Franck Allisio : "Déployons en France un grand plan d’équipement pour la climatisation !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Franck Alizio, dans votre parti par exemple, je pense qu'il y a un certain nombre de gens qui sont climato-sceptiques ou en tout cas un peu relativistes.
- 1:42OuverteRéponse directe
Puisque Marine Le Pen, votre patronne, dit qu'il faut lancer un grand plan de climatisation. C'est l'une de ces déclarations...
- 2:15FerméeRéponse directe
Je le lancerai dès notre arrivée au pouvoir. Oui ou non pour vous ? Est-ce une solution ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Alors, oui et oui et non.
- 2:54OuverteRéponse directe
Mais la climatisation, quand on voit évidemment la France, une grande partie de l'énergie vient du nucléaire, donc on se dit que peut-être que la climatisation française est un peu plus de l'électricité, vous avez raison.
- 4:11FerméeRéponse directe
Les Américains vivent différemment, oui ou non ? Est-ce que vous pensez qu'il faut généraliser la climatisation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueChiffre
« 15 000 morts. »
- 0:45Invité politiqueFait
« C'est à partir de 2003 qu'il y a eu la fameuse pièce dans chaque EHPAD, dans chaque maison de retraite, une pièce climatisée. »
- 1:49Invité politiqueFait
« La France est en retard par rapport à une dizaine de grands pays, notamment en retard par rapport à l'Espagne et par l'Italie. »
- 2:12PrésentateurPromesse
« Il est grand temps que la France déploie un grand plan d'équipement pour la climatisation. Je le lancerai dès notre arrivée au pouvoir. »
- 2:39InvitéChiffre
« 25% des émissions de gaz à effet de serre, puisque la réponse, ça doit être en réalité une réponse bas carbone sur des sujets climatiques, elle vient essentiellement du logement. »
- 2:44InvitéChiffre
« 45% de la consommation d'énergie est liée également au logement. »
- 3:10InvitéFait
« L'essentiel de l'énergie en France reste fossile. »
- 11:36InvitéChiffre
« 40 000 morts par an liés à la pollution atmosphérique. »
- 12:40InvitéChiffre
« 2003, 15 000 morts. »
Temps de parole
- Franck Allisio26 %
- Invité22 %
- Invité 216 %
- Invité 314 %
- Présentateur11 %
- Invité 49 %
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Franck Alizio, dans votre parti par exemple, je pense qu'il y a un certain nombre de gens qui sont climato-sceptiques ou en tout cas un peu relativistes.
Non, pas ma connaissance en tout cas. Moi, en 2003, nous sommes tous plus assez jeunes sur le plateau pour du coup avoir le souvenir de 2003. En 2003, il y a eu cette fameuse canicule dont on se souvient tous. 15 000 morts. 15 000 morts exactement. Et donc c'est un souvenir douloureux pour beaucoup d'entre nous. Moi, par exemple, lors de la canicule de 2003, j'ai perdu mon grand-père. J'ai perdu mon grand-père qui est mort en juillet, qui était déjà âgé. Mais je me souviens, il était dans sa maison de retraite. Et dans cette maison de retraite, les chambres n'étaient pas... Enfin, rien n'était climatisé. Il n'y avait pas la fameuse...
C'est à partir de 2003 qu'il y a eu la fameuse pièce dans chaque EHPAD, dans chaque maison de retraite, une pièce climatisée. Il n'y avait pas... Et je me souviens encore me dire... Alors, mon grand-père avait toujours été à la dure. Donc, même chez lui, il n'avait pas climatisation et tout. Mais cette année-là, cet été-là, il en fallait. Et en plus, dans l'état de fragilité où il était, il aurait pu en avoir besoin. Et elle n'était pas là. Et ça a été le cas pour 15 000 victimes, vous l'avez dit.
C'est pour ça que, lorsque Marine Le Pen parle d'un plan climatisation, c'est qu'en effet, dans nos services publics, c'est-à-dire là où on a les plus fragiles d'entre nous, soit les tout-petits, soit nos aînés, nos hôpitaux, nos écoles, nos EHPAD, nos maisons de retraite, eh bien, oui, que ce soit privé ou public, d'ailleurs. Eh bien, oui, c'est là qu'on doit retrouver. Parce que, devant les fortes chaleurs, comme devant le grand froid, d'ailleurs, nous ne sommes pas... nous ne sommes inégaux. Alors, puisque vous parlez de la climatisation, allons-y. Par fragilité ou pour des raisons sociales, oui.
Puisque Marine Le Pen, votre patronne, dit qu'il faut lancer un grand plan de climatisation. C'est l'une de ces déclarations...
D'abord, parce que la France est en retard par rapport à une dizaine de grands pays, notamment en retard par rapport à l'Espagne et par l'Italie, et que donc, dans un programme de rénovation des bâtiments, avec, évidemment, une climatisation ou des rafraîchances d'air, ou quelque chose de raisonnable et de raisonné. Je lis sa déclaration. On est climatisés et c'est raisonnable. Vous voyez, l'idée n'est pas d'être à 19 degrés, lorsqu'à l'extérieur, il fait 40 degrés, on n'en est pas là.
Je lis sa déclaration. Il est grand temps que la France déploie un grand plan d'équipement pour la climatisation. Je le lancerai dès notre arrivée au pouvoir. Oui ou non pour vous ? Est-ce une solution ?
Alors, oui et oui et non. Et ce n'est pas une réponse de Normand, bien que je le sois. La question, en fait, de la climatisation va traiter essentiellement le symptôme, mais pas la cause et ça peut y avoir un effet sur la cause aggravant, notamment en matière de dépendance énergétique. Vous parliez tout à l'heure du logement, 25% des émissions de gaz à effet de serre, puisque la réponse, ça doit être en réalité une réponse bas carbone sur des sujets climatiques, elle vient essentiellement du logement et 45% de la consommation d'énergie est liée également au logement.
Mais la climatisation, quand on voit évidemment la France, une grande partie de l'énergie vient du nucléaire,
donc on se dit que peut-être que la climatisation française est un peu plus de l'électricité, vous avez raison. L'énergie vient encore largement des énergies fossiles en France. C'est une confusion qui est très souvent faite, on confond l'électricité et l'énergie. Or, l'essentiel de l'énergie en France reste fossile. Là, c'est de l'électricité pour la climatisation. Là, pour les systèmes de climatisation, c'est de l'électricité, mais pas pour le chauffage de bâtiments, par exemple.
Donc, est-ce que la climatisation française, est-ce qu'il y a une sorte de cocorico français pour dire que la climatisation française est plus propre que d'autres ?
Il est certain que le mix électrique français est plus propre que d'autres. Après, il y a d'énormes progrès qui ont été faits aussi en matière de technique dans le bâtiment. On fait aujourd'hui un système de climatisation largement décarboné avec de la circulation d'air. Ça implique simplement souvent de les aménager au moment de la construction du bâtiment et ça implique de faire des plans de rénovation d'ampleur. Or, aujourd'hui, un problème structurel en France, c'est l'état du parc immobilier. Nous sommes dans des rares pays européens avec des bâtiments d'habitation qui s'effondrent littéralement dans les centres-villes, à Paris ou à Merseille.
On a un parc immobilier qui est en très, très mauvais état et donc une vraie nécessité de repenser la rénovation énergétique des bâtiments qui passe évidemment par éviter le fait que ce soit des passoires énergétiques en hiver.
Vous ne répondez pas sur la climatisation parce qu'on voit bien que c'est un sujet central. Les Américains vivent différemment, oui ou non ? Est-ce que vous pensez qu'il faut généraliser la climatisation ? Oui ou non ? Vous dites quoi ?
Moi, je réponds très clairement. Je pense qu'il faut de la climatisation effectivement dans les hôpitaux naturellement, dans les EHPAD évidemment. Pour l'école, ça me paraît évident. Mais il y a aussi... En fait, c'est un problème qui doit être traité de manière systémique. Et le problème, c'est que ça a des conséquences politiques fortes.
Donc oui, c'est non ?
Je dis oui, oui quand c'est nécessaire, bien sûr. Nous sommes dans une nouvelle époque. On considère normal de devoir se chauffer en hiver. Il va falloir se refroidir également en été. Il va falloir évidemment le faire de façon décarbonée. Mais ces sujets d'adaptation, ce sont des sujets régaliens. Vous discutez souvent de questions de sécurité sur ce plateau qui sont évidemment essentielles. Il faut que les questions d'adaptation deviennent aussi de véritables questions de sécurité, de protection des personnes.
Les gens achètent le nom de climatisation.
Ce n'est pas besoin que l'État, que pas l'État le dise. Non, non, c'est une question de rénovation énergétique. Ce n'est pas juste acheter un climatiseur que vous allez brancher chez vous. Ce qui est très important, c'est que les bâtiments publics, notamment le métro, parce qu'on veut que les Français prennent moins de leur voiture, ne polluent pas Paris, surtout en ce moment où c'est très pollué, prennent le métro, mais il faut que les métros soient bien climatisés. Et je me souviens d'avoir vécu à New York en 77, et je regardais les rames qui arrivaient pour essayer de choper les wagons climatisés, parce que sinon c'était infernal. Donc il faut évidemment que le métro soit climatisé.
J'ai passé la journée à travailler très agrément dans un bâtiment superbe, donc la France devrait être fière. C'est le musée, l'ancien musée colonial, le musée aujourd'hui de l'immigration, qui est la porte dorée. C'est absolument magnifique. Vous êtes allé pour la clim ? Non, je suis allé parce que j'ai donné une conférence de géopolitique là-bas, lors d'un forum, et je me suis aperçu qu'il y avait des pièces, des salons magnifiques, climatisés. Et donc j'ai travaillé, j'ai écrit ma chronique là-bas. Mais je me suis dit, et j'ai trouvé que cette idée du maire était tout à fait astucieuse, mais il fait trop chaud dans l'école, pourquoi pas aller au musée et climatiser ?
Mais attendez, quand vous avez un Pierre Hurnique sur notre antenne tout à l'heure qui dit, lui, il a la clim, la clim est installée dans son bureau de maire de Bordeaux, mais il refuse de l'allumer.
Il fait un petit peu ce qu'il veut. Moi, ce qui me choque beaucoup plus, c'est quand j'entends la ministre tout à l'heure, moi je partage les interrogations de Mme Forger qui disait, depuis 2003, du coup, c'est pas comme si c'était exceptionnel. On entend exceptionnel, ce n'est pas exceptionnel, c'est maintenant régulier. Donc la question, c'est qu'est-ce qui a été fait depuis ces années par des gens qui aujourd'hui nous disent, mais c'est exceptionnel. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On va fermer les écoles ? Chez moi à Marseille, on a fermé des écoles, on ferme des écoles et on conseille d'aller au cinéma. Ce n'est pas une solution.
Et puis, ce n'est pas, encore une fois, l'idée c'est d'avoir un plan de climatisation décarboné, raisonné, raisonnable. Ce n'est pas la climatisation à l'américaine à 16 ou 17 degrés. C'est quelque chose de tempéré, comme nous l'avons ici sur le plateau par exemple. Il y a d'autres questions. À Marseille encore, la végétalisation n'est pas dans des villes comme Marseille. Tout à l'heure, vous le disiez, monsieur, le centre-ville de Marseille, l'immobilier ancien est très vétuste. Donc on y étouffe littéralement. Là, on a rénové une place, une belle opération, mais la place Castellane. Et il n'y a pas de végétalisation, c'est très minéral.
On a l'impression qu'on n'a rien appris depuis 20 ans de tout cela. Donc voilà, je ne parle pas. Je pourrais vous parler longtemps. Les barbecues, chez moi, il y a aussi le problème à Marseille et autour de Marseille, des incendies. Les incendies, les risques d'incendie. On voit des barbecues sauvages. Vous voyez, ça, par exemple, c'est une question de sécurité, c'est une question de dente publique. Ça, c'est des barbecues sauvages qui mettent tout le monde en danger. Eh bien, la question se pose également.
– Félicité à Anne Hidalgo sur ce plateau. Je ne pense pas qu'elle reçoive beaucoup de félicitations de la part du Figaro, mais moi, je veux l'appeler. Pour sa politique de végétalisation. Je suis revenu en vélo, tel un bobo hidalguiste, de mon musée d'apport d'or. – Vous n'imaginez pas en bobo. – À condition du coup, voilà, mais j'étais, voilà. – Et j'ai pris l'avenue d'Auménil et j'ai remercié, parce qu'il y a des arbres partout, c'est végétalisé et c'est beaucoup plus agréable dans ma jeunesse. Moi, je trouve que c'est la végétalisation de Paris. C'est un grand succès et qu'il faut que ce soit, j'espère que le maire…
– Est-ce que ça peut être fait, y compris dans des villes au départ très minérales comme Paris ? – J'espère que la personne qui succédera à Anne Hidalgo comme maire, je ne sais pas qui ce sera, le fera également.
– Mais comment se fait-il qu'un sujet qui est un sujet climatique systémique, qui concerne la nation, qui concerne la France dans son ensemble, on puisse encore le traiter comme des cas d'école à l'échelle de Paris, comme une bonne pratique, alors qu'en réalité, depuis plus de 20 ans, on devrait avoir un plan national qui explique aux élus, parce que la problématique, c'est une problématique de compétence ou de volonté politique, et ça, au niveau local, on peut le voir, ou même de vision.
Et donc, à un moment donné, il faut effectivement un cadre, un cadre national qui tienne compte réellement des enjeux, mais des enjeux sur le temps long, parce que le climat, c'est un sujet de temps long, et pas dans le cadre de commentaires politiques, où, en fait, on commente l'actualité, on propose quelques mesures, et puis on se dit, à ma foi, ça fait preuve d'un exemple qui ne sera jamais reconduit nulle part. – Mais ça, c'est le grand drame de l'écologie, c'est que toutes les solutions existent, mais souvent à petite échelle, et qu'il y a un vrai enjeu de massification et de déploiement à grande échelle, ce qui est souvent dans des moyens et des plans de stratégie politique.
– Non, c'est une question politique, où, en fait, on doit sortir de la querelle partisane pour tenir compte du bien-être et de l'intérêt des Français, et voire même, puisque c'est une question de vie ou de mort, on disait tout à l'heure, je ne sais plus combien, 15 000 morts en 2003. – Écoutez, c'est une écologie idéologique et une écologie pratique. – Exactement, tout à fait. – C'est l'écologie qui nous a fait fermer, qui a fait à Macron et à son Édouard Philippe, fermer Fessenheim, qui marchait comme une horloge, qui marchait comme une horloge, pour des raisons totalement idéologiques, plaire à, comment il s'appelait, Hulot ? Hulot, c'est ça, le ministre ? – Hulot.
– Voilà, le ministre vert, qui a de toute façon trahi Macron ensuite, et plaire à Angela Merkel, qui avait stupidement supprimé le programme du Québec.
– Jusqu'où les villes vont-elles changer ? Et la vie et les villes ? Écoutez, Vincent Jambrun, sur l'urbanisation, vous parlez de la végétalisation, vraiment la verdure dans les villes qui va changer, qui devrait changer la donne.
– On a le retour de bâton, qui a été initié par une écologie punitive du courant politique, typiquement, Europe Écologie, Les Verts, LFI, qui, dans son discours permanent de « il faut à tout prix empêcher la fin du monde », a tellement oublié le débat sur la fin du mois et sur la capacité de changement d'un point de vue social et sociétal, qu'on a créé une telle colère, une telle frustration, un tel sentiment d'injustice, pour ceux qui disent « mais alors moi, je ne pourrais plus aller dans les grandes villes, mais moi, je ne vais plus pouvoir me chauffer ».
Et donc, au bout d'un moment, ils nous disent « vos enjeux écologiques, c'est bien mignon, mais moi, je dois donner à manger à mes enfants à la fin de la semaine ». Et si on veut finalement trouver le chemin qui nous permette d'avoir une vraie transition, eh bien, il faut regarder les deux sujets en même temps, la fin du monde, la fin du mois, et on accompagne de manière pragmatique. Typiquement, moi, je suis convaincu qu'il faut qu'on baisse la pollution atmosphérique et chimique dans les métropoles. Donc, les ZFE, en cela, posaient la bonne question. Il y a 40 000 morts par an liés à la pollution atmosphérique, il faut l'affirmer.
Pour autant, je voyais aussi, j'étais maire pendant 10 ans, des gens qui me disent « mais moi, je n'ai pas les moyens de changer de voiture, comment je fais ? Je ne pourrais plus me déplacer, je suis une personne âgée, les transports en commun, ce n'est pas adapté ». Et donc, je faisais partie de ceux qui disaient « il faut avoir cette ambition écologique, mais on ne peut pas le faire sans une transition sociale, un accompagnement social qui permette à tous ceux qui sont de bonne volonté de le faire ». Regardez le passif, 2003,
puisque tout remonte à cela, la séquence est assez terrible, c'est Matéi, qui est à l'époque ministre de la Santé, qui se trouve hors de Paris, il est dans sa résidence de vacances, il répond à distance à la télévision et la scène a dit tout de l'inconscience qu'il y avait encore à l'époque, puisqu'il est en polo, et ça lui a été beaucoup reproché de ne pas rentrer plus vite à Paris et de prendre la mesure de ce qui se passait.
Je ne pense pas du tout qu'il y ait eu de sous-estimation pour sous-estimer, il faut être averti. Or, cette canicule n'était pas prévisible. Ce que nous avons fait dès le mois de juin, c'est que nous avons organisé beaucoup mieux que l'an dernier. Voilà, 2003, 15 000 morts. Il faut reconnaître que nous avons quand même sensiblement progressé sur la question des messages de prévention, nous en parlons ce soir, sur la question de la formation du corps médical, de la préparation du SAMU, des hôpitaux. Aujourd'hui, on n'est plus sur des chiffres de mortalité comme cela. Néanmoins, on voit bien qu'il y a une nécessité d'adapter le pays à cette nouvelle norme.
Ça va passer par, effectivement, l'adaptation, la rénovation thermique des bâtiments, aussi par l'adaptation des horaires de travail, par exemple, notamment pour les ouvriers à l'école ou les ouvriers du bâtiment. Moi, j'avais écrit à ce moment-là dans le Figaro, un petit édito qui s'appelait « Barbarie française » en 2003. Pourquoi « Barbarie française » ? Parce qu'on s'était aperçu qu'en fait, beaucoup de familles françaises avaient laissé leurs vieux dans des EHPAD, etc., pour aller eux-mêmes, si vous voulez, en vacances, profiter des vacances en Espagne ou au Portugal. Oui, il faisait très chaud aussi, d'ailleurs. Et donc, l'État ne peut pas tout, effectivement.
Et si on est dans une société où on laisse tomber ses vieux, comme dans le film « Les nouveaux monstres », vous vous en souvenez, il y a cette scène où on amène la pauvre vieille dame de force à la maison de retraite. Il y avait quand même une responsabilité des Français à se désintéresser de leurs aînés, de leurs parents, simplement pour leurs plaisirs hédonistes. Et donc, je pense que lorsqu'il y a des phénomènes de ce type, eh bien, ce n'est pas à l'État de tout faire. C'est évidemment un coup d'impérissage de la part du gouvernement. À l'époque, en 2003, on n'avait rien préparé, on avait été complètement pris par surprise.
Et l'image de Jean-François Matéi, qui a d'ailleurs dû démissionner à la suite de cette séquence, dit tout...
Pas juste après, un peu plus tard,
en 2004. Dit tout de l'inconséquence que nous avions à l'époque.
Et gardons toujours à l'esprit l'idéologie, pragmatisme. Vous l'avez dit tout à l'heure, c'est un peu l'idée de Marine Le Pen. Il ne peut pas avoir d'un côté le progrès, c'est bon, mais pour certains, pour les plus aisés, pour... Voilà. Et la sobriété contrainte, c'est pour les autres, c'est-à-dire les plus fragiles et les plus modestes. Voilà. Donc, quand on parle plan climatisation, c'est parce que oui, pour les services publics, on parlait des transports publics, c'est vrai. Pour ceux qui prennent l'essence en transports publics, pour les écoles, pour les hôpitaux, eh bien oui, la climatisation est, encore une fois, raisonnée, décarbonée, raisonnable, mais ça doit être la solution.
C'est le progrès, c'est le progrès technique, c'est l'histoire de l'humanité. Mais c'est pour ça que la rénovation, c'est la rénovation.
Franck Allisio