, quelles sont les entreprises qui vont prendre ce marché en main. Et alors que, voyez ce que dit Bruno Le Maire, il dit finalement que les Français vont être les grands bénéficiaires. Non, la réalité c'est que c'est d'abord un sujet de politique industrielle. Prenons-le sérieusement, expliquons aux Français, faisons un peu de pédagogie, et puis je l'ai dit encore, faisons en sorte que, si ça doit se déployer, ça soit fait par des entreprises européennes et non pas par des entreprises chinoises ou même américaines.
Donc pour résumer votre position, pour être assez clair, vous voulez un débat, vous voulez que ce ne soit pas les Chinois et Huawei qui construisent la 5G, mais il n'y a pas dans votre bouche d'opposition, de principe à la 5G. Non, moi j'ai pas de... Vous savez, une technologie, elle peut apporter des bénéfices comme elle peut apporter des dégâts dans la société. Emparons-nous de cette technologie de manière... Faisons confiance à l'intelligence collective des Français une fois. Alors, pensez-vous autre sujet que le nouveau maire écologiste de Bordeaux a raison de renoncer à la tradition du sapin de Noël de la ville parce qu'il ne souhaite pas exposer un arbre mort ?
Nos maires aujourd'hui sont en responsabilité et c'est une responsabilité immense. Je l'ai dit, canicule, inégalité, précarisation, pollution de l'air, sécheresse. Et donc, ils ont la responsabilité aujourd'hui de transformer les villes, les villages pour qu'on y vive mieux. Et c'est ce qu'ils font. Prenons le cas du Saint-Pas-Mort. Le maire de Bordeaux, qu'est-ce qu'il dit dans sa conférence de presse ? Il dit, cet arbre, il fait des centaines de kilomètres sur un convoi exceptionnel pour venir à Bordeaux. L'année dernière, il s'est cassé la figure, cet arbre, parce qu'il y a eu les tempêtes. Eh oui, des règlements. Non, attendez, j'arrive, j'arrive. Et qu'est-ce qu'il dit ?
Vous ne répondez pas à la question, très bien. On vous laisse repréciser ce qu'il a dit. Oui, non, mais qu'est-ce qu'il dit ? Il ne veut pas mettre un arbre mort. Non. La tradition de la... Mais oui, c'est ce qu'il dit. Il n'a pas empêché. Il a dit cette place. Et si on illuminait les arbres qui sont déjà plantés ? Et puis surtout, ce budget. Moi, je veux le donner, c'est ça qu'il dit, je veux le donner aux spectacles vivants. Je veux le donner aux associations culturelles qui sont tellement en difficulté avec le Covid pour que la féerie de Noël que personne ne conteste. Personne n'a dit il faut arrêter les arbres de Noël. Donc une féerie sans sapin. Une féerie sans cette année, ce sapin-là.
Et qu'est-ce qu'il dit ? Il dit, eh bien, on verra. Après Noël, si les Bordelaises et les Bordelais sont contents de la façon dont on fête Noël à Bordeaux. Eh bien, on verra. Trouvez-vous, comme le nouveau maire de Lyon, que le Tour de France véhicule une image machiste du sport et que c'est une compétition qui n'est pas assez responsable à l'égard de la planète ? J'adore le Tour de France. Vous savez, j'adore les Jeux Olympiques, j'adore la Coupe du Monde, j'ai regardé PSG, Marseille hier. Donc contrairement à ce que dit Marlène Schiappa, vous n'êtes pas rabat-joie, vous aimez... Les écologistes n'aiment pas la joie. Non, mais... N'aiment pas la fête. Écoutez, ça est ridicule.
C'est ridicule. C'est elle qui est ridicule ou c'est de dire le Tour de France est machiste et polluant ? Non, franchement, on porte le vélo. On porte le sport. On porte l'éthique du vélo et du sport. Et on adore le côté populaire de tous ces sports qui sont des grands moments de convivialité collective. Mais une société du Tour de France, comme n'importe quelle société aujourd'hui, ne peut pas s'exonérer des pollutions plastiques, ne peut pas s'exonérer des pollutions. à Rennes, où la polémique a commencé, c'est un million d'euros pour une ville d'accueillir le Tour de France. Est-ce qu'on ne peut pas demander au Tour de France, à la société du Tour de France, d'être responsable ?
Donc voilà. On va passer la parole aux auditeurs. Ce qui est certain, c'est que les écologistes ne doivent pas perdre le fil de l'action qu'ils sont en train de mener. Il ne doit pas perdre le fil d'une écologie qui réunit, qui rassemble, qui construit et qui vit bien l'essentiel plutôt que l'anecdotique. Voilà. Ne craignez-vous pas de discréditer les combats prioritaires contre le réchauffement climatique en le parasitant vous-même avec ces polémiques que vous créez vous-même ? On ne les crée pas nous-mêmes. Les réseaux s'en emparent.
Mais si vous me dites qu'il faut faire attention à notre communication, bien sûr, nous faisons des choses essentielles aujourd'hui pour les citoyens, essentielles pour la planète. Les feux, 68% des vertébrés qui ont disparu, c'est la catastrophe partout. On a des projets fantastiques. Portons nos projets et communiquons-nous. La parole aux auditeurs de France Inter. Gérard, bonjour.
Oui, bonjour, Monsieur le Président.
Bonjour, on vous écoute.
Alors, moi, la question que je voudrais poser à Monsieur Jadot est la suivante. La politique des écologistes a toujours été de s'allier au parti de gauche pour exister. Pourquoi faudrait-il être de gauche pour avoir une conscience écologique ?
Merci, Gérard, pour cette question. Yannick Jadot vous répond. Le grand sujet aujourd'hui, je crois, c'est l'achimie qu'on doit construire entre tout l'héritage des combats qui ont été portés par la gauche sur la démocratie, sur les droits humains, sur la justice sociale, avec l'écologie. Mais là, vous avez raison, Monsieur, et je l'ai dit d'ailleurs à l'université d'été du PS, où j'ai été invité, nous devons être dans le dépassement. Aujourd'hui, des humanistes, des progressistes, de toute la société, se retrouvent sur cette idée que l'écologie, ça permet de réconcilier le local et le global contre la mondialisation libérale, le particulier et le collectif contre l'individualisme.
ça permet de réconcilier les Français avec leur territoire, avec leur vie et que dans ce grand dépassement, dans cette grande ambition pour qu'on ait enfin un projet partagé dans notre société, il va falloir rassembler très largement tous les Français. Olivier Faure, le patron du PS hier, si nous partons désunis, alors nous sommes la gauche la plus bête du monde, vous êtes d'accord ? Moi, je respecte les patrons de partis, c'est une responsabilité incroyable dans le monde politique dans lequel on est, les chefs de partis ont leurs contraintes, leurs agendas internes. Ma certitude, ma conviction, c'est qu'on ne peut pas laisser 5 ans de plus à Emmanuel Macron en 2022.
On ne peut pas laisser quelqu'un diriger seul contre les forces vives de notre pays. On ne peut pas laisser un président diriger avec les lobbies contre l'environnement. On ne peut pas laisser un président gouverner pour les premiers de cordée contre la justice sociale. Et donc, notre responsabilité, je l'ai dit au Parti Socialiste comme je l'ai dit ailleurs, c'est de travailler, de travailler, de travailler au collectif, au projet. J'ai proposé à Olivier Faure et au Parti Socialiste de discuter des nouvelles protections sociales et environnementales. Je l'avais dit sur votre antenne, il y a un très grand projet, c'est la sécurité sociale et environnementale.
Comment on intègre les risques que subissent les Françaises et les Français sur les inondations, sur les maladies chroniques, sur les pesticides et comment on construit les grandes transitions professionnelles vers les secteurs d'avenir pour qu'il n'y ait pas un seul salarié au bord de la route. Mais, il faudra un projet, il faudra du collectif, mais il faut une candidature. On ne va pas s'affranchir de la Vème République. Si on veut changer les institutions... Il faut une candidature. Qui ? Mais, vous savez à quel point je défends une candidature écologiste pour 2022.
Au moment où les Françaises et les Français s'emparent de ce sujet, au moment où l'écologie recompose le paysage politique, pour moi, il faut une candidature écologiste, il faut ne pas traîner et ne pas traîner c'est ce qu'ont dit Noël Mamet et José Boré encore dans une tribune. Donc, une candidature écologiste, une candidature insoumise puisque Jean-Luc Mélenchon devrait y aller, peut-être une candidature socialiste et vous pensez l'emporter face à Emmanuel Macron ? Il faudra une candidature de rassemblement, c'est ce que je porte. Jean-Luc Mélenchon sera candidat. C'est acquis. Il a son projet. Et vous ? Moi, je m'y prépare. Je l'ai déjà dit, je m'y prépare.
Dans les semaines qui viennent, je vais à la rencontre des Français comme je le fais toujours. Les betteraviers qui ne veulent pas de néonicotinoïdes. Dans les quartiers qui portent la dynamique qui aimeraient tellement que le plan Borloo sur les banlieues soit mis en oeuvre. Dans ces entreprises qui inventent l'entreprise de demain. Donc, Jean-Luc Mélenchon va y aller, vous allez y aller. Éric Pial va y aller ? Mais j'en sais rien qui va y aller à la fin. Mais ce qui est certain, c'est que moi, je veux une candidature de rassemblement autour de l'écologie parce qu'il y a un chemin pour battre Emmanuel Macron, pour battre Marine Le Pen. On n'a pas... On ne peut pas.
On ne peut pas laisser échapper cette responsabilité. Gérard Rostandard, bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.
Bonjour, M. Jalot. Bonjour. M. Darmanin, ministre de l'Intérieur, apparemment, par tactique électorale ou pour se faire une virginité politique, a lancé une campagne que je qualifierais d'hystérique contre le cannabis et les fumeurs de cannabis. On connaît la réalité nationale. Les chiffres sont là. Est-ce que vous êtes toujours de manière claire pour la dépénalisation, la légalisation du cannabis et une approche beaucoup plus pragmatique comme d'autres pays comparables, l'Espagne, le Portugal, la Suisse qui vient de légaliser, le Luxembourg, etc.
La dépénalisation du cannabis ou sa légalisation, Gérard, merci. Yannick Jadot vous répond. Les écologistes sont responsables et ils veulent une politique efficace. Donc ça passe par la régulation du cannabis ou la légalisation du cannabis. Qu'il y ait une politique d'État sur la production et sur la distribution, c'est un enjeu majeur de santé publique, c'est un enjeu majeur de sécurité. On ne peut pas laisser les gamins devenir addicts du cannabis, fumer du goudron dans des conditions insupportables. On ne peut pas laisser les trafics et les trafiquants mettre sous leur coupe des quartiers entiers. Il faut encore une fois là être lucide, être responsable, être efficace.
Donc la contravention à 200 euros. Et qu'on continue à mettre la tête dans le sable. La France est le pays le plus répressif et c'est le pays de la plus grosse consommation particulièrement de nos jeunes. Affrontons, débattons encore une fois de ce sujet. Vous avez vu la proposition du maire LR de Reims et j'en avais discuté avec Muselier à l'époque quand il était parlementaire européen. Il dit c'est insupportable les gamins de Marseille qui fument du goudron. Sortons de ces postures martiales imbéciles.
Alors pour être sûr d'avoir bien compris dernière question Yannick Jadot ce que vous avez donc dit à Léa Salamé à l'instant c'est que Jean-Luc Mélenchon sera candidat va y aller à la présidentielle et vous aussi. C'est bien cela. Il y aura une candidature écologiste. Non mais je vous demande à vous. Non non mais moi je m'y prépare. On est en train de penser le cadre je m'y prépare et quand ce sera le moment des candidatures je verrai si je suis candidat.
Mais si vous voulez on ne peut pas à la fois se dire qu'on a une chance une responsabilité historique de gagner que Macron 50 plus ce serait une catastrophe que Le Pen ce serait terrible et ne pas se donner tous les moyens dès maintenant pour travailler pour préparer pour avoir un avenir pour notre jeunesse pour que ce pays se rassemble se mobilise se fédère autour d'un agenda positif et franchement se réconcilier avec la nature se réconcilier entre nous c'est un beau projet. Yannick Jadot merci merci monsieur l'eurodéputé Europe Ecologie Les Verts d'avoir été au micro d'Inter ce matin 8h48 c'est un beau projet
c'est un beau projet c'est un beau projet