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ChroniqueHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 8 avril 2021 10 minActualité / polémiqueJusticeSantéInstitutions & élections

Retour à la vie normale en septembre, implication de la France au Rwanda, ENA... Actus du jour

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    « Selon les chiffres de l'ONU, ce massacre perpétré par les Hutus sur les Tutsi a fait au moins 800 000 morts et il est considéré comme étant un génocide majeur de l'histoire. »
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    « En gros, la France a apporté un soutien diplomatique, financier et militaire au gouvernement rwandais qui était dirigé par les Hutus au début des années 90, lors de la guerre civile au Rwanda. »
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    « « l'aveuglement de François Mitterrand » qui était donc le président à l'époque. »
  • 2:16PrésentateurFait
    « Il reconnaît notamment que la France n'a, je cite, « pas accompli assez face à ce génocide ». »
  • 2:27PrésentateurFait
    « Il défend notamment l'opération turquoise, une opération française qui a eu lieu en 1994 dont l'objectif affiché était d'empêcher le génocide. »
  • 4:14PrésentateurFait
    « un retour à la vie normale en France au mois de septembre 2021 semble malheureusement très compliqué. »
  • 4:41PrésentateurChiffre
    « En fait, d'après les chercheurs de l'Institut Pasteur, à cette date, seul un Français sur cinq aura été infecté et contaminé par le virus. »
  • 5:01PrésentateurFait
    « la seule solution pour retrouver une vie tout à fait normale au 1er septembre sans avoir une saturation des hôpitaux serait de vacciner 90% des adultes. »
  • 5:22PrésentateurChiffre
    « Selon Santé publique France, ils sont environ 40% à être opposés à la vaccination ou au fait plutôt de se faire vacciner parmi les 50-64 ans. »
  • 5:26PrésentateurChiffre
    « ce chiffre monte à plus de 60% pour les 18-24 ans. »
  • 6:47PrésentateurChiffre
    « la France vient de franchir aujourd'hui les 10 millions de personnes ayant reçu au moins une dose du vaccin dans le pays. »
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    « Et ça fait, pour autre info, un peu plus de 14% de la population du pays. »
  • 7:59PrésentateurFait
    « l'école nationale de l'administration. Alors, c'est l'école qui forme les hauts fonctionnaires, donc les personnes à la tête de l'État. »
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    « Le côté méritocratique est pas mal contesté et le profil des étudiants est jugé trop peu varié. »
  • 8:32PrésentateurChiffre
    « seulement 1% des personnes qui font l'ENA ont un parent ouvrier. »

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Nous sommes en guerre. Maintenant, je vais personnellement, je m'étouffe. Accélère ! Accélère ! Ils sont aux jandres du pognon ! Merci. Vous laissez la star tranquille. Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. Gros programme, comme chaque jour, on est parti pour un nouveau résumé de l'actualité en moins de 10 minutes. Et on commence donc avec un élément beaucoup dans l'actualité en ce moment et qui mérite qu'on s'y penche. La France est accusée d'avoir eu une part de responsabilité et d'être potentiellement complice dans le massacre de la minorité Tutsi au Rwanda dans les années 90. Alors remettons un peu de contexte dans tout ça pour bien comprendre de quoi on parle.

Entre avril et juillet 1994, les trois quarts de la population Tutsi, donc une ethnie de la région des Grands Lacs Africains, a été massacrée au Rwanda par une autre ethnie, celle des Hutus. Alors selon les chiffres de l'ONU, ce massacre perpétré par les Hutus sur les Tutsi a fait au moins 800 000 morts et il est considéré comme étant un génocide majeur de l'histoire. Alors si on en parle aujourd'hui, c'est parce que hier, c'était le 27e anniversaire, si on peut employer ce terme, du début du génocide.

Et à cette occasion, un rapport de 14 historiens a été remis il y a deux semaines à Emmanuel Macron, dans lequel ces historiens pointent clairement du doigt la responsabilité de l'État français dans ce massacre. En gros, la France a apporté un soutien diplomatique, financier et militaire au gouvernement rwandais qui était dirigé par les Hutus au début des années 90, lors de la guerre civile au Rwanda. Mais le gouvernement français est aussi du coup soupçonné d'avoir poursuivi ce soutien aux Hutus pendant le génocide des Tutsis en 1994. Ce rapport d'historien révèle notamment, je cite, « l'aveuglement de François Mitterrand » qui était donc le président à l'époque.

Selon les historiens, il aurait ignoré les mises en garde de personnes présentes sur place sur les risques de génocide au Rwanda. D'ailleurs, Alain Juppé, qui était le ministre des Affaires étrangères à l'époque, a réagi à ce rapport en publiant une tribune dans le journal Le Monde. Il reconnaît notamment que la France n'a, je cite, « pas accompli assez face à ce génocide ». En quelque sorte, donc, il reconnaît une faute de la France. Mais il explique que certaines choses ont bien été faites. Il défend notamment l'opération turquoise, une opération française qui a eu lieu en 1994 dont l'objectif affiché était d'empêcher le génocide.

Par ailleurs, c'est important de noter que ces historiens pointent du doigt, du coup, une responsabilité très claire de la France dans ce génocide, mais ne parlent pas eux-mêmes de complicité de la part de l'État français dans ce génocide. Ce terme de complicité, c'est un terme qui est très fort d'un point de vue juridique. Et donc, les historiens estiment que c'est à la justice de trancher si jamais l'État français était complice du génocide du Rwanda. En tout cas, hier, la France a annoncé l'ouverture au public d'archives sur le Rwanda pour faire avancer, je cite, « la vérité historique sur le génocide des Tutsis ».

De son côté, le président rwandais Paul Kagame a salué le rapport et estime qu'il marque un important pas en avant, des avancées donc qui pourraient apaiser potentiellement les tensions entre la France et le Rwanda qui ont toujours été très tendues depuis le génocide. Enfin, vous l'imaginez, certains rescapés de ce génocide espèrent, eux, que la France va aller plus loin. Ils veulent tout simplement des excuses de l'État français, ce qui irait pas mal à l'encontre du discours de la France ces dernières années qui avaient plutôt tendance à reconnaître éventuellement la responsabilité mais à refuser tout terme de complicité et à refuser toute excuse dans ce génocide.

Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet qui est très complexe qui est impossible d'ailleurs à résumer parfaitement dans une vidéo comme ça mais c'est un sujet qui est ô combien important sur la responsabilité de la France et sur la mémoire pour ces centaines de milliers de personnes qui ont été massacrées dans ce génocide. Allez, on continue avec l'autre sujet du jour. Selon l'Institut Pasteur qui étudie en fait le coronavirus depuis le début de la pandémie, un retour à la vie normale en France au mois de septembre 2021 semble malheureusement très compliqué.

En fait, plusieurs épidémiologistes ont fait des estimations pour savoir si oui ou non le 1er septembre en France on pourrait assister à la fin de l'épidémie donc en gros on pourrait arrêter totalement les gestes barrières, les masques, lever les restrictions, etc. Eh bien, spoiler alert, ça semble un peu compromis malheureusement. En fait, d'après les chercheurs de l'Institut Pasteur, à cette date, seul un Français sur cinq aura été infecté et contaminé par le virus ce qui ne suffit pas à créer ce que l'on appelle une immunité collective, c'est-à-dire le moment où assez de personnes auront été contaminées pour être protégées et donc empêcher la circulation du virus au sein du pays.

Conséquence logique, la seule solution pour retrouver une vie tout à fait normale au 1er septembre sans avoir une saturation des hôpitaux serait de vacciner 90% des adultes. Mais alors, est-ce que c'est réalisable ? Eh bien, là encore, ça paraît compliqué. En effet, une partie des Français est toujours opposée à l'idée de se faire vacciner. Selon Santé publique France, ils sont environ 40% à être opposés à la vaccination ou au fait plutôt de se faire vacciner parmi les 50-64 ans et ce chiffre monte à plus de 60% pour les 18-24 ans. Alors disons les choses clairement, si ces personnes ne changent pas d'avis, ce sera impossible d'arriver à 90% d'adultes vaccinés au 1er septembre.

Par ailleurs, deux autres éléments qui tentent à rendre ce rapport de l'Institut Pasteur plutôt pessimiste. Déjà, avec l'été et les vacances, les gens auront peut-être au moins l'épidémie en tête et donc ils seront peut-être moins nombreux à vouloir se faire vacciner. Et puis au-delà de ça, même si tout le monde est d'accord pour se faire vacciner, il faudrait que toutes les doses soient livrées et administrées à temps, ce qui en l'occurrence n'est pas forcément garanti avec la pénurie de doses ou encore le manque de personnel dans le pays.

Alors l'une des solutions évoquées par les épidémiologistes pour atteindre cette immunité collective qui permettrait de freiner la circulation du virus au sein de la population, ce serait d'ouvrir la vaccination aux mineurs. En Israël, par exemple, la vaccination de jeunes de 12 à 15 ans va débuter en mai, ce qui permettrait de compenser la part d'adultes qui ne sont pas vaccinés au sein de la population. Le truc, c'est que là encore, ce n'est pas prévu pour cet été en France. Pour l'instant, le calendrier de vaccination annoncé par Emmanuel Macron ne concerne que les adultes, probablement par manque de doses.

Au passage, d'ailleurs, la France vient de franchir aujourd'hui les 10 millions de personnes ayant reçu au moins une dose du vaccin dans le pays. Et ça fait, pour autre info, un peu plus de 14% de la population du pays. Bref, la fin totale des gestes barrières et des restrictions pour le 1er septembre, ça semble plutôt compliqué. Cela dit, histoire de finir quand même sur une note assez positive malgré tout, il faut bien comprendre qu'il peut y avoir un relâchement des mesures avant d'atteindre cette barre symbolique des 90% de personnes vaccinées. Il y a quelques semaines, par exemple, je vous parlais d'Israël ou même du Royaume-Uni qui rouvre les bars, les restaurants, etc.

ces derniers jours. Je pourrais aussi, d'ailleurs, vous parler des concerts test qui se multiplient un peu partout dans le monde. Bref, tout ça pour dire qu'il n'y a pas besoin d'attendre 90% de personnes vaccinées pour commencer à relâcher les mesures. Bref, voilà, logiquement, plus la vaccination avance, plus des mesures de relâchement pourront être mises en place dans les semaines qui viennent. Allez, comme chaque jour, on est parti pour un résumé de l'actualité. En bref, on commence avec cette première actu. Emmanuel Macron a annoncé aujourd'hui la suppression de l'ENA.

Alors, pas l'ENA situation, évidemment, pas d'inquiétude, elle va très bien, mais bien l'école nationale de l'administration. Alors, c'est l'école qui forme les hauts fonctionnaires, donc les personnes à la tête de l'État. Et un certain nombre de présidents ont d'ailleurs fait cette école, comme Emmanuel Macron, François Hollande ou encore Jacques Chirac à l'époque. Cette école avait été créée par le général de Gaulle en 1945 avec l'objectif de permettre à tout le monde d'occuper les plus grands postes de l'État. Le truc, c'est qu'aujourd'hui, le côté méritocratique est pas mal contesté et le profil des étudiants est jugé trop peu varié.

Par exemple, seulement 1% des personnes qui font l'ENA ont un parent ouvrier. Et du coup, certains reprochent à l'école une certaine déconnexion avec la réalité. Emmanuel Macron veut donc remplacer l'ENA par une nouvelle école avec des profils plus variés qui viendraient de plein d'universités différentes, alors qu'aujourd'hui, quand même, une immense majorité des étudiants qui entrent à l'ENA sont passés notamment par Sciences Po.

Allez, deuxième sujet, un peu plus léger pour continuer, les Français écrivent trop depuis le début du coronavirus et c'est pas moi qui le dis, en fait, c'est la maison d'édition Gallimard qui vient tout simplement de demander à ce qu'on arrête au moins temporairement de leur envoyer des manuscrits, car ils en reçoivent beaucoup trop ces derniers jours. En fait, depuis un an, le nombre de textes qui lui sont envoyés chaque jour dans l'espoir d'être publiés a presque doublé et c'est une situation qu'on retrouve de façon comparable chez d'autres maisons d'édition.

Le problème, c'est qu'au-delà du fait qu'il y a davantage de textes qui sont envoyés, eh bien, avec la fermeture des librairies, il y a eu un certain nombre d'ouvrages qui étaient prêts à être diffusés et qui ont, en fait, été retardés dans leurs parutions. Bref, il y a une sorte d'embouteillage avec plus de textes qui sont proposés et moins d'espace pour les commercialiser et les vendre ces derniers jours. Après, évidemment, là, c'est une situation temporaire. Gallimard va continuer à recevoir des manuscrits mais c'est simplement que dans la période actuelle, eh bien, il y en a beaucoup trop.

A noter au passage que si les Français aiment écrire, eh bien, ils ne lisent pas forcément plus puisque selon une étude récente du Centre National du Livre, eh bien, même confinés, les Français lisent de moins en moins de livres au fil des années. Voilà, c'est la fin de ce résumé de l'actualité du jour. Évidemment, pensez à vous abonner pour ne pas rater le suivant, quelle que soit d'ailleurs l'application que vous utilisez pour m'écouter. Rendez-vous aussi sur YouTube et sur Instagram pour d'autres contenus d'actualité exclusifs. Écoutez, je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous et on se dit à très vite.

10:19
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Sous-titrage Société Radio-Canada