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AutreLCP (sur YouTube)· 28 octobre 2026 53 minDivertissementEurope & internationalCulture, médias & sportÉconomie & entreprises

Exception cuIturelle, la bataille qui a sauvé le cinéma français | Documentaire complet LCP

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « À la tête de la prestigieuse Motion Picture Association of America, j'ai défendu les intérêts d'Hollywood. Mon job ? faire en sorte que les films américains inondent le monde entier. »
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    « les Français s'y opposaient invoquant leur maudite exception culturelle. Selon eux, le cinéma n'était pas une marchandise et devait être protégé. »
  • 12:15non_speechFait
    « Si vous voulez en voir et en écouter d'autres, il faut que vous aidiez le cinéma français parce qu'il est en danger de mort. »
  • 13:19non_speechChiffre
    « Lorsque vous allez voir un film au cinéma, que ce soit un film français, un film espagnol ou un film américain, la même le même pourcentage est pris sur le billet pour aller au CNC viser l'aide à la création des prochains films. »
  • 14:02non_speechFait
    « Les Américains parlaient de forteresse Europe. »
  • 21:18non_speechChiffre
    « Ils ont déjà 60 % de notre marché. Ils ont encore plus en Europe, on peut pas leur laisser 100 %, c'est impossible. »
  • 22:01non_speechFait
    « aucun cas, le cinéma ne peut être assimilé à à une industrie comme une autre et en ce sens, il faut vraiment qu'on lui confère ce caractère d'exception et que si cet espace de liberté n'est plus protégé, le cinéma meurt. N'existe plus. »
  • 31:48non_speechFait
    « On savait déjà à l'époque que le cinéma allemand et que le cinéma italien s'était réduit comme pot de chagrin dans la mesure où aucune obligation n'existait pour monsieur Berlusconi en en Italie ou pour monsieur Kirch en Allemagne. »
  • 47:24non_speechFait
    « Les Américains acceptent de signer un accord du GAT et il y aura pas d'engagement européen sur l'audiovisuel. »

Temps de parole

  • ?100 %

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0:16
Locuteur

Vous ne me connaissez pas et pourtant j'ai comme toutes les stars américaines mes empreintes sur Hollywood Boulevard. Je m'appelle Jack Volenty. Je suis né à Houston au Texas. Pendant presque 40 ans, j'ai régné sur le cinéma américain. J'ai côtoyé les plus grandes stars, fréquenter les actrices les plus talentueuses et connu pas moins de h présidents à la Maison blanche. À la tête de la prestigieuse Motion Picture Association of America, j'ai défendu les intérêts d'Hollywood. Mon job ? faire en sorte que les films américains inondent le monde entier. Sans me vanter, [musique] je peux dire que j'ai plutôt réussi ma mission. Rien ni personne ne me résistait.

Pourtant une fois, une seule fois j'ai échoué à cause de ces fichus français. C'était en 1993. À l'époque, les Américains militaient pour que les films intègrent les accords de libre échange faisant du cinéma un produit comme un autre. Mais les Européens et en première ligne les Français s'y opposaient invoquant leur maudite exception culturelle. Selon eux, le cinéma n'était pas une marchandise et devait être protégé. Action ! Alors, Américains et Français se sont affrontés pendant de longues mois. Dans cette histoire, comme dans tout bon film de cinéma, chacun avait son rôle. J'avais hérité de celui du [musique] méchant.

Il y avait aussi le boss ou plutôt [musique] les boss car ils n'étaient pas tout seul. Le bureau, le stratège, c'est là-dessus qu'Alexandre Dumafis a écrit la dame au caméia. Le rusé est celui dont tout le monde se méfiait. Des hauts fonctionnaires allaient même se transformer en espion. Tout ce beau monde était un ordre de bataille pour défendre ses positions sur le cinéma et remporter un combat qui s'annonçait sans pitié. [gémissement] [cri] [cri] Ah. En 1993, je suis l'un des premiers à découvrir les dinosaures qui vont faire trembler les spectateurs du monde entier. La France n'avait pas échappé à la déferlante Jurassic Park qui n'était pas seulement un film mais une marque.

Vérifie que ton dinosaure est bien tatoué Jurassic Park. L'aventure de la préhistoire c'est maintenant et c'est à Jurassic Park. Alors on va répéter s'il vous plaît. Silence partout. Passez tout le monde. Les Français avaient décidé de contre-attaquer avec le film Germinal, produit et réalisé par Claude Berry, l'un des hommes forts du cinéma français. Silence, s'il vous plaît. Alors, déjà l'ag C'est lui qui avait créé l'ARPE, l'association des réalisateurs et producteurs qui allait bientôt me donner du fil à retordre.

Germinal sur les écrans 300 salles dans toute la France à partir de mercredi 6 mois de tournage et un budget colossal pour ce film qui mettait en scène le célèbre roman des milola en avant-première le film est montré aux gens du nord ce soir à l'île nous retrouvons tout de suite Bruno Mazur bonsoir Bruno bonsoir Hervé Ben je peux vous assurer que ce n'est pas le grand soir à Lille ici mais on en est pas loin en tout cas c'est l'excitation du grand soir François Mitteron vient tout juste d'arriver dans une pagaille indescriptible et que je ne décrirai donc pas toute l'équipe du film vient également d'arriver Ce duel entre les dinosaures américains et les mineurs du nord révélé deux approches opposées du cinéma.

Bon, il y a deux grands films cette année. Il y a le vôtre et il y a Jurassic Park. Est-ce que vous y voyez un symbole vous alors que le cinéma français est parti dans une lutte de défense de son identité ? Alors, je dirais que la lutte d'un côté de Germinal et de l'autre côté Jurassic Park, il y a d'un côté la médiation du contenu et de l'autre côté il y a la médiation du marchandis. Cette bataille sur écran géant était devenue le symbole d'un autre affrontement de plus grande ampleur. une guerre commerciale entre les États-Unis et la France déterminante pour l'avenir du cinéma et qui allait se jouer en trois actes.

Au moment où Jurassic Park et Germinal sont à l'affiche, 115 pays discutent de la libéralisation des échanges. Ces négociations commerciales de GAT ont démarré 7 ans plus tôt en 1986 à Punte d'Alesté, d'où leur nom Uruguay Round. Le GAT, c'est le grand bazar du commerce international. Une sorte de super monopolie où le jeu consiste à négocier les tarifs doués. Les gouvernements du monde entier discutent depuis 7 ans, mais ils n'ont plus que quelques mois pour boucler les tractation. Un accord doit être impéritivement signé au plus tard le 15 décembre de cette année 1993. Il faut se replacer dans le contexte de l'époque. On est dans la mondialisation heureuse.

Donc l'objectif c'est de libérer les échange parce que le libre échange va amener la croissance mondiale et permettre de lutter contre les inégalités. Donc on a un peu de mal à se remettre dans cette dans ce contexte là aujourd'hui où le monde se refraente. On met tout sur la table. les Airbus, les céréales, les contrats d'assurance, tout ce qui peut être vendu et acheté, tout ce qui touche ou pai des droits de douane. Les ministres du commerce ont décidé dans cette négociation qu'aucun secteur ne serait exclu de la négociation hormis les secteurs régaliens.

C'était un nouveau chapitre en fait euh de libéralisation du commerce euh qui s'ouvrait, qui couvrait donc l'ensemble des services, service euh euh de télécommunication, services financiers, euh services maritimes. Euh donc de facto les services culturels étaient inclus dans la discussion. Ces négociations du gat représentaient une Aubène pour le lobbyiste que j'étais. En tant que représentant des studios d'Hollywood, j'y voyais une formidable opportunité d'accroître la diffusion des films américains dans le monde entier. around the competitive maret so that

8:21
Non speech

[musique]

8:25
Locuteur

en France les personnalités politiques [musique] et les professionnels du cinéma me connaissaient bien et je peux dire que je connaissais bien la France moi aussi depuis André Malot, j'avais été reçu par tous les ministres de la culture et j'étais très fier d'avoir reçu la légende d'honneur de vous faire chevalier de la légion d'honneur. [applaudissements]

8:50
Non speech

[musique]

8:57
Locuteur

Jack Venti était petit de taille 1,70 pour un américain n'est pas très très grand. Costume impeccable, cravat impeccable, chaussures cirées. Il frappait tout de suite par le par cet extérieur. Il avait des petites bottes qui permettaient de le réhausser avec une gueule à la fois énergique mais séduisante qu'aurait pu jouer dans un western ou dans des films de gangster. Et adorable et enthousiaste. Je venais tous les ans à Doville pour le festival de cinéma américain que j'avais aidé à sa création. La mère de la ville, Anne Donneau était devenue une amie. Son anniversaire était au mois de septembre et le festival commençait au mois de septembre.

Donc il venait passer son dîner d'anniversaire chez moi tous les ans avec les stars qui étaient là. Le téléphone sonne. On était tous à table. Donc je vais dans le bureau, je réponds et j'entends. On est désolé de vous déranger mais le président des États-Unis voudrait parler à Jack Valenti pour lui souhaiter un bon anniversaire. Valentie a commencé sa carrière comme membre des cabinets de président américain Keledy et surtout Lyndon Johnson. En fait, il était dans l'avion qui ramenait Lindon Johnson après l'assassinat de Kennedy.

N'ayant avec moi simplement qu'un pyjama, une petite valise, je me suis envolé pour Washington avec lui et je ne suis plus jamais retourné chez moi à [musique] Texas. Ce jour-là a changé la vie de notre pays et la mienne aussi. Depuis Lyndon Johnson en 1963, j'étais régulièrement invité à la Maison Blanche. J'avais côtoyé tous les présidents, démocrates comme républicains, rappelant à chacun combien la défense des intérêts du cinéma américain était importante. Donc c'est quelqu'un qui est avant tout un politique et il a été choisi pour présider la motion picture of America.

non pas en fonction de ses qualités de caractère culturel, mais de son parcours politique et de sa capacité à faire en sorte que les instances politiques américaines prennent constamment en compte les intérêts du cinéma américain pour les défendre non seulement aux États-Unis mais partout sur la planète. Ce n'était pas la première fois que le cinéma constituait un enjeu économique et politique entre la France et les États-Unis. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en échange d'une importante aide financière, la France avait accepté de diffuser un plus grand nombre de films américains dans ces salles. Les professionnels y voyaient une tentative d'assassinat de cinéma français.

Vous aimez le cinéma français. Il vous a souvent ému, fait rire ou passionné avec de belles histoire. Si vous voulez en voir et en écouter d'autres, il faut que vous aidiez le cinéma français parce qu'il est en danger de mort. En janvier 1948, une vaste mobilisation à laquelle participer des stars comme Simon Signoret et Jean Maret avait obligé le gouvernement français à faire marche arrière. À la même époque, la France se dotait d'un centre national du cinéma. le centre national du cinéma le CNC comme on dit aider pas seulement les productions mais aussi les salles.

Il est évident que sans l'érvation du centre du cinéma beaucoup de films ne seraient pas fait et je pense ça serait un énorme appauvrissement du cinéma français. Voilà. Lorsque vous allez voir un film au cinéma, que ce soit un film français, un film espagnol ou un film américain, la même le même pourcentage est pris sur le billet pour aller au CNC viser l'aide à la création des prochains films. Ça change tout. D'un seul coup, même un succès américain ou un succès français nourrit à égalité la production française à venir.

Donc c'est un système effectivement assez protectionniste et ce que les Américains ne digéraient pas, c'est que cette taxe soit prélevée sur des films américains pour financer des films français. C'est sûr que je n'étais pas fan de cette réglementation, mais ce qui m'agaçait plus encore, c'était le système des quotas. L'Europe avait adopté une réglementation qui s'appelle la directive télévision sans frontières qui prévoyait des une obligation de quotas de diffusion d'œuvre européenne sur les chaînes de division européenne. Les Américains parlaient de forteresse Europe. Je comptais profiter des pour parler du GAT pour mettre à mal cette réglementation.

Si je n'étais pas à la table des négociations, je vrais en coulisse pour défendre les intérêts des producteurs américains. Au printemps 1993, la partie semblait plutôt bien engagée pour moi. La droite venait de remporter les élections législatives ouvrant une nouvelle période de cohabitation. Le gouvernement d'Edouard Baladur n'avait pas encore pris la mesure des conséquences du gâ pour le cinéma. Il était totalement accaparé par un autre dossier. Au début des négociations, le sujet principal qui motive les politiques français et donc les négociateurs français, c'est l'agriculture parce que c'est la cible visée par les Américains qui veulent se débarrasser de la politique agricole commune.

Vous connaissez le pouvoir euh comment dire de d'influence des syndicats agricoles. Donc là, on a bloqué ce front et maintenant on se dirige vers un autre barrage. C'est la première mission qui m'est donnée par le premier ministre, c'est précisément d'aller à Bruxelles pour expliquer à nos partenaires que la France n'était pas d'accord sur ce qu'on appelait le préaccord de Blairhouse. BL House est un immeuble de Washington dans lequel avait été signé un préaccord entre les Européens et les Américains. Et la France considérait que cet accord n'était pas acceptable parce qu'il était très pénalisant essentiellement pour nos agriculteurs.

Et donc, j'avais reçu pour mission d'aller dire à mes collègues stop, même si c'est signé, nous n'acceptons pas. Mais malheureusement pour moi, le dossier agricole allait rapidement être rattrapé par celui du cinéma et de l'audiovisuel. Donc avril 93, Alain Carignon nommé proposition de l'hôtel de Clermont qui était l'hôtel du ministre de la communication. Voilà, on ouvre le placard du directeur de cabinet et on trouve une note posée sur l'étagère, une note très cibiline en trois points.

Un des trois points, c'était au fait, faites attention parce que dans quelques semaines, les services audiovisuels vont être inclus dans dans le champ de libéralisation du commerce mondial, ce qu'on appelle les accords du GAT. Voilà, qui dit libéralisation des échanges euh dit euh suppression des quotas et que le meilleur gagne ou que celui qui a le plus d'argent gagne. Euh et à ce jeu-là, il est clair que euh il était difficile euh à la France ou à un quelconque pays européen de gagner. Le ministère de la culture s'est rapproché de nous et en nous disant faites attention, il y a des négociations commerciales, vous êtes concerné et c'est là qu'on est allé rencontrer les gens de Ladreux.

c'est-à-dire Bercy qui était euh ceux qui suivaient la négociation pour la France parce que attention la négociation était pas menée par la France, elle était menée par la Commission européenne. Dieu merci, les Français n'avaient pas totalement les mains libres. Il devait composer avec le commissaire en charge du commerce Sir Leon Britton qui menait les discussions au nom de l'Europe. Le Britan, c'était d'abord un type de très grande classe. C'était l'aristocrate britannique avec tout ce que ça peut comporter sur le plan humain, sur le plan culturel. Il savait tout. où il parlait quatre langues.

Euh il avait une façon d'être qui pouvait euh aller de la brutalité jusqu'au jusqu'au charme et c'était un grand diplomate. C'était surtout un libéral qui avait débuté sa carrière auprès de Margaret Thatcher. Je ne pouvais pas rêver mieux. Britain représentait les intérêts de l'Europe mais partageait nos valeurs et comptait bien imposer le libre échange dans tous les domaine y compris le cinéma et l'audiovisuel. Le 14 juillet juste après le défilé du 14 juillet je allé chercher un carignon en bas de la tribune.

On a pris notre avion et on est allé à Strasbourg rencontrer le commissaire européen sur les Britan pour demander à la Commission européenne et au négociateur en chef de revoir sa copie. Et donc on se présente dans son grand bureau au Parlement européen. D'abord, il nous dit que il reçoit ses instructions de la part des chefs d'État de gouvernement, de la part du Conseil européen. Voilà, et qu'il a pas à discuter avec un ministre d'un Étatmembre. Donc voilà, il veut bien nous recevoir mais enfin c'est c'est juste par courtoisie et puis que de toute façon pour lui le sujet est clos et donc il voulait pas revenir sur sa position. Enfin l'entretien a été extrêmement bref.

Il nous a carrément mis dehors. Il a fait le tour de son bureau. Il a pris le ministre par le bras. Il l'a ramené à la porte du à la porte de son bureau. Bon et puis donc Alain Carignon qui avait un très grand sens politique m'a dit comme un peu comme Charger dans Terminator, on va revenir. Voilà. [cri] Allons-y, on y va. On décolle. Mesdames, messieurs, bonsoir. Le commandant Carignon et son équipage vous souhaite la bienvenue à bord de cet avion à destination de Strasbourg. En septembre 1993, je suis pris de cours par une initiative française. Compromis, Alain Carignon est de retour et il n'est pas seul.

Le ministre de la communication a organisé au sein du Parlement européen une conférence de presse aux allures de festival de Gann. Le ministre avait mobilisé tout son réseau, on avait mobilisé tous les producteurs. Donc on avait réussi à avoir tous les grands noms du cinéma français. Ils ont déjà 60 % de notre marché. Ils ont encore plus en Europe, on peut pas leur laisser 100 %, c'est impossible. C'est une situation absolument insupportable à ce moment-là et je crois que c'est contre ça qu'il faut se battre. Si ces accords du Gat aboutissaient, c'est foutu de la culture européenne de l'identité culturelle. Ce qu'il faut défendre, c'est l'identité culturelle. Point à la ligne.

Il fallait trouver un nom pour ce combat. C'était compliqué parce qu'en réalité c'était une sorte d'exclusion par absence d'offre. exclusion par absence d'offre, c'est pas vendeur. Et donc c'est là qu'on a trouvé ce nom d'exception culturelle et c'est devenu l'exception culturelle le symbole du combat. Nous voulons plaider devant vous la nécessité pour l'Europe de préserver ce que nous appelons l'exception culturelle à savoir la nécessité de tenir hors du GAT tout ce qui s'apparente à l'audiovisuel et au cinéma.

aucun cas, le cinéma ne peut être assimilé à à une industrie comme une autre et en ce sens, il faut vraiment qu'on lui confère ce caractère d'exception et que si cet espace de liberté n'est plus protégé, le cinéma meurt. N'existe plus. J'étais en train de tourner le château des oliviers dans le Lubéron et puis il s'agissait de venir très rapidement à Strasbourg et donc Alain Carignon m'a dit "C'est très important, vous voulez bien venir ?" J'ai dit oui tout de suite évidemment j'avais décidé de ne rien dire. Donc j'ai écouté tout le monde parler puis à un moment donné j'ai vu devant moi tous les conseillers qui étaient là et qui avaient l'air de dormir et qui avait pas l'air convaincu.

Donc je me suis mise en colère. Moi quand j'ai voté pour l'Europe, quand j'ai voté pour Matride, c'est parce que j'étais convaincue que tous nous alliez défendre ça que nous représentons tous dans notre identité. C'est pour que j'ai voté pour vous et je compte sur vous pour l'exception culturelle. les spécialistes, les ministres, tous les envoyés qui étaient chargés de la chose avait un langage technique administratif et comptait sur nous peut-être pour l'émotion pour arriver à à obtenir une chose qui nous concernait tous quand même. Pégie de fossé presque des larmes aux yeux défendre l'identité culturelle.

La machine médiatique était lancée pour soutenir la position de la France et pour réviser euh cette négociation en cours des accords du GAT. Les Français venaient de marquer un point, mais mettre ainsi en avant leur star national ne suffisait pas.

24:05
Non speech

[applaudissements]

24:08
Locuteur

Un nos succès aussi, c'est d'avoir convaincu négociateurs français de Bercy qui était quand même au départ éloigné de nos préoccupations. Ils savaient pas ce que nous, on savait pas ce qu'il faisait et eux savaient pas ce qu'on faisait. Bon, c'est là que Jean-François Boitin m'a dit "Monsieur Rogard, on doit lister toutes les turpitudes que vous avez, que vous vous trouvez bien, mais ce sont des tirpitudes au regard des règles du commerce international. Donc, mettez-vous tout nu sous la douche. Donc je me suis mis tout nu sous la douche. J'ai expliqué toutes nos règles parce que c'était important qu'il comprennent nos règles parce que s'il le comprenait pas, il pouvait pas nous défendre.

24:45
Non speech

[musique]

24:47
Locuteur

Voir les Français se mettre en ordre de bataille ne m'enchantaient pas. Mais je n'étais pas très inquiet car pour eux le plus dur restait à faire. La France devait obtenir le soutien des autres pays de la Communauté européenne. Si elle ne comptait que 12 membres à l'époque, je savais que les mettre tous d'accord n'était pas une mince à faire. Merci. Contre abstention. On peut pas dire que les 12 États membres de la communauté économique européenne étaient aussi investi que nous l'étions. Et pour la France, c'était tout à fait tout à fait essentiel. Et c'est vrai que nous avons été en pointe dans cette négociation et il a fallu trouver des alliés.

J'ai fait toutes les capitales européennes et dans chacun des cas en rencontrant les divers partenaires en cause, les représentants du monde du cinéma et de la télévision, les ministères de la culture et de l'audiovisuel, les ministères du commerce extérieur et des affaires étrangères pour essayer de leur faire comprendre nos positions et si possible de les faire adopter. Valentin faisait le tour de tous les pays lui aussi pour essayer d'aller convaincre les gouvernements de chacun des pays de ce que il fallait ouvrir que c'était le moyen de valoriser la culture qu'il n'y avait aucun risque pour les autres pays.

Donc au nom de la liberté et au nom de la concurrence il fallait satisfaire des publics à de programmes américains. C'était ça son jeu. Alors Valentine nous expliquait que la France avait tout à gagner, que les Américains adoraient les films français et que donc en supprimant toutes les barrières douanières, les films français allaient se vendre considérablement aux États-Unis [grognement] sans évoquer le fait que les importations de d'audiovisuel américaine en Europe représentait à peu près 4 milliards de de dollars, je parle de mémoire et les exportations européennes vers les États-Unis 250 millions d'euros.

C'était ça l'équilibre [rires] dont monsieur Valenti considérait qu'il était tout à fait acceptable et qu'il fallait même l'accentuer. Décidément, les Français n'avaient pas le goût du risque. Chaque fois que je le pouvais, je dénonçais leur protectionnisme, sachant que l'argument les agaçait au plus haut point. Mais attendez, qu'est-ce que vous dites ? vous avez 1 % de film européens sur vos écrans. Comment comment est-ce que vous pouvez comment est-ce que vous pouvez dire que vous êtes un marché ouvert ? Pas du tout. Donc le le l'accusation d'être protectionniste, c'est à vous qu'il faut l'adresser et pas et pas à nous. Je crois que les Américains, il faut qu'ils fassent un petit effort.

Ils ont tout intérêt pour eux-mêmes à s'apercevoir qu'il y a un autre cinéma ailleurs, qu'il est important, qu'il existe et qu'il a influencé souvent leur metteur en scène. Peut-être que un dinosaure de Jurassique pas se se se retourne d'une certaine manière parce que Spielberg a vu un film de Godard ou de Berman. Les Français ne manquaient jamais une occasion de nous faire la morale. Toujours ce complexe de supériorité. Il faut dire que dans ce domaine, les Américains n'étaient pas les derniers. La bataille de Gat, c'était aussi une bataille d'ego. Vous ne pouvez pas faire un accord mondial sans l'Europe. Ah bon ? Le vieux continent, c'est le berceau du commerce.

Ah bah ouais, nous restons le centre du monde. [rires] Oh c'est bon de rigoler le centre du monde. Attends, je vérifie sur ma carte. C'est quoi votre nom ? L'Europe. L'Europe ? L'Europe ? Non, il y a pas. Ah bon ? Marqu, on n pas mis les petites îles. Mais si, on est là plus à gauche là. Ah moi, c'est pas une carte de géo, c'est une carte du commerce. C'est pour ça dans ce bras de fer avec la France, l'un de mes atouts résidait dans la cohabitation. La droite avait la réputation d'être peu sensible aux questions culturelles et je comptais sur le gouvernement d'Edouard Baladur pour lâcher du l'est. Mais mes espoirs allaient rapidement être douchés.

C'est parce que la droite était au pouvoir que cette politique entre guillemets de gauche a pu être mené si nous n'avions pas été au gouvernement si nous avions été dans l'opposition et que par définition les socialistes avaient défendu cette position de de d'exception culturelle. En tant qu'opposition, il est probable que nous l'aurions combattu. Ça s'est bien trouvé qu'on ait gagné les élections. Notre gouvernement, celui auquel appartenait Jack Lang, celui dont je fais partie aujourd'hui, si j'ose dire, sur ce point, c'est toujours le même gouvernement et c'est heureux, je crois, pour la France et pour le cinéma.

La droite et la gauche, main dans la main, c'était à n plus pleien comprendre. J'avais le sentiment que toute la France était ligue contre moi et avait déclaré la guerre au cinéma américain. Plus l'échéance du 15 décembre 1993 approché, plus la pression médiatique s'accentuait. Tous les jours, un professionnel du cinéma ou un politique sentait un nouvel argument pour défendre l'exception culturelle. Vous pouvez échanger genre noir contre un transport de banane. C'est ce qu'on est en train d'essayer de nous dire. Dans le GAT, les affaires de la défense par exemple ou les affaires de la santé n'existent pas. Il est prévu que le GAC ne les concerne pas.

Est-ce que la culture n'est pas aussi dans la même situation ? C'est-à-dire ça n'a pas une valeur marchande. C'est une industrie, c'est un commerce, mais c'est plus que ça et ça a une autre valeur. Et je crois que l'affrontement aujourd'hui, c'est un affrontement de philosophie. La philosophie marchande d'un côté et la philosophie culturelle de l'autre. Si on les fait s'affronter dans le GAT, c'est clair que c'est la philosophie marchande qui gagnera. On savait déjà à l'époque que le cinéma allemand et que le cinéma italien s'était réduit comme pot de chagrin dans la mesure où aucune obligation n'existait pour monsieur Berlusconi en en Italie ou pour monsieur Kirch en Allemagne.

Donc on a vu les cinémas de ces pays petit à petit s'étoler complètement et on savait que si on allait dans cette même logique pour l'ensemble de l'Europe, c'est ce qui allait se passer pour l'ensemble de l'Europe et notamment nous sur le côté français. L'industrie créative d'un pays de 65 millions d'habitants a moins de moyens presque su généris qu'une industrie créative de 300 millions de personnes. Donc il faut aider le petit, faut équilibrer les forces. Mais on n'est pas contre le cinéma américain, on n'est pas contre les artistes, on n'est pas contre Woody Allen, on n'est pas contre tous les gens qui apporte leur contribution à la civilisation humaine.

On est contre les gens qui fabriquent des hamburgers culturels et qui veulent obliger la jeunesse à ne manger que ça. On est contre cette culture d'addiction qui ne donne pas le choix mais qui impose petit à petit des goûts et qui en définitive manipule même les consciences. Aucun combat n'était contre le cinéma américain. Ces conditions que voulaient les Américains imposer au cinéma français. C'est ça qui était que nous combattions, qui était indispensable de combattre pour libérer complètement le cinéma de d'être considéré comme n'importequel marchandise. C'est essentiellement ça le le le fond du problème.

Il fallait que l'État, le peuple, le pays puisse s'occuper de sa culture parce que ça fait partie de son âme, ça fait partie de son patrimoine, ça fait partie de ce qu'il est. Les Français ne semblaient pas prêts à renoncer à leur exception culturelle. Tiendrait-ils jusqu'au bout ? Avait-on une chance de les faire craquer ? C'est ce que mon gouvernement voulait savoir. Et pour cela, tous les moyens étaient bons. Quand l'enjeu financier est important, les Américains ne reculent devant rien. Il déploient tous les moyens. Donc là, on n'hésite pas à recourir à la CIA et à et à procéder à avancer finalement avec des moyens totalement déloyaux dans un pays allié.

Un jour, j'ai reçu un coup de téléphone d'un conseiller à Maton qui m'a dit "Monsieur regard, faites attention, votre téléphone est sur écoute des services américains." Je dis "C'est pas grave, ce que je dis en privé, je le dis en public et je vais terminer toutes mes conversations par les Américains sur les salopards." Voilà, donc c'est pas grave du tout. Vous pouvez écouter les téléphones, c'est ce qu'il y a de plus simple parce que là vous savez ce qui va se passer. Et vous avez le côté l'espionnage, l'approche humaine. Et donc vous allez chercher des sources humaines en France pour tenter de savoir ce qui se trame au sein de l'administration.

Ce que j'apprendrai quelques années plus tard, c'est que les renseignements français avaient repéré notre petit manège. La DST, la direction de la surveillance du territoire avait décidé de retourner l'arme contre nous en demandant à certains haut fonctionnaires français de jouer à leur tour les espions. J'ai été alerté que certains diplomates n'étaient pas que diplomates mais étaient également des agents d'un service de renseignement. C'est à ce moment-là que j'ai travaillé à la demande de la DST pour avoir des contacts un peu plus fréquents.

J'avais pas forcément très envie d'être en contact régulier avec eux ou j'avais pas forcément le besoin d'être en contact régulier avec eux, mais ils m'ont demandé d'avoir des contacts plus fréquents et d'être voilà plus on va dire plus à l'écoute voilà de leur thème d'intérêt et de et de ce qui ce qu'il cherchaient à savoir. Et on va on va leur raconter des bobars, on va les enfumer. On va enfumer les Américains, faire en sorte que ils aillent à la négociation sans savoir ce qui va se passer, sans savoir vraiment et qu'il n'it surtout pas de bille pour affaiblir la position française. Moi aussi, je faisais les frais de cette campagne d'intoxication.

Lorsque vous vous lancez dans ce genre de bataille face à des adversaires extrêmement puissants, bah vous n'avez pas avoir de scrupule. Ce qui compte, c'est de gagner. Je ne connaissais pas Jacques Valenti. J'ai diabolisé en en faisant un peu une caricature. Le symbole du méchant qui veut détruire le cinéma européen, qui n'aime pas les Français et tout alors que en réalité c'est faux. Valentin adorait les Français. Chaque fois qu'on pouvait faire un truc, en gros pour les emmerder, on le faisait.

Par exemple, moi à un moment donné euh j'ai dit que on était au courant de tout ce qui passait à la MPA parce que on avait un espion au sein de la MPA, on l'avait pas mais on leur a fait croire ce qui fait qu'à un moment ils ont viré tous les gens qui étaient dans leur bureau de Bruxelles. C'est dans ce climat totalement paranoïque que j'ai abordé la dernière ligne droite de la bataille. Les Français semblaient plus déterminés que jamais. et les dernières semaines de négociation s'annonçaient particulièrement difficiles. J'étais bien obligé de reconnaître que la France avait mené une campagne de lobbing très efficace.

Mais à présent, elle avait besoin d'un accord en bonne du forme avec ses partenaires européens. Pour cela, elle pouvait compter sur l'aide de la Belgique qui présidait la communauté européenne et qui avait décidé de réunir dans la ville de Mons tous les ministres de l'audiovisuel.

38:13
Non speech

[musique]

38:14
Locuteur

À Monce, les ministres veulent d'abord bien se mettre d'accord entre eux. La France, la Belgique et d'autres sont à fond pour l'exception culturelle. reste à convaincre l'Angleterre et aussi dans une moindre mesure l'Allemagne. 2 jours pour s'armer d'une position commune, c'est le Paris des Liod Rupo. Le ministre belge de l'audiovisuel avait mis au point une stratégie et entendait bien tordre le bras des adversaires de l'exception culturelle. Mes collaborateurs collaboratrices ont travaillé avec l'équipe de monsieur Carignon et d'autres toute la nuit pour rédiger un accord et sans dormir le lendemain. J'ai présenté cela à mes collègues.

Donc j'ai lu hein et je leur ai pas demandé s'ils étaient d'accord. C'est simplement constaté que il y en avait qui étaient pour et les autres se sont abstenus, n'ont pas n'ont pas pris la parole. Il y a eu un vote et on a obtenu une majorité, une courte majorité mais on avait sep qui étaient d'accord y compris sur le terme d'exception culturelle. Ça suffisait pour pouvoir alors présenter, rédiger et faire approuver les conclusions des Étatsmembres. Les 12 avaient désormais une position officielle que le commissaire européen Sir Leon Britton était obligé de prendre en compte.

Il était furieux de ça, mais d'un seul coup, il s'est trouvé contraint par un mandat des conditions de monstre qui sont en fait les conditions de préservation de la liberté de de réglementation et de législation européenne. Mais les Français devaient rester vigilants. Un revirement de la part de Leon Britain que personnellement j'appelais de mes vœux était toujours possible. Pour contrer ce danger, la mobilisation française était montée jusqu'au [musique] plus haut sommet de l'État. Le président François Mitteran comptait peser de tout son poids dans la négociation. [musique] Quitte à marcher sur les plates bandes de son premier ministre.

Les services de Matin m'appellent et me disent il y a un sommet franco-italien. Ça serait bien d'organiser un événement. On pourrait aller à la villa Médicis, on ferait venir les réalisateurs italiens. Vous vous arrivez avec une délégation de cinéaste français et le Premier ministre présidera une réunion pour défendre l'exception culturelle. Et la réunion devait démarrer à 15h. Et à 15h, Édouard Baladur arrive avec son équipe. À 15h10 secondes, François Mitteran arrive. Le premier ministre d'abord a fait le détour.

suivi de très près par le président de la République Mitteran parfaitement à l'heure alors qu'il était tout le temps en retard et c'est lui qui a mené la discussion tout le temps et je pense que Baladur n'a pas pris la parole une seule fois au cours de cette réunion qu'il avait d'ailleurs organisé très bien organisé président est-ce que vous avez un message particulier à leur adresser espéron

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Au début du mois de décembre, nous nous retrouvons américains et européens à Genève où allaient avoir lieu les ultimes négociations. Face à Leon Britain, c'était Mickey Canter, le représentant au commerce qui défondait les positions américaines. [musique] Micky Kant était un habitué d'Hollywood où il avait été avocat. Je ne doutais pas qu'il serait sensible à mes arguments. Comme les Français, je passais de longues heures dans les hall d'hôtel et dans les couloirs du gâ en espérant glaner des informations. Quelque part, ce sont des rythmes très agricoles.

C'est dire qu'il y a des périodes où on fait pas grand-chose et puis vient la période des moissons et là il faut être prêt à passer une semaine, 15 jours, 3 semaines sans dormir pratiquement parce que les réunions se multiplient parce qu'il faut suivre à la trace les représentants de la commission pour être sûr [musique] que ils vont bien tenir la ligne qu'on leur a demandé de tenir. Je me souviens surtout d'avoir très peu dormi, d'avoir beaucoup attendu à la sortie des salles de réunion, à la recherche d'information, obtenir de l'information, c'est finalement c'est le nerf de cette négociation.

Il y a des lieux où on discute de façon plus informelle, les restaurants, [musique] les cafés, on laisse traîner nos oreilles un peu partout. Les couloirs de l'immeuble du GAT sont plus clairsemés ce soir. C'est un signe, un mauvais signe. Les journalistes ont été prié d'attendre dehors. Quant aux délégués, ils enchaînent réunion sur réunion et sont moins bavards qu'en début de semaine. Ah, moi, j'avais un collègue qui passait son temps dans les toilettes. Comme ça, il était sûr de pouvoir croiser les représentants de la commission quand il passeraiit aussi dans les toilettes. Je ne bque pas. Je me souviens également que en 1993, c'était les premiers postes de téléphone portable.

Alors, c'était pas un petit portable comme ça. C'était une espèce de boîte carrée qui devait faire au moins 1 kg ou 2 kg et qu'on emmenait dans différents lieux pour pouvoir avoir un lien si possible sécurisé avec Paris. Après des heures de discussion, aucun progrès n'a été réalisé sur les contentieux qui bloquent encore l'aboutissement de l'Uruguayout. Pour Léon Britan, l'Européen, il y a crise et les négociations mondiales sur le GAT sont dans une situation extrêmement inquiétante. Des propos tempérés par le négociateur américain. La situation est confuse et difficile, mais parler de crise, c'est exagéré. Dans un processus aussi délicat, il y a toujours des hauts et des bas.

Quoi qu'il en soit, les travaux sur les textes de l'accord final devaient être bouclés ce soir à minuit. Ils ne le seront pas. Quelques jours avant la date fatidique du 15 décembre, la pression montait encore d'un cran. Mais quelquun semblait confiant mais les Américains et les Européens continuaient de s'opposer sur la question du cinéma et de l'audiovisuel. Aucune issue ne se dessinait. Ah non mais au fil de la négociation, les moments où on s'est dit c'était foutu, c'était tous les jours. Dans la journée, on avait des rumeurs que l'Europe faisait des concessions, que Britanne avançait, que Cantor acceptait et le soir on remontait le courant parce que Jupé se déchadait.

Julp a d'ailleurs eu des déclarations très méchantes pour les Britann. Notre sentiment était que Bretan avait lâché et donc là on a remis la gomme et et ça m'a amené à une confrontation c'est vrai avec le commissaire européen sur Leon Breton et je me [grognement] souviens d'avoir causé un peu des mois lorsqu'au cours d'une réunion du conseil des ministres des affaires étrangères européens, je m'adresse à sœur Léon Britan en lui disant "Mais monsieur le commissaire, ce n'est pas vous qui décidez. Vous êtes chargé d'exécuter le mandat de négociation que nous les ministres nous vous donnons.

Ça avait jeté un froid autour de la table mais finalement ça avait été efficace et Britan l'avait finalement tenu compte. Et il y a eu un dernier petit déjeuner le jour de l'accord finale entre le Chancelier Ca et François Militran. François Miteran a insisté Bordicus pour que sur l'exception culturelle les Européens ne changent pas. Il a obtenu euh confirmer l'adhésion du chancelier Cols Américains, ils ont dit Américain c'est pas négociable.

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[musique]

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Après deux nuits blanches, les négociateurs semblaient enfin avoir trouvé un terrain d'entente devant la mine réjouie des Français. Je compris assez vite que le résultat des discussions ne m'était pas favorable. Je me souviens très bien de la dernière nuit. Je sais pas quelle heure il était, il devait être 2h ou 3h du matin. On s'est précipité dans une cabine téléphonique. On a appelé notre directeur des relations économique extérieur en disant "On a gagné." [rires] Je reçois un coup de fil du ministère la culture qui me dit "Les Américains acceptent de signer un accord du GAT et il y aura pas d'engagement européen sur l'audiovisuel." Alors, on s'est tous mis à pleurer.

Non mais je vous jure, on était sur les nerf. On s'est retrouvé dans le bureau de Toubon au ministère de la culture. Ça fait encore les larmes aux yeux et on pleurait tous. Pour sauver les accords du GAT qui portaient sur des dizaines de secteurs, Britain et Kinter avaient décidé de ne pas inclure le cinéma et l'audiovisuel dans le compromis final. Mickor a jugé que en réalité, je pense la position du cinéma américain telle qu'elle était à l'époque était suffisamment forte pour qu'elle n'ait pas absolument besoin de cet exercice de libéralisation que les professionnels américains auraient voulu prolonger.

résultat et que l'Europe est absolument libre de poursuivre la politique culturelle euh dans la direction qu'elle veut choisir. Quand Mickey Kantor a annoncé à Leon [musique] Britan que OK, les Américains laissaient tomber sur le sujet cinéma et audiovisuel, on nous dit que Léon Britan s'est presque fâché en disant "Ah, you give everything to the French ! avec cette manière tout à fait sympathique qu'ont les britanniques de parler de French. Ce coup de marteau de directeur du GAT sonnait à mes oreilles comme une défaite. J'étais contraint [musique] de m'incliner. La France avait gagné.

I count [musique] this a sad date because in a gat treaty whose objective it is to reduce trade barriers throughout the world the European community has kept in place their great trade wall which is confery to the objectives of

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Juste après la bataille du Gat, je reçois un mot Jacques Valentier aimerait vous rencontrer. Je l'avais jamais vu et je me dis j'y vais. Et c'était assez impressionnant de le voir quand même. Bon et il me dit "Monsieur regard, je suis pas du tout celui que vous pensez que je suis." Voilà. Bon et nous devons laisser le passé derrière nous. Vous avez gagné, je le reconnais. Bon laissons le passer derrière nous et voyons l'avenir et voyons ce qu'on peut construire ensemble. Nous avons quelque chose en commun, c'est la lutte contre le piratage.

Et c'est à ce moment-là que je lui ai dit "Bah Jacques euh venez, je vous invite aux rencontres que j'organise chaque année à Bone avec euh l'ARPE et il est venu euh à Bone, ce qui m'a valu d'ailleurs des critiques extrêmement fortes de la profession parce qu'il me disait pourquoi l'icône du mal tu le fais venir ? Après, il fallait que j'explique que l'icône du mal n'était pas vraiment l'icône du mal. À titre personnel, j'avais enterré la hache de guerre avec les Français. Mais face à cette réglementation, toujours en vigueur, les Américains n'avaient pas dit leurs derniers mots.

Toutes les plateforme Netflix, Amazon, Disney qui sont localisé hors de France ont une obligation en fonction du chiffre d'affaires réalisé en France d'investir dans la création audiovisuelle et la création cinématographique française. Les Américains aujourd'hui à nouveau se disent comment on fait en sorte de casser ces directives pour que nos Netflix ou autres n'ait plus aucune de ces obligations sur la programmation d'œuvre européenne et l'obligation d'investissement dans ces productions. Mais cette bataille [musique] n'est plus la mienne. J'ai déposé les armes depuis longtemps et laissé ce combat à mes successeurs. Ah.